Le Naïf dans le Monde

21 mai 2020

La nef des fous Le temps est venu

Mon premier réflexe fut de me dire que je n'allais pas ajouter ma naïve contribution aux nombreux commentaires provoqués par les deux documents qui forment cet article, j'allais écrire monuments et le terme aurait été approprié car ce sont des monuments. Puis je me suis pris à penser que probablement hormis les lecteurs du journal de référence, personne n'avait eu connaissance de ces chefs d'œuvre et qu'il était de la mission du Naïf de combler cette lacune.

Celui de Hulot, qui ne constitue par une surprise est tout de même énorme comme dirait Lucchini. Ce n'est pas une cerise sur le gâteau, c'est le gâteau tout entier. Les commentateurs de la presse se sont contentés d'en prélever deux ou trois perles qu'ils ont jugées plus perles que les autres. C'est une erreur. Le lecteur ne mesurera l'étendue de la bêtise prétentieuse du détestable personnage qu'en lisant "pour de bon "cette litanie. La vraie perle est dans la conclusion et l'invitation faite d'ajouter sa propre perle.

La Binocherie est du même tonneau mais présente le mérite de la brièveté, de la concision et même du  dépouillement. Donc ce texte est davantage un bijou, une sorte de diamant du vide. L'intérêt, une fois le diamant remis dans son écrin est de parcourir la liste des signataires. Là on revient au monument. Je m'en voudrais de priver le lecteur de classer plus ou moins consciemment les très nombreux signataires du diamant. Il y a les évidents, les artistes qui se déclarent engagés ce qui en soi donne une indication générale ; les improbables comme une poignée de prix Nobel de ceci ou de cela en notant l'absence regrettable de l'impayable Villani, un oubli sans doute ; les copains de film, les amis, des relations de travail en grand nombre qui signent parce que Bibi le leur demande, quoiqu'ils pensent du texte et surtout si ils croient que le monde dans lequel ils vivent…enfin faut que ça change ! Les gens qui signent car on leur a mis un bout de papier sous le nez en leur disant, signe là, ça ne t'engage à rien. Et puis une ribambelle de noms dont on se demande par quel mécanisme on a pu les conduire à signer ce diamant du vide. Dans les absentes notoires il faut remarquer la charmante Greta. Je pense qu'elle était lors de la collecte des signatures par le diligent Barrau en train de traverser l'atlantique sur un bateau écologique et durable quoique recyclable.

Que de belles âmes !

Des oublis encore, pas de footballers pourtant toujours prompts à participer, aucun personnage politique à une exception près : le Hulot. Il était normal qu'il participe à la formalisation du vide sous une forme à laquelle il n'avait pas pensé. Lui, il est pour la sottise personnalisée, revendiquée

Ce qui est bien honnête alors que Bibi mobilise de la troupe pour montrer combien sa contribution est importante. Enfin, ce qui compte c'est l'intention salvatrice.

Une dernière remarque: encore de l'étonnement. La liberté d'expression est sacrée et nul ne peut contester que toute atteinte à cette liberté est une entrave à la confrontation des idées et à la comparaison nécessaire de conclusions tirées de l'analyse des faits. En fait pour la même raison on ne peut que reconnaître à un quotidien dit de référence le droit de définir sa ligne éditoriale. Mais cette liberté s'il faut marquer l'opinion et instruire le lecteur oblige le journal à une certaine rigueur de pensée et le contraint à formuler un jugement sur l'information qu'il communique sauf à faire croire qu'il est un cosignataire des inepties qu'il diffuse. Où que sa ligne éditoriale est définie par la mode et les idées creuses des belles âmes.  

 

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"Le temps est venu", découvrez la tribune de Nicolas Hulot

                                                                    

100 principes et cinq propositions : France Inter publie, ce mercredi, une tribune rédigée par l'ancien ministre de l’Écologie Nicolas Hulot, en partenariat avec Le Monde et Brut.   6 mai 2020 

La tribune complète de Nicolas Hulot

1. Le temps est venu, ensemble, de poser les premières pierres d’un nouveau monde.

2. Le temps est venu de transcender la peur en espoir.

3. Le temps est venu pour une nouvelle façon de penser.

4. Le temps est venu de la lucidité.

5. Le temps est venu de dresser un horizon commun.

6. Le temps est venu de ne plus sacrifier le futur au présent.

7. Le temps est venu de résister à la fatalité.

8. Le temps est venu de ne plus laisser l’avenir décider à notre place.

9. Le temps est venu de ne plus se mentir.

10. Le temps est venu de réanimer notre humanité.

11. Le temps est venu de la résilience.

12. Le temps est venu de prendre soin et de réparer la planète.

13. Le temps est venu de traiter les racines des crises.

14. Le temps est venu d’appréhender l’ensemble des crises écologiques, climatiques, sociales, économiques et sanitaires comme une seule et même crise : une crise de l’excès.

15. Le temps est venu d’entendre la jeunesse et d’apprendre des anciens.

16. Le temps est venu de créer du lien.

17. Le temps est venu de miser sur l’entraide.

18. Le temps est venu d’applaudir la vie.

19. Le temps est venu d’honorer la beauté du monde.

20. Le temps est venu de se rappeler que la vie ne tient qu’à un fil. 

21. Le temps est venu de nous réconcilier avec la nature.

22. Le temps est venu de respecter la diversité et l’intégrité du vivant.

23. Le temps est venu de laisser de l’espace au monde sauvage.

24. Le temps est venu de traiter les animaux en respectant leurs intérêts propres.

25. Le temps est venu de reconnaître l’humanité plurielle.

26. Le temps est venu d’écouter les peuples premiers.

27. Le temps est venu de cultiver la différence.

28. Le temps est venu d’acter notre communauté de destin avec la famille humaine et tous les êtres vivants. 

29. Le temps est venu de reconnaître notre vulnérabilité.

30. Le temps et venu d’apprendre de nos erreurs.

31. Le temps est venu de l’inventaire de nos faiblesses et de nos vertus. 

32. Le temps est venu de nous concilier avec les limites planétaires.

33. Le temps est venu de changer de paradigme. 

34. Le temps est venu d’opérer la mue d’un système périmé.

35. Le temps est venu de redéfinir les fins et les moyens.

36. Le temps est venu de redonner du sens au progrès.

37. Le temps est venu de l’indulgence et de l’exigence. 

38. Le temps est venu de s’émanciper des dogmes.

39. Le temps est venu de l’intelligence collective. 

40. Le temps est venu d’une mondialisation qui partage, qui coopère et qui donne aux plus faibles.

41. Le temps est venu de préférer le juste échange au libre-échange.

42. Le temps est venu de globaliser ce qui est vertueux et de dé globaliser ce qui est néfaste.

43. Le temps est venu de définir, préserver et protéger les biens communs. 

44. Le temps est venu de la solidarité universelle.

45. Le temps est venu de la transparence et de la responsabilité.

46. Le temps est venu d‘une économie qui préserve et redistribue à chacun.

47. Le temps est venu de mettre un terme à la dérégulation à la spéculation et à l’évasion fiscale.

48. Le temps est venu d’effacer la dette des pays pauvres.

49. Le temps est venu de s’émanciper des politiques partisanes. 

50. Le temps est venu de s’extraire des idéologies stériles.

51. Le temps est venu des démocraties inclusives.

52. Le temps est venu de s’inspirer des citoyens.

53. Le temps est venu d’appliquer le principe de précaution.

54. Le temps est venu de graver dans le droit les principes d’une politique écologique, sociale et civilisationnelle. 

55. Le temps est venu de faire mentir le déterminisme social.

56. Le temps est venu de combler les inégalités de destin.

57. Le temps est venu de l’égalité absolue entre les femmes et les hommes.

58. Le temps est venu de tendre la main aux humbles et aux invisibles.

59. Le temps est venu d’exprimer plus qu’une juste gratitude à celles et ceux, souvent étrangers, qui dans nos pays hier et aujourd’hui exécutent des tâches ingrates. 

60. Le temps est venu de valoriser prioritairement les métiers qui permettent la vie.

61. Le temps est venu du travail qui épanouit.

62. Le temps est venu de l’avènement de l’économie sociale et solidaire.

63. Le temps est venu d’exonérer les services publics de la loi du rendement.

64. Le temps est venu de relocaliser des pans entiers de l’économie.

65. Le temps est venu de la cohérence et de réorienter nos activités et nos investissements vers l’utile et non le nuisible.

66. Le temps est venu d’éduquer nos enfants à l’être, au civisme, au vivre ensemble et de leur apprendre à habiter la terre.

67. Le temps est venu de nous fixer des limites dans ce qui blesse et aucune dans ce qui soigne.

68. Le temps est venu de la sobriété.

69. Le temps est venu d’apprendre à vivre plus simplement.

70. Le temps est venu de nous réapproprier le bonheur.

71. Le temps est venu de nous libérer de nos addictions consuméristes.

72. Le temps est venu de ralentir.

73. Le temps est venu de voyager près de chez nous.

74. Le temps est venu de nous défaire de nos conditionnements mentaux individuels et collectifs.

75. Le temps est venu de faire naître des désirs simples.

76. Le temps est venu de distinguer l’essentiel du superflu. 

77. Le temps est venu d’arbitrer dans les possibles.

78. Le temps est venu de renoncer à ce qui compromet l’avenir. 

79. Le temps est venu de la créativité et de l’impact positif.

80. Le temps est venu de lier notre je au nous.

81. Le temps est venu de croire en l’autre.

82. Le temps est venu de revisiter nos préjugés. 

83. Le temps est venu du discernement.

84. Le temps est devenu d’admettre la complexité.

85. Le temps est venu de synchroniser science et conscience.

86. Le temps est venu de l’unité.

87. Le temps est venu de l’humilité.

88. Le temps est venu de la bienveillance.

89. Le temps est venu de l’empathie.

90. Le temps est venu de la dignité pour tous.

91. Le temps est venu de déclarer que le racisme est la pire des pollutions mentales. 

92. Le temps est venu de la modestie et de l’audace.

93. Le temps est venu de combler le vide entre nos mots et nos actes et d’agir en grand.

94. Le temps est venu où chacun doit faire sa part et être l’artisan du monde de demain.

95. Le temps est venu de l’engagement. 

96. Le temps est venu de croire qu’un autre monde est possible.

97. Le temps est venu d’un élan effréné pour ouvrir de nouvelles voies.

98. Le temps est venu sur cette matrice de choisir, encourager et accompagner nos dirigeants ou représentants.

99. Le temps est venu pour chacun de faire vivre ce manifeste.

100. Le temps est venu de créer un lobby des consciences.

 

Celles et ceux qui se reconnaissent en ces phrases sont invités à les partager sur les réseaux sociaux ou à se les réapproprier en créant leur propre phrase « #LeTempsEstVenu ».

 

 

CHANGEMENT STRUCTUREL : 5 PROPOSITIONS POUR POSER LES PREMIÈRES PIERRES D’UN NOUVEAU MONDE

 

En complément de cet appel à une vision commune, la Fondation Nicolas Hulot fait 5 propositions politiques, pour mettre collectivement la France et l’Europe sur la voie de la transition écologique et de la justice sociale. 

#1. Le temps est venu d’une Europe des solidarités, grâce à la création d’un fonds européen de relance et de transformation écologique de plusieurs milliers de milliards d’euros pour mettre en commun des moyens budgétaires européens et assurer en particulier le financement dans chaque État membre. 

#2. Le temps est venu de financer la transition dans les collectivités territoriales, grâce à une dotation exceptionnelle de plusieurs milliards d’euros pendant 3 ans. Ce fonds aura pour vocation de soutenir l’engagement des collectivités si celui-ci contribue à développer les services publics, à accélérer la transition écologique, à réduire les inégalités et à renforcer le lien social. 

#3. Le temps est venu de passer du libre-échange au juste échange en mettant fin aux accords de libre échange par l’Union européenne et d’interdire l’entrée en Europe de produits fabriqués selon des normes contraires à celles de l’UE. 

#4. Le temps est venu de relocaliser en France et en Europe et en particulier mettre en place un Buy Sustainable Act permettant à l’État et aux collectivités territoriales d’introduire des critères de proximité et durabilité dans les marchés publics. 

#5. Le temps est venu de demander des contreparties aux soutiens budgétaires : Les dépenses publiques doivent permettre à la fois d’éviter une casse sociale majeure et d’entamer une redirection des activités des entreprises concernées vers la transition écologique et sociale. Comme le recommande le Haut Conseil pour le climat, le soutien budgétaire et les mesures économiques doivent être subordonnées à l’adoption de plans d’investissements compatibles avec les enjeux écologiques et l’emploi.

 

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“Le Temps est venu” tribune publiée dans Le Monde.

 

« Non à un retour à la normale » : de Robert De Niro à Juliette Binoche, l’appel de 200 artistes et scientifiques  06 mai 2020

 

TRIBUNE    Un collectif de personnalités, dont Madonna, Cate Blanchett, Philippe Descola, Albert Fert, lancent dans une tribune au « Monde » un appel, initié par Juliette Binoche et Aurélien Barrau, aux dirigeants et citoyens pour changer en profondeur nos modes de vie, de consommation et nos économies.

Tribune.

 La pandémie de Covid-19 est une tragédie. Cette crise pourtant a la vertu de nous inviter à faire face aux questions essentielles.

Le bilan est simple : les « ajustements » ne suffisent plus, le problème est systémique.

La catastrophe écologique en cours relève d’une « méta-crise » : l’extinction massive de la vie sur Terre ne fait plus de doute et tous les indicateurs annoncent une menace existentielle directe. A la différence d’une pandémie, aussi grave soit-elle, il s’agit d’un effondrement global dont les conséquences seront sans commune mesure.

Nous appelons donc solennellement les dirigeants et les citoyens à s’extraire de la logique intenable qui prévaut encore, pour travailler enfin à une refonte profonde des objectifs, des valeurs et des économies.

