Le Naïf dans le Monde

11 juillet 2020

Partager ensemble.

Je suis engagé dans une opération de nettoyage de l'écran de mes nuits blanches sur lequel, me dit ma femme, une chatte ne retrouverait pas ses petits. Ici un exemple de nettoyage par "mise au carnet" de rigueur. Avec 15 mois de retard.

Cette petite mise au point répond à la question d'une de mes amies qui s'étonnait de l'usage courant et répété de l'expression qui fournit ici le titre, dans le but de la conforter sur la justesse de sa remarque et de l'in-justesse du vocable.

 

L’expression dûment assortie de son point final est depuis peu utilisée dans une de ces phrases répétées comme des mantras pour exalter on ne sait plus quelle vertu civique depuis longtemps oubliée.

L’expression choque. Il lui manque un objet.

Le partage suppose un objet dont on découpe des parts pour les distribuer. Ainsi, je partage la tarte.

On peut aussi découper le temps d’emploi de l’objet. Partager devient alors de la répartition de l’usage d’une facilité mise en commun : je partage (l’usage de) la voiture avec ma femme.

Mais le vocable implique dans un autre sens la mise en commun de l’objet : une idée, une opinion, sens dans le lequel il ne s’agit plus de couper des parts pour ne retenir que l’idée d’association, de mise en commun. Dans ce sens il s’agit de partage-participation. Je partage les valeurs républicaines avec… Il manque alors l’autre sujet, celui avec qui l’on partage. 

Dans l’une ou l’autre acception, on ne peut faire l’économie de l’objet : ce qui est partagé.

Dans le second sens, celui de l’association, on ne peut faire l’économie du sujet auquel on s’associe.

Le mot ensemble dans l’expression citée implique bien cette association : nous sommes ensemble pour partager… Quoi ? Il manque l’objet.

Mais « en même temps » il introduit une ambiguïté : nous sommes ensemble et nous partageons une tarte, chacun ayant sa part. Là encore il manque l’objet mais nous ne savons plus s’il y a découpage ou mise en commun.

Pour répondre à la question : l’expression est-elle correcte ? 

Elle n’est pas incorrecte mais l’auteur ne lui a pas donné de sens : elle traduit une intention sémantique qui reste inachevée.

On ne fera pas ici crédit à l’auteur de cette formule d’avoir réfléchi à tout cela. 

Pour illustrer et compléter le propos, ci-joint une version expurgée des exemples et référence de la définition du CNRTL relative au verbe "partager". Il s’agit d’un travail de grammairien.     Bien sûr, qui s'y frotte s'y pique.

 

Partager

I. − Emploi transitif

A. − Qqn partage qqc.

1. [Le complément d'objet désigne une chose concrète.] Diviser en parts, en lots, en portions. Partager en (plusieurs choses), à (qqn), entre (des pers.); partager un fruit; partager le butin, le gibier

− Partager qqc. en.Partager une terre en parcelles

− Partager qqc. à.Partager son bien aux pauvres

− Partager qqc. entre.Partager sa fortune entre ses enfants

2. Au figuré. Répartir. 

− Partager son temps, sa vie entre l'étude et les loisirs/se partager entre l'étude et les loisirs 

3. [Le sujet est souvent au pluriel.] Réserver, donner une partie de (quelque chose) (à quelqu'un) :

− Au figuré, familier. Partager le gâteau; partager la poire en deux.

B. − Qqn1partage qqc. (avec qqn2)

1. [Le complément désigne une chose abstraite] Avoir part (à quelque chose) en même temps que ou au même titre que d'autres. Partager le pouvoir, les responsabilités avec qqn. 

2. Prendre part à; posséder en commun avec quelqu'un. Partager le repas de qqn; partager la chambre, le lit, le logement de qqn; partager les soucis, le succès, le sort, la vie de qqn. 

.− Au figuré. S'associer en pensée à, s'intéresser à (une situation joyeuse ou douloureuse de quelqu'un).  Partager la joie, la douleur de qqn

3. En particulier.

♦ Partager (tel sentiment) de qqn. Avoir les mêmes sentiments que quelqu'un:

♦ Partager les idées, le point de vue, la façon de penser de qqn. Avoir les mêmes opinions que quelqu'un. 

♦ Faire partager. Communiquer:

C. − Qqn1partage avec qqn2.Donner une part (de ce qu'on possède à quelqu'un). 

Partager en frères; apprendre à partager

D. − Qqn/qqc. partage qqc.Diviser en parties distinctes, sans idée d'attribution.

Couper, fractionner, fragmenter.

a) [Le sujet désigne une pers.] Partager une troupe en deux corps, une pièce en deux parties:

− MAN. Partager les rênes.

b) [Le sujet désigne une chose] Constituer une limite entre des parties distinctes. Synon. départager, séparer.Raie qui partage des cheveux; fleuve qui partage une ville en deux; l'équateur partage le globe en deux hémisphères. ).

2. Diviser en partis opposés, voire hostiles (une société, un peuple, un groupe). 

II. – Emploi pronominal.

A. − passif. [Le sujet désigne une chose] Se diviser. Gâteau qui se partage facilement

− Au fig. Être perçu, ressenti en commun. 

B. − réciproque indirecte

1. Répartir entre soi; avoir quelque chose en commun. Se partager le butin, un héritage

2. Au figuré.

a) Prendre chacun une part active à. Se partager le pouvoir, les responsabilités

b) [Le sujet désigne une chose] Entrer chacun pour une part dans. Se partager les faveurs de qqn:

C. − réfléchi direct. Se partager entre l'étude et le loisir, entre le travail et sa famille. Partager son temps, sa vie entre... 

Ouf ! Mais l'avantage de mon copain CNRTL est qu'il n'oublie aucun détail de l'animal, du museau à la queue.

 

Avril 2019

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10 juillet 2020

Le discours bobo écolo est une plante qui fleurit en toute saison

Le discours bobo écolo est une plante qui fleurit en toute saison

dans tous les jardins de la télévision

C'est l'heure de mon vélo, pardon ma demi-heure de vélo, et je sacrifie à mon rituel vélocipédique: je tourne le bouton du poste et je regarde une émission télé, à 17 heures 45, à laquelle participe communément des gens sensés tenant des propos sensés sur des sujets sensés.

Considérant la fréquence de l'émission, il est normal qu'elle donne lieu à des redites, des lieux communs et un paquet d'évidences formulées doctement. Mais il y a le plus souvent un économiste qui recadre les propos. Enfin c'est bon pour mes vieilles jambes décharnées.

"Au jour d'aujourd'hui",  il faut savoir manifester du respect à des tournures de langage qui font en quelque sorte partie de notre patrimoine culturel, j'en parlerai à Finkielkraut pour lui suggérer de faire quelque chose pour…Dictionnaire…Académie Française…enfin quelque chose de pérenne ; ce soir donc se trouvait pour causer (débattre) sur le thème, "La France d'après" autour du micro virtuel une dame blonde qui voit l'avenir en vert, puis en vert et enfin en vert. Une autre dame sortie du même tonneau, mais plus classe et avec un peu moins de verditude complétait les propos de la précédente avec quelques ajouts sociologiques. Une dame de l'Express tentait après avoir donné sa bénédiction aux propos des dames vertes de ramener avec l'aide de ce pauvre Bouzou  (qu'allait-il faire dans cette galère ?) la balle au centre, mais en vain : "la France d'après" sera demain un vaste jardin où fleurit, je reprends l'expression, la fleur merveilleuse qui verdit l'économie de sa chlorophylle plus verte que verte et qui suscite des innovations tellement vertes elles aussi qu'on ne sait plus comment trouver le chemin du bon sens dans cette forêt de verdure. Les contraintes économiques, budgétaires, industrielles sont des problèmes que la chlorophylle résoudra, telle la quinine de  notre médecin marseillais.

Je ne m'égare pas mais j'exagère.

Ce ton excessif, donc injuste traduit une exaspération croissante d'assister au suicide économique assisté comme on euthanasise Suisse, de l'Europe et de la France en particulier, seule élève réellement vertueuse du ramassis des nations du monde au motif que l'émission de GES perturbe le climat.

Mais ce qui m'indispose un max, c'est la logorrhée de ces platitudes qu'on entend à longueur d'onde. On dit de nos jours, éléments de langage, et bien, ces clichés-là tels des eczémas du langage, donc de la pensée, la pauvre qui fuit ces litanies du vide, sont les armes qui conduisent la foule des zélotes à l'adoration de l'Écologie, la Déesse.  

Je cite:

Il est vrai que la problématique du vivre-ensemble dans le cadre du respect de la Nature et de la réduction des émissions de GES nous conduirait effectivement à imaginer autrement le monde de demain et devrait nous permettre de pouvoir envisager, dans un esprit de solidarité et, osons le mot, d'humanisme de proposer effectivement à nos enfants et aux générations du futur une société plus juste où l'individu libéré de la servitude d'une consommation qu'on lui impose et qui détruit notre environnement, serait en capacité d'adopter l'alternative d'une vie meilleure…

Ne cherchez pas la source de cette citation, je respecte l'anonymat de mes sources.

Évidemment il y a les sommets que seuls atteignent les esprits supérieurs et je pense à l'inoubliable auteur de "l'ultimatum de la nature" et de célèbre mélopée des "le temps est venu" dont on attend qu'un rappeur en quête de texte s'empare.

Cet eczéma est contagieux et pas un personnage public ne peut dire un mot sans rajouter la dose prescrite de bien-pensance verte en témoignage d'obédience.

Les zélotes deviennent ensuite des électeurs soutenus par leur foi. Ils voteront pour le guru qui leur promettra la merveilleuse planète qu'ils méritent.

De récentes consultations révèlent l'ampleur du mal et la montée des forces du vide. 

Évidemment le Benêt qui-n'en-loupe-pas-une, quand il voit une sottise à commettre s'y précipite avec la vigueur enfantine du gamin qui veut le dernier jouet.

Après avoir épuisé les joies de la repentance, il nous fit le coup du "Sauver la planète", histoire de bien convaincre toutes les têtes vides qu'ils avaient carte blanche ou comme on dit que c'est open bar.

Du plus creux d'entre ceux-là, il fit même un ministre…de l'énergie ! 

De cette Déesse qu'il adora est né le monstre qui le mangera.

Ne cherchez pas la source de cette citation, je respecte l'anonymat de mes sources. 

Sous les oripeaux de la science on voit surgir des bulles de ces inepties.

