Le Naïf dans le Monde

13 avril 2019

Entente cordiale : on ne demande qu’à en rire

 

 

Sur la scène européenne nous sont offerts des spectacles de vie politique bien divertissants ou bien affligeants suivant le détachement que l’on éprouve ou l’intérêt que l’on porte.

 

Nos camarades britanniques ont mis en scène une comédie de l’absurde assez réussie. La preuve de son succès est qu’elle est passée de drame digne de l’Antique au statut de feuilleton ou d’épisode d’une mauvaise téléréalité. Une comédie dramatique moins bien dés-orchestrée ne pourrait pas connaître une telle notoriété, ni mobiliser une telle audience. Ils sont passé de Pinter, absurde pur et tragique à la pagnolade du retiens moi ou je fais un malheur. Godot devient Ubu.

 

Sur la  scène, les élus de la chambre des communes, revêtus d’habits d’arlequins bariolés entonnant avec des dissonances élaborées des vindictes adressées à l’héroïne du spectacle, qui est, elle,  restée dans Pinter.

Elle ne tonitrue pas ; en revanche elle itinère beaucoup de Bruxelles à Berlin, de Macron à Junker.

Cette troupe d’acteurs performent, comme on dit. La trame de leur chant est le refus. Refus d’être membre de l’Europe des tant et plus. Refus de ne plus en être membre. Refus d’apprécier les conséquences de la décision qui a conduit à cette situation… Sur la scène une large fraction des acteurs de la troupe chante leur texte dans l’autre sens, dans un chant d’espoir et de futur glorieux. Désir d’une indépendance et d’une grandeur retrouvées. Désir de britishness, d’insularité, de plum-pudding, d’ale et de stout à gogo… La Pax Britannica à tout va.

Les personnages changent de chœur ; parfois ils chantent dans un camp, parfois dans le camp opposé.

Le vrai regret est que ce spectacle soit purement vocal alors que toute bonne comédie musicale ferait aussi danser ses personnages. May s’y est bien essayé, mais trop brièvement.

 

Les spectateurs, nos représentants européens, restent pantois, désarmés. Ils n’ont pas écrit la pinterade initiale et sont perdus dans la folie du feuilleton musical. Barnier le rigoureux y casse sa baguette de chef d’orchestre d’un divorce voulu-pas-voulu.

Les opinions publiques –dont la nôtre-  flottent et les politiciens qui flottent et flattent réagissent eux-aussi dans l’absurde au gré de leurs ambitions immédiates et de la file d’attente politique dans laquelle ils sont entrés en quittant l’ENA ou l’UNEF.

 

Les acteurs de la farce sont les membres du parlement d’une nation dont on nous dit qu’elle est, moderne Athènes, à l’origine de nos systèmes démocratiques. Ah ! La Grande Charte, la fin des absolutismes et le début d’une constante réécriture de l’histoire à la sauce anglaise. Re Pax Britannica.

Acteurs regroupés dans une troupe indépendante qui interprète son show en toute liberté de comédien sans s’encombrer de texte, de scénario, à la seule ponctuation des cris du speaker de la chambre hurlant des « order » tonitruants renforçant un vacarme insupportable.

Le spectacle plait. L’actrice principale dont on loue l’énergie et la  ténacité dans l’absurde met tout en œuvre pour que des prolongations soient accordées et que le spectacle puisse continuer.

Comment ne pas ressentir que cette troupe de parlementaires joue son spectacle sans la moindre considération du réel, du monde, de l’Europe ; sans que soient évaluées toutes les conséquences de l’action rendue publique par les démagogues.

Rien d’autre qu’une troupe de comédien jouant sa comédie pour elle-même et en elle-même.

 

Chez nous, c’est autre chose. Nous battons les anglais car la vie publique nous offre deux spectacles.

 

Le premier ou plutôt les premiers sont populaires.

La rue nous montre des spectacles quasi permanents de manifestations pour ou contre des expressions d’un ordre uniformément contesté. Manifestations paisibles ou moins paisibles, émeutes ou insurrections, le programme de ces spectacles auxquels nous sommes habitués de longue date s’est récemment enrichi de l’entrée en scène de bandes d’acteurs spontanés. Ils sont sans réelle formation théâtrale, ce qui les différencie des politiciens (britanniques ou autres) ou des syndicalistes professionnels qui ont tous reçu cette formation dans les Écoles de préparation à une vie politique qui n’est devenu qu’une autre forme de théâtre.

Ces acteurs amateurs sont mal formés ; alors ils cassent, ils brulent et l’achèvement de leur jeu sera de tuer.

Les manifs dont je parle ne sont pas les spectacles qui retiennent mon attention.

 

Car il en est un autre, lui aussi quasi permanent qui retient l’attention par sa qualité et le talent de l’acteur qui le met en scène et l’interprète. Il se révèle le digne héritier des Chansonniers de mon enfance.

Nous allions en famille, il y aura bientôt trois quart de siècle, écouter ces liseurs et chanteurs de textes au Caveau de la République. Ils commentaient et brocardaient les personnages du moment. Comme de nos jours : rien de nouveau. J’ai oublié les noms* de ces artistes qui faisaient rire les familles. Ces spectacles étaient populaires : nous y allions et cela amusait mon père. Je parle ici d’une époque pré-bobo quand le peuple n’était pas que de la foule et était encore le populo.

Nous est venus ensuite la période des imitateurs qui recouvre et assimile le temps des chansonniers dont l’archétype est le sympathique Gerra. Comme il est sympa et comme il est un héritier des libérations hasardeuses de 1968, il ose tout et ne recule jamais.

Reconnaissons  à Ruquier le mérite d’avoir mis en piste une lignée d’humoristes dans son émission « On ne demande qu’à en rire ».  Le personnage que j’évoque ici ne peut pas ne pas avoir été influencé par l’absurde d’Arnaud Tsamère ou l’éclectisme de Donnel Jack’sman.  Sans tomber dans les grincements de Jérémy Ferrari !

Il s’inscrit dans cette lignée.

Cet acteur est de surcroit un véritable marathonien du standup et du one man show. Certaines de ses performances –aux deux sens du terme- durent 6 heures et le public envouté salut l’artiste pour sa résistance à la fatigue.

Il choisit ses audiences avec le souci de n’oublier aucune classe de public et de ne négliger aucun territoire.

Il s’adresse aux maires des petites communes, aux maires des grandes communes, aux présidents des conseils généraux et de région, aux enfants des écoles, aux infirmières et quoiqu’avec une légère réticence à quelques représentants de la meute des gilets jaunes.

Et il parcourt comme une abeille diligente les villes et les campagnes du cher et vieux pays.

 

Notre Président donc depuis quelques mois, dans un désir de renaissance européenne et dans un souci d’apaisement domestique se livre au spectacle et en spectacle.

 

Mon propos n’est pas de juger de la qualité de son discours mais simplement de souligner que nous avons découvert une nouvelle forme de communication politique. Le standup.

 

Me voici rassuré, la mémoire, que dis-je ?, la grandeur de Coluche est, comme la Force, toujours avec nous. Je craignais jusqu’à cette résurrection du comique dans la vie publique que Beppe Grillo ou le nouveau venu ukrainien, Zelensky ne nous ait détrôné du « leadership » en la matière, leadership que notre Président partage donc encore avec la Chambre des Communes de sa Majesté.

C’est ça l’entente cordiale.

 

*Faux : je me souviens distinctement de Robert Rocca : je le rencontrerais dans la rue, je le reconnaîtrais !

C’est un drôle de truc, la mémoire.

 

13 avril 2019

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08 avril 2019

Naissance d’une religion

Prudence, lucidité et vocabulaire.

La description d’une idéologie finit par prendre dans l’esprit du critique la forme d’une lutte et en conséquence provoque le développement d’une contre-idéologie, le besoin d’une Réforme. Cet antipapisme introduit et finit par construire une nouvelle forme d’idéologie. Cette idéologie-à-rebours peut à son tour conduire à des excès masquant les réalités profondes des sujets abordés. Un voile nouveau se substitue à l’ancien, au voile à ôter.

J’essaie, ici, de ne pas (trop) tomber dans ce piège.

L’utilisation du vocabulaire de la morale représente un autre piège. Les mots de la morale impliquent –c’est leur fonction- qu’un jugement soit porté en même temps qu’un fait est exposé transformant ainsi le fait brut en une faute ou une BA. Cette voie est souvent étroite mais ne pas prendre en compte les biais qui s’introduisent de la sorte participe de la construction idéologique.

Je tombe toujours, ici, dans ce piège.

De tout temps et dans toutes les sociétés, du clan jusqu’aux empires, ont coexisté deux systèmes de pouvoir souvent confondus, le plus souvent associés, se confortant l’un l’autre, mais aussi parfois rivaux.

Ces deux pouvoirs satisfont des nécessités fondamentales pour l’homme : appartenir à un groupe protecteur qui génère des ressources et croire à « Autre Chose » que sa simple et animale existence, gagner de la valeur sur la nature.

Dans nos histoires d’européens, le groupe deviendra l’État et la croyance deviendra la Religion.

L’histoire de l’Europe est ainsi indissociable de l’histoire de la Chrétienté et plus spécialement de l’histoire de Rome et de celle de la Réforme.

Ce rôle du christianisme n’a cessé depuis le 19ème siècle de décroître pour laisser la place au 20ème siècle à des corpus religieux nouveaux qu’il est commode de regrouper sous les noms de Socialisme et de Marxisme selon le respect qu’ils accordaient et accordent au très anciens Droit de Propriété. Un Homme Nouveau dans une société nouvelle devenait la nouvelle Foi. Nos nations continuent de vivre ces religions sous des formes édulcorées où chacun est un croyant qui construit le temple. Cela s’appelle la démocratie.

Les sociétés se complexifient chaque jour davantage. Le progrès scientifique et technique s’accompagne d’une création éruptive de richesse(s). La population mondiale s’accroit de façon folle.

Dans les pays riches se développe un phénomène de soumission/revendication des individus qui ne perçoivent plus l’État comme leur émanation : le citoyen adopte le comportement de l’enfant gâté dans une famille déstructurée.

« En même temps » le besoin de transcendance, la nécessité de croire, d’épouser une cause continue d’habiter l’individu. De façon exemplaire on constate que l’Islam offre cette cause et exerce sa fascination avec les conséquences que l’on sait.

L’Europe se dévêt du marxisme léninisme et « en même temps » oublie très rapidement la religion usée de ses ancêtres, qu’elle relègue au rang d’une morale de catéchisme.

La population est déjà partiellement mahometisée mais ce remplacement (1) est entravé par le djihadisme en dépit des apports de l’immigration.

Elle cherche sa nouvelle religion.

Pour fonder une nouvelle religion, il faut une nouvelle angoisse.

L’angoisse nucléaire est oubliée. Le fait qu’une grosse demi-douzaine de cinglés possède le moyen d’éradiquer la vie sur terre est devenu une préoccupation de second ordre. La peur du nucléaire ne concerne que l’usage pacifique qui en est fait.

Oubliée l’angoisse des pandémies : anodin le VIH et les imbéciles mettent toute leur énergie à réinventer les maladies disparues ; Ébola, la grippe, bof, ne tuent que les vieux ou les africains.

Grâce au ciel, littéralement, une peur nouvelle nous est offerte. Elle est aussi puissante que les peurs oubliées qui viennent d’être évoquées, et elle mérite toute notre considération. On la désigne sous l’appellation globale de « réchauffement climatique ».

Le problème est bien réel et le propos ici n’est pas de mettre en doute le phénomène mais de mesurer comment en l’espace d’une vingtaine d’année sa perception a envahi tout l’espace de l’irrationnel dans la pensée politique et médiatique.

En 1988, l'ONU crée le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour synthétiser les études scientifiques sur le climat. En 2007, dans son quatrième rapport ,auquel ont participé plus de 2 500 scientifiques de 130 pays, le GIEC affirme que le réchauffement climatique depuis 1950 est « très probablement » dû à l'augmentation des gaz à effet de serre liés aux activités humaines. Les conclusions du GIEC ont été approuvées par plus de quarante sociétés scientifiques et académies des sciences, y compris l'ensemble des académies nationales des sciences des grands pays industrialisés(W)

L’atmosphère et plus lentement les océans réagissent à ce réchauffement. Les équilibres climatiques sont modifiés. Chacun ressent (et parfois croit ressentir) ces changements, oubliant dans l’exercice de mémoire les années exceptionnelles du passé.

Ainsi, depuis 2000 un consensus émerge sur le fait que les effets du réchauffement se font déjà sentir de manière significative, et devraient s'accroître à moyen et long terme et qu'il serait irréversible sauf actions concertées, locale et globale.   (W)

Le climat change et certaines des conséquences prévisibles de ce changement se manifestent sous les yeux de tous. L’attention se porte sur les conséquences défavorables parce qu’elles sont défavorables et parfois catastrophiques.

Tout ce désordre causé par la combustion du charbon, du gaz et du pétrole.

Voilà enfin une belle et grande peur à se mettre sous la dent !

Les gurus

Surgissent alors les gurus.

Ceux des médias, les animateurs télé, les présentateurs en tout genre. Dieu reconnaîtra les siens. Il peinera, car ils sont nombreux.

Les marginalisés des partis traditionnels qui cherchent notoriété « à la marge », là où l’herbe est plus verte et en particulier les femmes que le machisme écarte du pouvoir ; elles sont avocates ou magistrates…

Pas complètement gurus mais supporteurs utiles comme les idiots du même nom, actifs ou gloires passées, les acteurs, comédiens et chanteurs en tout genre. À noter une relative abstention des évadés fiscaux.

Trop de noms viennent en tête pour qu’on en cite un seul.

Les gurus forment une cohorte de zélateurs éparpillés comme des éclats de shrapnel mais trouvant cohérence dans la Foi de cette nouvelle religion dont ils bâtissent les premières pierres.

Le petit monde de l’oligarchie politique, de l’énarchie, observe l’action dispersée des zélateurs et par un pavlovinisme bien compris renifle de l’électorat mis à l’étal. Il intègre tout ou partie les sornettes des gurus dans leurs propos, largement par incompétence, fréquemment par sottise partagée mais plus simplement parce que  c’est une mode, c’est à la mode.

Sornettes, mais enfin, quelles sornettes ? 

La révélation

Surgit enfin, au chant des gurus, sortant des flots du monde vulgaire, telle une Athéna de la parole sage, surgit la déesse Écologie.

Son verbe est universel et elle régente toute chose de l’Homme car l’Homme est objet de Nature. Objet de Nature il doit rester ou redevenir s’il a failli.

L’Écologie s’empare de tout, rien ne peut lui échapper. Si l’homme n’entend pas sa voix, il se perd.

Longtemps avant que la Déesse ne profère la Loi, le néophyte s’accommodait des préceptes d’une pré-croyance. On appelait cette religion mi cuite le Développement Durable. Elle avait ses défenseurs et leurs appels résonnaient dans le monde. Ils ne s’étaient encore libérés de l’emprise du Mal ; Ils raisonnaient encore en termes de gestion des ressources, en termes d’économie. Les gens qui utilisaient le vocable pensaient qu’il était impossible et dangereux de trop ralentir le développement économique et néanmoins qu’il devenait nécessaire de limiter ce développement au strict nécessaire. Ils nous disaient tout simplement qu’il convient d’économiser les ressources afin qu’elles puissent se régénérer pour certaines d’entre elles ou disparaitre moins rapidement pour les autres, les non renouvelables.