Point de rupture

Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. La pollution, le réchauffement et la destruction des espaces naturels mènent le monde à un point de rupture.

Pour ces raisons, jointes aux inégalités sociales toujours croissantes, il nous semble inenvisageable de « revenir à la normale ».

La transformation radicale qui s’impose – à tous les niveaux – exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. A quand les actes ? C’est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence.

 

Lynsey Addario, grand reporter ; Isabelle Adjani, actrice ; Roberto Alagna, chanteur lyrique ; Pedro Almodovar, réalisateur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Angèle, chanteuse ; Adria Arjona, actrice ; Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, réalisateur ; Josiane Balasko, actrice ; Jeanne Balibar, actrice ; Bang Hai Ja, peintre ; Javier Bardem, acteur ; Aurélien Barrau, astrophysicien, membre honoraire de l’Institut universitaire de France ; Mikhail Baryshnikov, danseur, chorégraphe ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Jean Bellorini, metteur en scène ; Monica Bellucci, actrice ; Alain Benoit, physicien, Académie des sciences ; Charles Berling, acteur ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Cate Blanchett, actrice ; Gilles Bœuf, ancien président du Muséum national d’histoire naturelle ; Valérie Bonneton, actrice ; Aurélien Bory, metteur en scène ; Miguel Bosé, acteur, chanteur ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Stéphane Brizé, réalisateur ; Irina Brook, metteuse en scène ; Peter Brook, metteur en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, réalisatrice ; Khatia Buniatishvili, pianiste ; Florence Burgat, philosophe, directrice de recherche à l’Inrae ; Guillaume Canet, acteur, réalisateur ; Anne Carson, poète, écrivaine, Académie des arts et sciences ; Michel Cassé, astrophysicien ; Aaron Ciechanover, Prix Nobel de chimie ; François Civil, acteur ; François Cluzet, acteur ; Isabel Coixet, réalisatrice ; Gregory Colbert, photographe, réalisateur ; Paolo Conte, chanteur ; Marion Cotillard, actrice ; Camille Cottin, actrice ; Penélope Cruz, actrice ; Alfonso Cuaron, réalisateur ; Willem Dafoe, acteur ; Béatrice Dalle, actrice ; Alain Damasio, écrivain ; Ricardo Darin, acteur ; Cécile de France, actrice ; Robert De Niro, acteur ; Annick de Souzenelle, écrivaine ; Johann Deisenhofer, biochimiste, Prix Nobel de chimie ; Kate del Castillo, actrice ; Miguel Delibes Castro, biologiste, Académie royale des sciences espagnole ; Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène ; Claire Denis, réalisatrice ; Philippe Descola, anthropologue, médaille d’or du CNRS ; Virginie Despentes, écrivaine ; Alexandre Desplat, compositeur ; Arnaud Desplechin, réalisateur ; Natalie Dessay, chanteuse lyrique ; Cyril Dion, écrivain, réalisateur ; Hervé Dole, astrophysicien, membre honoraire de l’Institut universitaire de France ; Adam Driver, acteur ; Jacques Dubochet, Prix Nobel de chimie ; Diane Dufresne, chanteuse ; Thomas Dutronc, chanteur ; Lars Eidinger, acteur ; Olafur Eliasson, plasticien, sculpteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, membre de l’Académie des sciences ; Abel Ferrara, réalisateur ; Albert Fert, Prix Nobel de physique ; Ralph Fiennes, acteur ; Edmond Fischer, biochimiste, Prix Nobel de médecine ; Jane Fonda, actrice ; Joachim Frank, Prix Nobel de chimie ; Manuel Garcia-Rulfo, acteur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Amos Gitaï, réalisateur ; Alejandro Gonzales Iñarritu, réalisateur ; Timothy Gowers, médaille Fields de mathématiques ; Eva Green, actrice ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Ben Hardy, acteur ; Serge Haroche, Prix Nobel de physique ; Dudley R. Herschbach, Prix Nobel de chimie ; Roald Hoffmann, Prix Nobel de chimie ; Rob Hopkins, fondateur des villes en transition ; Nicolas Hulot, président d’honneur de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’Homme ; Imany, chanteuse ; Jeremy Irons, acteur ; Agnès Jaoui, actrice, réalisatrice ; Jim Jarmusch, réalisateur ; Vaughan Jones, médaille Fields de mathématiques ; Spike Jonze, réalisateur ; Camélia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue, prix Vetlesen ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Naomi Kawase, réalisatrice ; Sandrine Kiberlain, actrice ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Naomi Klein, écrivaine ; Brian Kobilka, Prix Nobel de chimie ; Hirokazu Kore-eda, réalisateur ; Panos Koutras, réalisateur ; Antjie Krog, poétesse ; La Grande Sophie, chanteuse ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Mélanie Laurent, actrice ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Yvon Le Maho, écophysiologiste, membre de l’Académie des sciences ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gilles Lellouche, acteur, réalisateur ; Christian Louboutin, créateur ; Roderick MacKinnon, Prix Nobel de chimie ; Madonna, chanteuse ; Macha Makeïeff, metteuse en scène ; Claude Makélélé, footballeur ; Ald Al Malik, rappeur ; Rooney Mara, actrice ; Ricky Martin, chanteur ; Carmen Maura, actrice ; Michel Mayor, Prix Nobel de physique ; Médine, rappeur ; Melody Gardot, chanteuse ; Arturo Menchaca Rocha, physicien, ex-président de l’Académie des sciences du Mexique ; Raoni Metuktire, chef indien de Raoni ; Julianne Moore, actrice ; Wajdi Mouawad, metteur en scène, auteur ; Gérard Mouroux, Prix Nobel de physique ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Yael Naim, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Guillaume Néry, champion du monde d’apnée ; Pierre Niney, acteur ; Michaël Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Rithy Panh, réalisateur ; Vanessa Paradis, chanteuse, actrice ; James Peebles, Prix Nobel de physique ; Corine Pelluchon, philosophe ; Joaquin Phoenix, acteur ; Pomme, chanteuse ; Iggy Pop, chanteur ; Olivier Py, metteur en scène ; Radu Mihaileanu, réalisateur ; Susheela Raman, chanteuse ; Edgar Ramirez, acteur ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Eric Reinhardt, écrivain ; Residente, chanteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Matthieu Ricard, moine bouddhiste ; Richard Roberts, Prix Nobel de médecine ; Isabella Rossellini, actrice ; Cecilia Roth, actrice ; Carlo Rovelli, physicien, membre honoraire de l’Institut universitaire de France ; Paolo Roversi, photographe ; Ludivine Sagnier, actrice ; Shaka Ponk (Sam et Frah), chanteurs ; Vandana Shiva, philosophe, écrivaine ; Abderrahmane Sissako, réalisateur ; Gustaf Skarsgard, acteur ; Sorrentino Paolo, réalisateur ; Sabrina Speich, océanographe, médaille Albert Defant ; Sting, chanteur ; James Fraser Stoddart, Prix Nobel de chimie ; Barbra Streisand, chanteuse, actrice, réalisatrice ; Malgorzata Szumowska, réalisatrice ; Béla Tarr, réalisateur ; Bertrand Tavernier, réalisateur ; Alexandre Tharaud, pianiste ; James Thierré, metteur en scène, danseur ; Mélanie Thierry, actrice ; Tran Anh Hung, réalisateur ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; Karin Viard, actrice ; Rufus Wainwright, chanteur ; Lulu Wang, réalisatrice ; Paul Watson, navigateur, écrivain ; Wim Wenders, réalisateur ; Stanley Whittingham, Prix Nobel de chimie ; Sonia Wieder-Atherton, violoncelliste ; Frank Wilczek, Prix Nobel de physique ; Olivia Wilde, actrice ; Christophe Willem, chanteur ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; David Wineland, Prix Nobel de physique ; Xuan Thuan Trinh, astrophysicien ; Muhammad Yunus, économiste, Prix Nobel de la paix ; Zazie, chanteuse.

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21 mai 2020

Posté par Dufourmantelle à 10:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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17 mai 2020

L’indifférent honteux

En rangeant de vieilles photos, je découvre un papier visiblement assez ancien que je n’avais jamais vu auparavant. Que fait-il dans mes boites à chaussures pleines d’images du passé ? Et que veut dire cette histoire sans histoire ? Sans queue ni tête.

Cependant, l’ayant lu et y trouvant certaines correspondances, je lui donne un titre.

Tout en me demandant, pourquoi ce texte dans mes carnets ? Si un lecteur trouvait ce texte inutile et hors de propos, qu'il sache que je partage entièrement cette opinion.

  

Je marche vers la plage. La personne qui vit dans ma maison me dit que je dois sortir et prendre l’air. C'est ma femme. Je suis dans cette maison depuis des mois et elle me disait de ne pas m’éloigner. Je prends ma canne. Elle est noire et on peut ajuster sa taille. Avant je marchais sans canne. Le chemin est long de 600 mètres. La rue est déserte. Au village je croise peu de monde. Je vais vers la plage. Je commence à sentir cette gêne qui m’empêche de marcher loin. C'est l'âge. Je m’assied sur un banc. Je vois la mer. Je ne suis pas surpris. Je la vois de chez moi à 600 mètres de ce banc où je m’assied. La mer est calme, le mistral se lèvera plus tard quand la dépression qui vient d’Espagne aura franchi le territoire. J’écoute toujours la météo. Elle ne se trompe jamais. La dame de la météo montre des images coloriées et elle explique les dépressions et les anticyclones. Ces mots m'amusent. Après la météo, il y a les infos. Une dame est assise à côté de moi. Je ne sais pas si elle était assise quand je me suis assis ou si elle s’est assise après moi. Je pense qu’elle est âgée de soixante-dix ans. Les Suisses disent septante. Les Belges, je ne me souviens pas. Les Belges disent toujours oui quand un mot finit en ui. Cela m’amuse toujours un peu. Septante ans, je trouve ça jeune. C’est l’âge de la dame qui fait la cuisine chez moi. C'est ma femme. Elle fait bien la cuisine. Elle me dit que c'est diététique. Ce mot m'amuse. J’adresse un salut de la tête à la dame assise à côté de moi. Je dois être poli.  Lui parler fera passer le temps. Je lui parle du calme de la mer, de l’absence de vent. Je ne lui parle pas de dépression et d'anticyclone. Elle me répond gentiment, doucement, presque craintivement. Je suis surpris et lui demande où elle habite dans notre village au bord de la mer. Elle me regarde directement en tournant le corps pour me faire face. Elle s’est enfuie d’une maison d’accueil des personnes âgées qui ne peuvent plus vivre seules et que leur famille néglige. Elle n’est pas belge. Elle n’a pas dit foui. Elle ajoute qu’elle a marché assez longtemps depuis le village voisin où se trouve la maison d’accueil qu’elle a quittée. Je vois qu’elle est vêtue d’une chemise de nuit et d’un peignoir. Le tissu de son peignoir est un tissu à fleur. Cela m'amuse. On dirait un rideau de chambre d'enfant. Je lui demande pourquoi elle a fui. Elle me dit que le personnel de cette maison ne venait plus et que les personnes âgées qui ne peuvent plus vivre seules ont été obligées de partir. Je lui demande si elles sont toutes parties. Non, me dit-elle, beaucoup restent dans leur chambre car elles ne peuvent plus marcher. Je n’exprime pas mon étonnement car il serait indiscret d’en savoir davantage. À mon regard elle répond d’un haussement d’épaule. Son peignoir glisse sur son épaule. Elle le remet en place. Je ne sais que lui dire. Je lui demande si je peux lui offrir un café.  Elle me répond qu’elle me remercie mais, je mangerais bien un croissant ajoute-t-elle. La boulangerie est ouverte, Je l’ai vu en passant pour venir m’assoir sur le banc avec la dame qui me demande un croissant et qui s’est enfuie de la maison d’accueil. La boulangerie est verte. C’est une couleur curieuse pour une boulangerie. Ça m’amuse et je me demande quelle est la bonne couleur pour une boulangerie. Je rentre dans la boulangerie. Je suis seul, il n’y a pas de client. La jeune fille qui se trouve derrière le présentoir des pâtisseries et des viennoiseries ne me regarde pas. Elle regarde fixement son téléphone. C’est bien commode ces téléphones. Les jeunes gens s’en servent tout le temps. Ma femme me dit qu'elle lit le journal avec son téléphone. Je ne lis plus le journal. Elle lève la tête. Elle relève la tête et aussi le menton et elle me regarde. Elle ne dit rien. Je lui dis que je voudrais quatre croissants dans deux sachets séparés. Elle hausse les épaules et me donne deux paquets de deux croissants. Je la remercie. Je lui donne un billet de dix  euros. Elle le prend et me dit merci monsieur. Je pose ma canne pour prendre les deux paquets de croissants. Ma canne glisse et tombe par terre. La jeune fille n’est plus là. Je me dis qu’elle est retournée dans l’arrière-boutique. Je n’ose pas l’appeler. J’ai les mains occupées des deux paquets de croissants. Je quitte la boulangerie et retourne m’assoir auprès de la dame qui s’est enfuie de la maison d’accueil des personnes âgées. Je passe devant une boulangerie. Elle est de l’autre côté de la rue. La devanture est d’une couleur terne. Je ne trouve pas le mot pour dire quelle est cette couleur. Je pense à gris mêlé de jaune. J’avais oublié qu’il y a dans cette rue deux boulangeries. Je me demande s'il vende aussi des croissants. Je suis content de marcher sans ma canne. En marchant, je me dis que je vais proposer à la dame de venir avec moi à la maison. Ma maison est à 600 mètres. De ma maison on voit la mer. Cela m’inquiète car je ne sais pas ce que dira la dame qui vit avec moi et qui fait la cuisine. C’est ma femme et elle s’occupe de moi. J’hésite. Pour réfléchir je fais le tour de la fontaine sur la place du village. Je n’aime pas réfléchir, cela me demande des efforts. Je m’assied quelques instants sur un banc de la place. C’est le même banc que celui où est assise la dame qui s’est enfuie. J'étais assis à côté d'elle. On appelle ce type de banc du mobilier urbain.  Ça m’amuse et je me demande si ce banc est vraiment poli et bien éduqué. Je repart pour retourner auprès de la dame. Je repasse devant la boulangerie. La jeune fille est derrière l’étal de croissants. Elle me voit et me fait signe. Elle sort et me tend ma canne. Je la remercie de sa gentillesse. Elle me dit que c’est bien normal et me demande si tout va bien. Je la remercie encore et reprends mon chemin en tenant mes deux paquets de croissants d’une seule main et ma canne dans l’autre. Les croissants dans la main gauche et la canne dans la main droite. Je suis droitier. Je n’arrive pas à utiliser ma main gauche. Je m’amuse de l’expression qui dit de quelqu’un qu’il a deux mains gauches. Je me pose la question de savoir si cela expliquerait la gaucherie de certaines personnes. Je continue et je me demande combien a pu coûter le dallage de pierre de la chaussée de la rue qui mène à la plage. Je demanderai à la dame assise sur le banc si elle a une opinion sur ce sujet. C’est pour faire de la conversation. J’arrive au banc et la dame qui s’est enfuie de la maison d'accueil n’est plus là. Elle est repartie. Je la cherche du regard, sur la plage, vers la jetée du port. Au bout de la jetée, il y a un petit phare. Je ne sais pas s’il est éclairé la nuit. Je ne viens jamais la nuit. Je m'assied et je mange les quatre croissants. Je n’aurai plus faim pour le repas. Ma femme, je ne lui parlerai pas de la dame qui  était assise sur le banc et qui s’était enfuie de la maison d’accueil. Elle me reprocherait de ne pas lui avoir proposé de la conduire à la maison. Je crois que si je l’avais amenée elle me l’aurait aussi reproché. Je suis bien sur ce banc et comme j’ai mangé les quatre croissants achetés à la boulangerie verte il me vient l’idée que je pourrais rester sur ce banc pour toujours.

