Le Naïf dans le Monde

20 février 2019

Loi de transition énergétique pour la croissance verte de la Dette et la mise En Marche du grand mouvement des Gilets Jaunes

 

Peu après l’instauration de la Contribution Climat  Énergie (CCE) par le gouvernement Ayrault en 2014, ce même gouvernement fit voter en août 2015 une loi qui définit la politique de l’Énergie du pays pour les années à venir. Cette loi précède de peu la tenue de la COP 21, grand succès médiatique et diplomatique, qui propose un programme mondial de réduction des émissions de GES, programme très précis sur les objectifs et muet sur les moyens.

Cette loi de Transition Énergétique confirme les dispositions de la NOME et reprend les propositions relatives à la mise en place de la CCE. Elle y ajoute un important volet visant essentiellement à réduire la part du nucléaire dans la production électrique.

Ces dispositions répondent essentiellement au souci de réduire les émissions de GES dont il est maintenant admis qu’elles sont la principale cause du réchauffement climatique.

Cette loi comporte donc la panoplie des mesures de réduction de la consommation domestique qui sont pour la plus grande part des dispositions fiscales visant à favoriser l’isolation des domiciles.

Cette loi définit l’application d’une taxe à la consommation dite taxe carbone sur les produits pétroliers du marché grand-public  -fuel domestique et carburant auto- en complément des taxes existantes.

Le programme de réduction de la part du nucléaire résultera des conclusions du rapport final sur le Programme Pluriannuel de l’Energie. On attend encore la parution de ce programme mais il est certain qu’il repose sur une directive à priori gouvernementale de réduire la part de production nucléaire à 50% de la production globale. Sur ce sujet et en premier lieu, la loi confirme la fermeture de Fessenheim.

Enfin et comme il faut tout de même « fabriquer » de l’électricité après avoir supprimé les outils de production, la loi prévoit un tissu de mesures d’accompagnement au développement des EnR solaires et éoliennes. Ces mesures sont de deux ordres :

-d’une part les habituelles subventions à… financées par… pour que des procédés réputés vertueux (verts) complètent la production qu’on aura arbitrairement réduite

-et d’autre part des mécanismes obligeant le producteur national à acquérir et distribuer une électricité dont il n’a pas besoin et « en même temps » l’obligeant à céder une part de sa production à des entités qui ne produisent pas et ne peuvent pas distribuer selon des mécanismes tarifaires incertains et instables.

En 2017 le Président de la République nouvellement élu n’a pas inclus dans son programme une remise en question  de cette loi. Il l’a même en quelque sorte sacralisée en confiant son application au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, ministère qui devenait ainsi et avant tout le Ministère de l’Énergie.

 

Ce ministère fut confié à M Nicolas Hulot puis à M de Rugy.

 

Toute cette construction, Loi de…, Taxe Carbone, Loi NOME, développement des EnR repose sur un édifice de dénis, de mensonges, de soumission et d’abandons assortis de pièges politiciens et de rêveries idéologiques qu’il convient de dénoncer.

 

La transition énergétique : une invention politique et médiatique

 

Depuis le milieu du 19ème siècle, début de la révolution industrielle  la population mondiale et la production d’énergie ont connu des taux de croissance  compris entre 1.3 et 2 %.

La population est ainsi passée de 1 à 7 milliards et la production énergétique annuelle de quasiment zéro à 10 ou 15 milliards de tep au hasard des chiffres.

Une formule brutale serait de dire que la production-consommation d’énergie a permis à la biomasse « espèce humaine » de croître à ce rythme quasi-constant de 1 et quelques pourcents par an pendant le siècle et demi écoulé.

Aucun indicateur ne permet de penser, ni de « croire » que cette tendance s’inverse à l’échelle de la décennie en cours.

Bien au contraire l’Agence Internationale de l’Énergie prévoit que la production de pétrole continuera de croître de 1.4 million de baril par jour soit exactement 1.4 %. Pour le gaz ce chiffre de croissance annuelle est de 4 % ! Pour le charbon la croissance reste au niveau du pourcent pour une participation de 40 % au niveau mondiale dans la  production d’électricité.

 

Constatant l’épuisement des ressources énergétiques, les dirigeants des pays dépourvus de ces ressources ont pris conscience qu’une crise énergétique surviendrait dans un avenir prévisible à l’échelle de l’action géopolitique. Dès les années 1970 la communauté économique alerte l’opinion sur ce sujet.

Depuis lors, le discours n’a cessé de réitérer cette mise en garde sans le moindre effet sur le comportement des économies nationales, toutes engagées qu’elles sont dans la compétition mondiale, industrielle et militaire.

À l’échelle mondiale, la production d’énergie globale résulte pour l’essentiel (80 %) de la production de chaleur par la combustion de charbon (27 %), de pétrole (30 %) et de gaz (22 %). Cette combustion est utilisée directement (moteurs, chauffage, fours industriels..) ou sous forme d’électricité avec la souplesse et la commodité d’usage que l’on connait.

Un complément d’électricité dite primaire est produit sans combustion par la houille blanche (6.5 %), la fission atomique (4 %) et les EnR proprement dites : la force du vent et le rayonnement solaire (2.5 %).

Enfin le bois et les végétaux contribuent sous diverses formes à fournir du bois de chauffage et des carburants d’appoint liquides ou du gaz (8.6 %).    BP statistical review : énergie primaire monde 2013

 

Le concept de « transition écologique » et la lecture faite par nos gouvernements de ce concept  reposent sur un fantasme, sur des dénis, sur une croyance sectaire et sur une arrogance historique dont la fondation est érodée depuis le début du 19ème siècle.

                                                                     Fantasme

Le réchauffement climatique est maintenant avéré. Les conséquences surprennent chaque jour mais il est posé et reconnu que les émissions de GES sont un facteur important de ce dérèglement.

Il faut donc stabiliser et possiblement réduire la production de GES résultant de la combustion des énergies fossiles à l’échelle mondiale et pour cela stabiliser puis réduire la consommation d’hydrocarbures et de charbon. Au-delà des évidentes mesures d’économies, un moyen complémentaire est un accroissement de la production d’électricité photovoltaïque et éolienne.

C’est en quelque sorte une reprise de ce que la France a opéré comme changement en développant son outil nucléaire à partir des années 60.

Le mot de transition, retenu par le législateur illustre le fantasme. Il implique que pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles il sera possible de remplacer l’énergie qu’ils dispensent par de l’électricité « vertueuse » produite par la force du vent et par le rayonnement solaire. Il conviendrait et il suffirait, pour une vaste part, de substituer au 80 % d’énergie thermique les 2.5 % d’EnR solaire et éolienne par un profond changement du mode de production et de consommation de l’énergie, par une double transition : dans un premier temps, vers plus d’électricité et ensuite vers une électricité vertueuse.

La France, dans un incompréhensible paradoxe, ajoute à ces mesures un programme de réduction du nucléaire, outil quelle a mis en place pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles et qui fournit une électricité des plus faiblement carbonée qui soit.

Les arguments techniques et environnementaux qui démontrent que ces « transition » n’ont aucun sens dans un pays qui possède déjà un réseau électrique abondamment et suffisamment alimenté par un outil de production existant, rentable et pérenne, sont trop connus pour qu’ils soient repris ici.

En France, un facteur aggravant est que les matériels à mobiliser pour effectuer ces changements dans le mode de  production d’électricité sont quasi-totalement importés et sont donc des contributeurs nets de la dette et du déficit commercial.

La Cour des Comptes rappelle inlassablement ces vérités et par là dénonce inlassablement le fantasme.

Rapport mars 2018 : Soutien aux EnR

 

La Commission nationale du débat public a formulé une mise en garde circonstanciée sur les effets de la taxation carbone prévue par la Loi :

L’augmentation massive de la taxe carbone apparaît justifiée dans son principe mais inquiétante dans ses effets si elle ne s’accompagne pas d’une remise en perspective de la fiscalité en général. Comme le montrent les études sur les effets redistributifs d’une hausse des taxes sur les carburants, les classes de revenus inférieurs sont beaucoup plus affectées que les autres par une hausse de la fiscalité environnementale, en particulier sur les carburants dans le semi-rural et le rural. Contribution n°211 Par ailleurs, exonérer les plus gros pollueurs de la taxe carbone crée une inégalité sociale manifeste difficilement comprise.

Cependant….  On comprend bien qu’il ne faille pas matraquer les industriels pour éviter la fuite des entreprises vers des pays moins taxés. Ce qui ne ferait que déplacer la pollution…

Rapport du 30 août 2018

Dénis

 En dépit des excellentes intentions affichées en 2014, les principaux producteurs et consommateurs d’énergie à l’échelle mondiale ne modifient en rien leur comportement. Bien au contraire ces pays ont renforcé leur capacité de production et n’infléchissent pas sensiblement leur croissance dans un objectif de réduction de leur consommation. Les États-Unis dénoncent les accords et la Chine fait comme bon lui semble dans une politique d’expansion dont on ne perçoit pas qu’elle amorce quelque réduction de consommation énergétique que ce soit.

Ces deux pays représentent à eux seuls la moitié de la production-consommation d’énergie mondiale.

Quant au restant du monde, rien ne permet de penser que MM Erdogan, Poutine, MBS et autres Bolsonaro partagent la vision verte des rédacteurs de la Lois de 2015.

 Le gouvernement nie cette réalité géopolitique.

                La France contribue pour 0.7 % à la production globale d’énergie dans le monde (en gros la chaleur de la fission atomique des réacteurs nucléaires) et pour 1 % à la consommation de cette énergie produite par les achats de pétrole, de produits raffinés et de gaz pour un montant variant d’une cinquantaine à une centaine de milliards d’Euros au hasard des fluctuations du baril. Des inflexions (transitions ?) dans ces chiffres se traduiraient à l’échelle mondiale en des variations au niveau du pour mille au niveau mondial.

 Le gouvernement nie cette autre réalité géopolitique.

La France, confrontée au problème mondial du réchauffement climatique est un spectateur, au mieux un témoin et comme toutes les nations une victime.

 

Une idéologie sectaire : la hantise et la haine du nucléaire.

Ce syndrome est mondial et la France n’est pas le seul pays affecté. 

L’énergie nucléaire, en 1945, a fait son entrée par la porte de la guerre et de la destruction. Qu’importent les comparaisons entre Dresde et Hiroshima, le versant « magique et apocalyptique » de l’arme ne disparait pas.

Le nucléaire civil, chaleur-vapeur-électricité, aurait sans doute pu ne pas être ignominieusement marqué par la Bombe mais les accidents de Three Miles Island en 1979 et de Tchernobyl en 1986 ont, pour longtemps fait glisser l’atome civil sur ce versant maléfique. La catastrophe de Fukushima en 2011 vint achever cette descente dans l’enfer des opinions publiques.

C’est un état de fait et seuls les régimes autocratiques qui « font » les opinions arrivent à passer outre et à conduire des programmes nouveaux de construction de centrales nucléaires… et thermiques aussi bien !

L’origine de ce malentendu entre l’homme et la radioactivité tient au caractère secret de celle-ci. Elle est l’essence même du soleil, elle rayonne avec lui dans notre ciel. Notre terre irradie elle-aussi en souvenir de son origine, en quelque sorte chaude et « radieuse ». Mais elle est invisible.

L’énergie nucléaire n’est entrée dans nos vies, et cette fois ci par la petite porte des laboratoires, qu’au seuil du 20ème siècle.  Puis comme presque toujours dans l’histoire de l’Homme, le chemin du développement a été celui de la bataille et de la guerre. Enfin la paix reconnait cette énergie et veut, elle-aussi la domestiquer : il suffit de ne pas aller jusqu’à l’explosion et de n’utiliser que la chaleur dégagée par la fission.

La règle du jeu est donc de maîtriser en toutes circonstances le combustible-explosif que nous mettons dans la marmite à bouillir : l’erreur conduit le combustible à redevenir l’explosif.

Reste cette peur de l’atome. Le démagogue s’empare du sujet et l’associe à de légitimes soucis écologiques. Le dogme s’instaure : l’énergie nucléaire ne doit plus être utilisée.

Cette peur et cette diabolisation surplombant les réalités techniques s’engouffrent dans le vide intellectuel de l’oligarchie politique inculte scientifiquement et coupée (en France) du monde de l’industrie et de l’énergie.

Le fait brut est que depuis 50 ans la France produit, avec l’appoint de la houille blanche, la totalité de son électricité au moyen d’un outil qui  fonctionne parfaitement, régulièrement, à un coût comparable voire inférieur à celui des sources carbonées. Cet outil est national et l’entreprise qui gère le système fonctionne, avec ses problèmes, mais de façon « globalement » satisfaisante.

L’Autorité de Sécurité Nucléaire dont l’exigence ne saurait être mise en doute donne son accord pour continuer l’exploitation de cet outil par tranche de 10 ans au prix d’efforts de sécurité accrus.

Et bien non ! Les démagogues mettent toute la puissance des rumeurs en action, entrainent dans leurs errements les « forces du progrès » de la présidence Hollande et vont finir par obtenir qu’on mette à la casse un parc de production, déjà amorti et susceptible de travailler longtemps encore.

