Le Naïf dans le Monde

31 mai 2019

Macron respire et l’Europe verdit, mais en vain.

Cette nouvelle jérémiade est une suite à de précédents commentaires, Mensonge et délires politiques (23 novembre 2018)  et  Loi de transition énergétique pour la croissance de la dette (25 février 2019). Le rôle de la France et de son Président se revendiquant comme sauveurs de la planète me paraissait légèrement excessif et j’essayais en revenant aux chiffres de ramener l’ambition jupitérienne à de plus modestes proportions. Les Gilets Jaunes n’ont pas contribué à affaiblir la noble ambition. Le Grand débat, habilement débattu à confirmer la vocation de grand Écolo de notre Emmanuel. Un changement d’échelle s’imposait que les élections européennes lui ont offert sur un plateau. Le sujet est consensuel. C’est donc maintenant sur le cheval Europe que notre Président sauvera la planète. Il faut donc retourner aux chiffres.

 

Macron respire et l’Europe verdit, mais en vain.

 

 Une bonne chose de faite : les élections européennes sont derrière nous. Certains ont des raisons de se réjouir.

Marine Le Pen à l’évidence, qui transforme son électorat en une fondation solide pour un édifice qu’elle ne construira pas.

Macron qui stabilise son mouvement en parti de gouvernement au prix d’inflexions diverses et variées.

Les fillonojuppéistes (qu’on appelle maintenant la droite Trocadéro) ont cédé à la nécessité du vote utile. La personnalité de Wauquiez, les incertitudes de la position LR sur une vision de l’Europe, un excès de bondieuserie de la tête de liste (commentaires inopportuns sur l’affaire Lambert) et une faible confiance dans la représentativité du PPE au Parlement ont conduit cet électorat à participer au vote sanction qui devenait l’enjeu final de ce scrutin. On sauve le soldat Macron mais au-delà cette dérive apparait comme un ralliement.

Dans ce paysage le Républicains es parti et Mélenchon es qualité sont réduits aux miettes.

Mélenchon paye ses foucades, ses énervements, son isolement délibéré et accessoirement un excès de chavisme réellement anachronique.

À la suite du printemps Gilets Jaunes, Macron a mis la barre sur un cap écologie, machine toute, après avoir enfin compris qu’il fallait mettre la pédale douce sur la transition énergétique pour revenir à une vision plus simplement environnementale des préoccupations écolos.

Il devenait naturel que EELV récoltent les fruits de cette inflexion, l’électeur ne croyant pas à la conviction du Président et préférant l’original à la copie.

Cette poussée verte est sensible dans d’autres pays de l’UE et plus particulièrement en Allemagne.

La physionomie du Parlement reste à définir et dans les jours qui viennent se mesureront les rapports de force dans une Europe qui doit se redéfinir.

Cette Europe, sauce 2019 sera comme diraient les anglais « imprégnée » d’écologie. Grosse d’écologie.

Elle n’est plus la vierge soumise aux appétits du taureau américain ; elle endosse l’habit d’Athéna et infiniment vertueuse fera régner l’ordre écologique sur le monde.

Les chantiers sont nombreux et les solutions sont connus : on essaie d’éduquer le bon peuple pour qu’il soit moins négligent et on exporte « ailleurs » les pollutions et les emplois qui nous polluaient et nous fatiguaient.

Immanquablement surgit ensuite le problème de la consommation en énergie : comment résister à la tentation de la Taxe Carbone avec en toile de fond l’augmentation de la production électrique en dépit de la fermeture des centrales nucléaires, attitude qui ne concerne en gros que la France.

On revient à la question du poids de l’Europe dans le monde de l’énergie et plus précisément dans le monde des énergies fossiles. L’unité de compte est la Mtep. Pour le lecteur qui ne se nourrit pas régulièrement de ce genre de chiffre, on rappellera que la France consomme 140 Mtep par an, soit une douzaine de ces animaux par mois.

Au plan de la production mondiale

Prod et conso finale monde 2016

Pour l’Union européenne les volumes correspondant aux 13.764 et 9.555 de ce tableau se situent dans la fourchette 1.600 /1.000 Mtep soit environ 10 % du volume mondial. Au titre production des énergies carbonées, environ 350 Mtep concernent la queue de production des gisements anglais et hollandais de Mer du Nord et le charbon allemand et polonais.

Ces 350 Mtep/an d’énergie fossile (pétrole, 70 ; gaz, 107 ; charbon, 150) représentant 7.2 M bl/j sont à mettre en regard des 100 M b/j de la production mondiale de pétrole…seulement.

Il faut remarquer la production de la Norvège n’est pas considérée dans ces volumes. Ce pays qui n’est pas membre de l’UE produit autant d’énergie primaire huile et gaz que celle-ci et n’en consomme pratiquement pas.

En simplifiant il ressort de cette très brève et imparfaite analyse que l’UE produit de 3 à 3.5 %  de l’énergie carbonée mondiale et consomme 10 % de l’énergie globale produite. Ces chiffres évoluent peu et ne peuvent que baisser car l’Europe est déjà engagée dans une réduction de production, par réduction des ressources, par des coûts de production excessifs dans l’économie mondialisée, et marginalement par la lutte contre le réchauffement climatique.

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Consommation énergie primaire monde 2017

Quelle belle courbe, pas courbe du tout, toute droite vers le haut et vers la droite. On cite « Connaissance des énergies » à qui l’on doit le graphique précédent.

Selon les prévisions de l’AIE, le mix énergétique mondial restera, en l’état des engagements actuels, largement dominé par les énergies fossiles dans les décennies à venir, malgré une croissance très rapide des énergies renouvelables. En 2017, les énergies fossiles ont encore compté pour 85,2% de la consommation mondiale d’énergie primaire selon les dernières données de BP. À cette « transition » très lente du système énergétique mondial se superpose la hausse quasi continue de la consommation mondiale d’énergie (+ 2,1% en 2017 selon l’AIE) et en particulier sous sa forme électrique. Pour faire face à cette croissance de la demande, l’Inde et l’Asie du Sud-Est prévoient notamment d’avoir encore massivement recours au charbon, qui a compté pour 38% de la production mondiale d’électricité en 2017. La consommation de cette énergie devrait encore augmenter en 2018, puis rester stable d’ici à 2023 selon les dernières estimations de l’AIE.

« Connaissance des énergies » est un organisme très bien élevé qui s’interdit de dire des méchancetés. Il fait donc encore référence à une transition qui n’existe que dans le vocabulaire des politiques européens. Ils ont fait croire aux populations qu’après les avoir sensibilisées sur le problème du changement climatique ils allaient mettre en œuvre des politiques de réduction des émissions de GES. Que le GIEC ait tort ou raison, qu’il pousse plus ou moins le bouchon n’a aucune importance dans cette affaire. Qu’il faille réduire l’emploi des énergies fossiles est hors sujet dans la mesure où personne ne le fait.

Le déni est qu’une politique dans ce domaine n’a de sens que si elle est mondiale et exercée par tous avec la même intensité.

D’ailleurs les mêmes qui souhaitent cette « transition » se gardent bien d’en évoquer les conséquences.

Les chiffres ont montré que l’Europe sur ce sujet (et probablement sur beaucoup d’autres) n’est plus un acteur et certainement pas un acteur du dérèglement climatique. En rappel d’une expression déjà utilisée : Elle est et sera certainement une victime de ce dérèglement, elle en est le témoin mais elle n’y peut rien, sinon en causer.

Tout ce que l’Europe peut faire dans ces domaines est de continuer à s’affaiblir dans une économie mondiale qui continue de croître et qu’aucune vision utopique d’une humanité nouvelle consommant moins et mieux n’embarrasse,.

 

30 mai 2019

 

Je m’aperçois à la relecture que j’ai omis de citer le nom de la si-touchante Greta Thunberg et que de la même manière inconséquente je n’ai pas évoqué les mouvements si-touchants des écoliers descendant  dans la rue pour manifester à l’instar de leurs ainés.

Que Trump, Poutine, Émir Machinchose, MBS et oncle Xi me pardonnent cet oubli.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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03 mai 2019

Révélation et ornières

Révélation 

Inversion de courbe, constante sottise de Hollande ingérée par la majorité des très cultivés personnages qui animent la vie politique du pays ? Macron ne nous parle plus de Transition Écologique lors de sa dernière prise de parole. Je n’ose croire qu’il s’agisse en fait d’une révélation

Le Divin Enfant, après quelques années comme conseiller de ceci et de cela, comme ministre de je ne sais plus quoi aurait-il enfin posé son regard jupitérien sur la Loi de Transition de patin-couffin ; sur les âneries de son mentor, notre précédent Président, Mieux vaut tard que jamais.

Aurait-il eu la révélation qu’il a conservé dans son programme cette grenadée dégoupillée?

Aurait-t-il mesuré l’inanité de cet ensemble de boulets attachés aux chevilles d’une Société Nationale (quoique anonyme sur le papier) qui porte encore le nom d’Électricité de France.

Aurait-il cessé d’agiter son futile hochet écologique ?

Pourtant souvenez-vous, les discours pour une Europe Souveraine de septembre dernier… et la lettre aux européens de mars dernier, hier, avec son zéro carbone d’ici peu.

 

Lors de sa dernière intervention télévisée, sous la forme d’une prétendue conférence de presse, Macron s’est donc monté discret sur le sujet. Il ne brandit plus l’étendard de Sauveur de la Planète et il n’assigne plus,  semble-t-il une  mission d’exemplarité à la nation, qui hélas n’en peut mais.

 

Je suis un peu déçu. Je me voyais bien en Héros Marvel, sauvant en dépit de mon grand âge, mes contemporains, mes frères et plus encore toutes les générations à venir des désastres d’une terre ravagée par les dérèglements climatiques, la montée des eaux, la disparition des banquises. Et je ne parle même pas de la sixième extinction qui doit à court terme laisser Homo en tête à tête avec les fourmis.

Navré de ne pas être l’émissaire de la bonne parole qui convaincrait avec charme et conviction Oncle Xi de ne plus inscrire son pays dans cette consommation effrénée d’énergies de toute nature ; puis Cousin Donald de ne pas vouloir à tout prix un pétrole à plus de 70 $ et une production de 10, 11 pourquoi pas 12 millions de barils ; puis l’autre cousin de l’est, Cousin Vlad de cesser de fourguer son gaz à tout va au seul prétexte qu’il en a besoin pour que ses cosaques puissent acheter leurs barils de vodka ; et même à Tata Merkel qui continue de bruler sa lignite, elle aussi à tout va, pour satisfaire je ne sais qui…

C’est que, voyez-vous, mes arguments auraient d’autant plus de force qu’ils seraient émis par le représentant d’un pays fort de son prestige et fier de ses cathédrales mais n’ayant absolument aucun rôle dans cette Grande Comédie de Transition Écologique de l’Arte, n’étant pas producteur d’énergie et si peu consommateur. Il serait temps de reconnaître comme un succès que la désindustrialisation à peu près complète du pays offre l’avantage moral de ne plus consommer d’énergie que pour aller en vacances au  ski et alimenter les radars qui ont remplacé les platanes le long des nationales.

 

Et puis, j’aurais eu l’aide infiniment précieuse de la si touchante petite suédoise.

 

Mais la révélation, si révélation il y a, arrive bien tard : la taxe carbone a déjà frappé, les éoliennes agitent leurs ailes de moulins à vent, les panneaux solaires chinois recouvrent les champs à défaut de faire de l’électricité, les dix-huit organismes destinés à empêcher EDF de faire son boulot tournent à plein régime et le désordre s’est installé de façon pérenne dans le petit monde de l’énergie en France.

 

Gageons que le retour à un pétrole au-dessus de 70 $ et un carburant à 1.60 le litre va redonner du souffle aux Gilets Jaunes qui commençaient à donner des signes de fatigue.

Heureusement la jeunesse dorée des black blocs, fraichement issue des universités de lettres « à la française » se joint à eux pour mettre en évidence combien il est licite, dans le cher et vieux pays de conduire des émeutes et des insurrections en toute impunité avec l’assentiment de la moitié de la population et le soutien plus ou moins tacite d’une justice impartialement et apolitiquement de gauche.

 

Alors justement il fallait faire quelque chose. Le Divin Enfant a pris conscience qu’il fallait agir.

 

Ornières

J’ai beaucoup conduit en Afrique ou en Asie du Sud Est et j’ai appris le danger que présentaient sur les pistes les ornières plus ou moins profondes, glissantes et dissimulées sous les flaques. On essaie de les éviter en roulant tout à droite ou tout à gauche mais inévitablement on finit par revenir au centre et retomber dans les ornières. La voiture se pose sur son petit ventre tout mou et le voyage s’interrompt.

 

Il n’est guère commode de vouloir mener « en même temps » une politique qui repose sur un patchwork d’orientations contraires dont certaines relèvent de la lubie. Reprenons l’inventaire des mesures résultant d’une certaine lecture du Grand Débat que le Président demande au gouvernement de mettre en œuvre.

 

Relance économique assez classiques : des milliards à la consommation par le canal d’une…

Relance d’un assistanat institutionnalisé rendu nécessaire par la taille de la population concernée et les perturbations sociales qui agitent celle-ci et « en même temps »...

Réduction de la dépense publique sans réduire les effectifs des fonctions publiques.

Ici, on n’est plus dans la comédie ; on est dans la farce.

Revitalisation des services publics englués dans leur inaction pour certains, usés par l’explosion de leur tâches ou entravés par la jungle administrative pour d’autres, par un judicieux redéploiement sur le territoire et de nécessaires simplifications.

Réduction de l’impôt sur le revenu par ajustement des deux premières tranches (14 et 30 %).

Suppression de la taxe d’habitation pour tous et…bientôt.

Retour à l’indexation des retraites sur l’inflation ; pour certains et plus tard.

Suppression de certaines niches fiscales bénéficiant aux entreprises. Lesquelles ?