La dernière (journal du matin) et je vous l'a fait brève. Je couvre avec ma dette la France d'éoliennes. Je découvre qu'elles ne font pas d'électricité au sens production nationale et que cette électricité intermittente n'est ni utile, ni nécessaire mais que au contraire elle est une gêne. Ah, si je pouvais la stocker, ma conscience serait déchargée et reverdirait. On voit alors fleurir des projets de parcs géants de batteries avant  que la lumière n'éclaire mon esprit, car j'ai lu que l'eau, Ô découverte sublime est composée d'hydrogène et d'oxygène. Ah, l'hydrogène voilà la réponse. Avec mon électricité inutile je vais fabriquer de l'hydrogène vert bien plus "écologique" que le méchant hydrogène des raffineries. Et j'en ferait tellement que je vais changer la face du monde. Les autos rouleront, les avions voleront, les bateaux navigueront avec l'hydrogène de mes éoliennes, stocké dans mes petites bouteilles et distribué en grande surface, mais aussi dans les commerces de proximité pour redonner vie à nos campagnes abandonnées. Les esprits s'enflamment comme fera plus tard l'hydrogène et la bulle se crée, qui Secte deviendra.

Et je ne m'égare pas. 

Qu'en pense le Marché ?

Le Marché est un monstre froid qui adore les bulles et les sectes dans la mesure où se crée…un marché.

Mme Aubry et M. Hollande veulent du vert; alors se commettent des lois stupides, mais des activités, certes inutiles donc nuisibles naissent et des échanges s'organisent avec "ailleurs", des produits se manufacturent "ailleurs", des consommations se structurent "chez nous" et de notre impécuniosité nait chez nous de" la dette, bien à nous".

Le marché est content car il n'est pas en charge de l'éducation de nos dirigeant, ni responsable de leur stupidité. 

Ce papier commencé quelques jours auparavant était resté sur le bureau et c'est un article du matin sur l'hydrogène qui a fait monter une fois encore mon "ire" et relancer la diatribe.

10 juillet 2020

 

 

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08 juillet 2020

Le principe du vide et la politique du vide.

Un certain temps déjà quand les jeunes passaient le certif, ils résolvaient des petits problèmes de calcul ce qu'une grande majorité de  français de nos jours serait bien incapable de faire et pas davantage d'écrire le résultat sans faute d'orthographe.

En ces temps-là, si l'instit eut proposé un devoir de français : dites-moi ce que signifie le mot économie, nous aurions répondu : C'est la somme d'argent que Maman a mis de côté à la fin du mois après les dépenses du ménage et elle ira demain la déposer à la Caisse d'Épargne.

Puis, nous retournions au travail les uns dans les champs car on les y attendait ; d'autres plus chanceux ou plus à l'aise à l'école pour préparer le Brevet ; pour les encore plus chanceux pour passer un examen d'accès au collège.

Et l'économie était toujours dans nos têtes ce qui reste à la maison quand on a déboursé ce qu'il faut payer pour que vive la famille.

Plus tard le Grec confirma ma lecture : Maison/Oikos et Gestion/Nomos.

Et en gros, j'en suis resté là. 

Mais le concept de compréhension et propositions de gestion des affaires "économiques" avait suivi le chemin des idées des hommes et engendré de multiples analyses puis théories sur les meilleures façons de faire marcher la boutique à toutes les échelles : la Cité, la Province, le Royaume et plus tard encore la Nation, l'Europe et pourquoi pas un vaste monde uni dans la paix. La mathématique et la statistique vinrent ajouter précision, complexité et erreurs à chaque nouveau schmilblick.

Mon "économie" avait fait du chemin.

Le concept est riche, sans doute trop riche, et l'organisation de la maison ne peut  être considérée comme un sujet secondaire au-dessus duquel planerait un objet d'une essence particulière qui serait par quelque sortilège débarrassé des contraintes économiques et qu'on appellerait Politique.  Je rectifie immédiatement et j'ajoute le mot "sociales" accolé à économiques de peur que des lecteurs n'aient pas compris que les contraintes sociales étaient déjà incluses dans l'économie.

Chacun reconnait cette primauté surplombante du politique mais reste cependant le danger que ce pouvoir planant oublie le sens premier du mot économie, celui du certif. 

Un biologiste allemand utilisa pour la première fois le vocable Écologie, construit par analogie d'un assemblage similaire Maison/Oikos et Logos/Connaissance dans le sens de "comprendre les relations des organismes vivant avec le monde" ; il n'utilisa pas le mot environnement qui existait pourtant mais devait sentir l'anglicisme alors que "décrire les environs' aurait fait trop français; mais la mode de ce mot vint bien plus tard, depuis une cinquantaine d'années.

Mais je m'égare. Enfin, pas tant que ça.

Je cherche par analogie le corpus des textes fondateurs puis explorateurs et scrutateurs de l'animal qu'on nous pose sur la table d'examen sous le vocable "Écologie".

Il me revient alors à l'esprit ce que je considère maintenant comme un  âge d'or de ces courants de pensée, qu'il fallait faire le meilleur usage possible des ressources de la nature en veillant à ce que les inévitables prélèvements de celles-ci soient naturellement renouvelés ou suffisamment limités pour qu'on puisse imaginer de nouveaux procédés de même portée avant leur disparition.  

L'idée ou plutôt le vocable venait, comme il se produit d'outre atlantique sous la forme "sustainable development" traduit assez bizarrement en français par "développement durable" alors que le sustainable anglais signifie d'abord que le développement doit être "supportable" dans la durée, causing little or no damage to the environment and therefore able to continue for a long time. (Cambridge dictionary)

L'idée était bien qu'il fallait un développement (et non pas un arrêt de la croissance) qui soit supportable pour les systèmes économiques et durable afin que la planète elle aussi, pour la personnifier, supporte dans le temps les atteintes qu'elle subit et régénère ses ressources.

Le monde entier s'approprie le concept et l'accord mondial de septembre 2004 à Johannesburg concrétise ce consensus.

Depuis cette date s'est installé la peur du changement climatique et la hantise des émissions de GES. Les deux soucis sont éminemment justifiés alors que les propos entourant les mesures sociales, économiques et politiques nécessaires prenaient progressivement une dimension sectaire et hystérique contribuant progressivement à décrédibiliser la pensée elle-même en ne lui laissant que le champ de la décroissance et en instaurant une sorte de vide idéologique qui conduit aux sottises dont nous sommes maintenant les témoins. Les différents gouvernements s'en sont accommodés pour des raisons assez ridiculement électorales qui résultent en des bricolages de tout modèles le sommet étant atteint avec les différents bazars regroupés sous le vocable transition écologique.

Cette idéologie du vide est illustrée par le merveilleux manifeste* de Hulot, le célèbre "Le temps est venu…"

Et elle est renforcée par le constant désintérêt des benêts du pouvoir pour l'énergie en France dont le principal objectif semble être de parvenir à détruire la Société Nationale de production électrique sous des influences venues d'ailleurs.  

Et là, je ne m'égare pas.

*La nef des fous  21 mai 2020

 

L'existence et la prospérité politique de ce parti du vide est un phénomène stupéfiant dont les apprentis sorciers sont déjà les victimes. Et nous avec.

Remaniement ministériel, divine surprise et retour du Benêt à un rang moins dégradé ; il reprend du galon par ce réveil et ce retour au monde des réalités. Deviendrait-il un Président ordinaire ?  La nomination de Pompili est-elle un dernier petit geste d'adieu au vide ? Au demeurant la dame n'a pas fait de fautes et on peut lui attribuer des actions positives comme la loi de 2016 sur la Biodiversité sous la tutelle (?) de la Ministre à géométrie variable, la Royal.

Je souhaite simplement, sans croire un instant à une possible réalisation de ce souhait, qu'elle prenne le temps de se pencher sur le contenu des lois qui concernent son domaine et qu'elle s'interroge sur leurs conséquences.

De nouveau, je m'égare.

 

8 juillet 2020

                                                 

                                                                         

 

                                                                                        

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07 juillet 2020

Remanions ensemble, Mes Frères

 

Ce papier est une commande. Une voix amie, une de mes rares lecteur ou lectrice, me demande, cela répond à commande, ce que le remaniement ministériel récent me suggère.

Deux nominations font surprise, celle de Dupont Moretti en premier lieu.

La première réaction est bien sûr, Que va-t-il faire en cette galère ? Et immédiatement, on fait crédit au bonhomme pour qu'il ait en acceptant, pour deux ans seulement, un poste aussi chahuté quelque projet et idée à "faire valoir", comme on dit de nos jours ; car on n'imagine pas que ce soit simplement pour ajouter une nouvelle ligne à son CV.

N'ayant aucune réflexion personnelle sur ce sujet, mais beaucoup d'opinions peut-être infondées et de craintes bien réelles je pense qu'il est un chantier titanesque à entreprendre qui serait de dépolitiser le monde judiciaire. Dans son recrutement et dans la formation des corps constitutifs de ce vaste système et dans le constant rappel du fait que la justice n'est pas un outil d'insertion social, de rédemption spirituelle ou encore de jugement politique mais un outil de la violence légitime que les citoyens confient à des personnes qui n'ont pas à en faire un autre usage que l'application de la Loi de la République.

Des scandales de ces dernières années sont assez d'exemples que mes soucis ne sont pas infondés.

Quant au fonctionnement de la machine, je crois volontiers que notre avocat dispose d'un arsenal de choses à faire qu'il ne pourra que mettre en chantier sauf à renverser sur l'heure quelque tables, comme on dit de nos jours. 

Madame Bachelot à la Culture me semble un choix judicieux. Elle n'a absolument rien à perdre et pas grand-chose à gagner dans cette brève affaire de moins de deux ans aux affaires. Le citoyen ordinaire, naïf en ces matières souhaite deux choses de son action.

Qu'elle ramène l'art dit "contemporain" à sa juste place et sans que cela s'accompagne de jugement de valeur et que l'État ne soit le complice systématique de toutes les arnaques et crimes qui sont commises au nom de la liberté d'expression artistique. Déposer des sottises de grande taille dans les jardins de Versailles ou des poupées gonflables dans la galerie des glaces sont des exemples de ce genre de déviation qui sont légion. Cristo est un phénomène moins inquiétant mais qu'on arrête de nous faire croire que toutes ces inepties ne coûtent rien au contribuable.

Laissons l'Art Moderne à l'activité entrepreneuriale de M. Pinault qui gère très bien ce sujet et ses projets sans nous interroger sur le rôle historique d'un Ministre ; de la Culture, allons tant mieux. Faut c'qui faut.

L'autre sujet qui me fait souci et que Bachelot devrait immédiatement assujettir et recadrer avant que le projet, comme tout ce qui se fait en France de nos jours ne tourne en biberine ; le chemin du désordre est déjà tout tracé. C'est maintenant qu'il faut trancher sur l'option essentielle de la reconstruction des parties détruites et de la flèche. On entend que des charpentiers font des projets, que des artistes dessinent des jardins, que tout doit être reconstruit à l'identique, que le rêve doit s'emparer de cette merveilleuse opportunité et que sais-je.

Mon opinion pour les personnes qui me connaissent est évidente mais je ne la formulerai que sur demande expresse.