L’exemple allemand, pourtant exemplaire ne sert de rien.

Le très cultivé Macron n’a pas de temps pour ces détails et en confie le suivi de la politique énergétique nationale à des animateurs connus pour leur classement dans les rangs des personnalités préférés des …

On regrette un peu qu’Omar Sy ou Yannick Noah n’aient pas eu leur chance. Et ce pauvre Placé !

Leur triomphe est la confirmation de la Loi de Transition Énergétique qui devient la Bible de l’Antinucléarité et le programme du gouvernement actuel.

Un prolongement de cette haine du nucléaire est qu’elle engendre une haine du pétrole et assez paradoxalement une certaine forme de regret d’un charbon entré dans une presque préhistoire, laissant en vestige de romantiques terrils. Cachons ce pétrole que nous ne saurions voir. En avons-nous ? Il faut en interrompre l’exploitation. En aurions-nous ? L’urgence est de n’en rien  savoir. L’interdiction  de la prospection sur le gaz de schiste est quelque chose d’assez remarquable pour un pays qui consacre annuellement entre 20 et 50 milliards à ses achats de gaz.

L’hubris nationale.

La France, devenue au fil de l’histoire une puissance moyenne croit être et veut rester une nation d’influence.

Cette influence ne s’exerce plus guère sur le plan commercial : l’outil de production industriel est largement érodé et les domaines dans lesquelles une activité perdure relèvent en fait du marché européen. Les raisons de ce déclin sont à facile à analyser mais une telle analyse n’est pas ici le propos.

Reste que la France est le seul pays européen capable d’intervenir militairement à l’extérieur, certes à une échelle modeste et le plus souvent à travers l’appui logistique d’une armée plus puissante.

Reste aussi la force de dissuasion nucléaire et le siège au conseil de sécurité de l’ONU.

Mais rien qui puisse impressionner Washington : tout au plus irriter Trump.

Mais rien qui puisse empêcher le tsunami est-asiatique : les bulles du  champagne ne suffisent pas.

la Corée du Sud, pays sans territoire, sans ressource, meurtrie par l’histoire nous démontre que la voie du progrès social ne passe pas par le progrès social in abstracto et que le progrès social ne passe pas par le réduction constante et religieuse du temps de travail des citoyens, dans l’hypothèse où il resterait des citoyens et non une foule d’individus unis dans un même rejet, dans une même recherche de soumission à la redistribution et d’indépendance, attitudes antinomiques.

 

Reste la parole, le Verbe, les Lumières, Rousseau, Tocqueville et Jaurès tout en un. La Nation-phare montre le chemin et forçant l’admiration du chœur des nations se pose en l’exemple de la rigueur écologique et le Hulot devient un personnage christique sacrifiant sa carrière pour le salut de la planète. Que sont le déficit commercial et le coût de la « transition » en comparaison d’un si noble objectif ?

Soumission et abandons

La Loi du 8 avril 1946 instituait en France :

-un monopole de concession sur la distribution, permettant toutefois aux entreprises locales (régies, SICAE et sociétés d'économie mixte) de continuer leurs activités ;

-un monopole de production pour les installations de production d'une puissance supérieure à 8 MVA (l'article 8 de la loi prévoyant des exceptions pour la SNCF, les régies et les Charbonnages de France).

Ce monopole de production a été progressivement abrogé à partir de 2000, au fur et à mesure de la transposition en France des directives européennes sur la constitution du marché intérieur de l'électricité.

Cette situation de monopole faisait de la production électrique une activité régalienne, analogue à la Défense Nationale. Cette situation était inacceptable pour la Commission Européenne et ne permettait pas à l’entreprise nationale d’exploiter son expertise et ses ressources sur le marché mondial de l’Énergie électrique. En 2004 l’Établissement Public EDF devient donc une SA en introduisant 15 % de son capital à la bourse de Paris. L’État possède 84 % des actions et la Banque Publique d’Investissement (Caisse des Dépôts) 13 %... La situation de monopole demeure et EDF peut agir à l’étranger.

Qu’elle le fasse bien ou mal est hors sujet.

Mais la très libérale Commission Européenne insiste pour une libéralisation d’un marché national monopolistique de fait : un producteur-distributeur quasi unique et organiquement lié à ses concurrents :

- sur le Rhône et le Rhin 

- Engie -10 GW installés toutes sources confondues- chez qui l’État n’a jamais détenu moins de 25 %.

 

Mais il ne faut pas déplaire à Bruxelles qui tolère les errements budgétaires du pays. Donc l’État abandonne sa souveraineté dans le domaine de son approvisionnement en énergie.

Le gouvernement revêt alors son habit d’arlequin et adopte des postures.

Il tente d’introduire, en déni des réalités géopolitiques, dans le monopole de fait une dose de concurrence, qui satisfasse le fantasme et l’hubris national tout en se soumettent aux diktats de la commission.

L’État organise donc lui-même une concurrence dont le Marché n’aurait pas permis l’apparition.

Merveilleuse et absurde épiphanie et complet paradoxe : pour faire naître artificiellement des forces d’équilibre dans un marché, l’État organise un système dirigiste évidemment fondé sur un subtil mélange de subventions et de taxation, pour satisfaire les aspirations libérales des fonctionnaires bruxellois.

En somme rigidifier et compliquer les règles du marché pour le libérer.

L’imagination se déchaine et la frénésie administrative se développe assorti de la pléthorique création de fonctions nouvelles dans le secteur public.

Le sommet est atteint par la création d’un Commission de Régulation de l’Énergie.

On lui laisse la parole.

Les MISSIONS DE DÉVELOPPEMENT CONTINU  de la CRE

Participer à la construction du marché intérieur européen de l’énergie.

Concourir au bon fonctionnement des marchés d’électricité et du gaz naturel au bénéfice du consommateur final.

Réguler les réseaux des gaz et d’électricité, qui sont des monopoles : fixer leurs tarifs et veiller à ce qu’ils ne favorisent aucun utilisateur.

Veiller à la bonne information des consommateurs.

Mettre en œuvre des dispositifs de soutien aux énergies renouvelables en instruisant des appels d’offres. 

Qui sommes-nous ? CRE

La schizophrénie règne et la confusion devient le mode de pensée dominant : Quoi ! une commission (évidemment dirigée par des experts) organise le marché monopolistique (de fait et historiquement) d’un producteur-distributeur d’électricité possédé et géré par l’État dans l’objectif de libéraliser le marché comme Bruxelles le demande.

En somme, on pourrait penser que le patron d’EDF est une puissance indépendante que l’État doive « surveiller et punir » en oubliant qu’il le nomme et le rémunère.

Autre illustration et là encore on laisse la parole aux acteurs :

La loi portant Nouvelle organisation du marché de l’électricité (dit loi « NOME »), promulguée le 7 décembre 2010, est entrée en vigueur le 1er juillet de l’année suivante. Dernière des grandes lois intervenues pour adapter l’organisation du secteur de l’énergie français à son ouverture à la concurrence, la loi NOME a entendu corriger les imperfections constatées, s’agissant de l’organisation du marché de l’électricité français.

Une de ces dispositions phare est la création d’un Accès régulé à l’énergie nucléaire historique (ARENH) à destination des fournisseurs alternatifs. Ce mécanisme permet aux fournisseurs alternatifs de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Il rend la concurrence possible sur un marché de l’électricité dont le secteur de la production se caractérise par une concentration très importante.

Génèse de la Nome

La loi portant nouvelle organisation des marchés de l’électricité s’inscrit dans la continuité des travaux de la commission Champsaur. La Commission européenne avait engagé en 2008 des poursuites contre la France. Elle lui reprochait de ne pas avoir « transposé » dans son droit national toutes les dispositions des directives européennes ouvrant le marché de l’énergie à la concurrence. Une commission composée de manière équilibrée et présidée par le haut fonctionnaire Paul Champsaur a donc été constituée.

Les travaux de cette Commission ont abouti à deux lois :

-une loi du 7 juin 2010 ; cette loi a créé un principe de réversibilité : ce principe permet aux consommateurs résidentiels qui ont quitté les tarifs réglementés de l'électricité pour une offre de marché d’y revenir à tout moment

-la loi dite “NOME” du 7 décembre 2010 portant nouvelle réglementation du marché de l’électricité français a sensiblement modifié l’organisation du marché de l’électricité français.

Ainsi

Depuis le 1er juillet 2011, et pour une durée de 15 ans, l’ARENH permet aux fournisseurs alternatifs d’accéder, à un prix régulé, à l’électricité produite par les centrales nucléaires historiques d’EDF en service à la date de promulgation de la loi NOME. Les volumes d’ARENH souscrits par les fournisseurs alternatifs ne peuvent excéder 100 TWh sur une année, soit environ 25 % de la production du parc nucléaire historique.

L’article L.337-14 du code de l’énergie dispose qu’afin d’assurer une juste rémunération à EDF, le prix doit être représentatif des conditions économiques de production de l’électricité de ses centrales nucléaires historiques sur la durée du dispositif. Initialement fixé à 40 €/MWh au 1er juillet 2011, en cohérence avec le tarif réglementé transitoire d'ajustement du marché (TaRTAM)* en vigueur au 31 décembre 2010, ce prix s’élève depuis le 1er janvier 2012 à 42 €/MWh

*ça ne s’invente pas

Extrait du texte de présentation de la  CRE

Pour faire simple, ainsi pense l’État : pour plaire à Bruxelles, où peut-être je ne siège pas « pour de vrai », je demande à mon producteur-distributeur (qui satisfait mes besoins) de concéder une part de sa production à des entités qui produisent peu ou pas et qui n’ont pas de réseaux, dans le but de créer UNE concurrence pour satisfaire les libéraux de la Commission Européenne où peut-être je ne siège pas « pour de vrai ». En prime pour aggraver la chose j’en profite pour réduire ma capacité de production en abandonnant des outils que je possède qui fonctionneront encore longtemps pour ensuite financer par la dette des moyens de production insuffisants, dispendieux et parfaitement inutiles.

Conclusion

L’entreprise nationale EDF avec les outils nucléaire et hydraulique satisfait la consommation électrique nationale et par sa filiale Enedis gère le réseau national.

Tous les développements en EnR, à quelque échelle que ce soit et par qui que ce soit, sont de la dette et du déficit commercial puisqu’aucune filière nationale de fabrication des équipements n’est en place, éoliennes ou panneaux solaires.

De surcroit la production électrique de ces EnR, coûteuse et subventionnée, reste et ne peut que rester marginale, et se révèle difficilement compétitive. La gestion du réseau nationale est gênée par l’irrégularité de ces productions (jour-nuit ; vent-pas de vent 

L’accès au réseau Enedis (100 % EDF) et à la libre commercialisation, par des producteurs d’électricité indépendants industriels ou particuliers, non subventionnés, doit être permis en garantissant un coût d’acheminement justifié et stable, dans la mesure où les volumes transférés ne perturbent pas le fonctionnement du réseau. Ceux qui sont rentables se féliciteront de bénéficier d’un réseau performant qui est en vérité le cœur de l’électricité européenne.

Pratiquement la Loi de Transition Énergétique doit être abolie et le gouvernement se doit d’expliquer les raisons de cette abolition.

D’abord en  qualifiant les EnR dans les programmes pour ce qu’elles sont : des outils dont le producteur national ou n’importe quel autre producteur se servent quand et comme ils le veulent en vue de remplir leur mission : alimenter la France en énergie électrique en libre concurrence.

Ensuite en requalifiant l’énergie nucléaire pour ce qu’elle est : l’outil principal (national) de production électrique, en cessant pour d’obscures raisons de très basse politique d’en faire un bouc émissaire des malheurs de la planète.

 

Concrètement

Taxe Carbone

 Le désordre social provoqué par la mise en place d’une nouvelle taxe carbone sur les carburants, en sus des lourdes taxes existantes, a mis en évidence la difficulté d’appliquer des taxes à la consommation sans avoir suffisamment apprécié quelles catégories de population seront affectées par la mesure.

En réalité –à l’exception du tabac- aucun produit n’est réellement « uniformément » consommé par toute la population avec le même niveau de contrainte.

Au demeurant, par nature une taxe à la consommation touchera toujours davantage les petits revenus si la consommation du produit n’est pas facultative.

Manque au budget la recette prévue. La réponse est bien connue : il faut réduire la dépense….

Agiter à nouveau sous quelque forme que ce soit le chiffon rouge du maintien de cette taxe est sans nul doute la façon la plus expéditive de relancer les désordres que l’on connait.

 

EDF et c’est le seul vrai sujet

Jean-Bernard Lévy vient d’être reconduit dans sa position de PDG d’EDF. Il est donc le bras de l’État en charge d’approvisionner le pays en énergie électrique.

Il a devant lui beaucoup de problème et personne ne peut avoir une meilleure perception de ces/ses problèmes que lui.

Pour reprendre une formule que tout commentateur politique utilise abondamment de nos jour sous une forme moins édulcorée : arrêtons d’empêcher ce pauvre homme de faire son travail.