 

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15 mai 2020

Le prof et le très bon élève

 

Je suis élève dans une classe avec d’autres jeunes gens(es ?) et jeunes filles, et nous préparons le concours d’entrée dans la vie.

C’est un concours très difficile dans son objet car les diplômés aborderont un univers de problèmes.

C'est un concours très facile car tous les élèves seront diplômés et tous rentreront dans ce monde d'incertitudes pour tous et de difficultés pour le plus grand nombre 

La classe est faite par un monsieur sympa qui explique bien et qui ne se fâche jamais. C'est le professeur. 

Un élève parmi les élèves est assis au premier rang. Cet élève est aussi le chef de classe. Moi assis au fond de la classe et pas du tout bon élève, je l'admire mais cependant moins que le professeur qui nous fait la classe.

L'élève du premier rang interrompt tout le temps le professeur et trouble l'enseignement. Je pense parfois qu'il voudrait bien être à la place du professeur mais qu'en réalité il aimerait "en même temps" plaire à tous les autre élèves et "en même temps" ne pas dire de sottises éviter les réprimandes du professeur.

Il n'y arrive pas toujours.

Cependant la classe se fait. On dit comme ça, faire la classe.

Aujourd'hui le prof nous a fait un cours très compliqué. Je n'ai pas tout compris mais je n'ose pas, mauvais élève que je suis, lever la main et interrompre la leçon. C'est un peu le privilège du bon élève du premier rang.

Il nous explique que dans le monde qui nous attend, il n'est pas facile de faire les bons choix entre… alors là, il a parlé de triangle et je me suis demandé s'il n'avait pas changé de matière pour faire des maths. Mais non, il a tout de suite expliqué que le triangle, c'était une image pour dire qu'il fallait trouver un équilibre entre des champs de force qui tendent à s'éloigner les unes des autres. Alors, là, je patauge.

Il explique: une des pointes du triangle est la protection de la santé de tous. Ce qui est la première mission en période de crise sanitaire. L'élève du premier rang lève la main et dit: Ne pourrait-on parler de guerre ? Le professeur hoche de la tête. Drôle d'expression, ce hocher. J'en glisse un mot à mon ami Wiki assis avec moi au fond de la classe. Il hausse les épaules. Pourtant, c'est un rudement bon élève. Il devrait s'assoir au premier rang. 

Une autre pointe du triangle est le besoin de la classe et de tous les parents d'avoir "toujours plus" de confort, de récréations et moins de devoirs en classe ou à la maison et des vacances plus longues en été, au printemps, en hiver et à l'automne. Le du premier rang lève le doigt et dit : ces aspirations sont légitimes et je les avaient présentées lorsque je suis devenu chef de classe.

Le prof fait semblant de ne pas avoir entendu. 

La troisième pointe du triangle, mes enfants, c'est l'économie. Vos parents vous hébergent, c'est bien naturel, ils vous nous habillent, c'est bien naturel, ils vous nourrissent….Ils doivent travailler pour gagner leur vie et la vôtre. Il faut que les usines, les commerces, et tous les secteurs d'activité fonctionnent du mieux possible et cela est rendu difficile du fait des contraintes imposées par les deux autres sommets du triangle.

Surmontant ma timidité je lève la main, coupant de la sorte l'herbe sous le pied du premier de classe et je lui dis que je crois avoir compris que nous étions dans ce triangle comme une bille de machine à sous qui rebondit d'un bip à un autre au risque de tomber dans le "game over".

À ma grande surprise, le très bon élève renchérit et assure la classe que sa mère et son prof de théâtre lui ont inculqué ces principes d'économies ménagères et continuent de les appliquer. Son diplôme en poche, il les appliquera. 

Le prof nous coupe la parole et nous dit de garder nos lieux-communs pour la récré et de nous concentrer sur la leçon. Son taf, nous dit-il, est de faire que notre bille de flipper reste bien calée au centre du triangle et qu'aucune cause de déséquilibre ne vienne perturber des équilibres fragiles. Il dit taf car il aime bien parler cash, ç'est cool. 

Je n'ose plus lever la main mais je brule de lui demander si d'avoir ce souci du panier de la ménagère, des vacances tout le temps et de la santé de tous ne risque pas de se faire sentir à quelque moment dans les économies de la caisse des élèves de la classe et dans celle des parents.

Comme s'il avait entendu ma question par une sorte de transmission de pensée le premier de la classe s'adresse au prof : Toute la classe et moi-même sommes d'avis que les dépenses de la classe doivent être utilisées "coûte que coûte" et même au-delà en demandant à nos parents un petit effort supplémentaire et peut-être aussi aux futurs élèves. Ce qui est essentiel, c'est de maintenir le calme dans la classe, enfin au moins dans la classe des bons élèves.

Je suis saisi d'admiration et même de respect quant à la justesse et la sagesse de cette intervention et surpris que le prof, à nouveau hoche le chef et déclare que nous avons assez bavardé et qu'il est temps de  revenir aux choses sérieuses. Malheureusement la cloche de la fin du cours sonne 

Je suis un peu déçu et je trouve le prof très terre à terre.

Comme une morale, il me vient à l'esprit que le très bon élève de cette fable est la bille qui va de flop en flop avant de tomber dans le trou du game over.

Quant au prof il lui faut suivre le flop en flop ou bien se souvenir de ses origines pour ne plus patauger dans le marécage. Revenir au travail dans l'économie et dans le social revenir au travail.

Mais, il est homme de devoir, avec le vaisseau il sombrera. 

Salut, la cloche vient de sonner et ma mère m'attend.

 

 

La liste des flops est trop longue pour qu'il soit nécessaire de les énumérer de nouveau.

Une dernière remarque: dans ma mémoire naïve et qui se souvient quand elle veut bien de ce qu'elle veut bien, le projet de réforme du gouvernement a bien été adopté par application de l'article 49.3 le 1er mars dernier. Pourquoi alors claironne-on que la réforme est enterrée, repoussée, oubliée, effacée et que les forces du progrès ont fait reculer l'esprit du mal. Qu'en pensent le prof et le bon élève ?

On verra plus tard, pour le moment c'est le chômage. Alors s'ouvre le bureau des pleurs (éminemment légitimes, les pleurs) et les milliards sont promis tel le pain d'autres fables dans des plans que les ministères en concertation avec tout le monde élaboreront dans l'urgence.

 

15 mai 2020

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13 mai 2020

Promenade au Suswa

 

Souvenirs partagés.

Souvenirs partagés, souvenirs effacés, souvenirs ressuscités, mais surtout souvenirs reconstruits ? Comment répondre à cette question quand un ami de longue date vous dit, d’une certaine manière, Onc’Claude raconte-moi l’histoire du…Suswa. Et des grottes. 

Mon cher François, souviens toi…

Le Suswa est un volcan du Rift, cette plaine large d’une soixantaine de kilomètres qui résulte de l’écartement de deux plaques tectoniques ayant décidées de faire chambre à part en abandonnant dans leur séparation un fossé effondré, ce Rift, et de nombreux volcans orphelins, comme notre Suswa. Ce n’est pas un très gros machin : le Rift est à, disons 1300 m et le bord du cratère à son point le plus haut est à 1900. Les pentes sont douces et on accède facilement à des replats déboisés sur lesquelles on se gare à proximité des célèbres grottes.

Ah ! Les grottes.

Une éruption récente, historique, a revêtu le flanc est de notre volcan d’un flot de lave extrêmement fluide qui s’est écoulé en même temps qu’il commençait à se refroidir. Les derniers volumes de ce déversement du cratère continuèrent dans la masse de l’épanchement déjà solidifié de s’écouler par des tubes. À la fin du flux, ces tubes se vidèrent complétement, dormant invisibles sous la croute de lave déjà figée dans le paysage. Au long de leur souterrain trajet, à certains endroit, ils sont très près de la surface de la coulée et leur toit se fissure et cède dégageant un espace encombré de blocs mais permettant d’accéder plus ou moins commodément aux deux extrémités de la galerie ainsi révélée.

Tu veux savoir quelle est la lave émise par notre animal volcan. Il faudrait demander à de vrais pétrographes, avec des microscopes qui lisent dans l’âme des cailloux. Entre nous, disons basalte, enfin sans doute !

Mais je t’ennuie avec mes histoires de volcanologue pas tout à cuit et déjà moisi alors que ce qui nous intéresse ce sont les grottes.

Souviens-toi, il y a un rituel. On commence par la plus accessible qui est à jet de pierre du parking au bout de la piste qui mène au bord du cratère. Ce n’est en réalité qu’un vaste porche, abris de chauvesouris et repaire de serpents, de gros serpents. L’entrée est jonchée de mues qui montrent que ces bestioles se plaisent dans la demi-obscurité du lieu. Geneviève n’appréciait pas du tout cette possible fréquentation et ne se risquait plus avant dans cette amorce de grotte.

À la fin de l’été 83 l’endroit avait servi au tournage de quelques scènes d’un film d’aventure, Sheena, reine de la jungle, laissant sur place des débris variés dont les Masaïs du voisinage avaient dû, je l’imagine, faire usage. Le film n’était pas inoubliable, donc nous l’avons oublié.

Maintenant seulement commence la visite du petit monde de la grotte… que nous visitons. Bien sûr, il y a aussi le point de vue sur le cratère et son petit dernier cône éruptif niché tout au fond, bien sûr aussi la visite de courtoisie à la famille Masai qui vit je ne sais plus où sur le flanc de la montagne, mais la perle, c’est cette petite grotte. Je ne garde pas le souvenir : qui me l’a montré et m’y a conduit la première fois ?

Andrew Wielochowski probablement, mais je ne suis pas certain que tu ais connu Andrew. Je t’en reparlerai.

Il faut connaître le petit trajet qui mène au « collapse » de l’entrée. Sans avoir pris des repères, tu ne risques pas de trouver l’endroit, ce qui est très bien. On descend dans ce collapse par l’empilement des blocs avec peut-être un peu de bébé-escalade et en une vingtaine de mètres on vient buter sur une paroi infranchissable. Seulement voilà, la nature prévoyante a laissé dans un coin de l’obstacle un petit trou de souris dans lequel il nous faudra ramper sur une distance de quelques mètres. Cela suffirait à décourager des pékins de visiteurs non avertis. Cette courte reptation dans le noir constitue véritablement une petite épreuve initiatique. 

E 1 Suswa

 Puis on est immédiatement dans le vif du sujet, au cœur du spectacle. Un grand, gros et très long serpent de pierre dort d’un sommeil de basalte dans la première grande salle. Ce sont les dernières coulées d’une phase active. Elles ont suivi le fond d’une grande galerie déjà solidifiée. Alors elles forment leur propre petit canal rapidement refroidi. Des gouttes égarées débordent et vont s’arrêter en gros coussins n’ayant plus la force, la pente et la vitesse pour continuer leur trajet. On éprouve le besoin de tout palper et de les entendre raconter cette histoire. On n’en finit pas de se promener dans et sur la bête endormie à jamais.

C’est y pas beau, ce que je te raconte.         

      Suswa 1

Une grosse dizaine d’années auparavant, à une époque où l’on pouvait se promener en toute liberté sur le volcan, j’ai eu la chance de monter sur l’Etna alors qu’une belle coulée de lave fluide, sans gaz et somme toute bienveillante taillait tranquillement son chemin vers cette belle ville de Catane. Elle n’était plus très épaisse sur les bords et on pouvait donc aller la caresser du regard. Des gens des villages y plongeaient des cannes et confectionnaient des souvenirs un peu comme des verriers. Et moi, je badais.

Depuis, aller sur l’Etna est aussi compliqué que de se déconfiner de nos jours.

Mais je radote, je vois que tu veux revenir au Suswa.

        Suswa 11

       Suswa 2

 En quittant cette grande salle la galerie se rétrécie comme si nous entrions dans un goulet qui aurait contrôlé le débit de cette dernière coulée.