Respect mollement affiché des impératifs budgétaires européens et oubli complet des impératifs budgétaires de bon sens. Par chance, ce sont les mêmes et les oublier revient à institutionnaliser la  dette et à traiter celle-ci comme un poste budgétaire ordinaire : comme une ressource.

Remettre la population au travail productif par des actions sur l’enseignement professionnel et l’apprentissage associé à une réforme des retraites et d’autres bricolages sur les jours fériés sans jamais citer explicitement la fonction publique.

Une évocation molle de : Restauration de l’autorité de l’État ; ce qu’on serait tenté de mettre en priorité absolue. 

Suppression de l’ENA.

 

Il ne manque que deux ou trois machins à caractère sociétal type PMA pour tous ou le contraire, la GPA à portée de toutes les bourses et la « fin de vie » toujours cachée en embuscade quelque part dans le clivage.

Un oubli sans doute.

 

Je ne retiens que deux ou trois éléments de ce flou artistiquement présenté.

 

Augmentation de la dépense publique d’une vingtaine de milliards ; on ne parle plus des dix milliards de janvier dernier : sont-ils dans la vingtaine ou s’y ajoutent-ils ?

Relative réduction de la pression fiscale et baisse des rentrées correspondantes.

Pas la moindre réduction prévisible de la dépense publique et statuquo pour la Fonction du même nom.

Inflexion-réduction sensible –au moins dans le discours- de la politique de soutien aux entreprises.

Dérapage budgétaire quasi programmé.

 

Tout par la dette. Hollande n’aurait pas fait mieux et il l’aurait fait sans Grand Débat.

La suppression de l’ENA rejoint dans l’arsenal des pitreries le coup de téléphone de Hollande à Léonarda pour lui demander de bien vouloir retourner à l’école.

 

Le Char de l’État sur la piste embourbée est définitivement retombé dans les ornières.

 

 01 mai 2019

 

 

 

 

 

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29 avril 2019

Un mot maudit

 

 

 

Ordre :                    Carnivore

Famille :                  Canidae

Genre :                    Canis

Espèce :                  Canis lupus

Sous Espèce :         Canis lupus familiaris        communément appelé chien.

Chien, animal domestique que les spécialistes de leur élevage classent en 10 groupes et en quelques centaines de races.

 

Ma femme me dit : pourquoi parles-tu du chien et pas du chat ?

C’est, vois-tu ma chérie, que le chien présente, plus que le chat, des variations morphologiques importantes. Songes que les très gros chiens peuvent peser jusqu’à 80 kilos et mesurer 1 mètre au garrot alors que les très petits chiens ne pèsent que 2 ou 3 kilos et peuvent être nanifiés à l’extrême : on parle d’un chihuahua d’une livre !

Ma femme me dit : Bon, alors, le chien ?

C’est, vois-tu ma chérie, que le chien jouit –comme le chat, il est vrai, ou le cheval ou la vache- de l’immense privilège linguistique d’avoir le droit à ce qu’on emploie en parlant de ses variétés morphologiques le mot « Race ». Ce qui est refusé à l’espèce humaine. Le chien est devenu par l’élevage et la sélection un artefact que nous savons produire en autant de modèles bien définis que la  clientèle le souhaite. Le transhumanisme pourrait nous mener sur ce chemin, mais nous n’en sommes pas encore là.

Ma femme me dit : Je comprends, mais voyons mon chéri, tu sais bien que tous les hommes sont semblables et que la notion même de race ne peut s’appliquer à eux, c’est-à-dire à nous. D’ailleurs Hollande, tu sais, le président avant Macron, a fait retirer le mot de la Constitution. Je crois qu’il a dit que le mot était nauséabond, enfin je n’en suis pas sûr, c’était peut-être quelqu’un d’autre.

Il en est d’autres qui échappent à l’interdit. Les botanistes ont encore plus chance que les chiens. Bien sûr ils n’ont pas davantage droit au mot race, non par un interdit de correctitude mais simplement parce que traditionnellement ils utilisaient le mot variété. Alors pour eux pas d’ukase.

Ma femme me dit : Ils ont de la chance, quand même.

Tu as raison. C’est une vraie chance. Les botanistes ne sont pas obligés à se livrer à toutes les gymnastiques que s’imposent les paléontologues, sociologues et autres ethnographes pour ne pas employer le mot interdit. Que dis-je, interdit, non, quasiment maudit. Si par malheur tu l’emploies en référence même distante à l’Homme, l’Homme tout pur dans son Espèce, tu rejoins les forces du mal et tu t’enrobes des fumées sulfureuses de l’enfer.

Ma femme me dit : quelles acrobaties et quelles gymnastiques ?

Les ethnographes ne s’en sortent pas trop mal ; c’est normal, comme leur nom l’indique ils étudient les ethnies et ça, ils ont le droit. Je veux dire le droit au mot ethnie. La situation se gâterait pour eux, s’ils envisageaient des groupes d’ethnies assez importants pour qu’on puisse se mettre à penser à….Chut, j’ai failli tomber dans le  piège. Tu vois comme on se laisse entraîner par des habitudes nauséabondes.

Ma femme me dit : Je comprends, jusqu’à l’ethnie, c’est OK ! Et puis il y a la culture, la langue et les religions, bref les sociétés…

Les Sociétés, les sociologues... Comme tu y vas. Je t’arrête, si tu continues, tu vas parler de Nation. Il y a du Renan dans ta remarque. Notes bien que Nation, tu as encore le droit. Ce n’est pas recommandé mais enfin, ça passe encore. Non, les sociologues se tirent les cuisses propres de cette histoire. Ils ne parlent que d’une société bien particulière et ils ne pourraient se trouver dans l’embarras que s’ils étudiaient les différences communautaires du groupe social en s’éloignant trop des origines immédiates de ces communautés et en allant se poser des questions sur les ethnies dont elles sont issues. Ce dont ils se gardent. Le problème ne se pose réellement que pour les généticiens et accessoirement pour les paléontologues.

Ma femme me dit : pourquoi ça ? Ces gens, les généticiens,  sont familiers des différences qui existent entre l’espèce et les races d’une même espèce. Seraient-ils soumis aux mêmes interdits que toi ou moi ?

C’est bien pire : ils ont contribué à forger l’interdit. Ce sont eux qui ont affirmé l’absolue unicité de l’espèce Homo Sapiens. Ils ont démontré que les variations du génome entre deux individus quelconques sur terre étaient négligeables et ils en déduisent fort justement qu’il ne vit sur terre qu’une seule espèce d’homi…ninés, ou …nidés ou d’Homo (1)  ,  je m’y perds ! Sur cette base scientifique que je me garderais bien de mettre en doute, s’est développée l’idée, tu notes que je n’ai pas dit l’idéologie, aux termes de laquelle tout individu sur terre est rigoureusement identique à n’importe lequel de ses contemporains. Kif kif le gentil pygmée haut comme le poing et le grand norvégien couvert de poils roux, aucune différence entre l’agile coureur éthiopien et l’haltérophile lituanien qui jongle avec des poids gros comme lui, tout pareil le masaï véloce et l’inuit recroquevillé dans son kayak. Normal, ils possèdent des ADN ou des génomes qu’on ne saurait distinguer. Enfin, je crois. Donc pas de place pour les races, c’est déjà bien beau qu’on puisse encore utiliser le mot ethnie. Ne nous plaignons pas, il pourrait devenir illicite si on l’utilise trop et mal.

Ma femme me dit : Mais l’idée, tu n’as pas dit l’idéologie, d’où sort elle et plus précisément quelle est-elle ?

Elle trouve son origine dans le phénomène de l’esclavagisme (2) dans les états américains. Ce phénomène atteint sa pleine ampleur après l’indépendance. La présence des esclaves dans les États du Sud fait naître une véritable population d’origine africaine, noire de peau et maintenue dans une position servile ou non assimilée jusqu’à nos jours. Cette population importante matérialise, si j’ose dire, l’existence d’une « race noire ». La lutte contre la ségrégation, la lutte pour faciliter l’intégration de cette population continue de nos jours et donne naissance à un antiracisme qui se nourrit de sa cause, le racisme aux États-Unis. Ce combat légitime conduit à rattacher l’emploi du mot « Race » à l’opprobre de l’esclavagisme dans sa totalité. Il en résulte que puisqu’il ne faut plus distinguer de race noire, on ne peut plus imaginer que les homos sapiens puissent être perçus comme une mosaïque de races. D’où le repli tactique sur la notion d’ethnie en attendant que ce terme connaisse aussi le même opprobre. Notes bien que j’ai parlé Amérique, mais j’aurais pu parler Brésil ou n’importe quel autre territoire où cohabitent des ethnies distinctes.

Ma femme me dit : En quoi cette vision américaine du racisme et de l’antiracisme nous concerne-t-elle ?

Pourquoi ai-je passé la soirée d’hier à regarder un western ? Pourquoi cet ordinateur fonctionne-t-il avec Windows 10 ? Pourquoi Trump ? Il faut voir là le poids culturel des États-Unis. Mais, ma chérie, je te rassure : nous sommes parfaitement capable de faire tout seuls ce genre de micmac et d’inventer des sornettes bien franchouillardes. J’arrête, je ne vais pas te refaire le couplet de la transition écologique « à la française ». Tu dirais que je radote.

Ma femme me dit : Ça, c’est bien vrai, tu radotes. D’ailleurs je te fais remarquer que tu nous a laissé en plan avec les paléontologues qui…

Ah, oui, j’oubliais. Vois-tu, le pauvre paléontologue est coincé comme le serait toute personne décrivant l’homme maintenant et jadis. Un exemple récent. Un paléontologue trouve des doigts de pieds dans une grotte ; ils sont curieux et ils ne ressemblent pas vraiment à mes doigts de pied ou aux siens. Pour lui, une seule issue : une nouvelle espèce : L’Homme de TrucMuch. Par ce procédé, on en arrive à une situation dans laquelle Homo aurait autant d’espèces distinctes que de fossiles excavés. Il faut  dire aussi, qu’une nouvelle espèce, ça vous pose un homme, enfin je veux dire un chercheur de fossiles humains. Direct au Collège de France, si c’est bien vendu.

Ma femme me dit : Tu exagères, tu fais de ces braves gens de vrais escrocs…

Que veux-tu le pamphlet a ses raisons que la raison ignore. Il faut pousser l’argument à ses limites. Par exemple dans le cas présent : ce brave garçon nous explique à la TV qu’il a fait une découverte importante dans une grotte célèbre de l’île de Luçon aux Philippines. Ma première réaction concerne sa coupe de cheveux qui me semble être, comme son fossile, d’une autre époque. Pure réaction de p’tit vieux. En fait il nous exhibe des osselets de plâtre et nous assure, au cas où nous serions inquiets qu’il s’agit de moulages. Ces fameux doigts de pied sont très originaux et ne ressemble à aucun doigt de pied connu. Enfin, peut-être à ceux des Australopithèques. Et puis, il  y a les dents. Il devient péremptoire : « Les molaires sont très proches de celles d’Homo Sapiens ; en revanche, les prémolaires sont assez archaïques » (3). Malheureusement pas d’ADN.

Et d’où vient-elle cette anomalie humaine et quand a-t-elle fait sa transhumance ? Le brave garçon spécule et émet des hypothèses. Puis il franchit l’obstacle et nous explique qu’Homo luzonensis restera longtemps une énigme. Mais en attendant notre fossile et son doigt de pied ont franchi une étape importante, celle de l’espèce. C’est une promotion.

Ma femme me dit : pourquoi t’échauffes-tu sur un sujet aussi mince et sur lequel ton paléontologue à cheveux longs a probablement raison. Pourquoi douterais-tu qu’il ne s’agisse d’une authentique découverte ?

Tu as raison, je fais un transfert. J’incrimine le paléontologue alors que mon grief s’adresse à tous les idéologues de la bonne pensance qui nous interdisent d’utiliser le mot race au motif de l’infini pureté et uniformité des individus de l’espèce humaine. Tout de même, j’aurais pensé possible qu’il émette l’hypothèse qu’une race d’australopithèque se soit mise en mouvement à l’époque idoine pour arriver là où on la trouve maintenant sans immédiatement la sacraliser comme nouvelle espèce.

Ma femme me dit : Au fait, c’est quoi, une espèce ?

Ma chérie, je dégaine l’arme du chevalier des temps modernes, je te wikipédise la définition usuelle : « Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. Il existe plus d'une vingtaine de définitions de l'espèce dans la littérature scientifique. La définition la plus communément admise est celle du concept biologique de l'espèce énoncé par Ernst Mayr en 1942 : une espèce est une population ou un ensemble de populations dont les individus peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une descendance viable et féconde, dans des conditions naturelles. Ainsi, l'espèce est la plus grande unité de population au sein de laquelle le flux génétique est possible et les individus d'une même espèce sont donc génétiquement isolés d’autres ensembles équivalents du point de vue reproductif. » Ce qui est fondamental dans ce truc est que les individus se reproduisent entre mâle et femelle en utilisant les procédés usuels qui sont toujours en vigueur.

Ont-ils cette capacité, ils sont de la même espèce. En sont-ils dépourvus, ils sont d’espèces différentes. Donc si tu n’établis pas cette incapacité reproductive, tu restes sur la réserve et tu te dis que des particularités anatomiques ne sont pas rares dans le sein (!) d’une même espèce, même si elles concernent les doigts de pied. Tu noteras que Ernst Mayr admet implicitement l’existence des races quand dit qu’une espèce peut être un ensemble de populations…

Ma femme me dit : Je comprends bien mais comment établir cette capacité reproductive des individus d’une espèce disparue ?

