Le Naïf dans le Monde

03 avril 2021

Pataugeage La Loi Climat

 

 Je me promettais de ne plus barboter sur des sujets dont j'ai causé, au coin du bar avec des amis lecteurs de si nombreuses fois que je n'arrive plus à retrouver les carnets égarés.

Mais la stupide loi climat refait surface et arrive enfin-hélas à l Assemblée.

Vous vous souvenez la Convention Citoyenne et l'incompréhensible promesse de satisfaire cette recommandation de cette incompréhensible Convention d'inscrire parmi leurs âneries une loi qui a pris la  forme de cette Loi Climat

Lassitude, perte d'intérêt d'avoir à ressasser avec une consternation sans cesse croissante les sottises de Macron. Vous noterez que ma virulence diminue et que résistant à la tentation et à la rime j'ai évité "petit con".

Mais enfin d'où vient  chez ce type ce besoin constant de créer par ses propos et ses actions les conditions pour recevoir des coups et aucun bénéfice à espérer.

La liste est longue et fastidieuse et naturellement en premier lieu la succession des repentances douteuses et inutiles et dont les personnes qui les reçoivent ne les perceront que comme faiblesse renforçant leur outil anti-français. Stora, quelle belle source d'inspiration !

Revenir sur la liste des crimes contre ….L'État (NDDL)…La Nation1 (Fessenheim)…La Nation2 (+ Écocide)…Crime contre Sapiens...  serait long et douloureux. Pour faire partager cette peine je remets deux de ces carnets en une Annexe-carnet indépendante.

Ici le propos concerne le débat à l'Assemblée  de la Loi portant «lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets.     Pour le Naïf, une sonnette tinte.

Le problème de l'énergie et associé comme le sparadrap d'Haddock la transition du machin, galimatias, et salmigondis de mesures visant à la décroissance. Bref, la Pompilitude.

L'incontournable piqure de rappel, encore une dose : en matière de réchauffement climatique, émission de GES…

La France est un témoin, une victime et en aucun cas un acteur.

Je me préparai donc à ressortir mes discours des nombreux carnets sur le nucléaire, les sottises des énergies dites renouvelables et autres éoliennes sur les collines perchées.    N'étant pas la seule personne souhaitant réagir et rencontrant dans mes lectures des textes de grande qualité je les joins en annexe et il est essentiel de les lire.

Le premier de M. Tandonnet est un commentaire de la loi, notre sujet. Je n'en changerais aucun mot bien qu'il soit indulgent sur la composition au hasard de cette convention.

Le second est de notre Haut Commissaire au Plan  François Bayrou. Texte remarquable avec des prises de positions claires, décisives sur le nucléaire tout en faisant encore une place aux éoliennes, ce que je n'approuve pas et n'écrirais pas comme vous le savez !

                                                       Annexe 1

 «La France populaire sera-t-elle le bouc émissaire de la loi climat?»  Maxime Tandonnet  30/03/2021

Ce projet de loi fascine par ses accents moralisateurs, son ingérence dans la vie privée à laquelle les régimes autoritaires du siècle passé n’ont rien à envier.

Le projet de loi portant «lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets», actuellement débattu à l’Assemblée nationale, soulève de multiples critiques de la part des oppositions de gauche comme de droite. Il lui est reproché d’un côté sa timidité et de l’autre son caractère punitif. Pour Mme Barbara Pompili, chargée de le défendre devant le Parlement, il touche à «ce qu’il y a de plus ordinaire, de plus basique mais aussi de plus crucial: nos modes de vie (…) une écologie pratique, qui apporte des solutions simples dans le quotidien des Français». De fait, ce projet de loi est particulièrement fascinant par ce qu’il nous apprend de la politique française telle qu’elle se présente aujourd’hui.

Son caractère grandiloquent sidère dès le premier abord. Les mots claquent: «Une transformation sans précédent dans l’histoire de notre pays», ou encore «une véritable bascule globale». La fuite dans l’emphase - par contraste avec la paralysie croissante des outils de la puissance publique - se présente bel et bien comme un fidèle reflet du «nouveau monde». D’ailleurs, son objectif déclaré est ni plus ni moins que de modifier le cours du changement climatique. Ainsi, il repose sur l’idée qu’une loi votée par le Parlement français serait de nature à modifier la composition de l’atmosphère. Or, selon l’Agence internationale de l’énergie, la part de la France n’est que de 0,9 % des émissions de carbones (28,2 % pour la Chine et 14,5 % pour les États-Unis). Entre les lignes de ce projet de loi transparaît une forme d’arrogance, typique de la France dirigeante actuelle: il suffirait de voter une loi «comme le président de la République s’y est engagé» pour infléchir le cours de la planète.

Ce projet de loi est particulièrement imprégné de l’idéologie dominante dans les sphères du pouvoir. Il est tout dans une logique de pénitence ou de repentance. Son idée maîtresse est celle de l’éternelle culpabilité de la France. Il n’insiste guère sur le contexte planétaire, la part que prennent les autres, infiniment supérieure, à la pollution de l’atmosphère, en particulier la Chine. Ce texte moralisateur, présenté comme pragmatique, tient essentiellement dans un message idéologique: la France et les Français sont désignés comme les principaux responsables de la dégradation de l’environnement, dès lors qu’il s’abstient de souligner que la France - la France seule - ne dispose que de marges de manœuvre infimes sinon dérisoires à cet égard.

Rien n’a changé de la méthode qui consiste à désigner des boucs émissaires dans la France populaire, « les gars qui fument des clopes et roulent au diesel », come disait un ex-ministre

Le mépris de la France dite d’en haut, la classe dirigeante ou influente, envers la France dite d’en bas, autrement dit la France périphérique ou la majorité silencieuse, s’exprime à travers ses lignes. Qui sont les coupables idéaux du réchauffement climatique? Les commerçants, à travers la chasse à la publicité et diverses contraintes, les transporteurs routiers, visés par la perspective de nouvelles taxes, les agriculteurs, qui sont dans le collimateur du projet, les automobilistes en général, notamment les banlieusards, le texte invitant à un «questionnement sur la place de la voiture en ville». Rien n’a changé de la méthode qui consiste à désigner des boucs émissaires dans la France populaire, «les gars qui fument des clopes et roulent au diesel», comme disait un ex-ministre. La quête du coupable idéal, «ce pelé, ce galeux», est donc toujours d’actualité. La crise des «gilets jaunes» n’aura donc servi de leçon à personne.

Ce projet de loi fascine par ses accents moralisateurs, son ingérence dans la vie privée à laquelle les régimes autoritaires du siècle passé n’ont rien à envier. Il prétend «changer le modèle français, accélérer l’évolution des mentalités». Il faudra désormais informer le consommateur de l’«empreinte carbone» des produits: les notions de bien et de mal définies par la puissance publique se mêlent ainsi aux courses quotidiennes. L’éducation au «développement durable» s’imposera dans les établissements scolaires. Les professeurs n’ont-ils pas assez de difficultés avec l’orthographe et les mathématiques? Les collectivités territoriales «volontaires» pourront proposer des menus végétariens «dans les services et restaurants collectifs dont ils ont la charge». Fallait-il une loi pour formuler cette concession au «politiquement correct»? Cette immixtion de «big brother» dans la vie intime de personnes - jusqu’à leur manière de se nourrir - n’est-elle pas le signe patent d’une tentation totalisante?

Les dispositions de ce projet de loi procèdent de 146 propositions de la Convention citoyenne désignée par tirage au sort. Ce mode de décision est présenté par les promoteurs du texte - qui entendent le pérenniser - comme une innovation démocratique. Faut-il vraiment parler de démocratie à ce sujet? Dans la Grèce antique, le recours à la méthode du hasard dans la sphère politique se fondait sur la croyance dans la toute-puissance des divinités. Aujourd’hui - en l’absence des dieux -, les inspirateurs de ces propositions ne représentent strictement qu’eux-mêmes. Ils ne procèdent ni de la légitimité démocratique - dès lors qu’ils ne sont pas élus - ni de celle de la compétence. Les parlementaires, députés et sénateurs, élus de la nation tout entière, saisis de ce projet, ont ainsi l’occasion de prouver, en le soumettant à un authentique débat de société, qu’il n’existe pas d’autre démocratie que celle qui émane du suffrage universel: celle dont ils procèdent.

