Le Naïf dans le Monde

11 décembre 2019

Taxe Carbone perdue dans le labyrinthe d’oncle Pigou

 

Quelle bonne idée, cette taxe carbone. Elle rendra le consommateur vertueux et contribuera à la réduction des émissions de ….Bla, bla, bla…

Si on parle des objets de consommation qu’on aimerait faire disparaitre du marché sans avoir le courage de les interdire, la taxe « à la consommation » peut servir de préliminaire (mais pas de substitut) à l’interdiction différée. Le tabac est l’exemple le plus clair.

En revanche lorsque le produit est consommé nécessairement  par un grand nombre et une grande variété de clients il convient de faire preuve de discernement dans le choix du point d’application de la taxe laquelle sera d’abord ressentie, même habillée de louables intentions, comme une peine, comme une taxe en plus et comme une manifestation d’inégalité, du fait de la variété des groupes de consommateurs.

Le prix du produit soumis à la taxe est dans l’instant comparé à son prix chez le voisin qui ne l’applique pas. Les frontaliers vont faire leurs emplettes au supermarché installé à l’emplacement de l’ancienne douane en même temps que s’organise et se pérennise un marché parallèle, ainsi à nouveau, le tabac et à un degré moindre les carburants, sans oublier l’alcool qui imbibe la société.

L’année écoulée est une brulante et brillante illustration de ce qu’il ne faut pas faire.

Il est d’ailleurs assez remarquable qu’à seulement un an d’intervalle nos très éclairés ministres d’on ne sait plus très bien quoi réédite le gag d’une augmentation de taxe sur le gazole en plein démarrage de troubles sociaux annoncés ajoutant sans surprise une petite cerise sur le gâteau des revendications. Les gilets jaunes ne leur avaient pas suffi, ils voulaient vérifier que les mêmes erreurs produisent les mêmes effets.

Ont été évoqués tabac, carburants, alcool comme produits pour lesquels la taxe d’oncle Pigou (1) provoquent ces trafic. Mais on n’oublie pas le cannabis et un degré plus avant toutes les drogues.

Une erreur qui se manifeste chez la plupart (2) des commentateurs avocats de la taxe carbone est de ne pas reconnaitre que cette taxe concerne non pas un produit, un élément de consommation dont il est possible de se passer sans mettre en cause l’ensemble du processus économique puis social puis politique dans son ensemble mais une matière première qui irrigue tous les circuits économiques.

On peut ne pas manger de Nutella, il est possible de ne pas boire régulièrement 4 Ricards avant chaque repas, il est souhaitable de ne pas fumer deux paquets de gitanes maïs par jour (3) mais il n’est pas possible de réduire, ni même contrôler le flux de l’énergie dans le monde comme il n’est pas possible de réduire la circulation sanguine dans le corps du promoteur de la taxe alors qu’il faudrait au contraire l’accroitre afin que son cerveau soit mieux irrigué et qu’il raisonne mieux.

On veut croire possible de réduire ce flux de l’énergie localement, France, Europe… en cachant le fait qu’une réduction observée des nuisances résulterait d’abord d’une baisse d’activité en général  et industrielle en premier lieu.

La taxe carbone locale intervient comme le coût de la main d’œuvre et son application conduit les industries et les productions à migrer vers les pays à faibles coûts d’énergie et de main-d’œuvre. Ce qui est de pure logique : la main-d’œuvre en matière de production industrielle et autre (agricole en particulier) n’est qu’une autre forme d’énergie.

La discussion pour savoir par quels mécanismes taxe Carbone et activité productive sont liées est complexe et déborde le cadre de ce papier mais personne ne peut nier qu’elles le sont.

 

Toute taxe carbone locale ou sectorielle sur des produits relevant du commerce mondial provoquera des transferts des activités de production vers des pays qui n’auront pas appliqués de taxes ou des modifications de consommation accompagnées des fraudes ainsi provoquées. Le libéralisme génère ses contraintes propres et la main invisible caresse qui elle veut.

Le seul point d’application d’une taxe carbone qui ne donne pas lieu à ces mouvements, à ces désordres  est situé  précisément à la sortie du puit de pétrole ou de gaz et sur le carreau de la mine de charbon. (4)

Le seul document qui entraine la création de la taxe est la facture du premier fournisseur au premier client. Ce premier producteur, inventeur du produit est le collecteur de la taxe.

Il suffit alors de rappeler à cette entité  la nécessité de transférer les sommes collectées à un organisme international, fonds souverain du carbone, ayant vocation à utiliser cette ressource pour atteindre les objectifs qui ont été définis à l’instauration de la taxe et agréés par tous les producteurs d’énergie.

Quels sont ces objectifs ? Comment mettra-t-on en œuvre, après les avoir définis, les moyens nécessaires ? Comment fonctionnera cette banque du carbone ?

Rêver d’une unanimité mondiale sur ces principes et sur les réponses à ces questions  relève de l’utopie et du déni des réalités géopolitiques. 

Sans besoin d’analyse poussée, émettre  beaucoup moins de GES signifie:

Réserver les combustibles aux tâches que l’électrique ne sait pas effectuer. L’avion est le meilleur exemple et tout bêtement l’acier, le ciment et mille autre babioles produites avec de la chaleur.

Convertir à l’électrique tout ce qui peut l’être en plus de tout ce qui l’est déjà. Ce qui veut dire, qu’on le souhaite ou qu’on le déplore, accroitre la production nucléaire.                          Il s’agit en premier lieu du transport. Ce désir de conversion provoque l’immense flot de rêveries sur la voiture qui dit papa-maman et évite tous les accidents sauf ceux qu’elle crée.

Vaste programme et bien du courage à Sainte Greta et à ses affidés.

 

Une dernière remarque : Aucune mention n’est faite des Énergies Solaires et Éoliennes. Il y a à cela deux raisons, la première étant qu’elles ne peuvent qu’être marginales en quantité. La seconde est que cela donne des boutons à l’auteur de ce papier. Ces deux raisons sont liées.

Une autre dernière remarque : Un commentaire avisé, lu après rédaction de cet article est joint en annexe ainsi qu’à l’habitude. L’auteur, M. Gollier dit l’essentiel et en tout cas ne profère pas les sottises habituelles. Mais visiblement il ne conçoit ou ne comprend pas que l’Europe ne peut, à elle seule, constituer une plateforme suffisante pour l’instauration d’une taxe carbone européenne sauf à accentuer encore, s’il en est besoin les déséquilibres dans les coûts de production avec toutes les autres parties du monde. La Banque Centrale du Carbone dont il reconnait la nécessité financerait des acteurs économiques « dans un cadre prévisible sur le long terme ». Il ne peut pas ne pas revenir dans le flou et l’univers des bonnes intentions : Qui définit ce cadre sur le long terme et qui sera en capacité de sélectionner des projets « vertueux » ? 

La der de der des remarques : On a beaucoup utilisé le mot rêve ou rêverie. La faute n’en revient pas à l’auteur mais aux rêveurs.

 

  1. À ne pas confondre avec l’oncle Picsou, encore que…
  2. La majorité, pour ne pas dire tous.
  3. Souvenir d’un passé déjà lointain ; cela replace l’auteur dans une époque qui ignoraient ces questions.
  4. Le Carbone de la fabrication des éoliennes et des panneaux solaires sera mis à leur débit.

 

11 décembre 2019

 


Réchauffement climatique: Il faut fixer un prix universel du carbone

Christian Gollier : entretien avec  Bertille Bayart Le Figaro 6 décembre 2019

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LE FIGARO. - La COP25 est réunie à Madrid. Faut-il espérer que la lutte contre le changement climatique progresse?

Christian GOLLIER. -Ce qui est très encourageant, c’est le basculement récent du débat. Nous n’en sommes plus à nous convaincre de la réalité du changement climatique, mais à réfléchir à comment nous pouvons le combattre. Cette discussion-là n’est pas encore construite. Elle reste prisonnière d’un complet relativisme. Tout peut être dit, et tout se vaut. Les utopistes, d’un côté, et les collapsologues, de l’autre, s’en donnent à cœur joie…

Sans être ni l’un, ni l’autre, l’immense difficulté de l’exercice ne rend-elle pas pessimiste?

L’énergie fossile peu chère a été la base de notre prospérité depuis deux siècles. Or la lutte contre le réchauffement climatique implique d’y renoncer, alors même que les stocks sont encore abondants, et de basculer vers une énergie plus coûteuse, difficile à utiliser et aléatoire. Ces inconvénients des énergies renouvelables sont une réalité, du moins tant que le verrou technologique du stockage de l’électricité n’aura pas été levé, et il ne l’est pas du tout à ce jour. L’autre problème, c’est le prix. Produire 1 kilowatt/heure d’électricité au charbon coûte autour de 7 à 9 centimes, contre 14 centimes pour l’éolien, et 20 à 30 centimes pour le photovoltaïque en France. La transition énergétique ne sera pas heureuse. Elle sera attentatoire au pouvoir d’achat à court terme pour des bénéfices importants, mais éloignés. Et c’est pourquoi les politiques doivent prendre leurs responsabilités.

Ne le font-ils pas?

Les États occidentaux, singulièrement en Europe et en particulier en France, font certes beaucoup d’efforts. Mais ils se dispersent en réalité dans une multitude de micropolitiques: bonus automobiles, tarifs de rachats de l’électricité produite par les renouvelables, normes dans le bâtiment, etc. Il est intéressant d’évaluer chacune de ces mesures en termes de coût par tonne de CO2 évitée. C’est… instructif! Par exemple, l’État a subventionné à partir de 2010 les installations photovoltaïques sur les toitures des particuliers avec un tarif de rachat garanti (60 centimes le KWh). Ce surcoût, comparé aux 6 centimes le kWh nucléaire, s’élève à 1300 euros la tonne de CO2 évitée, payée par le consommateur. À titre de comparaison, substituer le charbon par le gaz ne coûterait que 30 euros la tonne.

Comment mettre plus de rationalité dans les choix?

Une stratégie efficace, ce serait de réaliser tous les efforts qui coûtent moins de 50 euros la tonne de CO2 évitée, qui est une estimation du dommage climatique. Comment y parvenir? Avec une seule mesure, simple. Il faut fixer un prix universel du carbone, de 50 euros la tonne de CO2. Ce signal-prix, c’est la seule façon de mettre en branle la myriade d’actions climatiques que l’État ne saura jamais planifier. Ce sera plus efficace que ces micropolitiques, car le mécanisme de prix du carbone organise la décentralisation efficace du processus de décision. Et ce sera plus acceptable que la coercition, attentatoire à la liberté individuelle.

Mais ce prix renchérit évidemment celui des carburants par exemple. C’est très exactement ce contre quoi les «gilets jaunes» s’étaient révoltés. N’est-ce pas utopique?

Non, si quelques conditions sont réunies. D’abord, ce prix fixé pour le carbone ne doit connaître aucune exception, pour qui que ce soit, ni pour quelque activité que ce soit. Ce qui avait poussé les «gilets jaunes» sur les ronds-points, c’est aussi de savoir qu’ils allaient payer leur essence quand le kérosène des avions restait exempté. Le prix du carbone, universel, a donc un gros avantage: il est «lobby-résistant»! Ensuite, il faut redistribuer le produit de cette taxe en surcompensant les ménages modestes et en finançant des politiques bénéficiant prioritairement à ceux-là, comme l’enseignement. Chaque Français émet en moyenne 6 tonnes de CO2 par an. Cela représente une facture de 300 euros. Enfin, ce prix n’est pas seulement économique. Il représente la valeur de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures. Ne nous trompons pas: il ne s’agit que d’un mécanisme qui vise à résoudre un problème qui est d’abord moral et politique.