Le propos de cette note n’est pas de faire l’inventaire des difficultés d’EDF mais on ne résiste pas au plaisir de mettre l’accent sur ce que l’auteur considère comme le plus important : le rôle de la CGT dans la  vie sociale et technique de l’entreprise.

On pense ici que ce point est plus important et plus difficile à résoudre que les difficultés rencontrées dans n’importe quel plan de carénage ou d’enfouissement des déchets.

En commençant la rédaction de cette note, l’intention était de rester le plus clinique possible mais au fil de l’exercice et en énumérant les stupidités de nos gouvernements, le ton devint inévitablement polémique. Il est demandé au lecteur de  pardonner cette dérive qui n’est que la marque de l’intérêt que l’on porte au sujet.

Les économies d’énergie

Elles sont une nécessité budgétaire et il n’est nul besoin de les envelopper dans des oripeaux de théâtre.

Le gouvernement sera bien inspiré de se souvenir :

-l’énergie fait fonctionner ce qui  reste de l’industrie nationale dont la compétitivité est déjà compromise par une quantité de travail insuffisante à un coût excessif en regard des réalités de la mondialisation.

-les taxes à la consommation ne doivent être utilisées que lorsque leur incidence se fait sentir d’un poids égal sur toute la population et lorsqu’il y a consensus sur la nocivité de la consommation.

20 février 2019

 

 

 

 

 

 

 

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19 février 2019

Une Joly* fable

Ceci est la première ébauche d’une fable naïve. Ébauche, elle est, ébauche, elle restera. Elle est donc imparfaite et définitive. À prendre ou à laisser, dit le Naïf.

*En hommage à Eva Joly.

 

Un brave homme vit au milieu des champs de blé. Il nourrit sa famille et ses nombreuses filles en exploitant la minoterie qui fournit en farine les villages du canton.

Il vit, ainsi que ses nombreuses filles dans un pays éloigné du nôtre et cependant très développé. La population vénère Saint Ricardo et suit ses préceptes. Cependant une Grande Prêtresse fait résonner un Verbe Nouveau qui promet le monde et lutte contre les excès de la consommation.

Le pays est riche : on y trouve du carburant et l’électricité y coule à flot.

L’histoire ne nous dit pas si les moteurs de la minoterie sont des diésels ou des moteurs électriques.

Sa fille ainée lui dit.

Père, l’énergie que nous utilisons dans notre minoterie n’est pas propre. La Grande Prêtresse de la Sauvegarde de la Terre nous enseigne qu’il faut bannir l’électricité qui pourrait être nucléaire et le diésel qui vient droit du domaine de Satan.

Il nous faut, en haut de la minoterie construire du bois de nos forêts une tour. Nous y placerons des ailes blanches couvertes du lin de nos campagnes et notre ami de toujours le doux Zéphyr fera mouvoir d’ingénieux mécanismes en bois qui animeront une meule taillée dans la pierre de nos carrières.

Le père entend sa fille.

Ainsi fut fait.

Sa fille puinée lui dit.

Père, les véhicules automobiles que nous utilisons pour approvisionner le blé puis pour transporter et livrer la farine sont, nous dit la Grande Prêtresse, des Démons de destruction de notre mère la Terre. Ils émettent des vapeurs qui nous empoisonnent tout comme elles empoisonnent l’air que nous respirons et les nuages qui dansent dans le ciel.

Il nous faut demander à notre voisin éleveur des ânes qui feront le travail sans modifier les délicats équilibres de la planète. Élever tous ces ânes sera bon pour l’emploi des gens  du village.

Le père entend sa fille puinée.

Ainsi fut fait.

Sa troisième fille lui dit.

Père, certains villages d’alentour se procurent leur farine auprès d’autres minotiers et nos ânes ont moins de boulangeries à fournir. Nos revenues diminuent et certaines choses que nous ne produisons pas à la ferme nous manquent.

Je m’en étonne mais la Grande Prêtresse me rassure. Elle me confirme que nous sauvons la Planète.

Il nous faut convertir une partie de nos terres en jardin potager afin que nous puissions nourrir la famille sans avoir recours aux puissances malfaisante de l’argent.

Le père entend sa troisième fille.

Ainsi fut fait.

Sa dernière fille lui dit.

Père, comme je suis heureuse de vivre à la ferme comme mes arrière-arrière grands parents, avant que les Mauvais Esprits du Progrès nous aient éloignés du bonheur ineffable de vivre en harmonie avec la Nature.

Cependant j’ai rencontré au bal du canton où m’avait mené mon âne préféré, un très beau jeune homme qui vit, Ô comme je le regrette, à la Grand Ville. Il est Énarque, ce qui  est la marque d’un esprit bien fait. Il n’y avait pas de Polytechnicien au bal : on fait avec ce qu’on trouve.

Nous nous plaisons et dans le souci d’en savoir davantage sur la vie en dehors des préceptes de la Grande Prêtresse j’ai décidé, avec ta permission de le rejoindre.

Mes ainées qui ont su te guider auront à cœur de reprendre et continuer l’ouvrage que je faisais avec dévouement dans notre ferme redevenue antique et authentique

Ainsi elle fit.

 

Marri fut le père.

 

Cette histoire n’a pas de morale. Ou plutôt elle n’a pas de moraliste.

 

Cependant : Tout comme il est tentant de puiser dans une certaine image du passé l’image d’un monde meilleur, il est difficile de résister aux charmes du monde dans lequel nous vivons.

Ou encore : Le progrès n’est pas un escalier qu’on peut redescendre. C’est un toboggan sur lequel on ne peut se retenir et qui nous mène là où nous iront.

Et enfin : Il faut se méfier de la parole des filles.

 

Cette fable est écrite sur Word et n’est pas gravée sur des plaquettes de cire ou d’argile.

 

19 février 2019

 

 

 

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17 février 2019

Un vent frais vient de souffler.

C’est vrai, nous étions un peu lassés –le mot est faible- d’être soumis à longueur de JT aux stupidités de personnages incertains des propos desquels on nous rebat les oreilles et qui dans l’esprit de bien des chroniqueurs illustrent légitimement le « ras le bol » des Français.

Certains sont authentiquement emblématiques et méritent leur statues/statuts. Nicolle, Drouet ou Chalençon par exemple. Les femmes bien évidemment nous gênent moins et notre fond de machisme revendiqué nous pousse à l’indulgence envers Mesdames Vavasseur et Ludosky. La Mouraud (Jacline) relève des deux catégories car elle a moins de charme et nous laissons la parité opérer un nécessaire rééquilibrage.

Stupidités ? Pas tant que ça.

Rien d’anormal à ce qu’une personne moins favorisée par son insertion sociale, ses talents personnels et sa capacité à fournir des efforts souhaite vivre dans un îlot de bien-être où elle paierait moins d’impôts, travaillerait moins, bénéficierait de « encore plus » de services et se trouverait dégagée de toute effort de participation à la vie collective au plan civique (propreté, environnement), au plan politique (vote argumenté) ou au plan de la production nationale. Avec en prime le droit de se promener dans le pays en cassant ce qu’il lui plait de casser, quand il le veut et où il le veut : une forme d’avantage acquis.

Une sorte de vie de nouveau-né ou de vieillard déjà retiré du monde, au-delà des réalités du présent, sauf pour la casse bien entendu.

Un état d’irresponsabilité garanti par un État qu’il est cependant urgent de détruire en même temps qu’on brule les voitures.

Bien sûr, tout est dans la caisse de résonnance et dans l’amplification du bruit, inévitablement lié au vide et à l’autisme nombrilistique de la vie publique nationale.

 

Un vent frais vient de souffler.

 

Un jeune homme, à priori plutôt sympa –tout le monde le dit- et qui joue bien au foute –vous vous rendez compte, 100 buts, que dis-je, 150 buts pour Nantes- trouve la mort dans un accident d’avion de tourisme lors de son transfert en Angleterre. Tombent à l’eau les millions d’Euros liés au transfert, mais rassurons nous, on en reparlera.

Soulagement initial : il n’aura pas à subir les désagréments d’un Brexit qui peut-être ne l’aurait pas vraiment concerné.

Soulagement second : il ne marquera pas de but contre des équipes françaises dans le cadre des multiples « Ligues » européennes ou mondiales qui constituent le fonds de commerce du Monde du Foute.

La Nation en deuil, les Hommages (en témoignage de respect, de reconnaissance et de gratitude envers le défunt) rendus par tous les personnages de l’État, du monde du Sport et plus notablement du Foute, du monde des Médias, les Mausolées, les Parterres de fleurs, les Stades en Larmes et en Démonstrations Collectives façon Corée du Nord…

Ne manque que la Madeleine et les bikers.

Les Majuscules et même les Mots nous font défaut. Word ne connait pas la ferveur populaire.

 

Un frémissement, des rebonds : On trouve l’avion, on trouve le corps ? Le pilote anonyme reste anonyme, mais qui est-il vraiment ? Et nous gardons un instant l’espoir que cette affaire qui a débuté comme les premières images, comme le « trailer » d’une série policière à la française connaitra de nouveaux épisodes et de nouveaux piments. Des flics,  ni Kader Cherif, ni Caïn, mais plutôt Cassandre la presque-rousse. Un peu de drogue dans l’avion ou un sabotage de l’appareil en vue de déstabiliser tel personnage semi-mafieux du monde du Foute… Et pas la moindre intrigue amoureuse : Emiliano à l’Opus Dei ? Pourquoi pas ? Les désordres religieux, ça marche en ce moment.

De l’imagination, que Diable !

 

Pas de quoi faire oublier Johnny mais tout de même un petit vent frais.

 

Les obsèques ont lieu dans le pays du garçon, à Santa Fe en Argentine : nous n’avons pas pu le garder et c’est bien dommage. Il aurait pu devenir une des premiers occupants d’un très nécessaire Panthéon des Vedettes du Sport-morts-au-combat, des Évadés fiscaux notoires, des Chanteurs-euses disparus-es  (ce sont les mêmes) et de bien d’autres personnalités qui en disparaissant laisse notre vide encore plus vide.

Un dossier pour Bern.

 

De nos jours, on dit : RIP

 

Le Naïf vous salue bien.                                                                                                          17 février 2019

 

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16 février 2019

Parent 1, Parent 2, encore un effort

 

J’étais bien embarrassé. Un couple de mes amis est venu me visiter. Il s’agissait de remplir je ne sais quel document pour l’inscription de leur enfant à l’école de leur bourg.

Ils offrent un cas particulier.

Mon ami, le pauvre mari, avait des spermatozoïdes défaillants et comble de malheur son épouse ne présentait à leurs appétits que des ovocytes paresseuses.

Ces braves gens étaient cependant, en dépit de ces circonstances défavorables et peut-être encouragés par l’adversité, tenaillés par un très légitime « désir d’enfant ».

Je ne parle pas de cette chose car je fais partie des déficitaires affectifs qui ont toujours pensé que les enfants « advenaient » et que leur avènement à la position d’Enfant Roi n’était rien d’autre que du présent se transformant en avenir. Peu de place pour le désir ou le besoin d’enfant…

Mes amis, effarés et effrayés par les démarches et les aléas de l’adoption, ont choisi une fabrication artisanale en regrettant au passage qu’il n’y ait pas d’AOC ou de label rouge, sans oser penser à l’étiquette Bio.

Ils ont donc fait leur marché et ont fait emplette de spermatrucs actifs et d’ovocytes accueillants auprès de producteurs des deux sexes dument agréés, sans discuter les tarifs, tout concernés qu’ils étaient par la qualité des produits.

Munis de ces ingrédients ils se sont mis en quête d’une auxiliaire de vie –au vrai sens du terme- désireuse de servir de support à leur entreprise et ont passé marché avec une dame qui fait métier de cette activité.

Requérir les services d’une porteuse locale, bretonne par exemple n’est malheureusement pas autorisé dans notre cher et vieux pays.

Aux USA, le portage pour autrui est un vrai business, la chose est commode et les avocats peuvent documenter le deal. Mais l’enfant tant désiré est et reste américain et ne peut légalement pas devenir l’enfant « désiré » du couple.

On écarte a priori les Indes : on ne sait pas de quelle caste serait le rejeton.

Je ne sais si mes amis ont choisi le chemin de la production française, chemin Montebourgeois mais illégal ou s’ils ont trafiqué l’immigration clandestine d’un jeune américain, Trumpiste à rebours.

Surgit donc dans leur vie le papelard d’inscription scolaire.

Dans un souci de transparence je leur conseille donc de tout mettre en lumière et sur la table.

Parent 1 : Le père

Parent 2 : La mère

En se référant aux fonctions ultérieures.

Mais aussi

Parent 1bis ou Parent 3 au choix : le fournisseur de spermatrucs.

Parent 2bis ou Parent 4 : la productrice d’ovocyte

En référence à des fournitures indispensables.

Et enfin

Parent 5 : la dame qui a porté, dernier étage de cette fusée du miracle des temps modernes de la conception à la carte.

 

Ils soumettent cette idée à Madame ÉducNat.

Gageons que cette proposition qui prévoit presque tous les cas et dont la clarté s’impose sera retenue. Dorénavant le cas de mes amis ne sera plus oublié.