Nous savons que le Général Georgelin a reçu une feuille de route complète et précise du Président de la République et qu'il saura faire respecter les impératifs de sécurité et de consolidation nécessaires à la poursuite des travaux … de rénovation. On sait que GG est empégué dans des flots de revendication, de demandes péremptoires, d'opinions du meilleur bois, de souhaits de tous calibres.

Il faut stopper tous ces bazars avant que Macron n'ajoute à son inépuisable répertoire de stupidités l'idée de réunir 150 citoyens (pris au hasard) pour définir ce que Georgelin doit faire.

Ceci signifie définir avec GG le cadre précis de la seconde phase de son action en écartant toutes les rêveries, spéculations et songe-creux qui encombrent ce dossier. Il faut à ce moment un acte d'autorité qui doit conforter GG pour la suite des travaux et définir avec lui le cadre précis, le cahier des charges du projet. Pas dans deux ans. Maintenant. Et c'est maintenant, tout de suite qu'il faut qu'un nouveau Ministre de la Culture avec le talent, le bon sens et l'autorité qu'on prête à Mme Bachelot fasse cette démarche.

Quelques impératifs :

Notre Dame est une Cathédrale dans laquelle sont célébrées les cérémonies de l'Église Romaine et Catholique. C'est une maison de Dieu.

Notre Dame est un monument historique qui est inscrit dans je ne sais quel registre de ces choses-là et qui doit donc continuer à être considéré ainsi.

ND est un instrument touristique : il faut que le gérant de l'Église qu'il faut identifier, soit désigné et imparti de l'autorité d'organiser ce tourisme et possiblement d'en retirer les profits par-là accrus. Dans ce registre la façade de l'édifice et le parvis sont des facteurs déterminants de l'appréciation touristique.

ND n'a pas vocation à bruler une nouvelle fois ou à s'effondrer comme les édifices du Moyen Âge. 

Ceci n'est qu'une première réaction et j'espère que la dame de la commande sera satisfaite de ma promptitude sinon de la pertinence de mes commentaires. 

Elle notera avec surprise que je n'ai pas "causé" énergie, qui reste ma première préoccupation et toujours la grande absente du débat. La raison est que le mot n'est pas été prononcé dans l'énoncé des tâches ministérielles et que j'imagine que ce dossier secondaire est dans la corbeille de cette fine mouche de Pompili ; un progrès, son nom ne se termine pas en ot....

Des commentaires sur d'autres aspects de ces changements seraient prématurés mais je doute que Castex puisse réellement empêcher le Benêt de foucader de droite et de gauche et picorer ici ou là quelque jouet ayant retenu son attention enfantine.

Darmanin …. Pourquoi ne pas encourager sa construction de carrière ? Faute de grive…

Justement encore une chance que Griveaux, Benjamin d'élection, ait disparu de la scène.

 

07 juillet 2020

 

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02 juillet 2020

Crime contre la Nation et Écocide pour qui veut

 

L'infamie perpétrée, perpétuée et enterrée 

Le piège fonctionne et les mâchoires mordent. L'innocente Convention Citoyenne réclame sa livre de chair et attend que le Benêt mette sa tête sur le billot où s'exécutent les sots. Ma foi, il l'a bien cherché; on n'a pas le droit d'être aussi stupide et le coût de cette ineptie n'a jusqu'à présent représenté qu'une faible fraction de nos impôts au regard des milliards qui s'envolent comme feuilles d'automne dans le vent de la dette. Jusqu'à présent. Et puis, quand on aime la sottise, on ne compte pas.

La France est toute agitée par la facétie des 110 km/h ce qui montre la qualité et la vivacité de notre vie républicaine.

Dans ce registre mon attention s'est portée sur l'Écocide, vocable indéfini apparu dans les propositions, concept couvrant le champ de tous les possibles et ovni juridique car j'ai senti dans l'audace de cette proposition souffler le vent des grandes idées, celles qui font les révolutions et qui en sortent grandies et triomphantes.

Mon caractère scrupuleux et scrutateur m'a conduit à rechercher un équivalent qui qualifierait et s'appliquerait à un Crime contre la Nation.

On trouve de la matière dans notre cher Droit (vous savez, celui de l'État du même panier) et mon attention a retenu le premier d'entre eux : l'Atteinte aux Intérêts Fondamentaux de la Nation.

C'est un crime.

Après quelques hésitations j'ai choisi, dans ce carnet solennel d'associer les deux en proposant ici, sans trancher : Crime contre la Nation et Écocide. De la sorte je n'oublie rien et ça vous a une allure terriblement citoyenne.

La comparaison s'imposait : dès l'orée du quinquennat alors que je parlais du Divin Enfant nous avions vécu le premier crime. 

Notre Dame des Landes est un authentique crime du Gouvernement contre l'État. Au seul motif qu'il fallait évacuer une grosse centaine d'occupants rebelles de terrains illégalement occupés interrompant ainsi la construction entamée d'un équipement mille fois validée par la loi et un référendum pare-feu, le projet est jeté aux orties et les zadistes triomphent. Le fait que cette situation fut le résultat de faiblesses antérieures de l'homme de Léonarda ne pouvait servir de justification au refus, déjà, d'exercer l'autorité de l'État pour acter la décision de celui-ci. Cependant le dommage était subi par l'autorité de l'État sans que le préjudice soit économiquement évident. La chose est gravissime mais il n'est pas évident qu'elle ait été coûteuse. L'ensemble des citoyens fut lésé dans son pouvoir de décision mais sans que chacun ait eu à en supporter le coût.

Fessenheim est une toute autre affaire, le  Crime contre la Nation d'une pureté cristalline.

Un accord électoral préalablement concocté par Martine Aubry et sa compère la Duflot qui comporte la fermeture de 24 réacteurs nucléaires dont la plus ancienne Fessenheim est passé en 2007 entre Hollande et la Duflot, qui deviendra Ministre du gouvernement Ayrault pendant deux ans avant d'exercer ailleurs son talent. Cet accord après un long parcours médiatique et politique prend forme sous la forme du décret d'avril 2017 qui laisse un vaste espace aux retards à son application. Ce parcours est aussi celui de Ségolène Royal, Ministre de l'Énergie d'avril 2014 à février 2016, marqué par la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte d'août 2015. Cette loi inclue deux inepties dont la principale est, à rebours de l'esprit de la loi, la réduction de la part du nucléaire à 50 % de la production nationale d'électricité. Supprimer des sources d'énergie entièrement décarbonnée est en contradiction avec l'objet de cette loi. De surcroit il semble que soit entérinée la possibilité de privatiser le Barrages d'EDF… Je défie qui que ce soit de trouver l'article dans le texte de la loi qui n'est qu'une cascade de report à des ordonnances ou décrets, chacun illisible par un lecteur "ordinaire". Le décret de 2017 sera invalidé en octobre 2018 par le Conseil d'État qui constate qu'EDF n'a pas demandé cette fermeture. Je passe l'imbroglio sur "j'attends Flamanville" pour fermer Fessenheim qui révéla une fois encore dans quel marécage est engluée la politique énergétique de la France.

Le résultat est que le Benêt, le Premier Ministre, le ministre Borne de la transition…et  Mesdames Poirson et Wargon ne manifestent aucun intérêt à ce dossier, qu'ils doivent tous considérer comme un détail, une de ces choses qui arrivent, une sottise d'un prédécesseur pourtant renié et peu importe l'opinion unanime et grondante qui met en cause l'ensemble de cette inutile et dispendieuse affaire.

Aucun intérêt sauf :

En novembre 2018, Emmanuel Macron annonce le report de la fermeture à l'été 2020. En 2019, la fermeture de Fessenheim est confirmée pour 2020, malgré les retards de l'EPR de Flamanville. Emmanuelle Wargon, Secrétaire d'État à la Transition écologique, annonce le 26 septembre 2019 la fermeture de la centrale pour juin 2020 : « Les réacteurs vont fermer pour le premier d'entre eux en février 2020, pour le deuxième en juin ».   Wiki 

Aucun intérêt si ce n'est que la connerie est définitivement localisée chez et endossée par le Benêt qui dans la stupidité gagne un galon supplémentaire pour atteindre le grade disputé de Roi des...

La décision maintenue en dépit de toute logique et de quelque façon qu'on la considère, au-delà de sa bêtise absolue est "en même temps" une perte de patrimoine et une perte de revenue sur une durée qui, devrait la définir pour évaluation, d'au moins 20 ans.

Sur ce point et compte tenu que la fermeture est actée par la Wargon, l'ASN se garde bien de donner un chiffre de prolongation de vie mais on sait que toutes les autres unités, à quelques réserves près, bonne pour le service 10 ans encore. Elle précise donc :

L’ASN considère que la performance de la centrale nucléaire de Fessenheim reste à un niveau satisfaisant en matière de sûreté nucléaire, tant au plan de l’exploitation des réacteurs que de la mise en œuvre des programmes de maintenance des installations ; l’installation se situe favorablement par rapport à la moyenne nationale dans les domaines de la sûreté et de l’environnement, et dans la moyenne dans le domaine de la radioprotection Rapport 2019

Un petit calcul simple : Fessenheim, 2 réacteurs de 900 MW avec un facteur de charge (rendement) de .75  donne 1800 x 0.75  =  1350  MW fonctionnant 8.800 heures en un an produisent  11. 85  TWh.

En adoptant un prix de vente de cette électricité à 60 Euros le MWh le revenu annuel de Fessenheim sera donc de 11.350.000 MWh  x  60 E soit 713 Millions d'Euros.  

Si comme je le crois son espérance de vie est de 20 ans, on parle de 1.4 milliard de manque à gagner pour…

Pour l'État propriétaire à 94 % de cette centrale, pour moi, petit actionnaire ridiculisé et pour la Nation amputée de quelques milliards de patrimoine et pour EDF victime d'une incompréhensible coalition Commission  Européenne et État Français œuvrant à  son démantèlement. 

Mais ces jours ci, le Benêt n'est plus à quelques milliards près.

Ne comptons pas la mise en déshérence d'une région dont l'activité repose sur les emplois et les services liés à ce système industriel. Cela fait des années que les élus gémissent, s'arrachent les cheveux et mettent en garde sur les problèmes économiques résultant de cet arrêt d'activité. Peut-être souffrons-nous d'un excès d'activité et sans doute est-il utile de rajouter quelques centaines voire milliers de chômeurs à un réservoir insuffisamment rempli. Grand silence de notre Ministre de l'Économie.

Que compte la désorganisation économique et sociale d'une portion du territoire au regard de la satisfaction de la promesse de Aubry à Duflot au primaires socialiste du PS en 2011 ?

Tout ceci sans l'ombre d'une justification.