Sauront ils s’en saisir?

Figaro du 31 mai

 

 

Annexe 2

Le plaidoyer de François Bayrou en faveur du nucléaire    Guillaume Guichard  23/03/2021

La France ne peut pas se passer de l’atome, alerte le haut-commissaire au Plan dans une nouvelle note.

François Bayrou, Président du MoDem et maire de Pau

 

Dans la grande bataille contre les émissions de CO2, la France ne peut pas se passer de nucléaire. Dans une note qui doit être publiée mercredi, et dont Le Figaro a eu connaissance, François Bayrou veut réhabiliter l’atome. Il fait partie de la réponse pour décarboner l’économie française, qui est appelée, dans les trente ans qui viennent, à se passer d’une part considérable des énergies fossiles qu’elle consomme aujourd’hui.

 

Le message transmis par le haut-commissaire, très proche d’Emmanuel Macron, ne doit pas être pris à la légère. Après le discours du président au Creusot sur le sujet - qui ne s’était traduit par aucun engagement concret -, le centriste tente donc de remettre l’atome au programme. Et quand bien même le haut commissaire au plan se défend de se situer dans une perspective électorale, la date de la parution de sa note survient juste après que le nucléaire a été tour à tour encensé par Marine Le Pen et brocardé par Jean-Luc Mélenchon ces dernières semaines.

Si François Bayrou a choisi de sortir maintenant sur le sujet très technique et politique de l’énergie, c’est aussi parce que le temps est compté. «La virulence de certains débats a pu contribuer à repousser des prises de décision», remarque-t-il. Emmanuel Macron a repoussé à 2023 toute décision pour la relance d’un programme de construction de six nouveaux réacteurs EPR. Le haut-commissaire semble chercher à presser le président à prendre parti plus tôt… avant la présidentielle.

«Nous ne pouvons pas modifier d’un claquement de doigt la trajectoire du grand paquebot qu’est notre système électrique», prévient-il. Pour assurer la décarbonation de l’économie française, l’électricité doit prendre le relais des énergies fossiles. De 473 térawattheures (TWh) d’électricité en 2019, la France devrait avoir besoin de 630 TWh à l’horizon 2050, voire peut-être davantage. Soit une hausse de 40 % à 45 %. «Il s’agit là d’une augmentation considérable de la consommation d’énergie électrique», prévient le haut-commissaire.

Consommer autrement

«Est-il possible d’obtenir, au terme de quinze ou trente ans, une production suffisante d’énergie électrique (…) tout en supprimant tout ou partie de notre parc de production nucléaire? La réponse est assurément non», répond le haut-commissaire. Il insiste: «La conclusion serait d’ailleurs la même si l’on voulait, pour les mêmes objectifs, renoncer au développement ambitieux de la production d’électricité d’origine renouvelable. En raison de l’obsolescence de notre parc de centrales nucléaires, aucune des deux sources d’électricité d’origine décarbonée ne peut se passer de l’autre.»

Le nucléaire se révèle donc incontournable. Il doit même occuper une place importante du mix électrique français, martèle le haut-commissaire. Les objectifs officiels mentionnent une part de 50 % en 2035. «Considérons que c’est un plancher qu’on n’enfoncera pas à la baisse sans risquer de provoquer une crise du système électrique», assure François Bayrou. Avant tout cela, il faut toutefois que la filière démontre qu’elle est capable de construire des réacteurs à des coûts acceptables, et dans les tempsC’est ce qu’EDF s’évertue à réaliser, dans le cadre du programme Excell, qui sera achevé d’ici l’été.

Mais comme des dizaines de réacteurs nucléaires arriveront en fin de vie au même moment, à l’horizon 2040, est-il rappelé dans la note, il faut aussi continuer à développer les énergies renouvelables. Mais pas n’importe comment. Artificialisation des sols, dégradation des paysages, investissements massifs pour les raccorder au réseau électrique… «Tout se passe comme si des objectifs ambitieux avaient été recherchés avec optimisme, sans que les citoyens aient été avertis des efforts considérables à fournir et des risques encourus», déplore au passage François Bayrou. Le haut-commissaire appelle tout de même à développer l’éolien en mer. Il est même «urgent» d’accélérer son déploiement. «La France dispose du deuxième potentiel européen derrière le Royaume-Uni», rappelle-t-il, et d’une filière industrielle qui ne demande qu’à se développer.

Pour François Bayrou, l’explosion des besoins en électricité dans les décennies à venir conduira les Français à adapter leur façon de consommer: «Désormais, la consommation va devoir s’ajuster à la production. Il s’agit d’un changement majeur de paradigme.» En particulier lors des pointes de consommation hivernales. Actuellement, ce sont certes les barrages hydroélectriques, mais aussi les centrales au gaz ou au charbon qui tournent pour répondre à la demande ponctuelle dépassant les capacités des centrales et des énergies renouvelables. 

Ces moyens dits «pilotables» mais dégageant du CO2 sont voués à disparaître à terme. «Cela signifie qu’il faudra faire fonctionner certains appareils électriques (machine à laver, lave-vaisselle, par exemple) ou recharger son véhicule électrique sur des plages horaires correspondant aux besoins du système», précise la note. C’est aussi cela, la révolution énergétique!

Figaro du 23 mars

 

 

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Annexe à Pataugeage Loi Climat

 

Crime contre la Nation et Écocide pour qui veut

L'infamie perpétrée, perpétuée et enterrée

 

Le piège fonctionne et les mâchoires mordent. L'innocente Convention Citoyenne réclame sa livre de chair et attend que le Benêt mette sa tête sur le billot où s'exécutent les sots. Ma foi, il l'a bien cherché; on n'a pas le droit d'être aussi stupide et le coût de cette ineptie n'a jusqu'à présent représenté qu'une faible fraction de nos impôts au regard des milliards qui s'envolent comme feuilles d'automne dans le vent de la dette. Jusqu'à présent. Et puis, quand on aime la sottise, on ne compte pas.    La France est toute agitée par la facétie des 110 km/h ce qui montre la qualité et la vivacité de notre vie républicaine.

Dans ce registre mon attention s'est portée sur l'Écocide, vocable indéfini apparu dans les propositions, concept couvrant le champ de tous les possibles et ovni juridique car j'ai senti dans l'audace de cette proposition souffler le vent des grandes idées, celles qui font les révolutions et qui en sortent grandies et triomphantes.

Mon caractère scrupuleux et scrutateur m'a conduit à rechercher un équivalent qui qualifierait et s'appliquerait à un Crime contre la Nation.

On trouve de la matière dans notre cher Droit (vous savez, celui de l'État du même panier) et mon attention a retenu le premier d'entre eux : l'Atteinte aux Intérêts Fondamentaux de la Nation.

C'est un crime.

Après quelques hésitations j'ai choisi, dans ce carnet solennel d'associer les deux en proposant ici, sans trancher : Crime contre la Nation et Écocide. De la sorte je n'oublie rien et ça vous a une allure terriblement citoyenne.

La comparaison s'imposait : dès l'orée du quinquennat alors que je parlais du Divin Enfant nous avions vécu le premier crime. 

Notre Dame des Landes est un authentique crime du Gouvernement contre l'État. Au seul motif qu'il fallait évacuer une grosse centaine d'occupants rebelles de terrains illégalement occupés interrompant ainsi la construction entamée d'un équipement mille fois validée par la loi et un référendum pare-feu, le projet est jeté aux orties et les zadistes triomphent. Le fait que cette situation fut le résultat de faiblesses antérieures de l'homme de Léonarda ne pouvait servir de justification au refus, déjà, d'exercer l'autorité de l'État pour acter la décision de celui-ci. Cependant le dommage était subi par l'autorité de l'État sans que le préjudice soit économiquement évident. La chose est gravissime mais il n'est pas évident qu'elle ait été coûteuse. L'ensemble des citoyens fut lésé dans son pouvoir de décision mais sans que chacun ait eu à en supporter le coût. 

Fessenheim est une toute autre affaire, le  Crime contre la Nation d'une pureté cristalline.