Le propos de cette note n’est pas de défendre cette notion du Développement Durable : elle implique déjà une vaste part d’utopie car elle repose, comme tout ce qui va suivre, sur l’hypothèse que tous les consommateurs de la planète et tous les agents économiques adopteront le même comportement. Utopie, non ! Aveuglement, déni.

Une piqure de rappel: Écologie

Biologie  Science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent. 

puis Étude des conditions d'existence et des comportements des êtres vivants en fonction de l'équilibre biologique et de la survie des espèces. 

Sciences Sociales. En parlant de communautés humaines : Études des relations réciproques entre l'homme et son environnement moral, social, économique. 

Emprunté à l'allemand Ökologie (composé du gr. ο ι ̃ κ ο ς « maison » et de λ ο ́ γ ο ς « discours »), terme forgé en 1866 par le zoologiste et biologiste allemand E. H. Haeckel [1834-1919], relevé dans la préface de son ouvrage Natürliche Schöpfungsgeschichte en 1867.    (cnrtl)

L’écologie qui était science devient pensée et éthique. Elle impose des préceptes variés et en vérité des Tables de la Loi conduisant à ce qu’on appelait naguère un catéchisme, associé à un almanach dans lequel aphorismes et blagounettes se succèdent. On retient trois thèmes. 

L’Homme-individu soit Homme-élément-de-nature dans ses rapports avec l’homme-social qui murit et réalise des projets qui ne sont pas toujours « naturels ».

L’Homme et la Nature : on pourrait croire que c’est un sujet simple. Respect, propreté, intégrité de… mais aussi partage de l’espace, cohabitation.

L’Homme-social (dit homo faber, habilis, sapiens…) utilise la nature à ses fins et pour la progression de l’espèce dans ses rapports avec la Nature utilisée, avec la Déesse mécontente qui n’en peut mais. Jusqu’au moment où elle réagit en changeant d’état : elle se réchauffe, par exemple ou la ressource surexploitée disparait. 

Dans chacun de ces domaines on peut tenter retenir quelques-unes de ces injonctions.

L’homme-social et l’homme-nature : terrain de conflits permanents entre la liberté naturelle et la liberté de l’ordre social qui sont fort différentes. Des contradictions peuvent surgir.

La Déesse a grand désir de contribuer mais elle est souvent embarrassée sur ces sujets, lesquels, il faut en convenir, ne sont pas strictement les siens et à propos desquels des religions « spécialisées » et des sectes ayant pignon sur rue ont une sérieuse avance.

En vie, le mourant tu maintiendras.   La volonté des grands-parents tu respecteras

Avoir un enfant, toujours tu pourras.    À la carte, sur catalogue. Et pas trop mais sans pilule. (2)

Aller où bon te semble, tu pourras.    Sauf là où la protection impose que seul le protecteur accède.

Trop de concurrence pour la Déesse. Elle ne sait plus à quel homme se vouer. Sans renoncer vraiment elle ne s’exprimera qu’à l’occasion et le plus souvent par la bouche d’une parente plus socialisante : féminisme, droit-de-l’hommisme, les nombreuses luttes contre les …-phobies et autres belles-âmismes associées au politiquement correct.

 

Le respect de la Nature telle qu’en elle-même, elle s’est elle-même créée.

Seuls les Grecs pensaient que les dieux venaient de quelque part. Il leur fallait des Avant-Dieux, des Chronos et des Titans. Avant étaient les ténèbres et/ou le chaos. (QCM)

On vient de dire que le sujet est simple. Est-ce toujours le cas ?

Tes mégots, point ne jetteras.  Moi, je ne fume pas et je pense que le fumeur…

La grenouille de Sivens tu protègeras.  La grenouille est agile, c’est son nom, et Rémi Fraisse, cocktail à la main est mort pour une juste cause.

L’Ourse Slovène tu hébergeras.   Comme l’animateur télé aux hélicoptères ailés.

Le Loup, sur le territoire de l’ovidé, tu répartiras.   Comme il est urgent de laisser-faire pour le bien-être des loups.

À NDDL les gentils émeutiers tu protègeras.   Cerise sur le gâteau et encouragement reconnu à braver avec l’accord des pouvoirs publics, les lois de la République. Le dossier suivra son cours pour de nombreuses années.

La simplicité n’est qu’apparente. Hormis au Canada, en Sibérie ou en Antarctique quelque territoire qu’on souhaite « protéger » est déjà peu ou prou occupé par la communauté humaine avec des degrés variables de violence : Gentil lapon et méchant défricheur brésilien, aimable pygmée (s’il en reste) ou vilain bucheron du Congo et encore le toujours nomade mongol, à cheval, l’aigle au poing opposé au laborieux et si touchant piqueur de paddy, à Bali bien sûr.

Quelle variété de conditions ! Quelle variété de combats et que de choix : l’homme ou l’animal, l’homme ou l’arbre, la prairie ou le blé ?

Pour « sanctuariser » le territoire, inutile de tergiverser, il faut expulser l’homme et interdire son retour.

Ce n’est déjà pas facile en Amérique mais en Europe la chose est rigoureusement impossible et le tourisme devenu industrie majeure (3) aggrave le problème.

En de nombreuses parties du monde il faut choisir : Paysans du Kenya ou Éléphant du Tsavo?

 

L’homo faber et l’homme-nature : le problème devient aigu et la vérité s’éloigne. Le conflit est permanent, certains diraient structurel !

Comment « faire » sans toucher à la nature et sans prélever portion des ressources qu’elle offre avec générosité. L’air qu’il faut respirer, l’eau qu’il faut boire, les plantes et les animaux qu’il faut dompter, apprivoiser, domestiquer, hybridiser pour ensuite se trouver contraint de les nourrir, de les abreuver avant de les égorger dans l’indignité. Tiens ! Les plantes : ce bois qu’il faut couper, débiter, aplanir pour chauffer, se loger, se meubler ; ce blé qu’il faut…

La Terre, dans sa chair, dans ses entrailles. La Terre qu’il faut labourer, excaver, modeler pour y poser la vie de chacun et de tous. La Terre qui nourrit de son blé et où pâturent les bêtes. La Terre qui contient le fer, le charbon, le pétrole et, trésor et honte suprême, l’uranium…

Sans penser plus loin que le bout du nez, sans penser à mal, viennent d’être écrits trois mots maudits : charbon, pétrole, uranium.

Alors, l’almanach :

Énergie

Tes puits de pétrole, tu fermeras

De savoir si de gaz des ressources tu as, tu t’abstiendras.

Tes centrales atomiques, tu fermeras.

Le soleil et le vent, tu vénèreras.

Agriculture

Les OGM tu banniras.

Les pesticides tu banniras.

La viande dans ton assiette, point ne mettras.

Industrie

Toutes les nuisances, ailleurs tu chasseras.

Les boues rouges dans la mer, point ne déverseras et d’aluminium plus ne fera.

L’amiante, dans ses moindres cachettes, tu pourchasseras.

Transport

Le diesel tu interdiras.

La voiture électrique, tu imposeras.

En fait, comme les almanachs du temps passé, Vermot (4) et autres, c’est un long recueil de blagounettes destinées à égayer, mais aussi conforter la foi du pèlerin.

Tout ceci manque de corps, de vision dirait-on en politique.

En toute bonne religion solidement édifiée, il existe une architecture cathédrale ; les articles de foi réunis dans un corpus disparate trouvent cohérence dans le Livre et d’abord dans la Parole de l’émissaire divin reconnu comme le fils de la déesse Écologie, enfin incarnée sur la Terre des Hommes.

La chance nous a été accordée de voir et reconnaître le porteur de cette espérance. Il faut y voir la Providence.

Alléluia, le Divin Enfant au monde des hommes est descendu. En marche.

Les confusions disparaissent et l’universalité du propos éclate. La révélation a pris corps. L’Église peut s’édifier. La parole est grande dans sa simplicité. L’Universel est laconique.

Il ne s’agit plus de mégots sur les plages, il n’est plus question des boues rouges, le Message de la Nouvelle Foi est en toute humilité de Sauver la Planète.

Make the planet great again (5)

Notre cher Président incarne à nouveau l’alliance du pouvoir de César et de la Parole Divine.

On prêtait à Louis le quatorzième d’avoir jadis incarné cette fusion, mais le personnage ne séduit plus.

Napoléon le Grand aurait pu y parvenir mais des prémices de brexit l’en ont empêché. Il nous faut arriver au Général pour retrouver un personnage de dimension historique qui put … mais ne fit.

Mais aucun de ces personnages n’eut, Providence toujours, la chance de pouvoir bâtir une religion nouvelle.

Macron a cette chance. Il a le glaive et le verbe.

Il nous convie, nous les Français qui entendons ce verbe et craignons ce glaive, à marcher avec lui vers un nouveau Calvaire. Nous y sacrifierons la croissance nationale dans la joie qu’apporte la pureté écologique.

Notre Loi sera…

Ici, lecteur, dans cet élan, je suis pris et surpris. J’allais pour la quarantième fois ré-enfourcher mon cheval de bataille et reprendre avec énergie mes diatribes sur la Loi que je présente comme l’origine de bien des désordres que nous connaissons. Cette fameuse Loi de Transition, de transition entre un monde d’avant et le Monde Nouveau, la Loi de Mme Royal.

Je me ressaisis  et je réalise que j’ai fait venir et régner dans notre univers spirituel un Divin Enfant qui n’aurait pas eu de mère, une sorte d’enfant adopté, alors que sa filiation me saute au visage comme une évidence. On verrait même dans cette épiphanie François-au-nom-de-Pape-et-de-fromage jouer dans ce drame de la création le rôle de Joseph l’éternel cocu de l'Histoire Sainte. N’a-t-il pas dans son étable gouvernementale soigné et protégé l’enfant fragile ?

Mais en réparant cet oubli, une autre évidence se fait jour et la vérité éclate enfin. La Déesse Écologie que je voyais sortir ruisselante de l’onde pure est Ségolène. La Royal elle-même, laissant de côté son appellation de pizza, prend toute sa majesté et retrouve ici une place que je ne lui avais pas immédiatement reconnue.

Ce n’est que la paresse qui me conduit à ne pas replacer ce § quelques lignes plus haut, à la naissance de notre président, là où il aurait dû se trouver.

°°°°°°°°°°°°°°°

J’abandonne la fable franchouillarde pour ne pas reprendre les critiques ou les remarques formulées à satiété dans ces papiers. 

Cependant, une dernière pour la route, que je trouve exemplaire.

La Foi déplace les montagnes ; elle s’affranchira des réalités scientifiques, techniques, économiques et le fidèle n’obéira pas à l’implacable Loi du Marché devenue voix de Satan. (6)

Le Fils nous ordonne :

Plus d’émission de méchant gaz émis par de vilaines autos dès demain matin (2030, 2050, QCM).

Tout le monde en auto électrique et que les constructeurs de peu de foi se débrouillent.

Que le paysage se couvre d’éoliennes pour que JE puisse fermer les  centrales nucléaires, reliques d’une ancienne croyance.

Que la fiscalité, moderne Inquisition, fustige les mécréants qui osent remarquer que notre Foi n’est pas partagée par quelques 4 à 5 milliards de malheureux qui n’ont pas été touchés par la Grâce et que l’application de nos verges produiront de la Dette et des Gilets de toute couleur désorganisés en foule d’émeutiers.

Oui, j’arrête.

Enfin presque. Car je remarque que le phénomène concerne toutes les populations nanties d’un monde « occidental » nanti et embourgeoisé jusqu’à l’écœurement.

Les Suédois, exemple parmi les exemples du Nord, nous réinventent la Croisade des Enfants. Nous voici revenus en 1212 alors que la féodalité a échoué dans sa reconquête des Terres Saintes. En ce temps-là  la Foi va mettre en marche de nombreux enfants devant qui les flots de la méditerranée s’ouvriront pour qu’ils aillent de leur mains innocentes sauver la chrétienté et porter le message aux mahométans.

Souhaitons que la jeune fille porteuse de la parole, Mademoiselle Greta Thunberg ne connaisse pas le destin incertain de ses anciens précurseurs, Nicolas (7) le bien nommé et Étienne. Ces deux bergers ne sortaient pas d’une cuisse écologique alors que Greta semble être un missile lancé par une lignée de fervents défenseurs de la cause environnementale. Elle est sans doute à l’orée d’une carrière internationale pour laquelle sa particularité d’autiste Asperger sera un atout.

Enfin, elle et ses supports mettent « en marche » ou plutôt en grève des milliers de gosses dans les écoles européennes afin que le concert de leur voix fraiches incite les dirigeants des pays gavés du nord de l’Europe à accentuer leurs efforts pour « Sauver la Planète ». Les journalistes ne nous disent pas qui est derrière ce barnum. C’est le régal des gurus et l’effarement chez PISA.

Fabriquer de futurs manifestants ne constitue certainement pas une réponse aux problèmes posés par le réchauffement climatique alors que la plupart des pays du monde fabriquent de futurs soldats. Beaucoup évoquent les années 30. Ils ont raisons sur un point au moins : pendant ces années la France a « fabriqué » les manifestants de la débâcle, peuple et dirigeants confondus, pendant qu’au vu de tous, le voisin fabriquait, peuple et dirigeants ensemble, la plus puissante armée de l’époque.

Oncle Xi, Oncle Vlad, Oncle Donald et le cousin MBS se joignent à moi pour souhaiter que la voix de Greta soit entendue et que les dirigeants européens prennent en compte sa revendication.

 J’arrête pour de vrai.  Ce papier est déjà trop long. Des séquelles sont à craindre.

 

La foi est révélée, l’Église est construite. Game over.

  1. Même pas 10 %,  donc ne pas confondre ce remplacement avec le Grand Remplacement : mais il y a tout de même communautarisme sous roche.
  2. Pas trop d’enfants : réduire la pression humaine sur la planète mais en même temps (!) ne pas ingérer ces saloperies d’hormones qui modifient les équilibres de nos corps
  3. Industrie majeure quand elle n’est pas la seule industrie qui soit. Vive la tour Eiffel et le Parthénon !
  4. Erreur, l’almanach Vermot existe toujours : 14.95 en Premium chez Oncle Jeff.
  5. Le Divin Enfant est bilingue : cela facilite ses rapports avec Oncle Donald.
  6. Bizarre pour un chantre du libéralisme.
  7. Une pensée pour ma petite chouette espiègle. Elle me manque et je suis contraint de sarcasmer à des échelons supérieurs, au risque de l’irrévérence.

07 avril 2019

 

Macron, le 4 mars 2019 : Aux citoyens d’Europe

 Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé... Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

Tenez-le-vous pour dit. Note du naïf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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04 avril 2019

Scène de la vie parisienne

 Comme je le dis encore depuis tantôt 8 décennies, je tourne le bouton du poste…. l'écran s'allume...