C’est ici que l’ADN et la génétique interviennent. À Leipzig se sont réunis de joyeux bougres qui, disent-ils, peuvent faire raconter toute une histoire à des morceaux microscopiques d’ossements vieux comme Hérode. Leur propos est le plus souvent assez indiscret puisqu’il consiste à nous relater –sans beaucoup de détails- d’anciens ébats entre messieurs et dames de tribus nomades navigant sur le mode « rencontre » de par le vaste monde. Patatra…Horreur et consternation : Sapiens possède des gènes de Néandertal qui n’hésitait pas, l’occasion lui en étant offerte d’avoir des flirts poussés avec Denisova quelque part entre la Russie et la Chine : Déjà la mondialisation ! Benoitement, un peu en douce l’expert admet alors, rendu à ce niveau de l’enquête que, somme toute, les hybridations étaient fréquentes et que tout ce petit monde est en fait de l’Erectus un peu dispersé.

Ma femme me dit : mais alors, ces histoires d’espèces nouvelles découvertes maintenant avec une fréquence de manifs en France ?

Ma chérie, ces déviations du langage se produisent et notre époque est riche de ces confusions, quand on ne prend pas la peine de définir clairement la signification des mots ou lorsqu’une idéologie s’empare du vocabulaire –façon régime autoritaire- pour donner aux mots une signification orientée vers un propos spécifique. C’est ce qui provoque l’embarras des paléontologues dont l’emploi et la vie professionnelle sont gérés par des systèmes universitaires où règnent les belles pensées. Pour illustre cet embarras, je te ferai lire ne annexe un texte révélateur ; et cette fois-ci pas par un jeune paléontologue mais par un Prof au Collège de France qui se trouve de surcroit être le boss de l’équipe de Leipzig, tu sais, l’équipe qui…

Ma femme me dit : Ça va, je crois que j’ai compris. Mais où veux-tu en venir ?

Pendant longtemps on a utilisé le mot race pour désigner des groupes présentant une certaine forme d’homogénéité au moins apparente. Ce furent d’abord et c’est toujours vrai les couleurs : les blancs, les noirs, les jaunes et les peaux rouges. À l’évidence diviser l’humanité en quatre groupes ou même seulement trois dans la mesure où les peaux rouges avaient disparus correspondait à la perception des autres races par les européens et les américains « blancs », races définitivement classées comme inférieures. En ajoutant une réserve : même chez les blancs il n’était pas inutile de faire de nouvelles distinctions : un irlandais n’est pas un anglais, Goddamit ! Puis les ethnographes mieux que les jésuites ont démontré que ces races étaient en réalité un foisonnement de cultures, de langues, de modes de vie, d’organisations sociales et de religions et de perceptions du monde et qu’on ne pouvait pas mettre trop de choses différentes dans le même panier.

Ma femme me dit : Si je comprends bien, il fallait concevoir des unités plus petites pour arriver à des races plus pures.

C’est là, ma chérie que tu atteints le nœud de la question et que tu viens de prononcer un autre mot qui  râpe la langue, la pureté de la race, qu’on ne peut réellement utiliser qu’avec les chiens, comme je l’ai dit en introduction. Dire d’un Norvégien qu’il est un parfait spécimen de la race…des norvégiens relève du blasphème. Pourtant ces gens du nord –comme aussi les Inuits ou certaines tribus lapones et sibériennes- ont vécu longtemps et vivent toujours isolés dans leurs froidures, sans « migrants venus d’ailleurs et ont développé les mêmes caractères insulaires que des populations du pacifique. Mais ils sont peu nombreux car ils vivent dans des pays rudes où la terre ne produit guère et que l’hiver accable une moitié de l’année. Et définitivement tu ne peux pas confondre le norvégien « spécimen » avec son copain pygmée « type ».

Ma femme me dit : alors il y aurait une taille ad hoc pour qu’on puisse parler de race humaine ?

En quelque sorte il faut que le groupe qu’on pourrait ainsi qualifier de race ait été assez important pour que la consanguinité n’ait provoqué son extinction et assez petit et isolé pour que des apports génétiques « venus d’ailleurs » n’aient introduit trop de diversité et n’en aient réduit la « pureté ». De nombreux exemples viennent à l’esprit et j’en ai déjà cité mais on peut sans doute en trouver d’autres en Papouasie ou dans la forêt congolaise. Pour l’Amérique les colons, les maladies et l’alcool on fait l’essentiel du travail d’éradication raciale et on ne plus guère que pratiquer de l’anthropo-ethnographie historique. Enfin, au Pérou, en Colombie et dans l’ouest brésilien…

Ma femme me dit : tu es en train de me dire que, si je résume, il ne reste pas de groupe important pour lesquels il serait sémantiquement légitime de parler de race.

C’est exactement ça. En particulier les Nations que nous connaissons sont trop peuplées et ont connu des histoires tellement compliquées que leur population ont perdu toute « pureté » mais il n’en reste pas moins que ce n’est pas demain matin que tu ne pourras pas reconnaître un japonais d’un kikuyu dans la queue des pèlerins allant prendre leur photo de la Joconde au Louvres. Tu vas me faire remarquer que le kikuyu est moins présent au Louvres que le jap et je te rétorquerai qu’il y a un relent raciste dans cette remarque. D’ailleurs la honte et le désastre ont recouvert les dictateurs qui ont fait reposer leur politique nationaliste sur ce concept de race pure en s’appuyant sur une supériorité présumée de celle-ci pour conduire les politiques de conquête qui ont marqué l’histoire du 20ème siècle.

Ma femme me dit : Là, tu m’embrouilles et tu mélanges tout. Monsieur veut toujours tout embrasser en même temps et je ne sais plus si on parle histoire du siècle dernier ou simplement d’un problème de vocabulaire.

Tu as raison comme à l’accoutumée et qui  trop embrasse mal étreint. Où en étais-je ? On ne pourrait utiliser le mot race dans l’espèce humaine que pour des groupes ethniques à peu près homogènes et isolés, donc forcément de petites tailles. Il n’est donc pas illégitime de n’employer le mot que dans ce cadre très précis c’est-à-dire en équivalent à « groupe ethnique localisé » et in fine à ne plus l’employer du tout. Et pourtant, « en même temps » on sent bien qu’il existe un trou dans le vocabulaire. On a beau prétendre qu’il n’y a pas de races humaines et cependant on constate leur existence immédiate dans la vie courante sans plus  jamais la désigner et la nommer. Enfin si ! On dit les chinois, les saoudiens, les afghans, les colombiens en se référant en partie à leur nationalité et en partie à une perception de leur…race comme différence anatomique visible

Ma femme me dit : le diner est prêt, tu peux passer à table, et s’il te plait parles moi d’autre chose.

Notre Dame de Paris, ça irait ?

°°°°°°°°°°°°

  1. Surtout ne pas oublier la majuscule destinée à éviter toute confusion et, en fait d’oubli, je rajoute les hominoïdes.
  2. En précisant : Elle trouve son origine dans l’histoire et plus précisément dans l’histoire coloniale du 19ème siècle, histoire qui se poursuit de nos jours. Restons simple et limitons nous aux États-Unis qui nous offrent dans sur ce sujet le meilleur point de vue. A l’instar des espagnols, les colons de la côte est de l’Amérique ayant exterminé les tribus indiennes ou ayant été dans l’incapacité de les asservir facilement font appel à de la main d’œuvre originaire d’Afrique centrale est et ouest, enrichissant de la sorte le marché traditionnel des esclaves africains historiquement orienté vers les Arabes et l’Amérique du Sud. Avec cette demande nouvelle, le marché explose et tous les intermédiaires : collecteurs d’esclaves, le plus souvent arabes et fret maritime spécialisé assuré par les européens de tout poil, anglais en relais des hollandais, et accessoirement français. Les ethnies qui fournissent la matière première de cet important négoce sont celles des tribus africaines éloignées de la côte et restée rurales. Souvent le chef de la tribu participe au négoce. Les vaisseaux négriers repartent cale pleine des produits des colonies. C’est le fameux commerce triangulaire.
  3. Repris de M.  Clément Zanolli co-auteur de la publication de Florent Détroit.

28 avril 201

Jean-Jacques Hublin: «L’évolution humaine est en fait un processus buissonnant» Par Vincent Bordenave   10 avril 2019

Professeur au Collège de France, Jean-Jacques Hublin est aussi directeur du département d’évolution humaine à l’Institut Max-Planck de Leipzig. Il a réalisé de nombreux travaux sur l’évolution des hominidés. Il a notamment été à l’initiative des découvertes des plus vieux squelettes d’Homo sapiens, au Maroc.

 

LE FIGARO. - La découverte de cette nouvelle espèce aux Philippines est-elle surprenante?

Jean-Jacques HUBLIN. - Ça n’enlève rien à l’importance de cette publication, mais, en prenant un peu de recul, c’est quelque chose d’assez logique. Après les découvertes d’Homo erectus de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, les chercheurs se sont un peu détournés de l’Asie pour se concentrer sur l’Europe et l’Afrique. Mais depuis une quinzaine d’années, les découvertes se succèdent en Orient. En 2003, une équipe a mis au jour une espèce assez similaire sur l’île de Flores en Indonésie, l’Homo floresiensis, puis en 2010 ce sont les dénisoviens qui ont été découverts.

L’Homo luzonensis vivait il y a entre 100.000 et 60.000 ans, soit la date de l’arrivée de nos ancêtres Homo sapiens en Asie. Il ne s’agit pourtant pas de la même espèce?

C’est quelque chose de difficile à concevoir pour un esprit moderne, mais, jusqu’à il y a peu, la planète était peuplée de plusieurs espèces d’hominines, c’est-à-dire les ancêtres des hommes et leurs proches parents depuis la séparation d’avec les chimpanzés. Selon moi, Homo luzonensis pourrait être un descendant d’Homo erectus en milieu insulaire. C’était donc en quelque sorte un grand-oncle.

Une autre équipe de MNHN a mis au jour des traces de présence humaine vieilles de 700.000 ans non loin de la grotte de Callao.

C’est bien un des éléments qui me conforte dans cette hypothèse. Il y a un peu moins de 2 millions d’années, Homo erectus a quitté l’Afrique. C’est apparemment la première espèce d’hominine qui a eu les capacités de se répandre sur une grande partie de l’Eurasie. D’une manière ou d’une autre, à un moment donné, de petits groupes ont pénétré l’île de Luçon, d’où ces traces vieilles de 700.000 ans. Une fois sur l’île, cette population a évolué dans un environnement fermé. Ce qui peut expliquer la réapparition de caractéristiques archaïques. C’est au demeurant exactement le même schéma qui a dû se produire sur l’île de Flores.

Si on étend votre raisonnement, il pouvait donc y avoir une espèce humaine par île sur ces archipels?

C’est une situation que l’on connaît bien chez d’autres vertébrés en milieu insulaire. Pourquoi pas plusieurs espèces d’hominines entre l’Indonésie et les Philippines?

Au-delà de ces îles, y avait-il de nombreuses espèces cousines à la nôtre?

L’évolution humaine n’est pas quelque chose de linéaire, c’est en fait un processus buissonnant. Pour ne parler que de la période concernée par cette découverte, on connaît au moins quatre autres espèces: l’Homo floresiensis, dont on a déjà parlé, nos ancêtres Homo sapiens originaires d’Afrique et déjà présent au Proche-Orient, l’homme de Neandertal, qui vivait en Europe depuis plus de 350.000  ans, et l’homme de Denisova, qui, lui, vivait sur le continent asiatique sensiblement à la même période. Malgré la divergence de ces groupes, des échanges génétiques ont pu avoir lieu entre eux, à certains moments. On a découvert, par exemple, en août dernier, un jeune individu dont la mère était néandertalienne et le père dénisovien. Tout le problème aujourd’hui est de savoir ce que l’on doit appeler une espèce, et la question est ardue.

Pourquoi?

Que ce soit Neandertal, Denisova ou sapiens, tous ces groupes ont évolué isolés les uns des autres pendant de très longues périodes et ont développé des caractéristiques propres bien différentes. Pour autant, ils sont restés interféconds, au moins en grande partie. On rencontre de nombreuses situations similaires chez les mammifères. Les ours polaires et les grizzlis, considérés comme deux espèces différentes, produisent des hybrides féconds. En revanche, les ours noirs et les ours bruns, séparés depuis plus longtemps, ne donnent guère de petits viables. La génomique moderne montre que, dans la nature, ces hybridations sont en fait légion. On tend donc de plus en plus à privilégier d’autres critères de délimitation des espèces que l’isolement reproductif complet.

Est-ce qu’on sait s’il y a un berceau, un lieu d’origine pour cette fascinante histoire?

Homo erectus, le probable ancêtre d’Homo luzonensis, avait pour origine l’Afrique. C’est aussi vrai pour notre ancêtre, Homo sapiens. La question est moins claire pour l’ancêtre commun de Neandertal et de Denisova. L’ennui, c’est que la paléoanthropologie est une discipline fortement biaisée par la répartition très inégale des sources de fossiles. Beaucoup de découvertes nous ont longtemps laissé penser qu’Homo sapiens était apparu dans le Rift africain. Et puis, en 2017, avec mes collègues de l’Institut Max-Planck de Leipzig et de l’Insap marocain, nous avons découvert à Djebel Irhoud, au Maroc, des restes d’Homo sapiens vieux de 300.000 ans, soit 100.000 ans de plus que ceux découverts dans le Rift. Cela ne veut pas dire pour moi que le berceau de l’humanité est au Maroc. Mais plutôt que, si berceau il y a, c’est plutôt l’ensemble de l’Afrique qu’il faut prendre en compte. Les échanges de gènes et d’innovations entre les différentes régions de ce continent ont façonné notre espèce. Et ce processus a finalement abouti à la colonisation de l’ensemble de la planète en assez peu de temps.

Et toutes les autres espèces ont cependant fini par disparaître…

Au fur et à mesure que notre ancêtre direct s’est répandu hors d’Afrique, tous les autres groupes ont périclité. De quelle manière et pour quelles raisons ont-ils été remplacés ou absorbés? C’est le sujet de nombreuses discussions et polémiques. Mais, à un moment donné, Homo sapiens a pris le dessus sur les autres.

 

 

 

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Macron sur les traces de Saint Pierre et de Ken Follett

 

Je prévois deux sujets principaux

La rumeur : combien de fichiers S parmi les intervenants du chantier ?