Un accord électoral préalablement concocté par Martine Aubry et sa compère la Duflot qui comporte la fermeture de 24 réacteurs nucléaires dont la plus ancienne Fessenheim, est passé en 2007 entre Hollande et la Duflot, qui deviendra Ministre du gouvernement Ayrault pendant deux ans avant d'exercer ailleurs son talent. Cet accord après un long parcours médiatique et politique prend forme sous la forme du décret d'avril 2017 qui laisse un vaste espace aux retards à son application. Ce parcours est aussi celui de Ségolène Royal, Ministre de l'Énergie d'avril 2014 à février 2016, marqué par la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte d'août 2015. Cette loi inclue deux inepties dont la principale est, à rebours de l'esprit de la loi, la réduction de la part du nucléaire à 50 % de la production nationale d'électricité. Supprimer des sources d'énergie entièrement décarbonnée est en contradiction avec l'objet de cette loi. De surcroit il semble que soit entérinée la possibilité de privatiser le Barrages d'EDF… Je défie qui que ce soit de trouver l'article dans le texte de la loi qui n'est qu'une cascade de report à des ordonnances ou décrets, chacun illisible par un lecteur "ordinaire". Le décret de 2017 sera invalidé en octobre 2018 par le Conseil d'État qui constate qu'EDF n'a pas demandé cette fermeture. Je passe l'imbroglio sur "j'attends Flamanville" pour fermer Fessenheim qui révéla une fois encore dans quel marécage est engluée la politique énergétique de la France.

Le résultat est que le Benêt, le Premier Ministre, le ministre Borne de la transition…et  Mesdames Poirson et Wargon ne manifestent aucun intérêt à ce dossier, qu'ils doivent tous considérer comme un détail, une de ces choses qui arrivent, une sottise d'un prédécesseur pourtant renié et peu importe l'opinion unanime et grondante qui met en cause l'ensemble de cette inutile et dispendieuse affaire.

Aucun intérêt sauf :

En novembre 2018, Emmanuel Macron annonce le report de la fermeture à l'été 2020. En 2019, la fermeture de Fessenheim est confirmée pour 2020, malgré les retards de l'EPR  de Flamanville. Emmanuelle Wargon, Secrétaire d'État à la Transition écologique, annonce le 26 septembre 2019 la fermeture de la centrale pour juin 2020 : « Les réacteurs vont fermer pour le premier d'entre eux en février 2020, pour le deuxième en juin ».   Wiki 

Aucun intérêt si ce n'est que la connerie est définitivement localisée chez et endossée par le Benêt qui dans la stupidité gagne un galon supplémentaire pour atteindre le grade disputé de Roi des...

La décision maintenue en dépit de toute logique et de quelque façon qu'on la considère, au-delà de sa bêtise absolue est "en même temps" une perte de patrimoine et une perte de revenue sur une durée qui, devrait la définir pour évaluation, d'au moins 20 ans.

Sur ce point et compte tenu que la fermeture est actée par la Wargon, l'ASN se garde bien de donner un chiffre de prolongation de vie mais on sait que toutes les autres unités, à quelques réserves près, bonne pour le service 10 ans encore. Elle précise donc :

L’ASN considère que la performance de la centrale nucléaire de Fessenheim reste à un niveau satisfaisant en matière de sûreté nucléaire, tant au plan de l’exploitation des réacteurs que de la mise en œuvre des programmes de maintenance des installations ; l’installation se situe favorablement par rapport à la moyenne nationale dans les domaines de la sûreté et de l’environnement, et dans la moyenne dans le domaine de la radioprotection.  Rapport 2019

Un petit calcul simple : Fessenheim, 2 réacteurs de 900 MW avec un facteur de charge (rendement) de .75 

1800 x 0.75  =  1350  MW fonctionnant 8.800 heures en un an produisent  11. 85  TWh.

En adoptant un prix de vente de cette électricité à 60 Euros le MWh le revenu annuel de Fessenheim sera donc de 11.350.000 MWh  x  60 E soit 713 Millions d'Euros.  

Si comme je le crois son espérance de vie est de 20 ans, et en réalité bien davantage on parle de 1.4 milliard de manque à gagner pour…

Pour l'État propriétaire à 94 % de cette centrale, pour moi, petit actionnaire ridiculisé et pour la Nation amputée de quelques milliards de patrimoine et pour EDF victime d'une incompréhensible coalition Commission  Européenne et État Français œuvrant à  son démantèlement.

Mais ces jours ci, le Benêt n'est plus à quelques milliards près.

Ne comptons pas la mise en déshérence d'une région dont l'activité repose sur les emplois et les services liés à ce système industriel. Cela fait des années que les élus gémissent, s'arrachent les cheveux et mettent en garde sur les problèmes économiques résultant de cet arrêt d'activité. Peut-être souffrons-nous d'un excès d'activité et sans doute est-il utile de rajouter quelques centaines voire milliers de chômeurs à un réservoir insuffisamment rempli. Grand silence de notre Ministre de l'Économie.

Que compte la désorganisation économique et sociale d'une portion du territoire au regard de la satisfaction de la promesse de Aubry à Duflot au primaires socialiste du PS en 20

Tout ceci sans l'ombre d'une justification.

Pour l'Écocide le dossier est plus simple : le Benêt qui sauve la planète de ses blanches mains arrête une centrale qui ne produit pas de CO2 pour la remplacer par de l'air et du vent, quelques rayons de soleil et de la dette contractée pour l'importation de bazars qui font de l'électricité quand ça leur plait et que nous ne fabriquons pas. Je lis que même le génie civil des fondations des monstres à pales est réalisé par des ouvriers venus d'ailleurs, les jeunes français étant harmonieusement distribués entre les facultés de lettres ou de droit ou déjà inscrits au RSA et autres forme du chômage.

Mais ces trucs-là ont un passif carbone qui n'est jamais pris en considération ce qui est naturel car il s'agit de CO2 produit ailleurs. Une maigre consolation est que les éoliennes  n'auront pas une durée de vie comparable au demi-siècle et plus de Fessenheim.

Dans la succession de galettes organisées en gâteau, je mets NDDL en galette support posée sur le plateau de la pâtisserie à venir.

Entre les galettes successives j'étale les nombreux épisodes de repentance en forme de crème pâtissière, bien dégoulinante et si on y prête attention tout à fait répugnante. Et parfois révoltante.

Tout naturellement Hulot, à lui tout seul avec sa triste mine de hibou mécontent a fourni matière à plusieurs galettes que je n'évoque pas car je l'ai fait tant de fois. Trop triste; très amer.

Dans les galettes croustillantes je mets la très épaisse réforme du prélèvement à la source. Ref 4 fév 2018

Moins craquante la présentation du projet de loi sur la réforme des retraites mais savoureuse d'impréparation, d'amateurisme.

La cerise sur le Gâteau est justement l'objet de ce papier, le Crime contre la Nation, l'infamie de Fessenheim. 

J'avais oublié avoir écrit en janvier dernier une page de carnet contenant une grande partie, de fait la majeure partie de celle d'aujourd'hui. Ce bout de carnet contient d'ailleurs d'autres remarques et mérite qu'on y retourne. En particulier je cite le gag des stocks de batteries qui permettent aux machines qui ne font quasi-pas d'électricité de la stocker pour ne pas perturber le réseau…Ref 22 janv 2020

D'avoir oublié cet article écrit il y a juste 5 mois est un bien triste témoignage du rapide déclin du Naïf et de l'effritement de sa mémoire. 

2 juillet 2020

Considérant la mort cérébrale des Républicains et leur atonie générale le recours à l'abstention me parait être la seule possibilité d'exprimer un mécontentement profond…

Allez, je blague.

J'ai une amie âgée de 40 ans, adoptée quasiment après sa naissance dans un pays lointain par un couple de professeurs d'une cité importante de province. Elle vécut son enfance en compagnie de trois autres enfants adoptés dans d'autres pays et tous les quatre sortis de conditions difficiles d'abandon et de détresse.