Vous évoquez un prix à 50 euros la tonne qui rend l’idée acceptable. Mais pour s’approcher des objectifs de la COP21, et de la trajectoire à 2 degrés, certains estiment que le prix du carbone doit être fixé à plusieurs centaines d’euros! Cela change tout.

La valeur de 50 euros est en effet un point de départ, évidemment insuffisant pour parvenir à la neutralité carbone visée à l’horizon 2050. Dans une quinzaine d’années, ce prix aura été porté à 250 euros, et en 2050, à sans doute 400 euros. Ce qui est important, c’est que la trajectoire soit prévisible et transparente.

Le prix du carbone ne peut-il exister que s’il est mondial, ce qui rend son adoption très improbable?

Il faut réussir à le mettre en place à une échelle large. Autrement, cela crée deux problèmes. D’une part, il peut y avoir un effet de «passager clandestin», c’est-à-dire qu’un pays qui adopterait une taxe carbone supporterait tout l’effort alors que le bénéfice est au profit de toute l’humanité. D’autre part, il existe un risque de «fuite de carbone» ; on verrait les entreprises fortement émettrices déménager hors de la zone. Ce serait une double peine, puisque l’impact environnemental serait nul pour un prix élevé en termes d’emplois et d’activité. Il faut donc créer une large coalition. L’Europe est selon moi l’échelon minimum, et elle peut s’entendre sur un prix du carbone assorti d’une taxe carbone aux frontières et d’un abattement au bénéfice des exportateurs. Si le coût à rester à l’extérieur est élevé et si l’intérêt à en faire partie est substantiel, alors cela créera une incitation qui permettra d’élargir la coalition.

Qui serait garant du dispositif?

Il faut créer une banque centrale du carbone. C’est-à-dire une institution indépendante à laquelle sera démocratiquement confié le mandat de piloter le système. Comme pour la politique monétaire, une telle «banque» permettra de crédibiliser le système. Et les acteurs économiques pourront inscrire leurs investissements dans un cadre prévisible sur le long terme.

 

 

 

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06 décembre 2019

Une image à commenter

 

Toujours je me réfère à des pourcentages d’énergie produites et d’énergies consommées pour en déduire que ni la France, ni même l’Europe ne sont des acteurs du réchauffement climatique et que tout ce qui nous est seriné à longueur de discours dégoulinants n’a aucun sens au regard du comportement des Américains, des Chinois, des Indiens et autre Indonésiens.

Grace à Marc Cherki qui a pêché pour nous chez Global Carbon Project un tableau des émissions de CO 2 dans le monde en 2018. Figaro du 4 dec 2019.  Comme à l’habitude je joins en annexe l’article en question.

Puisque l’objet est précisément de réduire les émissions de ce vilain gaz, il est donc plus instructif de regarder les effets, d’aller aux résultats, plutôt que de gloser sur les causes. Les écolos fervents y trouveront peut-être une nourriture plus consommable pour leurs délicats intellects.

Lisons ce tableau, que le lecteur doit examiner attentivement.

USA, Chine, Russie, Indonésie, Corée, Inde (et Pologne pour une quantité insignifiante) sont des pays dont la production de CO 2 progresse de 3 à 5 % par an, disons 4 par commodité.

Ces mêmes pays contribuent à la production mondiale de CO 2 pour une très large moitié, environ 24 milliards de tonnes sur une estimation de 40 milliards au total. On oublie les incendies de forêt.

Capture 2

Par comparaison l’Europe émet 3,4 milliards de tonnes en réduction prévue de 2.1 %.

Un calcul simple (simpliste, j’en conviens) nous dit que les 4 % d’augmentation des pays qui produisent plus de 24 milliards de tonnes, soit près de 1 milliard de tonnes démontrent que ….       

les efforts européens, 2.1 % de 3.4 milliards, soit 70 millions n’ont aucune portée réelle et n’influencent que pour une faible fraction de 7 % la tendance générale. 

Cette tendance peut-elle évoluer.

Oui, en empirant si comme la Chine l’a fait, l’Inde se réveille.

Oui en empirant si la Chine et les USA accentuent leur confrontation.

Et qui peut entrevoir une diminution ? Les rêveurs utopistes et les politiciens surfant sur une vague écolo-démago. Les songes creux de voitures électriques, de panneaux magiques, de remettre le gaz dans la bouteille, de croissance verte-vertueuse n’y changeront rien.

Pour la France, porte étendard de la Cause, les chiffres sont encore plus cruels : émissions de 340 millions de tonnes en diminution de 2.5 % prévue en 2018,  placent la France au niveau du pour cent mondial.

Ce que je dis depuis quelque temps déjà. 

Alors les chimères, les rêveries de taxe carbone et autres affichages se révèlent dénués de sens.

Si l’État qui ne sait plus compter souhaite lever des taxes il est inutile et trompeur qu’il habille ces besoins budgétaires d’oripeaux écologiques qui habillent ou déshabillent inégalement les citoyens.

Ce que je répète : s’il nous faut consommer moins et mieux, c’est simplement pour faire des économies dans le sens le plus ordinaire du mot.

J’ajoute qu’une taxe pigouvienne doit concerner l’ensemble de la population de manière uniforme sauf si on souhaite alimenter le désordre social ou si on est trop sot pour mesurer les conséquences de ses actions.

 

6 décembre 2019

 

Pourquoi cette annexe ?

Pour montrer jusqu’à quel point, à partir d’informations précises, des spécialistes parviennent à édulcorer le propos et même laisser ce glisser des doutes : plus de charbon ou moins de charbon, par exemple.

Et manient l’euphémisme : Les énergies renouvelables augmentent en quantité, mais pas aussi rapidement que la demande énergétique mondiale. Il ne faut pas faire de peine aux gentils écolos.

Et manient l’ironie : Une dame, Mme Le Quéré influencerait la politique du gouvernement ? À condition qu’elle trouve où on a bien pu la cacher.

Et ne remettent pas en perspective la place de l’Europe et de la France dans le grand concert de l’émission de GES. Gentille Mme Le Quéré !

 

Les émissions de CO2 en faible hausse   Marc Cherki   Figaro du 4 décembre 2019

Les émissions mondiales de CO2 sont 60 % plus élevées qu’en 1990. PHILIPPE LOPEZ/AFP

Alors que la COP25 a démarré cette semaine à Madrid, c’est encore une mauvaise nouvelle pour le climat. En 2019, les émissions de dioxyde de carbone augmentent encore, mais à un rythme qui a beaucoup ralenti. La hausse de 0,6% projetée pour cette année, à cause notamment de la Chine (+2,6%), premier émetteur mondial de CO2, et de l’Inde (+1,8%), quatrième contributeur après les États-Unis (-1,7%) et l’Europe (-1,7%). Le CO2 est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement du climat.

Au total, les émissions liées à la combustion d’énergies fossiles, atteignent 36,8 milliards de tonnes de CO2. En tenant compte du changement d’affectation des terres, qui estime les feux de forêts et les nouvelles surfaces pour les cultures agricoles, le bilan annuel serait autour de 43,2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone selon les données du Global Carbon Project.

 Ici l’image qui figure plus haut dans mon texte.

 

Ces résultats sont publiés le 4 décembre dans la revue Earth System Science Data. La tendance annuelle «est principalement due à la croissance continue des émissions liées à la combustion de gaz, en hausse de 2,6%, et de pétrole, en progression de 0,9%», explique Pierre Friedlingstein, premier signataire de l’étude, chercheur CNRS et professeur à l’université d’Exeter en Angleterre. Les rejets de CO2 issus des centrales au charbon «diminuent de 0,9%, mais pas assez pour compenser les hausses liées au gaz et au pétrole», ajoute le chercheur. En tant que premier auteur du Global Carbon Project, Pierre Friedlingstein succède à celle qui l’avait créé, la climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré, par ailleurs présidente du Haut Conseil pour le climat instauré en novembre 2018 par Emmanuel Macron pour commenter et influencer la politique du gouvernement français.

Récemment, plusieurs rapports, réalisés ou approuvés par l’Unep (l’Agence des Nations unies pour l’environnement) ont souligné que d’importantes capacités de production d’électricité à partir de centrales au charbon ont encore été installées en Chine entre juin 2018 et juin 2019. Hélas, ces équipements sont faits pour durer plus de quarante ans. «La production d’électricité à partir de charbon en Chine et en Inde, malgré le ralentissement économique, explique la hausse des émissions de ces deux pays et contribue à la hausse des émissions globales», constate Philippe Ciais, cosignataire de l’article et directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) du CNRS et du CEA Paris-Saclay. Il précise: «Il y a toujours une forte demande de ciment et d’acier en Chine, des secteurs très énergivores en électricité, produite principalement par des centrales à charbon.»

 Il est à noter, par ailleurs, que la diminution des émissions en Europe et aux États-Unis suit un rythme de baisse identique (-1,7 %) en 2019. Une diminution qui s’explique en grande partie par le remplacement de centrales au charbon par des installations brûlant du gaz naturel. «Pour la même quantité d’énergie produite, le charbon émet environ deux fois plus de CO2 que le gaz naturel», rappelle le chercheur du LSCE. De nombreux pays européens, à l’exception notable de la Pologne, ont déjà décidé d’arrêter d’utiliser du charbon. Ce bilan est presque ironique pour les États-Unis, où malgré les velléités de Donald Trump de soutenir l’industrie du charbon, «le développement d’énergies renouvelables se poursuit, notamment en Californie», précise Philippe Ciais. Au niveau de la planète: «Les énergies renouvelables augmentent en quantité, mais pas aussi rapidement que la demande énergétique mondiale.»

La production de CO2 en Chine par habitant (7 tonnes) est devenue bien supérieure à celle d’un Européen (6,7 t), mais elle reste loin derrière celle d’un Américain (16,6 t). Les courbes entre le Vieux Continent et l’empire du Milieu se sont «croisées en 2014», ajoute le chercheur français, et la tendance se confirme année après année.

Le Global Carbon Project souligne que les émissions mondiales de CO2 sont, en 2019, en hausse de 4% par rapport au niveau de 2015, lors de l’accord de Paris. Or la tendance devrait être à «une baisse d’environ 25% en 2030, par rapport à celles de 2015, pour limiter la hausse de la température au-dessous de 2 °C», rappelle Philippe Ciais. Et cette année, les émissions mondiales de CO2 sont «60 % plus élevées qu’en 1990, année de publication du premier rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, NDLR)», déplore Pierre Friedlingstein. Bref, selon les scientifiques on va dans le mur, d’autant que la hausse de la température moyenne est déjà comprise en 1 °C et 1,2 °C à la fin de 2019 par rapport à l’ère préindustrielle.

 

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03 décembre 2019

Le Paquebot, les Capitaines et les rameurs de Greta.

Encore une très courte fable. Elle ne vient pas du vieux grimoire des fables que connaissent les lecteurs du Naïf. Elle est beaucoup plus récente et sa brièveté en est la principale qualité. C’est une histoire de bateau dans lequel nous sommes tous.

 

Le Paquebot, les Capitaines et les rameurs de Greta.

 

Un gros paquebot à moteur navigue au cap que lui imposent les grands capitaines depuis la passerelle. Sa vitesse croit constamment.  Toujours au moins à 1.5 nœud de plus et souvent 2 nœuds…

Les moteurs brulent en quantités toujours croissantes (jamais moins de 1.5 %/an et souvent 2 %/an) du charbon, du pétrole et du gaz.

L’équipage, chef mécano, bosco et autres intendants observent la course du paquebot. Ils en jactent d’abondance et critiquent les grands capitaines. Le cap disent-ils mène le paquebot à la perdition car les moteurs consomment trop. Cela présage du mauvais temps et des mers agitées.

 

Immense est le nombre des passagers. On pense que toute la population du monde est embarquée dans ce voyage.

Énorme est la cargaison du paquebot qui remplit les soutes du progrès.