Tu parles, faire de l’hydrologie à deux balles dans un écoulement de basalte historique certes, mais pas d’hier matin !

Galerie plus étroite et moins de surprise. Rien que ma mémoire ait retenu jusqu’à une ultime petite salle au fond de laquelle une fenêtre. Dans cette salle des racines d’arbres venues, elles aussi visiter la grotte.

Qui dit racines dit air extérieur et pluie. Et serpent.

Lors d’une des nombreuses visites faites au Suswa un grimpeur américain très connu et célèbre m’accompagne. C’est le genre de monsieur qui a tout fait, tout vu et qui a grimpé tout ce qui se grimpe.

Je l’avais déjà rencontré, Dieu sait où, et je venais de faire quelques pas d’escalade avec lui les jours précédents. Un de nos amis du Mountain Club est avec nous. Ian Allan probablement.

Nous nous extasions de concert sur la grande salle et son serpent endormi puis je prends un peu d’avance et arrive le premier à cette dernière salle. Sur le rebord de la fenêtre du fond un très beau serpent noir, noir mamba me dit mon expérience des promenades au Kenya. Il est immobile et sans doute indifférent à la lumière.

Moitié malice, moitié désir de jouer les gars qui savent, je ne dis rien quand arrivent mes deux lascars grimpeurs. Je dis à l’américain de ne pas s’approcher du fond de la grotte, enfin, pas trop et lui montre le serpent. Parole, je n’ai jamais vu une telle surprise, je veux dire peur, sur le visage de ce monsieur aux expériences multiples et ayant vécu des dangers extrêmes. Au point que je m’en suis voulu d’avoir fait cette niche dont je ne pensais pas qu’elle révèlerait une si grande phobie. Bien entendu, il s’est vite repris mais n’a manifesté aucun désir de rester plus longtemps au pays des mystères et des serpents noirs.    Le mamba aurait sans doute accepté qu’on lui tire le portrait mais aucun de nous n’avait son appareil photo.

Derrière la fenêtre par-dessus le rebord à serpent un puit circulaire de six ou sept mètres de diamètre et d’environ la même profondeur.      Aucun orifice visible, c’était bien la fin de la promenade. Cette particularité reste une énigme. Mamba compris. 

Suswa 12 

Fin de la promenade ;  que nenni !  Restent le paysage du cratère et la visite des voisins Masaïs.

Mais cette partie-là, mon cher François, je ne voudrais pas te priver du plaisir de l’évoquer.

 °°°°°°°°°°°°°°°°°°

Un ajout moderne.

En mars 2018 s’ouvre une famille de failles nord-sud immédiatement au pied est du volcan.   

Cause profonde, c’est le mot juste, le rift fonctionne et l’écartement profond se voit en surface.

Cause superficielle, les terrains autour des volcans sont des sédiments de fraiche date et ne sont pas consolidés.

Plus sur demande expresse.

          Faille de 2018 mars     

  

13 mai 2020

 

 

 

 

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09 mai 2020

Éoliennes, mon beau souci et le Juge Fou

 

J’avais juré que l’on ne m’y reprendrait plus. Je ne voulais plus commenter l’actualité.

Seulement voilà, deux trucs récents, je cherche le mot, Ah, j’y suis, deux trucs disais-je, m’interpellent. J’adore cet emploi de l’interpellation, ça fait adresse de Mirabeau à la Convention ou bien inutile action des forces de l’ordre dans un quartier sensible.

 Le premier est provoqué par la lecture d’un article récent dans mon journal. Il s’agit d’une tribune du 7 mai, avant-hier, signée par des personnalités éminentes du monde de … Paris. Eventail ouvert qui va d’un ancien patron de banque à une comédienne sympathique que les pubs nous permettent de ne pas oublier, en passant par le monument incontournable de la culture Stéphane Bern.

La tribune est intéressante et révélatrice. Je la joins en annexe pour les lecteurs d’un autre journal.

Tout ce beau Monde gémit sur la maladie purulente des éoliennes dans le paysage du cher et vieux pays. Leur tribune est excellente et fait un point judicieux sur le mal, son origine et son ampleur. Origine ? Enfin, pas tout à fait. 

Je remarque que beaucoup des signataires sont concernés par les paysages et d’autres par l’effet sur le tourisme. Ils ont bien raison. Cependant l’article se structure sur la réalité du propos : produire de l’électricité. Alors…

J’en conclus qu’ils découvrent le phénomène lors de l’adoption par décret de la dernière PPE le 21 avril dernier, il y a donc trois semaines.

J’en conclus également que ce beau monde découvre « en même temps » l’existence de la loi Nome adoptée en novembre 2010, texte qui ouvre toutes les portes de la sottise aux gouvernements du pays en matière de gestion de l’énergie et qui d’année en année, de Duflot en Hulot vise à démantibuler notre système de production électrique en finançant par notre dette l’industrie chinoise de gigantesques épouvantails qui ne font pas d’électricité et qui, Ô surprise, se voient dans le paysage ?

Cette loi traduit une curieuse alliance entre une pensée écologique vide de substance hormis son antinucléarisme insensé et un pouvoir politique arrogant et inculte, et content de l’être, soumis dans l’impuissance à une commission hollando-anglo-luxembourgeoise qui rêve d’un néolibéralisme pure jus et entièrement occupée à entraver les plus petites tentatives d’harmonisation fiscale européenne.    Et le sauvetage de la planète. Ouf !

J’en conclus que tout ce beau monde de…. Paris découvre que l’électricité ne pousse pas sur les branches des arbres et que des guignols assemblés dans un hémicycle de guignols peuvent décider le 21 avril qu’il est urgent pour sauver la planète de fermer 34 unités nucléaires et de les remplacer par 120 milliards de dette, chiffre de la tribune, dans la plus complète indifférence.

Que Macron dont les vues semblent de plus en plus étroites, en dépit de son immense culture, ne sache rien de ces choses ne me surprend pas, ne me surprend plus.

Mais Woerth ne dit rien.

 

L’autre sujet est tout aussi étrange et traduit un autre mal dont on commence, exemples après exemples, à mesurer l’ampleur. Je vous l’a fait brève.

Renault décide de rouvrir l’usine de Sandouville en Normandie dès la dernière semaine d’avril. 1000 salariés reprennent le travail et 900 autres sont attendus, ainsi que 700 intérimaires. En gros la moitié des effectifs.

Je comprends que la CFDT et CFE-CGC et même FO approuvent les mesures de protection sanitaires mises en place.

Le travail reprend.

Mais que pensez-vous qu’il advint ?

Le Tribunal du Havre suite à une procédure en référé entamée avant même la reprise par la CGT ordonne la fermeture immédiate de l’usine car des vices de forme dans les obligations d’information-consultation précédant la reprise ont été relevés …. "Notamment une convocation (par mail) apparemment non reçue par la CGT, et donc absente aux réunions locales du CSE, ainsi qu’à celle de la commission santé et sécurité. Ou encore le non-respect d’un délai de 8 jours entre l’ordre du jour d’un CSE convoqué à Sandouville (rectifié après envoi) et sa tenue effective le 23 avril dernier."  Fig

Des erreurs suffisantes pour suspendre l’activité du site rouvert partiellement le 28 avril.

FO déclare : « c’est hallucinant qu’on en arrive là ». FO !

Renault fera appel, bien évidemment et sans doute les choses rentreront dans l’ordre. Quand ? Ah, vous savez, le temps de la justice… Un mois de perdu, adieu voiture, travail, salaire, qu’importe, le juge a bien fait son travail. La rumeur dit qu’il n’a pas pris le temps, la peine de visiter Sandouville, ni visiblement de s’entretenir avec le directeur de l’usine ou avec d’autres syndicats.

Cet incident met en évidence deux choses.

La première est qu’un Juge d’un Tribunal d’Instance sur des vices de formes allégués et probablement inventés a l’idée puis le pouvoir de décider une fermeture d’usine sur ce genre de motifs.

J’imagine l’attendu : Au motif que le mail de convocation de la CGT n’a pas été reçue par le dit-Syndicat…

Et le jugement : nous ordonnons l’arrêt immédiat de toute activité dans l’usine de Sandouville…

Mais sur quelle planète vivons-nous et quel est ce vent de folie qui souffle sur le monde de la justice ?

La seconde est que, quoiqu’il advienne, quelques soient les circonstances, l’urgence pour Martinez et ses séides est d’empêcher les ouvriers de travailler. C’est devenu leur mission.

 

Sur le même sujet. Je prends ici le pari qu’Amazon va fermer ses opérations et ses installations en France …   Qui parie contre moi ?

 

9 mai 2020

 

 

Annexe

«La folie des éoliennes s’accélère encore: la situation de la France exige de l’arrêter!»

Par Tribune collective    Publié le 6 mai 2020 à 19:04, mis à jour le 7 mai 2020 à 12:01

 

La programmation pluriannuelle de l’énergie vient d’être adoptée à la sauvette par un décret du gouvernement le 21 avril. Elle prévoit une multiplication par 2,25 de la puissance installée de l’éolien terrestre d’ici 2028. La prolifération des éoliennes est ainsi inscrite au rang des priorités de notre pays. N’y avait-il pas de décisions plus urgentes, en ce temps de pandémie?

Le coronavirus a tout bouleversé. Il faut que la France renfloue une grande partie de son économie, la rende plus compétitive, remette à niveau son dispositif sanitaire, tout en limitant l’envolée de sa dette. Notre pays devra poursuivre aussi sa lutte pour le climat, en ce qu’elle a de rationnel: isolation des bâtiments dans le respect de l’environnement, promotion des véhicules électriques, relocalisation des productions. Tout cela mobilisera d’énormes sommes, publiques et privées. La France ne peut se permettre, en plus, une politique éolienne meurtrière pour nos paysages et nos pêcheurs, inutile pour la défense du climat et bientôt insupportable pour les finances des particuliers comme pour celles de l’État.

Les éoliennes, installées dans des zones de pêche riches en ressources, détruisent les fonds marins

On voit déjà, dans nos campagnes, beaucoup d’éoliennes. On en verrait presque partout si le programme adopté le 21 avril dernier était appliqué. Et elles nous domineraient encore plus. Les engins qu’on implante aujourd’hui mesurent couramment 185 mètres de haut. Le préfet des Ardennes a autorisé 65 engins de 200 mètres. Le projet du Haut-Armançon, dans l’Yonne, atteint 240 mètres. On se rapproche à toute allure de la tour Eiffel, d’une hauteur de trois cents mètres. Sauf que celle-ci est unique, alors que la vision d’une pléiade de tours Eiffel serait oppressante.

Quant aux éoliennes installées dans des zones de pêche riches en ressources, elles détruisent les fonds marins et chassent les artisans pêcheurs.

Nos paysages terrestres ou maritimes, avec les monuments qu’ils incluent, forment le cadre de vie des Français, et la base de notre tourisme. Un des rares atouts qui nous restent. Préservons-le.

Peut-être certains s’imaginent-ils que le sacrifice de ces paysages aux éoliennes est nécessaire pour lutter contre le réchauffement. Au contraire, grâce à l’électricité d’origine nucléaire et hydraulique, la production française d’électricité ne dégage presque plus de carbone. Les dernières centrales au fioul ont fermé. La fin des dernières centrales au charbon est programmée à brève échéance. Reste le gaz, qui n’est nécessaire que pour compenser l’extrême intermittence des productions éolienne et photovoltaïque. Dès lors, une nouvelle implantation massive d’éoliennes ne serait d’aucune aide dans la lutte contre le réchauffement.

Excédentaire en électricité, la France n’a pas besoin de sources nouvelles d’énergie. Elle dispose de centrales nucléaires anciennes qui pourraient être prolongées

Et même, elle lui nuirait. Dans notre pays, une éolienne ne fonctionne en moyenne qu’à 24 % de sa puissance: quand le vent est faible, elle reste immobile, et quand il est trop fort, on doit l’arrêter. Or les consommateurs ont besoin d’une alimentation en énergie régulière. Le gaz, polluant, prend donc le relais. Si une nouvelle extension est donnée à l’éolien, il faudra davantage de gaz. Du fait de son union forcée avec ce méthane fossile, l’éolien n’est pas une vraie énergie renouvelable. En outre, il s’agira de plus en plus d’un gaz russe, ce qui donnera à la Russie un moyen de pression sur notre pays.

Excédentaire en électricité, la France n’a pas besoin de sources nouvelles d’énergie. Elle dispose de centrales nucléaires anciennes qui pourraient être prolongées, comme le montre l’exemple américain, de vingt ans voire de quarante. Les installations étant à peu près amorties, le courant produit est bon marché. Provenant au contraire d’installations à construire, le courant éolien terrestre sera, dans les meilleurs cas, deux fois plus cher. Et on veut substituer ce second courant au premier! Les conséquences ne se font pas attendre. Déjà, au cours des douze derniers mois, le prix du courant facturé aux particuliers a été relevé de 10 %. L’application de la programmation pluriannuelle de l’énergie qu’on vient de promulguer ne pourrait qu’aggraver cette tendance, et donc ponctionner le pouvoir d’achat des ménages, alors qu’à l’issue de l’épidémie, il faudra à l’inverse relancer la consommation.

Passons à la caisse. La programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit pour la décennie 2018-2028, après suppression d’une série de réacteurs encore utiles, la mise en place d’une puissance de 57 gigawatts, éolienne et photovoltaïque pour l’essentiel ; d’où un coût de l’ordre de 81 milliards d’euros, correspondant surtout à des achats de matériel à l’étranger, notamment… en Chine. Un comble!

Le total avoisinerait 120 milliards d’euros, à prélever sur l’épargne française publique ou privée

Ce programme implique aussi un renforcement du réseau, d’un coût de l’ordre de 20 milliards d’euros (plus le coût psychologique des lignes à haute tension), et, compte tenu de l’intermittence de l’éolien comme du photovoltaïque, la création d’une force de secours d’un coût de l’ordre de 19 milliards d’euros.