Cette amie me dit que sa vie de famille fut à tous égards, non pas exempte de tous les petites difficultés que connaissent toutes les familles mais en la comparant à celles des personnes qu'elle fréquenta elle me dit que l'affection qui régna dans leur clan lui fait mesurer chaque jour la chance et l'amour qui ont veillés sur leur fratrie. C'est en pensant à elle que je reviens sur ce sujet dramatiquement sali par une idéologie destructrice.

Crime contre Sapiens

L'organisme soumis à des doses régulières d'un poison développe, dit-on, une tolérance qui le protégerait de doses plus importantes visant, par exemple à le tuer. Cela s'appelle la mithridatisation du nom d'un roi grec qui a craint toute sa vie un empoisonnement criminel et possiblement familial.

Cette accoutumance ne fonctionne pas pour moi qui suis par construction un Naïf certifié immune.

Sans doute cela explique que je ne m'habitue pas aux doses d'idéologie qui empoisonnent et polluent notre "environnement" médiatique, politique et in fine intellectuel pour autant que l'emploi de ce dernier attribut soit justifié.

La liste de ces idéologies polluantes est longue et croit chaque jour sur le terreau des manifs en tout genre et des banderoles qui les illustrent. C'est que la colère grogne dans les populations, repues assistées et désœuvrées qui s'opposent à tout ce qui leur rappelle l'existence de l'État qui les nourrit et donc implicitement aux citoyens du royaume, je veux dire les contribuables endosseurs de la dette.

Dans ces carnets, le sujet de l'écologie et l'usage fait du terme par des têtes d'œufs fut largement couvert et on ne peut rien ajouter sauf à remarquer que, enfin, le gouvernement après la sottise du benêt avec sa convention citoyenne en arrive à proposer des mesures d'économies ordinaires. 

Dans ces carnets à l'automne 2019 le sujet PMA-GPA donna lieu à plusieurs commentaires. Je les avais oubliés et j'y suis donc revenu. Tout y est et je n'y ajouterai rien. Le pire est prévu mais il restait l'espoir que revienne le sens commun.

PMA et GPA tout le tralala et le don du sang dans tout ça  13 08 2019 ; La médecine est un cheval de Troie (1) du 01 09 2019  et (2) du 25 09 2019 ; À cœur vaillant rien d'impossible du 29 09 2019.

Mais le pire va se produire, le Crime va se commettre dans l'indifférence d'une classe politique soumise à la parole d'une secte sous les yeux d'un Président que je n'ose plus qualifier et qui brasse du vent, comme une girouette inutile.

Toutes les armes du crime sont prêtes et affutées. Et tous les aspects de ce qui caractérise la sociabilité d'Homo Sapiens sont chirurgicalement extraits et jetés au panier. Adieu famille, nom, filiation et vive la chimère et l'embryon à usage multiple chez Picard à trois pour le prix de deux ou mieux chez Leroy Merlin qui fournit en plus le matériel de bricolage génétique. Chacun garantit que la chaine du froid n'a pas été interrompue. C'est une chance !

Le désir d'enfant qui s'est d'abord transformé en un droit à l'enfant est devenu un droit d'acquérir un enfant par tous les moyens que la main invisible propose sur le marché…. de détail.

Un petit pas en avant on passera à la création en série. Hitler frétille d'aise, son vieux rêve prend forme faute de prendre figure humaine.

Récemmnt dans ce carnet, (Crime contre la Nation et... du 2 juillet 2020) je définissais le Crime contre la Nation et le Crime contre l'État en m'appuyant sur deux affaires exemplaires à l'occasion desquelles Macron a commis ces deux crimes.

Je me souviens aussi des définitions proposées en leur temps pour le Génocide et le Crime contre l'Humanité qui depuis donnent la base juridique pour qualifier les comportements criminels, Hélas fréquent de chefs de guerre de toute dimension, de tyrans stables dans leurs exactions et de chef d'État à visée impériale qui élimine des fractions importante de leur population à des fins politiques, religieuses ou banalement de rejet ethnique.

Ici nous avons une autre dimension qui est la mise en cause et en grand péril de tout ce qui constitue depuis que Sapiens peuple notre terre les fondements de nos sociétés.

Les constructions érigées sur ces fondations ont toujours été imparfaites, fragiles et comme on le dit souvent pleines du bruit et de la fureur des habitants, des exclus et des étrangers.

L'histoire, notre histoire est faite des évènements qui illustrent toujours dramatiquement l'éternelle difficulté que rencontre l'Homme à vivre en société.

Ici nous quittons la dimension de crimes que les hommes commettent entre eux, dans l'intimité de l'espèce même si souvent leur ampleur et leur férocité conduisent à douter de l'humanité des auteurs

 Ici nous sommes dans la mise en cause de l'Homme mis hors le cadre social autrement que comme un objet de désir immédiat et par une évolution que personne ne pourra stopper, de consommation d'un produit disponible sur commande au goût de la clientèle du désir d'achat. L'idée est que le sperme du mâle peut à loisir être produit, stocké et distribué à la demande ; et l'ovocyte de la femelle peut se donner, s'échanger et naturellement se stocker comme tout produit congelé. L'ovocyte  s'ajoute au catalogue du sperme mais avec une facilité d'échange accrue, entre femelle s'entend ! La main invisible se charge du reste, promotion, palettes de couleurs, de taille… Les incertitudes résultant de l'anonymat du donneur mâle disparaissent en requérant moyennant compensation à du sperme de qualité avec cotation et certification.

Avec le travail du mécanicien du génome travaillant au ciseau, on parviendra au produit parfait qui certainement, considérant les ingrédients de base pourra se reproduire avec un humain de tradition ou avec un autre presque-lui-même ou un autre modèle spécial. Après achat, si toutefois le propriétaire estime qu'il peut trouver mieux en montant en gamme il se défait de son premier achat.

Un marché de l'occasion sera à organiser.

On peut penser à une blague, mais on sait que tout cela s'est produit au pays de la liberté avec le commerce de l'adoption. America first !

Je qualifie ce désir de fabriquer de l'Homme de Crime contre l'Espèce, de Crime contre Sapiens 

Cette page de carnet fut écrite avant la dernière présentation de cette proposition scélérate ait été soumise à la Chambre hier 30 juillet et donc avant que les députés, enfin présents et le gouvernement enfin présent ne rejettent certaines modifications (bricolages) de la commission Touraine tout en conservant, en dépit du désaccord du gouvernement des mesures relatives à la levée de l'anonymat des donneurs de sperme.

Pour moi qui suis fondamentalement hostile au don de sperme les  mesures y afférant sont "of course" vide de sens.

Donc ce papier concerne davantage les intentions du sieur Touraine que le texte adopté. Cependant il est probable que le gouvernement demande une seconde délibération…

Mais amendée ou pas, votée ou pas la loi dans son ensemble relève bien du Crime contre Sapiens.

Finalement, comme je le fais souvent je rajoute une chronique, aujourd'hui de Bellamy, que j'ai trouvée claire et suffisamment précise pour que le lecteur saisisse l'ampleur du mal 

31 juillet 2020

François-Xavier Bellamy: «Bioéthique, une fuite en avant irresponsable»

 Alors que la crise sanitaire a révélé les faiblesses de notre système de santé et que la priorité devrait être à la relance, l’examen en plein été du projet de loi bioéthique ne peut qu’être un choix idéologique, estime le philosophe et député européen*. Pourtant, ce texte mériterait un débat plus approfondi, tant il ouvre des possibilités vertigineuses, préparant l’arrivée de certaines formes d’eugénisme et même de gestation pour autrui.  Le Figaro  26 juillet

Pourquoi une telle accélération? Au lendemain d’une pandémie mondiale, à la veille d’une crise économique inouïe, l’Assemblée nationale se réunit cet été en session extraordinaire. Un texte examiné en priorité: l’ouverture de la «PMA pour toutes»… Il y a des urgences qui trahissent des obsessions idéologiques plutôt qu’elles ne répondent aux besoins vitaux de la société. Ce n’est, il est vrai, pas nouveau: depuis l’annonce de cette mesure en septembre 2017, le gouvernement aura mis beaucoup d’énergie pour dissimuler, à défaut de pouvoir les résoudre, les nombreux problèmes causés par cette réforme.