Bien des passagers ont accès aux soutes et viennent s’y fournir, qui en nourriture, qui en objets du quotidien de leur cabine. On dit même que des automobiles et des aéroplanes seraient disponibles, ce qui est très surprenant sur un paquebot.

D’autres passagers sont moins lotis et des ponts inférieurs n’ont guère accès aux soutes. Ils s’en plaignent. S’ensuivent des querelles à propos des quelles tous, Capitaines, équipage et passagers jactent d’abondance.

 

À l’arrière du paquebot des passagers et même quelques maîtres d’équipages, qui à la rame, qui en pagayant, déploient de louables efforts pour ralentir la vitesse du paquebot sur son erre. Ils sont foule et suivent avec ferveur la parole de Sainte Greta, vierge révélée qui leur insuffle une foi qui les anime dans leur entreprise de ralentir et sauver le paquebot.  Parmi eux on reconnaît un rameur énergique, encore jeune et vaillant, le Divin-Enfant-Président-Jupitérien-Sauveur-De-La-Planète et la toute nouvelle venue Présidente de la Commission Européenne, elle aussi Sauveuse-De-La-Planète, disciple fervente de la déesse Écologie.

En ramant et pagayant tous jactent d’abondance.

 

Les passagers admirent leur foi et leurs efforts.

 

À la passerelle les capitaine Trump et Oncle Xi se chipotent pour savoir qui a la plus grosse…production-consommation de charbon, pétrole et gaz pour faire avancer le plus vite le paquebot. Rien n’altère leur bonne humeur.

 

Un passager naïf après avoir reconnu que ces deux personnages le font pour assoir leur pouvoir personnel et s’étant persuadé que Trump n’a aucune autre idée en tête, pose la question : Xi le fait-il aussi pour le bien des Chinois, qui pour lui aurait précédence sur le Sauvetage de la Planète ?

 

Morale

Sacrée Greta Sauveur(e) du genre humain et de la Planète notre mère.

 

3 décembre 2019

Posté par Dufourmantelle à 14:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

De nouveau, la France en émoi.

Charlie Hebdo a publié dans un « esprit satirique » des dessins dans un registre humoristique sur le sujet des militaires récemment tombés en opération au Mali. Les mots sont ceux de M. Riss.

Satire, subst. fém.  cnrtl    Écrit dans lequel l'auteur fait ouvertement la critique d'une époque, d'une politique, d'une morale ou attaque certains personnages en s'en moquant     Par extension : Toute œuvre écrite, chantée, peinte, tout propos comportant une raillerie, une critique virulente.

La satire implique une critique sur un adversaire en  première forme d’un combat contre un ennemi.

La satire n’est jamais neutre. Elle est prise de position et jugement sur l’objet moqué, satirisé.

Humour,  subst. masc.     Forme d'esprit railleuse qui attire l'attention, avec détachement, sur les aspects plaisants ou insolites de la réalité.

Les dessins qui provoquent l’émoi sont donc des railleries attirant l’attention… en formulant une critique d’une morale ou de certains personnages, et plus encore de certaines institutions.

          

L 1 Charlie2

 L’objet de l’émoi

 

L’opinion s’émeut en désordre et l’Armée, comme un seul homme, s’émeut beaucoup.

Que dire, naïvement :

Formellement,

M. Riss a bien le droit de faire des dessins et de les publier dans un journal.

Les personnes qui sont émues par ces images ont le droit de dire à M. Riss ce qu’ils pensent des images et de leur auteur et diffuseur.

Un pas plus avant :

Le mot émotion surplombe ce préambule. Les images ou des propos provoquent des réactions émotionnelles que chacun peut ressentir et traduire en jugement de valeur sur l’auteur. L’Armée et bien des citoyens ressentent ces images comme une insulte, comme un crachat.

Cette émotion est légitime car M. Riss a quitté le domaine de l’humour (détachement, distance) pour entrer dans celui de l’analyse et de la critique d’une institution. Par cette démarche il ouvre un conflit avec celle qu’il stigmatise : l’Armée Française.

M. Riss qui assure une publication destinée à ses lecteurs peut se limiter à cette forme d’insulte somme toute gratuite et sans conséquence pour chercher ensuite d’autres sujets qu’il traitera avec la même dérision. Ce serait purement de la lâcheté.

Ou bien M. Riss persiste et signe.

Qu’a-t-il voulu dire précisément par « ses » dessins ? Qu’attaque-t-il ?

Le fait que la France dispose de Forces armées ?

Que les Forces Armées recrutent des soldats ?

Que la France intervienne au Mali dans un combat dont il mettrait en  cause la légitimité ?

Qu’il pense illégitime de conduire un combat armé contre le développement de l’islamisme militant dans le sahel ? De sa part cela serait un vrai trait d’humour.

Quand on frappe un adversaire on ne peut pas sortir du ring avec désinvolture au motif qu’on a bien le droit de rire de tout.

Car il est difficile de penser que qui que ce soit ait ri en voyant ces dessins. Au mieux le public aura reconnu un certain talent dans son métier à l’auteur.

Il est donc difficile de croire que M. Riss n’ait pas autre chose à dire que ces assez minables agressions à l’endroit des sentiments des autres…

C’est bien là le fond du problème : la Liberté s’arrête là où elle rencontre le domaine de liberté de l’Autre.

Entre citoyens, rien n’interdit et il est même essentiel qu’il en soit ainsi, d’opposer avec civilité et sans insulte des points de vue antagonistes.

Entre citoyens  rien n’oblige à vouloir discréditer les convictions intimes de l’Autre, ce qui est un irrespect de la personne.

On finit donc par parler politesse, civilité, respect, ce qui, il faut le reconnaître vaut mieux que insulte, crachat, impolitesse pour que la vie de tous avec tous soit la plus agréable possible.

Car n’en déplaise à M. Riss (qui ne refuse pas qu’on sache d’être sous protections policière de l’État) il a insulté les sentiments profonds d’un grand nombre de citoyens.

La frontière entre l’humour libératoire de Laurent Gera, qui au demeurant ne ménage guère ses sujets et l’insulte sur les convictions des personnes est ténue. C’est une ligne de crête et certains humoristes ont bien du mal à ne pas glisser dans la grossièreté, la vulgarité et le mauvais goût.

Ce sera la conclusion : ce qui est insupportable en fin de compte c’est la faute de goût.

3 décembre 2019

En relisant, une fois encore le papier, je l’ai trouvé plat, sans piment. Dans le calme de la nuit m’est venue une petite touche de dérision rissienne qui ajoutera cette pointe de piquant. 

M. Riss, en publiant ces dessins a ouvert une boite de pandore. Ont surgis dans les esprits des images et des textes et surgit l’idée de lui en faire part pour alimenter sa verve satirique et humoristique. 

Il a été blessé grièvement lors de l’attentat de Charlie Hebdo :

Un petit dessin : un bonhomme dans un lit d’hôpital avec un bandeau, Le prix de l’humour vient d’être décerné à...

Il a perdu des amis :

Un pendu sous sa potence avec une bulle : Charb avait la langue bien pendue…

Ils étaient tous réunis dans leur salle de rédaction.

Al Baghdadi assis avec sa kalach sur les genoux sermonnant une classe d’impétrants en terrorisme, déclarant dans sa bulle : À Charlie 12 morts, 5 blessés, ça ne va pas, je veux du rendement, pas de blessés, la munition coûte et Allah tient les cordons de la bourse. 

Il pourrait également recycler (c’est la mode) les dessins des cercueils des militaires du Mali en adaptant les textes à une sauce « attentat Charlie », Mort pour l’humour…. Mourir de rire….Satire dans la rédac….

Mais satiriste et humoriste comme il est, M. Riss aura déjà eu ces idées, du meilleurs goût, chacun en conviendra. D’ailleurs l’humour implique que l’auteur puisse en être l’objet. 

Si ce n’est pas le cas, ces illustrations suggérées montrent que M. Riss n’a pas l’exclusivité du bon goût.

4 décembre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 novembre 2019

Homo défaberisé

 

Les doctes savants qui étudient dans l’histoire de l’humanité l’évolution très ancienne des singes velus, nos lointains ancêtres au Sapiens que nous sommes, se creusent le cerveau et se grattent la tête pour démêler l’écheveau de leurs découvertes, fossiles et cailloux bricolés et en tisser une chronologie et une géographie. La génétique, ces dernières années rend leur travail encore plus ardu mais plus fructueux en ajoutant dans ce grand Loto de nouvelles cartes à gratter.

Donc, ils creusent et grattent le sol des cavernes et du rift africain en creusant et grattant  leurs têtes de sapiens scientificus.

Dans cette construction il apparait, et certains d’entre vous me diront que c’était évident dès l’origine de l’enquête, que les outils, et en premier lieu le plus puissant d’entre eux le langage, jouaient un rôle décisif dans l’assemblage d’un cerveau humain, qui n’a rien d’artificiel et n’est pas toujours capable d’intelligence.

 

Il est facile de se perdre en gravissant l’escalier des dénominations d’hominidae, d’homininae, d’hominina, puis d’homo, successivement ou « en même temps » (déjà) habilis, erectus, néanderthalensis et pour finir sapiens, nous-autres.

Longtemps j’ai cru qu’erectus était ainsi qualifié pour ses capacités à croître et se multiplier ; en lisant mieux, j’ai compris qu’en réalité était évoqué dans la dénomination le fait qu’il se tenait droit, comme au garde à vous de la revue d’inspection des homos.

On cherche en vain sur l’escalier des appellations le célèbre homo faber, non que le vocable n’existe pas mais son usage est réservé aux philosophes qui philosophent à cette occasion sur de vastes sujets : Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Quelle est notre condition ? Que signifie… En cherchant bien, Démocrite sûrement (avec lui et ses copains aucune erreur possible, ils ont tout dit avant tout le monde, puisqu’ils étaient les premiers à l’écrire…) et Bergson et l’incontournable Hannah Arendt dont la mention du nom vaut caution de large culture, ces penseurs mettent l‘accent sur le rôle de l’outil et de la capacité à le façonner, facteurs qui étaient mis naïvement en avant dans le § précédent et présentés comme évidence.

Faber est de la  sorte une sorte de rampe de l’escalier des homos, qui nous aide à le gravir, ou, si l’on veut un fil directeur… Bref !

 

Le cher et vieux pays ne pouvait pas ne pas apporter sa contribution à ces avancées de la paléontologie et de la philosophie scientifique. Nous avons pour cela mis en œuvre tout l’arsenal élaboré depuis les années 68, avec le saut immense réalisé en 81 des inventions d’une social-démocratie bien de chez nous.

L’outil principal, le plus puissant d’entre eux mais non le seul, est la déconstruction de l’enseignement primaire entreprise et réussie « en même temps » que la démolition du secondaire, couronnée  de son explosion, la jospinade du succès pour tous grâce au bac-pour-tous.

Bac-pour-tous veut dire, si l’on n’y prend garde, enseignement supérieur pour tous.

Un droit nouveau est arrivé ! Aucune limite, aucune capacité, aucun talent, aucun goût pour l’étude n’est requis : tout est chair à canon pour remplir l’enseignement supérieur. Certains rechignent et flairent le piège. Avec du courage et de la ténacité ils y échapperont et trouverons place dans la société. Mais une vaste fraction des nouveaux bacheliers verront dans l’accès à l’université la possibilité de prolonger leur adolescence.

 

La République est riche et généreuse pour ses enfants. En retour elle se nourrira de ces cohortes d’intellectuels sorties des usines à cerveaux que sont les Universités. Le piège est ouvert et la trappe tombera plus tard

C’est ainsi que l’outil bac-pour-tous devint l’arme absolue : comment ne fabriquer pour une large fraction d’une tranche d’âge, ni ingénieur, ni intellectuel cultivé, ni artisan, ni ouvrier mais seulement une pâte molle et non modelable de gens sans culture réelle et sans connaissances utiles, accessoirement terreau fertile pour les idéologies et sectarisations de tout modèle : marxisme régurgité, sexisme à la mode, victimisations à l’envi, repentances exigées et j’en oublie.