Le total avoisinerait 120 milliards d’euros, à prélever sur l’épargne française publique ou privée, et qui manqueraient cruellement pour financer notre redémarrage.

N’est-il pas temps de revenir à de plus justes priorités? Cessons d’aider de nouvelles éoliennes en France, et consacrons ce qui nous reste de ressources au sauvetage de notre pays.


* La tribune est signée par Stéphane Bern; Jean-Claude Casanova de l’Institut ; Michel Pébereau ; Françoise Chandernagor de l’Académie Goncourt ; Patrice Cahart, Inspecteur général des finances honoraire et ancien directeur de la législation fiscale au ministère des Finances ; Pierre Audigier, ingénieur général des Mines honoraire ; Jean-Louis Butré, président de la Fédération de l’Environnement Durable ; Jacqueline Dauxois, écrivain, spécialiste de bioéthique ; Anny Duperey, actrice et romancière ; Bruno Durieux, économiste, maire de Grignan ; Denis de Kergorlay, président honoraire d’Europa Nostra ; Jean de Kervasdoué, de l’Académie des Technologies ; Julien Lacaze, président de Sites et Monuments ; Bruno Ladsous, collectif Occitanie Environnement ; Evelyne Lever, historienne ; Olivier de Lorgeril, président de la Demeure Historique ; Pierre Morel, ancien ambassadeur ; Dominique Poitout, de l’Académie de Médecine ; Katherine Poujol, présidente de l’association Gardez les Caps ; Michel Rousseau, président de l’association de Protection du Paysage entre Beauce et Perche ; Gérard de Senneville, inspecteur général de l’Équipement honoraire ; Marjolaine Villey-Migraine, association Vigilance Patrimoine Paysage et Naturel.

 

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22 avril 2020

Baril et Roussette ou un jeune crétin au pouvoir

  

De passage à Mohéli, aux Comores j’avais quelques années auparavant fait la connaissance d’une charmante Roussette de Livingstone. Elle m’expliqua que son nom venait peut-être d’un ancêtre écossais. Je suis resté en contact avec elle et nous nous entretenons souvent sur la vie des chauvesouris et sur leur communauté suspendue… par les pattes.

Très récemment elle me faisait part de tracas et se plaignaient des incivilités dont elle est l’objet : «  On m’accuse, ici dans mon île, d’être  l’origine, que dis-je d’être la cause d’une grande pandémie qui affecte la terre entière ». Elle me demanda comment une amie des hommes comme elle, végétarienne de toujours et totalement isolée à l’envers sous son arbre pouvait se trouver ainsi accusée. D’ailleurs me dit-elle, mes grands-parents disaient que déjà, quand ils étaient jeunes on les avait rendu responsable d’une maladie répandue en Afrique, maladie dont ils ne connaissaient même pas le nom.

Je la rassure, elle n’est pas la chauvesouris dont la rumeur des Mohéliens s’est emparée, pas plus que ses grands-parents n’étaient responsables-pas-coupables de l’épidémie d’Ébola, loin d’ici de l’autre côté du continent. Aujourd’hui, il s’agit d’une de ses cousines, d’un autre continent, d’un autre pays, d’un pays où les chiroptères vivent dans des caves et servent de mets à toute sorte d’autres bestioles. On appelle ce pays la Chine.

Elle me demande de faire taire cette vilaine rumeur qui nuit à son sommeil car dans un mauvais rêve elle pourrait tomber de sa branche.

   

Chauvesouris de Livingstone

                                             

LN

Je te reparlerai, si tu le souhaites, de ces histoires de chauvesouris et de vilaines maladies.

Roussette

Certainement, je suis très isolée sous mon arbre et friande de nouvelles du vaste monde.

LN

Mais aujourd’hui je te propose une histoire qui te conduira dans un monde étrange, comme une forêt enchantée peuplée de créatures aux mœurs étranges. L’histoire est intéressante et je vais te la résumer.

R

Je suis suspendue à tes lèvres bien que je les crois moins confortable que ma branche…Bon, ça va, je plaisante.

LN

Il y a très longtemps, en ce pays merveilleux des personnages rêvant d’en organiser la vie, jusqu’alors régentée par un méchant sorcier britannique, décidèrent dans leur grande sagesse de donner dans leur pays libéré, à chaque propriétaire légitime d’une parcelle, petite ou grande, la propriété du sous-sol de la parcelle.

R

Légitime, ça veut dire quoi ?

LN

Ces personnages, je te le disais, organisaient le pays et accordaient des droits de propriété à la condition de ne pas l’avoir possédé avant comme les sauvages qui y  vivaient. Les esclaves noirs amenés en bagage accompagné et ne possédant rien n’étaient naturellement pas concernés.

R

Bon, alors, le sous-sol ?

LN

À l’époque le sous-sol ne devait pas signifier grand-chose et sans doute ne s’agissait-il que d’une clause de style. Ce droit existe toujours même si des états (dits unis) s’en sont parfois emparé. Et les gens l’ont largement utilisé et pour dire vrai exploité comme ils ont exploité les ressources qu’ils avaient sous leurs pieds.

Cela a concerné, le charbon, les minerais, les métaux, l’or en particulier puis dès la fin du 19ème siècle le pétrole.

R

Arrêtes de faire le savant, je n’y comprends plus rien.

LN

Tu as raison, ce n’est vraiment pas une histoire simple, ni un conte de chauvesouris. Retourne à tes rêves d’arbres surchargés des fruits que tu aimes et rendors-toi du sommeil des chauvesouris repues.

 

Bonne sieste et je reviens au pétrole. Ce qui nous intéresse ici est une histoire du baril.

Le Baril est le stade médian de la vie du pétrole, dans les estimations de volumes des champs, dans le débit des forages et dans la cotation des prix de vente.  Ensuite il se transforme en Tonne quand on le transporte et jusqu’à la porte de la raffinerie où on en paye le prix. Puis encore, associé à ses copains et concurrents en Tep dans des statistiques avant de finir en litres dans le réservoir de nos voitures qui ne sont pas toutes électriques.

Plus précisément le baril en 2019 et les premiers mois de 2020.

Dès 2012 les progrès conjugués de la sismique et des techniques de forage conduisent certains propriétaires terriens américains, petits ou grands,  à découvrir qu’ils ont sous leurs pieds une ressource d’huile importante qu’ils peuvent exploiter eux-mêmes et dont le prix d’extraction est inférieur au prix du marché. Bingo ! Se met en place rapidement une production de pétrole dit de schiste d’abord désordonnée et dangereuse puis progressivement améliorée et accédant de plein pied au marché américain.

Les USA précédemment importateur de pétrole cesse de l’être et sont près de devenir exportateur.

Cela tombe bien car les crises du Moyen Orient réduisent considérablement les productions d’un Iran sanctionné, d’un Irak handicapé et d’un Koweit convalescent. On ne parle déjà plus d’un Venezuela naufragé, touché-coulé par Chavez and Co.

Les Saoudiens qui ont encore une politique sur ces sujets ajustent avec qui le veut ou le peut la production mondiale dans la fourchette des 96/100 millions de baril/jour et le prix se maintient en 2018 autour des 70 $/bl

La Chine ne cesse de produire son électricité en brulant du charbon car elle en a en abondance et que les prix du pétrole  sont élevés.

Tout ceci avec une augmentation de la demande mondiale encore régulière de 1 à 2 %.

                               

Brent $ 2010 à 2020 Fig 2 avril

 

L’année 2019 est toujours marquée par les incertitudes sur la situation politique du Moyen Orient et en particulier par les embargos des américains visant à asphyxier l’économie iranienne et les errements qu’ils manifestent sur leur présence dans la région. Les répliques des asphyxiés par des actions d’intimidation sur le franchissement du détroit d’Ormuz et l’attaque de deux raffineries saoudiennes le 14 septembre 209 accentuent ce climat d’incertitude. Les combats en Lybie compliquent encore le paysage. L‘OPEP et la Russie parviennent à maintenir un baril autour de 60 $ au prix de multiples rencontres pendant le dernier trimestre 2020, alors que les Américains continuent de consolider leur part de marché sans réduire leur production.

Mais dans les premiers jours de 2020 les prix entament une nouvelle descente et la situation est telle que le 5 mars l’OPEP décide de réduire sensiblement le niveau de production mais la Russie refuse de se joindre à cet effort. Poutine cherche encore à mettre hors-jeu le pétrole de schiste américain et a besoin de maintenir les revenus de sa production.

Il semble qu’à ce moment les producteurs n’aient pas perçu que la gripette qui démarrait en Chine et débarquait en Europe allait en un claquement de doigt mettre en panne l’économie mondiale. Cet aveuglement ne s’est dissipé que fort avant, mi-avril, sur cette crise devenue sanitaire et pétrolière.

Rétrospectivement bien trop tard et il ne restait déjà plus de levier pour agir sur les productions, les cours, les stockages et surtout les demandes. 

MBS adopte le 6 mars le comportement d’un gamin qui au bord de la plage détruit le château de sable parce qu’un de ses petits camarade ne veut plus jouer avec lui. L’Arabie Saoudite inonde le marché pour mettre tout le monde à genoux, la Russie punie d’être un mauvais joueur, le pétrole de schiste américain qui a mené le pays au rang de premier producteur mondial et naturellement le pétrole shiite des iraniens à tarir absolument.

Le résultat de cette attitude qui ressemble au suicide collectif d’une secte obéissant aux injonctions de son guru saoudien ne sera jamais connu car dans le même instant, les premières semaines de mars, le corona virus provoque ce claquement de doigt. Tous les circuits de l’économie mondiale cessent de fonctionner quasi instantanément dans un climat de panique sanitaire jamais vécu. Dans une situation générale d’impréparation et d’atermoiements résultant de cette impréparation s’opère la mobilisation des services de santé.

En France, ils réagissent et réussissent une difficile mobilisation tout en révélant les lourdeurs et même les obstructions du système administratif qui régit leur existence. L’épidémie semble ne plus progresser. Dès que le chiffre des décès ne croît plus, on veut croire que l’intensité de l’épidémie baisse.

Optimistes ou contraints, dans les premiers jours d’avril les gouvernements commencent à réaliser qu’on ne peut pas mettre en panne l’économie du monde sans dommages irréversibles. Il faut que l’activité reprenne.

Alors, en France on « déconfinera » mais progressivement et quand on le pourra, avec, promis juré, les masques et les tests qui arriveront, chacun le sait, bientôt et progressivement. On réalise aussi que l’avis des conseils ne suffit pas à construire une politique et peut même entraver l’action des responsables. Le scientifique se protège et ne prend pas de responsabilité, ce qui n’est pas son rôle. Et il ne peut indéfiniment servir de paravent à un pouvoir qui hésite. 

Les cours du pétrole se sont effondrés et peinent à se stabiliser (Brent) entre 20 et 25 $.

La production du pétrole de schiste tombe et certains producteurs sont dans l’obligation de le « vendre » en les rémunérant à des clients qui le stocke. Par le jeu des achats à terme, le WTI descend à -37 $.

MBS et le corona virus, bel exemple d’une coopération réussie.

 

Une conclusion : Nous ne savions pas encore comment classer MBS dans la catégorie des dictateurs mais soudain il nous révèle son immaturité, sa puérilité et sans nul doute son inculture. La dose de fanatisme religieux qui intervient dans son comportement reste difficile à apprécier, combat contre le shiisme ou combat contre l’ennemi ancestral. Les deux, mon Colonel ! Le dirigeant-dictateur du pays détenteur des plus grandes réserves prouvées existantes est capable et le démontre d’un comportement erratique

Ce type, quel danger !

Et comment ne pas s’étonner de cette extraordinaire conjonction entre l’incohérente décision de MBS et la mise en panne instantanée et radicale de l’économie mondiale.

 

Je ne réveille pas mon amie la Roussette. Elle dort toujours dans son temps suspendu.

 

Et comment terminer un papier sans queue ni tête ?

L’histoire de la chouette est simplement sortie d’un souvenir des Comores pendant lequel j’avais observé ces roussettes. Je voulais raconter à une roussette transformée en amie, les pataugeages de nos gouvernants politiques et sanitaires dans le marécage où ils entrainent le cher et vieux pays.

Dans un autre coin de l’écran trainait ce début de mise en ordre de mes souvenirs sur ce bref épisode de l’histoire pétrole, qui ne consistaient qu’en une sorte de succession d’images, réunions de l’OPEP, variations erratiques et ponctuelles dus à des évènements vite oubliés. Mise en ordre provoquée par la conjonction MBS-coronavirus.

Par paresse et puis, la chose étant faite par amusement j’ai choisi de coller les deux trucs l’un à l’autre.

 

Je ne nourris pas l’espoir qu’un lecteur partage mon amusement mais certains pourraient tirer profit de ce rafraîchissement de mémoire. On rafraîchit la mémoire comme on rafraîchit les coupes de cheveux : régulièrement.

 

22 avril 2020

 

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13 avril 2020

Le syndrome du moniteur de ski.

 

 Ce papier est la première partie d'un papier sur les intrusions de l'état dans des professions libérales qui se passeraient parfaitement bien des complications introduites dans des domaines où le marché est la seule loi qui régisse l'activité des professionnels, une fois définies les règles premières d'hygiène et de sécurité des équipements: professions à risque nul. Ce qu'est l'enseignement du ski et cela devrait le rester.

L’enseignement du ski dans les stations de montagne est un des éléments de l’ensemble des prestations offertes aux touristes qui les fréquentent. A l’époque de l’essor de cette industrie quand l’état de pistes et la qualité du matériel rendaient difficile l’apprentissage de ce sport, cet élément avait une certaine importance et contribuait dans une large mesure à attacher et fidéliser la clientèle des stations. La chose est moins nette maintenant : les écoles de ski qui organisent cette activité servent d’abord à agrémenter l’offre des Tour-Opérateurs étrangers ; elles servent également de garderies d’enfants de sorte que les parents puissent aller skier tranquillement sans l’encombre de marmaille.