Pour l'Écocide le dossier est plus simple : le Benêt qui sauve la planète de ses blanches mains arrête une centrale qui ne produit pas de CO2 pour la remplacer par de l'air et du vent, quelques rayons de soleil et de la dette contractée pour l'importation de bazars qui ne font de l'électricité quand ça leur plait et que nous ne fabriquons pas. Je lis que même le génie civil des fondations des monstres à pales est réalisé par des ouvriers venus d'ailleurs, les jeunes français étant harmonieusement distribués entre les facultés de lettres ou de droit ou déjà inscrits au RSA et autres forme du chômage.

Mais ces trucs-là ont un passif carbone qui n'est jamais pris en considération ce qui est naturel car il s'agit de CO2 produit ailleurs. Une maigre consolation est que les éoliennes  n'auront pas une durée de vie comparable au demi-siècle et plus de Fessenheim. 

Dans la succession de galettes organisées en gâteau, je mets NDDL en galette support posée sur le plateau de la pâtisserie à venir.

Entre les galettes successives j'étale les nombreux épisodes de repentance en forme de crème pâtissière, bien dégoulinante et si on y prête attention tout à fait répugnante. Et parfois révoltante.

Tout naturellement Hulot, à lui tout seul avec sa triste mine de hibou mécontent a fourni matière à plusieurs galettes que je n'évoque pas car je l'ai fait tant de fois. Trop triste; très amer.

Dans les galettes croustillantes je mets la très épaisse réforme du prélèvement à la source. Ref 4 fév 2018

Moins craquante la présentation du projet de loi sur la réforme des retraites mais savoureuse d'impréparation et  d'amateurisme.

La cerise sur le Gâteau est justement l'objet de ce papier, le Crime contre la Nation, l'infamie de Fessenheim.

 

J'avais oublié avoir écrit en janvier dernier une page de carnet contenant une grande partie, de fait la majeure partie de celle d'aujourd'hui. Ce bout de carnet contient d'ailleurs d'autres remarques et mérite qu'on y retourne. En particulier je cite le gag des stocks de batteries qui permettent aux machines qui ne font quasi-pas d'électricité de la stocker pour ne pas perturber le réseau…Ref 22 janv 2020

D'avoir oublié cet article écrit il y a juste 5 mois est un bien triste témoignage du rapide déclin du Naïf et de l'effritement de sa mémoire.

 

2 juillet 2020

 

Considérant la mort cérébrale des Républicains et leur atonie générale le recours à l'abstention me parait être la seule possibilité d'exprimer un mécontentement profond…       Allez, je blague.

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28 juin 2020

Pour quoi dire ? Pourquoi le dire ?

Des petits cailloux dans le langage 

Pour quoi dire ? Pourquoi le dire ?

 Quelqu’un, très souvent une personne choisie avec le plus grand soin pour sa maitrise de la langue, nous dit : l’évènement qui se déroule devrait permettre de pouvoir provoquer telle conséquence…

Le Naïf est atteint d’une acuité sensorielle particulière car il entend ces choses-là et leur perception résonne dans sa tête.

La personne qui causait dans le poste avec son petit micro dans la main voulait dire : l’événement qui se déroule a telle conséquence, ou encore l’évènement aura des répercussions, ou encore l’évènement sera suivi de tels autres…

Trop simple, pas assez cher, mon fils, il faut pour d’obscures raisons insérer trois niveaux de doute dans le propos : devrait (ou pas) suivi de permettre (ou pas) et ensuite de pouvoir (ou pas) pour nous annoncer une conséquence dont l’auditeur a déjà compris qu’elle se réaliserait de toute façon.

Ainsi dans la lingua « du poste », à ne pas confondre avec une post langue, devoir, permettre  et pouvoir deviennent de nouveaux verbes auxiliaires destinés à nuancer la sécheresse de la langue ordinaire, la nôtre, et s’installent sur les ondes comme un autre de ces tics de langage qui, et j’en suis tout marri, résonnent dans ma tête.

On n’entend plus une seule phrase venant d’un présentateur patenté qui ne comporte sa petite faute personnelle.

Une autre remarque.

De nos jours le « pourquoi » qui marque le début d’une phrase est « en même temps » au gré de l’intonation du locuteur le début d’une explication : « pourquoi les haricots sont verts » ou le début d’une question : « pourquoi les haricots sont verts ? ». La forme interrogative est reléguée au musée des âmes chagrines qui ne participent aux merveilleux progrès de notre époque. Au panier, « pourquoi les haricots sont-ils vert ? ». La forme interrogative orale, toute exprimée dans l’intonation est passée dans l’usage écrit et pire dans l’oral sans intonation.

Et cette négligence affecte des présentateurs et présentatrices, chroniqueurs et chroniqueuses très présents et présentes sur les écrans de nos nuits blanches. Ouf !

Je ne poursuis pas avec l’emploi de « comment » qui donne lieu aux mêmes négligences.

Et je n’oublie pas toute les autre formes interrogatives : qui et à qui ; que ; quoi et à, de, avec, sur quoi; Où et d’où ; quand ; quel et variations et pour finir combien.

Heureusement il y a une bouée de sauvetage : « qu’est-ce-que… »

Mon pov’Naïf, toutes ces histoires « qu’est-ce que ça peut bien te faire, t’as rien à en cirer ! »

 

Ref : Façons de parler du 22 décembre

 

9 avril 2020

 

 

 

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24 juin 2020

Qui sème la Sottise récolte la Bêtise

Un vieux proverbe que je tiens des Kikuyus qui le tenaient de leurs ancêtres qui l'avaient entendu murmurer par le vent dans les brumes de la montagne : Qui sème la sottise récolte la bêtise.

Le traducteur quelle que soit sa connaissance du kikuyu hésite sur le choix des mots dans la langue de Molière ; le lexique est riche : Stupidité, ineptie, non-sens, crétinerie  ou plus populaire jobardise et le couteau suisse de la chose, connerie. J'écarte les adjectifs substantivés, comme dirait une figure célèbre du monde des idées, maboulitude, cinglitude, frappéitude, dinguitutude et j'en oublie.

Le lecteur peut d'ailleurs choisir deux de ces termes, à son gré et conserver à la traduction qui est proposée ici tout son sens.

Donc, si le benêt qui est assis dans le fauteuil d'un président de la République du chaos choisit pour des raisons de pure errance dans sa sottitude-solitude, autant dire sans raisons fait une connerie et pose une question conne à des gens "pris avec soin au hasard" et il récolte un paquet de conneries.

Au demeurant, aucun hasard dans ces désignations qui reposent sur le volontariat. Considérant le thème de la convention, la roue du hasard tourne jusqu'au prochain écolo fervent qui se sent imparti enfin d'une mission salvatrice et qui se félicite de ce nouveau forum. 

Soyons sérieux.

Peut-on imaginer une plus flagrante démonstration d'une perte totale de volonté politique à la tête de l'état que cette façon de procéder alors qu'on sait que cette assemblée composée d'écologistes convaincus  ne peut in fine que refléter les opinions et plus encore les croyances de ces personnes "convaincues" qui constituent le groupe ; si vous posez la question à un groupe vous obtiendrez l'expression du groupe avec formulation bureaucratique venant transformer les propositions des Yakas et des Faukons en réglementations nouvelles et en une litanie d'interdictions. 

À la différence du vide absolu de la chouette sans-tête, volatile aux cent "le temps est venu" on trouve dans les propositions yakafaukons des choses de sens commun (yaka) l'isolation des logements, dossier sur la table depuis une éternité, des idées logiques sur le bétonnage encombrées de mesures irréalistes ; mais aussi  de la sottise franche sur la façon qu'on les français de se nourrir, de se déplacer assorti d'une ultime recommandation sur la création d'un crime d'écocide dans le cadres de… Word refuse d'aller plus loin et Windows m'avise que je passe les bornes de la décence citoyenne.

Il ne manque que quelques injonctions sur la manière d'honorer les dames en limitant ses émissions  de…GES.

Je m'égare car mon propos n'est pas de faire une critique complète de ce tissu de lieux communs écolo-bobo et de mesures coercitives, critique que les personnes concernées (tout le monde) ne manqueront pas de formuler. Les pétitions surgissent et la classe politique réagira  en attendant de voir comment la chose floppera.

Revenons ensemble au point de départ en partant du rappel d'une vérité oubliée ou escamotée.

           Dénis 

        En dépit des excellentes intentions affichées en 2014, les principaux producteurs et consommateurs d’énergie à l’échelle mondiale ne modifient en rien leur comportement. Bien au contraire ces pays ont renforcé leur capacité de production et n’infléchissent pas sensiblement leur croissance dans un objectif de réduction de leur consommation. Les États-Unis dénoncent les accords et la Chine fait comme bon lui semble dans une politique d’expansion dont on ne perçoit pas qu’elle amorce quelque réduction de consommation énergétique que ce soit.

Ces deux pays représentent à eux seuls la moitié de la production-consommation d’énergie mondiale.

Quant au restant du monde, rien ne permet de penser que MM Erdogan, Poutine, MBS et autres Bolsonaro partagent la vision verte des rédacteurs de la Loi de 2015. 

Le gouvernement nie cette réalité géopolitique.

                La France contribue pour 0.7 % à la production globale d’énergie dans le monde (en gros la chaleur de la fission atomique des réacteurs nucléaires) et pour 1 % à la consommation mondiale de cette énergie produite par les achats de pétrole, de produits raffinés et de gaz pour un montant variant d’une cinquantaine à une centaine de milliards d’Euros au hasard des fluctuations du baril. Des inflexions (transitions ?) dans ces chiffres se traduiraient à l’échelle mondiale en des variations au niveau du pour mille au niveau mondial. 

Le gouvernement nie cette autre réalité géopolitique

La France, confrontée au problème mondial du réchauffement climatique est un spectateur, au mieux un témoin et comme toutes les nations une victime. 

Et la conclusion

 Le concept de « transition écologique » et la lecture faite par nos gouvernements de ce concept  reposent sur un fantasme, sur des dénis, sur une croyance sectaire et sur une arrogance historique dont la fondation est érodée depuis le début du 19ème siècle.

 Ces textes, bleu et rouge, sont extraits  d'un papier du 20 février 2019 dont je recommande la lecture ou la relecture : Loi de transition énergétique 

Les mêmes prémisses concernent également l'Europe avec des chiffres proportionnels à la population et l'influence marginale de  trois nuances : le nucléaire et la houille blanche de la France, le lignite de Mme Merkel et un quelque pour cents de charbon polonais.

 Mon premier point: 

Il est vide de sens de poser une question sur un problème qui nous concerne mais sur lequel nous n'avons aucune action possible ni en terme de production, ni en terme de consommation.

Vouloir faire des économies de consommation relève du sens commun et des simulacres de consultation populaires ne risquent pas de modifier le comportement de la population sur des sujets qui paraissent simples à des esprits simples, mais qui sont étroitement imbriqués dans le tissu industriel, agricole et commercial au niveau national et du commerce extérieur. L'application d'une proposition simpliste a des répercussions à l'amont et à l'aval sur l'ensemble de ce tissu dont la prise en compte dépasse largement le cadre de cette consultation ; et avec le plus grand respect pour le CESE sa compétence dans les deux sens du terme.