Pâte molle aisément stockée dans les limbes, espace indéfini dont « l’étudiant » ne peut sortir que par un difficile retour au monde du travail lorsqu’il a reconnu la stérilité du temps passé en études incertaines au mieux et le plus souvent inutiles.

Cependant, le gros de cette pâte de jeunesse fourvoyée moisit dans ces limbes et comme une manière de chute ou d’échouage, connait l’inévitable enchainement précarité, dépendance aux aides variées puis déclassement social. (1)

Où sont-ils dans les chiffres du chômage ? Et que de temps perdu comme nous dit la chanson :

Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère, Que tout le temps perdu, Ne se rattrape plus

 

C’est ainsi que notre beau système éducatif au prix des efforts que chacun a mesurés, est parvenu à produire un Homo Défaberisé, un Sapiens qui a perdu toute capacité de fabriquer ses outils.

Les paléontologues s’en moquent un peu mais certains savants qui se grattent la tête et philosophent se demandent même si la simple capacité au travail –fut-elle simplement réduite à la cueillette en oubliant la chasse)- n’a pas été écarté dans la même évolution tant le processus se révèle efficace.

 

Hanna Arendt n’en reviendrait pas.

 

  1. La remarque vient immédiatement à l’esprit. Peut-on oublier les grandes écoles et réduire l’enseignement supérieur au triste constat fait ici de l’échec de l’université. Ici l’hésitation persiste : les grandes écoles forment-elles toujours des entrepreneurs novateurs ou ne forment-elles plus que des « gestionnaires », en copie plus élaborée des écoles dites de commerce. Cette remarque ne concerne pas, chacun sait, les professions de la santé dans lesquelles le corporatisme veille ; dans ces études, l’accès aux limbes se fait en conclusion de la première année d’étude ce qui déplace les échecs des étudiants sur les cases usuelles de l’échiquier de l’université : Droit, Lettres, Histoire, et Socio-psychologie ; on aimerait ne pas avoir à inclure les Langues dans cette liste.

17 novembre 2019

 

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14 novembre 2019

La Hache de Neander

 

Un message écrit à Luc Ferry ce mois de novembre 2019

Monsieur le Ministre et cher ami

Le premier titre par déférence à la fonction et à celui qui l’a remplie. Le second par affinité ressentie sur les sujets d’intérêts et sur la manière « de le dire » enrichie d’une pratique raisonnable et régulière de vos points de vue. J’ajoute qu’à cette affinité s’ajoute une nuance avunculaire que m’autorise, hélas, une certaine différence d’âge.

Donc, Cher Ami,

Je rebondis sur une réponse que vous faites aux propos et écrits de MM Hariri et Koenig. J’entends parfaitement cette réponse et j’ai souhaité, dans mes réflexions personnelles ajouter une note plus matérielle et matérialiste qui n’aurait pas l’ambition de chatouiller le libre arbitre et le déterminisme, pour moi animaux fort distants.

Comme je ne souhaitais pas refaire le coup du paquet de fils de cuivre et d’assemblage de puces qui m’est familier sur ce sujet, je suis remonté aux temps quand l’homme façonnait des outils auxquels il conférait une vertu : Durandal et Excalibur en exemple.

De là une fablounette que vous trouverez peut-être le temps de parcourir.

Quant au sujet de l’intolérance chez les étudiants de l’université, vaste sujet, il faut y voir la conséquence du vide dans lequel on plonge la majeure partie d’une tranche d’âge en la conduisant sans goûts ni compétences sur le chemin d’études de propos incertain pour ne pas dire études inutiles : Route directe vers le chômage, l’assistance due par la collectivité puis revendication, révolte-émeute et désespérance. Cet ajout car je crois avoir noté votre nom dans un appel des 100… Était-ce au printemps dernier ?

Une dernière remarque, lorsque je publierai ce papier sur mon journal (je déteste le mot blog, d’où vient-il ?) je prendrai, si vous le voulez bien, la liberté de joindre votre « Non, l’IA ne tuera pas le libre arbitre ».

Meilleurs sentiments.

C.D

 La Hache de Neander

Dans la verte vallée de la Neander, il y a fort longtemps vivait un brave garçon qui artefactuait  au porche de sa coquette caverne. Le terme choque, soit, il était occupé à fabriquer une hache. Il avait d’abord pensé à un hachereau en obsidienne d’un pays lointain où gronde les volcans ; son voisin de cave lui conseilla de choisir du silex, plus robuste et facile d’entretien. Notre homme ne savait pas trop d’où venait la pierre, ni quel artisan avait taillé l’objet. Il se l’était procuré en échange d’une de ses filles déjà capable d’aller chercher l’eau à la rivière. Il ajustait un manche pour pouvoir commodément utiliser l’engin aux multiples tâches de la vie d’un habitant de la Neander. Il avait dans sa caverne pris le soin de conserver et d’apprêter des tendons, des sangles de cuir qui fixent la pierre sur le manche de la hache. Le manche de bois était « en même temps » souple et résistant tout à fait adapté à son usage. Le père d’une de ses femmes lui en avait fait cadeau en signe d’estime clanique.

La hache finie, devant lui posée sur le tronc d’arbre sur lequel il artefac…travaille. C’est son atelier.

Il se dit qu’il a devant lui, fruit de son travail et osons le mot, de son industrie, une bien belle hache. Avec elle il peut faire tout ce qu’homme peut faire d’une hache. Il s’abîme dans l’admiration de la hache. Mais l’objet est inanimé. Il ne répond pas à sa muette imploration.

L’homme de la vallée de Neander se prend à rêver. Ne peut-il  par quelque magie, quelque artifice donner vie à sa hache pour qu’elle devienne, l’image se précise dans sa tête et il invente le mot, intelligente. Nul ne saurait prononcer le mot qu’il inventa, mais sa racine reste plantée dans les langages qui se parlent maintenant.

Bien en avance sur son temps, il sort de sa caverne et entonne des eurêka et des alléluias.

Il va maintenant, sans aucun doute, avec l’aide du shaman du clan, maître des artifices, insuffler la vie à l’objet qui pourra de la sorte non plus par lui mais à côté de lui, avec lui remplir leurs tâches communes et alléger le poids qui pèse sur les épaules des hommes d’avoir à rechercher leur subsistance. Le clan réuni partage son enthousiasme et voit dans la nouvelle hache la promesse d’un monde meilleur, d’une Neander plus heureuse, d’un pas vers le Bien Commun.

Le shaman, pourrait-il en être autrement, assiste et médite. Il ne manifeste aucune joie.

Imagine dit-il à notre homme que ta hache échappe à ta volonté et que, forte de la vie que tu lui as octroyée tel le Grand Esprit de la Terre et des Eaux, elle mène une vie de hache libérée, capable de tailler son chemin seule au travers du monde des hommes. Ne crains tu pas qu’elle ne vienne quelque jour, enrichie d’expériences nouvelles te dire comment mener la vie de ta caverne puis d’une taille en avant régenter le clan ?

Notre bonhomme, parent du shaman comme il advient dans tous les clans le remercie de son avis. 

Je te sais gré de me faire entendre quels dangers je ferais courir à notre clan si une hache prenait vie et de nos vies dispose à son gré lui répond-il.

T’inquiète, bonhomme ! Rétorque le shaman soudain familier. L’artifice que tu cherchais dans ma boite à outil d’artifices n’existe pas et ne peut exister. Dans les haches, la vie tu ne peux insuffler. Ta hache n’aura jamais d’intention, pas davantage de désir, de joie ou de peine. Objet elle est, objet elle restera et ne façonnera, par ta main, que ce que tu voudras façonner. Oublie ton rêve et contente toi d’admirer et d’utiliser ta hache pour ce qu’elle est : un joli caillou au bout d’un long manche en bois de coudrier.

Si quelque autre rêveur de la vallée rêvait comme tu l’as fait de donner vie aux artefacts et se prenait à croire que cela se fasse, rassure-le et conseille lui d’orienter ses rêveries sur des chemins mieux tracés. Il courrait en continuant son rêve le risque de s’égarer davantage dans le marais des croyances et des idées qui n’en sont pas. Tu sais mon fils, poursuit le shaman, là où tant de nos frères de clan se sont perdus et continuent d’errer.

 12 novembre 2019

Pour les lecteurs du Naïf, sur ce sujet :  IA, mein Herr,  9 avril 2018  et  Les charmes de la mémoire artefactuelle,   10 novembre 2018

 

Luc Ferry: «Non, l’intelligence artificielle ne tuera pas le libre arbitre!»   6 novembre 2019

La France veut se doter d’une intelligence artificielle (IA) «éthique». C’est bien, mais pour s’en assurer, il vaudrait mieux qu’elle soit française. Or, pour l’instant, elle est chinoise ou américaine et le fantasme d’une IA totalitaire continue de freiner la recherche. Si l’on en croit Yuval Noah Harari«le libéralisme s’effondrera le jour où le système me connaîtra mieux que moi. L’IA décidera alors pour moi de ma santé, de mon vote, voire de mon mariage mieux que je ne le ferais moi-même. Par intérêt bien compris, je renoncerai alors à l’exercice de ma liberté». Sur ce point au moins, Gaspard Koenig défend une thèse analogue selon laquelle (et je le cite pour éviter le rituel «vous ne m’avez pas lu») «la possibilité du choix moral est gravement remise en cause par l’usage industriel de l’IA et des data qui nous ôtent la peine de décider par nous-mêmes». Je pense exactement l’inverse.

Non seulement l’IA va rendre d’immenses services à l’humanité, par exemple dans la lutte contre le cancer, mais loin d’anéantir l’individu libre, elle pourra être une formidable aide à la décision. Le raisonnement de Harari, pour frappant qu’il soit, est un sophisme. C’est toujours nous qui choisirons de nous en remettre (ou pas) à un logiciel d’IA, nous qui pourrons décider (ou pas) de déléguer notre décision lorsque nous estimerons que c’est la meilleure chose à faire. Rien ne nous interdit de réfléchir à nos choix, de résister aux data, ni d’éduquer au passage nos enfants! Du reste, que l’expert auquel on choisit de faire confiance parce qu’on le juge plus compétent soit un médecin ou un logiciel (forcément encadré par un humain) ne change rien à l’affaire.

Allons plus loin. Harari et Koenig prétendent sans rire que les travaux d’un économiste, Daniel Kahneman, auraient prouvé que le libre arbitre est illusoire alors qu’en vérité ils montrent seulement que nos choix sont souvent irrationnels, un truisme que l’IA peut justement aider à combattre. Comme l’a montré Karl Popper de manière magistrale, l’hypothèse du libre arbitre comme celle du déterminisme se meuvent toutes deux hors du champ des sciences. En effet, les hypothèses authentiquement scientifiques sont toujours soumises à l’expérimentation ou, comme dit Popper, «falsifiables», c’est-à-dire réfutables en droit par quelque réalité factuelle, ce qui n’est pas le cas des énoncés métaphysiques.

La proposition selon laquelle toutes nos actions seraient déterminées par des causes échappant à notre volonté, par des pulsions préconscientes, est par définition « non falsifiable  », impossible à contredire par quelque expérimentation que ce soit.