Le choix des procédés de reconstruction : une future querelle des anciens et des modernes.

J’ai écrit ces trois lignes dans le quart d’heure qui a suivi la nouvelle de l’incendie et bien avant même qu’il ne soit maîtrisé.

Sur la premier point il semble que j’avais tort d’anticiper une rumeur ou davantage, sur l’évocation d’un acte terroriste. Je continue cependant à me poser la question de savoir par quel mécanisme une erreur humaine banale peut-elle embrasser en une demi-heure un ensemble de milliers de poutres de chêne ? Et si chalumeau il y a ou quel qu’autre « artifice », que faisait cette fichu allumette, toute seule dans la fameuse forêt alors que les travaux en cours concernaient l’extérieur de l’édifice et que finalement seules des personnes chargées de prévenir un incendie avaient accès à la charpente. Encore une naïveté de ma part.                                     *Une note rassurante : les enquêteurs ont noté des défaillances dans le système de protection : voilà ce qui s’appelle manier l’euphémisme ; ou peut-être l’humour.

Sur le second point. Alors là, j’avais, comme on dit de nos  jours, carton plein. J’avais tapé dans le mille ! Un flot, un torrent d’opinions s’est en quelques jours déversé sur les ondes et dans la presse. Un des plus rapides tireurs, sorte de Lucky Luke du scoop a été notre Divin Enfant : « Nous rebâtirons la cathédrale plus belle encore et je veux que ce soit achevé d'ici cinq années. L'incendie de Notre-Dame nous rappelle que notre histoire ne s'arrête jamais et que nous aurons toujours des épreuves à surmonter. Nous sommes ce peuple de bâtisseurs, nous avons tant à reconstruire ». Cela a le grand mérite de clarifier les options retenues par le Président. Fixer un délai impose de traiter la reconstruction comme un chantier moderne et le « plus belle encore » implique que de la nouveauté n’est pas à proscrire. Partageant ce point de vue, je ne suis pas irrité par son attitude mais étonné par la rapidité de cette prise de position. Mais je ne représente que moi-même.

Le flot des opinions se  partage en trois courants, trois voies et une foule de voix.

Un premier courant est celui de l’élan architectural. L’occasion est offerte de laisser parler, comme l’on fait les bâtisseurs de jadis l’esprit du temps et le génie contemporain avec les outils dont dispose notre époque qui permettent de faire ce que les anciens n’étaient pas en mesure de réaliser. Il est facile d’entendre cette voix et « en même temps » il est également facile de se souvenir qu’il existe dans les instances spécialisées des personnages capables de nous imposer des Kooneries et des Kapoorages en des lieux que d’autres trouvent sacrés ; encore que d’une façon différente de Notre Dame. Cela pose donc le problème du choix et du « bon goût ». Enfin, du goût de qui ?

Une voie moyenne est de dire qu’il  faut pour l’essentiel reconstruire la  toiture de sorte qu’elle présente la même apparence et que l’intérieur de la cathédrale soit restauré à l’identique. Ce qui se passe entre le toit (visible) et la voute (visible) est l’affaire des ingénieurs et du gestionnaire des coûts de la reconstruction.

La charpente a disparu : il faut une nouvelle charpente. Reste alors à reconstruire la fameuse flèche de Viollet-le-Duc.  La tentation est grande, à mon point de vue, de la reconstruire un peu plus haute et semblable en apparence en utilisant matériaux et procédés modernes. Sans réfléchir plus avant, cette voie moyenne est la plus simple, la plus économique et conduit à retrouver Notre Dame comme le public la connaissait sans aucun anachronisme criard.

Une troisième voie est celle qu’expriment les voix des puristes-intégristes : refaire tout comme s’il ne s’était rien passé et reconstruire à l’identique la charpente bois, la toiture de plomb, la flèche de V-l-D et mener tout ce prévisible quart de siècle de travaux avec l’esprit, la ferveur et –pourquoi pas- la dévotion que l’on prête généreusement et à peu de frais aux  bâtisseurs du Moyen Âge. Plusieurs avantages à cette façon de voir la question. D’abord l’Esprit qui vivait en-chêné dans les combles retrouve son habitat historique et confidentiel. Ensuite on pourra une nouvelle fois, après de nouvelles négligences organiser un nouvel  incendie.

Ces voix forment clameur.

Macron dans sa déclaration fixe le jeu et écarte cette voie de la reconstruction à l’identique : il est pressé et il n’a pas tort. Faire de ce chantier autre chose qu’un chantier ordinaire, comme on traite les ponts, les barrages, les bâtiments conduirait à des durées et probablement des coûts dont on n’apprécie rien.

Il n’est pas illégitime de consulter les grands architectes et même les petits afin de se persuader que notre époque, si elle en a les moyens techniques n’a pas la vigueur morale (la Foi ?) de supporter une nouvelle vision de la cathédrale, lieu de culte et monument national. Il nous manque l’Église et notre peuple n’est plus que la foule. Mais ça ne coûte rien de savoir ce qu’en pensent les gens qui construisent encore de trucs, évidemment ailleurs que chez nous et peut-être une vision en jaillira-t-elle…

Le Divin Enfant qui a lancé la balle n’a aucun intérêt à tergiverser : il a le pognon de dingue nécessaire à l’entreprise et il aura le loisir de redistribuer le solde des fonds collectés pour effectuer des travaux sur d’autres cathédrales et monastères que nous n’avons plus les moyens d’entretenir normalement.

Je suis très heureux de voir ce talent de bâtisseur se révéler chez notre Divin enfant. C’est après tout, depuis le Général une obligation pour les présidents de « marquer » leur passage aux affaires par un monument auquel ils puissent être clairement identifiés. Pompidou et la tuyauterie du centre qui  porte son nom,  Giscard est à l’origine d’Orsay, Mitterand tout occupé à ériger sa propre statue nous a doté de l’Arche de la Défense, de la Pyramide du Louvres, de la Bibliothèque Nationale et de l’Opéra Bastille (il était cultivé, c’te homme-là) ; nous devons à un légèrement paresseux Chirac –on le sait bien- le Musée des Arts Premiers. Les successeurs, Sarko et Hollande n’avaient ni l’ambition, ni le temps, ni les moyens de jouer les architectes.

Donc Notre Dame de Paris, après qu’il ait assez magistralement pataugé dans le dossier presque homonyme de Notre Dame des Landes offre à notre Président un bout de monument à refaire et de plus dans la tradition catho. Il  peut s’il s’y prend bien en faire son Grand Œuvre.

En entendant déjà le ton et la teneur des propos des partisans de la reconstruction à l’identique, on peut être assuré que le feuilleton sera long et plein de surprise. Les scénaristes de « Plus belle la vie » n’ont qu’a bien se tenir !

Comme le Divin Enfant à la manière d’un ado qui découvre les choses du monde semble développer un goût pour le monde des adultes bâtisseurs je lui signalerais un joli sujet de Travaux Pratiques sur lequel il pourrait exercer son jeune talent. Il a d’ailleurs eu l’occasion d’en entendre parler, de loin et par des bruits de cabinets : une Société dont nous possédons 94 % bricole depuis une grosse dizaine d’années sur une machine à faire de l’électricité avec un niveau de dépense annuelle de l’ordre du milliard, sans que quelqu’un prenne la peine de nous expliquer exactement pourquoi des soudures qui plaisent à certains ne plaisent pas à d’autres. Voilà pour le Président une merveilleuse occasion de faire de l’histoire, de la sociologie, du management et pourquoi pas un brin de métallurgie. Et beaucoup de comptabilité…  avant que la Société en question ne rejoigne le flot des sociétés dont l’État devrait assurer la bonne marche et qui  finissent inexorablement croulantes sous les dettes, empêchés qu’elles sont de gérer leur personnel avec rigueur et de facturer leur production à son coût.

 

28 avril 2019

 

 

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13 avril 2019

Entente cordiale : on ne demande qu’à en rire

 

 

Sur la scène européenne nous sont offerts des spectacles de vie politique bien divertissants ou bien affligeants suivant le détachement que l’on éprouve ou l’intérêt que l’on porte.

 

Nos camarades britanniques ont mis en scène une comédie de l’absurde assez réussie. La preuve de son succès est qu’elle est passée de drame digne de l’Antique au statut de feuilleton ou d’épisode d’une mauvaise téléréalité. Une comédie dramatique moins bien dés-orchestrée ne pourrait pas connaître une telle notoriété, ni mobiliser une telle audience. Ils sont passé de Pinter, absurde pur et tragique à la pagnolade du retiens moi ou je fais un malheur. Godot devient Ubu.

 

Sur la  scène, les élus de la chambre des communes, revêtus d’habits d’arlequins bariolés entonnant avec des dissonances élaborées des vindictes adressées à l’héroïne du spectacle, qui est, elle,  restée dans Pinter.

Elle ne tonitrue pas ; en revanche elle itinère beaucoup de Bruxelles à Berlin, de Macron à Junker.

Cette troupe d’acteurs performent, comme on dit. La trame de leur chant est le refus. Refus d’être membre de l’Europe des tant et plus. Refus de ne plus en être membre. Refus d’apprécier les conséquences de la décision qui a conduit à cette situation… Sur la scène une large fraction des acteurs de la troupe chante leur texte dans l’autre sens, dans un chant d’espoir et de futur glorieux. Désir d’une indépendance et d’une grandeur retrouvées. Désir de britishness, d’insularité, de plum-pudding, d’ale et de stout à gogo… La Pax Britannica à tout va.

Les personnages changent de chœur ; parfois ils chantent dans un camp, parfois dans le camp opposé.

Le vrai regret est que ce spectacle soit purement vocal alors que toute bonne comédie musicale ferait aussi danser ses personnages. May s’y est bien essayé, mais trop brièvement.

 

Les spectateurs, nos représentants européens, restent pantois, désarmés. Ils n’ont pas écrit la pinterade initiale et sont perdus dans la folie du feuilleton musical. Barnier le rigoureux y casse sa baguette de chef d’orchestre d’un divorce voulu-pas-voulu.

Les opinions publiques –dont la nôtre-  flottent et les politiciens qui flottent et flattent réagissent eux-aussi dans l’absurde au gré de leurs ambitions immédiates et de la file d’attente politique dans laquelle ils sont entrés en quittant l’ENA ou l’UNEF.

 

Les acteurs de la farce sont les membres du parlement d’une nation dont on nous dit qu’elle est, moderne Athènes, à l’origine de nos systèmes démocratiques. Ah ! La Grande Charte, la fin des absolutismes et le début d’une constante réécriture de l’histoire à la sauce anglaise. Re Pax Britannica.

Acteurs regroupés dans une troupe indépendante qui interprète son show en toute liberté de comédien sans s’encombrer de texte, de scénario, à la seule ponctuation des cris du speaker de la chambre hurlant des « order » tonitruants renforçant un vacarme insupportable.

Le spectacle plait. L’actrice principale dont on loue l’énergie et la  ténacité dans l’absurde met tout en œuvre pour que des prolongations soient accordées et que le spectacle puisse continuer.

Comment ne pas ressentir que cette troupe de parlementaires joue son spectacle sans la moindre considération du réel, du monde, de l’Europe ; sans que soient évaluées toutes les conséquences de l’action rendue publique par les démagogues.

Rien d’autre qu’une troupe de comédien jouant sa comédie pour elle-même et en elle-même.

 

Chez nous, c’est autre chose. Nous battons les anglais car la vie publique nous offre deux spectacles.

 

Le premier ou plutôt les premiers sont populaires.

La rue nous montre des spectacles quasi permanents de manifestations pour ou contre des expressions d’un ordre uniformément contesté. Manifestations paisibles ou moins paisibles, émeutes ou insurrections, le programme de ces spectacles auxquels nous sommes habitués de longue date s’est récemment enrichi de l’entrée en scène de bandes d’acteurs spontanés. Ils sont sans réelle formation théâtrale, ce qui les différencie des politiciens (britanniques ou autres) ou des syndicalistes professionnels qui ont tous reçu cette formation dans les Écoles de préparation à une vie politique qui n’est devenu qu’une autre forme de théâtre.

Ces acteurs amateurs sont mal formés ; alors ils cassent, ils brulent et l’achèvement de leur jeu sera de tuer.

Les manifs dont je parle ne sont pas les spectacles qui retiennent mon attention.

 

Car il en est un autre, lui aussi quasi permanent qui retient l’attention par sa qualité et le talent de l’acteur qui le met en scène et l’interprète. Il se révèle le digne héritier des Chansonniers de mon enfance.

Nous allions en famille, il y aura bientôt trois quart de siècle, écouter ces liseurs et chanteurs de textes au Caveau de la République. Ils commentaient et brocardaient les personnages du moment. Comme de nos jours : rien de nouveau. J’ai oublié les noms* de ces artistes qui faisaient rire les familles. Ces spectacles étaient populaires : nous y allions et cela amusait mon père. Je parle ici d’une époque pré-bobo quand le peuple n’était pas que de la foule et était encore le populo.

Nous est venus ensuite la période des imitateurs qui recouvre et assimile le temps des chansonniers dont l’archétype est le sympathique Gerra. Comme il est sympa et comme il est un héritier des libérations hasardeuses de 1968, il ose tout et ne recule jamais.

Reconnaissons  à Ruquier le mérite d’avoir mis en piste une lignée d’humoristes dans son émission « On ne demande qu’à en rire ».  Le personnage que j’évoque ici ne peut pas ne pas avoir été influencé par l’absurde d’Arnaud Tsamère ou l’éclectisme de Donnel Jack’sman.  Sans tomber dans les grincements de Jérémy Ferrari !

Il s’inscrit dans cette lignée.

Cet acteur est de surcroit un véritable marathonien du standup et du one man show. Certaines de ses performances –aux deux sens du terme- durent 6 heures et le public envouté salut l’artiste pour sa résistance à la fatigue.

Il choisit ses audiences avec le souci de n’oublier aucune classe de public et de ne négliger aucun territoire.