Le moniteur de ski doit donc avoir un certain don d’animateur et aimer s’occuper des enfants. Accessoirement il servira d’accompagnateur à des clients fortunés qui souhaitent être vu ‘au restaurant) avec leur moniteur qui devient là un signe parmi d’autres de l’importance social des clients ; enfin tout à fait exceptionnellement il se trouvera un amateur éclairé qui sollicitera des conseils pour franchir une étape dans la maîtrise de la technique.

Etre un bon skieur est nécessaire pour remplir ces fonctions. Sans plus. Le talent du contact, le respect de la clientèle, la gentillesse en un mot sont des qualités beaucoup plus importantes que l’excellence sportive et en particulier que des qualités de compétiteur et  de coureur. En effet il n’est pas certain que la perception que le skieur de haut-niveau a dans sa pratique lui permette mieux qu’à un skieur moins performant de comprendre les difficultés du débutant et de l’encourager sans incompréhension.  Il ne viendrait à l’idée de personne de confier l’apprentissage du calcul à un médaillé Field.

Dans ce cadre que dit le Libéral, que fait l’américain ? Dans une station récemment développée du Montana, le promoteur ou le conté ou l’état du Montana a prévu que dans le programme de développement s’installe des commerces et des services. Un M. Smith pense que il est intéressant d’organiser une école de ski : il achète ou loue un espace commercial, une boutique et il recrute des jeunes gens –bons skieurs- désireux d’exercer ce métier. Son activité débute et les efforts conjoints du patron-investisseur et des moniteurs portent leurs fruits. Les clients sont satisfaits de l’offre qui correspond à leur demande. Si l’adéquation décrite ici n’est pas satisfaite, M. Smith et ses moniteurs prennent acte de leur échec et convertissent l’établissement en se franchissant chez Pizza Hut. A aucun moment l’État fédéral ou l’État du Montana ne sont intervenus dans le projet de M. Smith. La qualité du travail de M. Smith et de ses moniteurs a été, au bout du compte le facteur décisif du succès ou de l’échec de l’entreprise.

En France… M. Renard (on l’appelle ainsi car il lui faut de la ruse pour pénétrer le maquis administratif aux portes duquel il se trouve) nourrit le même projet que M. Smith. Comme son homologue américain il souhaite ouvrir boutique et proposer un service à la clientèle de la station qu’il habite. La profession de moniteur existe de longue date –pas encore un siècle, mais presque : l’État a largement eu le temps (le loisir) d’y mettre sa marque, ce qu’il a fait dès que le besoin (la demande) s’est fait sentir. Décrire le système administratif, technocratique puis nécessairement bureaucratique impliqué dans cette action de l’État demande un livre : on y trouverait de la technique du ski (le célèbre planté de bâton du cinéma), du code du travail, de la psychologie à deux balles, de la pédagogie pour les nuls, de la formation des moniteurs, de l’école pour ce faire, du contrôle de la profession évidemment au niveau national, régional, départemental, des normes et prescriptions en tout genre, bref un inventaire des dérives administratives d’un pays qui tourne à vide. Mais comme, grâce à la diligence de l’État une profession nouvelle est née, elle se doit de rajouter en elle-même, de secréter une nouvelle couche organisationnelle qui l’isolera pour la protéger et faire valoir ses valeurs et ses intérêts : le Syndicat ! Comme dans d’autres domaines se noue alors une complicité faite d’intérêts bien compris saupoudrés d’antagonismes de façade qui résulte en la mise sur pied d’un système quasi-mafieux dont  les corporations, jurandes et  guildes des temps passés auraient admiré l’efficacité. Ce système est de surcroit injuste. Comme la sélection des Moniteurs se fait au plan national, elle repose sur l’existence d’un établissement qui agit en fonction des places dont il dispose, malthusianisme encouragé par le fameux Syndicat. Il convient de sélectionner les impétrants pour en limiter le nombre. Comme la sélection doit être « objective » le seul critère qu’on puisse retenir est celui de la compétition. Ce sont donc les jeunes sédiments du monde de la compétition de ski qui deviendront Moniteur. Un point positif : ils skient bien et il n’est pas illégitime qu’ils accèdent à ce marché s’ils le méritent. Ont-ils les qualités d’un moniteur de ski n’est plus la question puisque le système permet de nourrir quelques centaines (milliers ?) de fonctionnaires ou assimilés, et que le puits de la dette n’a pas de fond, comme chacun sait. Devant ce barnum institutionnel, M. Renard va donc se plier aux diverses réglementations et passe une certaine énergie à naviguer en évitant les écueils réglementaires. Et il risque de découvrir que les moniteurs qui exercent avec lui, de même que l’association-coopérative qu’il a créé connaissent un traitement fiscal différent de leurs voisins du syndicat du Ski Français.

Voilà, dans l’immédiat après-guerre, à une époque pendant laquelle la pensée collectiviste dominait la vie politique, et avant que la pratique du ski ne soit aussi répandue que celle du vélo, l’État s’est avec les meilleures intentions du monde (lesquelles ?) emparé du sujet au lieu de laisser opérer les forces du marché, transformant le monde du ski professionnel, qui n’est qu’un monde d’animateurs sportifs et presque totalement dépourvu d’implication sociale en un système complexe, inutile et susceptible de multiples dérives, avec in-fine comme résultat que le seul vrai critère qui doive entrer en ligne de compte pour la pratique de ce métier, c’est-à-dire la gentillesse et le goût du contact avec la clientèle soit radicalement sorti du paysage.

Que l’État s’occupe de sa place dans la construction européenne, ou simplement occupe sa place dans cette construction, ou qu’il s’emploie à réduire ses dépenses, ou qu’il veille à ce que Mme Lauvergeon fait dans son coin, mais surtout qu’il laisse les animateurs sportifs en paix et les vaches seront bien gardées !

Mai 2017

 

Mai 2017

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12 avril 2020

AFFAIRE VINCENDON ET HENRY : CLAUDE DUFOURMANTELLE S'EXPRIME.

 

Cette page est extraite du carnet de l'ami Ballu. Je l'introduit ici car il s'agit bien d'une parole de Naif

 

AFFAIRE VINCENDON ET HENRY : CLAUDE DUFOURMANTELLE S'EXPRIME.

Claude Dufourmantelle est non seulement l'un des acteurs majeurs du drame Vincendon et Henry, mais il en est également l'un des derniers survivants. Il n'en tire aucune gloire, bien au contraire. S'il a jusqu'ici accepté de répondre aux nombreuses sollicitations dont il a été l'objet, s'il a même bien voulu préfacer la réédition de "Naufrage au Mont Blanc", c'est sans doute par amitié, mais c'est également pour honorer un devoir de mémoire et peut-être aussi par courtoisie. Car Claude Dufourmantelle est un homme courtois et... discret. En soixante ans, il n'avait jamais pris l'initiative de s'exprimer sur ce sujet. Il a commencé à le faire :

"Il est des faits-divers qui deviennent des affaires. La renommée aux cent bouches fait passer en pleine lumière certains  drames ordinaires, ceux de tous les jours, quand ils ont plus de charme. La société qui consomme la sensation comme une drogue s’en empare et s’y observe. Les médias entrent en résonnance sur ces objets d’actualité.

Il arrive que ces faits divers attirants prennent une véritable dimension culturelle comme des témoins d’une époque ou des signes annonciateurs de changement et même les causes immédiates de ces changements.

Telle est l’affaire Vincendon et Henry.

Elle est bien connue : deux jeunes alpinistes pendant les vacances de Noël sont échoués au pied de la face nord du Mont Blanc après quelques jours passés sur la montagne. Ils sont miraculeusement en vie. Les secours mis en place tardivement se terminent en catastrophe dans une cacophonie aéronautique, par l’abandon des jeunes gens et une retraite piteuse des sauveteurs courageux mais impuissants.

Le Destin, les Dieux et les Démons se sont emparés de ces deux garçons –encore des enfants- pour construire sur leur martyr une incroyable tragédie.

Le retentissement de ce drame fut immense et difficile à imaginer dans les temps présents qui sont saturés par la violence permanente des guerres de religions qui s’installent. De nos jours, comme il est normal dans la guerre que nous vivons sans le savoir, le drame est du consommable et il s’use vite.

Difficile à imaginer aujourd’hui, ce qu’était la France d’il y a soixante ans : c’est si loin déjà ! La télévision était encore une jeune fille et l’hélicoptère, comme l’histoire l’a démontré, balbutiait et faisait ses premiers pas militaires dans une Algérie maintenue en ordre.

Paris match triomphait et les journalistes italiens préféraient souvent le dessin à la photographie : point n’était besoin d’y être, imaginer suffisait.

Tout a été dit, tout a été écrit, des dizaines d’articles, de très belles évocations cinématographiques, un excellent livre, des émissions de télévisions, des piqures de rappel dans la presse à intervalles régulier ; une pièce de théâtre ou peut-être deux…

Mais moi, je n’ai rien dit.

Quelques mois plus tard, Claude Dufourmantelle s'est décidé, sinon à tout dire (il n'avait pas de révélations particulières à livrer en pâture aux amateurs de controverses), du moins  à jeter sur le papier quelques réflexions sur l'affaire Vincendon et Henry. Il l'a fait dans la langue de Shakespeare qu'il maîtrise avec une aisance qui confine à l'élégance. Outre des précisions nouvelles, ce texte qui n'est (évidemment) pas sans rapport avec un article publié au même moment et dans la même langue, s'interroge sur la mémoire et ses défauts (à bon entendeur...). Il n'était pas destiné à être publié. Après me l'avoir communiqué, Claude a bien voulu m'autoriser à le mettre en ligne. Et il a validé la traduction que je lui ai proposée.

"Les circonstances, c’est-à-dire les mêmes émois médiatiques maintenant très édulcorés, me font  revenir sur ce passé déjà lointain.

Je disais  récemment à une amie qui évoquait cette période que les questions qu’elle me posait s’adressait à un jeune homme de vingt-trois ans qui, je le crains, est resté lui-aussi, il y a 60 ans quelque part sur les pentes d’un Mont Blanc d’il y a 60 ans.

 Enfin, sans plus y penser et je dirais machinalement, j’ai écrit, sans intention éditoriale, un texte très court, en anglais sur les seuls souvenirs auxquels je puisse me raccrocher. Pourquoi en anglais ? Je ne sais pas.

                                              Introduction, conclusion ou dernière impression ?

 Ça aurait pu être comme ça, ça aurait dû être comme ça, il aurait fallu que ça soit comme ça. De nos jours, ces triangles - certains disent trilemme - sont à la mode.

Cela signifie qu'un souvenir, une évocation, une réminiscence est sans cesse reconstruit par votre pauvre esprit dans des tentatives futiles pour retrouver ce que vous avez réellement fait, ce qui s'est réellement passé et d’imaginer ce qui aurait pu arriver si…  ou ce que vous auriez dû faire si…si quoi ? Pour changer le passé? Pour expliquer le passé? Pour comprendre le passé ou simplement pour s’exonérer du passé ?

Je suis tenté de laisser le passé reposer. C’est ce qu'il fait le mieux.

Certains semblent être attachés à leur passé. Ils bâtissent une relation particulière avec les choses qui ont influé le cours de leur vie. D'où l’expression "Faire son deuil" qui, pour moi, est un peu comme appliquer du Cilitbang sur une plaie. Un évènement fâcheux doit rester bien en vue et être valorisé à propos, pour mettre en évidence combien votre vie est devenue misérable. Et tant mieux si vous pouvez refiler la responsabilité à quelqu’un d’autre : c’est tout benef.

D’autres pensent différemment : ils estiment que le mieux est d'oublier.

Je suis très bon dans cet exercice.

Lorsque j’étais jeune – je l’ai été pendant un certain temps – gravir les montagnes était pour moi quelque chose de très important. Je crois qu'un nouveau venu dans une société, dans notre société, doit révéler ou tout au moins devrait avoir envie de révéler une certaine vertu guerrière qui lui ouvrira les portes du monde adulte.

Les générations qui ont connu les Grandes Guerres n'ont pas eu à chercher bien loin pour trouver  le terrain de ces nécessaires baptêmes. Il a été fourni gratuitement et en abondance.

Leurs successeurs, ont dû se tourner vers le sport, et de préférence les plus virils, et donc à mon humble avis vers l'alpinisme. L'alpinisme, cet Art de gravir les montagnes, couvre tout : l'aventure que vous épicez à votre goût. Il exige des compétences et peut devenir un métier, et pour les plus doués, il peut faire surgir la conscience narcissique de votre élégance sur le rocher.

Ces belles années... Quelle chance nous avions, Xavier et moi, deux étudiants partageant les mêmes bancs, le même emploi du temps, les mêmes vacances, le même appétit pour les mêmes montagnes, sans fil à la patte, sans réel problème d'argent, des pères indulgents et une 2CV Citroën  fidèle et fiable.

Des années de liberté alpine, quatre mois de vacances chaque année: nous avions de la chance et nous le savions.

Nous avons grimpé la plupart du temps en Dauphiné, collectionnant les premières répétitions des voies négligées par les Grands Guides de l'après-guerre, trop occupés à démocratiser l'éperon Walker, tout en ajoutant à notre palmarès une touche d’exotisme dans les Pyrénées. Nous étions un peu des David Thoreau d’une montagne amicale et bienveillante.

Nous étions confiants mais respectueux et tout à fait conscients de nos limites. Pour nous l'alpinisme est resté (et reste toujours) ce que je crois que cela devrait être: l'aventure que vous taillez à votre dimension et à celle de votre époque.

Nous avions donc gravi un certain nombre de choses mais jamais le Mont Blanc.