Cette remarque devrait figurer dans les prémisses précédentes. Je la colore.

Quant au CESE si sa compétence n'est pas à mettre en cause il n'est pas évident qu'il soit réellement neutre politiquement, en oubliant par charité le remarquable travail d'un ancien président sur le projet de réforme des retraites.

La vraie question:

J'ai élu un Président de la République pour qu'il définisse les grandes orientations de la politique du pays au premier chef sur les sujets dits régaliens et non pas pour qu'il s'occupe avec d'autres ados à des jeux de rôle dans la cour de récré.

J'ai élu des représentants Députés et Sénateurs aux deux Chambres qui sont notre parlement.

Ils sont légitimes à me représenter. (1)

Le Président choisit un Premier Ministre qui met en place un Gouvernement, lesquels sont légitimes à agir en mon nom.

Les canaux pour exprimer mes désaccords sont multiples et vont jusqu'à la mise en question de la validité d'un texte de loi devant le Conseil Constitutionnel. La presse joue un rôle important dans l'expression des critiques.  

J'en conclus que lorsque le Président s'interroge sur la validité d'une réflexion qu'il conduit sur quelque sujet que ce soit il est légitime qu'il consulte les experts ou des groupes de citoyens tirés à la courte-paille et qu'il consulte accessoirement les Ministres du Gouvernement et le Premier d'entre eux. Il peut de la sorte, si sa maturité intellectuelle et sa connaissance du vaste monde rendent la démarche possible, concevoir une ligne politique dont il confiera la mise en œuvre à son Premier Ministre qui utilisera les moyens dont il dispose pour définir les actions nécessaires dans un premier temps et les mettre en œuvre ensuite. Dans tous les cas, aller devant l'Assemblée Nationale et exposer les termes de la politique de l'État, en débattre s'il le juge utile puis agir par décret, ordonnance et projet de loi. L'application de l'article 49.3 ne devrait pas constituer un mode habituel et traduit une forme d'instabilité politique.

J'en conclus que la lettre de mission comme j'en ai eu connaissance fait table rase de la majeure partie du travail … des représentants que j'ai élu, qu'accessoirement je paye. D'ailleurs comme ceux du CESE que je n'ai pas élu.

Je cite dans le texte du rapport de cette Convention.

Ces citoyens s’informent, débattent et prépareront des projets de loi sur l’ensemble des questions relatives aux moyens de lutter contre le changement climatique….

et

Le Président de la République s’est engagé à ce que ces propositions législatives et réglementaires soient soumises “sans filtre” soit à référendum, soit au vote du parlement, soit à application réglementaire directe.

Mais je ne trouve pas trace d'un document de Matignon mentionnant les engagements de Macron le Benêt. Je chercherai mieux.

J'en conclus que Philippe à la demande de Macron a instruit le Président du CESE (Conseil Économique Social et Environnemental…) de bien vouloir…  et qu'il attendait des recommandations pour en faire bon usage.

J'admets que le Philippe, les Ministres et les parlementaires comprennent la démarche présidentielle et y souscrivent. Philippe, sans doute aussi parce qu'il n'y attache pas d'importance: il laisse Macron jouer à la récré. 

Les mâchoires du  piège à sottises écologiques se sont refermées sur les pattes du Benêt et je n'imagine pas comment il pourra se libérer sans accroître, si faire se peut, son discrédit auprès d'une assez large fraction de son électorat de centre droit pour laquelle il est passé depuis quelque temps déjà au rang des "par défaut" ; et en même temps satisfaire les écolos conventionnés, censés représenter la population et désormais installés et qui ne manqueront pas de s'organiser pour former une nouvelle force du "progrès" et de la décroissance.

Je n'oublie pas que toute maladresse nourrit les rangs du Rassemblement National de la prudente Marine.

Il va probablement tenter la pirouette du référendum QCM qui conduira à l'inévitable et hélas prévisible fiasco-chaos.

Nous en reparlerons.

Peut-être, la chaine légale d'exercice du pouvoir aura-t-elle réagi pour que l'idée de ce type de consultation ne devienne pas un procédé autorisant Macron à refuser constamment l'exercice du pouvoir quand il devient difficile de le faire. Nous ne sommes plus dans les années Mitterand lorsqu'il y avait encore des forces vives à dilapider et des illusions à dispenser.

Et depuis Notre Dame des Landes et Fessenheim le nombre des cailloux dans sa chaussure et de Léornarda ne cesse de croitre.

Je crains que nous soyons à l'os et que toute perturbation nouvelle soit cause de désordres et de violences.

Comme je ne voudrais pas décevoir les rares lecteurs de ces carnets :

Je souhaite qu'un jour, un instant avant la fin de son mandat, Macron prenne connaissance de la loi Nome et de la PPE qui suit son petit bonhomme de chemin et qu'il se souvienne qu'il est à 94 % propriétaire d'EDF au nom des citoyens, laquelle si ma mémoire est bonne n'appartient pas à la Commission Européenne.

S'il cherche des outils de décroissance, il sera servi et le plein est fait depuis longtemps.

Aux coûts de la Convention Citoyenne, sûrement "un pognon de dingue", il ajoutera ceux de la gabegie et du désastre des éoliennes.

Je profite de ces dernières remarques pour adresser à la Convention Citoyenne de vives félicitations pour n'avoir abordé les problèmes de l'énergie que sous l'angle du "consommer moins" et d'avoir soigneusement évité ce qui concerne le nucléaire, les énergies dites renouvelables et les impositions néolibérales de Bruxelles auxquelles nous sommes soumis comme dirait Houellebecq.   Elle aurait pu donner libre cours à ses désirs de décroissance heureuse.  Sans doute le CESE a conseillé de ne pas pousser le bouchon trop loin.  

 

 1.       Epargnons les discussions sur l'emploi de "à" dans l'expression "légitime à me représenter". Si un lecteur préfère "légitime pour"… qu'il fasse le changement lui-même. 

24 juin 2020

Je joins en annexe les propositions de la convention. Il se pourrait que des lecteurs ne les aient pas étudiées.  Comme je les comprend !

 

 

 

 

 

 

 

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Annexe à Qui sème la sottise…Convention sur le Climat

 

Elle a pour mandat de définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale….. Ces citoyens s’informent, débattent et prépareront des projets de loi sur l’ensemble des questions relatives aux moyens de lutter contre le changement climatique…… Le Président de la République s’est engagé à ce que ces propositions législatives et réglementaires soient soumises “sans filtre” soit à référendum, soit au vote du parlement, soit à application réglementaire directe.

Les 150 propositions de la Convention citoyenne sur le climat

Kévin Dufreche  18 juin 2020    France inter

 La Convention citoyenne pour le climat dévoile ce jeudi ses 150 propositions pour répondre à l'urgence climatique. Logement, consommation, institutions, agriculture, numérique, les 150 membres de la Convention proposent des changements à tous les niveaux.

C'est l'heure des conclusions pour la Convention citoyenne pour le climat. Présentées ce jeudi, les 150 propositions seront débattues une ultime fois, puis votées par les membres de la Convention vendredi et samedi, réunis en assemblée plénière au Conseil Économique Social et Environnemental (CESE). Les propositions retenues seront présentées au gouvernement dimanche. Les membres de la Convention détermineront également les propositions qui pourront faire l'objet d'un référendum.

Voici les 150 propositions formulées par la Convention, et réparties en six grands thèmes.

Modifications de la Constitution et des institutions

  • Ajout d'un alinéa dans le préambule de la Constitution : "La conciliation des droits, libertés et principes qui en résultent ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité."
  • Ajout d'un alinéa dans l'article premier de la Constitution : "La République garantit la préservation de la biodiversité, de l'environnement et lutte contre le dérèglement climatique."
  • Création d'un "Défenseur de l'environnement", sur le modèle du Défenseur des droits
  • Renforcement du rôle du CESE, le Conseil Economique Social et Environnemental

Se loger

Sur la rénovation énergétique des bâtiments :

  • Contraindre les propriétaires occupants et bailleurs à rénover leurs biens de manière globale
  • Obliger le changement des chaudières au fioul et à charbon d'ici à 2030 dans les bâtiments neufs et rénovés
  • Déployer un réseau harmonisé de guichets uniques
  • Système progressif d'aides à la rénovation, avec prêts et subventions pour les plus démunis
  • Former les professionnels du bâtiment pour répondre à la demande de rénovation globale et assurer une transition de tous les corps de métier du BTP vers des pratiques écoresponsables

Réduire la consommation d'énergie :

  • Contraindre par des mesures fortes les espaces publics et les bâtiments tertiaires à réduire leur consommation d’énergie
  • Changer en profondeur les comportements en incitant les particuliers à réduire leur consommation d'énergie
  • Inciter à limiter le recours au chauffage et à la climatisation dans les logements, les espaces publics et ceux ouverts au public ainsi que les bâtiments tertiaire (température moyenne maximale de 19°, renoncer à la climatisation en deçà de 25°)

Lutter contre l'artificialisation des sols :

  • Définir une enveloppe restrictive du nombre d'hectares maximum pouvant être artificialisés réduisant par 2 l’artificialisation des sols
  • Interdire toute artificialisation des terres tant que des réhabilitations ou friches commerciales, artisanales ou industrielles sont possibles dans l’enveloppe urbaine existante
  • Prendre immédiatement des mesures coercitives pour stopper les aménagements de zones commerciales périurbaines très consommatrices d'espace
  • Protéger fermement et définitivement les espaces naturels, les espaces agricoles périurbains et les forêts périurbaines. S’assurer d’une gestion durable de l’ensemble des forêts privées et publiques. S’assurer de la création de ceintures maraichères autour des pôles
  • Faciliter les changements d’usage des terrains artificialisés non occupés
  • Faciliter les réquisitions de logements et bureaux vacants
  • Faciliter les reprises et réhabilitations des friches, notamment par la possibilité pour les communes d’exproprier les friches délaissées depuis 10 ans ou plus
  • Évaluer le potentiel de réversibilité des bâtiments avant toute démolition
  • Permettre la construction d’immeubles collectifs dans les zones pavillonnaires
  • Renforcer les contrôles du respect des obligations de protection des espaces et de limitation de consommation des terres non urbanisés, sanctionner pénalement les manquements
  • Sensibiliser à l’importance et l’intérêt de la ville plus compacte, et construire une nouvelle culture de l’habitat collectif
  • Financer les rénovations des logements dans les petites communes
  • Rendre les centres plus attractifs par la revitalisation des commerces et le maintien des écoles en milieu rural

Se nourrir

Pour une alimentation plus durable :