Agnès Buzyn consacrait ses efforts à la question de savoir «si un homme à l’état civil pourrait devenir mère», ou comment l’Assurance-maladie pourrait rembourser une prestation en l’absence de toute maladie. Pendant ce temps, l’hôpital public traversait une crise majeure, le même gouvernement déremboursait des médicaments pour soigner la maladie d’Alzheimer, et personne ne s’occupait du fait que nos derniers stocks stratégiques de masques étaient en train de pourrir, grignotés par des rongeurs. Quelques semaines plus tard, les infirmières allaient être contraintes de se bricoler des blouses de protection avec des sacs-poubelles ; c’est qu’au moment où la pandémie explosait en Chine, notre ministre de la Santé était trop occupée en commission spéciale à l’Assemblée nationale à démêler les nœuds inextricables que sa propre réforme causait. Des difficultés susceptibles de fragiliser toute l’architecture de notre droit de la santé et de la famille… Rappelons en effet que cette mesure, au bénéfice de quelques centaines de personnes par an, représente selon le dernier avis pourtant favorable du CCNE* «le risque d’une déstabilisation de tout le système bioéthique français».

*Comité consultatif national d'éthique note du Naïf

Il y a seulement trois ans, le même CCNE décrivait comme un «point de butée» le fait de «ne pas s’engager dans un processus qui organiserait l’absence de père, ou considérer (…) que l’on ignore encore aujourd’hui comment les sujets concernés vont se construire dans ces nouvelles situations». Mais que voulez-vous, au nom du désir de l’adulte, un point de butée, ça s’ignore, ça s’aplanit, ça s’efface. Et c’est de façon parfaitement cohérente que les députés de la majorité ont, au cœur de l’été, dans l’apathie et l’indifférence générale, supprimé ces mots de la loi: «Nul n’a le droit à l’enfant.» Vous souvenez-vous de ceux qui juraient leurs grands dieux, il y a quelques années, il y a quelques semaines encore, que jamais il n’y aurait de «droit à l’enfant»? Désormais la technique sera sommée de vous le fournir si vous ne voulez pas d’un père - et demain, pourquoi faire semblant de le nier, la mère deviendra à son tour superflue, aucune raison qu’elle échappe à l’égalité en marche, n’est-ce pas.

Car c’est au nom de l’égalité qu’on a martelé ce sophisme: si la PMA est ouverte aux couples hétérosexuels, elle doit l’être aussi aux couples homosexuels. Il faut le redire encore: la procréation n’était assistée par la médecine que parce qu’une infertilité biologique empêchait un couple hétérosexuel d’avoir un enfant. Désormais, on demande à la médecine d’intervenir hors de toute pathologie, non pour rétablir l’équilibre ordinaire des corps, mais pour s’en affranchir. Point de départ d’une logique qui ne peut que nous conduire à repousser bien d’autres «points de butée», au nom de l’alliance toute-puissante du désir et de la technique contre les limites naturelles de nos corps, et les frustrations qu’elles nous causent. Alors que le premier ministre nous veut «tous écologistes!», l’histoire retiendra que son gouvernement aura commencé par cette terrible contradiction…

«Tous écologistes», vraiment? Au lendemain d’une pandémie révélant le danger des maladies transmissibles entre espèces, la loi autorise la création d’embryons transgéniques ou chimériques, mêlant des cellules-souches humaines et animales. Elle assouplit les règles de recherche sur l’embryon humain, qui devient un matériau de laboratoire comme un autre. Elle ouvre la voie à la levée de l’anonymat du don de gamète, déstabilisant dans son principe tout le modèle français en matière de don d’organes. Le gouvernement, trop occupé par le remaniement, ayant déserté la commission spéciale, les députés de la majorité se sont affranchis des dernières précautions qu’ils s’étaient eux-mêmes imposés en première lecture, avec une légèreté sidérante. Ils ont rétabli le remboursement de la PMA par l’Assurance-maladie: le CCNE avait pourtant conditionné son avis favorable à l’interdiction de ce remboursement… Ils ont supprimé les mesures proposées par le Sénat pour contrer les fraudes en cas de GPA à l’étranger ; ils ont même adopté une technique apparentée, dite de la ROPA, qui permet à une femme de porter l’ovocyte d’une autre.

Plus terrible encore, sans doute: ils ont élargi la possibilité du tri sur les embryons via un DPI étendu aux maladies chromosomiques. Derrière l’abstraction de ces termes techniques, il y a un projet simple, demandé par le député Philippe Vigier il y a quelques semaines à la tribune de l’Assemblée: «Il faut traquer, je dis bien traquer, les embryons porteurs d’anomalie.» Agnès Buzyn elle-même s’y était opposée, dénonçant une «dérive eugénique claire» ; et plusieurs députés LREM, concernés comme parents ou comme soignants par le handicap, avaient exprimé leur désarroi devant cette revendication. Quelle société sommes-nous en train de construire? C’est tout notre rapport à nos corps, à la technique médicale, et à la condition humaine elle-même, qui est sur le point de changer. Pour tous… Tous éligibles au droit à l’enfant, produit sur commande, sélectionné et financé. Ou tous liés par une condition humaine imparfaite, tous porteurs d’anomalies et de défauts plus ou moins visibles, mais capables pourtant de reconnaître la valeur infinie de toute vie, et d’en prendre soin telle qu’elle est - tous écologistes, vraiment!

Alors que les Français sont légitimement préoccupés par les nouvelles du front sanitaire et économique, leurs représentants s’apprêtent à voter en leur nom l’entrée dans un autre monde - celui qui remplacera à terme, de l’aveu même du rapporteur de cette loi, l’engendrement naturel de l’enfant par la procréation technique et sa sélection organisée. Bien sûr, il est confortable de se laisser endormir par la fable du progrès souriant face à l’obscurantisme ronchon ; mais il n’est personne d’un peu sérieux qui ait suivi ces débats et qui ne mesure, quelle que soit la position, l’ampleur de ce qui est en jeu. Le CCNE reconnaît des «changements anthropologiques majeurs.» Le simple respect de la démocratie supposerait de laisser le débat reprendre normalement en septembre, pour permettre au moins aux Français de savoir ce que leurs élus veulent faire des voix qu’ils leur ont confiées.

 

 

 

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19 mars 2021

Pataugeage sublime Bêtise moutonnière et vaccin arrêté.

 

À la recherche du temps à perdre

 Onze millions  d'anglais, Boris Johnson le premier ont été vaccinés avec l'Astra Zeneca sans effet indésirable grave hormis une faible fièvre de la journée, pour l'heure à dose unique et leur campagne continue.

Il me semble que le phénomène, je veux dire la rumeur débute au Danemark et je ne sais pourquoi en Islande ce qui est bien surprenant. On y suspend l'usage de ce vaccin.

Quoiqu'il en soit sitôt amorcé la rumeur enfle façon calomnie du Barbier de Séville et trouve en Allemagne son premier bastion, place forte de référence. Qui oserait faire différemment.

Chez nous, pauvres témoin du pataugeage, barbotage, cafouillage du Divin Enfant, Gros Benêt et Benêt en chef, le petit Président auquel je surmonte mon aversion pour les gros mot, le petit con de Président avec force venait juste de lancer une campagne massive de vaccination  d'AstraZeneka qui démarrait depuis le 5 mars avec une adhésion forte des pharmaciens, médecins et autres groupes de gens pouvant réunir 5 personnes à la fois.

Jusqu’au 8, trois jours après le petit con décide sans préavis et sans information aux personnes concernées qui venaient aussi vite que possible de débuter leurs vaccinations, de suspendre la campagne entamée. Le motif est que, en gros il faut faire comme tous les autres et surtout comme cette vieille chouette de Merkel elle-même incapable de faire autrement que… comme les autres.  Finalement à peu d'exceptions près tous les moutons vont suivre le troupeau. Seule la Belgique n'a rien changé et vaccine toujours. Les pays de l'Est de l'UE ne sont pas concernés étant tout Spoutnik.

Ce phénomène de comportements irrationnels et sans motif par des nations copiant leurs comportements pour faire comme les autres est proprement fascinant et relève d'une sociologie de groupe qui se produisait historiquement par le jeu des alliances donc avec des motifs compréhensibles et prévisibles. Mais ici point de motif, rien à comprendre, circulez ! rien que la bêtises humaine s'exprimant en groupe.