Notre standing nous imposait le versant italien et l'hiver mais, comme je l'ai dit, taillé à notre mesure. D'où l'éperon de la Brenva.

L’ascension de Noël en 1955 avec notre ami André fut un périple très agréable depuis Chamonix le long de la voie ferrée du Brévent jusqu'à la cabane Torino en survolant  une multitude de crevasses sous des chutes de neige persistantes et… moins agréables. Agréable,  mais pas de tentative et sans la gratification du sommet. Deux conclusions ont été tirées de l'expérience: d'abord, ne jamais skier encordé avec André et ensuite disposer de plus de temps pour attraper la bonne fenêtre météo.

Vint ensuite le truc de la pleine lune: monter côté est de la montagne et descendre côté ouest donnait au grimpeur malin une autonomie totale et aucun problème de choix de nuit ou de jour; la possibilité  de vaquer à ses occupations de jour comme de nuit ...

Et la flexibilité est sœur de la vitesse.

Nous voulions que ce soit une ascension « one shot ». Léger : un sac de couchage et un pied d'éléphant supplémentaire, un demi-litre d'alcool à brûler et le Gédéon * obligatoire, et quelques amuse-gueule, pour ce qui ne devait pas durer plus d'une douzaine d'heures. Le Bon Génie de la Montagne nous inspira la bonne idée de prendre une corde supplémentaire de 30 m, juste pour le cas où : c’est grâce à elle qu’aujourd’hui,  je suis en mesure de ré-imaginer ces évènements  et d'en parler. Sans ces 30 m de nylon, je serais dispersé dans les débris du glacier des Bossons sans la moindre possibilité d’identification médico-légale.

La stratégie de la pleine lune eut une autre conséquence: elle a fixé la date de l'ascension aux 17 et 18 décembre.

Comment avons-nous réussi à obtenir une semaine de congé ? Une fois encore, laissons le passé  reposer pour éviter d’avoir à révéler quelques faux en écriture…

Vincendon qui avait plus ou moins été conduit à penser qu’il viendrait avec nous ne pouvait pas se libérer. Et c’était bien comme ça : Xavier était inflexible sur ce point, il ne voulait pas que quelqu'un nous retarde. Pour moi aussi c’était clair : nous savions ce que nous faisions et nous ne voulions pas faire l’expérience d’une autre cordée.

En fait, Vincendon n'était pas mon ami. Je le  connaissais, mais je n'avais  jamais eu de relations étroites avec lui. C'est à l’occasion de rencontres banales après les réunions banales du jeudi soir au Club Alpin qu'il avait eu connaissance de notre projet. Banalement.

Quand j'ai dû commencer à demander et même à supplier de l’aide pour son sauvetage, j'ai endossé une amitié de circonstance qui depuis a été prise pour acquise mais qui n'a jamais vraiment existé. Mais ne pas être l’ami proche d'un grimpeur ou de n'importe qui n'est pas une raison pour le laisser mourir de froid en montagne.
Et je crois que c'est toute la philosophie de l'Affaire V et H.


L'histoire de notre ascension n’a guère d'intérêt. Elle s'est bien déroulée et malgré une couche de neige plutôt épaisse dans la partie inférieure, nous sommes allés vite. Une petite journée pour atteindre la cabane de La Fourche. Une journée complète pour gravir l'éperon, dont nous avons atteint le sommet au coucher du soleil. Je me souviens seulement de quelques passages sur un mur de glace assez raide qui, à notre soulagement, était agrémenté d’une bonne fissure, presque une cheminée. Ce morceau de choix - pratiquement sans sérac - avalé rapidement, nous franchîmes la barrière de 4 300 m. Nous fumes très heureux de rejoindre le Corridor et de reprendre haleine en perdant l'altitude si durement gagnée. De tout ça, je me souviens précisément, au sommet de l'arête des Grands Mulets, une crique minuscule, petit lac de glace, luisant sous l'énorme lune, propice à un bivouac bien mérité. Xavier ne voulait rien savoir, et il avait raison. Nous avons donc continué à descendre. Il est curieux qu'une telle vision fugitive m’ait marqué à ce point, alors que tant d’épisodes importants du drame se soient effacés de ma mémoire. Nous sommes des machines étranges.

Comment suis-je sorti de la crevasse dans laquelle je suis tombé le jour suivant : un cristal de miracle. À peu près le même scénario que celui écrit par Bonatti quelques jours plus tard. Il est de peu d'intérêt dans l'histoire V et H. Mais cela a eu un impact majeur dans mon expérience de montagnard, et de ce que j’en ai retenu. Je suis devenu maniaque sur la longueur de corde entre deux grimpeurs sur un glacier couvert de neige – corde bien tendue. Et croyez-moi, pour un guide, ce n'est pas toujours facile de l’imposer à tous les gens que vous emmenez sur les voies normales dans les montagnes normales.

De retour à Chamonix, nous avons dîné avec Jean Vincendon et François Henry.
Henry, nous ne nous étions jamais rencontrés et je ne l'ai plus revu. Ni Vincendon.

Xavier a quitté Chamonix pour passer avec sa famille les fêtes de Noël.

Trois jours plus tard, j'ai débouché l’amphore de Pandore et mis en mouvement ce qui est devenu vraiment l'affaire.

Tout a été raconté, re-raconté, analysé, critiqué, imprimé, photographié, filmé, radiodiffusé et télévisé. Le seul endroit où il ne reste plus aucune trace de cette affaire, aucun nouvel élément de preuve, aucune information inédite c’est la feuille blanche de ma mémoire. Tout ce que je sais, c'est ce que j'ai lu par la suite et les réponses que j'ai données à contrecœur aux journalistes à des moments où, peut-être, j'avais encore des souvenirs.

Un dernier flash : je dirige la cordée de secours sur la route des Grands Mulets. Il fait beau, nous avançons bien et Lionel est juste derrière moi. Une conversion et je découvre entre mes deux skis un trou profond - bleu profond. Enfer sans flammes. Je ne bouge pas et un petit avion nous survole. Un cri: « Ils sont tombés ! ». Dans mon esprit le rideau tombe. Je fais demi-tour et je ne suis plus en montagne. Je suis de retour à Paris où la famille m'attend.
J'ai fait ce que je pouvais. J'aurais probablement pu faire plus. La plupart des gens ont fait moins.
A partir de cet instant, l'avion qui nous survolait à basse altitude a étendu un voile d'oubli sur moi et ces événements.
C'est comme ça que je suis construit.
Le voile du pardon s'est étendu plus tard. Les jeunes ne sont pas enclins à l’indulgence et au pardon. 
C’est beaucoup plus tard que je me suis rendu compte que le destin avait été l'acteur principal, sinon le seul acteur de cette tragédie.
 
* Le Gédéon: tel était le nom que les alpinistes parisiens donnaient aux deux pièces coniques du récaud en aluminium qu'ils utilisaient dans ces époques de pré-gaz. Le poêle à essence Primus était seulement utilisé pour des séjours plus longs dans des endroits plus sûrs.

Juin 2017 et relu en octobre 2017

 

                                                              Et voici le texte original :

                      "An afterword, which sounds very much like a foreword. Indeed a last word

 It may have been like this, it must have been like this, it should have been like this. Nowadays, these triangles –some say trilemme- are fashionable.

It means that a recollection, a recall, a souvenir is constantly reconstructed in your silly mind by futile attempts at remembering what you actually did, what actually happened and comparing the outcome to what could have happened if or to what you should have done to… to what? To change the past? To explain the past? To draw conclusion from the past or simply to exonerate you from the past.

I am tempted to let the past rest which is what it does best.

Some people seem to be past-bound. They built a special relationship with things that deflected the course of their lives. Hence the very French “Faire son deuil” which, to me appears like a Cilitbang spray applied on a wound. Something bad which happened must be kept in full view and made a good usage of to enhance how miserable your life has become and if you can ascribe a responsibility somewhere else, it is all benefit.

Some others are different: they think that the best alleviation is to forget.

I am very good at that. 

As a young man and for quite some time, climbing mountains was very important for me. I believe that a newcomer in a society, in our society has to display or should wish to display a certain warrior hue, an achievement of a sort which opens the doors of the adult world.

The generations that have lived through the Great Wars did not have to look far to find out the field of these necessary baptisms. It was provided free and the matter was ample.

Their followers had to resort to sports, preferably the very virile ones and in my humble view Mountaineering comes first. Mountaineering, the French call it Alpinism, covers everything: adventure which you seasoned up to you taste. It requires skill and becomes some sort of a trade and for the gifted ones it can flash the narcissist feeling of just how elegant you are on the rock.

 Those years. How lucky we were, Xavier and I, two students sitting on the same bench, with the same timetable, the same ample vacations, the same appetite for the same mountains, with no strings attached, no real money problem, full acceptance by the fathers and a very faithful and dependable  2CV Citroen.

Years of alpine freedom, four months each year: we were unbelievably lucky and we knew our luck.

We climbed mostly in Dauphiné, collecting second ascents that had been neglected by the afterwar Great Guides, who were too busy democratizing the Walker spur, and we added an exotic touch of Pyrénées. We felt like the Thoreaus of amicable and benevolent mountains.

We were confident but respectful and quite aware of our limitations. For us mountaineering remained (and still remains) what I believe it should be: the adventure that you cut to your size and to the time you live in.

So we had been up a certain number of things but never on Mont Blanc.

Our dignity implied both Italy and winter but, as I say, cut to the right size. Hence the Brenva spur.

 The 1955 X’mas climb with our friend André was a very pleasant trip up from Chamonix along the Brévent railway track up to the Torino hut across a multitude of crevasses with a very persistent and not so pleasant snowfall. Fun but no attempt and no summit gratification. Two conclusions were drawn from the experiment: first, never ski down roped up with André and second you need more time so as to catch the right weather window.

 Then came the full moon concept: climbing up the east side of the mountain and climbing down the west side gave the shrewd climber full timewise autonomy and no problem of night or day choice; you could choose to do your stuff by day or by night…

 And flexibility is sister of velocity.

We wanted it to be a fast one, a one shot thing. Light: a sleeping bag and an extra pied d’éléphant, a half a litre of alcohol and the compulsory gédéon*, and some titbits, for what could not last more than a dozen hours. Adequately Fate instructed that we took an extra 30 m rope, just in case: we had it and I am in a position to re-imagine those days and talk about them. Without these 30 m of nylon I would be scattered in the debris of the Bossons glacier past any forensic identification.

 The full moon ploy had another consequence: it gave the date of the ascent, December 17th and 18th.

How did we manage to get a week out of school? Here again let the matter rest lest some forgery be disclosed.

Vincendon who had more or less been led to think that he could come along with us was unable to make it. Xavier was adamant and did not want anybody dragging along, so that was fine. And fine with me: we knew what we were up to and we did not wish to run a test with any other team.

 The fact is that Vincendon was no friend of mine. I knew him and never had any close relationship with him. It was through casual encounters after casual Club Alpin Thursday night meeting that he knew of our intentions. Casually.

 When I had to begin asking and even begging for rescue I endorsed a temporary friendship which ever since has been taken for granted but which never really existed. But not to be a close friend to a fellow climber or to anybody is no good reason to let the chap freeze to death on the mountain.

And this I believe is the entire philosophy of the “Affaire V et H”.

 The story of our ascent is of little interest. It went smoothly and despite a rather dep snow trail in the lower half it went fast. One short day to reach the small hut of La Fourche. One full day to climb the spur, which says the chronicle we reached at sun set. My only recollection is of a couple of pitches on a rather steep ice wall which to our satisfaction was illustrated by an accommodating crack, almost a chimney. That piece of cake –practically no sérac- rapidly swallowed and crossing the 4.300 m barrier we were very happy to glide down the corridor, catching breath and dissipating the hard-won altitude. I remember clearly, of all things, at the top of the Grands Mulets ridge a tiny cove, pure ice, glistening under the enormous moon, calling for a well-earned bivouac. Xavier would have none of it and he was right. So we glided on. It is strange that such a fugitive instant should have stuck to me while so many important parts of the drama went unrecorded. We are strange machines.

 How did I get out of the crevasse I fell in the following day: pure miracle? Just about the same scenario that Bonatti wrote a few days later. It is of little interest in the V and H story. But it had a major impact in the pursuance of my climber’s expertise. I became manic on the matter of adequate rope length and no slack –not even a little bit- on a snow covered glacier. And believe me, for a guide, this is not always easy to get from all the people you ferry across the normal routes up the normal mountains.

 Back to Chamonix, we had dinner with Jean Vincendon and François Henry. Henry, we had never met and I did not see him again. Nor Vincendon.

 Xavier left Chamonix and went back to his Xmas family gathering.

 Three days later I uncorked the Pandora amphora and set to motion what became really the “Affaire”.

 Everything has been told, retold, analyzed, criticized, printed, photographed, filmed, radioed and televisionized. The one place where a trace cannot be found, a piece of evidence discovered is on the blank sheet of my memory. All I know is what I have read afterwards and the answers I gave reluctantly to the news men at times when, maybe, I still had some recollections.

 One last flash: I am leading the rescue party up the Grands Mulets route. The weather is fine, we are making good progress and Lionel is just behind me. A kick turn and between my two skis a deep blue deep hole. Hell without flame.  I don’t move and a tiny plane flies right over us. A shout: Ils sont tombés. In my mind a shutter falls. I undo my kick turn and I am no longer on the mountain. I am back in Paris where the family waits for me.

I have done what I could. I could probably have done more. Most people did less.

From that instant, the plane on its low altitude passage extended a veil of oblivion over me and these events.

That’s the way I am built.

The veil of forgiveness was extended later. Indulgence and pardon are not young men inclinations.

But then, much later, I came to realize that Fate had been the main actor, if not the only actor in this tragedy.

 *The gédéon: such was the name the Parisian climbers gave to the two conical pieces of the aluminum stove they used in these pre-gas canister eras. The explosive primus gasoline stove was only for longer stays in safer places.