  • Mettre en place une prime à l'investissement pour les établissements leur permettant de s'équiper en matériel, de former les personnels, de mener des campagnes de sensibilisation afin d'atteindre les objectifs de la loi EGalim
  • Proposer un bonus de 10 cts par repas pour les petites cantines bio et locales (moins de 200 repas par jour) pour les aider à absorber le surcoût les 3 premières années de leur transition
  • Créer un "observatoire de la restauration collective" ayant pour objectif de partager les bonnes pratiques et de suivre l’atteinte des objectifs de la loi EGalim
  • Mettre en place un organisme de contrôle pour assurer la bonne mise en œuvre de la loi EGalim
  • Encourager la réflexion pour réécrire l'arrêté du 30 septembre 2011 relatif à la qualité nutritionnelle des repas servis en restauration scolaire
  • Étendre toutes les dispositions de la loi EGalim à la restauration collective privée à partir de 2025
  • Étendre la liste des produits éligibles aux 50% définis par la loi aux agriculteurs en transition vers le bio, et aux produits à faible coût environnemental
  • Aider à la structuration des filières afin qu’elles arrivent à faire reconnaître des produits dans des signes de qualité
  • Rendre les négociations tripartites plus justes pour les agriculteurs. Assurer la présence de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans les négociations, rendre la méthode obligatoire pour toutes les filières et organiser des rendez-vous réguliers à l'échelle des interprofessions, obliger à la transparence, les entreprises agroalimentaires et les centrales d’achats.
  • Utiliser le levier de la commande publique pour valoriser les produits issus de circuits courts, locaux et à faible coût environnemental, sous la forme d’un « guide d’achat » à adresser aux acheteurs publics.
  • Poursuivre les efforts sur la réduction du gaspillage alimentaire en restauration collective et au niveau individuel

Pour une agriculture plus durable et faiblement émettrice de gaz à effet de serre

  • Atteindre 50% d'exploitations en agroécologie en 2040
  • Développer l'agriculture biologique (maintenir l'aide à la conversion, restaurer l'aide au maintien de l'agriculture biologique, faire supporter le coût de certification annuelle du label par l'État)
  • Engrais azotés : augmenter de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP)
  • Diminution de l’usage des pesticides avec une interdiction des produits CMR, diminution de l’usage des produits phytopharmaceutiques de 50% d’ici 2025 et interdiction des pesticides les plus dommageable pour l’environnement en 2035 
  • Aider à la structuration de la filière des protéagineux (augmentation de l'autonomie du cheptel animal français, 100% d'autonomie pour l'alimentation humaine en protéines végétales, accroissement de la diversification des cultures dans la PAC, mise en œuvre du Plan Protéines Végétales national)
  • Aider au maintien des prairies permanentes (éviter au maximum les terres nues en mettant en place un couvert végétal obligatoire, rémunérer les services rendus par les agriculteurs pour le stockage de carbone par leurs activités)
  • Interdire le financement d'implantation de nouveaux élevages qui ne respectent pas les conditions d'agroécologie et de faibles émissions de gaz à effet de serre, accompagner les éleveurs vers une restructuration de leurs cheptels pour améliorer la qualité de production
  • Réformer l'enseignement et la formation agricole : intégrer au tronc commun obligatoire l'enseignement de l'agroécologie, imposer des stages dans des exploitations qui appliquent les méthodes de l'agroécologie, ouvrir la formation continue sur les pratiques agroécologiques pour tous les agriculteurs, former les conseillers techniques aux pratiques de l'agroécologie.
  • Relever les niveaux d’exigences des conditions de verdissement
  • Transformer l’attribution des aides à l’hectare de la PAC vers des aides à l’actif agricole
  • Mettre en place un mécanisme de suivi et d’évaluation de l'atteinte de la performance climat du Plan Stratégique National (PSN)
  • Mettre en compatibilité le Plan Stratégique National (PSN)avec la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), la Stratégie Nationale pour la Biodiversité, le Plan National Santé Environnement, la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI)
  • Intégrer toutes les dispositions concernant le développement de l'agroécologie au Plan Stratégique National (PSN)

Pour une pêche à faible émission de gaz à effet de serre :

  • Améliorer la connaissance des stocks/déplacements de poissons pour mieux définir les quotas et éliminer la surpêche
  • Poursuivre les efforts de limitation de la pêche dans les zones et pour les stocks fragiles, et affermir les contrôles sur l'interdiction de la pêche en eau profonde
  • Développer les fermes aquacoles raisonnées et respectueuses de l'environnement, afin d'éviter de pêcher les poissons dans leur milieu naturel
  • Protéger la capacité des océans à stocker du carbone, notamment en protégeant les baleines et les espèces marines
  • Diminuer les émissions de gaz à effet de serre dues à la pêche et au transport maritime en poursuivant la modernisation de la flotte de bateaux vers des systèmes de propulsion vert

Pour un modèle de politique commerciale d'avenir :

  • Renégocier le CETA au niveau européen pour y intégrer les objectifs climatiques de l’accord de Paris.
  • Demander au gouvernement français de défendre une réforme politique commerciale européenne : inscrire le principe de précaution dans les accords commerciaux, inscrire le respect des engagements de l'accord de Paris comme objectifs contraignants, mettre fin aux tribunaux d'arbitrage privés, garantir la transparence et permettre le contrôle démocratique des négociations.
  • Demander au gouvernement français de défendre des positions auprès de l'OMC : prendre en considération les accords de Paris dans les négociations commerciales, mise en place de sanctions pour les États récalcitrants, inclure les clauses environnementales dans les négociations d'accords commerciaux.

Mieux informer les consommateurs :

  • Mieux informer le consommateur en renforçant la communication autour du Plan National Nutrition Santé Climat (PNNSC)
  • Interdire la publicité sur les produits proscrits par le PNNS
  • Concevoir une nouvelle solidarité nationale alimentaire pour permettre aux ménages modestes d’avoir accès à une alimentation durable
  • Réformer le fonctionnement des labels en supprimant les labels privés et en mettant en place un label pour les produits issus de l’agriculture agro écologique

Mettre l'éthique au cœur de notre alimentation :

  • Informer les consommateurs du degré de transformation des produits, notamment via un étiquetage obligatoire et la mise en place d’une charte éthique agroalimentaire qui renseigne et qualifie en termes de gaz à effet de serre les auxiliaires techniques et les additifs alimentaires. Informer rapidement et manière obligatoire sur les accidents alimentaires
  • Interdire l'importation des produits qui sont composés d'auxiliaires technologiques proscrits par l'Union européenne
  • Interdire progressivement l'usage des auxiliaires de production et des additifs alimentaires sous 5 ans
  • Taxer les produits ultra transformés à forte empreinte carbone et faible apport nutritionnel
  • Mettre en place des chèques alimentaires pour les plus démunis à utiliser dans les AMAP ou pour des produits bios

Légiférer sur le crime "d'écocide" :

  • Adopter une loi qui pénalise le crime d'écocide dans le cadre des 9 limites planétaires, et qui intègre le devoir de vigilance et le délit d'imprudence, dont la mise en œuvre est garantie par la Haute Autorité des Limites Planétaires

Consommer

Affichage :

  • Développer puis mettre en place un score carbone sur tous les produits de consommation et les services
  • Rendre obligatoire l’affichage des émissions de gaz à effet de serre dans les commerces et lieux de consommation ainsi que dans les publicités pour les marques

Publicité :

  • Interdire de manière efficace et opérante la publicité des produits les plus émetteurs de GES, sur tous les supports publicitaires
  • Réguler la publicité pour limiter fortement les incitations quotidiennes et non choisies à la consommation
  • Mettre en place des mentions pour inciter à moins consommer

Suremballage :

  • Mettre en place progressivement une obligation de l’implantation du vrac dans tous les magasins et l’imposition d’un pourcentage aux centrales d’achat
  • Mise en place progressive d’un système de consigne de verre (lavable et réutilisable) jusqu’à une mise en place généralisée en 2025
  • Favoriser le développement les emballages biosourcés compostables pour assurer la transition avant la fin de l’emballage plastique à usage unique
  • Remplacer une part significative de la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) par des modalités plus justes et favorisant les comportements écoresponsables

Education :

  • Modifier le code de l’éducation pour une généralisation de l’éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD) dans le modèle scolaire français
  • Renforcer les modalités d’éducation à l’environnement et au développement durable en en faisant une mission transversale des enseignants
  • Sensibiliser l'ensemble de la population française en reliant compréhension de l’urgence climatique et passage à l’action

Suivi et contrôle des politiques publiques environnementales :

  • Contrôler et sanctionner plus efficacement et rapidement les atteintes aux règles en matière environnementale
  • Renforcer et centraliser l’évaluation et le suivi des politiques publiques en matière environnementale

Se déplacer

Sortir de l'usage de la voiture en solo :

  • Inciter à utiliser des moyens de transports doux ou partagés, notamment pour les trajets domicile-travail, en généralisant et en améliorant le forfait mobilité durable, prévue par la récente loi d’orientation des mobilités
  • Réduire les incitations à l’utilisation de la voiture en réformant le système d’indemnité kilométrique de l’impôt sur le revenu
  • Inciter à utiliser des moyens de transports doux ou partagés

Aménagements de la voie publique :

  • Créer des parkings relais
  • Interdire les centres villes pour les véhicules les plus émetteurs de gaz à effet de serre
  • Augmenter les montants du Fonds Vélo de 50 à 200 millions d’euros par an pour financer des pistes cyclables
  • Généraliser les aménagements de voies réservées aux véhicules partagés et aux transports collectifs sur les autoroutes et voies rapides

Réduire les émissions de gaz à effet de serre sur les autoroutes et voies rapides :

  • Réduire la vitesse sur autoroute à 110 km/h maximum

Retour fort à l'usage du train :

  • Réduire la TVA sur les billets de train de 10% à 5,5%
  • Généraliser les mesures tarifaires attractives déjà pratiquées par certaines régions
  • Développer un plan d’investissement massif pour moderniser les infrastructures, les matériels roulants et les gares pour en faire des pôles multimodaux (lien avec les voitures, cars, vélos...)