Je suis saisi par l’émotion, la nouvelle me transperce. Christo, quasiment de ma classe(1), « produit » toujours et encore, en artiste diligent qu’il est. Sa compagne et inspiratrice l’a quitté mais il continue seul son activité créatrice et éphémère d’emballeur en grand.

Son projet qui semble devoir se réaliser en 2020, autant dire demain, est d’exercer les rigueurs de son art sur l’Arc de Triomphe.

Pour en parler avec assurance, sans doute a-t-il eu précisément l’assurance que la permission de faire la chose lui serait accordée ; ou peut-être cette permission, blanc-seing éminemment républicain est-elle déjà accordée ?

Voyons voir, Préfet de Police ? Mairies des arrondissements  8,15,17 ? Hidalgo-elle-même toute de majesté revêtue ? Monsieur Riester, ministre de la Culture ? Les Architectes de ceci et de cela ? Stéphane Bern, chantre incontesté du Monument Historique ? Le Divin Enfant, dont la parole est d’or ?

Les journalistes sont muets sur ces points. Je m’interroge.

Donc Christo va œuvrer.

Les détails abondent comme  surface nécessaire et qualité du papier évidemment recyclable, métrage des cordages qui ficelleront le morceau de patrimoine.

Sur le grammage du papier et le diamètre des cordages, je reste sur ma faim.

Qui paye ? Le ou la journaliste la question ne (se) pose même pas la question. Moi, si !

Des mécènes, des cagnottes façon boxeur incompris, des subventions façon Lang, des dons anonymes, la chatte de Lagerfeld… ?

Je cherche et mon journal de référence me renseigne partiellement.

«Christo, en étroite collaboration avec le Centre Pompidou et le Centre des monuments nationaux (CMN), créera une œuvre temporaire à Paris intitulée L’Arc de triomphe empaqueté (Projet pour Paris, Place de l’Étoile-Charles de Gaulle, annonce aujourd’hui un communiqué très officiel, établi entre Paris et New York, lieu du studio de Christo. Cette œuvre sera visible pendant 14 jours, du lundi 6 avril au dimanche 19 avril 2020 et nécessitera 25.000 mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté et 7000 mètres de corde rouge.   Le Figaro du 3 avril 2019

Je suis un peu déçu. Pas de Bern et pas d’Hidalgo. Un oubli ?

Ben voilà, tout est dit. Je sais presque tout et j’ai compris ce qu’on ne m’a pas encore dit clairement : je suis, vous êtes, nous sommes les financiers de cette emballage, qui de la sorte confirme son appellation.

Je prendrais bien un pari : si par chance quelque mécène argenté rajoutait une participation à l’éphémère, elle serait certainement déductible d’un montant de quelque chose d’imposable.

La signification du mot collaboration reste ouverte aux interprétations personnelles.

Christo participerait-il au financement ? L’Arc de Triomphe lui serait-il loué pour une quinzaine ? Par bnb peut-être ?

Une autre possibilité : Le ministre lui-même ferait le tour de l’Étoile autant que nécessaire pour le ficelage.

Bien sûr, on peut souhaiter rigoler un peu et faire quelques bêtises, des gamineries innocentes pour égayer le  paysage et l’atmosphère. Surtout si elles ne nous coûtent rien.

Mais alors qu’on ne nous casse pas les pieds (2) avec des histoires de réduction de la dépense publique.

Christo, combien de crèches ou combien de repas chez Coluche ?

Mon étonnement ayant été exprimé, il me faut reconnaître que, quitte à « œuvrer » sur l’arc de Triomphe mieux vaut confier le boulot au génial Christo qui a trouvé une manière assez « cool » de gagner sa croute, plutôt qu’aux Gilets Jaunes.

L’idée me vient que Christo pourrait peut-être, lui avec son papier argent bleuté, emballer quelques-uns des gentils manifestants-émeutiers et faire en sorte que son emballage ne soit pas éphémère.

 Christo et Jeanne-Claude, communément Christo, est le nom d'artiste sous lequel est identifiée l'œuvre commune de Christo Vladimiroff Javacheff, né le 13 juin 1935 à GabrovoBulgarie, et de Jeanne-Claude Denat de Guillebon, née également le 13 juin 1935 à Casablanca au Maroc et morte le 18 novembre 2009 à New York.  Ce couple d'artistes contemporains s'est rendu célèbre par ses objets empaquetés. Naturalisés américains, ils ont vécu à New York dans le quartier de SoHo.   wiki

  1. À l’usage des jeunes lecteurs : Être de la classe signifie appartenir à la « classe » d’incorporation au  service militaire. Ou en gros, avoir le même âge. Ça date !
  2. Euphémisme

4 avril 2019

 

 

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21 mars 2019

Il faut bien gagner sa vie. Sur trois notes

 

 

Première note : le thème

Il faut bien gagner sa vie.

On n’entend plus guère cette expression qui lorsque j’étais enfant était d’usage fréquent dans les classes populaires et les milieux ouvriers.

Le « bien » de cette phrase n’était pas ambigu et signifiait tout bonnement que gagner sa vie était une nécessité et que ne pas gagner sa vie vous plongerait dans la pauvreté.

Gagner sa vie, pour le peuple, signifiait tout simplement travailler et il était reconnu qu’il y avait une relation impérative entre le travail (qualité-quantité) fourni et les bénéfices qu’on en retirerait.

C’était avant.

Certains auraient pu –mon père, par exemple- donner à l’adjectif son sens premier : il faut gagner sa vie en vue d’une certaine aisance, pour vivre mieux, le « bien » marquant un degré d’abondance. Le gagner « bien » sa vie était accéder à l’aisance et au confort, une étape au-delà du il faut « bien » gagner…

Il était alors compris qu’on parlait d’une nécessité qui s’imposait à tous et qui  devenait une mission dès que l’individu élargissait sa responsabilité, dans le cadre social de l’époque en fondant famille et –charge sacrée- en élevant des enfants.

Le fait est que ce monde laissait beaucoup à désirer et que l’assistance aux démunis, aux désarmés, aux victimes du malheur était d’abord l’affaire de la famille et en fin des fins de la charité, de l’assistance publique et le plus communément religieuse. Le mot Ass…Pub… est un vestige de ces temps.

Passent les Guerres et les temps changent. Le charbon cède du terrain au  pétrole, les existences s’organisent autour du moteur à explosion, puis de l’électricité et maintenant des machines dont on nous dit qu’elles pensent.

Passent les Guerres et les Fronts Populaires et le Plan Marshall et la France se remet au boulot : il faut bien gagner sa vie.

Souffle alors le vent libérateur du progrès social première manière : il était admis en ces temps-là que le budget de l’État avait un sens et que, comme la ménagère, on ne pouvait dépenser plus que ce qu’on gagnait. La dette ne pouvait concerner que des achats exceptionnels et on se souvenait qu’il faudrait la rembourser. Ce vent faisait aussi tourner les moulins de l’industrie et le pays produisait.

Souffle alors et encore le vent du progrès social deuxième manière. Au diable les vulgaires considérations budgétaires, tout est dans la relance de la consommation et dans la consolidation des avantages acquis et surtout dans la consolidation des avantages acquis par ceux qui ont acquis des avantages. L’État veille sur tout et endosse toutes les responsabilités des citoyens qui pour lui sont d’abord des électeurs. L’État veut le Bonheur de Tous, le fameux Bien Commun lequel, comme chacun le sait, passe par la réduction régulière, constante du temps de travail. Quelle meilleur manière de satisfaire l’électeur ? Est-il une démagogie plus facile à vendre ?

Le consommateur doit consommer et le travailleur doit travailler « dans la modération ».

Tout le système s’embourgeoise et chacun s’endette. L’État plus qu’il ne convient.

C’est dans les classes populaires et de faible qualification que le phénomène devient critique.

Soutenu par la collectivité (redistribution et protection sociale) l’individu de faible productivité (faible compétence, faible temps de travail) accède à un niveau  de consommation qui n’est plus en relation économique avec sa capacité à produire et ne traduit plus qu’un degré d’insertion social posé en objectif.

Moralement et socialement on ne peut que se réjouir de ce « progrès ». Personne ne souhaite voir son voisin vivre pauvrement.

Appelons Embourgeoisement ce progrès qui permet à quelqu’un qui ne l’a pas gagné (au sens défini précédemment) de mener une vie comparable à celle d’un petit bourgeois.

Cela suppose, en gardant le même vocabulaire, que le reste du corps social « gagne » sa vie et « en même temps », celle de celui qui est sorti par solidarité de la pauvreté.

Cet emploi du « en même temps » n’est pas un pied de nez fait au Divin Enfant Jupiterisé mais illustre en réalité l’ambiguïté foncière de cette pensée qui  consiste à dissocier l’action sociale des résultats économiques ; ou encore de croire que l’on peut sans limite demander aux producteurs de richesse de supporter un nombre croissant de non-productifs ; ou encore de croire qu’on peut dépenser plus qu’on ne gagne ; ou encore de croire que la dette restera à jamais un problème « pour plus tard » et « pour d’autres » et qu’il n’y a pas pour l’État de « carnet de la ménagère ».   Le carnet de la ménagère du 05 mars 2017

On ne parle pas ici des vrais exclus, des vrais précaires, des damnés, des SDF, de ceux qui ont complétement égaré la clé d’entrée dans le système social ou auxquels on ne l’a jamais proposé.

Ils ne sont pas sur la liste de Martinez. Oubliés, ils sont. Oubliés, ils restent.

Il ne faut pas davantage oublier ou négliger les difficultés rencontrées pour simplement se rendre à son travail. Une mère de famille qui doit ajouter 3 ou 4 heures de trajet quotidien à ses 35 heures de boulot aura consacré 15 ou 20 heures de plus à son travail. Il s’agit là d’une très importante perte de productivité dans le monde du travail. Urbanisme, mobilité physique, immobilier, vie familiale…tout se mêle pour compliquer ce problème. Cet usage de la bagnole ne relève plus de l’embourgeoisement.

Au-delà de ces gens oubliés ou harassés, il existe une fraction importante de la population qui trouve légitime de ne travailler que 35 heures par semaine, quand elle les fait réellement, et qui vit au-dessus de ses moyens ou plus exactement au-dessus des moyens qu’elle a « gagnés ».

Cette légitimité repose, on le répète sur le credo que les ressources de l’État (impôts) sont indépendantes du travail fourni par le corps social et en particulier des profits réalisés à l’exportation, industrie, agriculture.

Cette population s’est embourgeoisée dans la consommation tout en restant prolétaire dans le schéma mondial. Cet embourgeoisement du mode de vie et du mode de consommation qui s’inscrit en terme positif dans un PIB devenu fou n’est pas, hélas, légitimé par une participation suffisante à la production marchande de la collectivité qui a généré l’embourgeoisement sans favoriser le travail et la production. Bien au contraire ! Marchande car la collectivité n’est qu’un petit (minuscule vraiment) morceau du vaste monde de la production, de la vente et de la concurrence et qu’il est impossible qu’à un moment donné, dans une monnaie imposé, les comptes du carnet de la ménagère ne soient soldés et la dette révélée.

 

Deuxième note : On cherche une illustration.

 

Imaginons le cas d’une jeune femme, divorcée, mère de deux enfants.

Imaginons qu’elle vive en Normandie, qu’elle ait été élevée comme on élève les jeunes filles dans une petite ville de Normandie, qu’elle n’ait pas fait d’études bac-plus-truc mais qu’elle ait une certaine facilité et justesse d’expression.

Imaginons qu’elle soit avenante, plutôt jolie et qu’elle soit une femme de caractère qui mesure et déplore la médiocrité de son sort.

Imaginons en effet qu’après avoir raté son mariage ou en même temps qu’elle ratait son mariage, elle n’ait connu qu’une vie professionnelle qui ne la satisfasse ni pécuniairement, ni intellectuellement ; par exemple, serveuse puis aide-soignante à l’hôpital de la grande ville la plus proche.

Elle mène une vie difficile et il lui faut trouver de l’aide dans sa famille, sa belle-famille, son ancien mari : il faut bien s’’occuper des deux enfants pendant que la jeune femme en plus de son travail se tape les 40 ou 50 km du trajet quotidien pour se rendre au travail.

Ici s’arrête l’exercice d’imagination car il est certain que la jeune femme souhaite vivre bourgeoisement et estime avoir le droit de vivre bourgeoisement.

Il est certain qu’elle trouve son sort injuste. Elle recherche qui est responsable de ce qui lui échoit dans le grand panier de la vie.

On a envie de l’aider, on la comprend. La chanson nous le dit :Ne la laisse pas tomber   Elle est si fragile ;  Etre une femme libérée tu sais, c'est pas si facile… 

La Fée du Web jette sur la pauvrette un regard compréhensif. Un mouvement populaire intégralement facebooké apparait sur l’écran de sa vie. Il faut réagir à l’inique augmentation des taxes sur les carburants.

Elle réagit. Porte ouverte, train à prendre, cause à embrasser, elle contribue.

Moins sotte que d’autres, mignonne, sachant s’exprimer elle convainc, elle convient.

Symbole, elle représente.

En tout cas, la porte étant ouverte elle voudrait faire un pas un pas en avant et puisqu’elle représente, elle souhaite devenir une représentante. De quoi, elle ne sait pas très bien mais on trouvera bien « en marche ».

Ses yeux se décillent et elle découvre le monde, en premier lieu celui des machos stupides qui passent tout benoitement de la revendication légitime à l’insurrection gauchiste. Ce monde la repousse dans les deux sens du terme.

Elle tente d’ouvrir la porte des médias mais elle découvre qu’on n’adhère pas naturellement à une autre secte …

Cherche-t-elle à ouvrir d’autres portes ?

Adhérer à Macron, tant qu’il est temps en rêvant à la députation ?

Faire chante un joli brin de voix peut-être mais quelle concurrence !

Entamer une carrière de comédienne dans une série policière façon Meurtre à Louviers après une brève prépa dans « Plus belle la vie ».

Une chose est sûre : maintenant il faut vraiment, encore plus, qu’elle gagne sa vie. Il ne faut pas que les portes ouvertes-entrouvertes se referment : elle est si fragile.

On lui souhaite bonne chance et plus encore à ses deux enfants.

Puisse Ingrid trouver enfin la bonne porte.

 

En cherchant une illustration pour ce tableau un autre profil de jeune femme venait à l’esprit mais il serait lassant de  répéter l’exercice : Laissons donc Priscillia à ses crèmes de beauté et soyons certain que le gain récent de notoriété (avantage acquis) l’aidera dans la conduite de son business.

Cela laisse au Naïf un goût d’inachevé : le parfum des Îles, que voulez-vous !

 

Troisième note 

Le lecteur dira : pourquoi deux jeunes femmes ?

La raison est simple. Tous les bonshommes dont le nom aurait pu illustrer cette parabole sont vraiment infréquentables et n’inspirent aucune sympathie.

Laissons-les à leurs émeutes et à leurs gilets.

Ces gens, ces gilets jaunes, qui sont traités ici avec désinvolture n’ont dans leur plus grand nombre fait que suivre le chemin que leur traçaient les démagogues en quête d’électeurs depuis une cinquantaine d’année.