 Juin 2017 et relu en octobre 2017"

 

 

 

Posté par Dufourmantelle à 16:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Tout est dans la Pax Britannica.

 

 

En 1864 le jeune explorateur Speke, inventeur heureux du lac Victoria, mourait d’un accident de chasse. *

En 1865 le jeune photographe Whymper gravissait le Mont Cervin.

 

Le premier avait consacré à ses voyages 6 à 7 années de sa vie.

Le second de nombreuses vacances en Suisse et à Chamonix.

 

Chacun des deux a frôlé la mort.

 

Deux hommes d’exception, de culture comparable, dans les mêmes temps ont vécu l’Aventure et se sont exposés aux dangers de l’inconnu et de la mort : le premier de façon absolu, irrémédiable, le second le temps d’un week-end.

Tous les deux méritent la majuscule de l’Aventure, mais force est de reconnaître que Whymper avait ramené cette aventure à une dimension forcément réduite : celle de la verticale et du quotidien valaisan.

 

Whymper et la gentry britannique avaient par un tour de passe-passe rapatrié l’Aventure ainsi devenue un prolongement de la chasse au renard et d’un jeu de ballon récemment introduit : le rugby.

 

Cette aventure du pauvre était vouée à la prolétarisation, puisqu’on peut la vivre avec moins de temps à y consacrer, moins de moyens, voire pas de moyen du tout et qu’elle autorise, merveilleuse auberge espagnole, chacun à y trouver ce qu’il y apporte. Elle portait en germe et regroupait déjà fraternellement le plombier de Manchester, Tézenas de Moncel, Chris Bonnington, Zwingelstein et Edlinger.

 

Donc on y a d’abord trouvé et apporté l’exploration de petits recoins de notre monde que les terreurs antiques des anciens avaient préservés, en Europe pour se faire les dents et puis de plus en plus loin, de plus en plus haut et partout dans le monde ; de sorte que la petite exploration du pauvre, l’alpinisme s. s.  finissait par rejoindre la grande exploration, celle des « expés » et la quête des 8000.

C’est bien sûr ce que nos nostalgies qualifieront d’Age d’Or de l’alpinisme.

 

L’élitisme caché ou revendiqué y apposait son sceau. Hillary héros national, vainqueur de la Compétition…

 

Dans le même temps se développaient les outils de l’alpinisme : le geste du grimpeur, la résistance à la fatigue, l’assiette et l’équilibre du skieur, chacun de ces outils ouvrant  une activité propre. De la danse chère à Bérhault à la voracité d’Ueli Steck, du si joli sourire de Destivelle à la détermination de Messner, la pratique de la verticale se diversifiait en des sports nouveaux plus aguichants, plus vendeurs, plus à la mode.

 

De sorte que l’alpinisme comme la dernière forme d’exploration et d’aventure devenait un objet culturel du passé.

 

Heureux ceux qui ont vécu dans cette culture et peuvent dire : avant moi, personne n’était passé là !

 

Une dernière remarque : les sportifs qui remplacent les alpinistes dans ces jeux nouveaux sont tous des athlètes d’exception ;  leurs qualités physiques sont prodigieuses et ils repoussent tous les frontières de ce qu’il n’est plus raisonnable de faire. Comment les distinguer ? Que leur reste-t-il pour qu’on les voit ? Qu’est ce qui permet à cette traîne d’élite de se réclamer (s’ils en ont conscience) de leurs ainés ?

C’est le Risque. C’est à titre posthume qu’ils entreront dans la Carrière.

 

Il ne faut plus frôler la mort, il faut l’affronter. Et là est la fin de l’Aventure.**

 

Les montagnes sont toujours là et elles nous regardent d’un œil amusé et indulgent.

 

Septembre 2015

 

 

*  Atteindre le lac Victoria ne signifiait pas que la terre ait cessé d’être un territoire à explorer mais signifiait la fin d’une ère de l’humanité où l’homme avait cru qu’elle était quasi-infinie.

Bien évidemment les portugais et navigateurs du XVème et XVIème siècle avait fait davantage, mais avec Burton et Speke, on restait dans le domaine du voyage individuel, à pied, du cousu-main pour ainsi  dire. Hormis pour l’Espace l’exploration était affaire d’aventuriers (sponsorisés souvent) qui, sac sur le dos, machettes à la main, sur leurs pirogues, leurs chameaux, accrochés à leur ballons ou portés par leurs avions allaient, en avant-garde du colon, reconnaître et souventes fois prendre possession de tous les coins et recoins d’une terre, néanmoins sphérique. Dans ces périodes merveilleuses, quand le Pole n’était pas encore une promenade sur catalogue, quand Bernouze ne vous faisait pas traverser le Sahara sur des chameaux bien éduqués, quand les canaux de Patagonie n’étaient pas « vendus » par Fram ou Costa Croisière, l’Aventure existait encore, individuelle, incertaine et dangereuse. Elle exigeait un engagement total, elle vous accaparait et vous rendait, souvent détruit, à un monde qui n’était plus le vôtre et qui, souvent aussi, vous rejetait après vous avoir adoré.

 

**  En relisant cette note, un peu plus tard, Juin 2016, je me suis interrogé sur mes sentiments quant au changement que j’essayais d’analyser et de décrire. Comme alpiniste, je me sens l’héritier, imparfait et timide du jeune Whymper, mais aussi le précurseur, maladroit et irrésolu des athlètes modernes ; en somme un acteur de cette évolution, coincé sentimentalement entre la nostalgie d’un monde encore vaste et la jalousie que fait naître en lui le talent des nouveaux gladiateurs. 

 

Plus tard encore : peu de jours après l’annonce de la disparition d’Ueli Steck, devenu étranger à ce monde des alpinistes de notre époque, l’effroi me saisit devant le vide que ces pratiques supposent.

Paix à son âme.

 

 

Posté par Dufourmantelle à 14:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Stade, usine ou cirque

Ce papier était destiné à Yannick Vallençant, Guide de Haute Montagne et Président d’un syndicat professionnel qu’il a initié et qu’il anime.

Dans le cadre de ce syndicat, un forum s’est ouvert, initialement sur le sujet de l’héliski puis d’une façon plus générale sur la participation des guides à la lutte contre le réchauffement climatique.

Vaste sujet.

Le Naîf ne pouvait résister au plaisir d’ajouter son grain de sel. Son point de vue est très exagéré, imprégné de passéisme  et polémique dans le style nostalgique.  Le pamphlet met le doigt où ça fait mal, c’est sa fonction.

Au début, le Naîf s’adresse à Yannick ; puis en cours de rédaction, l’idée de participer es-qualité à ce forum s’est évanouie.

Mais le papier existe et il sera une des rares contributions du Naïf sur le sujet qu’il n’aborde plus, de l’alpinisme et du métier de guide. Il sera aussi une des fréquentes contributions relative à cette authentique pollution intellectuelle qu’est l’écologie politique.

Pas de conclusion mais une série de questions ; chacun et chaque guide y donnera sa réponse.

 

Yannick Vallençant a invité les guides à voir deux brefs reportages télévisés, l’un d’Éric Gramond annonçant que la société K A abandonne les programmes d’héliski au motif que le Kérosène émet des GES, l’autre sur les effets dévastateurs de la fonte du permafrost alpin et sur les éboulements qui en résultent.

Les guides ont réagi et proposé des commentaires sur le sujet du réchauffement climatique.

Certains expriment des considérations locales, voire très locales et d’autres n’appellent à rien de moins qu’un bouleversement des économies mondiales par un anti capitalisme forcené.

Il semble qu’une dimension de ces questions n’est pas clairement formulée dans aucun de ces commentaires concernant la relation triangulaire Nature/Montagne, Économie du tourisme et Guide/Agent de cette économie.

En effet dans ces remarques de guides, deux grands absents : la montagne et son amoureux, le Guide.

°°°°°°°°°

La profession de guide s’organise historiquement autour du touriste anglais sollicitant l’assistance de porteurs, paysans des hautes vallées alpines. Se développe alors entre quelques-uns de ces paysans et leur client une émulation ; celle-ci conduit le porteur à devenir grimpeur puis guide mais surtout l’amène à épouser le goût de l’aventure montagnarde de son client.

Et les vallées changent de caractère. Les lignes de chemin de fer les remontent afin que les militaires parsèment les frontières de multiples ouvrages. Puis viennent les constructeurs de barrages et leurs maçons italiens ; enfin le grand bouleversement du ski entrainant la mise en place de vastes systèmes immobiliers et un formidable accroissement de l’industrie du tourisme.

Cette industrie du tourisme nécessite davantage d’infrastructure pour visiter les montagnes. On agrandit et on pave de vieilles pistes pour accéder aux alpages et franchir les cols ; on construit d’abord des chemins de fer funiculaires, futurs vestiges à protéger ; les sommets inaccessibles s’ornent de téléphériques ; d’autres funiculaires et des télécabines complètent la gamme des véhicules d’intrusion au cœur de la montagne.

Le guide sent bien que cette appropriation de la montagne par tous est dangereuse ; parfois il s’y oppose mais  il tire parti en même temps que son village de tout ce déploiement et finit par y trouver avantage. Les refuges deviennent des auberges, les approches sont plus courtes voire supprimées, la cadence du travail s’intensifie et la clientèle disponible est plus nombreuse. La productivité augmente.

Le guide améliore sa technique, toujours stimulé par l’alpiniste amateur qui depuis quelque temps déjà devient guide à son tour.

Les activités se diversifient et progressivement le guide « de tradition » devient voyagiste. L’Himalaya en trek ou en expédition d’altitude moyenne constitue une part de ce marché.

Après vient l’animateur sportif, école d’escalade, canyon (obligatoirement ludique), via ferrata.

À la marge restent quelques spécialistes de la grande difficulté qui traitent encore une clientèle réduite avant que les montagnes ne commencent à s’écrouler.

Enfin, certains gravissent des immeubles.

Survient la vague verte, la réalité infiniment probable du réchauffement climatique et la nouvelle idéologie de l’écologie visant à la réduction des GES. C’est le fameux sauvetage de la planète. Le politique, enfourche ce cheval ; jusqu’à ce que la taxe carbone ne mette en évidence la réalité du problème. Son discours lui vaut une relative adhésion et séduit l’amoureux de la nature qu’est ou devrait être par construction mentale le guide.

Le guide s’interroge sur sa pratique : est-il assez écolo et ne doit-il pas voyager moins ou mieux ? Par exemple, ne doit-il pas bannir cette pratique de l’emploi de l'hélicoptère qui satisfait une clientèle aisée et blasée ?

Il fait part de ses doutes et se réfère quelques exemples édifiants de guides modifiant leur pratique.

Que faut-il en penser ?

Le premier point concerne le réchauffement climatique et les émissions de GES. Il faut rappeler que la France et l’Union Européenne ne représentent  (toutes sources confondues) que moins de 1%  (France) et environ 10% (UE) de la consommation mondiale d’énergie. (charbon allemand et polonais…)

La production et la consommation mondiale d’énergie croissent sans faiblesse d’environ 2 à 2.2 % par an. Chine, USA, Inde, Russie et bien sûr les pays du golfe arabique sont de diverses façons les producteurs et/ou les consommateurs de ces énergies, bien au-delà de 50% de l’ensemble.  Aucun de ces pays n’est engagé dans le moindre processus de réduction et au contraire, sont à l’origine et les acteurs de cette croissance. Ils sont tous, à des degrés divers en phase d’armement ou de réarmement.

Il est donc illusoire de penser qu’un effort quelconque réalisé en Europe et à fortiori en France ait le moindre effet sur le phénomène mondial. Le réchauffement advient ; nous ne pouvons que le constater

Nous en serons les victimes, nous en sommes les témoins mais nous n’en sommes d’aucune façon les acteurs.

Les consommateurs européens, les français et les guides inquiets ne devraient être concernés qu’au niveau de l’économie, au sens premier du terme. Au lieu de s’affubler des oripeaux écologistes, il est plus utiles de raisonner en terme de limitation des dépenses et plus particulièrement des importations.

Pour le citoyen français et pour le guide comme pour les autres, la solution au problème du réchauffement climatique n’est pas dans notre boite à outil. Par contre le déficit commercial, le déficit budgétaire et la dette nationale devraient être la préoccupation de chacun.

°°°°°°°°°°°

Le guide devrait au premier chef se poser la question de la relation qu’il entretient avec la montagne. 

Jusqu’à quel niveau a-t-il été transformé en un simple agent touristique comme ses homonymes de musée, en un simple animateur sportif comme n’importe quel footeux de stade, en bête de concours qui fait tout plus difficile- plus vite-plus seul (seul avec son sponsor) ou en animal de foire sur les tours urbaines les plus interdites. A-t-il conduit des innocents baptisés clients directement issus du marathon de New-York jusqu’à un décès onéreusement programmé sur l’Everest ? A-t-il ponctuellement organisé ses deux cayons « Aventure Verdon » quotidiens, 2 heures 45 voiture-voiture ? Et réservé scrupuleusement ses places aux refuges  consacrés comme des églises pour les Mont-Blanc du mardi et du jeudi ? Ou encore, l’hélicoptère pourra-t-il décoller demain ?

Que celui qui n’est jamais tombé dans ces ornières jette la première pierre.

Et notre Montagne dans tout ça : stade, usine ou cirque ; au mieux spectacle ?

Comment, quand et où le Guide pourra-il retourner en Montagne ?

Comment retrouver l’intimité et la solitude fut-elle partagé avec un client nécessairement ami ?

Comment le Guide peut-il redevenir un Montagnard ? 

Pendant ce temps, la Déesse des Cimes, l’Everest s’enfouit sous les immondices, les sachets plastiques, les bonbonnes de gaz et les cadavres des inconscients venus cocher une case sur « la liste des choses à faire avant de… ».

 

 

9 juillet 2019

 

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