Il s’adresse aux maires des petites communes, aux maires des grandes communes, aux présidents des conseils généraux et de région, aux enfants des écoles, aux infirmières et quoiqu’avec une légère réticence à quelques représentants de la meute des gilets jaunes.

Et il parcourt comme une abeille diligente les villes et les campagnes du cher et vieux pays.

 

Notre Président donc depuis quelques mois, dans un désir de renaissance européenne et dans un souci d’apaisement domestique se livre au spectacle et en spectacle.

 

Mon propos n’est pas de juger de la qualité de son discours mais simplement de souligner que nous avons découvert une nouvelle forme de communication politique. Le standup.

 

Me voici rassuré, la mémoire, que dis-je ?, la grandeur de Coluche est, comme la Force, toujours avec nous. Je craignais jusqu’à cette résurrection du comique dans la vie publique que Beppe Grillo ou le nouveau venu ukrainien, Zelensky ne nous ait détrôné du « leadership » en la matière, leadership que notre Président partage donc encore avec la Chambre des Communes de sa Majesté.

C’est ça l’entente cordiale.

 

*Faux : je me souviens distinctement de Robert Rocca : je le rencontrerais dans la rue, je le reconnaîtrais !

C’est un drôle de truc, la mémoire.

 

13 avril 2019

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08 avril 2019

Naissance d’une religion

Prudence, lucidité et vocabulaire.

La description d’une idéologie finit par prendre dans l’esprit du critique la forme d’une lutte et en conséquence provoque le développement d’une contre-idéologie, le besoin d’une Réforme. Cet antipapisme introduit et finit par construire une nouvelle forme d’idéologie. Cette idéologie-à-rebours peut à son tour conduire à des excès masquant les réalités profondes des sujets abordés. Un voile nouveau se substitue à l’ancien, au voile à ôter.

J’essaie, ici, de ne pas (trop) tomber dans ce piège.

L’utilisation du vocabulaire de la morale représente un autre piège. Les mots de la morale impliquent –c’est leur fonction- qu’un jugement soit porté en même temps qu’un fait est exposé transformant ainsi le fait brut en une faute ou une BA. Cette voie est souvent étroite mais ne pas prendre en compte les biais qui s’introduisent de la sorte participe de la construction idéologique.

Je tombe toujours, ici, dans ce piège.

De tout temps et dans toutes les sociétés, du clan jusqu’aux empires, ont coexisté deux systèmes de pouvoir souvent confondus, le plus souvent associés, se confortant l’un l’autre, mais aussi parfois rivaux.

Ces deux pouvoirs satisfont des nécessités fondamentales pour l’homme : appartenir à un groupe protecteur qui génère des ressources et croire à « Autre Chose » que sa simple et animale existence, gagner de la valeur sur la nature.

Dans nos histoires d’européens, le groupe deviendra l’État et la croyance deviendra la Religion.

L’histoire de l’Europe est ainsi indissociable de l’histoire de la Chrétienté et plus spécialement de l’histoire de Rome et de celle de la Réforme.

Ce rôle du christianisme n’a cessé depuis le 19ème siècle de décroître pour laisser la place au 20ème siècle à des corpus religieux nouveaux qu’il est commode de regrouper sous les noms de Socialisme et de Marxisme selon le respect qu’ils accordaient et accordent au très anciens Droit de Propriété. Un Homme Nouveau dans une société nouvelle devenait la nouvelle Foi. Nos nations continuent de vivre ces religions sous des formes édulcorées où chacun est un croyant qui construit le temple. Cela s’appelle la démocratie.

Les sociétés se complexifient chaque jour davantage. Le progrès scientifique et technique s’accompagne d’une création éruptive de richesse(s). La population mondiale s’accroit de façon folle.

Dans les pays riches se développe un phénomène de soumission/revendication des individus qui ne perçoivent plus l’État comme leur émanation : le citoyen adopte le comportement de l’enfant gâté dans une famille déstructurée.

« En même temps » le besoin de transcendance, la nécessité de croire, d’épouser une cause continue d’habiter l’individu. De façon exemplaire on constate que l’Islam offre cette cause et exerce sa fascination avec les conséquences que l’on sait.

L’Europe se dévêt du marxisme léninisme et « en même temps » oublie très rapidement la religion usée de ses ancêtres, qu’elle relègue au rang d’une morale de catéchisme.

La population est déjà partiellement mahometisée mais ce remplacement (1) est entravé par le djihadisme en dépit des apports de l’immigration.

Elle cherche sa nouvelle religion.

Pour fonder une nouvelle religion, il faut une nouvelle angoisse.

L’angoisse nucléaire est oubliée. Le fait qu’une grosse demi-douzaine de cinglés possède le moyen d’éradiquer la vie sur terre est devenu une préoccupation de second ordre. La peur du nucléaire ne concerne que l’usage pacifique qui en est fait.

Oubliée l’angoisse des pandémies : anodin le VIH et les imbéciles mettent toute leur énergie à réinventer les maladies disparues ; Ébola, la grippe, bof, ne tuent que les vieux ou les africains.

Grâce au ciel, littéralement, une peur nouvelle nous est offerte. Elle est aussi puissante que les peurs oubliées qui viennent d’être évoquées, et elle mérite toute notre considération. On la désigne sous l’appellation globale de « réchauffement climatique ».

Le problème est bien réel et le propos ici n’est pas de mettre en doute le phénomène mais de mesurer comment en l’espace d’une vingtaine d’année sa perception a envahi tout l’espace de l’irrationnel dans la pensée politique et médiatique.

En 1988, l'ONU crée le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour synthétiser les études scientifiques sur le climat. En 2007, dans son quatrième rapport ,auquel ont participé plus de 2 500 scientifiques de 130 pays, le GIEC affirme que le réchauffement climatique depuis 1950 est « très probablement » dû à l'augmentation des gaz à effet de serre liés aux activités humaines. Les conclusions du GIEC ont été approuvées par plus de quarante sociétés scientifiques et académies des sciences, y compris l'ensemble des académies nationales des sciences des grands pays industrialisés(W)

L’atmosphère et plus lentement les océans réagissent à ce réchauffement. Les équilibres climatiques sont modifiés. Chacun ressent (et parfois croit ressentir) ces changements, oubliant dans l’exercice de mémoire les années exceptionnelles du passé.

Ainsi, depuis 2000 un consensus émerge sur le fait que les effets du réchauffement se font déjà sentir de manière significative, et devraient s'accroître à moyen et long terme et qu'il serait irréversible sauf actions concertées, locale et globale.   (W)

Le climat change et certaines des conséquences prévisibles de ce changement se manifestent sous les yeux de tous. L’attention se porte sur les conséquences défavorables parce qu’elles sont défavorables et parfois catastrophiques.

Tout ce désordre causé par la combustion du charbon, du gaz et du pétrole.

Voilà enfin une belle et grande peur à se mettre sous la dent !

Les gurus

Surgissent alors les gurus.

Ceux des médias, les animateurs télé, les présentateurs en tout genre. Dieu reconnaîtra les siens. Il peinera, car ils sont nombreux.

Les marginalisés des partis traditionnels qui cherchent notoriété « à la marge », là où l’herbe est plus verte et en particulier les femmes que le machisme écarte du pouvoir ; elles sont avocates ou magistrates…

Pas complètement gurus mais supporteurs utiles comme les idiots du même nom, actifs ou gloires passées, les acteurs, comédiens et chanteurs en tout genre. À noter une relative abstention des évadés fiscaux.

Trop de noms viennent en tête pour qu’on en cite un seul.

Les gurus forment une cohorte de zélateurs éparpillés comme des éclats de shrapnel mais trouvant cohérence dans la Foi de cette nouvelle religion dont ils bâtissent les premières pierres.

Le petit monde de l’oligarchie politique, de l’énarchie, observe l’action dispersée des zélateurs et par un pavlovinisme bien compris renifle de l’électorat mis à l’étal. Il intègre tout ou partie les sornettes des gurus dans leurs propos, largement par incompétence, fréquemment par sottise partagée mais plus simplement parce que  c’est une mode, c’est à la mode.

Sornettes, mais enfin, quelles sornettes ? 

La révélation

Surgit enfin, au chant des gurus, sortant des flots du monde vulgaire, telle une Athéna de la parole sage, surgit la déesse Écologie.

Son verbe est universel et elle régente toute chose de l’Homme car l’Homme est objet de Nature. Objet de Nature il doit rester ou redevenir s’il a failli.

L’Écologie s’empare de tout, rien ne peut lui échapper. Si l’homme n’entend pas sa voix, il se perd.

Longtemps avant que la Déesse ne profère la Loi, le néophyte s’accommodait des préceptes d’une pré-croyance. On appelait cette religion mi cuite le Développement Durable. Elle avait ses défenseurs et leurs appels résonnaient dans le monde. Ils ne s’étaient encore libérés de l’emprise du Mal ; Ils raisonnaient encore en termes de gestion des ressources, en termes d’économie. Les gens qui utilisaient le vocable pensaient qu’il était impossible et dangereux de trop ralentir le développement économique et néanmoins qu’il devenait nécessaire de limiter ce développement au strict nécessaire. Ils nous disaient tout simplement qu’il convient d’économiser les ressources afin qu’elles puissent se régénérer pour certaines d’entre elles ou disparaitre moins rapidement pour les autres, les non renouvelables.

Le propos de cette note n’est pas de défendre cette notion du Développement Durable : elle implique déjà une vaste part d’utopie car elle repose, comme tout ce qui va suivre, sur l’hypothèse que tous les consommateurs de la planète et tous les agents économiques adopteront le même comportement. Utopie, non ! Aveuglement, déni.

Une piqure de rappel: Écologie

Biologie  Science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent. 

puis Étude des conditions d'existence et des comportements des êtres vivants en fonction de l'équilibre biologique et de la survie des espèces. 

Sciences Sociales. En parlant de communautés humaines : Études des relations réciproques entre l'homme et son environnement moral, social, économique. 

Emprunté à l'allemand Ökologie (composé du gr. ο ι ̃ κ ο ς « maison » et de λ ο ́ γ ο ς « discours »), terme forgé en 1866 par le zoologiste et biologiste allemand E. H. Haeckel [1834-1919], relevé dans la préface de son ouvrage Natürliche Schöpfungsgeschichte en 1867.    (cnrtl)

L’écologie qui était science devient pensée et éthique. Elle impose des préceptes variés et en vérité des Tables de la Loi conduisant à ce qu’on appelait naguère un catéchisme, associé à un almanach dans lequel aphorismes et blagounettes se succèdent. On retient trois thèmes. 

L’Homme-individu soit Homme-élément-de-nature dans ses rapports avec l’homme-social qui murit et réalise des projets qui ne sont pas toujours « naturels ».

L’Homme et la Nature : on pourrait croire que c’est un sujet simple. Respect, propreté, intégrité de… mais aussi partage de l’espace, cohabitation.

L’Homme-social (dit homo faber, habilis, sapiens…) utilise la nature à ses fins et pour la progression de l’espèce dans ses rapports avec la Nature utilisée, avec la Déesse mécontente qui n’en peut mais. Jusqu’au moment où elle réagit en changeant d’état : elle se réchauffe, par exemple ou la ressource surexploitée disparait. 

Dans chacun de ces domaines on peut tenter retenir quelques-unes de ces injonctions.

L’homme-social et l’homme-nature : terrain de conflits permanents entre la liberté naturelle et la liberté de l’ordre social qui sont fort différentes. Des contradictions peuvent surgir.

La Déesse a grand désir de contribuer mais elle est souvent embarrassée sur ces sujets, lesquels, il faut en convenir, ne sont pas strictement les siens et à propos desquels des religions « spécialisées » et des sectes ayant pignon sur rue ont une sérieuse avance.

En vie, le mourant tu maintiendras.   La volonté des grands-parents tu respecteras

Avoir un enfant, toujours tu pourras.    À la carte, sur catalogue. Et pas trop mais sans pilule. (2)

Aller où bon te semble, tu pourras.    Sauf là où la protection impose que seul le protecteur accède.

Trop de concurrence pour la Déesse. Elle ne sait plus à quel homme se vouer. Sans renoncer vraiment elle ne s’exprimera qu’à l’occasion et le plus souvent par la bouche d’une parente plus socialisante : féminisme, droit-de-l’hommisme, les nombreuses luttes contre les …-phobies et autres belles-âmismes associées au politiquement correct.

 

Le respect de la Nature telle qu’en elle-même, elle s’est elle-même créée.

Seuls les Grecs pensaient que les dieux venaient de quelque part. Il leur fallait des Avant-Dieux, des Chronos et des Titans. Avant étaient les ténèbres et/ou le chaos. (QCM)

On vient de dire que le sujet est simple. Est-ce toujours le cas ?

Tes mégots, point ne jetteras.  Moi, je ne fume pas et je pense que le fumeur…

La grenouille de Sivens tu protègeras.  La grenouille est agile, c’est son nom, et Rémi Fraisse, cocktail à la main est mort pour une juste cause.

L’Ourse Slovène tu hébergeras.   Comme l’animateur télé aux hélicoptères ailés.

Le Loup, sur le territoire de l’ovidé, tu répartiras.   Comme il est urgent de laisser-faire pour le bien-être des loups.

À NDDL les gentils émeutiers tu protègeras.   Cerise sur le gâteau et encouragement reconnu à braver avec l’accord des pouvoirs publics, les lois de la République. Le dossier suivra son cours pour de nombreuses années.

La simplicité n’est qu’apparente. Hormis au Canada, en Sibérie ou en Antarctique quelque territoire qu’on souhaite « protéger » est déjà peu ou prou occupé par la communauté humaine avec des degrés variables de violence : Gentil lapon et méchant défricheur brésilien, aimable pygmée (s’il en reste) ou vilain bucheron du Congo et encore le toujours nomade mongol, à cheval, l’aigle au poing opposé au laborieux et si touchant piqueur de paddy, à Bali bien sûr.