Travaillez moins et profitez plus, ne pensez pas à l’avenir, l’État veille sur vous. Surtout, n’hésitez pas à demander. Celui pour qui vous avez voté vous l’accordera. Embourgeoisez-vous.

C’est beau, grand et généreux la Démocratie quand on sait s’en servir.

Chemin qu’on leur a tracé :

Chemin idéal tant que tout le monde travaille, produit et que le niveau de dépenses collectives (État plus protections non-cotisées) reste acceptable. Acceptable signifie ici : compensé par les recettes.

Ligne de crête délicate tant que la dette ne représente que l’amortissement d’une dépense d’investissement productif. Productif signifie ici : qui va contribuer à la production de richesse et à des rentrées financières alimentant l’impôt.

Toboggan mortel quand la dette devient l’air que la nation respire pour survivre dans sa descente vers le sous-développement.

Ces gens, gilets jaunes, vous et moi sommes les embourgeoisés qui attendons tous que la faillite nous attrape par la queue. Nous la voyons venir sur notre écran plat coréen au gré des grèves, devenues émeutes, devenues insurrections qui animent notre quotidien.

 

Pourvu que ça dure.

 

Le cas des retraités est particulier : ils ont vécu leur temps, ont cotisé  comme il convenait et v’la ti pas que les jeunes générations s’exonèrent du boulot.

Normal, on a dit à ces générations qu’ils allaient tous être chefs puisqu’ils allaient faire des études supérieures… puisqu’on leur a donné le bac auquel ils ont droit.

Normal puisque l’université les accueille dans les disciplines dans lesquelles leur capacité de production sera valorisée…Sociologie, Archéologie, Anthropographie pour les meilleurs, Psychologie et Droit 1ère année pour les autres.

Le temps que cette jeunesse réalise l’impasse dans laquelle on l’a enfournée, elle devenue adulte et inclassable, composée de ces inutiles et de ces précaires que nous décrivent les vrais sociologues.

Donc plus de possibilité de revaloriser les retraites faute de nouvelles cotisations et chômage dont on ne mesure même pas l’étendue.

Heureusement l’État veille : on dit qu’il reprend la main. Main qu’il  plongera dans le  grand bas de laine à l’envers qu’il maintient ouvert en même temps que sa boite à outil : il  puisera dans la dette qui s’installe dans son rôle de ressource première.

Revalorisera-ton les retraites ? Ce n’est pas improbable, à force de lambiner des élections vont avoir lieu.

J’y suis favorable pour des raisons qui n’échapperont à personne.

 

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Hors sujet, un zest de vocabulaire.

Ingrid s’appelle, tout le monde l’aura reconnue, Ingrid Levavasseur.

Un vavasseur est le Vassal d'un seigneur lui-même vassal; homme pourvu d'un arrière-fief; petit vassal en général et notamment en Normandie le  Titulaire d'un fief plus petit que celui du chevalier, et qui peut combattre à cheval, mais avec un équipement moins coûteux que celui du chevalier   (cnrtl)

Ingrid serait ainsi vassale à deux degrés :

D’abord comme tout(e) bon(ne) GJ elle est une mécontente, vassale du « système ».  Elle veut « rassembler les initiatives citoyennes » mais elle ne peut combattre à cheval, à la différence de Drouet, monté sur son gros camion.

Mais aussi, et c’est peut-être plus sérieux, comme une jeune mère célibataire avec deux gosses, vassale de la condition féminine. Marlène Schiappa, jeune femme au parcours intéressant devrait la prendre sous son aile ou à tout le moins l’inspirer.

 

20 mars 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 mars 2019

Insurrection et pamphlet

 

Je tourne le bouton du poste. On disait comme ça. Naguère.

L’image m’instruit. Je vois des émeutiers tenter dans une insurrection violente d’assassiner, en groupe, des représentants des « forces de l’ordre ». On dit comme ça. Maintenant. Les Forces-de.

Ils pillent ce qu’ils peuvent voler et ils saccagent et brulent ce qu’ils ne peuvent emporter ou qui leur déplait.

J’entends la speakerine. On disait comme ça. Naguère. La présentatrice est un produit récent : preuve qu’on nettoie la langue de ses anglicismes.

Sa parole m’instruit. Elle dit : les dernières manifestations ont donné lieu à des actes de violence.

 

Ouf, je me sens mieux : elle n’a pas ôté de sa narration le mot violence. C’est un bon jour. En langage correct, elle aurait dû dire que « la manifestation avait provoqué des désordres » car il est bien entendu qu’il ne convient pas d’attacher une importance particulière au fait qu’un groupe de gens essaie de tuer un CRS ou un policier ou qu’il saccage, pille et incendie en toute quiétude les magasins de l’avenue où ils « manifestent ». Incendier un immeuble avec ses occupants ou un restaurant dont le défaut est d’être célèbre, ne sont que peccadilles.

 

Ainsi l’émeute et l’insurrection deviennent licites. Et le droit de manifestation habille l’acte criminel. Le « droit À » autorise tout.

 

Les Forces de l’ordre sont apeurées par la perspective d’avoir à subir les foudres du système judiciaire si dans l’exercice d’une nécessaire répression ils étaient conduits à faire « pour de bon », réellement, usage de la force.

Ce qui entrainerait inévitablement des blessés et des morts puisqu’ils ont en  face d’eux des individus armés pour blesser ou pour tuer. Sauf à considérer qu’un cocktail Molotov est un signe de mécontentement véniel.

Évidemment les CRS, flics et gendarmes  sont identifiables et ils ne se fondent pas dans une foule accueillante.

Évidemment ils représentent, non pas l’ordre que requiert la vie en société (ainsi qu’on les désigne, Forces de…) mais les puissances obscures du capital et du colonialisme et de tous les autres maux que l’idéologie victimaire et écologisante leur imputera.

Leurs visages manquaient sur le « Mur des Cons ». Quel oubli !

L’appareil législatif est celui  d’une société en ordre et convient mal à une société qui crée et revendique le désordre. Sans parler de l’état de guerre de notre gentil Hollande. (1)

 

Mais enfin, il faut reconnaître que les flics et autres CRS ne remplissent pas leur mission et les saccages continuent. Les interrompre conduirait à l’affrontement violent qu’ils redoutent et dont, sans nul doute, on leur attribuera la paternité.

Une solution s’imposerait : limoger le préfet de police. Cela résoudrait tout.

On objectera qu’ont été interpellés des individus qui ont été ou seront placés en garde à vue le temps prescrit. Après le « rappel à la loi » rituel, ils seront élargis « sans autre forme de procès » faute de preuves et de flagrance.

Il n’est pas question qu’ils puissent manquer « l’acte » suivant.

Sinon, comment pourraient-ils poursuivre leur entraînement d’émeutier insurrectionnel ?

D’ailleurs les individus appréhendés étaient-ils des émeutiers ou simplement des imbéciles appréhendables ?

 

Plus que jamais il est temps d’appeler les choses par leur nom et plus que jamais il est temps de laisser les gendarmes attraper les méchants par l’usage de la force légitime.

On en viendrait à souhaiter, chaque samedi, qu’un CRS soit grillé ou qu’un flic soit tué pour qu’enfin la grandes masse des soumis à la belle pensée se réveille pour mesurer l’étendue de la désagrégation sociale qu’elle tolère quand elle ne la favorise pas. (2)

Je serais désolé que ce texte, très délibérément excessif dans l’expression soit perçu comme une défense de la bavure policière. Certainement certains tirs de flashball aurait dû être tirés plus bas en ne visant que les parties… les moins fragiles de l’anatomie du manifestant.

Les forces de l’ordre doivent rester exemplaires et ne doivent pas céder à la vindicte et à l’énervement.

Mais cette recherche de qualité ne doit pas conduire à les désarmer, ni les réduire à l’impuissance.

 

Au moment même où je termine ce texte, le JT m’apprend que le Divin Enfant aurait enfin pris la mesure du problème et qu’il nous promet, ce qu’il fait avec la même constance que ses prédécesseurs, des mesures fortes…

Chère, très chère Leonarda. Chère et luxueuse NDDL…(3)

Combien de reculades encore avant que tout l’électorat ne tombe dans le vide Le Pen. (4)

En plus : un Chef de l’État qui a lu Ricœur, c’est bien et on ne saurait lui en faire grief. Mais si en plus de cette qualification il avait lu la loi de Transition de mes deux et en avait compris la portée, il n’aurait pas à résoudre des troubles sociaux qu’il a provoqués. Si, souvenez-vous, la Taxe Carbone et le « sauvetage de la planète » leit-motivée dans chaque nouveau discours.

Attendons la fermeture des centrales nucléaires.

Comme je reste inquiet (quoique naïf) je me dis que d’autres évènements, d’autres pétards ne tarderont pas à fuser au Pays Merveilleux des 35 heures.

Au-delà du nucléaire évoqué à l’instant, La liste de ces futurs motif-de est longue, l’immigration n’étant pas le moindre de ces motifs, mais je ne peux m’empêcher de penser que celui de l’écologie politique mal ingérée-digérée-excrémentée (5) est un de ceux qui « nous » reviendrons dans le museau avec la vigueur qu’a mis le Président lui-même à allumer le pétard.

Je dis « nous » car à la différence des journalistes qui conçoivent la vie publique comme une sorte de compétition  sportive, compétition entre des personnes de gouvernement ou d’opposition, les gagnants ou les perdants, les acteurs en somme, ne sont pas les Macron,  les Royal ou les Wauquiez (quelle tristesse) du monde de l’énarchie, mais le peuple français tout ensemble, vous, moi et nos enfants. Quand Macron prend un bourre-pif, « nous » souffrons et la France s’abime.

 

  1.       Tout spontanément j’avais écrit état de guère. Ça allait bien aussi.
  2.       J’appelle cette soumission ou cette bénévolence le syndrome du Loup. On en reparlera.
  3.       J’allais en plus évoquer-wordtaper Hulot, mais Word s’est cabré et a tout simplement refusé. C’est ça l’IA.
  4.       La trappe à phynance du Tellement-Cultivé-Insoumis semble momentanément moins béante.
  5.       Le néologisme ! Merdre. Mieux qu’expulsée ou éjectée qui ont des saveurs de sans-papier ou de cartouche d’arme automatique.

18 mars 2019

 

 

 

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12 mars 2019

Avant…

 

Une année fiscale s’était écoulée. Année 1

Au début de l’année suivante, année 2, je racontais ma petite histoire fiscale de l’année 1 juste terminée, mes revenus, ceux de ma femme ; je précisais quels enfants étaient encore à ma charge ; je veillais à ne pas oublier, après les avoir recherchées, quelles singularités fiscales je pouvais utiliser pour diminuer mon impôt…sous des prétextes parfois incongrus, reflétant le fait que l’État utilise l’IR comme un couteau suisse ou pour reprendre une expression passée de mode, comme une boite à outil.

Bref, je faisais comme les textes le prévoyaient, un compte-rendu de l’évolution de ma situation familiale et financière lors de l’exercice 1 écoulé.

L’administration appliquait ses barèmes et me faisait en retour savoir quel était le montant de l’impôt à acquitter.

Il existait dans ce mode d’imposition un décalage car le calcul de l’impôt de l’année 1 n’intervenait qu’en cours de l’année 2.

Au fil de l’année 2, à échéance convenu je réglais moi-même en citoyen respectueux, cette dette contractée auprès de l’État l’année précédente par des versements réguliers débités sur mon compte bancaire (soit les tiers provisionnels, soit selon un calendrier de quasi mensualisation), versements estimés en fonction de l’historique de mes impôts de l’année 0.

L’exercice se terminait par l’apurement du compte annuel effectué avant la déclaration suivante.

Un peu compliqué, mais cela marchait depuis … depuis longtemps et somme toute, pas si mal que ça.

Maintenant…

 Le fisc me demande de régler le montant de l’impôt de l’année en cours, année 1, au moment même où je perçois le revenu. En fait c’est à mon employeur ou à ma caisse de retraite qu’il demande de le faire.

Pour recouvrer cette fraction de l’impôt il utilise donc (comme par le passé, comme avant !) la même base comptable, à savoir le taux de prélèvement de l’exercice précédent ou tel autre taux que j’ai le loisir de choisir sous certaines conditions en référence à l’année 0.

Il ouvre donc un compte classique débit-crédit de mon IR.

Au cours de l’exercice, je signale les changements intervenant dans le foyer comme naissance d’un nouvel enfant ou autre facteur modifiant le calcul.

Le taux de prélèvement sera (plus ou moins rapidement) modifié (ou pas) pour prendre en compte ces changements.

Pendant l’année fiscale je recherche dans quelles niches je peux me glisser pour alléger (optimiser) mon impôt et j’en rends compte à l’administration… avant et pour la clôture de l’exercice.

Enfin, à un moment donné de l’exercice, il faut bien solder le compte en prenant en compte les changements et ces différents aménagements comme les crédits d’impôt ou les dépenses déductibles du revenu.

Donc paiement de l’impôt suivant un procédé qualifié de « à la source » sur la base des données de  l’exercice précédent, actualisation des données effectives du calcul de l’impôt et apurement du compte.

Je peine à discerner la simplification dans cette modification du calcul et de l’acquittement de l’impôt.

Je constate qu’un nouvel agent est intervenu dans le processus, l’employeur (ou à tout le moins le payeur) personne que la perception de mon impôt ne concerne en rien et qui a d’autres chats à fouetter.

Au demeurant depuis belle lurette, dans le cadre de la mensualisation, les virements bancaires remplissaient parfaitement la fonction du payeur.

Et bien sûr, mais ce n’est qu’un détail, il faut régler les difficultés posées par l’inévitable année blanche.

Étant d’un naturel suspicieux et faisant crédit au Ministère des Finances d’avoir une idée derrière la tête, je me disais que cet embrouillamini ne pouvait qu’être un prélude à une disparition programmée des niches fiscales (plus ou moins 500, nous dit-on, leur nombre exact n’est pas connu) avant que d’être complètement rassuré : on n’y touchera pas car, à l’évidence les faire disparaître reviendrait globalement à une augmentation, au plan national, de l’impôt.

Ce qui n’est pas dans les vues du Président. Me voici rasséréné.

Je me demande néanmoins en quoi ce bastringue nouveau constitue une réforme et j’ai peine à y discerner la moindre simplification, ni le moindre progrès que ce soit pour le fisc ou pour l’assujetti.

On me dit que des centaines de spécialistes ont consacré des milliers d’heures à mettre au point ce système comptable. Comme dirait Bastiat : En voilà, du bon PIB ! *

Des réductions de personnel en résulteront. Qu’il me soit permis de rester sceptique sur ce point.

 

Une fois encore, je suis confronté à une question qui tourne dans ma tête de façon lancinante et dont je n’ose formuler la réponse : Suis-je un imbécile ou suis-je gouverné par des imbéciles ?

Répondre conduirait à rechercher une explication et à formuler une nouvelle question : pourquoi sommes-nous dirigés…comme nous le sommes ?