Pour donner un exemple, la proposition «Dieu existe» est par essence irréfutable. Nul ne pourra jamais prouver que Dieu n’existe pas, mais cette irréfutabilité n’est pas un atout en termes de science, c’est au contraire le signe d’un saut dans une sphère où Dieu est objet de foi, pas de démonstration. Il en va exactement de même pour le libre arbitre, mais tout autant pour sa négation déterministe, puisque, comme l’écrit Popper, «on ne pourra jamais prouver qu’il n’y a pas un intérêt caché derrière l’action même la plus désintéressée en apparence». La proposition selon laquelle toutes nos actions seraient déterminées par des causes échappant à notre volonté, par des pulsions préconscientes, est donc par définition «non falsifiable», impossible à contredire par quelque expérimentation que ce soit. Et comme pour l’énoncé «Dieu existe», ce n’est pas une force, mais une faiblesse qui fait paradoxalement du déterminisme, comme de l’athéisme, un objet de croyance, en aucun cas une vérité scientifique puisqu’on pourra toujours, derrière toute action, même la plus généreuse, postuler l’existence d’une motivation inconsciente.

Il est donc impossible de prouver l’illégitimité du déterminisme. Mais c’est justement parce qu’il échappe à toute réfutation factuelle imaginable qu’il dévoile son statut de parti pris, au sens propre, «métaphysique», situé au-delà de la physique, au-delà de l’expérience. L’hypothèse du déterminisme, comme toutes les hypothèses de ce type, se situe donc dans une sphère qui échappe à tout contrôle par les faits et les travaux de psychologie expérimentale sont ici hors sujet, rationalité et liberté soulevant des problèmes différents.

Dans ces conditions, vouloir prouver que l’IA va tuer notre liberté est tout simplement ridicule. Qu’elle la mette au défi est évident, elle ne saurait pour autant l’anéantir. On dira que la Chine s’en sert pour contrôler et museler les individus. C’est hélas vrai, à ceci près que le problème n’est pas l’IA, mais l’usage qu’en fait un régime qui, il y a peu encore, provoquait la mort, celle-là bien réelle, de 60 millions d’individus sans l’aide de la moindre technologie moderne.

 

 

 

 

 

 

 

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06 novembre 2019

Promenade au jardin des idées

Courrier des lecteurs 6 nov 2019

On peut se promener dans le jardin des idées. Les faits, les réalités sont les rayons de soleil qui percent à travers le feuillage du quotidien et éclairent l’obscurité des croyances, des dénis, et des mensonges. 

Au hasard des conversations et des promenades, le Naïf et MAB admirent le jardin des idées et les fleurs qui s’y épanouissent. 

MAB demande :

L'hydrogène/source d'énergie a-t-il un avenir à court terme ?

Le Naïf :

N’oublions jamais de nous poser la question de savoir si nous parlons d’industrie et de production en quantité, en masse, ou si nous parlons des petites choses, des gadgets en somme, qui sont destinés à faciliter le quotidien ou encore à satisfaire des besoins isolés en des lieux que le progrès n’atteint que par étape. 

MAB :

Me dites-vous que l’hydrogène doive immédiatement être classé de la sorte dans le panier de la production en grand ou sur l’étagère des gadgets ?

Le Naïf :

Nous y reviendrons mais avant cela il nous faut relire la question, Hydrogène/source d’énergie. Elle reflète une première erreur : l’hydrogène n’est pas une source d’énergie. Il n’y a pas de mines d’hydrogène et on ne ramasse pas d’hydrogène en se promenant dans ce jardin.

L’hydrogène est un produit de l’activité humaine comme votre poste de télévision ou pour préciser les choses et entamer l’analogie comme l’électricité qui fait ronronner votre frigo. L’hydrogène est un agent de transport d’énergie et n’existe que si on le fabrique. C’est un artéfact.

MAB :

Comment le fabrique-t-on ?

Le Naïf :

Là encore, revenons au principe. Il faut le prendre où il se trouve. L’eau bien sûr et les hydrocarbures qu’on extrait des profondeurs. L’hydrogène est évidemment caché de bien d’autres manières, mais on finit toujours par revenir au méthane après avoir torturé tous les sels de la terre

Dans les deux cas, eau ou pétrole il faut casser une molécule, H2O ou CH4 du méthane.

H2O : Électrolyse pure et dure, travail d’une électricité pure et dure venue du grand panier du réseau électrique dans les pays qui ont un tel panier. Ceux qui n’en ont pas ont d’autres préoccupations que de causer hydrogène.

CH4 : Domaine du raffinage. Des unités « calculées pour » craqueront la molécule de méthane (ou d’autres hydrocarbures pas trop lourd) en consommant de l’énergie, isoleront le H2 en produisant en prime un CO2 résiduel qui rejoindra le ciel azur des écologistes. On est là dans le domaine des pétroliers ou de l’Air Liquide qui fourniront de l’hydrogène quand il le faudra où il le faudra. 

MAB :

Alors pourquoi parler d’hydrogène ?

Le Naïf :

Qui en parle ? Duflot, Hulot, Jadot, le « ot » final comme admission au club, comme idiot ou ballot ? On écrirait écolot !

Soyons sérieux : l’hydrogène est comme le chlore et quelques autres camarades, un des gaz les plus actifs de la chimie. En particulier il se combine instantanément à l’oxygène dans les flammes et les explosions d’une joie chimiquement pure. De plus, il se glisse partout et exige qu’on lui procure des habitats réellement étanches, ce qui est très compliqué, donc coûteux. Bref, pour un oui, pour un non, il fuit !

Enfin pour planter le dernier clou, l’hydrogène ne vous restituera quand vous l’utiliserez qu’une fraction assez modique de l’énergie gaspillée à le produire, le stocker, le transporter, le re-stocker pour le détail et enfin le distribuer. 

MAB :

Et alors comment s’en servir ? 

Le Naïf :

L’hydrogène est et restera un agent incontournable du raffinage et des industries chimiques. Ceci étant dit, on peut laisser courir son imagination et écrire de véritables romans dans lesquels notre gaz jouerait le rôle d’un héros aux pouvoirs enfin révélés. Un comble, je cite de mémoire : Combiné à de l’eau et du CO2, l’hydrogène peut aussi conduire à des alcanes, des hydrocarbures saturés, ce qu’on appelle des électro-carburants. C’est le futur du futur ! Ainsi, on peut, pour utiliser utilement l’hydrogène, le fabriquer à partir de naphta et ensuite fabriquer du naphta  avec l’hydrogène. Je sourirais si je n’avais pas découvert cette perle dans un papier d’un de mes anciens employeurs, à qui je reste Totalement dévoué. 

MBA :

Le naphta ?

Le Naïf :

Pardonnez, ma pédanterie, travers professionnel, disons les essences avec en particulier les fractions les plus légères de celles-ci.

MBA :

Mais enfin, les piles à hydrogène ! On dit qu’elles devraient équiper mon auto qui ne ferait plus de bruit, qui ne dégagerait plus de CO2 et que je pourrais recharger au Carrefour du supermarché avec une autonomie qui, de …ah ! Je ne m’en souviens plus.

Le Naïf :

Pas plus que vous n’en connaissez le prix. Revenons en arrière. Vous prenez du carburant, vous le manipulez de multiples manières et vous pensez qu’au bout du compte Carrefour ou Shell vous fourniront une camelote (explosive) dont le prix sera compétitif comparé au bon vieux diesel que votre Duster adore et qui reste le produit dont on est parti.

Les piles dont on rêve ne servent que si aucune énergie fossile ordinaire n’est disponible ; spécialement lorsque l’électricité n’a pas été en mesure de transporter et distribuer cette énergie fossile à son lieu d’utilisation. En gros, cela concerne les satellites et autres bizarreries spatiales.

MBA :

Mais alors, pourquoi nous montrer des images de bus circulant à la plus grande joie du chauffeur dans une riante cité ? Pourquoi nous faire croire à des fables  

Le Naïf :

Vous répondez vous-même à la question. Les idéologies reposent sur des fables et se nourrissent comme les rumeurs ou les dénis populaires de mensonges ou, en restant courtois, de vérités déformées et détournées. Une fraction de la population refuse la vaccination quand bien même il s’agit du progrès le plus  évident de la médecine depuis Esculape ; un quart des américains crient toujours que la terre a été créée en une semaine ; la classe politique croit ou fait semblant de croire que la taxe carbone va sauver la planète et que la France a une mission messianique à remplir pour y parvenir ; ou qu’on peut indéfiniment permettre aux français de produire moins que les gens d’autres nationalités sans accroitre indéfiniment la dette et effriter la crédibilité géopolitique du pays.

Alors l’hydrogène…pour répondre votre question  n’est pas une source d’énergie, n’a pas le moindre avenir et n’est qu’une de fables de l’écologie.

La seule vérité est que la production mondiale de charbon, de pétrole et de gaz, mesurée en émission de CO2 a augmenté de 2.7 % en 2018. Et laissons les perruches nous parler de transition énergétique.

MAB :

Vision bien sombre. J’oublie même le mot hydrogène…

Le Naif :

Pas du tout. Seulement il ne faut pas confondre et mélanger les expérimentations, les recherches et pourquoi pas les erreurs des tentatives d’utilisation d’un machin nouveau avec la nécessité pour le vaste monde de satisfaire aux besoins en énergie d’une population mondiale qui, en dépit des guerres, des épidémies et famines en tout genre augmente, elle aussi de 1 à 2 % par an.

 

6 novembre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le courrier des lecteurs Les perruches : un complément pour MAB et un brin de répétition

 

La mode est aux Sigles, sigles pour tout, organismes publics ou privés, groupes de pensée ou d’intérêt et même personnalités dont il importe de raccourcir le nom, de le cristalliser pour en faire, de la sorte, une entité aisément transportable et stockable : Un bon exemple le très polyvalent BHL opposé becif au très Pointu FOG ou bien AOC qui soutient Bernie. On plaint Marc-Olivier Fogiel qui n’a pas encore droit à un MOF pourtant largement mérité.

Ces remarques pour dire que le Naïf a son MAB qui n’a rien à voir que je sache avec l’antique Manufacture d’Ames de Bayonne. Non, MAB est un lecteur. En commentaire d’un papier du Naïf il dit :

Si "l'objectif prioritaire" est bien le réchauffement, le nucléaire ne peut pas être abandonné malgré les risques pris qui sont plus limités. Je ne peux que laisser la parole aux "sachants".

Cette courte phrase ouvre quatre portes ; il faut revenir sur les espaces qu’elles révèlent en essayant de synthétiser au mieux.

Le réchauffement climatique vu comme un objectif prioritaire.

L’impossibilité de l’abandon du nucléaire.

Les risques du nucléaire qui sont limités.

Écouter les « sachants ».

 

Le réchauffement climatique : On reprendra la formule déjà utilisée.

Comme la France ne produit pas d’énergie (hormis la chaleur des centrales nucléaires) et comme elle ne consomme qu’environ 1 % de l’énergie consommée dans le monde, on peut légitimement affirmer :

La France sera comme toute la planète, une victime du réchauffement.

Elle en est le témoin et peut annoncer le mal qui progresse.

Elle n’est en rien un acteur du phénomène et toutes les actions qui sont menées « pour sauver la planète » ne sont que des dépenses inutiles et coûteuses, financées par la dette.

Si les dirigeants du pays veulent se hausser du col et gagner de la face en s’emparant du sujet, grand bien leur fasse.

Objectif prioritaire et même objectif tout court, vide de sens ! Se contenter de garder le pays propre, protéger les espaces qu’il convient de protéger et s’abstenir de faire des voyages stupides pour des raisons stupides. Par exemple.

L’abandon du nucléaire : on parle d’électricité.

Très simple : on ne peut pas. Pour deux raisons.

-les solutions alternatives ne produiront jamais que des fractions quasi-négligeables des besoins, au prix de de nouvelles nuisances bien réelles.

-l’outil existe ; il est quoi qu’on en dise pratiquement indestructible. Il fonctionne à la satisfaction de tous et définit à lui seul le prix et le volume du marché.