Il ne me reste qu’un doute ou plutôt un regret : que se passera-t-il lorsqu’une cocotte-minute –forcément intelligente et artificielle- aura remplacé la dame du portage ? Faudra-t-il désigner le robot-porteur et lui conférer un rôle parental ?

Je reste en contact avec les députés de la majorité : un amendement en ce sens est à l’étude.

 

Naïvement votre                                                                                                                                   16 février 2019

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23 novembre 2018

Mensonges et délires politiques

 

L’exercice consiste à le dire de la façon la plus courte et si cela est possible de la façon la plus indiscutable qui  soit.

Cet exercice suppose que le lecteur croit en la véracité des affirmations qui conduisent le  raisonnement. Il a au demeurant le loisir de vérifier les assertions s’il ne fait pas crédit à l’auteur.

Dire quoi ? Ce sera la conclusion de ce papier.

 

La production d’énergie primaire dans le monde est au niveau de 300 millions de barils équivalents pétrole par jour.

-Le baril équivalent pétrole par jour est l’unité de mesure la plus communément utilisée. Cela est légitime car le prix du baril de pétrole affecte immédiatement le coût de toutes les autres productions d’énergie. Il s’agit donc d’un marqueur physique mais aussi financier.

-Primaire veut produite directement sans transformation ; ainsi la plus grande quantité de l’électricité produite n’est pas de l’énergie primaire mais issue de combustibles fossiles.

Pour les dix dernières années cette production a connu une croissance entre 1 et 2 % par an. Et cette tendance n’a pas la moindre raison de s’inverser.

La part des énergies dites renouvelables, solaire, éolienne et autres est de l’ordre de 2 %.

En comptant l’hydraulique ce chiffre passe à 5 %.

 

Conso énergie monde 2010 2020 2035

  

Au moins un tiers de cette production est consommée par la Chine et les USA.

Rien n’indique que ces pays aient inscrit dans leur programme des réductions de production ou de consommation. Bien au contraire toute l’économie américaine est tendue pour une augmentation de production conduisant à l’autonomie énergétique. Dans le cas de la Chine la tendance serait de réduire relativement la dépendance au charbon et au pétrole dans le but d’assainir l’air des mégapoles en favorisant le solaire et le nucléaire. Ce transfert reste marginal et la croissance chinoise reste soutenue.

 

La France produit 400.000 tonnes équivalents pétrole, tep, par jour de chaleur nucléaire et d’énergie renouvelable, hydraulique pour la plus grande part. Attention : 1 tep vaut dans ces calculs simplifiés 7 barils.

Soit environ 1 % des 300 millions de barils équivalents pétrole mondiaux.

 

La France achète 300.000 tep/jour de gaz et de pétrole en comptant dans le chiffre encore une pincée de charbon.  De 30 à 70milliards d’Euros au bon gré de Trump ou de MBS.

Soit 0.7 % des 300 millions de barils produits dans le monde…

 

Bilan Energie Fr 2015

 

Donc, achat ou production, la France contribue pour 1.7 % dans la production-consommation d’énergie dans le monde.

Agir de quelque façon que ce soit sur la production ou la consommation énergétique de la France revient à agir au niveau du  « pour mille » au niveau mondial et plus probablement au niveau du « pour 10.000 ».

Considérant l’attitude des USA et de la Chine, des pays producteurs de pétrole et la croissance inexorable de la population mondiale, parler de transition énergétique constitue à proprement parler un mensonge ou un délire. Tout simplement la France n’est pas un acteur dans ce dossier.

Certes une part croissante mais toujours marginale d’électricité primaire entre dans la composition du magasin énergétique, mais ne provoque en rien une Transition et constitue à peine, en regardant les chiffres, une faible inflexion, le pour-cent qui traine derrière la virgule.

 

Alors se pose la vraie question : comment un mensonge de cette importance s’est-il glissé et imposé dans la vie politique et comment peut-il servir de cœur de programme aux représentants de la nation et aux gouvernements ?

Fallait-il que la vie politique française soit vide pour que cette fantaisie prenne corps et conduise aux absurdités que nous offre une Loi de Transition dont on mesure à chaque développement l’inanité ; Loi dont la mise en application fut confiée à des experts reconnus, heureusement disparus.

 

Mais les Français n’ont que peu de leviers dans ces affaires.

 

Économiser l’énergie, ne pas la gaspiller est le premier de ces leviers. C’est une évidence écologique et budgétaire. On le dit : le fait-on ?

 

Ne pas accroître la dette par des achats subventionnés de gadgets écolo-éolo-solaires entièrement importés ; car la France désindustrialisée n’est pas en mesure de participer à ce marché : panneaux solaire, éoliennes sont fabriqués ailleurs et il n’est même pas certain que dans le cas des installations offshores, nous soyons en mesure de les installer sans quelques amis hollandais. Ces équipements encombrent le paysage et perturbent la bonne marche du réseau électrique sans constituer pour autant une ressource.

 

Savoir si le territoire national et le domaine maritime ne possèdent pas les ressources de pétrole ou de gaz que la France achète sur un marché auquel elle participe passivement.

Cf les 70 milliards d’Euros de l’année 2016 et les chiffres inconnus des années à venir.

 

Laisser EDF faire son travail : assainir la gestion de son personnel et sa situation financière, gérer son réseau et reconstruire la filière nucléaire mise à mal par les incompétences et soumise à des impératifs de sécurité légitimes mais croissants.                                                                                                                    

chiffres-production-energie-monde-2012_zoom (1)

 

                              

 

 

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15 novembre 2018

Les gilets jaunes : le piège de l’écologie fiscale

 

Nous sommes à quelques jours d’un mouvement populaire, une manifestation spontanée de la population rurale et péri-urbaine qui n’accepte pas la hausse des prix à la pompe des carburants et qui s’étonne de surcroit que les pouvoirs publics dénoncent l’usage du gazole après en avoir fait la promotion pendant de longues années. Ce mouvement traduit « en même temps » un mécontentement général et confirme la baisse de popularité du Président.

Le gouvernement révèle son trouble par des bidouillages et des incohérences où se mêlent et s’entrecroisent le pouvoir d’achat, la taxe d’habitation, l’avenir de la planète, les oxydes d’azote et l’incontournable voiture électrique, clé du bonheur futur, source du Bien Commun.

Bien malin qui peut prévoir comment évoluera ce mouvement, ni de quelle façon il sera récupéré par les partis politiques et les syndicats.

Encore plus malin celui qui expliquera à notre Président comment se dépatouiller d’une situation dans laquelle il s’est délibérément laissé enfermer. Il est pris, et les français avec lui, dans un piège.

Il est à craindre qu’il n’y parvienne pas, que nous n’y parvenions pas et que cet épisode ne soit que le prélude de troubles sociaux, politiques qui entraveront notablement les efforts qu’il faudrait poursuivre pour améliorer la situation économique du pays : dépenses publiques, dette… dans l’hypothèse optimiste d’une prise de conscience de la réalité et de l’urgence de ces questions.

La refondation de l’Éducation Publique est un préalable à quelque action que ce soit.

 

Dans quel  piège Macron s’est-il laissé enfermer ? Comment s’articule l’argument ?

Première mâchoire du piège : la place réelle de la France et son rôle dans le problème mondial du réchauffement climatique.

Seconde mâchoire du piège : l’idéologie absurde d’une écologie de l’ignorance et du déni.

 

La place et le rôle de la France dans le réchauffement climatique

 

Rappelons les chiffres utilisés dans un commentaire récent : Mensonges et délires politiques du 9 novembre.

L’économie française produit 1 % de l’énergie mondiale sous forme essentiellement de chaleur nucléaire et de chute hydraulique. Ces deux productions sont par nature inéluctables ; que l’une et l’autre soient captées n’intervient pas dans le bilan global : l’uranium subit la fission (1) et l’eau s’écoule.

La France achète sur le marché mondial de l’énergie 0.7 % du volume global de ce marché sous forme de pétrole et de gaz. Cette énergie est consommée par le transport, le chauffage domestique et les rares vestiges industriels qui subsistent. Du gaz et encore un peu de charbon viennent compléter si nécessaire la production d’électricité nucléaire.

À l’échelle mondiale La France n’est donc pas un acteur de production d’énergie et un acteur réellement minime de la consommation de produits émetteurs de GES.

Agir sur les 0.7 % en question revient à agir au niveau du « pour mille » de la consommation mondiale.

 

Une conclusion brutale est de dire et de faire comprendre que la France n’a pas la moindre influence sur ce vaste problème qui est fondamentalement posé par la consommation des USA et de la Chine.

Au moins 30 % de la production mondiale est absorbée par ces deux pays. Ils sont l’un et l’autre engagés dans des processus qui reposent sur une croissance soutenue, croissance inaccessible à l’économie française, avec au premier chef l’accroissement des dépenses militaires.

Les américains affichent ouvertement leur intention de ne pas respecter les accords –non contraignants- des COP successives  et de relancer le charbon tout en accélérant les extractions pétrolières et gazières.

Les Chinois pratiquent un jeu plus subtil : leur consommation croit mais ils tentent d’assainir leurs mégapoles qui sont devenues invivables. Cependant dans tous les secteurs énergétiques leur consommation augmente. Ils développent donc massivement leur production électrique nucléaire et photovoltaïque.

 

En ne considérant que le pétrole, la production croit de 1 à 1.5 % annuellement ; l’équilibre du marché est au hasard de leurs humeurs et de leurs besoins assuré par les producteurs du Moyen-Orient qui compensent jusqu’à présent les déficits de production libyen et vénézuélien. Nul doute qu’à un moment donné, il faudra retourner s’occuper des réserves du pays de Maduro.

La France comme unité économique, n’est ni coupable, ni responsable ; seulement un figurant impuissant du drame.

 

L’utopie écologique en matière de consommation énergétique

 

Une autre formulation est de dire que le monde de l’énergie, considéré globalement, ne s’est en rien engagé dans ce qu’il est convenu d’appeler une Transition Énergétique. Ce concept de transition repose sur l’idée que dans un avenir proche, de façon pratique la production d’électricité éolienne et photovoltaïque, actuellement au niveau  de 2 % du total, pourrait remplacer une quantité significative des autres formes de production, qui reposent toutes sur la combustion du carbone. Il est bien possible que la résolution du problème de stockage de l’électricité permette plus tard d’avancer dans cette voie n augmentant la part de l’électricité primaire mais rien ne permet de mettre une date sur cette possible évolution. Et si transition il doit y avoir elle se fera sans que la France y contribue.

De plus les réserves de charbon restent abondantes. La réduction sur le pétrole provoquera d’abord un retour sur le marché du charbon…

En tout état de cause les aéroplanes exigeront du kérosène et la pétrochimie exigera du pétrole ou du charbon…

 

Lorsque les ressources diminueront et que la raréfaction de la matière se fera sentir, le monde des hommes s’adaptera suivant des modalités que notre temps n’imagine pas et qu’il est illusoire pour une fraction infime de la population mondiale, le 1 % de la France, penser les prévoir et les piloter. Cette illusion est d’autant plus absurde que ce 1 % de la population mondiale vit à crédit dans une économie qui ne produit plus grand-chose et qui  ne dispose au-delà d’une relative autonomie agricole d’aucune ressource naturelle.

 

Mais rien n’y fait, l’utopie prend le pas sur la bon sens et la  France tombe dans la démesure, perd le sens des réalités. Par ignorance, stupidité et calcul politique cette utopie est devenue une vérité, puis un dogme et même une Loi.

 

Cette Loi est la célèbre Loi de transition…

 

Fabuleuse est la capacité des dirigeants de notre pays à ne plus percevoir les réalités, tout occupés qu’ils sont à courir après des gloires anciennes depuis longtemps évanouies.

C’est que la France a de l’influence. Elle n’a plus que cela, mais cette influence elle entend la conserver à tout prix. Pour satisfaire cet appétit d’influence il lui faut des causes à défendre.

Accueillir des immigrés est un bon thème mais le peuple semble réservé sur le sujet. Un sujet moins directement ressenti dans la rue ferait mieux l’affaire : la lutte contre le réchauffement climatique, voilà le sujet idéal. Le peuple ne peut que souscrire. Jusqu’au point où…

Ainsi elle fait sienne un combat qui la conduit à sauver la planète. Elle va jusqu’au récent : « Make our planet great again » pour tancer le plus mauvais élève qui, il faut le regretter, se conduit mal.

Elle soutient les moulins à vent d’une écologie des illusions.

Dans ce combat, auquel elle est seule à donner un sens, elle mène la charge. Elle entraine la troupe des nations derrière elle. Le grand œuvre est la fabuleuse COP 21. Tous se sont ralliés. Quel succès ! Un triomphe Royal.

 

Un facteur aggravant : la haine du Nucléaire

 

Le texte qui suit est extrait d’un papier précédent. Il est encombrant dans le cadre de cette mise au point, mais il met en perspective d’autres segments du dogme évoqué ci-dessus. Ref : l’Électricité en France, 4ème partie de mars 2018

 

L’autre sujet concerne … la « haine du nucléaire ». En tout cas son rejet. Ce syndrome est mondial et la France n’est pas le pays le plus affecté.

Le mal est profond.