Plus con que ça, tu meurs, disait-on !

L'exemple des anglais ne pèse d'aucun poids dans la rumeur et nous ne pouvons que constater la nature de la connerie, l'aveuglement des cons et du nôtre en particulier.

J'allais oublier. Le vaccin "dont auquel je vous cause" a bien évidemment reçu une première forme d'agrément de Bruxelles dès le 14 aout de l'année dernière avant achat par la Commission et le 29 janvier est obtenue l'autorisation de mise sur le marché. Bien évidemment les anglais avait reçu certification de l'animal par l'organisme compétant. Je laisse au lecteur le soin de rechercher son nom.   De même nous obtenons une recommandation de la Haute autorité de santé (HAS) sous la tutelle du ministre Olivier Véran, officielle le 6 février. Il inaugure avec le pauvre Castex la liste de personnes désavouées sans préavis et mis devant un fait du prince sorti de nulle part ; le fait, pas le prince.

Alors comme on fait une connerie et qu'on l'assume le Président stupide et  responsable cherche un parapluie ; naturellement comble de la sottise il demande confirmation à qui avait fourni l'autorisation, l'HAS l'obligeant ainsi à lancer des investigations sur des effets n'existant pas. Quelle merveilleuse occasion de perdre quelques jours de plus avant de vacciner à nouveau.

En même temps, l'abruti en chef nous fait des salades de confinement total, partiel, un peu mais pas trop, couvre-feu local, à 18 heures, ça c'est acquis et j'en oublie. Il a les meilleurs raisons du monde pour barguiner et pendant ces procrastinations la maladie continue son petit bonhomme de chemin à l'anglaise comme le virus du même nom. Tous les indicateurs galopent mais il aura consulté Pierre, Paul et Jacques et in fine décidera tout seul d'une solution qu'il avait déjà choisie. Une phrase de chanson me revient :

Que tout le temps qui passe, Ne se rattrape guère, Que tout le temps perdu, Ne se rattrape plus

Nous sommes le 18 et que je sache, chacun perdant du temps, nous attendons toujours et encore, à nouveau une chanson, que quelque chose se passe. Pas de quoi se presser nous ne sommes qu'à 38.000 contaminations et autour de 300 morts par jour. II parait, on dit, on explique que l'urgence est d'assurer que les réas ne soient pas saturées ce qui tout à fait compréhensible et que somme toute la vaccination viendra quand … à une date ultérieure, suis-je bête !

Si un lecteur percevait un certain énervement dans ce carnet il aurait raison. À l'instant  l'HAS confirme ce que nous savions  et je suis en peine d'imaginer quelle astuce fera surface pour perdre encore un peu de temps. Suis-je bête, il y a cette très intelligente limitation sur l'âge et il faudra quelques jours ou semaines peut-être pour étendre le droit au vaccin à qui le demande, à tous ceux qui piétinent dans le labyrinthe Doctolibresque et qui feraient instantanément copain avec le vaccin stupidement suspendu par de stupides responsables. À  l'instant nous venons d'entendre les sanglots monotones de Castex et de son fidèle Véran de la triste figure. Il y a du confinement sur la table et toutes les options seront étudiées. Ou je confonds avec les gémissements précédents. On se perd à la longue.

Je m'arrête mais mes sentiments changent et passent de la colère et de l'indignation à un profond sentiment de honte à l'endroit du responsable et des deux exécutants  qui ne dirent rien et ne démissionnèrent pas.   

Facile à dire. Et bien je ne me prive pas de cette facilité.

 Incidemment dans 10 jours nous recevrons en famille comme un couple uni dans la campagne la deuxième dose d'un vaccin dont je n'ai connu le nom qu'au moment où nous fut donnée la convocation pour cette deuxième dose : c'est celui avec un nom allemand, Pfizer BioNTech, nom allemand mais un labo du tout fait main par des équipes de chercheurs d'origine turque.

                                                                                                                                                                                 

19 mars 2021

 

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13 mars 2021

Opportuniste, ravissante et escroc.

 

J'ai d'abord cherché l'équivalant féminin du mot escroc. J'apprends que le mot s'applique à une femme en fonction d'attribut : Elle est ravissante, n'empêche que c'est un escroc …me dit Larousse.

Zut j'ai déjà défloré le sujet de ce bref carnet. Tout le monde a compris que l'objet est Meghan Markle. Mais cela fournit son titre: Opportuniste, ravissante et escroc.

Au fil des émissions TV, des articles de mon quotidien et des extraits du scandaleux entretien avec la chroniqueuse américaine je me suis forgé une lecture du personnage et de son faire valoir de mari Harry.

Voici une jeune femme issue du monde du cinéma et de la TV, films et séries, ayant vécue avec un producteur qui lui mettra le pied à l'étrier dans les années 2010 et les suivantes pendant lesquelles elle poursuivra sa carrière jusqu'à sa rencontre et ses fiançailles avec le prince Harry devenu duc de Sussex à cette occasion. Le personnage, militaire pendant 10 ans attribue au souvenir de sa mère Diana son comportement dès les premiers accros à Buckingham où ils s'établissent du fait de l'insatisfaction du couple dans sa vie auprès de la reine et dit la ravissante car mal reçue par l'entourage royal.

Sur quoi repose l'amour entre les deux insoumis demeure une question.

La suite est un long voyage médiatique virant progressivement de la revendication financière des deux tourtereaux au cri de vengeance de la brune actrice. Difficile de ne pas percevoir qu'elle construit un personnage hollywoodien pour usage prochain et une commercialisation déjà largement entamée.

Le Naïf qui est d'abord un sceptique pense que tout chez Meghan est calcul et qu'Harry suit sa femme.

Bref, assez glosé sur un sujet dont one parle ici parce qu'on en a beaucoup parlé et qu'il change des habituels commentaires sur la sottise de nos politiques de tout niveau ou sur les âneries relatives aux bazars de la transition énergétique et les traits d'humeur de Margrethe Verstager.   

Un académicien est venu très opportunément compléter et enrichir avec une imagination rare  ma brève introduction.

Marc Lambron : «Meghan Markle, Greta Thunberg à émeraudes?» 10/03/2021

L'écrivain, membre de l'Académie française, réagit aux confessions des Sussex.

 Le prince Harry et Meghan Markle ont accordé une interview à Oprah Winfrey, le 8 mars.

L'univers fait en ce moment l'objet de deux attaques virales : un bogue létal ayant transité par une chauve-souris et un bogue people étant passé par Buckingham. Toutes les antennes médiatiques de la planète sont tournées vers la confession d'un principule et d'une souris, qui plus est sous les caméras d'une madame Sans-Gêne des écrans, Oprah Winfrey, prototype de la commère indiscrète. On proposera de rebaptiser ce virus le Cowind-20. Co pour couronne – car il s'agit spécialement ici d'un corona-virus, Wind pour Windsor, et 20 pour la Twentieth Century Fox, blason d'Hollywood. Le Cowind-20 a eu pour vecteur alpha une actrice de sitcoms dont s'est entiché un héritier blasonné. 

On ne va pas reprocher à une actrice de prendre la vie pour un studio. Sa perception ayant été façonnée par les catégories du récit filmique, elle a aspiré à y tenir un rôle, d'abord comme starlette de seconde catégorie, puis comme héroïne mondiale. Si la Couronne britannique est une institution, Meghan Markle y a vu un script. La chronique de Beverly Hills et de Sandringham offrait des précédents : Grace Kelly, l'actrice transformée en princesse – c'est le côté monégasque, et aussi bien la divorcée américaine devenue mygale européenne – c'est le côté Wallis, pas le Wall-E de Pixar, mais Wallis Simpson, une aventurière ayant autrefois déroulé du câble au préjudice des ascendants de Harry.