Réduire le transport routier de marchandises

  • Développer les autoroutes de fret maritime (et fluvial), sur des trajets déterminés
  • Imposer un suivi régulier de la formation des chauffeurs à l’écoconduite
  • Imposer aux constructeurs de poids lourds d’adopter la même filière énergétique dans leur recherche et développement
  • Sortir progressivement des avantages fiscaux sur le gazole, en échange de compensations fortes pour les transporteurs sous forme d’aides au financement accrues pour l’achat de poids-lourds neufs plus propres en remplacement des poids lourds polluants
  • Inciter, par des obligations réglementaires et fiscales, au report partiel vers d’autres moyens de transport de marchandises moins émetteurs
  • Obliger les chargeurs à intégrer des clauses environnementales
  • Favoriser le transport de marchandises sur des circuits courts par une modulation de la TVA

Réduire à zéro les émissions des navires dans les ports :

  • Interdire l’usage des moteurs polluants lors des arrêts dans les ports
  • Mettre à disposition les moyens d’alimenter en électricité les navires à quai pour permettre une réduction des émissions liées à l’usage des moteurs
  • Agir sur la réglementation internationale pour encadrer les émissions des gaz à effet de serre des navires

Transition vers un parc de véhicules plus propre :

  • Augmenter le bonus pour les véhicules peu polluants, afin d’aider davantage les ménages et les professionnels dans leur évolution
  • Renforcer très fortement le malus sur les véhicules polluants et introduire le poids comme un des critères à prendre en compte
  • Interdire dès 2025 la commercialisation de véhicules neufs très émetteurs ; les véhicules anciens pouvant continuer de circuler
  • Moduler les taxes sur les contrats d’assurance en fonction de l’émission de CO2 pour encourager les véhicules propres
  • Permettre l’accès à des véhicules propres en développant la location de longue durée
  • Proposer des prêts à taux zéro, avec la garantie de l’État, pour l’achat d’un véhicule peu émetteur
  • Créer des vignettes vertes à positionner sur les plaques d’immatriculation pour les véhicules les plus propres et donnant accès à des services particuliers : accès au centre-ville, places de parking, etc.
  • Prévoir un plan de formation pour les garagistes, et plus largement de la filière « pétrole », pour accompagner la transformation progressive du parc automobile (nouveaux moteurs, carburants, systèmes)

Mieux organiser les déplacements avec les entreprises et les administrations :

  • Renforcer les plans de mobilité en les rendant obligatoires pour toutes les entreprises
  • Les Autorités organisatrices de la mobilité (AOM) peuvent aider à mettre en place ces plans de mobilité en accompagnant les entreprises
  • Favoriser les plans interentreprises et intra-entreprise (covoiturage, ramassage des salariés en bus, vélo ...) dans le cadre des plans de mobilité
  • Favoriser des nouvelles modalités d’organisation du travail
  • Mettre en place un portail unique permettant de savoir à tout moment, rapidement et simplement, quels sont les moyens et dispositifs existants sur un territoire pour se déplacer
  • Développer un projet d’unification des titres de transport ou de carte multimodale
  • Intégrer les citoyens aux Autorités organisatrices de la mobilité à toutes les échelles

Limiter les effets néfastes du transport aérien :

  • Adopter une éco contribution kilométrique renforcée
  • Organiser progressivement la fin du trafic aérien sur les vols intérieurs d’ici 2025, uniquement sur les lignes où il existe une alternative bas carbone satisfaisante en prix et en temps (sur un trajet de moins de 4h)
  • Interdire la construction de nouveaux aéroports et l’extension des aéroports existants
  • Taxer davantage le carburant pour l'aviation de loisir
  • Promouvoir l’idée d’une éco contribution européenne
  • Garantir que l’ensemble des émissions qui ne pourraient être éliminées soient intégralement compensées par des puits de carbone
  • Soutenir, à moyen terme, la R&D dans le développement d’une filière biocarburants pour les avions

Produire et travailler

Transformer l'outil de production :

  • Augmenter la longévité des produits et réduire la pollution
  • Faire respecter la loi sur l’interdiction de l’obsolescence programmée. Faire respecter la loi sur l’interdiction de l’obsolescence programmée
  • Rendre obligatoire la possibilité de réparation des produits manufacturés qui sont vendus en France (1), la disponibilité des pièces détachées d’origine pendant une durée définie (2). Mettre en place et à proximité des filières et ateliers de réparation, et rendre accessibles les services après-vente (3)
  • Rendre obligatoire le recyclage de tous les objets en plastique dès 2023. Supprimer tous les plastiques à usage unique dès 2023 – Développer le recyclage des autres matières
  • Durcir et appliquer la réglementation sur la gestion des déchets

Soutenir l'innovation :

  • D’ici 2025 tout soutien à l’innovation doit s’inscrire dans une logique de sortie d’un modèle basé sur le carbone

Soutenir le financement de la transformation de l'outil de production :

  • Réglementer l'utilisation de l'épargne réglementée gérée par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et les banques pour financer des investissements verts - Faire évoluer la gouvernance de la CDC pour soutenir cette logique
  • Les entreprises qui distribuent plus de 10M€ de dividendes annuels participeront à l’effort de financement collectif de la transition écologique, à hauteur de 4 % du montant des dividendes distribués, chaque année
  • Mettre en place les modalités de financement par loi ou décret avec un emprunt d’État dédié au financement de la transformation des entreprises

Transformer l'emploi :

  • Accompagner les salariés et les entreprises dans la transition
  • Créer une nouvelle gouvernance de la transition des emplois et compétences au niveau national et régional
  • Réduire le temps de travail sans perte de salaire dans un objectif de sobriété et de réduction de gaz à effet de serre

Renforcer les obligations relatives à la préservation de l'environnement :

  • Annualiser le reporting et l'étendre à toutes les organisations - champ d'émissions au scope 3 - Sanction pour non-réalisation en % du chiffre d'affaire
  • Élargir le périmètre de reporting au secteur financier - Renforcer les obligations de rapportage au secteur de la finance
  • Bonus pour les entreprises ayant une évolution positive - Conditionner les aides publiques à l'évolution positive du bilan gaz à effet de serre
  • Renforcer les clauses environnementales dans les marchés publics
  • Protection des écosystèmes et de la biodiversité
  • Ajustement carbone aux frontières de l’UE (en fonction de l'empreinte carbone) et prise en compte les enjeux de redistribution pour éviter de peser sur les ménages les moins favorisés

Production, stockage et sobriété énergétique :

  • Amélioration de la gouvernance territoriale/régionale
  • Participation des citoyens, entreprises locales, associations locales et collectivités locales aux projets énergies renouvelables (EnR)
  • Développement de l’autoconsommation
  • Accompagner l’évolution du numérique pour réduire ses impacts environnementaux

 

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11 juin 2020

Électrifions-nous, mes frères

 

Je débute par un acte de paresse, la reproduction d'un article du Point, copie de paresse que j''excuse par le grand âge qui m'interdit de faire des efforts si d'autres les ont fait pour moi et en toute modestie parce que cet article lève un lièvre dont je n'avais pas vu les longues oreilles dans le maquis de mes réflexions. Lisez cet article, si vous ne l'avez pas déjà fait, et nous ne reparlerons après votre lecture.

Voitures électriques : l'indécente déferlante des aide

Jusqu'à 19 000 euros alloués pour acheter une voiture électrique, voilà ce qui pèse sur les comptes de la nation. Un argent qui serait mieux utilisé ailleurs.

Par Jacques Chevalier      08/06/2020     Le Point

Peut-on impunément faire n'importe quoi pour s'attirer en France les sympathies des écologistes ? C'est bien ce qui se profile avec le soutien hors de proportions à la vente des voitures électriques, généreusement subventionnées. Les aides et primes de toutes sortes, savamment assemblées, permettent même d'atteindre dans le Grand Paris un cumul de 19 000 euros, à condition bien sûr d'être éligible. Et ce n'est pas hors de portée, comme la relève le site spécialisé Auto-Actu.com.

« Pour obtenir 19 000 euros d'aide, calcule Florence Lagarde, il faut pouvoir cumuler un bonus de 7 000 euros (achat d'un véhicule électrique), une prime à la conversion de 5 000 euros (particulier avec un revenu inférieur à 18 000 euros par part), la prime de "Je roule propre" de la Métropole du Grand Paris de 6 000 euros (revenu inférieur à 6 300 euros par part) et la prime ZFE de l'État de 1 000 euros (habiter une commune dans le périmètre ZFE). »

La contrainte, c'est effectivement d'acheter un véhicule électrifié très performant au sens écologiste du terme, c'est-à-dire évalué sous le seul prisme des émissions de CO2. Il s'agit des véhicules électriques émettant moins de 20 g/km ou des hybrides rechargeables, dont les émissions sont comprises entre 21 et 50 g/km. Pour ces derniers, l'autonomie en mode tout électrique doit être supérieure à 50 km, selon le dispositif Macron dont le détail n'a, à ce jour, toujours pas été explicité sur le site officiel du ministère de la Transition écologique.

Le Grand Paris à la rescousse   (en rajoute une couche, Note du naïf)

Néanmoins, dans les communes du Grand Paris, une panoplie d'aides additionnelles à celles du gouvernement vient gonfler l'enveloppe. Et elles concernent un grand nombre de ménages, car elles ne sont pas limitées aux foyers les moins favorisés. En effet, depuis le 1er juillet 2019, les habitants des 131 communes du Grand Paris peuvent bénéficier d'une prime spécifique selon le barème suivant :

  • 6 000 euros, comme nous l'avons déjà évoqué, pour les particuliers dont le revenu fiscal par part est inférieur à 6 300 euros ;
  • 5 000 euros pour les particuliers dont le revenu fiscal par part est compris entre 6 301 et 13 489 euros ;
  • 3 000 euros pour les particuliers dont le revenu fiscal par part est compris entre 13 490 et 35 052 euros ;
  • 1 500 euros TTC pour les particuliers dont le revenu fiscal par part est supérieur à 35 052 euros.

À cette prime de la Métropole précise Autoactu.com s'ajoute une nouvelle prime instaurée par le décret du 31 mai 2020. Cette aide est accordée aux personnes physiques « dont le domicile ou le lieu de travail est situé dans une commune dont une partie du territoire est située au sein d'une zone à faibles émissions ». Les ZFE représentent les 79 communes situés à l'intérieur de l'A86 et dont les habitants, dès l'instant où ils auront déjà bénéficié de primes à l'achat d'un VE, pourront prétendre à cette prime supplémentaire de 1 000 euros. Elle est alimentée par un fonds de 6 millions d'euros spécialement créé dans la continuité du plan Macron et 200 dossiers ont déjà été instruits, pour un montant de près de 800 000 euros.

À ce stade, et en attendant que le site officiel veuille bien préciser toutes les modalités de cette usine à gaz, il n'est pas interdit de penser que des chasseurs de primes achètent un véhicule neuf pour collecter les subventions et le revendent avec un possible bénéfice dans quelques mois. Une clause de détention minimale du véhicule devrait être, par prudence, introduite. En l'état, le dispositif a tout de même une vertu : il permet à un ménage peu favorisé d'acheter un véhicule électrique d'occasion comme une Renault Zoé, abondante sur le marché, sans bourse délier.

Capture 15

 Au 1er juillet 2019, le Grand Paris s'est fermé aux voitures polluantes. Les mêmes communes sont largement subventionnées désormais pour l'achat de véhicules électrifiés. © DR

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Bon, vous l'avez lu. Cette soudaine passion pour la voiture à propulsion électrique qualifiée dans la ligne que vos yeux étonnés viennent de lire de voiture électrifiée…est la conséquence d'un certain nombre de facteurs qui ont affectés la régulière et nécessaire croissance de la motorisation diesel en comparaison à la motorisation essence puis l'élan de ferveur "électrifiée". J'en suis tout électrisé.