L’énergie nucléaire, en 1945, a fait son entrée dans nos vies par la mauvaise porte : la porte de la guerre et de la destruction. Qu’importent les comparaisons entre Dresde et Hiroshima, le versant « magique et apocalyptique » de l’arme ne disparaitra jamais.

Le nucléaire civil, chaleur-vapeur-électricité, aurait sans doute pu ne pas être ignominieusement marqué par la Bombe mais les accidents de Three Miles Island en 1979 et de Tchernobyl en 1986 ont, pour longtemps fait entrer l’atome civil dans le royaume des Forces du Mal. La catastrophe de Fukushima en 2011 vint achever cette descente dans l’enfer des opinions publiques.

C’est un état de fait et seuls les régimes autocratiques qui « font » les opinions arrivent à passer outre et à conduire des programmes nouveaux de construction de centrales nucléaires…et thermiques aussi bien !

L’origine de ce malentendu entre l’homme et la radioactivité tient au caractère secret de celle-ci. La foudre frappe et incendie, le vent abat les forêts, la tempête ravage les côtes, les volcans explosent  alors que la radioactivité est simplement là, endormie, recouvrant tout mais paisible et sans le moindre excès. Elle est l’essence même du soleil, elle rayonne avec lui dans notre ciel. Notre terre irradie elle-aussi en souvenir de son origine, en quelque sorte chaude et « radieuse ».

Elle n’est entrée dans nos vies, et cette fois ci par la petite porte des laboratoires, qu’au seuil du 20ème siècle. Les historiens de sciences nous disent par quels chemins, depuis les images des Rayons X, nous en sommes arrivés aux savants fous des années noires murissant l’idée que la concentration de cette force omniprésente et diffuse autoriserait les Prométhées de notre temps à domestiquer cette immense énergie.

Comme presque toujours dans l’histoire de l’Homme, le chemin est celui de la bataille, de la guerre.

L’arc du chasseur tue la biche mais mille arcs éradiquent la chevalerie du bon Roi Philippe. Une bombe lancée depuis le biplan de la grande guerre détruit le nid de mitrailleuse mais dix-mille bombes font disparaitre Dresde. Pour Hiroshima, une seule bombe suffira.

La paix reconnait cette énergie et veut, elle-aussi la domestiquer : il suffit de ne pas aller jusqu’à l’explosion.

Simple, non ? Pas d’explosion : reste la chaleur.

La règle du jeu est donc de maîtriser en toutes circonstances le combustible-explosif que nous mettons dans la marmite à bouillir : l’erreur conduit le combustible à redevenir l’explosif.

Cependant l’homme ne hait pas l’arc, il adore l’avion et les américains, nous dit-on, ne peuvent pas s’endormir sans un colt sur leur table de nuit ; alors que l’atome est resté invisible, secret et magique. On ne le voit pas et on ne le comprend pas. Cette peur de l’énergie nucléaire empêche l’acceptation de l’existence même d’un phénomène naturel qui, littéralement nous imprègne.

Cette peur et cette diabolisation surplombant les réalités techniques s’engouffre dans le vide intellectuel d’une oligarchie politique inculte scientifiquement et coupée du monde de l’industrie et de l’énergie.

Le fait brut est que depuis 50 ans la France produit, avec l’appoint de la houille blanche, l’essentiel de son électricité au moyen d’un outil qui a fonctionné parfaitement, régulièrement et à un coût comparable à celui des sources carbonées. L’Autorité de contrôle dont l’exigence ne saurait être mise en doute donne son accord pour continuer l’exploitation de cet outil par tranche de 10 ans au prix d’efforts de sécurité accrus.

Et bien non ! Nos ombres chinoises mettent toute la puissance des rumeurs en action, entrainent dans leurs errements les « forces du progrès » de la présidence Hollande et vont finir par obtenir qu’on mette à la casse un parc de production, déjà amorti et susceptible de travailler longtemps encore.

L’exemple allemand, pourtant exemplaire ne sert de rien.

Le très cultivé Macron n’a pas de temps pour ces détails et en confie le suivi à son pitre de service.

Leur triomphe est la Loi de Transition Énergétique qui devient la Bible de l’Antinucléarité.

 

La taxe carbone

 

Au-delà du fatras le l’expression d’un grand nombre de « bonnes intentions » la Loi de Transition… s’articule sur trois thèmes.

 

La France doit réduire sa production d’électricité nucléaire : c’est le dogme. Donc il faut fermer des unités de production qui fonctionnent de façon satisfaisante, n’émettent pas de GES, sont amorties et certifiées opérationnelles pour encore de nombreuses années par l’ASN. Comprenne qui  pourra.

Leur production sera remplacée par de l’électricité éolienne ou photovoltaïque. Les équipements nécessaires sont entièrement importés car l’industrie nationale n’a  développée aucune filière dans ces domaines. Ils demandent un espace qui dans le pays est maintenant compté donc onéreux. Mais surtout la production de ces outils est soumise à des variations climatiques qui obligent à la compenser par des productions de centrale thermique ou par des acrobaties dans l’exploitation des centrales nucléaires, acrobaties consistant à réduire délibérément la production nucléaire pour pouvoir consommer l’électricité dite verte. Avec l’aide de la CGT, mais cette remarque est hors sujet.

Il faut limiter la consommation de combustibles carbonés : charbon, gaz, pétrole.

Il est plus que légitime de réaliser des économies sur un tel poste de dépense : tous les produits sont importés et leur importation accentue un déficit commercial qui n’en a nul besoin. Il est idiot de gaspiller de l’énergie en émettant des GES. Le citoyen doit donc dans la mesure du raisonnable limiter sa consommation. Son civisme est le principal vecteur de ce comportement économe et vertueux.

L’État encourage cette évolution en appliquant une taxe nouvelle précisément qualifiée de Taxe Carbone. L’idée n’est pas neuve et la vente des produits pétroliers est depuis longtemps/toujours affectée par la taxation. Cette taxation représente un élément important des ressources fiscales.

Cette taxe aurait pu prendre la forme d’un droit de douane affectant les hydrocarbures et le charbon à leur entrée dans le pays. La réglementation européenne n’autorise pas une telle mesure ; au demeurant de nombreux secteurs industriels déjà en grande difficulté n’y survivraient pas.

La Taxe Carbone (Contribution Climat-Énergie) adoptée par le gouvernement Hollande dès 2014, et incorporée à la très ancienne Taxe Intérieure appliquée à la pompe est perçue par Bercy comme un cadeau tombé du ciel où scintillent les astres de l’écologie et sera donc saupoudrée et ponctionnée sur les prix à la consommation.

 

Sa particularité est son caractère automatique : Elle est programmée par la loi et augmentera fortement et rapidement. Il est délicat pour le public de mesurer son montant car elle est calculée sur des poids de CO2 produit par tonne de carburant.(2)

Ironie mais il n’y a pas de petit profit, la taxe est soumise à la TVA.

Son impact initial en 2014, sur la base de 7 E/t ne fut pas sensible : le gouvernement baissa la taxe existante du montant ajouté par la nouvelle  taxe.

Mais la loi de 2015 rend effectives ces augmentations et en prévoit la croissance à la façon d’une charge héroïque : de 8.4 E/tCO2 en 2014, la taxe passe à 53.5 E en 2018, puis sera de 78.5 E en 2020  pour atteindre 100.3 E en 2022 ; certains souhaitent voire la taxe atteindre plusieurs centaines d’euros à l’horizon 2050. (3)

 

Remarque sur les taxes à la consommation

 

En affectant une fraction estimée des conséquences négatives d’une consommation (les externalités) au prix d’une marchandise, le fisc dote l’État d’un levier pour agir sur un marché donné en réduisant son volume. Il accroit « en même temps » ses revenues même si le produit de la taxe est déclaré affecté à la lutte contre les dommages de la consommation : l’acheteur taxé est aussi le contribuable ordinaire et doute en général du bienfondé et de l’honnêteté de la démarche.

Sur un marché donné une réduction de la consommation par la taxation entraine chez les producteurs des difficultés qui retentissent dans le système global et donnent naissance à des mouvements en retour et mettent en évidence des effets secondaires sous-estimés lors de l’instauration des mesures coercitives.

Mais le consommateur est affecté par l’augmentation du prix de la marchandise ; il n’entend le message transmis par le fisc que dans la mesure où il croit qu’il participe à une action légitime et « juste » ; mais aussi dans la mesure où il peut « naturellement » agir sur sa dépendance au produit consommé.

 

Dans toutes les  consommations ces facteurs se prêtent à l’analyse : il est clair pour tous que consommer des stupéfiants n’est bon ni pour l’individu, ni pour le corps social. Cependant laisser se poursuivre le commerce des drogues dans les banlieues des métropoles est toléré car cela génère une activité rémunératrice dans des zones dans lesquelles l’État n’a plus d’existence ; on laissera donc ce marché s’organiser tout seul. Parallèlement le gouvernement marocain n’exerce probablement pas tous ses efforts pour réduire la production du cannabis. Alors le marché étant reconnu et toléré, n’est-il pas légitime de le légaliser. La tentation est grande car la ressource fiscale en serait augmentée.

Alcool, viticulture, santé publique, sécurité routière, marché à l’exportation, désarroi de la jeunesse et quoi encore offrent le plus évident de ces entrelacs où s’englue le pouvoir public.

À d’autres moments pour les meilleurs raisons du monde, on voit le sucre ou l’huile de palme jouer ce rôle de produit coupable : si le produit est peu addictif, cela fonctionne. Est-ce le cas du sucre et comment lutter autrement contre une obésité devenue « normale » ? Qu’en pensent les industriels de l’industrie agroalimentaire ?

 

Il faut retenir de ces remarques le point important suivant : pour accepter une taxe pigouvienne, (4) il faut que le consommateur puisse « naturellement » réduire sa consommation et modifier son comportement.

Ainsi, on peut naturellement ne pas fumer, boire pas ou moins d’alcool, mettre moins de sel dans sa cuisine (pas facile !) (5) ou ne pas prendre son auto pour éviter de marcher quelques centaines de mètres. Mais on ne peut pas « naturellement » marcher 25 km AR chaque jour si on habite à cette distance de son usine.

Voici le cœur de l’argument : si on habite à  25 km de son lieu de travail la voiture individuelle est la réponse « naturelle » au problème. L’État  dépend (emploi, balance commerciale) de l’industrie automobile et a encouragé l’accession à la propriété de petit véhicule diésel. Organiser les transports publics suppose une capacité d’organisation et d’efficacité qui ne soit pas grevée d’entrée de jeu par la fonctionnarisation, les lourdeurs de l’administration…et les coûts qui en résultent.

L’usager est donc contraint et il perçoit la taxe supplémentaire comme illégitime et injuste.

 

En résumé

 

Les nations qui consomment de l’énergie continuent d’accroître leur production et d’une façon générale, le monde n’est en rien engagé dans une « transition énergétique ». Les États-Unis affichent une politique de production accrue et les Chinois, sans en faire une politique affichée font de même.

 

La France n’est pas un acteur de cette production ; sa consommation est insignifiante. Son rôle sur la scène internationale est celui d’un relais d’opinion sur le problème climatique reposant sur une influence supposée. La France souhaite se poser en exemple et le dit haut et fort.

 

Un mélange toxique d’hubris, d’idéologie politico-écologique, de déni des réalités et des chiffres conduit la France à adopter sans raison réelles des politiques d’abandon de l’outil nucléaire. En compensation on favorise des investissements inutiles dans des filières de production non rentables, inadaptées au réseau électrique national et financées par la dette.

 

S’ajoutent de maladroites tentatives de réduction de la consommation de produits pétroliers par des taxes imposées rapidement et inopportunément, perçues par l’usager comme « la goutte d’eau qui… » : Adoption d’une taxe carbone frappant d’abord des utilisateurs contraints professionnellement, socialement donc financièrement au moment où intervient un renchérissement du brut.

 

La Loi dit que cette nouvelle taxation doit croître pour atteindre des niveaux que l’automobiliste juge inacceptables.

 

Confusément chacun perçoit clairement la nécessité de ne pas gaspiller l’énergie carbonée mais tout aussi confusément le citoyen-contribuable-automobiliste ne croit pas à l’efficacité de la politique du gouvernement pour la solution d’un problème mondial.

 

Les moyens modernes de communication permettent sur de initiatives privées de rassembler et de souder les doutes et les mécontentements.

 

Les gilets jaunes se rassemblent et font ce que tous les manifestants savent faire : bloquer la circulation.

 

 

 

1. L’uranium subit la fission mais il est certain que la concentration qu’il subit accélère la vitesse et le niveau des radiations. Un spécialiste dirait combien.

2. Pour des estimations d’ordre de grandeur, une règle simple (simplifiée) est qu’une tep  produit une tonne de CO2.      

Tonne de CO2 et tep

   

3. Imaginons un baril à 50 $, soit une tep à 400 $. Si la taxe est de 400 E, on constate que la taxe est d’un montant à peu près équivalent au coût du produit. Le client à la pompe paie alors 1 E de produit, 1 E de TICPE « ordinaire et en prime 1 E de CCE (Taxe carbone).