En dépit des contraintes imposées par les choix post-Fukushima les vieilles dames fournissent régulièrement 330TWh des 550TWh de la consommation nationale, complétés par l’appoint de 110 TWH de houille blanche et l’inévitable pincée de thermique gaz.

Dégagées de certaines contraintes liées à la gestion des personnels, le parc pourrait sans doute faire mieux encore. Mais il faut bien quand même « absorber » l’erratique production dite renouvelable qui finit par atteindre les 50 TWh et reste inférieure aux 60 TWh exportés…

Les comédies imposées par la revente à des tiers est un véritable saccage économique.

Les renouvelables ne diversifient rien, ne « transitionnent » rien et créent des nuisances et de la dette.

Les vicissitudes de Flamanville ne traduisent que les sottises de l’État au plan de la gestion d’une entreprise monopolistique dont il ne s’est pas préoccupé et qu’il n’a pas su protéger des visions libérales d’une Europe qui depuis longtemps dérive avec une France en passager clandestin et soumis ; une gestion de surcroit dépendante d’un organisme de sureté qui semble avoir une vie propre et qui règne sans partage sur le respect de normes qu’il instaure et qu’il fait évoluer à son gré.

Si on parle monopole : il est vrai que les monopoles nationaux tels EDF, SNCF et d’autres vieillissent, se sclérosent en enfermant leur abondant personnel dans le moelleux cocon des avantages acquis et deviennent de ce fait ingérables. Les dépenses d’un fonctionnement insuffisamment productif obèrent l’investissement et conduisent à des inégalités à rebours, comme en témoignent les anomalies de la retraite des cheminots.

Il faudrait donc, il aurait fallu que les concurrences stimulantes et les cures de jouvences résultent de la gestion globale de l’État, propriétaire d’un patrimoine national de services ou d’industries, propriétaire de notre propriété.

Quant aux objectifs libéraux de Bruxelles, on peut penser qu’ils prennent un relief particulier quand ils concernent une entreprise monopolistique de l’État français. Et on ne pouvait laisser Bruxelles aux appétits des Luxmbourgeois et des hollandais et des alllemands....

Les risques du nucléaire : Fessenheim aura 51 ans en janvier prochain.

Après quelques tâtonnements et depuis le choix de la filière EPR, durant trois, quatre décennies de gestion du parc, aucun accident notoire n’a affecté la sûreté de celui-ci. Les aménagements du grand carénage répondent aux exigences nouvelles révélées par l’accident de Fukushima. Que dire de plus ?

La contrainte du nucléaire : Les déchets qui sont de deux natures : ceux qu’on espère récupérer pour les utiliser ultérieurement et ceux qu’on n’envisage pas de pouvoir réutiliser.

Les réponses sont évidentes :

-pour les premiers, uranium appauvri ou combustible usé, qui, d’ailleurs, n’apparaissent pas dans les listes de l’Agence de sureté, dans la mesure où la possibilité de retraitement est avérée, il convient de les stocker en lieu sûr pour usage dans un avenir proche.

-pour les  « Ultimes », HAVL dans le jargon officiel, Haute Activité et Vie Longue, le choix est simple : ou on les enterre ou bien on les immerge profond, profond. Dans les deux cas on prévoira d’en faire un paquet étanche.

La Fosse des Mariannes avec ses 11.000 m offre un dépotoir rêvé, mais il est peu probable que la communauté internationale –qui s’accommode de bien des choses- tolère ce type de solution, au moins jusqu’au jour où les Chinois iront y déverser leurs déchets et mettrons tout le monde  devant un fait accompli. 

Reste donc le trou dans le jardin, dans un coin isolé et creusé profond, profond.  En France, héritière de l’Esprit des Lumières, il faut que le trou en question soit visitable, vérifiable, transformé en un mausolée du Génie Atomique, enfin presqu’un lieu de week-end familial.  D’autres pays, soyons en certain se contenteront de faire le trou et de vite le reboucher pour n’y plus penser.

C’est une grosse dépense et pour la limiter la méthode de l’oubli serait sans doute préférable mais trop simple. Que penseront les générations à venir. Rien dit le Naïf, si le trou est vraiment profond.

Les deux fantasmes du nucléaire : La vie des centrales et le démantèlement des centrales.

Le Naïf a abondamment abordé ces sujets et il ne sera formulé ici que deux ou trois questions en piqure de rappel :

Pourquoi, Diable faudrait-il arrêter une centrale nucléaire tant qu’on est satisfait de l’intégrité de la cuve ?

Pourquoi Diable de l’acier propre à fabriquer la cuve et qui a vécu 50 ans dans les conditions de l’exploitation deviendrait-il fragile, au jour anniversaire de sa quarantième année.

Aucun test possible ?

D’où sort, que Diable, cette notion du démantèlement ?

Pourquoi Diable, une installation industrielle vidée de son combustible, autour de laquelle la population vit depuis un demi-siècle en cultivant ses jardins, deviendrait-elle insupportable alors qu’elle ne contiendrait plus d’éléments radioactifs ?

Laisser la parole aux sachants : Les sachants existent peut-être encore, peut-être s’expriment-ils encore mais sans le moindre doute, ils parlent dans le désert du vide intellectuel et arrogant du monde de l’énarchie.

Alors les sachants s’exilent ; ou bien pantouflent et puis se tiennent coi, ils la boucle, quoi ! ; ou bien sont contaminés d’entrée de jeu par le virus politique des énarques qui leur ont soufflé toutes les places de responsabilité et oublient ce qu’ils avaient appris dans leurs écoles… d’ingénieur pour imiter les perruches de la fable. Encore Girard, c’est la mode.

Et triomphent, les clowns de la télévision.

Là encore, le Naïf s’est répandu, a gémi, s’est déchiré le visage.

 

4 novembre 2019

 

 

 

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03 novembre 2019

Les perruches et le vent

De nouveaux bavardages sur l’absence de politique énergétique

En feuilletant un vieux grimoire, le Naïf a découvert une fable oubliée d’un moraliste oublié. Au fait des faits de la clairière de la fable, le Naïf a compris que plusieurs propos se glissaient dans cette fable.

Une critique acerbe des perruches de l’ENA. Inutile d’insister.

Une référence lourdingue à la stupidité des perruches supplétives qui bricolent la politique énergétique du pays et qui veulent comme le dicte la mode à la sauce batave sauver une planète sur laquelle ce pays ne joue plus le moindre rôle.

En prime une allusion à la politique d’implantation des éoliennes. Et Il semble que le fabuliste fasse une fixation sur la détestable chouette à triste mine.

Un oubli : les perruches ne se sont pas saisies de la question des empêcheurs de voler en rond du nucléaire. Elle est sans doute évoquée dans une autre fable du grimoire.

Cet oubli est une chance ; sinon la fable, déjà confuse serait devenue complètement foutraque.

Car le fabuliste de talent ne parle que d’une chose à la fois et n’essaie pas de tout dire d’un trait. Ses animaux n’ont qu’un défaut par fable, l’envie, la duperie, l’ambition…

Alors que la fabuliste des perruches leur fait porter la responsabilité de tout ce qui cloche dans le monde de la clairière et leur attribue tous les défauts de caractère qu’il observe chez les perruches et la reine des perruches : La Perruche.

Il est vrai que la Perruche est arrogante et ignorante. Elle revendique sa supériorité sans même avoir conscience de ses insuffisances intellectuelles et culturelles. Elle ne parle que la langue des perruches sur des sujets de perruches en évitant tout ce qui concerne le travail et la production : l’énergie en particulier.

Elle caquète sur ce qu’elle croit maîtriser et ignore d’où vient le pognon de dingue qu’elle dépense et ce qui fait tourner les moteurs et les machines.

Seuls les esprits indulgents et résolument optimistes disent que la Perruche apprend de ses erreurs.

Grand bien nous fasse.

 

Les perruches et le vent

 

Dans la clairière d’une forêt lointaine, les perruches sont reines.

De longtemps, elles sont devenues reines en caquetant. En perruche il y a du perroquet qui cause.

Les oiseaux d’alentour aiment leur plumage et leur caquetage qu’ils prennent pour du ramage.

Les perruches paradent et occupent les plus belles branches des arbres de la clairière.

Elles croient que cela leur est dû car elles ont été couvées dans un nid de qualité.

Regardant les hautes branches, les oiseaux chantent et célèbrent les Éclosions du Nid des Adoubés.

Les volatiles du commun sont occupés qui à chercher l’insecte, qui à cueillir la baie, qui à construire son nid et gaver ses oisillons, qui en quête du kilowattheure dont les oiseaux sont friands, tout ce qu’oiseau fait en volant, sur son perchoir ou dans son nid.

Ainsi vit la clairière quand brille le soleil.

Que vienne la bise, les oiseaux vont crier famine et chercher l’espérance au caquetage des cimes.

Les perruches sur leurs arbres perchées leur tiennent le langage de la raison des volatiles.

Quoi, disent les perruches. Vous ne trouvez plus subsistance.

Nous avions confié la tâche de vous trouver insectes et vermisseaux à perruche de beau plumage. Sur ce métier, elle est à l’ouvrage. En même temps elle caquète avec la chouette Hulotte en quête de kilowattheures. À nulles autres pareilles elles sont les phénix du talent et de l’industrie.

Nous les perruches n’entendons pas le ramage des oiseaux de la clairière des oiseaux de tout plumage.

Notre caquetage ne saurait dire et nous ne saurions entendre les cliquetis barbares des tisseurs de nid, des picoreurs de graines, des turbineurs de kilowattheures.

Nous ne savons que voleter. Et caqueter.

Quoi ! Vous nous dites que Hulotte de sottises vous a gavées. Elle caquète mais ne sait voler, ni kilowattheure vous procurer.

Que voulez-vous ? Oiseaux ordinaires ! Nous sommes fort marris, mais la perruche ne fait que ce qu’elle peut. Caqueter en volant au gré des vents du moment et des modes.

Quoi ! Vous n’entendez pas le caquetage des oiseaux écologiques. Vous danserez quand même.

Les oiseaux disent :

Trop d’oiseaux venus d’ailleurs, pas assez de graines à picorer, pas assez de battements d’aile pour trouver l’insecte, trop de bons vers frétillants à déposer dans la mangeoire des perruches, trop d’oiseaux occupés à bâtir les nids de perruches, trop de hulotage et bientôt plus assez de kilowattheures pour nos nids. Et quoi encore.

Les perruches caquètent. Le vent de forêt y pourvoira et ne vous déplaise, le temps passera et ce qui doit arriver arrivera.

Et sans relâche la Hulotte caquètera sa mission de sauver la clairière avec le vent de la forêt ou quel qu’autre magie.

1 novembre 2019

 

En conclusion, le Naïf recommande la lecture de l’excellent article de Bertille Bayart dans le Figaro du 30 octobre, ainsi que celui de Z le proscrit dans le Figmag du 1er novembre.

L’ordre alphabétique autant que la courtoisie font choisir des extraits de l’article de BB dans lequel ont été retenus les propos qui font ressortir les carences de l’Élysée.

Révérence rendue, Z  le maudit suivra pour condenser dans son style les termes du constat.

 

Bertille Bayart   (extraits)     Le Figaro 30 octobre 2019

 Lemaire, Borne disent à J. B. Lévy   ……   Le patron de l’électricien public devra sous un mois présenter un plan d’action vigoureux pour remettre d’équerre un secteur à la dérive, et élaborer une organisation qui soit, enfin, à la mesure des meilleurs standards de gestionde projets complexes

 Donc.....  L’État, actionnaire d’EDF et de l’ex-Areva et décideur de la politique énergétique, ne peut cependant se contenter de tancer ses ouailles. Il doit balayer devant sa porte. ….