Quelle variété de conditions ! Quelle variété de combats et que de choix : l’homme ou l’animal, l’homme ou l’arbre, la prairie ou le blé ?

Pour « sanctuariser » le territoire, inutile de tergiverser, il faut expulser l’homme et interdire son retour.

Ce n’est déjà pas facile en Amérique mais en Europe la chose est rigoureusement impossible et le tourisme devenu industrie majeure (3) aggrave le problème.

En de nombreuses parties du monde il faut choisir : Paysans du Kenya ou Éléphant du Tsavo?

 

L’homo faber et l’homme-nature : le problème devient aigu et la vérité s’éloigne. Le conflit est permanent, certains diraient structurel !

Comment « faire » sans toucher à la nature et sans prélever portion des ressources qu’elle offre avec générosité. L’air qu’il faut respirer, l’eau qu’il faut boire, les plantes et les animaux qu’il faut dompter, apprivoiser, domestiquer, hybridiser pour ensuite se trouver contraint de les nourrir, de les abreuver avant de les égorger dans l’indignité. Tiens ! Les plantes : ce bois qu’il faut couper, débiter, aplanir pour chauffer, se loger, se meubler ; ce blé qu’il faut…

La Terre, dans sa chair, dans ses entrailles. La Terre qu’il faut labourer, excaver, modeler pour y poser la vie de chacun et de tous. La Terre qui nourrit de son blé et où pâturent les bêtes. La Terre qui contient le fer, le charbon, le pétrole et, trésor et honte suprême, l’uranium…

Sans penser plus loin que le bout du nez, sans penser à mal, viennent d’être écrits trois mots maudits : charbon, pétrole, uranium.

Alors, l’almanach :

Énergie

Tes puits de pétrole, tu fermeras

De savoir si de gaz des ressources tu as, tu t’abstiendras.

Tes centrales atomiques, tu fermeras.

Le soleil et le vent, tu vénèreras.

Agriculture

Les OGM tu banniras.

Les pesticides tu banniras.

La viande dans ton assiette, point ne mettras.

Industrie

Toutes les nuisances, ailleurs tu chasseras.

Les boues rouges dans la mer, point ne déverseras et d’aluminium plus ne fera.

L’amiante, dans ses moindres cachettes, tu pourchasseras.

Transport

Le diesel tu interdiras.

La voiture électrique, tu imposeras.

En fait, comme les almanachs du temps passé, Vermot (4) et autres, c’est un long recueil de blagounettes destinées à égayer, mais aussi conforter la foi du pèlerin.

Tout ceci manque de corps, de vision dirait-on en politique.

En toute bonne religion solidement édifiée, il existe une architecture cathédrale ; les articles de foi réunis dans un corpus disparate trouvent cohérence dans le Livre et d’abord dans la Parole de l’émissaire divin reconnu comme le fils de la déesse Écologie, enfin incarnée sur la Terre des Hommes.

La chance nous a été accordée de voir et reconnaître le porteur de cette espérance. Il faut y voir la Providence.

Alléluia, le Divin Enfant au monde des hommes est descendu. En marche.

Les confusions disparaissent et l’universalité du propos éclate. La révélation a pris corps. L’Église peut s’édifier. La parole est grande dans sa simplicité. L’Universel est laconique.

Il ne s’agit plus de mégots sur les plages, il n’est plus question des boues rouges, le Message de la Nouvelle Foi est en toute humilité de Sauver la Planète.

Make the planet great again (5)

Notre cher Président incarne à nouveau l’alliance du pouvoir de César et de la Parole Divine.

On prêtait à Louis le quatorzième d’avoir jadis incarné cette fusion, mais le personnage ne séduit plus.

Napoléon le Grand aurait pu y parvenir mais des prémices de brexit l’en ont empêché. Il nous faut arriver au Général pour retrouver un personnage de dimension historique qui put … mais ne fit.

Mais aucun de ces personnages n’eut, Providence toujours, la chance de pouvoir bâtir une religion nouvelle.

Macron a cette chance. Il a le glaive et le verbe.

Il nous convie, nous les Français qui entendons ce verbe et craignons ce glaive, à marcher avec lui vers un nouveau Calvaire. Nous y sacrifierons la croissance nationale dans la joie qu’apporte la pureté écologique.

Notre Loi sera…

Ici, lecteur, dans cet élan, je suis pris et surpris. J’allais pour la quarantième fois ré-enfourcher mon cheval de bataille et reprendre avec énergie mes diatribes sur la Loi que je présente comme l’origine de bien des désordres que nous connaissons. Cette fameuse Loi de Transition, de transition entre un monde d’avant et le Monde Nouveau, la Loi de Mme Royal.

Je me ressaisis  et je réalise que j’ai fait venir et régner dans notre univers spirituel un Divin Enfant qui n’aurait pas eu de mère, une sorte d’enfant adopté, alors que sa filiation me saute au visage comme une évidence. On verrait même dans cette épiphanie François-au-nom-de-Pape-et-de-fromage jouer dans ce drame de la création le rôle de Joseph l’éternel cocu de l'Histoire Sainte. N’a-t-il pas dans son étable gouvernementale soigné et protégé l’enfant fragile ?

Mais en réparant cet oubli, une autre évidence se fait jour et la vérité éclate enfin. La Déesse Écologie que je voyais sortir ruisselante de l’onde pure est Ségolène. La Royal elle-même, laissant de côté son appellation de pizza, prend toute sa majesté et retrouve ici une place que je ne lui avais pas immédiatement reconnue.

Ce n’est que la paresse qui me conduit à ne pas replacer ce § quelques lignes plus haut, à la naissance de notre président, là où il aurait dû se trouver.

°°°°°°°°°°°°°°°

J’abandonne la fable franchouillarde pour ne pas reprendre les critiques ou les remarques formulées à satiété dans ces papiers. 

Cependant, une dernière pour la route, que je trouve exemplaire.

La Foi déplace les montagnes ; elle s’affranchira des réalités scientifiques, techniques, économiques et le fidèle n’obéira pas à l’implacable Loi du Marché devenue voix de Satan. (6)

Le Fils nous ordonne :

Plus d’émission de méchant gaz émis par de vilaines autos dès demain matin (2030, 2050, QCM).

Tout le monde en auto électrique et que les constructeurs de peu de foi se débrouillent.

Que le paysage se couvre d’éoliennes pour que JE puisse fermer les  centrales nucléaires, reliques d’une ancienne croyance.

Que la fiscalité, moderne Inquisition, fustige les mécréants qui osent remarquer que notre Foi n’est pas partagée par quelques 4 à 5 milliards de malheureux qui n’ont pas été touchés par la Grâce et que l’application de nos verges produiront de la Dette et des Gilets de toute couleur désorganisés en foule d’émeutiers.

Oui, j’arrête.

Enfin presque. Car je remarque que le phénomène concerne toutes les populations nanties d’un monde « occidental » nanti et embourgeoisé jusqu’à l’écœurement.

Les Suédois, exemple parmi les exemples du Nord, nous réinventent la Croisade des Enfants. Nous voici revenus en 1212 alors que la féodalité a échoué dans sa reconquête des Terres Saintes. En ce temps-là  la Foi va mettre en marche de nombreux enfants devant qui les flots de la méditerranée s’ouvriront pour qu’ils aillent de leur mains innocentes sauver la chrétienté et porter le message aux mahométans.

Souhaitons que la jeune fille porteuse de la parole, Mademoiselle Greta Thunberg ne connaisse pas le destin incertain de ses anciens précurseurs, Nicolas (7) le bien nommé et Étienne. Ces deux bergers ne sortaient pas d’une cuisse écologique alors que Greta semble être un missile lancé par une lignée de fervents défenseurs de la cause environnementale. Elle est sans doute à l’orée d’une carrière internationale pour laquelle sa particularité d’autiste Asperger sera un atout.

Enfin, elle et ses supports mettent « en marche » ou plutôt en grève des milliers de gosses dans les écoles européennes afin que le concert de leur voix fraiches incite les dirigeants des pays gavés du nord de l’Europe à accentuer leurs efforts pour « Sauver la Planète ». Les journalistes ne nous disent pas qui est derrière ce barnum. C’est le régal des gurus et l’effarement chez PISA.

Fabriquer de futurs manifestants ne constitue certainement pas une réponse aux problèmes posés par le réchauffement climatique alors que la plupart des pays du monde fabriquent de futurs soldats. Beaucoup évoquent les années 30. Ils ont raisons sur un point au moins : pendant ces années la France a « fabriqué » les manifestants de la débâcle, peuple et dirigeants confondus, pendant qu’au vu de tous, le voisin fabriquait, peuple et dirigeants ensemble, la plus puissante armée de l’époque.

Oncle Xi, Oncle Vlad, Oncle Donald et le cousin MBS se joignent à moi pour souhaiter que la voix de Greta soit entendue et que les dirigeants européens prennent en compte sa revendication.

 J’arrête pour de vrai.  Ce papier est déjà trop long. Des séquelles sont à craindre.

 

La foi est révélée, l’Église est construite. Game over.

  1. Même pas 10 %,  donc ne pas confondre ce remplacement avec le Grand Remplacement : mais il y a tout de même communautarisme sous roche.
  2. Pas trop d’enfants : réduire la pression humaine sur la planète mais en même temps (!) ne pas ingérer ces saloperies d’hormones qui modifient les équilibres de nos corps
  3. Industrie majeure quand elle n’est pas la seule industrie qui soit. Vive la tour Eiffel et le Parthénon !
  4. Erreur, l’almanach Vermot existe toujours : 14.95 en Premium chez Oncle Jeff.
  5. Le Divin Enfant est bilingue : cela facilite ses rapports avec Oncle Donald.
  6. Bizarre pour un chantre du libéralisme.
  7. Une pensée pour ma petite chouette espiègle. Elle me manque et je suis contraint de sarcasmer à des échelons supérieurs, au risque de l’irrévérence.

07 avril 2019

 

Macron, le 4 mars 2019 : Aux citoyens d’Europe

 Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé... Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

Tenez-le-vous pour dit. Note du naïf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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04 avril 2019

Scène de la vie parisienne

 Comme je le dis encore depuis tantôt 8 décennies, je tourne le bouton du poste…. l'écran s'allume...

Je suis saisi par l’émotion, la nouvelle me transperce. Christo, quasiment de ma classe(1), « produit » toujours et encore, en artiste diligent qu’il est. Sa compagne et inspiratrice l’a quitté mais il continue seul son activité créatrice et éphémère d’emballeur en grand.

Son projet qui semble devoir se réaliser en 2020, autant dire demain, est d’exercer les rigueurs de son art sur l’Arc de Triomphe.

Pour en parler avec assurance, sans doute a-t-il eu précisément l’assurance que la permission de faire la chose lui serait accordée ; ou peut-être cette permission, blanc-seing éminemment républicain est-elle déjà accordée ?

Voyons voir, Préfet de Police ? Mairies des arrondissements  8,15,17 ? Hidalgo-elle-même toute de majesté revêtue ? Monsieur Riester, ministre de la Culture ? Les Architectes de ceci et de cela ? Stéphane Bern, chantre incontesté du Monument Historique ? Le Divin Enfant, dont la parole est d’or ?

Les journalistes sont muets sur ces points. Je m’interroge.

Donc Christo va œuvrer.

Les détails abondent comme  surface nécessaire et qualité du papier évidemment recyclable, métrage des cordages qui ficelleront le morceau de patrimoine.

Sur le grammage du papier et le diamètre des cordages, je reste sur ma faim.

Qui paye ? Le ou la journaliste la question ne (se) pose même pas la question. Moi, si !

Des mécènes, des cagnottes façon boxeur incompris, des subventions façon Lang, des dons anonymes, la chatte de Lagerfeld… ?

Je cherche et mon journal de référence me renseigne partiellement.

«Christo, en étroite collaboration avec le Centre Pompidou et le Centre des monuments nationaux (CMN), créera une œuvre temporaire à Paris intitulée L’Arc de triomphe empaqueté (Projet pour Paris, Place de l’Étoile-Charles de Gaulle, annonce aujourd’hui un communiqué très officiel, établi entre Paris et New York, lieu du studio de Christo. Cette œuvre sera visible pendant 14 jours, du lundi 6 avril au dimanche 19 avril 2020 et nécessitera 25.000 mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté et 7000 mètres de corde rouge.   Le Figaro du 3 avril 2019

Je suis un peu déçu. Pas de Bern et pas d’Hidalgo. Un oubli ?

Ben voilà, tout est dit. Je sais presque tout et j’ai compris ce qu’on ne m’a pas encore dit clairement : je suis, vous êtes, nous sommes les financiers de cette emballage, qui de la sorte confirme son appellation.

Je prendrais bien un pari : si par chance quelque mécène argenté rajoutait une participation à l’éphémère, elle serait certainement déductible d’un montant de quelque chose d’imposable.

La signification du mot collaboration reste ouverte aux interprétations personnelles.

Christo participerait-il au financement ? L’Arc de Triomphe lui serait-il loué pour une quinzaine ? Par bnb peut-être ?

Une autre possibilité : Le ministre lui-même ferait le tour de l’Étoile autant que nécessaire pour le ficelage.

Bien sûr, on peut souhaiter rigoler un peu et faire quelques bêtises, des gamineries innocentes pour égayer le  paysage et l’atmosphère. Surtout si elles ne nous coûtent rien.

Mais alors qu’on ne nous casse pas les pieds (2) avec des histoires de réduction de la dépense publique.

Christo, combien de crèches ou combien de repas chez Coluche ?

Mon étonnement ayant été exprimé, il me faut reconnaître que, quitte à « œuvrer » sur l’arc de Triomphe mieux vaut confier le boulot au génial Christo qui a trouvé une manière assez « cool » de gagner sa croute, plutôt qu’aux Gilets Jaunes.

L’idée me vient que Christo pourrait peut-être, lui avec son papier argent bleuté, emballer quelques-uns des gentils manifestants-émeutiers et faire en sorte que son emballage ne soit pas éphémère.