4. On ne peut pas résister au délicat plaisir de pigouver un brin.

5. On ne regrettera pas la disparition de la gabelle.

13 novembre 2018

Addendum le 20 novembre

La manifestation a eu lieu le 17 novembre, s’est poursuivie les jours suivants et continue au moment où s’écrivent ces lignes.

Le piège a de puissantes mâchoires. Le prix des carburants a servi à allumer l’incendie mais toutes sortes d’autres frustrations ont trouvé leur expression. Le « pouvoir d’achat » devient mot d’ordre.

Un rejet massif de tout le système politique et syndical s’exprime et dérive dans le vide d’un refus global, sans programme et sans support théorique.

Le gouvernement, coincé dans le piège, maintient et affirment le bienfondé de ses bêtises : Il a impérativement besoin des milliards de la taxe. Les bricolages évoqués tournant tous autour de l’achat de nouvelles autos prennent l’allure d’une nouvelle provocation.

La manifestation importante le premier jour ne gagne pas en ampleur ; comme il était prévisible des éléments perturbateurs se sont mêlés aux gilets jaunes et certains d’entre eux se « radicalisent »…

Elle gagne en violence : 2 morts, des centaines de blessés.

 

Une analyse simpliste : Macron avait agrégé lors de l’élection présidentielle un électorat centriste, séduit par sa jeunesse ; en adoptant une large partie du programme de Fillon,  il n’avait pas effarouché l’électorat centre-droit de ce dernier. Il a été élu mais une moitié de la population sensible aux voix des extrêmes n’a jamais réellement admis la défaite.

En dépit de certaines réalisations partielles, Macron n’a pas su conserver l’appui provisoire du centre-droit en majeure partie en conséquence de trop nombreuses maladresses et de quelques grosses sottises. Il ne doit qu’au retrait de Juppé de ne pas avoir d’opposition réelle à droite.

Mais les groupes extrêmes (hâtivement qualifiés de populistes) finissent par se rejoindre, hors programme et hors support théorique. Ils se rejoignent dans l’expression populaire, confuse et maladroite d’une jacquerie qui laissera des cicatrices, si elle s’arrête et quand elle s’arrêtera.

Sans être un grand clerc, on peut imaginer le pire lors des prochaines élections européennes et le pire du pire dans trois ans.

 

 

 

 

 

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20 octobre 2018

Les charmes de la mémoire artéfactuelle

 

Il faut en premier lieu établir la différence qui existe entre l’Artifice et l’Artefact. Ensuite il faut établir la différence qui existe entre intelligence et capacités de la mémoire. (1)

 L’Artifice est un très vieux mot, attesté depuis le 14ème siècle et  dérivé du latin « artificium » couvrant le champ : métier, art, habileté.

Après avoir longtemps signifié : Art consommé, habileté dans l’exécution, le sens a glissé vers :

Moyen habile, ingénieux destiné à améliorer, à corriger la réalité ou la nature.

-soit procédé pour améliorer une technique, un art, une manière de faire ou d’être, pour y ajouter un raffinement.

-soit procédé d’imitation inventé pour créer l’illusion de la réalité.

-soit détour ou astuce, allant jusqu’à ruse et imposture.

Oublions les sens dérivés concernant la pyrotechnie.

L’Artefact est en mot récent d’origine anglaise employé surtout par les archéologues pour qualifier un objet clairement fabriqué par l’homme : produit de l’art, de l’industrie. Ajoutons : produit d’un travail sur la matière à des fins artistiques, liturgiques ou utilitaires.

Oublions le sens que donne au mot les chercheurs lorsque, au cours d’une expérience les procédés utilisés pour conduire cette expérience donnent des résultats parasites par l’introduction de phénomènes secondaires.

 

Ainsi, un ordinateur et/ou un programme de calcul introduit dans un ordinateur sont clairement, en français, des Artefacts. Ils n’ont pas vocation à améliorer ou corriger la nature et ils sont bien des produits de l’activité de l’homme. Ce ne sont pas des Artifices et ce qu’ils produisent n’est pas Artificiel.

 

Pour l’intelligence la chose est plus compliquée.

En partant du latin « intelligere », comprendre, action et faculté de comprendre, le vocable a acquis et conservé deux significations :

-Fonction mentale d’organisation du réel en pensées chez l’être humain, en actes chez l’être humain et l’animal.  (2)

-Action de s’entendre, de se comprendre ; résultat de cette action.

Oublions le second sens qui nous mènerait, en bonne intelligence avec le lecteur, sur d’autres chemins suivis en particulier par les anglais qui retiennent à la fois le sens profond mais y ont largement adjoint le sens très dérivé de « renseignement sur des puissances étrangères ». (3)

Fonction mentale… d’organisation en pensée.

On résume ainsi cette capacité propre au cerveau de construire avec des perceptions, sensations et émotions, des images nouvelles, appelées ici des pensées.  Celles-ci évolueront vers d’autres pensées et/ou vers des actes que le cerveau commandera spontanément dans une première réaction ; ou qu’il analysera en projetant, toujours  par la pensée, dans le cerveau, les conséquences de ses actes : ce que le dictionnaire désigne par : fonction d’organisation.

Contrairement à la machine, ce cheminement des pensées dans le  cerveau couvre un vaste champ de possibles, et donc entraine l’impossibilité de prévoir ce que sera l’acte. Les liaisons entre les sensations, le cerveau et le corps ne sont pas et ne seront jamais des liaisons au sens où les mécaniciens définissent le mot. Le cerveau humain ne comporte pas d’embiellage transformant « mécaniquement » tel  mouvement en tel autre et les circuits électriques qu’il comporte passent le plus clair de leur temps à se modifier.

Depuis Héraclite et ses copains on ne cesse de répéter que l’homme pense librement notre monde et que cette faculté peut être appelée intelligence. Les artistes utiliseront les vocables créativité, invention, originalité…

De grâce, n’accordons pas d’intelligence à quelques kilos de cuivre, de silice, nourris à l’électricité, même si ces choses, convenablement organisées dans de jolies boites de plastique ou d’aluminium facilitent, comme les bons outils qu’ils sont, nos envies de communications et notre besoin d’assister nos défaillantes mémoires ; et contentons-nous d’utiliser du mieux que nous le puissions notre intelligence.

Mais alors comment le mot intelligence s’est-il glissé dans le vocabulaire de notre époque pour désigner la capacité qu’ont certaines  machines à assister l’homme dans ses raisonnements et travaux scientifiques.

L’explication est simple : Il s’est introduit une confusion sémantique entre « le génie de la pensée humaine » et le rôle essentiel que jouent dans les démarches créatrices « la mémoire et la capacité d’organiser matériellement les données acquises dans cette mémoire », données qui résultent de l’expérience ou de l’examen du monde physique, de la nature.

D’une part l’observation de la nature conduit à accumuler des données. Elles sont mémorisées et classées.

Puis le cerveau élabore un système qui, au-delà du simple examen descriptif et statistique, débouche sur une véritable et nouvelle interprétation de la nature, sur une lecture des mécanismes du monde.

L’homme voit le soleil se lever et se coucher chaque jour au gré des saisons dans des conditions qu’il observe et qu’il note. Alors il en déduit, au prix d’énormes efforts d’imagination sur un temps long, que la terre tourne autour du soleil, que la terre tourne sur elle-même et que l’axe de cette rotation est incliné de façon constante sur le plan du mouvement de la terre… Son imagination, son génie créatif lui propose cette théorie astronomique. Il en vérifie la validité, il cherche à comprendre les causes de ce phénomène et il en déduit qu’une force retient la terre autour du soleil. Enfin il note les anomalies de ce fonctionnement et en déduit qu’il existe d’autres planètes qui obéissent à la règle qu’il a inventée. Pendant des millénaires, lors même que ce processus créatif prenait corps, les croyances, les religions révélées fournissaient des réponses à ces questions que l’observation du phénomène conduisait l’homme à se poser. Elles constituaient de la sorte de véritables barrières à connaissance et à la recherche. (4)

Cette fable met en évidence qu’il existe bien deux choses distinctes : l’accumulation des données et leur classement d’une part, et ensuite l’idée qu’un système « explique » ces données et les intègre comme des faits résultants.

Les machines sont dans ce domaine de la conservation et du classement des données collectées des outils fondamentaux par leur dimension et la rapidité de leur fonctionnement.

Que sont ces machines et comment les faisons-nous fonctionner ?

Sur ce sujet le dictionnaire n’aide guère et de fait, ne clarifie rien.

Limitons nous à l’ordinateur.

Ordinateur : Emprunté au lat. d'époque impériale ordinator «celui qui met en ordre, qui règle» formé sur le supin ordinatum de ordinare,

Machine algorithmique composée d’un assemblage de matériels correspondant à des fonctions spécifiques, capable de recevoir de l’information, dotée de mémoires à grande capacité et de moyens de traitement à grande  vitesse, pouvant restituer tout ou partie des éléments traités, ayant la possibilité de résoudre des problèmes mathématiques et logiques complexes, et nécessitant pour son fonctionnement la mise en œuvre et l’exploitation automatique d’un ensemble de programmes enregistrés.

Voilà pourquoi votre fille est muette. Pris de honte, le dictionnaire apporte une précision :

Un ordinateur n'est en fait qu'une vaste opération de mécanisation d'un processus portant sur des données. Ces données ayant été enregistrées dans une mémoire, à partir d'un dispositif d'entrée dans le système, vont donc être manipulées un certain nombre de fois par certains opérateurs, puis renvoyées soit dans une autre partie de la mémoire où elles sont stockées en vue d'opérations ultérieures, soit à la sortie où elles seront présentées sous une forme utilisable dans le monde extérieur.

La fille reste muette.

 

Ce qui ressort de ce charabia est qu’il existe des gens qui comprennent comment fonctionnent ces machines et une vaste majorité de gens, y compris les rédacteurs du dictionnaire et le rédacteur de cette note, pour qui elles sont pure magie.

L’expression de ce sentiment de magie, la baguette de la fée, l’incantation du sorcier est l’Algorithme.

Sens moderne : Ensemble de symboles et de procédés propres à un calcul et par extension, ensemble de formules, de signes et de conventions accessibles aux seuls initiés.

Il est normal que la magie soit le privilège ésotérique des initiés. Un pas plus avant et pour faire simple :

Mécanisme réglant le fonctionnement de la pensée organisée et s’explicitant par des représentations analogues à celles des mathématiciens.

Puis encore plus simple :

Méthode et notations de toute espèce de calcul… de l'esp. Alguarismo,… issu de l'arabe Al Ḫuwārizmī,  surnom du mathématicien du IXe siècle Abdallāh Muhammad ibn Mūsā.

La confusion de pensée que l’on ressent en lisant ces embarrassantes définitions embarrassées trouve son origine dans le besoin de mettre des mots sur des réalités physiques qui restent pour le commun inintelligibles donc ineffables. Les mots ne signifient plus rien. On se croirait dans le monde de la politique.

Il faut revenir en arrière et revenir à une vue démystifiée de la machine et de son fonctionnement.

L’assemblage de silicium, de cuivre et de plastique qui a été fabriqué de la main de l’homme est susceptible, pour qui sait le piloter, de faire des calculs de tous ordres, à grande vitesse, en manipulant de très grands nombres. Il sait aussi classer, trier et ordonner des quantités importantes de données.

Cet assemblage et ses capacités résultent du travail et de l’intelligence des concepteurs et des fabricants de cette machine.

Qu’il s’agisse de calculer ou d’ordonner, il faut que quelqu’un (qui n’est pas un pur esprit) « dise » à la machine ce qu’elle doit faire et comment le faire. Le médiateur en question sait parler au cuivre de la machine car la machine a été construite autour d’un langage. On parle de code et de programme et ces deux mots recouvrent l’instruction de faire et de comment faire transmise à la machine. C’est évidemment à ce niveau que se situe l’intelligence –ce qui est notre sujet- et non pas dans le cuivre.

On a ici remplacé un charabia par un autre, mais dans celui-ci on précise la notion que ni la machine, ni son langage n’ont d’existence en dehors de leur concepteur.

 

Ces deux niveaux d’intelligence sont indissociables : la machine a été conçue pour servir et l’opérateur doit savoir s’en servir. (5)

 

Calculer pour la machine est d’appliquer, très souvent de façon itérative, des formules mathématiques complexes. Ces calculs échappent par leur dimension davantage que par leur nature au calcul à la main, sur le  coin du bureau. Les astres eux-mêmes comme les fusées et autres satellites se plient aux rigueurs des calculs des calculateurs, au point qu’on ne sait plus qui commande qui…

 

D’une autre façon, le « trier- ordonner » présente une  particularité qui  trouble les esprits. Cette particularité réside dans le fait que la machine, infiniment véloce, peut analyser dans un jeu bien défini, aux règles précises, échecs, jeu de go…ce que seront les répercussions d’un « coup » joué par l’adversaire jouant contre elle ; et quelle sera la probabilité des conséquences du coup qu’elle même avancera ; et ainsi de suite en éliminant tous les coups de moindre qualité ; jusqu’à gagner par enfermement de l’adversaire.