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Dans un grand nombre de pays l’IR n’est pas une boite à outil d’incitation ou de redistribution. C’est simplement comme la CSG un pourcentage prélevé sur chaque revenu individuel. Plus question de famille, de niche, de crédit de ceci ou de cela, plus de panneaux solaires ou d’isolation thermique, plus de femme des ménage…

Ce taux de prélèvement est souvent le même pour tous les assujettis, ce qui traduit l’égalité des citoyens devant cet impôt.

Il n’existe alors aucune raison pour que le payeur n’effectue pas la collecte de cet impôt-taxe dans la mesure où cela fait disparaitre des secteurs très important et très coûteux de l’administration responsable.

Dans la plupart,  des pays européens le calcul et la perception de l’IR s’effectue par des procédés variés mais finalement assez semblables au mécanisme français.

Mais nous étions les seuls à ne pas « prélever à la source ».

Intolérable pour Sapin, Hollande et même pour notre fringant Président : réformons et modernisons tout comme un mouton pense réformer son troupeau en suivant la foule bêlante de ses congénères moutonniers.

 Mais de réforme fiscale, nada.

 *Que le lecteur et Bastiat pardonnent l’anachronisme. Pour Bastiat, je tiens la chose acquise. Pour le lecteur, qu’il en pense ce qu’il veut.

 20 février /  3 mars 2019

 

 

 

 

 

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Ségolène et Emmanuel, une passion carbone .... C’est quoi l’industrie ? Vous avez dit pétrole ? Comédie bourgeoise

Ségolène et Emmanuel, une passion carbone

Ou

C’est quoi l’industrie ? Vous avez dit pétrole ?

Comédie bourgeoise des beaux quartiers et des belles âmes

 

L’énergie produite et consommée dans de monde provient en majeure partie du carbone stocké sous terre, associé à des degrés variables à de l’hydrogène.

Carbone pur, Charbon, Houille : on le brule tel quel.

C’est l’histoire du 19ème siècle.

En lui ajoutant de l’hydrogène, on en fait aussi un gaz qui éclaire les villes.

Carbone et un bon paquet d’hydrogène, Pétrole : on le distille et on le brule en supplément du charbon. C’est l’histoire du 20ème siècle.

Le moteur au pétrole est plus léger et plus commode que le moteur « au » charbon.

Carbone et le plus possible d’hydrogène (4H pour un C), le Gaz : on le brule en supplément du charbon et du pétrole. C’est et ce sera l’histoire du 21ème siècle.

Ces histoires se chevauchent et s’entremêlent. Aucune n’est achevée et spécialement celle du charbon.

Charbon et pétrole sont faciles à transporter et à stocker et faciles ou très faciles à distribuer. (1)

Le gaz est d’usage commode mais de gros investissements sont requis pour le transporter, le stocker et le distribuer.

Le pétrole produit relativement aisément par raffinage toute un catalogue de substances liquides (et du gaz plus ou moins utilisé) qui satisfont à une vaste gamme de besoins. (2)

Leur distribution est facile et d’une grande sûreté. (3)

Très lourds, visqueux : sur les routes ou comme base pour d’autres usages, lubrifiants, pétrochimie…

Lourds mais liquides : Chaudières industrielles, moteurs diésel de la marine.

Diésel et essence : tout le transport terrestre, une large part du chauffage domestique, industrie…

Kérosène : tout transport aérien, pour très longtemps.

Plus léger encore, naphta : la pétrochimie surtout et on le brule utilement si on peut.

Le gaz : on essaie de le récupérer si on peut ou on le brule inutilement.

Un premier préambule, bien inutile pour beaucoup de lecteurs, peut-être rafraichissant pour d’autres.

Avant d’en arriver au propos du jour, voici un second préambule.

À un moment donné, de sa petite menotte invisible le Marché de l’Or Noir a établi un équilibre (toujours précaire) entre cette offre de produits (le catalogue) et la demande (leur usage), équilibre ô combien instable au plan financier et en conséquence fragile dans le rapport entre capacité de production, de transport, de stockage et de distribution d’une part, et consommation de l’autre.

Madame Machin ou Monsieur Truc « pense » qu’il est bon pour la planète de consommer plus de ceci ou moins de cela. Ils le pensent parce qu’ils le « croient » ou parce qu’ils pensent et croient que leur électorat le pense et le croît. Vaste sujet.

C’est de la politique et l’économie (l’intendance) suivra. Haute ou basse politique, chacun en jugera, mais stupidité chacun en conviendra…plus tard et trop tard. L’intendance qui ne suit pas, c’est l’histoire des campagnes de Russie et des Bérézina(s).

Donc, par exemple, on ne veut plus de diesel (4) et tout le monde doit rouler à l’essence avant bien évidemment de ne rouler qu’à l’électricité du Dieu Soleil, ce qui chacun le sent (le pense, le croît) sauvera la Planète. Les particules fines n’ont qu’à bien se tenir !

On affirme et on renforce cette volonté en bricolant l’impôt et les subventions, en multipliant les déclarations d’intentions. En réaffirmant sa volontéde, sa résolution-à, sa détermination…

Madame Machin et Monsieur Truc occupe leur  espace politique et s’y pantomimise à l’envi.

On observe alors de petites conséquences immédiates car le consommateur final réagit aux incitations bidonnantes : il se débarrasse de son diesel qui soudainement ne vaut plus rien à l’occaz. Il profite de la subvention pour faire l’achat (ni nécessaire, ni urgent) d’une voiture qui satisfasse (2) à la mode Machin-Truc et qui satisfasse Machin et Truc, les casses débordent ; le recyclage explose et les voleurs de voiture ressentent cette distorsion du marché à l’export.

On découvre, mais un peu tard, l’ampleur du phénomène.

Les fabricants de voiture ferment quelques usines, transfèrent (ailleurs) quelques lignes de production en « rationnalisant » au passage, les fonderies sous-traitantes font faillites, certains équipementiers disparaissent, les stocks invendus sont passés en provision ou exportés à perte

Rien de cela n’affecte Machin(e) et Truc qui dans leur business de politicien n’ont rien à  cirer de l’industrie automobile ou autres, des emplois d’icelles et de la vie de leurs concitoyens, car ils sauvent la planète ce qui, reconnaissons-le, a plus de classe.

À ce niveau de l’argument il est légitime des se poser la question de savoir pourquoi Machin(e) et Truc font partie du gouvernement de la République. Vaste sujet et sujet particulièrement délicat si Truc occupe dans le Système une position élevée. Vaste sujet au carré.

Cependant, déjà les premiers frémissements du «Diesel-le-retour » se font entendre Les chiffres du chômage vont parler et l’inanité sera révélée.

Fin des préambules mais suite de l’exemple Vilain Diesel.

Tout ce tohubohu se développe, à l’insouciance des sauveurs de la planète, dans le monde mondial de l’économie, de la production, « en même temps » que dans le monde du travail et dans l’équilibre social des pays concernés. Les pétroliers qui connaissent ces choses utiliseraient le mot « Aval » pour désigner les répercussions en question.

Ces mêmes pétroliers connaissent aussi les répercussions de cette insouciance dans leur propre domaine, leur « Amont ».

Illustration et parabole :

Suite aux considérations précédentes, TOUS les pays européens dans une belle unité s’efforcent de réduire le nombre de voitures diésel et en l’espace d’un an ou deux peut-être et obtiennent la disparition du diesel dans l’UE. Dans l’hypothèse où cela correspondrait à un basculement de 260 MT de gazole vers 260 MT d’essence il faudrait donc que le système de raffinage qui alimente l’Europe change rapidement son mode de fonctionnement pour réduire le gazole de 260 MT en accroissant la production d’essence de la même quantité, la consommation globale étant stable ou en légère croissance.

Ce basculement implique un traitement supplémentaire de 260 MT de gazole, en fait une nouvelle distillation, sur les raffineries offrant cette possibilité… Annexe

Ou bien le choix d’un cocktail de brut différent pour toutes les raffineries…

Ou bien d’étendre le problème du raffinage pour l’Europe à l’échelle mondiale et changer de fournisseurs de produits en s’éloignant des raffineries de la Mer Rouge…

Ou bien, ou bien…

Quand une Belle Âme s’imagine, pense, croît que ces changements (5) se feront sans coût supplémentaire et sans augmentation des émissions de GES, elle se trompe et elle trompe son électorat bobo-ifiiant.

Mais évidemment les pétroliers, comme l’intendance, n’ont qu’à suivre.

Ils le feront mais le consommateur le paiera. Et seront émis les GES.

Et si le système pétrolier ne réagit pas, s’il n’opère pas les changements requis le retour d’information sera rapide. Le prix du gazole baissera, celui de l’essence augmentera et les forces du vilain marché amèneront nos rêveurs à réaliser qu’il est vain et dangereux politiquement de vouloir et de promettre des résultats irréalistes sur des sujets dont ils ne maîtrisent ni le fonctionnement, ni l’importance réelle.

C’est le retour au Diesel qui a été naïvement prévu il y a quelque temps déjà.

 

L’exercice pourrait continuer en partant cette fois de la récente déclaration de la Commission Européenne ou des admonestations du Président Macron visant un avenir « Sans Carbone » à «  l’horizon » 2050.

Ce que recouvrent précisément ces déclarations n’est pas clair. Les multiples organismes destinés à orchestrer cette symphonie évoquent tant de facteurs décisifs qu’un esprit simple n’y retrouve pas ses petits. On  y passe de l’albédo au carbone négatif et les vaches remplacent les boucs émissaires (de GES).

Il suffira ici de retenir l’intention –également déclarée- de « passer » le transport routier au tout-électrique l’année qui vient ou bien en 2030, en tout cas demain.

Il conviendrait de transformer l’essentiel de la coupe carburant du raffinage en autre chose ou alors à ne plus raffiner que les quantités strictement requises par le  GIERC…ce qui en gros reviendrait à ne plus raffiner du tout.

Et les aéroplanes dont nous sommes si fiers voleraient en consommant l’immense désir d’avenir des sauveurs de la planète ou bien le transport aérien s’arrêterait.

Et les portes conteneurs navigueraient à la voile comme au bon vieux temps.

Et nos routes seraient recouvertes de briques intelligentes et solaires guidant des bagnoles autonomes et éoliennes vers des lendemains plus respectueux de la terre.

Mais soyons en sûr, comme ni la Chine, ni les USA, ni l’Inde, ni le Brésil ne suivront le chemin de Machin et de Truc, rien de tout ceci ne se produira et… émis seront les GES.

 

Retour sur le propos et conclusion.

Le souci est bien réel et personne ne met en doute qu’il faille, en matière de consommation d’énergie faire preuve d’économie.

La première et principale raison est dans le mot lui-même : faire des économies, économiser. L’argument est particulièrement pertinent pour les pays (la plupart) qui achètent leur consommation chez l’Émir du coin.

Deuxième point. Toute consommation d’énergie doit avoir un sens…économique. Vaste sujet.

Changer les régimes chinois et américains ou simplement infléchir leur vision du problème, embarqués qu’ils sont dans une compétition létale, me parait relever du désir enfantin d’un jeune quadra qui n’a pas accès au pot de confiture des affaires du monde et qui  en cherche la clé dans son coffre à jouet, pardon, dans sa boite à outil aurait dit son prédécesseur.

Alors que les acteurs de ces comédies semblent incapables de mesurer les conséquences de leurs postures sur le monde industriel de leur pays ou même simplement d’y penser, comment s’étonner qu’ils ne puissent imaginer que le monde de l’énergie et plus spécialement du pétrole en sera affecté d’une façon ou d’une autre.

 

11 mars 2019

 

1. Encore plus facile d’usage quand ils ont pris l’habit de l’électricité.

2. J’ai vérifié : un produit satisfait À un besoin et j’ai satisfait mon envie d’orthographe.

3. Je suis l’usage : sûreté concerne la vie du produit et les dangers liés à son usage alors que sécurité concerne les actions des méchantes gens qui…

4. C’est l’Effet Hidalgo et l’Effet Particules Fines qui sont les premiers déclencheurs du bazar. Incidemment et pas tout à fait hors sujet : d’où sort le fameux chiffre des 40 mille morts par an en conséquence des teneurs en particules fines ? Et de quel chapeau sort l’exonération d’une essence qui ne produit pas de particule?

5. Hollande aurait dit Inversion. Il aime le mot et il l’emploie encore sans en avoir saisi la signification.

 

 

 

Piqure de rappel.

Charbon : Du latin carbo (braise) dont est aussi issu carbone.

Possiblement du grec ancien χάρϕω (faire sécher).Ou du celtique car (bois)

Houille : équivalent francisé du wallon hoye  ou hougne  Dans la Province de Liège, le mot remonterait au xie siècle, le mot « hoye » aurait existé avant la découverte de la houille, signifiant « fragment, éclat, motte » en wallon liégeois. Avec la découverte du charbon, « hoye » fut utilisé pour désigner la houille en morceaux et le mot se répandit à partir dans la Wallonie dialectale.

Pétrole : emprunt au latin médiéval petroleum, proprement  huile de pierre  de petra et oleum, en latin classique.

 

Gaz :Au tout début du xviie siècle, un chimiste flamand, Jean-Baptiste Van Helmont, utilisa le mot « gas » par rapprochement avec le mot « chaos » venant du grec το χαος-χαους qui désigne l'espace immense et ténébreux qui existait avant l'origine des choses . Il voulait introduire une notion de vide. Peu après, les français écrivirent « gas » avec un z : gaz. Ce n'est qu'à la fin du xviiie siècle que le mot prit son sens moderne.

 

Annexe

Il n’est pas facile de rassembler les chiffres qui permettraient d’évaluer pour l’Europe l’impact du passage du cocktail diesel-essence actuel à une utilisation tout-essence d’un parc automobile qui ne cesse de croître.

Une tentative est la suivante.

France 2018       Essence 8 MT       gazole 32 MT             Carburant  40 MT            vérifié

Europe (8 x Fr suivant PIB)                                           Carburant  320 MT/an      hypothèse

Rapport gazole/essence Europe identique à celui de la France : 4/1                        hypothèse forte

Besoin de conversion gazole vers essence :                                     256  MT

Exprimé en baril raffiné carburant (x10 environ)                            2.560 M bl /an   hypothèse

Coupe carburant  45 % (hors kérosène)                                        1.150 M bl /an             

Exprimé en baril de brut                                                              5.700 M bl /an  ou  15.7 M bl/j

Ce résultat traduit le fait que la décision européenne retentirait sur le raffinage de 16 M bl/j.

80 % (gaz/ess) de 45 % (coupe carburant) de ces 16 M bl/j devront être traités pour passer de Gazole à Essence.

Une très grande partie de ce trajet est déjà réalisé dans les raffineries, spécialement aux USA où le marché essence domine.

Mais pour les raffineries européennes et de Mer Rouge qui sont davantage réglées diésel  l’impact serait considérable.

Tout ceci pour produire un carburant qui émet davantage de GES puisque le moteur à essence est d’un moins bon rendement que le moteur diesel.

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03 mars 2019

À bas la calotte

L’Islam souffre cruellement du manque d’une Église et les mahométans n’arrêtent pas de se crêper le chignon ou de se décapiter les uns les autres quand il ne trouve pas d’infidèle à « soumettre » au fil du sabre.