Depuis dix ans, l’État commande ou reçoit des rapports sur le secteur nucléaire sans oser en tirer de franches conclusions. ..... 4 au total

Tous ont surligné le problème de la perte de compétences qui, de la maîtrise d’ouvrage aux qualifications des soudeurs, sape aujourd’hui encore la crédibilité du nucléaire français. Mais tous ont aussi réclamé, par allusion subtile ou carrément selon les auteurs, une cohérence de la politique énergétique impulsée depuis le plus haut sommet de l’État.

Depuis 2007, l’énergie est une compétence partagée entre le ministère de la Transition énergétique et celui de l’Économie. La politique énergétique, la politique industrielle, l’État actionnaire ne parlent plus d’une seule voix. Et l’Élysée, évidemment décideur ultime, se garde de donner une direction claire et assumée.

La France est-elle encore un pays d’avenir du nucléaire? Les locataires de Bercy passent, et ceux du boulevard Saint-Germain encore plus vite, sans que depuis Fukushima on ait une réponse sans équivoque à cette question majeure….

 Lundi encore, Bruno Le Maire et Élisabeth Borne ont donné le spectacle d’un canon à deux voix discordant….et  de sources concordantes, aucun arbitrage présidentiel n’a été rendu sur le sujet depuis que l’on sait que la centrale normande ne sera pas en service en 2022.

La débandade de l’industrie nucléaire française est inqualifiable. Mais aucune solution ne pourra être apportée si au sommet, c’est-à-dire au sommet de l’État, on ne répond pas à des questions qu’aujourd’hui on n’ose pas, ou n’ose plus, poser, de peur d’assumer les réponses. ….. 

Ici, naïvement en désaccord avec BB, les choix qu’elle propose et les réponses qu’elle suggère sont omis. Il n’empêche que des questions se posent et qu’il faut apporter les bonnes réponses. BB le confirme : 

….La sécurité énergétique des générations futures exige des réponses, maintenant. Et ces réponses seront plus efficaces pour remobiliser une filière industrielle en capilotade que de faire peser sur son avenir une épée de Damoclès suspendue par manque de courage politique.

 

L’EPR, symbole d’un sabordage français délibéré     Éric Zemmour    1 novembre 2019

 Comment une filière d’excellence mondiale qui faisait la fierté légitime des Français est-elle devenue un motif de honte et de crainte?     Philippe Chérel  dans OUEST FRANCE

 C’est l’histoire d’un modèle devenu un anti-modèle. Un exemple devenu un contre-exemple. Les déboires répétés d’EDF avec ses centrales nucléaires EPR donnent une image déplorable de la France. De quoi susciter l’ire du ministre de l’Économie, l’inquiétude des populations, la joie mauvaise des écologistes et l’ironie des concurrents. Il est urgent de s’interroger: comment une filière d’excellence mondiale qui faisait la fierté légitime des Français est-elle devenue un motif de honte et de crainte?

Le nucléaire est une histoire très française, avec d’abord le choix du général de Gaulle au nom de l’indépendance nationale. D’abord militaire, la technologie devient civile, dans un schéma qui ressemble beaucoup aux grands groupes américains, financés par l’armée américaine.

L’indépendance nationale est remplacée par l’Europe ; le monopole est supplanté par la concurrence

Lors de la crise du pétrole, Pompidou décide de jouer à fond la carte du nucléaire. On repère les constantes de cette odyssée: l’État, le militaire, l’indépendance nationale. Sans oublier les technocrates, les ingénieurs et la CGT embarqués dans un même bateau: un monopole adossé à une industrie ultracompétitive et à l’alliance gaullo-communiste des années 1960.

À partir des années 1980-1990, tout est détricoté: l’indépendance nationale est remplacée par l’Europe ; le monopole est supplanté par la concurrence. Le nucléaire permettait à EDF de vendre l’électricité la moins chère d’Europe: un avantage comparatif (un des rares) pour notre industrie. L’Europe oblige EDF à baisser le prix de l’électricité sortie de ses centrales qu’elle est obligée de vendre à ses concurrents. Les prix montent!

Moins de rigueur dans le contrôle des sous-traitants

Les campagnes écologistes anti-nucléaires forcenées finissent par influencer une nouvelle génération de politiques: on annonce la réduction de la part du nucléaire ; on subventionne à tout-va l’éolien qui dénature nos paysages et dont l’énergie ne peut être stockée. Les libéraux font chorus, qui dénoncent les avantages indus des «privilégiés» du comité d’entreprise CGT. En centralisant toute la filière derrière son panache blanc, la patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, mène tout le monde dans le mur en klaxonnant.

EDF n’était qu’un assembleur de pièces édifiées ailleurs ; mais il le faisait avec rigueur et professionnalisme. À force de ne plus construire de nouvelles centrales, la transmission du savoir-faire s’évapore. EDF devient moins rigoureux dans le contrôle de ses sous-traitants. Au nom de l’Europe, on a contraint EDF à façonner l’EPR avec des Allemands qui nous ont abandonnés du jour au lendemain, nous laissant sur les bras un design pas maîtrisé et une technologie ultrasophistiquée. Privés de nucléaire, les Allemands se ruent sur le charbon, énergie la plus polluante du monde, tandis que le nucléaire est la moins carbonée. Mais les écologistes, qui sont pourtant les contempteurs les plus acharnés du CO2, sont aussi les adversaires les plus résolus du nucléaire. Et voilà pourquoi votre fille est muette! Et EDF, à l’article de la mort.

2 novembre 2019

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31 octobre 2019

Le Haut- Commissaire à l’Énergie Atomique nous parle

M. Brechet qui est beaucoup plus compétent et beaucoup plus gentil que moi, Naïf mal embouché, accorde un entretien à des journalistes du Point.

Comme Il est gentil, il ne va évidemment pas au bout de sa pensée ; d’ailleurs l’entretien est très bref.

Il est tout de même rassurant que le Haut-Commissaire à l’Énergie Atomique désigne clairement les responsables de la gabegie qui caractérise le monde de l’énergie : « ces élites qui ne savent plus ce qu'est l'industrie et ne se soucient plus que de faire des coups de com. »

Gabegie du monde de l’énergie ; mais aussi des mondes de…. Chacun peut remplir la liste, ÉducNat, Justice, Autorité en tous genres et toutes les dérives du progrès social.

Restons sur l’énergie et sur les causes de cette panade.

-intellectuelle : le poids d’idéologies enfantines,

-technique : par vieillissement des structures, EDF pas moins que d’autres, des lauvergeonneries diverses, par abaissement général du niveau des techniciens, des foucades de l’ASN,

-politique : les problèmes de l’électricité confiées en France à des clowns devenus Ministres flanqués d’un Ministère de l’Économie façon prof de lettres qui ne se réveille qu’en temps politiquement opportuns.

Gabegie sous l’œil de Bercy occupé à faire semblant d’équilibrer des budgets à jamais déséquilibrés par les dépenses sociales d’une population à laquelle on permet, par le progrès social dont nous sommes si fiers, de ne pas travailler.

Gabegie d’un État qui se mêle de ce qu’il ne sait pas faire et ne s’occupe pas des dettes accumulés par un outil industriel vital dont il détient 94 %

Gabegie par incapacité d’exister à Bruxelles pour faire entendre que le monopole d’EDF ne peut pas être remis en question pour satisfaire on ne sait qui, on ne sait où… entre Londres et Luxembourg.

Gentil M. Brechet qui s’accommode des âneries des gouvernements du pays, qui fait semblant de ne pas se souvenir de l’abandon de Phénix ou de l’impérieuse nécessité de fermer Fessenheim…

Enfin le coup d’Alsthom lui reste en travers de la gorge. C’est au moins ça !

Gentil M. Brechet qui semble ne pas avoir d’opinion sur l’ASN et la variabilité (vers les exigences accrues) des normes en cours de réalisation.

 

Toujours dans une paresse assumée et pour l’édification des lecteurs du Naïf, celui-ci vous donne à lire ce que M. Brechet pense de la filière nucléaire.

Ce bref entretien n’a pas le côté construit du rapport de Zolf sur les déboires de Flamanville : il faudrait le lire. Qui sait, un autre accès de paresse ? Il est prêt, il suffit de le bloguer, Chiche !

31 septembre 2019

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Yves Bréchet alerte sur l'avenir du nucléaire, « fleuron » de l'industrie française, aujourd'hui victime de l'idéologie comme du déclin de l'État stratège.

 Propos recueillis par Thomas MahlerMichel Revol et Géraldine Woessner    24/10/2019   dans  Le Point

Yves Bréchet, haut-commissaire à l'énergie atomique de 2012 à 2018, a longtemps appliqué le principe de Jean-Pierre Chevènement : un serviteur de l'Etat, « ça démissionne ou ça ferme sa gueule ». Mais, aujourd'hui, le polytechnicien, membre de l'Académie des sciences et président du conseil scientifique de Framatome, a retrouvé sa liberté de parole. Dans un entretien tonitruant – « qui n'engage que moi » – l'ingénieur lance un cri d'alarme sur l'avenir du nucléaire en France et déplore les idées reçues qui prolifèrent sur cette filière, alimentées par l'idéologie comme par l'absence de culture scientifique dans les médias. Plus généralement, il alerte sur la fin de l'Etat stratège, capable d'avoir une vision sur long terme. La faute, dit-il, à des élites qui ne savent plus ce qu'est l'industrie et ne se soucient plus que de faire des coups de com. Pourtant, entre le réchauffement climatique et la guerre économique, il y a urgence…

Le Point : Nouveau dépassement de budget de 1,5 milliard d'euros pour l'EPR de Flamanville, arrêt du projet Astrid… Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour le nucléaire en France. La filière est-elle en mauvaise passe ?

Yves Bréchet : En France, le nucléaire a des difficultés, c'est vrai. Mais connaissez-vous une filière industrielle qui n'en aurait pas quand son principal client, l'Etat, ne sait pas ou n'ose plus dire ce qu'il veut et que l'on s'évertue à rendre le nucléaire honteux ? Dans les médias, on parle ainsi de manière obsessionnelle des déboires du nucléaire, on tresse des lauriers à ses concurrents énergétiques et on accumule des contrevérités sur les déchets, sans jamais se soucier de vérifier ces informations. Je ne connais pas beaucoup de filières industrielles qui pourraient survivre à ça. Dès qu'un chat se coince la queue dans la porte d'une centrale, c'est un accident nucléaire ! Il ne s'agit pas de dire que tout va bien. Aujourd'hui, l'industrie a du mal à se remettre en marche après vingt ans (une génération !) sans avoir eu de grands projets. Ce n'est pas la même chose d'entretenir un parc nucléaire et d'en construire un nouveau. Dans les années 1970, l'industrie nucléaire construisait cinq centrales par an. Quand on parle aux vétérans, on se rend compte qu'à l'époque aussi les débuts étaient compliqués. Mais l'Etat savait ce qu'il voulait. On était alors capable de mobiliser des capacités industrielles de haute valeur pour une mission qui était claire et durable.

C'est ce qui explique pourquoi la Chine est capable de construire des EPR alors que nous accumulons les difficultés ?

Les deux EPR de Taishan, construits en partenariat avec la France, ont eu des surcoûts de 50 %, liés à l'augmentation du prix de la main-d'œuvre chinoise. Mais les surcoûts des EPR en Europe, comme à Flamanville, n'ont rien à voir avec cela, ils sont dus à une accumulation de bourdes. Dans le premier projet de Flamanville, il y avait par exemple 17 largeurs de porte différentes. Vous imaginez ça chez Ikea ? Quand vous n'avez plus construit de chantier depuis vingt ans, il faut réapprendre. Ces déboires sont la conséquence de la perte de compétences industrielles. Le nucléaire n'est que la partie émergée de l'iceberg. Nous avons complètement détruit notre industrie depuis trente ans. Dans les ministères, ils ont ainsi oublié que fabriquer des choses ce n'est pas juste concevoir des applis pour votre iPhone. Mais la situation pour le nucléaire n'est pas désespérée si on en prend conscience ! Et, pour cela, il faut une ligne de conduite claire avec des réglementations qui ne changent pas tous les six mois au fil de la construction, ainsi qu'une vision sur plusieurs années.