Rien n’est plus facile que de prendre cette capacité d’analyse et de prévision avec de l’Intelligence. Mais bien évidemment l’intelligence se trouve chez le programmeur qui a su apprendre au cuivre et au silicium ce qu’il fallait déduire de chaque étape du jeu et ce qui, statistiquement laisserait le moins de champ possible à l’homme contre qui joue le binôme programmeur-machine.

 

On a insisté sur le cuivre et le silicium. Il s’agit bien évidemment d’une erreur : il n’y a pas de silicium dans un ordinateur…Le Naïf est simplement entrainé par la défiance qu’il ressent à l’usage indu des panneaux solaires qui fleurissent dans « nos campagnes, jusque dans nos bras » bien qu’ils « n’égorgent » que notre balance commerciale. Du coup il voit du silicium partout !

Mais il ne faut pas oublier le  carburant de la machine. Tous ces bazars doivent être alimentés puis refroidis. Ce sont des machines électriques. Leur nourriture, leur sang et leur sueur dépendent de la fée électricité. La magie est à tous les niveaux. Seulement la magie de l’électricité est devenue notre quotidien et nous n’en percevons plus les sortilèges.

Une conclusion

L’appellation Intelligence Artificielle est un véritable double faux-sens. Mais, raisonne le Naïf, un mot n’est que convention culturelle et si, dorénavant nous convenons de désigner par ce vocable l’ensemble des artéfacts qui permet à une machine d’aider l’homme à jouer tout seul aux échecs ou à mieux prévoir le temps qu’il fera demain et les jours d’après, pourquoi le Naïf critiquerait-il cet usage ?

Un dernier emprunt à Albert Camus

Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.

 

  1. Tout ce qui  est noté en rouge est extrait du dictionnaire cnrtl. En rédigeant ce papier, l’intention était à l’origine de n’utiliser que des extraits de dicos. Mais la vacuité des définitions de ces derniers sur le sujet « ordinateur » et « algorithme » a conduit à prendre le relais en schématisant à l’extrême des choses bien trop complexes pour l’entendement du Naïf.
  2. On notera que notre dictionnaire refuse aux animaux la capacité de penser.
  3. On se convaincra facilement que la CIA n’est pas le temple de l’Intelligence.
  4. On voit bien que le rôle des croyances ne cesse pas de nos jours et se nourrit de l’inculture et de la bêtise qui sont et restent  les choses du monde les plus répandues, les plus partagées.
  5. Difficile de ne pas penser aux avions modernes qui volent quasiment sans pilote, mais conservent la faculté de disparaître au milieu de l’Atlantique, ce qui n’arrive pas, Dieu merci, aux ordinateurs.

 

15 octobre 2018

 

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08 octobre 2018

Méfiance : un ectoplasme peut toujours en cacher un autre

 

Il faut distinguer deux formes de vacuité dans la façon dont le monde de la vie politique s’est emparé de la pensée écologique.

Le vide idéologique pur, cristallin, parfait qui repose sur le déni constant des réalités économiques, géopolitiques et surtout démographiques. C’est le vide du croyant qui prie un Dieu (lointain car absent) afin que l’humanité change de trajectoire dans son ensemble et retrouve une communion primordiale avec la Terre, la Nature…

C’est aussi, fréquemment, le vide de l’esprit simple (simplet) et scientifiquement-techniquement-technologiquement inculte qui ne sachant rien, croit lui aussi que son verbe changera le monde de l’économie, de la production industrielle et de la consommation.

Ils ont fondamentalement raison car l’exploitation de planète, comme nous en voyons le terme, devrait raisonnablement conduire à une modération de la consommation des richesses naturelles.

Cette modération interviendra sans grands efforts avec la disparition des ressources.

Cette pensée écologique se fracasse régulièrement en percutant le monde des individus consommateurs et celui des autocrates en mal de construction d’empires, de califats et de bombes atomiques.

Elle trouve une certaine résonnance, une relative écoute dans les démocraties molles des pays favorisés par la géographie, encore riches et héritiers d’une certaine histoire. La France est l’archétype.

Une autre forme du vide de la pensée écologique est incarnée dans un personnel de la politique qui, en absence de philosophie politique construite* endosse des habits à la mode, pris sur l’étagère des idéologues décrits précédemment, s’empare de leurs discours et cuisine sa carrière sur ce fond de sauce en ayant en réalité « trou du cul » d’opinion.

*Dieu, comme était confortable la pensée marxisante et comme étaient généreux les nantis parisiens qui en étaient les apôtres.

Cette forme du vide dans la pensée politico-écologique est par les aberrations qu’elle provoque un contributeur important au déficit commercial et à l’accroissement de la dette.

Des noms :

Dans la première catégorie en priorité les ONG et la foule des Défenseurs de… ou des Antis quelque chose. La liste est longue et leur combat est souvent légitime dans la mesure où il constitue une barrière aux excès inévitables d’un capitalisme et d’un consumérisme devenus incontrôlables.

Puis ils se radicalisent, comme on dit de nos jours et leurs mouvements se sectarisent.

Dans la seconde catégorie : tous ceux et celles dont on connait le nom et en particulier nos deux gloires nationales : La Royale et l’acrobate grimpant François de Rugy.

Hulot est hors catégorie car il participe à part égale aux deux précédentes : il a bien les convictions et l’inculture des idéologues et « en même temps », il aimerait tellement faire carrière et accéder aux honneurs.

Justement Hulot, personnalité préférée des Français, après quelques propos que la décence ne permet pas de qualifier, quitte le gouvernement. La République vacille.

Macron n’hésite que quelques instant : Ferrand a tellement envie du perchoir et de Rugy est un écologiste bon-teint très propre-sur-lui.

Toc, l’affaire est faite.

Les personnes que la présence d’Hulot au gouvernement inquiétait et chagrinait ne vont pas jusqu’à se réjouir mais ils voient dans ce mouvement de personnel une garantie d’immobilité : en matière d’écologie « pure » que souhaiter d’autre ?

Naturellement une fois affirmé le côté résolu de l’action gouvernementale par l’héliportage télévisé des pauvres oursonnes slovènes et enceintes,  il faudra un jour aborder le problème d’EDF et du nucléaire.

Sur le nucléaire notre nouvel ectoplasme s’exprime :

"Il y a plusieurs questions : D'abord il y a un processus d'accompagnement, y compris social, parce qu'il y a des personnes qui travaillent et qu'il faut les reconvertir". Il ajoute : "Il y a un processus aussi d'économie du territoire, qui ne vivait que là-dessus et donc il faut aussi diversifier. Et puis enfin il y a une question d'approvisionnement en électricité.

Notre inquiétude se dissipe : notre nouveau ministre de l’Énergie a perçu toute l’ampleur du problème : C’est « aussi » une question d’approvisionnement en électricité.

Le voile se déchire et la vérité est enfin révélée : les centrales atomiques et EDF d’une façon plus générale produisent de l’électricité.

Il serait grand temps que le Président, entre deux selfies hasardeux, comprenne que l’approvisionnement énergétique du pays n’est pas un problème secondaire à confier aux incompétents.

Sur EDF, il s’exprime aussi en réponse à une question d’un journaliste :

M. Hulot avait dit qu’il fallait réfléchir à l’« architecture » d’EDF. Etes-vous de cet avis ?

J’ai quelques idées sur la question. On en reparlera avec le président de la République, avec le premier ministre, avec les principaux concernés. Je ne suis pas pour le changement par principe, mais je pense que le statu quo n’est pas dans l’intérêt de l’Etat et de l’entreprise. Il faut vraiment tout regarder, pas seulement le sujet de la transition énergétique, mais aussi l’endettement de l’entreprise, et cela peut en effet inspirer des évolutions.

Nous ne sommes là, non plus dans la « Révélation » mais dans la pensée mûrement réfléchie, exprimée de façon constructive.

Jean-Bernard Levy ne dit rien mais qu’en pense-t-il ?

08 octobre 2018

 

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07 octobre 2018

De la Grotte à la galette de Caverne

L’arpent ne doit pas coûter bien cher. Peu de raisons de vouloir économiser l’espace. Si un musée ou une salle d’exposition sont à construire dans cette partie de la lande ardéchoise, l’aménageur peut prendre ses aises et faire grand.

Tout est traité « à l’hectare » et le visiteur peut flâner avec plaisir et à loisir dans le paysage et les éléments du complexe touristique.

Le mot monument vient à l’esprit, mais vite le visiteur réalise que le parti est résolument de ne pas gagner en  hauteur mais de rester à plat ; l’ouvrage principal surprend par son étalement et non par son élancement.

Pas plus haut que les arbres.

Le lieu d’exposition se présente donc une fois franchis les accès et parcouru le chemin initiatique et pédagogique qui y mène, comme une imposante galette de béton circulaire de 70 mètres de diamètre, haute d’une quinzaine de mètres.

Cette galette de panneaux préfabriqués assemblés en un crénelage rigoureux nous rappelle la verticalité des parois calcaires. Une telle  architecture minimaliste et efficace donne une des clés de la construction : tout le béton est préfabriqué de sorte que la construction apparait comme un jeu d’assemblage de lamelles verticales.

Pour la façade, s’introduit une dose de mouvement. Les lames de béton offrent une géométrie de dièdres et d’arêtes. Il est d’ailleurs curieux qu’on ne puisse la voir qu’au moment d’accéder à l’intérieur du bâtiment, au moment où l’esprit du visiteur s’est détourné de l’architecture pour porter son intérêt sur le contenant du musée.

Cela fonctionne et l’ensemble est imposant dans une simplicité épurée.

Tous les murets et tous les soubassements des autres constructions de l’ensemble sont au contraire édifiés en pierres jointes à sec rétablissant ainsi un équilibre entre le monde minéral du pays et le monde lissé d’un béton venu  d’ailleurs.

 

chauvet enemble

 

Musée, exposition certes, mais de quoi ?

 

En 1994 trois spéléologues familiers du karst ardéchois pénètrent dans une cavité jusqu’alors inexplorée et invente la grotte Chauvet, du nom de l’un d’entre eux.

Sitôt découverte, sitôt « prise en main » par le monde officiel de la préhistoire universitaire la grotte Chauvet, laquelle après Clottisation et exploration complète deviendra la Caverne du Pont d’Arc.

La visite du site n’est pas envisageable. Il convient d’en offrir un fac-similé au public.

Encouragés et instruits par l’expérience réussie de la reconstitution de la Grotte de Lascaux, les responsables décideront très vite, immédiatement en vérité, de réitérer le succès en appliquant le procédé à cette nouvelle découverte. La Filippetti puis la Pellerin de service mordent à cet hameçon-là et la décision devient officielle.

C’est la Clottisation.

Il est bien qu’il en soit ainsi mais était-il indispensable de débaptiser le site en oubliant (volontairement ?) l’appellation Chauvet et en faisant passer la grotte au rang de Caverne ? Caverne comme l’homme des…. ?

Grotte, crypte et caverne, long combat étymologique…au détriment des beaumes, baumes et balmes, de l'occitan bauma, signifiant « grotte »…

À l’instant de la découverte tout s’accélère : Étonnement.

Dans un pays où il faut un demi-siècle pour ne pas construire un aérodrome voulu par l’État et souhaité par les collectivités locales, en moins de vingt ans, à partir d’un découverte préhistorique, il est possible de réaliser avec succès l’ensemble d’un projet de complexe touristique en mobilisant un budget qui ne saurait être inférieur à la centaine de millions sans provoquer l’émoi d’une foule de désoccupés zassistés. Une seule explication : même les chèvres pensent (miracle de la conscience animale) que la vie sur le plateau ardéchois est bien rude.

Bien des corps de l’État pourraient partager cet étonnement lorsqu’on connait les difficultés que rencontrent beaucoup d’entre eux pour obtenir les moyens de leur survie.

Mais enfin, pour une fois que « quelque chose » se fait, il vaut mieux s’en réjouir et en profiter plutôt que d’ouvrir de nouvelles critiques sur l’action d’un État au comportement de headless chicken.

Le visiteur prudent ne vient pas au cœur de la saison touristique ; il  choisit une fin d’après-midi des premiers jours de l’automne. Peu de cars mais assez de voitures pour garantir que le « quelque chose » est en opération.

Confiant, dès l’accueil il prend immédiatement conscience du sérieux de l’exploitant du complexe : sourire, anglais, documentation et recommandations calibrées et surtout l’horaire retenu pour la visite de la grotte Chauvet ainsi offerte au touriste. Il fera partie du groupe de 15 heure trente.

Il s’agit d’un groupe d’une trentaine de personnes.

Il faut de la précision et respecter cet horaire car le visiteur est immédiatement happé par une mécanique rigoureuse ponctuée de discours éducatifs ; sur le bonne  tenue du visiteur lors de la visite qui prend dès lors la forme d’un rite ; sur l’exceptionnel talent des concepteurs du fac-simile de la grotte et sur la manière dont le talent des artistes a été mis en œuvre ; et sur la grotte Chauvet elle-même… et sur les Aurignaciens dont la création artistique constitue in fine l’objet de tout ceci.