Certains feront remarquer que la chrétienté, dans le domaine de la variété ne peut guère servir de modèle mais tout de même, le Catholicisme Romain, ça vous a une autre allure, avec un Pape qui met tout le monde d’accord Place St Marc et qui nettoie  les éCuries.

Il y a du désordre : Tarik en panne, Bagdadi expulsé de son jardin privatif, Erdogan qui voudrait nationaliser le grand Club des Frères Musulmans, les Shiites hérétiques de toujours et la foule des mouvances du monde, du Nigeria au Philippines, de Barbès à Djakarta. 

Il convient de mettre de l’ordre et l’Islam ne peut pas indéfiniment comme le fait la France s’enrichir de ses différences.

Ces derniers jours en lisant la presse et en écoutant les opinions éclairées des commentateurs on pouvait avoir l’espoir qu’un nouveau prophète se révélait qui aurait cette capacité d’unifier le mondes des Soumis.

D’une façon maligne, sans avoir l’air d’’y toucher, subrepticement en somme, de façon bonhomme il ne fait qu’agiter un oripeau unificateur et fédérateur au  vu et su de tous. Si nous manquions de vigilance nous pourrions ne pas nous apercevoir du piège et ne voir dans sa démarche qu’un comportement naturel dans un pays libéral qui croit aux forces du Marché. D’ailleurs les forces du marché  marchent « en même temps » que les forces du progrès selon les Gens qui sont en Marche.

Heureusement l’opinion qui en France a souvent valeur de Loi nous alerte. Les belles âmes, gardienne des ValeursDe  veillent et « pointent du doigt » (1) le complot de la Famille.

Comme pour les mafias calabraises, il faut recourir au mot famille pour désigner ces holdings, pire ces empires qui s’étendent comme des pieuvres sur le monde apeuré et impuissant des consommateurs. On ne pense pas aux Benetton que l’on abandonne à leurs autoroutes et à leurs moutons. On parle ici des Mulliez.

Jusqu’alors, avec Mulliez on était encore dans le forfait ordinaire : racket des fournisseurs chez Auchan, copie quasi servile chez Alinéa, destruction des drogueries et quincailleries chez Leroy Merlin et on ne sais quoi encore chez Boulanger et Kiabi.

Une étape a été franchie et l’irréparable a eu lieu. Décathlon propose un chapeau, façon passe-montagne pour que des femmes (on préfère les imaginer jeunes) puissent aller courir en cachant leur chevelure (presque obligatoirement brune) ainsi que leur soumission à des règles religieuses et communautaires, peu ou prou consenties, leur impose. La coiffe en question s’appelle Hijab de Running.

Mulliez a révélé sa malignité et dévoilé sa stratégie de conquête.

L’Islam connaitra un souffle nouveau car les jeunes femmes « des cités » iront faire leur jogging coiffées selon les préceptes coraniques.  (2)

Schiappa choisit pour une fois de se taire.

Heureusement Lydia Guirous, porte-parole des Républicains relève le flambeau de la lutte et dénonce l’atteint aux ValeursDe.

 Décathlon se soumet également à #islamisme qui ne tolère les femmes que la tête couverte d'un hijab pour affirmer leur appartenance à la oumma et leur soumission aux hommes #Décathlon renie donc les valeurs de notre civilisation sur l'autel du marché et du marketing communautaire    LG 27 02 19  (3)

Lydia est néanmoins consciente qu’il y a des limites à la fureur Conventionnelle et que nous vivons dans une République apaisée. Enfin presque.

La porte-parole des Républicains… rappelle donc… que les entreprises étaient bien en droit de commercialiser ce qu'elles voulaient dans le « respect des valeurs qui sont les nôtres ». Doct LR 28 02 19

Nous voici rassurés la parole républicaine aurait pu dérapée, façon Schiappa, mais Lydia n’a pas perdu le cap.

Voici Mulliez acculé dans les cordes et pratiquement mis hors d’état de nuire. KO debout.  

Bouhhh…. Vilain Décathlon !

Décathlon retire de son catalogue le « hijab de running » objet de la discorde. Les ValeursDe triomphent.

On peut imaginer que Décathlon qui a mis cet article en vente au Maroc n’avait pas pensé que l’introduction de ce morceau de polyester sur le marché français –pour 7 E, belle marge mais yad’la fauche- provoquerait une si républicaine indignation.

Ou peut-être, un commercial imaginatif et connaisseur de la psyché des Belles Âmes y voyait-il un coup de pub?

 

On arrête ici l’argument et la fable qu’il serait facile de poursuivre en faisant entendre les voix des jeunes femmes musulmanes qui souhaitent participer à la vie commune tout en respectant… ce qu’elles souhaitent respecter.

En pendant de la parole de Lydia G. :

Decathlon  @Decathlon

Bonjour
Rassurez-vous, nous ne renions aucune de nos valeurs. Nous avons toujours tout fait pour rendre la pratique du sport plus accessible, partout dans le monde. Ce hijab était un besoin de certaines pratiquantes de course à pied, et nous répondons donc à ce besoin sportif.

Ou encore comme le rappellent des Grenobloises qui ne parviennent pas à nager, à courir ou à jouer au badminton.

Mais nous ne sommes ni soumises ni inconscientes, nous sommes fières de notre foi et fières de nos choix. En assumant nos croyances, notre voile, nous réclamons la liberté d’être femmes et musulmanes en France. Nous exerçons notre liberté de conscience. Nous dénonçons les détournements de la laïcité pour mieux nous opprimer. La laïcité de la loi 1905, c’est la liberté. «Quiconque porte atteinte à la liberté de conscience, […] à la liberté des personnes d’exprimer leur foi et de pratiquer leur religion sera puni.» Nous revendiquons la protection et l’extension de la liberté de conscience. Nous refusons les discours identitaires affirmant que les voiles n’ont pas leur place en France. Nous souhaitons défendre la liberté d’être une femme musulmane voilée en France, d’accéder à tous les équipements et services publics sans entrave, d’accompagner les sorties scolaires, de pratiquer les sports que l’on souhaite, d’accéder à tous les emplois, y compris ceux de la fonction publique.  Liberation 01 03 19   (4)

 

Une dernière réflexion en forme de question et de conclusion :

Est-il préférable de maintenir les jeunes femmes musulmanes dans leur état de sujétion domestique dans les quartiers de nos belles cités et ne vaut-il pas mieux leur permettre, comme c’est leur droit le plus strict de pratiquer des activités ordinaires en les laissant s’habiller comme bon leur chante et comme peu m’en chaut ?

En les ennuyant (euphémisme) sur leur vêture, ne les enfonce-t-on pas dans leur communautarisme et n’est-il pas préférable de les prendre comme elles viennent dans l’espoir que notre liberté finira par leur paraître naturelle et désirable ?

Au fait : Un souvenir.   Ici même, il y a deux ans un papier sur le burkini : C’est la faute au Lycra.

Pour le lecteur de faible mémoire, on en rappelle la conclusion dont on ne change pas un mot.

 Il y a un aspect de ces histoires de baignade qui, semble-t-il, n’a pas été perçu. Les dames musulmanes et les jeunes femmes musulmanes dont on a parlé lors des incidents évoqués plus haut ne sont pas des produits de l’année. Il y a depuis longtemps des femmes musulmanes dans nos sociétés. Le fait nouveau est qu’elles vont à la plage, qu’elles ont envie de se baigner et plus encore qu’elles le peuvent. Avant, elles n’allaient pas à la plage, tout simplement et ne se baignaient pas. Depuis, en quelque sorte, elles « provoquent » par leur capuche de lycra tout en nous montrant qu’elles ont le droit d’aller se baigner en montrant leur corps –même emballé- aux yeux du Bidochon rigolard qui y voit un dérivatif aux excès d’un quasi-nudisme pas toujours du meilleur goût. Mais qui et que provoquent-elles ?

Car on ne peut pas totalement dissocier le bain de la mise en spectacle du baigneur et des dimensions esthétiques de la baigneuse. Autrement formulé, la femme musulmane en mettant son burkini rentre dans le jeu de la relation homme-femme à l’occidentale, comme elle est perçue dans les sociétés  modernes. Elle a déjà jusqu’à un certain point trahi l’interdit coranique et elle a déjà érotisé son corps. On pourrait parier que le temps passant on verra le burkini devenir de plus en plus collant jusqu’à ressembler –c’est déjà le cas- à des tenues de néoprène comme en portent les plongeuses ou les actrices de film fétichistes. On n’en est pas là mais il se peut qu’au-delà de la provocation, la présence des burkinis sur les plages soit d’abord un signe de libération de la femme dans l’univers musulman plutôt que le contraire.

Auquel cas, il serait judicieux de favoriser le port du burkini.

Et en tout cas de laisser les lois de la République hors de tout ça.                 

                                

Notes

  1. On dit comme ça au JT. 
  2. Le coran est-il précis sur ce point et que disent les textes apocryphes et les sourates ?
  3.  Un jour je chercherai ce que signifie   #machinchose : ça n’existait pas de mon temps.
  4.  Il est assez rare dans ces papiers de citer Libé. Que le lecteur veuille bien le noter.

 

2 mars 2019

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01 mars 2019

Nouveau désordre social : Grève de vent

On vient de publier sur La Transition Énergétique ou Écologique un réquisitoire qui vise à montrer l’inanité des politiques gouvernementales mises en œuvre depuis une dizaine d’année dans le domaine de l’énergie et plus spécialement de la production électrique.

Le propos est sérieux et les lecteurs qui y auraient discerné des arômes d’humour auront senti davantage l’énervement et assez peu d’amusement ironique.

Manque dans ce texte la petite note de rigolade et de franche gaieté qui sur un sujet aussi austère vient réveiller l’intérêt d’un lecteur atterré.

Petite surprise glanée en feuilletant mon journal de référence, un petit édito (joint en annexe) nous dit que la France vient d’exporter vers l’Italie et l’Espagne une puissance de 17.5 GW au prix du marché, autour de 50 E/MWh.

On comprend bien qu’il s’agit d’une pointe assez exceptionnelle. Le temps est doux, la France consomme peu alors que les conditions anticycloniques ralentissent (annulent) la production éolienne de nos deux voisins.

Mais tout de même on ne peut s’empêcher de remarquer, avec un sourire narquois, que notre « Puissance Nucléaire » présente quelques avantages.

Bien évidemment il ne serait pas aussi facile de faire preuve de cette disponibilité en énergie si la consommation en France était à un niveau élevé, ainsi lorsque la demande atteint quasiment les 100 GW et qu’il faille mettre en marche les centrales thermiques à gaz.

Italiens et Espagnols auraient été conduits à démarrer, eux aussi, des unités thermiques « prévues à cet effet »…

Mais tout de même quelle meilleure illustration de la réalité : le parc nucléaire que nous possédons à 97 %, qui fonctionne correctement et sans incidents sérieux depuis tantôt 40 ans, en cours de grand carénage, régulièrement certifié et re-certifié par l’Agence de Sûreté Nucléaire (qui est plutôt du genre bretelle et ceinture) doit être abandonné pour légitimer l’installation de multiples unités de faible puissance, de faible facteur de charge et qui peuvent pendant une ou deux semaines faire la grève du vent ? Mais pour qui et pourquoi cette aberration ?

Le pays est-il florissant au point de pouvoir gaspiller son énergie dans toutes les acceptions du mot ?

Au même moment, on n’ose pas dire « en même temps », alors que l’EPR chinois fonctionne depuis un an, que l’EPR finlandais démarre et que Flamanville démarrera bientôt, il n’est rien de plus urgent dans la pitoyable paysage politique, social et économique national que de fermer Fessenheim qui présente l’énorme handicap de continuer à produire l’électricité la moins chère du marché européen et d’être notée par l’ASN comme l’unité la plus sûre du pays.

 

1 mars 2019

La France bat son record d'exportation d'électricité  

 

À circonstances exceptionnelles, performances exceptionnelles. Vendredi en milieu d'après-midi, sous la double impulsion d'une météo très clémente pour la saison et d'un parc de production en ordre de marche pour passer l'hiver, la France a exporté de l'électricité comme jamais: une pointe de 17.415 mégawatts (MW) (environ le quart de la consommation instantanée en France) a été acheminée en priorité vers l'Italie et l'Espagne, selon les données communiquées par Réseau de transport d'électricité (RTE). Dans ces deux pays, les conditions anticycloniques ont considérablement ralenti la production éolienne. Pour compenser ce manque, et plutôt que de lancer leurs centrales thermiques, nos deux voisins ibérique et transalpin ont préféré se tourner vers la France et son électricité nucléaire meilleur marché. Ce n'est pas pour autant qu'EDF a fait des affaires en or: ses livraisons s'effectuent à des prix de marché - toute la plaque européenne étant désormais interconnectée - aux alentours de 50 euros le mégawattheure (MWh), en France.

«Avec la météo printanière de ces derniers jours, nous sommes sur le même rythme de consommation qu'au mois d'avril, souligne Jean-Paul Roubin, le directeur de l'exploitation chez RTE. Grâce aux interconnexions avec nos voisins, le surplus de production est exporté et permet aux Européens de bénéficier d'une électricité décarbonnée au moindre coût.» À titre indicatif, les pointes de consommation ne dépassent pas actuellement 55.000 MW, contre près de 75.000 l'année dernière à la même époque.

 

Le Figaro  Frédéric de Monicault 26/02/2019

 

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25 février 2019

Loi de transition énergétique pour la croissance verte de la Dette et la Mise En Marche du grand mouvement des Gilets Jaunes

En commençant la rédaction de cette note, l’intention était de rester le plus clinique possible mais au fil de l’exercice et en énumérant les stupidités de nos gouvernements, le ton devint inévitablement polémique. Il est demandé au lecteur de  pardonner cette dérive qui n’est que la marque de l’intérêt que l’on porte au sujet.

Cette coloration polémique conduit également à de nombreuses simplifications. Ici encore, que le lecteur informé pardonne ces émondages ou ces oublis.

  

Loi de transition énergétique pour la croissance verte de la Dette

Mise En Marche du grand mouvement des Gilets Jaunes

 

En 2011, Éric Besson étant le Ministre chargé de l’Energie du Gouvernement Fillon, est promulguée la Loi de Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité (NOME) et apparaissent en séquelles le Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) et l’Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique (ARENH).

Peu après l’instauration de la Contribution Climat  Énergie (CCE) par le gouvernement Ayrault en 2014, ce même gouvernement fit voter en août 2015 une loi qui définit la politique de l’Énergie du pays pour les années à venir. Cette loi précède de peu la tenue de la COP 21, grand succès médiatique et diplomatique, qui propose un programme mondial de réduction des émissions de GES, programme très précis sur les objectifs et muet sur les moyens.

Cette loi de Transition Énergétique confirme les dispositions de la NOME et reprend les propositions relatives à la mise en place de la CCE. Elle y ajoute un important volet visant essentiellement à réduire la part du nucléaire dans la production électrique.

Ces dispositions répondent essentiellement au souci de réduire les émissions de GES dont il est maintenant admis qu’elles sont la principale cause du réchauffement climatique.