 Christo et Jeanne-Claude, communément Christo, est le nom d'artiste sous lequel est identifiée l'œuvre commune de Christo Vladimiroff Javacheff, né le 13 juin 1935 à GabrovoBulgarie, et de Jeanne-Claude Denat de Guillebon, née également le 13 juin 1935 à Casablanca au Maroc et morte le 18 novembre 2009 à New York.  Ce couple d'artistes contemporains s'est rendu célèbre par ses objets empaquetés. Naturalisés américains, ils ont vécu à New York dans le quartier de SoHo.   wiki

  1. À l’usage des jeunes lecteurs : Être de la classe signifie appartenir à la « classe » d’incorporation au  service militaire. Ou en gros, avoir le même âge. Ça date !
  2. Euphémisme

4 avril 2019

 

 

Posté par Dufourmantelle à 18:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 mars 2019

Il faut bien gagner sa vie. Sur trois notes

 

 

Première note : le thème

Il faut bien gagner sa vie.

On n’entend plus guère cette expression qui lorsque j’étais enfant était d’usage fréquent dans les classes populaires et les milieux ouvriers.

Le « bien » de cette phrase n’était pas ambigu et signifiait tout bonnement que gagner sa vie était une nécessité et que ne pas gagner sa vie vous plongerait dans la pauvreté.

Gagner sa vie, pour le peuple, signifiait tout simplement travailler et il était reconnu qu’il y avait une relation impérative entre le travail (qualité-quantité) fourni et les bénéfices qu’on en retirerait.

C’était avant.

Certains auraient pu –mon père, par exemple- donner à l’adjectif son sens premier : il faut gagner sa vie en vue d’une certaine aisance, pour vivre mieux, le « bien » marquant un degré d’abondance. Le gagner « bien » sa vie était accéder à l’aisance et au confort, une étape au-delà du il faut « bien » gagner…

Il était alors compris qu’on parlait d’une nécessité qui s’imposait à tous et qui  devenait une mission dès que l’individu élargissait sa responsabilité, dans le cadre social de l’époque en fondant famille et –charge sacrée- en élevant des enfants.

Le fait est que ce monde laissait beaucoup à désirer et que l’assistance aux démunis, aux désarmés, aux victimes du malheur était d’abord l’affaire de la famille et en fin des fins de la charité, de l’assistance publique et le plus communément religieuse. Le mot Ass…Pub… est un vestige de ces temps.

Passent les Guerres et les temps changent. Le charbon cède du terrain au  pétrole, les existences s’organisent autour du moteur à explosion, puis de l’électricité et maintenant des machines dont on nous dit qu’elles pensent.

Passent les Guerres et les Fronts Populaires et le Plan Marshall et la France se remet au boulot : il faut bien gagner sa vie.

Souffle alors le vent libérateur du progrès social première manière : il était admis en ces temps-là que le budget de l’État avait un sens et que, comme la ménagère, on ne pouvait dépenser plus que ce qu’on gagnait. La dette ne pouvait concerner que des achats exceptionnels et on se souvenait qu’il faudrait la rembourser. Ce vent faisait aussi tourner les moulins de l’industrie et le pays produisait.

Souffle alors et encore le vent du progrès social deuxième manière. Au diable les vulgaires considérations budgétaires, tout est dans la relance de la consommation et dans la consolidation des avantages acquis et surtout dans la consolidation des avantages acquis par ceux qui ont acquis des avantages. L’État veille sur tout et endosse toutes les responsabilités des citoyens qui pour lui sont d’abord des électeurs. L’État veut le Bonheur de Tous, le fameux Bien Commun lequel, comme chacun le sait, passe par la réduction régulière, constante du temps de travail. Quelle meilleur manière de satisfaire l’électeur ? Est-il une démagogie plus facile à vendre ?

Le consommateur doit consommer et le travailleur doit travailler « dans la modération ».

Tout le système s’embourgeoise et chacun s’endette. L’État plus qu’il ne convient.

C’est dans les classes populaires et de faible qualification que le phénomène devient critique.

Soutenu par la collectivité (redistribution et protection sociale) l’individu de faible productivité (faible compétence, faible temps de travail) accède à un niveau  de consommation qui n’est plus en relation économique avec sa capacité à produire et ne traduit plus qu’un degré d’insertion social posé en objectif.

Moralement et socialement on ne peut que se réjouir de ce « progrès ». Personne ne souhaite voir son voisin vivre pauvrement.

Appelons Embourgeoisement ce progrès qui permet à quelqu’un qui ne l’a pas gagné (au sens défini précédemment) de mener une vie comparable à celle d’un petit bourgeois.

Cela suppose, en gardant le même vocabulaire, que le reste du corps social « gagne » sa vie et « en même temps », celle de celui qui est sorti par solidarité de la pauvreté.

Cet emploi du « en même temps » n’est pas un pied de nez fait au Divin Enfant Jupiterisé mais illustre en réalité l’ambiguïté foncière de cette pensée qui  consiste à dissocier l’action sociale des résultats économiques ; ou encore de croire que l’on peut sans limite demander aux producteurs de richesse de supporter un nombre croissant de non-productifs ; ou encore de croire qu’on peut dépenser plus qu’on ne gagne ; ou encore de croire que la dette restera à jamais un problème « pour plus tard » et « pour d’autres » et qu’il n’y a pas pour l’État de « carnet de la ménagère ».   Le carnet de la ménagère du 05 mars 2017

On ne parle pas ici des vrais exclus, des vrais précaires, des damnés, des SDF, de ceux qui ont complétement égaré la clé d’entrée dans le système social ou auxquels on ne l’a jamais proposé.

Ils ne sont pas sur la liste de Martinez. Oubliés, ils sont. Oubliés, ils restent.

Il ne faut pas davantage oublier ou négliger les difficultés rencontrées pour simplement se rendre à son travail. Une mère de famille qui doit ajouter 3 ou 4 heures de trajet quotidien à ses 35 heures de boulot aura consacré 15 ou 20 heures de plus à son travail. Il s’agit là d’une très importante perte de productivité dans le monde du travail. Urbanisme, mobilité physique, immobilier, vie familiale…tout se mêle pour compliquer ce problème. Cet usage de la bagnole ne relève plus de l’embourgeoisement.

Au-delà de ces gens oubliés ou harassés, il existe une fraction importante de la population qui trouve légitime de ne travailler que 35 heures par semaine, quand elle les fait réellement, et qui vit au-dessus de ses moyens ou plus exactement au-dessus des moyens qu’elle a « gagnés ».

Cette légitimité repose, on le répète sur le credo que les ressources de l’État (impôts) sont indépendantes du travail fourni par le corps social et en particulier des profits réalisés à l’exportation, industrie, agriculture.

Cette population s’est embourgeoisée dans la consommation tout en restant prolétaire dans le schéma mondial. Cet embourgeoisement du mode de vie et du mode de consommation qui s’inscrit en terme positif dans un PIB devenu fou n’est pas, hélas, légitimé par une participation suffisante à la production marchande de la collectivité qui a généré l’embourgeoisement sans favoriser le travail et la production. Bien au contraire ! Marchande car la collectivité n’est qu’un petit (minuscule vraiment) morceau du vaste monde de la production, de la vente et de la concurrence et qu’il est impossible qu’à un moment donné, dans une monnaie imposé, les comptes du carnet de la ménagère ne soient soldés et la dette révélée.

 

Deuxième note : On cherche une illustration.

 

Imaginons le cas d’une jeune femme, divorcée, mère de deux enfants.

Imaginons qu’elle vive en Normandie, qu’elle ait été élevée comme on élève les jeunes filles dans une petite ville de Normandie, qu’elle n’ait pas fait d’études bac-plus-truc mais qu’elle ait une certaine facilité et justesse d’expression.

Imaginons qu’elle soit avenante, plutôt jolie et qu’elle soit une femme de caractère qui mesure et déplore la médiocrité de son sort.

Imaginons en effet qu’après avoir raté son mariage ou en même temps qu’elle ratait son mariage, elle n’ait connu qu’une vie professionnelle qui ne la satisfasse ni pécuniairement, ni intellectuellement ; par exemple, serveuse puis aide-soignante à l’hôpital de la grande ville la plus proche.

Elle mène une vie difficile et il lui faut trouver de l’aide dans sa famille, sa belle-famille, son ancien mari : il faut bien s’’occuper des deux enfants pendant que la jeune femme en plus de son travail se tape les 40 ou 50 km du trajet quotidien pour se rendre au travail.

Ici s’arrête l’exercice d’imagination car il est certain que la jeune femme souhaite vivre bourgeoisement et estime avoir le droit de vivre bourgeoisement.

Il est certain qu’elle trouve son sort injuste. Elle recherche qui est responsable de ce qui lui échoit dans le grand panier de la vie.

On a envie de l’aider, on la comprend. La chanson nous le dit :Ne la laisse pas tomber   Elle est si fragile ;  Etre une femme libérée tu sais, c'est pas si facile… 

La Fée du Web jette sur la pauvrette un regard compréhensif. Un mouvement populaire intégralement facebooké apparait sur l’écran de sa vie. Il faut réagir à l’inique augmentation des taxes sur les carburants.

Elle réagit. Porte ouverte, train à prendre, cause à embrasser, elle contribue.

Moins sotte que d’autres, mignonne, sachant s’exprimer elle convainc, elle convient.

Symbole, elle représente.

En tout cas, la porte étant ouverte elle voudrait faire un pas un pas en avant et puisqu’elle représente, elle souhaite devenir une représentante. De quoi, elle ne sait pas très bien mais on trouvera bien « en marche ».

Ses yeux se décillent et elle découvre le monde, en premier lieu celui des machos stupides qui passent tout benoitement de la revendication légitime à l’insurrection gauchiste. Ce monde la repousse dans les deux sens du terme.

Elle tente d’ouvrir la porte des médias mais elle découvre qu’on n’adhère pas naturellement à une autre secte …

Cherche-t-elle à ouvrir d’autres portes ?

Adhérer à Macron, tant qu’il est temps en rêvant à la députation ?

Faire chante un joli brin de voix peut-être mais quelle concurrence !

Entamer une carrière de comédienne dans une série policière façon Meurtre à Louviers après une brève prépa dans « Plus belle la vie ».

Une chose est sûre : maintenant il faut vraiment, encore plus, qu’elle gagne sa vie. Il ne faut pas que les portes ouvertes-entrouvertes se referment : elle est si fragile.

On lui souhaite bonne chance et plus encore à ses deux enfants.

Puisse Ingrid trouver enfin la bonne porte.

 

En cherchant une illustration pour ce tableau un autre profil de jeune femme venait à l’esprit mais il serait lassant de  répéter l’exercice : Laissons donc Priscillia à ses crèmes de beauté et soyons certain que le gain récent de notoriété (avantage acquis) l’aidera dans la conduite de son business.

Cela laisse au Naïf un goût d’inachevé : le parfum des Îles, que voulez-vous !

 

Troisième note 

Le lecteur dira : pourquoi deux jeunes femmes ?

La raison est simple. Tous les bonshommes dont le nom aurait pu illustrer cette parabole sont vraiment infréquentables et n’inspirent aucune sympathie.

Laissons-les à leurs émeutes et à leurs gilets.

Ces gens, ces gilets jaunes, qui sont traités ici avec désinvolture n’ont dans leur plus grand nombre fait que suivre le chemin que leur traçaient les démagogues en quête d’électeurs depuis une cinquantaine d’année.

Travaillez moins et profitez plus, ne pensez pas à l’avenir, l’État veille sur vous. Surtout, n’hésitez pas à demander. Celui pour qui vous avez voté vous l’accordera. Embourgeoisez-vous.

C’est beau, grand et généreux la Démocratie quand on sait s’en servir.

Chemin qu’on leur a tracé :

Chemin idéal tant que tout le monde travaille, produit et que le niveau de dépenses collectives (État plus protections non-cotisées) reste acceptable. Acceptable signifie ici : compensé par les recettes.

Ligne de crête délicate tant que la dette ne représente que l’amortissement d’une dépense d’investissement productif. Productif signifie ici : qui va contribuer à la production de richesse et à des rentrées financières alimentant l’impôt.

Toboggan mortel quand la dette devient l’air que la nation respire pour survivre dans sa descente vers le sous-développement.

Ces gens, gilets jaunes, vous et moi sommes les embourgeoisés qui attendons tous que la faillite nous attrape par la queue. Nous la voyons venir sur notre écran plat coréen au gré des grèves, devenues émeutes, devenues insurrections qui animent notre quotidien.

 

Pourvu que ça dure.

 

Le cas des retraités est particulier : ils ont vécu leur temps, ont cotisé  comme il convenait et v’la ti pas que les jeunes générations s’exonèrent du boulot.

Normal, on a dit à ces générations qu’ils allaient tous être chefs puisqu’ils allaient faire des études supérieures… puisqu’on leur a donné le bac auquel ils ont droit.

Normal puisque l’université les accueille dans les disciplines dans lesquelles leur capacité de production sera valorisée…Sociologie, Archéologie, Anthropographie pour les meilleurs, Psychologie et Droit 1ère année pour les autres.

Le temps que cette jeunesse réalise l’impasse dans laquelle on l’a enfournée, elle devenue adulte et inclassable, composée de ces inutiles et de ces précaires que nous décrivent les vrais sociologues.

Donc plus de possibilité de revaloriser les retraites faute de nouvelles cotisations et chômage dont on ne mesure même pas l’étendue.

Heureusement l’État veille : on dit qu’il reprend la main. Main qu’il  plongera dans le  grand bas de laine à l’envers qu’il maintient ouvert en même temps que sa boite à outil : il  puisera dans la dette qui s’installe dans son rôle de ressource première.

Revalorisera-ton les retraites ? Ce n’est pas improbable, à force de lambiner des élections vont avoir lieu.

J’y suis favorable pour des raisons qui n’échapperont à personne.