La visite doit être silencieuse car l’espace est par construction resserré et clos : plusieurs groupes peuvent se trouver simultanément dans l’enceinte. Donc le guide-conférencier-animateur-acteur se produit par micro et écouteurs interposés afin que sa voix ne résonne pas dans le calme multiséculaire des grottes. Le visiteur, de la sorte est bâillonné par ses écouteurs et ne peut questionner ou réagir aux propos du guide. Une des clés de la réussite dans l’enseignement ou le spectacle est d’obtenir le calme dans la classe ou dans le public.

Pas de photos, la chose est entendue et c’est très bien ainsi.

Le groupe évolue sur une plateforme métallique posée un ou deux mètres au-dessus du sol de la grotte nouvelle. Celle-ci se présente comme un parcours en colimaçon de façon à ce que les 9000 m2 de l’original  soient condensés sur une surface de 3.000 m2. Le trajet de quelques 200 m (1) respecte l’éloignement progressif de l’entrée vers le fond de la grotte et constitue aussi une gradation dans l’audace et le génie des artistes du temps passé. La « galette » du musée-caverne est ainsi pleine d’une Grotte Chauvet enroulée sur elle-même comme un serpent. Le génie civil de la galette est à l’évidence moins coûteux que n’aurait été la construction d’une galerie linéaire longue des 200 m  en question. : C’est le charme de π !

Sur la passerelle de visite s’organisent une demi-douzaine d’arrêts pendant lesquels le guide explique l’intérêt des œuvres représentées sur les parois reconstituées. Son texte est dit de façon parfaite et on ne peut  douter un instant qu’il ne le possède comme un acteur du Français possède son Athalie et ses serpents qui…

Les blagounettes additionnelles visant à alléger le récit sont calibrées et répondent à des réactions calibrées d’un public standard(isé). Le contenu, très pédagogiquement digestible est parfaitement adapté à la variété du public et ne s’y glisse aucun dogmatisme, aucune certitude. On aime l’Aurignacien et on respecte son intimité. Les commentaires artistiques sont discrets et on se garde bien de faire le moindre parallèle entre l’art de ce temps et celui du nôtre.

La caverne est obscure comme il convient à une grotte.

Aussi des éclairages mettent en valeur et accompagnent les propos du récitant. À chaque « station » le guide actionne un jeu de lumière révélant progressivement (mais assez rapidement) ce qu’il convient de voir et de  savoir à cet endroit. L’éclairage est programmé et il est certain qu’il s’éteindra si le groupe traîne un peu…

Le visiteur, élève dans une classe de trente, se trouve dans un espace clos, frais et obscur (entre deux stations) et il parcourt le circuit de la visite en 6 fois 5 à 6 minutes (2), déplacements et rassemblements des élèves compris.   

Moins de 60 minutes, montre en main, après avoir validé son précieux ticket, l’amateur de sensations balmo-préhistoriques est donc rendu à la lande ardéchoise et aux facilités du complexe touristique : bar, restaurant, point de vue sur de distantes collines, petits musées annexes et abris pédagogiques.

 Réussite absolue : Si on s’y prend bien, si on sait faire, on peut « faire » la caverne en moins de deux heures. Comment résister au plaisir, voire à la nécessité de l’inscrire dans un programme touristique. Pour seulement une dizaine d’euros, prix de groupe à la carte, la France du troisième âge saura tout sur l’aurignacien. Comment résister à cette offre de gratuité pour les enfants de moins de 10 ans et à ce demi-tarif pour les moins de 17 ans.

Réussite absolu : la perfection de bout en bout. Du parking jusqu’au magasin de souvenirs qui clôt la visite, tout est parfait. Parfait les bâtiments, les chemins, l’aménagement du site, les explications du guide, la température de la caverne…Mais surtout, et c’est bien l’essentiel, parfaite la reproduction de la grotte. On s’y croirait ! Cette perfection amène Vincent Speller, l’architecte, à une conclusion en forme d’autosatisfaction : « La seule chose qui ne soit pas reproduite ici, c’est le gaz carbonique et le radon ». (Wiki)

Le public bêle de satisfaction.

 

À ce point de la lecture, le lecteur se demande ce qui provoque chez l’auteur (le Naïf) ce grincement et ce ton pamphlétaire et agressif. Si tout est parfait comme il l’affirme, de quoi se plaint-il et quel grief peut-il formuler ?

C’est très simple : l’ensemble du système, accueil, bâtiments, caverne, reproduction des œuvres du passé et l’exploitation de ce système conduisent au résultat inverse de celui recherché : le visiteur, bénéficiaire de toutes ces prestations est exposé pendant 6 fois deux ou trois minutes, dans des conditions sympathiques mais exécrables au spectacle de ce qu’il venu voir et possiblement admirer. En un mot comme en mille, il ne voit rien, ou si peu et si brièvement. Le babil du guide, même si aucun reproche ne peut lui être adressé, ne suffit pas à remplir le vide de la visite.

La raison est le nombre. Il n’est simplement pas possible de mettre sur une plateforme nécessairement exiguë trente personnes piétinantes, évidemment désireuses d’être au plus près du spectacle et susceptibles d’oublier la plus élémentaire civilité. Trente personnes, c’est le début de la foule.

Donc, le visiteur piétine avec et comme les autres, il tend le cou, suit le jeu des lumières mettant en évidence telle particularité du dessin révélé, prend grand soin de ne pas rester à la traine ou bien, au contraire s’attarde délibérément dans l’obscurité pour voir un peu plus, encore un peu, davantage, ce qu’il est venu  voir, ce pour quoi, il  est là.

 

Qui trop embrasse mal étreint : le projet est parfait et il ne se comprend, ne se justifie que pour un tourisme massifié qui sera dans une phase suivante victime de son succès, comme Venise ou la Tour Eiffel. Totalement incompatible avec ce qu’impose de recueillement (plus simplement de calme) et de temps la contemplation du génie de nos si lointains ancêtres. Du début de la visite jusqu’à la fin il est impossible de ne pas ressentir de façon pressante le besoin de solitude et du temps de cette solitude.

Alors, échec ?

Non, réussite, mais réussite du monde moderne, du monde de la consommation, du monde de la collection et de l‘accumulation, au prix de l’abandon du propos initial : révéler les splendeurs de cet art ancien et au-delà, de la vie de ces ancêtres, aux sauvages nouveaux que nous sommes devenus.

Dans la Caverne du Pont d’Arc, la Grotte Chauvet risque de n’être plus que prétexte à un trajet touristique qui s’apparente au Train Fantôme des anciennes Foire du Trône ; trajet précédé d’un cérémonial pédagogique hâtif : Culture oblige !

L’aurignacien, vocable, animaux reconstitués (eux aussi) et dessins mélangés deviennent une pilule culturelle ingérée en une brève demi-journée, dont il probable que le souvenir marquant sera pour le plus grand nombre le prix de la pizza servie au troquet prévu à cet effet ou tel autre incident de l’ingestion.

 Le Naïf nous la baille bonne ! Que fallait-il faire ? Ou mieux encore, qu’aurait-il fait ?

 Une première réponse en forme de répétition : ce qui a été fait est parfait. En deux saisons les visiteurs au nombre d’un million ont visité la caverne et le taux de satisfaction est élevé. L’Ardèche du sud voit son activité augmenter de façon sensible et toute la  région bénéficie de cet effort. La caverne et le canoë naviguent la main dans la main…

Les promoteurs du projet sont probablement heureux et peut-être surpris de ce succès. Comme on disait jadis : pourvu que ça dure !

  

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Une autre réponse : Une sélection de quelques-uns des fac-similés en tout point semblables à ceux mis en place dans la caverne pour une longueur de quelques mètres, les lions, les chevaux, les rhinos trouveraient tout à fait leur place dans les musées nationaux. Par exemple dans un Mucem semi-désert et –euphémisme- peu « employé » ou dans quelque Villa Méditerranée (3) qui trouverait enfin le début d’une justification à son existence.

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Ce propos,  indépendamment des éloges ou des critiques formulés à l’endroit de la Caverne traduit le désir naturel de l’amateur citoyen, donc copropriétaire des œuvres de ses ancêtres, de pouvoir  s’en pénétrer autrement que « à la minute, sur le pouce » dans un système qui ressemble  davantage à Disneyland qu’à la cathédrale de Chartres. Avantage des cathédrale, les sièges sont fournis et certains peuvent encore y prier.

 En un mot il faut pour que l’œuvre Chauvet soit offerte, que le spectateur ait le temps et l’espace pour voir.

Dans le monde actuel, cela veut dire éditer et diffuser. C’est le rôle des musées Nationaux et des Musées Régionaux, pour autant que des sièges y soient installés et qu’on puisse y…contempler.

 

1. Absolument impossible de trouver la longueur effective de la passerelle de visite.

2. 6 et 5 dans le souvenir imprécis de l’auteur : il retournera avec un chrono, promis.

3. Pas de critique sur la nature ou la forme du projet de la Villa; mais s’il ne s’agit que d’un objet, d’une sculpture, il était inutile d’y adjoindre un accès, des équipements et des espaces creux. Creux dans tous les sens du terme : vide. S’exprime ici une opinion marseillaise.

 

07 octobre 2018

Posté par Dufourmantelle à 17:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 septembre 2018

Le droit à l’horticulture

Je traverse la rue, je vous en trouve…    Le propos a fait du bruit.

Notre président s’adresse à un jeune homme horticulteur qui se plaint de ne pas recevoir de proposition de Pôle Emploi.

Evidemment Macron se réfère au fait que de nombreux secteurs se plaignent, au contraire, de ne pas trouver de main-d’œuvre. Comme la scène se déroule à Paris, il engage le garçon à rechercher un emploi dans l’hôtellerie ou la restauration du voisinage….

Maladresse de communication pour ceux qui ne  veulent pas entendre ce que dit le Président.

Quelle levée de boucliers : humiliation, déconnexion des réalités, mépris des français, toute la logorrhée des oppositions stériles et pleurnichardes y passe.

Comment ne pas prendre en compte la détresse du pauvre jeune homme qui ne trouve pas d’emploi dans l’horticulture… surtout et tout naturellement en admettant qu’il a épuisé les ressources de son ingénuité pour trouver l’emploi qu’il revendique.

Comme ce Macron est maladroit de réagir aussi brutalement à cette humble besoin : trouver un travail, oui mais, dans l’horticulture. Alors que Macron devrait savoir gré au jeune homme de ne pas avoir précisé de quelles plantes il souhaitait prendre soin : roses pour leur parfum ou chrysanthème ou fragiles et tendres violettes. Cela aurait rendu plus intéressante encore la tâche de Pôle Emploi.

Ce qui fait réagir notre président est le sous-entendu de la demande. Notre chômeur ne cherche pas un travail ; il cherche un emploi d’horticulteur ; tenez-le-vous pour dit.

Il ne  fait qu’exercer un droit acquis ; il a fait des études (ou pas) d’horticulture.

Quelqu’un, quelque chose lui ont (ou pas) décerné un papelard certifiant (ou pas) sa compétence.

Il a donc acquis le droit de ne pas travailler tant que le corps social, vous, moi et Macron ne lui auront pas  trouvé l’emploi qui lui convient ; de préférence près de chez lui, peut-être de chez ses parents, si par extraordinaire notre petite plante vivait encore chez eux ; et sans doute avec un salaire à la mesure de son mérite.

Reconnaissons que le travail dans la  restauration n’est pas exaltant mais bien des gens sont satisfaits de simplement gagner leur vie de la sorte…en travaillant.

Nous connaissions dans les droits de l’Homme et du Citoyen un certains nombre de droits inaliénables. Refaire l’histoire de l’acquisition de ces droits reviendrait à réécrire depuis Cyrus l’histoire des rapports entre les individus et les nations, puis pour chaque nation entre les individus (ou groupes d’individus) et les états. Ce serait écrire l’histoire du progrès social. Vaste programme !

Le droit à l’horticulture est la dernière, pardon, la plus récente sinon la plus importante avancée de cette marche du progrès dont on esquive ici la description.

Ce petit grincement aurait pu constituer le premier paragraphe d’une réflexion sur la véritable signification des indemnités de chômage dans un moment où il est patent que de nombreuses offres d’emploi ne sont pas satisfaites ; moment dans lequel ne sont pas comptabilisées* les foules d’emplois industriels tenus par des ressortissants européens qui n’ont pas honte d’être soudeurs ou maçons ou charpentiers. Chacun se souvient du plombier polonais qui devait retirer le pain de la bouche du travailleur français. Il est heureux que le soudeur polonais fasse travailler les Chantiers de St Nazaire où sont construits* les grands paquebots qui sont les bijoux des rares productions industrielles du cher et vieux pays. Car les enfants de la petite, moyenne et grande bourgeoisie française sont exonérés d’avoir à produire et deviennent étudiants longuement, chercheurs d’emploi longuement, quémandeurs d’aides en tout genre assidument.

 

*En orthographiant le mot « comptabilisées » le Naïf se pose la question de savoir si au lieu de supprimer la règle des accords participe passé au verbe avoir, il ne serait pas plus logique de l’étendre au verbe être.

 

20 septembre 2018

Posté par Dufourmantelle à 09:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]