Cette loi comporte donc la panoplie des mesures de réduction de la consommation domestique qui sont pour la plus grande part des dispositions fiscales visant à favoriser l’isolation des domiciles.

Cette loi définit l’application d’une taxe à la consommation dite taxe carbone sur les produits pétroliers du marché grand-public  -fuel domestique et carburant auto- en complément des taxes existantes.

Le programme de réduction de la part du nucléaire résultera des conclusions du rapport final sur le Programme Pluriannuel de l’Energie. On attend encore la parution de ce programme mais il est certain qu’il repose sur une directive à priori gouvernementale de réduire la part de production nucléaire à 50% de la production globale. Sur ce sujet et en premier lieu, la loi confirme la fermeture de Fessenheim.

Enfin et comme il faut tout de même « fabriquer » de l’électricité après avoir supprimé les outils de production, la loi prévoit un tissu de mesures d’accompagnement au développement des EnR solaires et éoliennes. Ces mesures sont de deux ordres :

-d’une part les habituelles subventions à… financées par… pour que des procédés réputés vertueux (verts) complètent la production qu’on aura arbitrairement réduite

-et d’autre part des mécanismes obligeant le producteur national à acquérir et distribuer une électricité dont il n’a pas besoin et « en même temps » l’obligeant à céder une part de sa production à des entités qui ne produisent pas et ne peuvent pas distribuer selon des mécanismes tarifaires incertains et instables.

En 2017 le Président de la République nouvellement élu n’a pas inclus dans son programme une remise en question  de cette loi. Il l’a même en quelque sorte sacralisée en confiant son application au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, ministère qui devenait ainsi et avant tout le Ministère de l’Énergie.

Ce ministère fut confié à M Nicolas Hulot puis à M de Rugy.

Toute cette construction, Loi de…, Taxe Carbone, Loi NOME, développement des EnR repose sur un édifice de dénis, de mensonges, de soumission et d’abandons assortis de pièges politiciens et de rêveries idéologiques qu’il convient de dénoncer.

La transition énergétique : une invention politique et médiatique 

Depuis le milieu du 19ème siècle, début de la révolution industrielle  la population mondiale et la production d’énergie ont connu des taux de croissance  compris entre 1.3 et 2 %.

La population est ainsi passée de 1 à 7 milliards et la production énergétique annuelle de quasiment zéro à 10 ou 15 milliards de tep au hasard des chiffres.

Une formule brutale serait de dire que la production-consommation d’énergie a permis à la biomasse « espèce humaine » de croître à ce rythme quasi-constant de 1 et quelques pourcents par an pendant le siècle et demi écoulé.

Aucun indicateur ne permet de penser, ni de « croire » que cette tendance s’inverse à l’échelle de la décennie en cours.

Bien au contraire l’Agence Internationale de l’Énergie prévoit que la production de pétrole continuera de croître de 1.4 million de baril par jour soit exactement 1.4 %. Pour le gaz ce chiffre de croissance annuelle est de 4 % ! Pour le charbon la croissance reste au niveau du pourcent pour une participation de 40 % au niveau mondiale dans la  production d’électricité.

Constatant l’épuisement des ressources énergétiques, les dirigeants des pays dépourvus de ces ressources ont pris conscience qu’une crise énergétique surviendrait dans un avenir prévisible à l’échelle de l’action géopolitique. Dès les années 1970 la communauté économique alerte l’opinion sur ce sujet.

Depuis lors, le discours n’a cessé de réitérer cette mise en garde sans le moindre effet sur le comportement des économies nationales, toutes engagées qu’elles sont dans la compétition mondiale, industrielle et militaire.

À l’échelle mondiale, la production d’énergie globale résulte pour l’essentiel (80 %) de la production de chaleur par la combustion de charbon (27 %), de pétrole (30 %) et de gaz (22 %). Cette combustion est utilisée directement (moteurs, chauffage, fours industriels..) ou sous forme d’électricité avec la souplesse et la commodité d’usage que l’on connait.

Un complément d’électricité dite primaire est produit sans combustion par la houille blanche (6.5 %), la fission atomique (4 %) et les EnR proprement dites : la force du vent et le rayonnement solaire (2.5 %).

Enfin le bois et les végétaux contribuent sous diverses formes à fournir du bois de chauffage et des carburants d’appoint liquides ou du gaz (8.6 %).    BP statistical review : énergie primaire monde 2013

Le concept de « transition écologique » et la lecture faite par nos gouvernements de ce concept  reposent sur un fantasme, sur des dénis, sur une croyance sectaire et sur une arrogance historique dont la fondation est érodée depuis le début du 19ème siècle.

 

                                                                     Fantasme 

Le réchauffement climatique est maintenant avéré. Les conséquences surprennent chaque jour mais il est posé et reconnu que les émissions de GES sont un facteur important de ce dérèglement.

Il faut donc stabiliser et possiblement réduire la production de GES résultant de la combustion des énergies fossiles à l’échelle mondiale et pour cela stabiliser puis réduire la consommation d’hydrocarbures et de charbon. Au-delà des évidentes mesures d’économies, un moyen complémentaire est un accroissement de la production d’électricité photovoltaïque et éolienne.

C’est en quelque sorte une reprise de ce que la France a opéré comme changement en développant son outil nucléaire à partir des années 60.

Le mot de transition, retenu par le législateur illustre le fantasme. Il implique que pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles il sera possible de remplacer l’énergie qu’ils dispensent par de l’électricité « vertueuse » produite par la force du vent et par le rayonnement solaire. Il conviendrait et il suffirait, pour une vaste part, de substituer au 80 % d’énergie thermique les 2.5 % d’EnR solaire et éolienne par un profond changement du mode de production et de consommation de l’énergie, par une double transition : dans un premier temps, vers plus d’électricité et ensuite vers une électricité vertueuse.

La France, dans un incompréhensible paradoxe, ajoute à ces mesures un programme de réduction du nucléaire, outil quelle a mis en place pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles et qui fournit une électricité des plus faiblement carbonée qui soit.

Les arguments techniques et environnementaux qui démontrent que ces « transition » n’ont aucun sens dans un pays qui possède déjà un réseau électrique abondamment et suffisamment alimenté par un outil de production existant, rentable et pérenne, sont trop connus pour qu’ils soient repris ici.

En France, un facteur aggravant est que les matériels à mobiliser pour effectuer ces changements dans le mode de  production d’électricité sont quasi-totalement importés et sont donc des contributeurs nets de la dette et du déficit commercial.

La Cour des Comptes rappelle inlassablement ces vérités et par là dénonce inlassablement le fantasme. Rapport mars 2018 : Soutien aux EnR

La Commission nationale du débat public a formulé une mise en garde circonstanciée sur les effets de la taxation carbone prévue par la Loi :

L’augmentation massive de la taxe carbone apparaît justifiée dans son principe mais inquiétante dans ses effets si elle ne s’accompagne pas d’une remise en perspective de la fiscalité en général. Comme le montrent les études sur les effets redistributifs d’une hausse des taxes sur les carburants, les classes de revenus inférieurs sont beaucoup plus affectées que les autres par une hausse de la fiscalité environnementale, en particulier sur les carburants dans le semi-rural et le rural. Contribution n°211 Par ailleurs, exonérer les plus gros pollueurs de la taxe carbone crée une inégalité sociale manifeste difficilement comprise.

Cependant….  On comprend bien qu’il ne faille pas matraquer les industriels pour éviter la fuite des entreprises vers des pays moins taxés. Ce qui ne ferait que déplacer la pollution…

Rapport du 30 août 2018

Dénis 

En dépit des excellentes intentions affichées en 2014, les principaux producteurs et consommateurs d’énergie à l’échelle mondiale ne modifient en rien leur comportement. Bien au contraire ces pays ont renforcé leur capacité de production et n’infléchissent pas sensiblement leur croissance dans un objectif de réduction de leur consommation. Les États-Unis dénoncent les accords et la Chine fait comme bon lui semble dans une politique d’expansion dont on ne perçoit pas qu’elle amorce quelque réduction de consommation énergétique que ce soit.

Ces deux pays représentent à eux seuls la moitié de la production-consommation d’énergie mondiale.

Quant au restant du monde, rien ne permet de penser que MM Erdogan, Poutine, MBS et autres Bolsonaro partagent la vision verte des rédacteurs de la Lois de 2015.

Le gouvernement nie cette réalité géopolitique.

                La France contribue pour 0.7 % à la production globale d’énergie dans le monde (en gros la chaleur de la fission atomique des réacteurs nucléaires) et pour 1 % à la consommation de cette énergie produite par les achats de pétrole, de produits raffinés et de gaz pour un montant variant d’une cinquantaine à une centaine de milliards d’Euros au hasard des fluctuations du baril. Des inflexions (transitions ?) dans ces chiffres se traduiraient à l’échelle mondiale en des variations au niveau du pour mille au niveau mondial.

Le gouvernement nie cette autre réalité géopolitique. 

La France, confrontée au problème mondial du réchauffement climatique est un spectateur*, au mieux un témoin et comme toutes les nations une victime.

Une idéologie sectaire : la hantise et la haine du nucléaire. 

Ce syndrome est mondial et la France n’est pas le seul pays affecté. 

L’énergie nucléaire, en 1945, a fait son entrée par la porte de la guerre et de la destruction. Qu’importent les comparaisons entre Dresde et Hiroshima, le versant « magique et apocalyptique » de l’arme ne disparait pas.

Le nucléaire civil, chaleur-vapeur-électricité, aurait sans doute pu ne pas être ignominieusement marqué par la Bombe mais les accidents de Three Miles Island en 1979 et de Tchernobyl en 1986 ont, pour longtemps fait glisser l’atome civil sur ce versant maléfique. La catastrophe de Fukushima en 2011 vint achever cette descente dans l’enfer des opinions publiques.

C’est un état de fait et seuls les régimes autocratiques qui « font » les opinions arrivent à passer outre et à conduire des programmes nouveaux de construction de centrales nucléaires… et thermiques aussi bien !

L’origine de ce malentendu entre l’homme et la radioactivité tient au caractère secret de celle-ci. Elle est l’essence même du soleil, elle rayonne avec lui dans notre ciel. Notre terre irradie elle-aussi en souvenir de son origine, en quelque sorte chaude et « radieuse ». Mais elle est invisible.

L’énergie nucléaire n’est entrée dans nos vies, et cette fois ci par la petite porte des laboratoires, qu’au seuil du 20ème siècle.  Puis comme presque toujours dans l’histoire de l’Homme, le chemin du développement a été celui de la bataille et de la guerre. Enfin la paix reconnait cette énergie et veut, elle-aussi la domestiquer : il suffit de ne pas aller jusqu’à l’explosion et de n’utiliser que la chaleur dégagée par la fission.

La règle du jeu est donc de maîtriser en toutes circonstances le combustible-explosif que nous mettons dans la marmite à bouillir : l’erreur conduit le combustible à redevenir l’explosif.

Reste cette peur de l’atome. Le démagogue s’empare du sujet et l’associe à de légitimes soucis écologiques. Le dogme s’instaure : l’énergie nucléaire ne doit plus être utilisée.

Cette peur et cette diabolisation surplombant les réalités techniques s’engouffrent dans le vide intellectuel de l’oligarchie politique inculte scientifiquement et coupée (en France) du monde de l’industrie et de l’énergie.

Le fait brut est que depuis 50 ans la France produit, avec l’appoint de la houille blanche, la totalité de son électricité au moyen d’un outil qui  fonctionne parfaitement, régulièrement, à un coût comparable voire inférieur à celui des sources carbonées. Cet outil est national et l’entreprise qui gère le système fonctionne, avec ses problèmes, mais de façon « globalement » satisfaisante.

L’Autorité de Sécurité Nucléaire dont l’exigence ne saurait être mise en doute donne son accord pour continuer l’exploitation de cet outil par tranche de 10 ans au prix d’efforts de sécurité accrus.

Et bien non ! Les démagogues mettent toute la puissance des rumeurs en action, entrainent dans leurs errements les « forces du progrès » de la présidence Hollande et vont finir par obtenir qu’on mette à la casse un parc de production, déjà amorti et susceptible de travailler longtemps encore.

L’exemple allemand, pourtant exemplaire ne sert de rien.

Le très cultivé Macron n’a pas de temps pour ces détails et en confie le suivi de la politique énergétique nationale à des animateurs connus pour leur classement dans les rangs des personnalités préférés des …

On regrette un peu qu’Omar Sy ou Yannick Noah n’aient pas eu leur chance. Et ce pauvre Placé !

Leur triomphe est la confirmation de la Loi de Transition Énergétique qui devient la Bible de l’Antinucléarité et le programme du gouvernement actuel.

Un prolongement de cette haine du nucléaire est qu’elle engendre une haine du pétrole et assez paradoxalement une certaine forme de regret d’un charbon entré dans une presque préhistoire, laissant en vestige de romantiques terrils.

Cachons ce pétrole que nous ne saurions voir. En avons-nous ? Il faut en interrompre l’exploitation. En aurions-nous ? L’urgence est de n’en rien  savoir. L’interdiction  de la prospection sur le gaz de schiste est quelque chose d’assez remarquable pour un pays qui consacre annuellement entre 20 et 50 milliards à ses achats de gaz.

L’hubris nationale.

La France, devenue au fil de l’histoire une puissance moyenne croit être et veut rester une nation d’influence.

Cette influence ne s’exerce plus guère sur le plan commercial : l’outil de production industriel est largement érodé et les domaines dans lesquelles une activité perdure relèvent en fait du marché européen. Les raisons de ce déclin sont à facile à analyser mais une telle analyse n’est pas ici le propos.

Reste que la France est le seul pays européen capable d’intervenir militairement à l’extérieur, certes à une échelle modeste et le plus souvent à travers l’appui logistique d’une armée plus puissante.

Reste aussi la force de dissuasion nucléaire et le siège au conseil de sécurité de l’ONU.

Mais rien qui puisse impressionner Washington : tout au plus irriter Trump.

Mais rien qui puisse empêcher le tsunami est-asiatique : les bulles du  champagne ne suffisent pas.

la Corée du Sud, pays sans territoire, sans ressource, meurtrie par l’histoire nous démontre que la voie du progrès social ne passe pas par le progrès social in abstracto et que le progrès social ne passe pas par le réduction constante et religieuse du temps de travail des citoyens, dans l’hypothèse où il resterait des citoyens et non une foule d’individus unis dans un même rejet, dans une même recherche de soumission à la redistribution et d’indépendance, attitudes antinomiques.

Reste la parole, le Verbe, les Lumières, Rousseau, Tocqueville et Jaurès tout en un. La Nation-phare montre le chemin et forçant l’admiration du chœur des nations se pose en l’exemple de la rigueur écologique et le Hulot devient un personnage christique sacrifiant sa carrière pour le salut de la planète. Que sont le déficit commercial et le coût de la « transition » en comparaison d’un si noble objectif ?