 

°°°°°°°°°°°°°°°°

 

Hors sujet, un zest de vocabulaire.

Ingrid s’appelle, tout le monde l’aura reconnue, Ingrid Levavasseur.

Un vavasseur est le Vassal d'un seigneur lui-même vassal; homme pourvu d'un arrière-fief; petit vassal en général et notamment en Normandie le  Titulaire d'un fief plus petit que celui du chevalier, et qui peut combattre à cheval, mais avec un équipement moins coûteux que celui du chevalier   (cnrtl)

Ingrid serait ainsi vassale à deux degrés :

D’abord comme tout(e) bon(ne) GJ elle est une mécontente, vassale du « système ».  Elle veut « rassembler les initiatives citoyennes » mais elle ne peut combattre à cheval, à la différence de Drouet, monté sur son gros camion.

Mais aussi, et c’est peut-être plus sérieux, comme une jeune mère célibataire avec deux gosses, vassale de la condition féminine. Marlène Schiappa, jeune femme au parcours intéressant devrait la prendre sous son aile ou à tout le moins l’inspirer.

 

20 mars 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 mars 2019

Insurrection et pamphlet

 

Je tourne le bouton du poste. On disait comme ça. Naguère.

L’image m’instruit. Je vois des émeutiers tenter dans une insurrection violente d’assassiner, en groupe, des représentants des « forces de l’ordre ». On dit comme ça. Maintenant. Les Forces-de.

Ils pillent ce qu’ils peuvent voler et ils saccagent et brulent ce qu’ils ne peuvent emporter ou qui leur déplait.

J’entends la speakerine. On disait comme ça. Naguère. La présentatrice est un produit récent : preuve qu’on nettoie la langue de ses anglicismes.

Sa parole m’instruit. Elle dit : les dernières manifestations ont donné lieu à des actes de violence.

 

Ouf, je me sens mieux : elle n’a pas ôté de sa narration le mot violence. C’est un bon jour. En langage correct, elle aurait dû dire que « la manifestation avait provoqué des désordres » car il est bien entendu qu’il ne convient pas d’attacher une importance particulière au fait qu’un groupe de gens essaie de tuer un CRS ou un policier ou qu’il saccage, pille et incendie en toute quiétude les magasins de l’avenue où ils « manifestent ». Incendier un immeuble avec ses occupants ou un restaurant dont le défaut est d’être célèbre, ne sont que peccadilles.

 

Ainsi l’émeute et l’insurrection deviennent licites. Et le droit de manifestation habille l’acte criminel. Le « droit À » autorise tout.

 

Les Forces de l’ordre sont apeurées par la perspective d’avoir à subir les foudres du système judiciaire si dans l’exercice d’une nécessaire répression ils étaient conduits à faire « pour de bon », réellement, usage de la force.

Ce qui entrainerait inévitablement des blessés et des morts puisqu’ils ont en  face d’eux des individus armés pour blesser ou pour tuer. Sauf à considérer qu’un cocktail Molotov est un signe de mécontentement véniel.

Évidemment les CRS, flics et gendarmes  sont identifiables et ils ne se fondent pas dans une foule accueillante.

Évidemment ils représentent, non pas l’ordre que requiert la vie en société (ainsi qu’on les désigne, Forces de…) mais les puissances obscures du capital et du colonialisme et de tous les autres maux que l’idéologie victimaire et écologisante leur imputera.

Leurs visages manquaient sur le « Mur des Cons ». Quel oubli !

L’appareil législatif est celui  d’une société en ordre et convient mal à une société qui crée et revendique le désordre. Sans parler de l’état de guerre de notre gentil Hollande. (1)

 

Mais enfin, il faut reconnaître que les flics et autres CRS ne remplissent pas leur mission et les saccages continuent. Les interrompre conduirait à l’affrontement violent qu’ils redoutent et dont, sans nul doute, on leur attribuera la paternité.

Une solution s’imposerait : limoger le préfet de police. Cela résoudrait tout.

On objectera qu’ont été interpellés des individus qui ont été ou seront placés en garde à vue le temps prescrit. Après le « rappel à la loi » rituel, ils seront élargis « sans autre forme de procès » faute de preuves et de flagrance.

Il n’est pas question qu’ils puissent manquer « l’acte » suivant.

Sinon, comment pourraient-ils poursuivre leur entraînement d’émeutier insurrectionnel ?

D’ailleurs les individus appréhendés étaient-ils des émeutiers ou simplement des imbéciles appréhendables ?

 

Plus que jamais il est temps d’appeler les choses par leur nom et plus que jamais il est temps de laisser les gendarmes attraper les méchants par l’usage de la force légitime.

On en viendrait à souhaiter, chaque samedi, qu’un CRS soit grillé ou qu’un flic soit tué pour qu’enfin la grandes masse des soumis à la belle pensée se réveille pour mesurer l’étendue de la désagrégation sociale qu’elle tolère quand elle ne la favorise pas. (2)

Je serais désolé que ce texte, très délibérément excessif dans l’expression soit perçu comme une défense de la bavure policière. Certainement certains tirs de flashball aurait dû être tirés plus bas en ne visant que les parties… les moins fragiles de l’anatomie du manifestant.

Les forces de l’ordre doivent rester exemplaires et ne doivent pas céder à la vindicte et à l’énervement.

Mais cette recherche de qualité ne doit pas conduire à les désarmer, ni les réduire à l’impuissance.

 

Au moment même où je termine ce texte, le JT m’apprend que le Divin Enfant aurait enfin pris la mesure du problème et qu’il nous promet, ce qu’il fait avec la même constance que ses prédécesseurs, des mesures fortes…

Chère, très chère Leonarda. Chère et luxueuse NDDL…(3)

Combien de reculades encore avant que tout l’électorat ne tombe dans le vide Le Pen. (4)

En plus : un Chef de l’État qui a lu Ricœur, c’est bien et on ne saurait lui en faire grief. Mais si en plus de cette qualification il avait lu la loi de Transition de mes deux et en avait compris la portée, il n’aurait pas à résoudre des troubles sociaux qu’il a provoqués. Si, souvenez-vous, la Taxe Carbone et le « sauvetage de la planète » leit-motivée dans chaque nouveau discours.

Attendons la fermeture des centrales nucléaires.

Comme je reste inquiet (quoique naïf) je me dis que d’autres évènements, d’autres pétards ne tarderont pas à fuser au Pays Merveilleux des 35 heures.

Au-delà du nucléaire évoqué à l’instant, La liste de ces futurs motif-de est longue, l’immigration n’étant pas le moindre de ces motifs, mais je ne peux m’empêcher de penser que celui de l’écologie politique mal ingérée-digérée-excrémentée (5) est un de ceux qui « nous » reviendrons dans le museau avec la vigueur qu’a mis le Président lui-même à allumer le pétard.

Je dis « nous » car à la différence des journalistes qui conçoivent la vie publique comme une sorte de compétition  sportive, compétition entre des personnes de gouvernement ou d’opposition, les gagnants ou les perdants, les acteurs en somme, ne sont pas les Macron,  les Royal ou les Wauquiez (quelle tristesse) du monde de l’énarchie, mais le peuple français tout ensemble, vous, moi et nos enfants. Quand Macron prend un bourre-pif, « nous » souffrons et la France s’abime.

 

  1.       Tout spontanément j’avais écrit état de guère. Ça allait bien aussi.
  2.       J’appelle cette soumission ou cette bénévolence le syndrome du Loup. On en reparlera.
  3.       J’allais en plus évoquer-wordtaper Hulot, mais Word s’est cabré et a tout simplement refusé. C’est ça l’IA.
  4.       La trappe à phynance du Tellement-Cultivé-Insoumis semble momentanément moins béante.
  5.       Le néologisme ! Merdre. Mieux qu’expulsée ou éjectée qui ont des saveurs de sans-papier ou de cartouche d’arme automatique.

18 mars 2019

 

 

 

Posté par Dufourmantelle à 14:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 mars 2019

Avant…

 

Une année fiscale s’était écoulée. Année 1

Au début de l’année suivante, année 2, je racontais ma petite histoire fiscale de l’année 1 juste terminée, mes revenus, ceux de ma femme ; je précisais quels enfants étaient encore à ma charge ; je veillais à ne pas oublier, après les avoir recherchées, quelles singularités fiscales je pouvais utiliser pour diminuer mon impôt…sous des prétextes parfois incongrus, reflétant le fait que l’État utilise l’IR comme un couteau suisse ou pour reprendre une expression passée de mode, comme une boite à outil.

Bref, je faisais comme les textes le prévoyaient, un compte-rendu de l’évolution de ma situation familiale et financière lors de l’exercice 1 écoulé.

L’administration appliquait ses barèmes et me faisait en retour savoir quel était le montant de l’impôt à acquitter.

Il existait dans ce mode d’imposition un décalage car le calcul de l’impôt de l’année 1 n’intervenait qu’en cours de l’année 2.

Au fil de l’année 2, à échéance convenu je réglais moi-même en citoyen respectueux, cette dette contractée auprès de l’État l’année précédente par des versements réguliers débités sur mon compte bancaire (soit les tiers provisionnels, soit selon un calendrier de quasi mensualisation), versements estimés en fonction de l’historique de mes impôts de l’année 0.

L’exercice se terminait par l’apurement du compte annuel effectué avant la déclaration suivante.

Un peu compliqué, mais cela marchait depuis … depuis longtemps et somme toute, pas si mal que ça.

Maintenant…

 Le fisc me demande de régler le montant de l’impôt de l’année en cours, année 1, au moment même où je perçois le revenu. En fait c’est à mon employeur ou à ma caisse de retraite qu’il demande de le faire.

Pour recouvrer cette fraction de l’impôt il utilise donc (comme par le passé, comme avant !) la même base comptable, à savoir le taux de prélèvement de l’exercice précédent ou tel autre taux que j’ai le loisir de choisir sous certaines conditions en référence à l’année 0.

Il ouvre donc un compte classique débit-crédit de mon IR.

Au cours de l’exercice, je signale les changements intervenant dans le foyer comme naissance d’un nouvel enfant ou autre facteur modifiant le calcul.

Le taux de prélèvement sera (plus ou moins rapidement) modifié (ou pas) pour prendre en compte ces changements.

Pendant l’année fiscale je recherche dans quelles niches je peux me glisser pour alléger (optimiser) mon impôt et j’en rends compte à l’administration… avant et pour la clôture de l’exercice.

Enfin, à un moment donné de l’exercice, il faut bien solder le compte en prenant en compte les changements et ces différents aménagements comme les crédits d’impôt ou les dépenses déductibles du revenu.

Donc paiement de l’impôt suivant un procédé qualifié de « à la source » sur la base des données de  l’exercice précédent, actualisation des données effectives du calcul de l’impôt et apurement du compte.

Je peine à discerner la simplification dans cette modification du calcul et de l’acquittement de l’impôt.

Je constate qu’un nouvel agent est intervenu dans le processus, l’employeur (ou à tout le moins le payeur) personne que la perception de mon impôt ne concerne en rien et qui a d’autres chats à fouetter.

Au demeurant depuis belle lurette, dans le cadre de la mensualisation, les virements bancaires remplissaient parfaitement la fonction du payeur.

Et bien sûr, mais ce n’est qu’un détail, il faut régler les difficultés posées par l’inévitable année blanche.

Étant d’un naturel suspicieux et faisant crédit au Ministère des Finances d’avoir une idée derrière la tête, je me disais que cet embrouillamini ne pouvait qu’être un prélude à une disparition programmée des niches fiscales (plus ou moins 500, nous dit-on, leur nombre exact n’est pas connu) avant que d’être complètement rassuré : on n’y touchera pas car, à l’évidence les faire disparaître reviendrait globalement à une augmentation, au plan national, de l’impôt.

Ce qui n’est pas dans les vues du Président. Me voici rasséréné.

Je me demande néanmoins en quoi ce bastringue nouveau constitue une réforme et j’ai peine à y discerner la moindre simplification, ni le moindre progrès que ce soit pour le fisc ou pour l’assujetti.

On me dit que des centaines de spécialistes ont consacré des milliers d’heures à mettre au point ce système comptable. Comme dirait Bastiat : En voilà, du bon PIB ! *

Des réductions de personnel en résulteront. Qu’il me soit permis de rester sceptique sur ce point.

 

Une fois encore, je suis confronté à une question qui tourne dans ma tête de façon lancinante et dont je n’ose formuler la réponse : Suis-je un imbécile ou suis-je gouverné par des imbéciles ?

Répondre conduirait à rechercher une explication et à formuler une nouvelle question : pourquoi sommes-nous dirigés…comme nous le sommes ?

 °°°°°°°°°°°°°

Dans un grand nombre de pays l’IR n’est pas une boite à outil d’incitation ou de redistribution. C’est simplement comme la CSG un pourcentage prélevé sur chaque revenu individuel. Plus question de famille, de niche, de crédit de ceci ou de cela, plus de panneaux solaires ou d’isolation thermique, plus de femme des ménage…

Ce taux de prélèvement est souvent le même pour tous les assujettis, ce qui traduit l’égalité des citoyens devant cet impôt.

Il n’existe alors aucune raison pour que le payeur n’effectue pas la collecte de cet impôt-taxe dans la mesure où cela fait disparaitre des secteurs très important et très coûteux de l’administration responsable.

Dans la plupart,  des pays européens le calcul et la perception de l’IR s’effectue par des procédés variés mais finalement assez semblables au mécanisme français.

Mais nous étions les seuls à ne pas « prélever à la source ».

Intolérable pour Sapin, Hollande et même pour notre fringant Président : réformons et modernisons tout comme un mouton pense réformer son troupeau en suivant la foule bêlante de ses congénères moutonniers.

 Mais de réforme fiscale, nada.

 *Que le lecteur et Bastiat pardonnent l’anachronisme. Pour Bastiat, je tiens la chose acquise. Pour le lecteur, qu’il en pense ce qu’il veut.

 20 février /  3 mars 2019

 

 

 

 

 

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