On ne peut pas dire que la Couronne britannique ait pourtant claqué la porte du château au nez de la donzelle. Noces en mondiovision selon les canons de la bien-pensance métissée, homélie d'un pasteur paraissant sorti d'un roman de Chester Himes, gospel et aigrettes, thé de belles-mères chez la reine, tout cela témoignait d'une bonne volonté impavide. D'ailleurs, il ne faudrait pas prendre les Royals d'Albion pour plus coincés qu'ils ne sont. Après tout, l'idylle entre le pandit Nehru et Lady Mountbatten ne date pas d'aujourd'hui. Et cette reine réputée intraitable sur l'étiquette aura décoré les Beatles, anobli Mick Jagger, admis que sa sœur épouse un photographe roturier et son petit-fils, futur roi, une impeccable bourgeoise prénommée Kate. Elton John, anobli lui aussi, fut admis à chanter aux obsèques de sa belle-fille, tandis que la reine se produirait quelques années plus tard dans un clip aux côtés du dernier James Bond en date, Daniel Craig. La reine est donc rock'n'roll.

Ajoutons le côté pionnier écolo du prince Charles, ami des tomates, et, il faut bien le dire, les écarts d'une tribu aussi portée sur la luxure qu'un cluster de ribauds saxons. La princesse Margaret et ses gigolos, trois des quatre enfants d'Elisabeth II divorcés, les sex tapes de Charles et Camilla, pour ne rien dire des voyages allégués du prince Andrew dans les avions de Jeffrey Epstein. La famille est donc détendue du bulbe, c'est un fait, et a toujours témoigné de l'indulgence au prince Harry, un brave garçon porté sur les beuveries et les canonnades, un orphelin convaincu que, fils d'une mère étant morte pour avoir disconvenu, il lui demeurerait fidèle par la sédition.

C'est là que le Cowind-20 a frappé. On attendait Audrey Hepburn dans Vacances romaines ? On a trouvé une émule de Kim Kardashian. La rouée midinette Meghan, ayant sans doute observé les manières hautaines de Marlene Dietrich dans L'impératrice rouge, un film qui passe parfois sur TCM, a pensé pour commencer qu'il était chic de rudoyer la domesticité. Ayant rompu avec sa famille, cet agent fractal n'a pas tardé à fracturer sa belle-famille. C'est plus fort qu'elle, tant le Cowind-20 favorise le seppuku profitable : si Meghan fait parler l'époque, l'époque parle en elle.

Jugez-en plutôt. En préalable au schisme, la relocalisation. Non pas les Hamptons des patriciens new-yorkais ou le Nouveau-Mexique des bobos New Age, mais évidemment Hollywood, avec villa payée par le beau-père, dont la terrasse permet d'accueillir les caméras d'Oprah, qui est à l'ère numérique ce que l'échotière Hedda Hopper fut au cinéma de l'âge d'or : un haut-parleur vénéneux. Là, attaque virale maximale du Cowind-20, selon les canons dramatisants de la sitcom contemporaine : mise en scène de la plainte, exhibition psychique, et surtout monétisation victimaire. Meghan Markle n'a pas parlé Stuart ou Tudor, elle a évoqué la petite sirène de Walt Disney, princesse de Burbank : cela vaut la peine au pays de Minnie Mouse de gager son malheur sur de juteux contrats signés avec Spotify et Netflix. Halte aux blasons, vivent les logos. Adieu à la Firme, bonjour les Gafam.

Sorte de Greta Thunberg à émeraudes, inventant un MeToo de la couronne, la geignarde flanquée de son prince-appendice a donc viralisé en deux heures une planète entière, pour ne pas parler de la vie martienne, désormais reliée à nos déboires terrestres par la sonde Perseverance. Pauvre Meghan ! Sa belle-sœur est une pestouille. Son beau-père, l'ami des tomates, vit incarcéré tel le prisonnier de Zenda. Pis, des propos racistes auraient été tenus sur sa progéniture. À Londres, la vénérable reine avait bien besoin de ça. Alors que son mari est à l'hôpital et qu'un variant du Cowind-20 attaque sa dynastie sous la forme d'une série intitulée The Crown, voilà qu'on la traite en sus de xénophobe. C'était bien la peine de passer sa vie à descendre de son yacht pour faire bonne figure au milieu de guerriers Masaï et de rugbymen néo-zélandais. Désormais, dans les cours européennes, on jette un œil soupçonneux sur les belles-filles plaintives. Meghan Markle inquiète. Elle est au Cowind-20 ce que le pangolin fut au Covid-19. 

13 mars 2021

 

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11 mars 2021

Pataugeage vaccinal et surprises Notre Damesque et autres encore.

 

Un petit creux dans la rédaction des carnets. Trop occupé dans la recherche des points de vaccination, la course aux lieux sacrés où une piqure sera la porte d'une liberté dans un monde libéré, je négligeais mes écritures alors que ma fille Marine participait dans le même effort à cette quête.

Miracle deux possibilités quasi simultanées mais comme chacun sait abondance de biens comble le pèlerin. Le choix fut celui de la simplicité du trajet et de la commodité garantie du parking et la gagnante fut un centre, ma foi fort commode, tout près d'Aix. Donc, ma tendre épouse et son Naïf de mari furent libérés, délivrés depuis deux jours.

Ce préambule pour rassurer les lecteurs et s'il n'ont pas été première-dosés qu'ils gardent espoir. Les doses arrivent en flot continu et la France va rejoindre le club des pays qui se libèrent en même temps.

Un petit dernier Astrazeneca a rejoint les deux précédents acteurs de ce drame.

Les pouvoirs publics toujours diligents dans leur mission de compliquer les choses au motif que l'animal est de maniement plus commode que ces associés ont décidés de le faire servir en ville et prioritairement aux personnels des hôpitaux. Il était temps que cela se fasse car depuis assez longtemps il apparaissait qu'ils sont des foyers de propagation de la maladie, on dit cluster car cela fait plus pro, mieux au courant, à tous les patients de l'hôpital et particulièrement ceux venus là pour d'autres pathologies. Certains en sont morts du fait de la négligence des soignants qui ne s'étaient pas faits vaccinés et qui étaient contaminants.

Les autorités prirent consciences sans hâte excessive de ce danger et demandèrent aux personnes concernées de se faire vacciner le plus vite possible. Chacun pourrait croire que la chose va de soi.

Et bien, pas du tout ! Ils sont en grand nombre réticents et les injonctions fortes du premier Ministre, le Sous Benêt et gros froncements de sourcils du Grand Benêt n'agissent pas et les réticences loin de diminuer pourrait même comme signe d'indépendance se renforcer. Enfin, ainsi le perçoit le Naïf bien dans son personnage.

Alors se pose la question de  comprendre comment un gouvernement qui a fermé autoritairement les cafés, les restaurants, les musées, les cinémas, les théâtres, les visites de tous lieux de promenade se sent empêcher de dire aux soignants indisciplinés et inconscients et irresponsables qu'ils sont tenus de se vacciner sous peine de sanction. Crainte d'une grève ? Mécontentement de personnels épuisés ?

On entendrait ces arguments si on leur imposait une tâche contraignante et fatigante en sus de leur travail alors qu'il leur est demandé de consacrer quelques minutes et ce pour la plupart d'entre eux sur leur lieu de travail.

Alors qu'attend l'autoritaire Premier Ministre pour ordonner à tout le personnel des services de santé de se faire vacciner ?

Depuis que nous ayons suivi les travaux  des équilibristes du démontage des échafaudages écroulés sur les voutes restantes après l'incendie et les travaux de consolidations nécessaires à maintenir le monument blessé en vie il n'avait guère dans les médias été fait mention de Notre Dame et de la suite du roman.

Surpris nous fumes d'apprendre très récemment que des bucherons s'activent à abattre des chênes convenablement choisis pour refaire la charpente du passé. Grande nouvelle, la décision avait donc été prise de faire table rase des quelques projets de reconstruire la charpente du monument sacré par des procédés modernes proposés en respectant la vue sur Notre Dame de l'extérieur et de reproduire les erreurs de Viollet le Duc jusqu'à l'absurde flèche construite en allumettes.

Quel est l'aréopage d'esthètes qui porta cette décision et qu'en pensa le Ministre de la Culture du moment.

Étonnant tout de même !

Sur le registre très différent de la repentance dont Macron vient de nous faire une démonstration je cite Stora à la page 51 du rapport demandé par le Président.