Soumission et abandons

La Loi du 8 avril 1946 instituait en France :

-un monopole de concession sur la distribution, permettant toutefois aux entreprises locales (régies, SICAE et sociétés d'économie mixte) de continuer leurs activités ;

-un monopole de production pour les installations de production d'une puissance supérieure à 8 MVA (l'article 8 de la loi prévoyant des exceptions pour la SNCF, les régies et les Charbonnages de France).

Ce monopole de production a été progressivement abrogé à partir de 2000, au fur et à mesure de la transposition en France des directives européennes sur la constitution du marché intérieur de l'électricité.

Cette situation de monopole faisait de la production électrique une activité régalienne, analogue à la Défense Nationale. Cette situation était inacceptable pour la Commission Européenne et ne permettait pas à l’entreprise nationale d’exploiter son expertise et ses ressources sur le marché mondial de l’Énergie électrique. En 2004 l’Établissement Public EDF devient donc une SA en introduisant 15 % de son capital à la bourse de Paris. L’État possède 84 % des actions et la Banque Publique d’Investissement (Caisse des Dépôts) 13 %... La situation de monopole demeure et EDF peut agir à l’étranger.

Qu’elle le fasse bien ou mal est hors sujet.

Mais la très libérale Commission Européenne insiste pour une libéralisation d’un marché national monopolistique de fait : un producteur-distributeur quasi unique et organiquement lié à ses concurrents :

- sur le Rhône et le Rhin 

- Engie -10 GW installés toutes sources confondues- chez qui l’État n’a jamais détenu moins de 25 %. 

Mais il ne faut pas déplaire à Bruxelles qui tolère les errements budgétaires du pays.

Donc l’État abandonne sa souveraineté dans le domaine de son approvisionnement en énergie.

 

Le gouvernement revêt alors son habit d’arlequin et adopte des postures.

Il tente d’introduire dans le monopole de fait une dose de concurrence, en déni des réalités géopolitiques, qui satisfasse le fantasme et l’hubris national tout en se soumettent aux diktats de la commission.

L’État organise donc lui-même une concurrence dont le Marché n’aurait pas permis l’apparition.

Merveilleuse et absurde épiphanie et complet paradoxe : pour faire naître artificiellement des forces d’équilibre dans un marché, l’État organise un système dirigiste évidemment fondé sur un subtil mélange de subventions et de taxation, pour satisfaire les aspirations libérales des fonctionnaires bruxellois.

En somme rigidifier et compliquer les règles du marché pour le libérer.

L’imagination se déchaine et la frénésie administrative se développe assorti de la pléthorique création de fonctions nouvelles dans le secteur public.

 

Il existe une EPIC particulière, crée en 1990 qui porte le nom d’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie. L'ADEME suscite, anime, coordonne, facilite ou réalise des opérations de protection de l'environnement et la maîtrise de l'énergie, avec un budget de 690 millions d'euros en diminution (605 millions prévus en 2019) pour un effectif salarié de 963 équivalents temps-plein. Wiki

Cet organisme, qui date d’une époque quand l’Écologie majuscule n’était encore que le Développement Durable est à la fois une agence (incitation par les études, les formations, la règlementation) et une entreprise (EPIC) qui intervient comme partenaire d’industriels, ainsi avec Alstom (Speedinnov) pour le développement de « véhicule du futur » ou encore avec Enedis sur la pose des compteurs Linky dans le cadre du projet Smartgrid pour ne parler que du domaine de l’énergie.

L’essentiel de l’action de l’ADEME ne porte pas sur la production électrique sauf lorsqu’elle le fait en subventionnant de l’EnR où bon lui semble.

 ADEME calculeo, Aides de l’Ademe

Là encore la Cour des Comptes s’étonne (ou fait semblant de s’étonner) et recommande à l’Ademe entre autre de

-2  poursuivre l’effort de sélection des projets, rationaliser la gestion des aides et intensifier les contrôles a priori et a posteriori des opérations aidées par l’agence….

-4  rendre la gestion des ressources humaines plus rigoureuse en veillant à la maîtrise des coûts salariaux et au respect de la durée légale de travail.

CdC rapport décembre 2016 page 9

 Une autre structure voit le jour en 2000, la Commission de Régulation de l’Énergie. On lui laisse la parole.

Les MISSIONS DE DÉVELOPPEMENT CONTINU  de la CRE

Participer à la construction du marché intérieur européen de l’énergie.

Concourir au bon fonctionnement des marchés d’électricité et du gaz naturel au bénéfice du consommateur final.

Réguler les réseaux des gaz et d’électricité, qui sont des monopoles : fixer leurs tarifs et veiller à ce qu’ils ne favorisent aucun utilisateur.

Veiller à la bonne information des consommateurs.  

Mettre en œuvre des dispositifs de soutien aux énergies renouvelables en instruisant des appels d’offres. Qui sommes-nous ? CRE

 La schizophrénie règne et la confusion devient le mode de pensée dominant : Quoi ! une commission (évidemment dirigée par des experts) organise le marché monopolistique (de fait et historiquement) d’un producteur-distributeur d’électricité possédé et géré par l’État dans l’objectif de libéraliser le marché comme Bruxelles le demande.

En somme, on pourrait penser que le patron d’EDF est une puissance indépendante que l’État doive « surveiller et punir » en oubliant qu’il le nomme, le rémunère et doive décider avec lui de la politique énergie-électrique du pays.

 

Autre illustration et là encore on laisse la parole aux acteurs : Extrait du texte de présentation de la  CRE

La loi portant Nouvelle organisation du marché de l’électricité promulguée le 7 décembre 2010, est entrée en vigueur le 1er juillet de l’année suivante. Dernière des grandes lois intervenues pour adapter l’organisation du secteur de l’énergie français à son ouverture à la concurrence, la loi NOME a entendu corriger les imperfections constatées, s’agissant de l’organisation du marché de l’électricité français.

Une de ces dispositions phare est la création d’un Accès régulé à l’énergie nucléaire historique (ARENH) à destination des fournisseurs alternatifs. Ce mécanisme permet aux fournisseurs alternatifs de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Il rend la concurrence possible sur un marché de l’électricité dont le secteur de la production se caractérise par une concentration très importante.

Genèse de la Nome : La loi portant nouvelle organisation des marchés de l’électricité s’inscrit dans la continuité des travaux de la commission Champsaur. La Commission européenne avait engagé en 2008 des poursuites contre la France. Elle lui reprochait de ne pas avoir « transposé » dans son droit national toutes les dispositions des directives européennes ouvrant le marché de l’énergie à la concurrence. Une commission composée de manière équilibrée et présidée par le haut fonctionnaire Paul Champsaur a donc été constituée.

Les travaux de cette Commission ont abouti à deux lois :

-une loi du 7 juin 2010 ; cette loi a créé un principe de réversibilité : ce principe permet aux consommateurs résidentiels qui ont quitté les tarifs réglementés de l'électricité pour une offre de marché d’y revenir à tout moment

-la loi dite “NOME” du 7 décembre 2010 portant nouvelle réglementation du marché de l’électricité français a sensiblement modifié l’organisation du marché de l’électricité français.

Ainsi

 Depuis le 1er juillet 2011, et pour une durée de 15 ans, l’ARENH permet aux fournisseurs alternatifs d’accéder, à un prix régulé, à l’électricité produite par les centrales nucléaires historiques d’EDF en service à la date de promulgation de la loi NOME. Les volumes d’ARENH souscrits par les fournisseurs alternatifs ne peuvent excéder 100 TWh sur une année, soit environ 25 % de la production du parc nucléaire historique.

L’article L.337-14 du code de l’énergie dispose qu’afin d’assurer une juste rémunération à EDF, le prix doit être représentatif des conditions économiques de production de l’électricité de ses centrales nucléaires historiques sur la durée du dispositif. Initialement fixé à 40 €/MWh au 1er juillet 2011, en cohérence avec le tarif réglementé transitoire d'ajustement du marché (TaRTAM)* en vigueur au 31 décembre 2010, ce prix s’élève depuis le 1er janvier 2012 à 42 €/MWh.             *ça ne s’invente pas

Le sommet de l’édifice : la PPE

La programmation pluriannuelle de l’énergie : on ne citera que l’intitulé du premier paragraphe du rapport : Programmation pluriannuelle de l’énergie : une dynamique d’action cohérente pour la transition énergétique.

Tout est dit dans l’annonce. Le propos n’est pas de savoir comment alimenter le pays en énergie mais bien de conduire LA Transition Énergétique, transition qui passe à l’évidence par le développement des éoliennes achetées sur le marché des éoliennes, de panneaux solaires chinois et la fermeture de nos propres moyens de production électrique.

Pour la consommation des produits pétroliers, il est difficile de concevoir autre chose que des économies.

Il serait fastidieux d’énumérer les comités de…, groupes de…, agences de…., conseil -évidemment supérieur- de… qui ont contribué à l’élaboration de ce monument longtemps espéré et enfin révélé.

Dans ce capharnaüm, dans cette forêt d’acronymes, dans ce nuage de sigles on peine à trouver trace des trois lettres EDF. Il se peut néanmoins que notre producteur national ait participé à ces ébats-débats.

Ce document ne peut être plus clair, l’intention énoncée initialement est confirmée :

 Le Gouvernement définit une programmation crédible et réaliste de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité pour atteindre l’objectif de 50 % en 2035.

La centrale nucléaire de Fessenheim devrait être arrêtée à l’horizon du printemps 2020, en application du plafonnement de la puissance électronucléaire installée, et pour permettre la mise en service de l’EPR de Flamanville. 

 Il y a là une nuance d’humour caché : c’est la fermeture de Fessenheim qui en quelque sorte, laisse la place à Flamanville, sans doute car sinon, nous aurions trop de production ! Et pour enfoncer le clou

14 réacteurs nucléaires seront arrêtés d’ici 2035, dont ceux de la centrale de Fessenheim.

Synthèse PPE janvier 2019 Page 23 et 24

°°°°°°°°°°°°°°

Pour faire simple, ainsi réagit l’État : pour plaire à Bruxelles, où peut-être je ne siège pas « pour de vrai », je demande à mon producteur-distributeur (qui satisfait mes besoins) de concéder une part de sa production à des entités qui produisent peu ou pas et qui n’ont pas de réseaux, dans le but de créer UNE concurrence pour satisfaire les libéraux de la Commission Européenne où peut-être je ne siège pas « pour de vrai ». En prime, pour aggraver et légitimer la chose j’en profite pour réduire ma capacité de production en abandonnant des outils que je possède qui fonctionneront encore longtemps pour ensuite financer par la dette des moyens de production insuffisants, dispendieux et parfaitement inutiles.

 

Conclusions

L’entreprise nationale EDF avec les outils nucléaire et hydraulique satisfait la consommation électrique nationale et par sa filiale Enedis  gère le réseau national. Annexe 1 

Tous les développements en EnR, à quelque échelle que ce soit et par qui que ce soit, sont de la dette et du déficit commercial puisqu’aucune filière nationale de fabrication des équipements n’est en place, éoliennes ou panneaux solaires.

De surcroit la production électrique de ces EnR, coûteuse et subventionnée, reste et ne peut que rester marginale, et se révèle difficilement compétitive. La gestion du réseau nationale est gênée par l’irrégularité de ces productions (jour-nuit ; vent-pas de vent).

L’accès au réseau Enedis (100 % EDF) et à la libre commercialisation, par des producteurs d’électricité indépendants industriels ou particuliers, non subventionnés, doit être permis en garantissant un coût d’acheminement justifié et stable, dans la mesure où les volumes transférés ne perturbent pas le fonctionnement du réseau. Ceux qui sont rentables se féliciteront de bénéficier d’un réseau performant qui est en vérité le cœur de l’électricité européenne. 

Pratiquement la Loi de Transition Énergétique doit être abolie et le gouvernement se doit d’expliquer les raisons de cette abolition.

D’abord en  qualifiant les EnR dans les programmes pour ce qu’elles sont : des outils dont le producteur national ou n’importe quel autre producteur se servent quand et comme ils le veulent, sur le marché, en vue de remplir leur mission ou leur objet social : alimenter la France en énergie électrique en libre concurrence.

Ensuite en requalifiant l’énergie nucléaire pour ce qu’elle est : l’outil principal (national) de production électrique, en cessant pour d’obscures raisons de très basse politique d’en faire un bouc émissaire des malheurs de la planète.

Concrètement

Taxe Carbone

 Le désordre social provoqué par la mise en place d’une nouvelle taxe carbone sur les carburants, en sus des lourdes taxes existantes, a mis en évidence la difficulté d’appliquer des taxes à la consommation sans avoir suffisamment apprécié quelles catégories de population seront affectées par la mesure.

En réalité –à l’exception du tabac- aucun produit n’est réellement « uniformément » consommé par toute la population avec le même niveau de contrainte.

Au demeurant, par nature une taxe à la consommation touchera toujours davantage les petits revenus si la consommation du produit n’est pas facultative.

Manque au budget la recette prévue. La réponse est bien connue : il faut réduire la dépense….

Agiter à nouveau sous quelque forme que ce soit le chiffon rouge du maintien de cette taxe est sans nul doute la façon la plus expéditive de relancer les désordres que l’on connait.

EDF et c’est le seul vrai sujet

Jean-Bernard Lévy vient d’être reconduit dans sa position de PDG d’EDF. Il est donc le bras de l’État en charge d’approvisionner le pays en énergie électrique.

Il a devant lui beaucoup de problème et personne ne peut avoir une meilleure perception de ces/ses problèmes que lui.

Pour reprendre une formule que tout commentateur politique utilise abondamment de nos jour sous une forme moins édulcorée : arrêtons d’empêcher ce pauvre homme de faire son travail.

Le propos de cette note n’est pas de faire l’inventaire des difficultés d’EDF mais on ne résiste pas au plaisir de mettre l’accent sur ce que l’auteur considère comme le plus important : le rôle de la CGT dans la  vie sociale et technique de l’entreprise.

On pense ici que ce point est plus important et plus difficile à résoudre que les difficultés rencontrées dans n’importe quel plan de carénage, d’enfouissement des déchets ou d’incompréhensibles démantèlements.

Les économies d’énergie

Elles sont une nécessité budgétaire et il n’est nul besoin de les envelopper dans des oripeaux de théâtre.

Le gouvernement sera bien inspiré de se souvenir que :

-l’énergie fait fonctionner ce qui  reste de l’industrie nationale dont la compétitivité est déjà compromise par une quantité de travail insuffisante à un coût excessif en regard des réalités de la mondialisation.

-les taxes à la consommation ne doivent être utilisées que lorsque leur incidence se fait sentir d’un poids égal sur toute la population et lorsqu’il y a consensus sur la nocivité de la consommation.

Désordre sociaux, troubles et émeutes

Il serait dangereux de ne pas anticiper les troubles sociaux qui  accompagneront les fermetures de 14 ou 15 unités nucléaires, troubles à côté desquels le charivari Gilets Jaunes apparaitra comme un blague de potache ; troubles qui trouveront leurs racines dans la continuation d’une politique stupide de désagrégation de l’outil existant.

 

*Certains lecteurs et la plupart des lectrices regretterons sans doute que la France, le cher et vieux pays n’ait pas été qualifié(e) de spectatrice.

 

20 février 2019

 

 

 

 

 

 

 

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