Que pensez-vous de la lettre envoyée au président d'EDF par le gouvernement, qui évoque la construction de six EPR  ?

Si c'est vrai, c'est une lueur d'espoir – et un courage politique. On ne peut avoir une industrie fiable et rentable que si elle a une perspective et qu'on standardise les nouvelles centrales. Mais j'attends de voir les actes suivre les discours, car j'ai l'habitude de voir des manœuvres de jésuite autour du nucléaire…

« La capacité de l'Etat à mener une vision à long terme se délite, alors qu'en même temps il bavarde de plus en plus. »

Sommes-nous passés d'un pays capable de grands projets industriels à une vision à court terme ?

Nous assistons à la lente dégradation de l'Etat stratège. La capacité de l'Etat à mener une vision à long terme se délite, alors qu'en même temps il bavarde de plus en plus. Bien sûr, l'Etat ne peut pas être stratège en tout. A titre personnel, cela ne me dérange pas que les avions fassent des vols privés. Mais l'énergie, comme la santé, ce n'est pas n'importe quoi. L'énergie nécessite de se projeter dans trente ans, car il n'y a pas de retour sur investissement immédiat. Nous sommes par exemple dans un pays où 90 % de l'électricité (nucléaire + hydraulique) dépend des turbines, et on vend ces turbines conçues par Alstom à une entreprise américaine, General Electric. En apprenant cela, l'ingénieur et le citoyen que je suis est tombé de sa chaise. On a longtemps reproché à l'Etat français de s'appuyer sur des élites techniques (Polytechnique) et administratives (l’ENA). Mais songez que, de 1947 à 1975, Louis Armand, père de la SNCF et d'Euratom, donnait un cours fabuleux sur les technologies de l'industrie française à l’ENA. Ces élites avaient au moins conscience des compétences qui leur manquaient ! Inutile de préciser que tout cela a disparu. Robert Dautray, qui a travaillé sur la bombe H, me confiait que, quand on sortait du corps des Mines, c'était un honneur d'aller d'abord dans les mines. On n'aurait pas confié des missions de conseil à ces élites avant qu'elles n'aient fait leurs armes sur des sujets concrets. Aujourd'hui, des jeunes gens frais émoulus donnent des conseils dans des domaines qu'ils ne connaissent pas, essentiellement pour remplir leur carnet d'adresses. Je le sais, car je suis un pur produit du système. La génération qui a construit le parc nucléaire français a aussi élaboré le TGV ou la filière aéronautique. Elle savait qu'il fallait reconstruire le pays et assurer sa souveraineté à la suite des chocs pétroliers, là où nos élites actuelles n'ont plus qu'à construire leur carrière.

Aucun membre du gouvernement ne trouve-t-il grâce à vos yeux ?

Agnès Buzyn est l'une des rares ministres compétentes et courageuses. Il faut la mettre sous cloche pour la préserver ! Sinon, si vous cherchez une réflexion un peu construite sur l'industrie chez les politiques, il faut aller voir Jean-Pierre Chevènement. C'est quand même inquiétant que, dans un pays comme la France, ce soit un octogénaire qui ait la vision la plus claire sur l'énergie. Je précise que je ne suis pas politiquement proche de lui.

« Remplacer le nucléaire décarbonné par les énergies renouvelables ne réduit en rien le dioxyde de carbone. »

Pourtant, avec le réchauffement climatique, il y a urgence…

L'urgence climatique n'autorise pas les effets de manches. Et nous sommes en plus dans une guerre économique qui a succédé à la guerre froide. Dans cette configuration, on a plus que jamais besoin d'un Etat stratège. La problématique est de décarbonner notre énergie. Mais, aujourd'hui, on s'évertue à décarbonner une électricité déjà décarbonnée ! Remplacer le nucléaire décarbonné par les énergies renouvelables ne réduit en rien le dioxyde de carbone. L'Allemagne avait 20 % de nucléaire, mais a décidé d'en sortir, rouvrant ainsi ses usines à charbon, sans parler des milliards par an que coûte cette transition énergétique. Vous pensez que la France peut se permettre d'investir 1 200 milliards d'euros dans un parc de production éolien, avec des turbines à gaz pour pallier les absences de vent quinze jours par an ? Tout ça sans aucune diminution des gaz à effet de serre ? C'est autant d'argent qui n'ira pas dans la rénovation du bâtiment et dans l'électrification des transports. Mais plutôt que de se demander : « Qu'est-ce qu'on peut faire d'efficace ? », on se demande : « Qu'est-ce qu'on peut annoncer ? » Les énergies renouvelables locales font sens. Mais les mettre sur le réseau électrique, c'est beaucoup plus compliqué. Il faut pour cela des investissements massifs dans la recherche sur le stockage. Au lieu de cela, on subventionne des panneaux photovoltaïques importés de Chine

Les coûts de l'éolien ne sont-ils pas aujourd'hui moins élevés que ceux du nucléaire ?

L'EPR coûte cher et nécessite des délais. A supposer qu'il coûte 13 milliards – ce qui est bien trop cher –, il faut cependant avoir conscience qu'il va durer soixante ans. Il produira 600 millions de mégawattheures et rapportera près de 60 milliards d'euros. Non seulement nous sommes myopes en ne voyant plus le long terme, mais nous avons aussi des verres déformants. Le prix au pied de l'éolienne est certes légèrement moins élevé que celui du nucléaire, mais les éoliennes auront une durée de vie de deux à trois fois plus faible et fonctionnent un tiers du temps, ce qui multiplie le prix par cinq ou six. Et je ne vous parle pas des problèmes de stabilité du réseau.

Regrettez-vous l'abandon du projet Astrid, prototype de réacteur de quatrième génération ?

Le nucléaire est une énergie qui consomme une matière inutile, l'uranium, et qui, en plus, la consomme mal. Il crée ainsi des déchets à longue durée de vie dont le plus problématique est le plutonium (90 % des déchets à vie longue). L'uranium appauvri laisse 300 000 tonnes de déchets qui ne sont pas nocifs, mais inutiles. L'idée des réacteurs à neutrons rapides, dont Astrid devait être le démonstrateur, c'est de transformer le plutonium et l'uranium appauvri en combustible : on multiplie par 50 les réserves uranifères et on divise par 10 les déchets à longue durée de vie. C'est la technologie industrielle la plus mature pour fermer le cycle, c'est-à-dire aboutir à un recyclage complet des matières. Arrêter Astrid, c'est nous priver de la souveraineté en termes de ressources. Ce n'est pas un hasard si de grandes nations comme la Chine, mais aussi Bill Gates, financent d'importants travaux de recherche sur ces réacteurs à neutrons rapides. En France, c'est un summum d'hypocrisie, car on nous dit que les études papier vont continuer et qu'un jour on saura faire, comme par magie. Mais les gens qui prennent ces décisions n'ont pas la moindre idée de ce qu'est une industrie ! Ce n'est pas le même métier que de faire des fusions-acquisitions dans une banque, si vous voyez ce que je veux dire…

Comment expliquez-vous les incompréhensions sur le nucléaire ? Selon un récent sondage BVA, 69 % des Français pensent que le nucléaire participe à la production de gaz à effet de serre.

Le nucléaire rejette 200 fois moins de dioxyde de carbone que le charbon, soit 100 fois moins que le gaz et autant que l'éolien. Même le Giec a rappelé, dans son rapport de 2018, qu'on ne fera pas l'économie du nucléaire. Par ailleurs, on sait parfaitement démanteler des centrales en fin de vie : plus de 40 d'entre elles ont été rendues « au vert » dans le monde. Si on n'arrive pas à achever le démantèlement de celle de Brennilis, c'est pour des raisons d'obstruction juridique ! On sait aussi parfaitement gérer les déchets nucléaires par vitrification puis entreposage géologique profond en sous-sol argileux. Et pourtant, on nous répète des désinformations ad nauseam, selon le principe d'Herriot qui explique qu'un mensonge qui a longtemps servi devient une vérité. Ce qui est choquant, ce ne sont pas tant les contrevérités propagées par les associations antinucléaires et véhiculées par les médias que le fait que l'Etat s'en désintéresse. Après un tel sondage, le gouvernement aurait dû réagir pour rappeler que le nucléaire ne contribue pas au réchauffement climatique. Mais nos responsables préfèrent acheter la paix dans les dîners mondains plutôt que de remplir leur devoir d'information. Dans une démocratie, le vrai poison est le mensonge toléré et, dans le cas du nucléaire, c'est presque un mensonge instrumentalisé.

« Par kilowattheure produit, le nucléaire tue 1 700 fois moins que le charbon, 350 fois moins que le pétrole et 4 moins que le solaire ou l'éolien, si l'on compte les chutes lors de la pose et de l'entretien. »

Est-ce un problème d'éducation scientifique ? Les journalistes, comme les politiques, ne brillent pas forcément dans cette matière…

Un journaliste scientifique comme Sylvestre Huet, qui est l'honneur de votre profession, n'est à ma connaissance pas un scientifique de formation. Ce n'est pas une question de formation, mais de temps passé à comprendre. Si la pratique de la science est un métier, la rationalité scientifique, elle, relève du bien commun. Je ne suis pas un adepte d'une scientocratie, c'est-à-dire de l'idée que les scientifiques prennent toutes les décisions. En revanche, il faut apprendre à distinguer ce que l'on sait de ce que l'on croit, ne pas confondre le fait d'être concerné et d'être compétent. Nous sommes dans une période où la science est omniprésente, mais où les obscurantistes ne se sont jamais fait autant entendre. Le nucléaire n'est que le révélateur d'un mal du siècle : la disqualification des experts. Il témoigne par ailleurs du mépris qu'on peut avoir pour les citoyens tout en faisant mine de les écouter. En Suède, ils ont ainsi organisé un vrai débat citoyen sur le sujet, et le responsable de la gestion des déchets n'a pas hésité à discuter avec la population très régulièrement, et toujours avec des groupes inférieurs à 20 personnes. Comme remède, il faut développer une éducation au raisonnement qui commence dès l'école primaire, reconnaître que la connaissance scientifique est un bien commun essentiel, prendre le temps de parler avec les citoyens, et pas uniquement avec ceux qui confisquent leur parole en s'autoproclamant « représentatifs et non gouvernementaux ».

Mais que répondez-vous à ceux qui disent que le nucléaire civil est dangereux ?

Par kilowattheure produit, le nucléaire tue 1 700 fois moins que le charbon, 350 fois moins que le pétrole et 4 fois moins que le solaire ou l'éolien, si l'on compte les chutes lors de la pose et de l'entretien. Une centrale n'explosera pas comme une bombe. Ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas un secteur intrinsèquement dangereux. Chaque accident – Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima – a conduit au développement de nouvelles mesures de sûreté. J'aimerais qu'on puisse en dire autant de toutes les industries dangereuses. Le nucléaire est très contrôlé, avec en France une Autorité de sûreté nucléaire qui compte un millier de personnes, totalement indépendantes – vous pouvez demander à EDF. Mais je pense surtout que les citoyens devraient aller visiter les centrales, et que ce soit les gens qui y travaillent qui les accueillent et non pas des communicants. Nos concitoyens verraient des grands professionnels fournissant une électricité deux fois moins chère qu'en Allemagne avec une stabilité d'approvisionnement inégalée, alors même qu'on les traîne dans la boue. Et ils réaliseront qu'on a là un fleuron industriel, qui mérite d'être apprécié à sa juste valeur, loin des manœuvres électorales qui le prennent comme victime expiatoire.

 

Posté par Dufourmantelle à 11:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]