Le mot nécessaire est tout à fait discutable et traduit ici un sentiment-ressentiment à l'endroit des affirmations de la dangerosité du diésel, rien de plus. 

Voici la fable ou une des fables qu'un Naïf moraliste pourrait écrire.

Ce que Paris veut, Dieu le veut.

La Sorcière Bourgmestre de la ville lumière tient dans ses mains crochues un Quasimodo à supplicier, la particule fine, laquelle comme son nom l'indique est insaisissable mais s'insinue dans vos poumons et vous tue lentement et surement, quoiqu'un peu moins vite que le tabac. À noter que les deux sont l'outil des plus belles taxes pigouviennes du royaume du fisc, et pour l'une possiblement engendrant des tas de petits gilets jaunes.

La Sorcière consulte à Delphes.

La Déesse Écologie (Apollon est en RTT) prononce l'oracle dans les vapeurs delphiques : Diesel tu maudiras et essence tu toléreras. Guerre au diesel tu feras.

La pythie ajoute : de la Cité les chars tu banniras.

Sainte Greta, autre oracle de la Déesse profère alors que la terre collapsera si toute émission de méchant gaz tu ne proscris pas.

Le temps passe et le vent de l'écologie puérile souffle en courtes rafales destructrices révélant l'incroyable inculture des chambellans du royaume mais leur foi dans les promesses d'un monde nouveau.

Intimation aux constructeurs de chars de les motoriser à l'essence.

Le marché s'adapte et les constructeurs en profitent pour procéder à quelques améliorations de leur production en délocalisant les usines.

Patatra ! De nouveau parle la Déesse : Devant l'électricité tu te prosterneras.

Intimation aux constructeurs de chars de les motoriser à l'électricité.

Conducteur de char, char électrique tu acquerras.

Elle ajoute en parlant par le bec crochu d'une chouette hulotte, animal de sagesse perché sur l'épaule de cette statue vivante, régalissime et tellement attachante, Ste Ségolène :

Dans le grand jardin du monde, forêt merveilleuse des automobiles enchantées, de la voiture enfin dépolluée, pilote tu te banniras et l'auto tu libéreras de la servitude sapienssique pour qu'elle vive enfin la vie des véhicules libres dans un monde qui ne se réchauffe plus.

Je m'égare.

Le lecteur avisé aura noté que je lui ai fait grâce de la fable du scandale des tests de certification des voitures diésel qualifié de dieselgate. Volkswagen qui en était un des acteurs de premier rôle en a aussi été, sur son premier marché, les USA, la première victime. Les constructeurs français ont été moins touchés par les sanctions car moins présents en Amérique du nord et je ne garde pas le souvenir qu'on ait beaucoup parlé de Nissan dans cette affaire.

Grâce vous est faite aussi des primes à la conversion nouvellement concoctées qui soyons en persuadés permettront de relancer la filière automobile.          Quand on aime les filières, on ne compte pas. 

Tout ceci comme une distraction du Naïf pour en arriver à l'argument.

Nous sommes dirigés par une oligarchie qui exclue toute compétence en matière d'énergie, production et emploi d'icelle, et qui suit aveuglément sans raisons justifiables toutes les modes et rêveries d'une fraction dite écologique de la population constituant pour notre grand malheur un pion de l'échiquier politique.

Elle exclue aussi toute compétence en matière de développement industriel. Mais fait comme si.

Cette oligarchie se met donc de surcroit à vouloir structurer le marché de l'automobile par l'imposition autoritaire faite à l'un des producteurs français de concentrer en France sa production sur le véhicule électrique.

Comme il faut créer un marché, qui à l'évidence ne jaillit pas spontanément sous la baguette de la main invisible, notre oligarchie inepte dégaine l'arme fatale de la subvention. Alors une course à qui dépensera le plus pour suivre la mode se met en place et toutes les couches du mille-feuille obèse concourent pour savoir qui sera le plus grand dépensier "pour rien".

On arrive ainsi à la situation très bien décrite dans l'article de M. Chevalier, excellent article au contenu d'iceluy je n'ai souhaité qu'ajouter mon piment habituel.

Et puis demain matin nous bénéficierons des batteries que l'Airbus Européen va nous permettre de produire en remplacement des méchantes batteries chinoises. Nous, les européens les fabriquerons, nombreuses et gorgées de petits KWh, avec vertu et ferveur écologique et elle ne présenterons aucun défaut de coût, de durée de vie et de recyclage. 

Un jour il se pourrait que nous parlions de l'avion vert qui ne produit pas de carbone, qui remplacera tous les avions existants et qui matérialisera une contribution majeure au sauvetage de la planète.

Quel bel avion se sera !

 

11 juin 2020

 

 

 

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07 juin 2020

Des miettes d'EDF

 

Rien que des miettes d'information au gré de la presse, lues en vrac et présentées de même.

EDF est adjudicataire (au niveau de 35 %) d'un futur parc éolien maritime au large de Fécamp et en attente d'une probable adjudication au large de Dunkerque (quel large ?) en sus des participations sur un projet avancé lit-on, à Courseulles sur Mer.  Puissances cumulées de, peut-être, 1.6 GW sur laquelle il faut appliquer un facteur de charge de 25 %  soit  0.4 Gigas productifs.

Aucune indication sur les coûts mais une indication sur les prix de reprise négociés avec on ne sait qui, dans un no man's land entre Bruxelles et EDF, au tarif de 135 E / MWh… reprise par EDF… Qui d'autre ?

"En même temps" EDF sort d'un procès avec Total (?!) sur les conditions d'application de la livraison d'électricité ARENH à ce concurrent au tarif de 45 E / MWh

Si je résume: EDF investit dans des installations pour produire de l'électricité qu'elle achètera  135  pour la revendre à ses concurrents à  45.

Que dit l'actionnaire d'EDF ? Que dit l'État Français ? Rien pour le moment, il compte les mètres carrés qu'on octroiera aux élèves de maternel quand ils retourneront plus tard ou peut-être, à l'école masqués ou non, autre vaste question. 

Un esprit naïf se poserait la question de savoir si quelqu'un dans le gouvernement actuel a eu connaissance de la loi Nome avant d'avoir reconduit le 21 avril dernier la PPE, dite remaniée.

Loi dont les articles marquants sont

-l'absence d'article sur la réduction programmée de la part du nucléaire (fermeture de 14 unités en parfait état de marche, certifiées pour 10 ans) ce qui implique confirmation, ou incertitude ou porte ouverte à un retour au sens commun.  

-engagement d'augmenter la part d'EnR à 30 % en puissance, cela va sans dire.

Le reste c'est du fatras avec tout de même deux perles. Le naïf dit que ce sont des perles car il semble prodigieux qu'un lecteur assidu de ces trucs-là puisse trouver un article de Loi (Décret) en ne comprenant pas de quoi parle l'article ou plutôt n'osant pas croire ce qu'il comprend.

Biométhane : on collecte de déchets organiques, on les laisse fermenter en CH4 et on les rentre dans les réseaux de gaz : 2% de production nationale  autour de 2 TWh à doubler ou tripler en 8 ans. Vaste programme ; faut-il produire des déchets pur justifier la bêtise ou acheter de l'huile de palme ?

Hydrogène : le rêve et la poésie viennent illuminer le légiste qui formule des puissances venues d'un gaz, l'hydrogène pour en faire quoi : un autre gaz, du méthane, ou décarboner de l'hydrogène industriel.

On est dans de l'utopie pure, pure comme l'hydrogène. Suis-je sot, l'hydrogène fournira l'énergie de la voiture des temps nouveaux.

Texte de loi à lire absolument, du grand cru mieux distillé que la loi sur les retraites, mais qui n'est que l'énoncé de vœux écolo-formatés formulés par des idéologues de cabinet ministériel.

 

Un article plus loin dans un autre canard prétendument spécialisé.

EDF est présente pour deux tiers dans une réalisation avec des électriciens chinois. Deux EPR sont construits à Hinkley Point sur la côte, dans le Somerset.  L'histoire débutée en 2012 de la négociation de ce contrat est "carrément" inimaginable.  wiki

Mais un accord avec le gouvernement britannique est trouvé en 2016.

Commence une saga des retards et une escalade des coûts suivant un scénario désormais bien rodé.

Aujourd'hui : le projet n'en est encore qu'à 25 milliards d'Euros et EDF fournira le marché anglais au prix garanti de 92.5 £ / MWh soit 105 E / MWh. Je souhaite que les clauses relatives aux taux de change aient été intelligemment rédigées !

Il semble qu'en dépit des brexitudes la construction se poursuive.

 

EDF dépose en mai 2020 auprès du gouvernement de sa Gracieuse Majesté une demande d'autorisation d'une construction d'une réplique de Hinkley Point à Sizewell dans le Suffolk., toujours associé à des chinois.

On espère profiter de l'expérience gagnée dans les constructions précédentes.

On souhaite que le partenaire chinois mis sur une liste noire du Département du Commerce aux USA puisse participer.

On imagine qu'on dispose des mêmes garanties tarifaires que celles d'Hinkley Point.

On imagine donc qu'on parle une nouvelle fois de 25 milliards et de 105 Euros… 

Brève réflexion en manière de conclusion.

La société nationale ( 98 %, je ne sais plus ) qu'on pourrait contraindre à fermer 14 unités nucléaires en ordre de marche, certifiées et cent fois amorties a mis en place ou vise à mettre en place des investissements de 50 milliards d'Euros en nucléaire plus les bricoles en éolien à 10 ou 12 milliards d'Euros pièce

Ces bricole ont le charme comme chacun sait de ne pas produire trop d'électricité car cet excès pourrait encombrer le réseau et il faudrait alors le stocker ce qui est une des préoccupations de la fameuse PPE.

Stocker de l'énergie inutile à 135 E / MWh, avouez que ça a de la classe.

Donc, quoi ?, allons, je ne chipote pas, 100 Milliards d'Euros sur les épaules d'une société nationale satisfaisant largement la consommation intérieure et au-delà, en faillite virtuelle, empéguée dans les absurdités bruxelloises dument entérinées par un actionnaire imbécile soumis à la Commission et au fantasme électoraliste du vote écolo.

Ouf. 

Macron, chapeau l'artiste, vous pouvez vous incliner devant votre public en saluant l'impayable Hollande, celui de la loi NOME et de son rejeton la PPE.

Car enfin, c'est quand même une œuvre d'art du cirque de s'occuper de tout dans le pays en n'ayant jamais le moindre regard ou le moindre mot sur l'énergie nationale sauf à nous ressasser qu'il va, lui, de ses petites menottes ricoeuriennes Sauver la Planète.

Vivement que Breton fasse son boulot et que cessent les Huloteries et autres conneries. 

Et que vient faire Total dans ce merdier ?

 

7 juin 2020

 

 

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