D’autres gestes à caractères symboliques et politiques sont nécessaires aujourd’hui, touchant en particulier les personnalités politiques du nationalisme algérien, 91 assassinées. Je pense en particulier à des hommes politiques algériens, considérés comme des héros de la lutte nationaliste en Algérie, comme Ali Boumenjel, avocat, ami de René Capitant, compagnon du général De Gaulle, défenestré par l’officier français, Paul Aussaresses, en mars 1957. Ce meurtre a été avoué par Paul Aussaresses dans ses Mémoires. Cette reconnaissance d’assassinat marquerait un pas supplémentaire dans le fait de regarder en face ce passé colonial. Il est, à mon sens, préférable à des discours de "repentance ".

Puis à la page 96

 A la suite de la déclaration concernant Maurice Audin, la reconnaissance par la France de l’assassinat d'Ali Boumendjel, avocat, ami de René Capitant, dirigeant politique du nationalisme algérien, assassiné pendant  " la Bataille d’Alger " de 1957.

Dans le rapport Stora aucune mention n'est faite sur l'histoire et les engrenages d'exactions de 1956 à février 57 culminant par cette terrible répression et les suites de cet épisode de la lutte contre le FLN.

 La bataille d'Alger est un véritable tournant dans la Guerre d'Algérie puisque l'arrestation de la délégation de représentants du FLN susceptibles encore dans cette période de négocier des avancés politiques éliminait à jamais cette possibilité. 

Dans le registre des repentances Audin fut la vedette;  il fallait réparer cet oubli et le Président présente donc les excuses de la nation, j'imagine, à je ne sais plus qui représentant je ne sais plus quoi.

Étonnant tout de même !  

Tout ce commentaire vise à montrer qu'il est maladroit d'aller patauger dans cette complexité et que le rapport Stora traduit un léger biais enrobé dans une documentation et des références fleuves.

Assez sur ce sujet qui se trouve dans ce carnet que du fait des annonces faites sur la repentance de macron comme les arbres coupés me conduise au deuxième paragraphe de carnet.

Chacun connait ma paresse et au recours à des textes de référence. Ici, j'ai choisi un carnet du Naïf, Eh oui, qui est sans doute depuis septembre 2018 sorti de la mémoire des lecteurs. Le relisant pour cette insertion je n'y changerai pas grand-chose

C'est l'annexe du sujet. 

Audin, eau de boudin

 Il est des sujets qu’il faut aborder avec le plus grand sérieux et un savant dosage de connaissances historiques et de philosophie politique.

La colonisation et son envers, la décolonisation sont de tels sujets et tout particulièrement, comme nous en vivons cruellement les pires séquelles, le drame de l’Algérie.

Alors, tout de go, comme on sort un lapin d’un chapeau sur la scène d’un music-hall, le Divin Enfant nous refait le coup de la repentance en revisitant le printemps 57 et un épisode de la Bataille d’Alger.

 Peut-être dans quelque recoin de cette note, dirais-je ce que pense de ce triste épisode un ancien lieutenant du contingent qui a vécu à Alger bien avant* que M. Macron –le père- ne conçoive son brillant rejeton, notre Président. Peut-être pas.*18 ans

 Le drame est immense : 8 années de conflit, le million de morts et autant de personnes déplacées…

Dans le million de morts et de disparus, nul ne peut dire combien sont ce que l’on appelle de nos jours des victimes « collatérales » c’est-à-dire des personnes qui se sont trouvés emportées dans le flot de l’horreur s’en avoir activement participées aux évènements. Leur tort était simplement de vivre là où se déroulait le drame et d’en avoir été les jouets, comme des fétus sous les pas des soldats et des assassins.

Ceux-là d’abord ne doivent pas être oubliés.

D’autres ont participé.

Volontairement, par conviction : de quelque façon que cela soit ils ont combattu.

En face des nombreux mouvements indépendantistes qui ont animé le conflit, le premier et le plus important de ces combattants fut le  Gouvernement Français qui jusqu’au printemps 60 resta déterminé à maintenir par les armes un statuquo social et politique condamné**. La décision fut prise de confier à l’Armée la mission d’assurer l’ordre public : « François Mitterrand, garde des sceaux, est chargé par le Conseil des ministres de défendre le projet de loi remettant les pouvoirs spéciaux à l'armée à l'Assemblée Nationale. » Wiki

**Il est plus facile de porter ce jugement avec un recul de soixante années, qu’il ne l’était pendant les 8 années du conflit et les turbulences qui ont suivies. Faire remarquer comme le font justement les commentateurs que les gouvernements en question étaient socialistes n’ajoute rien au dossier et ne conduit qu’à enlever une feuille à la couronne de laurier qui ceint le front de l’idole Mitterrand.

Alors ce conflit fut désolant et chacun regrette que l’histoire soit tragique comme a dit on ne sait plus qui.

Dans cet immense gâchis, Macron choisit une disparition : celle d’un jeune militant communiste, promis posthumément à un brillant avenir de mathématicien, membre du Parti Communiste Algérien qui fut arrêté en peine bataille d’Alger en juin 57 et qui disparut, probablement victime d’interrogatoires trop appuyés, victime de la torture. Il était directement impliqué dans l’action des terroristes.

Macron suit en cela l’initiative de son prédécesseur : « En 2012, François Hollande se rend devant la stèle élevée à la mémoire de Maurice Audin à Alger et fait lancer des recherches au Ministère de la Défense sur les circonstances de sa mort. »  Wiki

On entend tout, on lit tout.

Certains se félicitent du « courage » de reconnaître les exactions de l’Armée Française ; pour eux aucun doute Audin n’est qu’une victime et n’a aucune responsabilité dans l’évènement.

D’autres comme on le fait ici expliquent que l’évènement ne peut être « perçu » hors du contexte et de la passion de l’époque.

L’ineffable Stora nous dit que l’expression de la vérité sera bénéfique et permettra d’apaiser des douleurs qui ne s’apaisent pas.

Villani, toujours cohérent regrette le mathématicien trop tôt enlevé à ses études…

L’étonnement porte sur deux points.

L’étonnement premier :

On ne peut détacher l’évènement de son contexte et n’établir aucune relation entre la disparition du jeune homme et la mort des quelques 350 victimes des attentats commis à Alger ayant déterminée l’attitude du Gouvernement et la répression violente qui en résultat. L’urgence de la situation rendait-elle impossible le traitement judiciaire du cas Audin reste une véritable question mais on ne peut résumer l’ensemble du drame à cet épisode isolé et sans nul doute regrettable.

Dans son élan, EZ nous donne la  réponse et affirme que le garçon était un traître ; on  craint qu’il n’ait raison mais avant les douze balles dans la peau il méritait certainement un jugement et un châtiment exemplaire.

L’autre étonnement :

Pourquoi accomplir cette contrition à ce moment et sous cette forme ? Pour plaire à qui ?

Notre Divin Enfant, quoi qu’il fasse, n’adoucira pas ses rapports avec ce qui reste de la gauche ou avec les Insoumis.

Pourquoi prend-il le risque provoquer une inutile polémique sur un sujet largement oublié, sur lequel sa repentance sera perçue comme une incompréhension complète de ce que fut l’affaire algérienne.

Cherche-t-il à s’aliéner davantage le Centre Droit qu’il n’a pas su conquérir comme il le fallait ?  Soit le seul électorat qui lui resterait s’il ne persistait pas dans ses ambiguïtés.

L’électorat de ceux qui, de près ou de loin, ont vécu le drame. Disons-le : les retraités !

Cherche-t-il à enrichir l’argumentaire de Marine Le Pen ?

Certains nous disent qu’en agissant de la sorte, il « gagne de la face » sur la scène internationale. Grands Dieux, aux yeux de qui ? Erdogan, Trump, Poutine ou Oncle Xi ?

 Enfin, et en conclusion de cette note, cette nouvelle repentance sera prise par les islamistes et les autocrates qui  nous entourent comme une nouvelle marque de faiblesse.

De cela soyons assurés.

19 septembre2018

 

   

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21 février 2021

Pataugeages sublimes Nouvel Épisode Autisme et sottises de la loi climat

 

L'habituelle piqure de rappel : la France est un témoin du réchauffement climatique, certainement une victime mais en aucun cas un acteur. 

Toutes les émissions et les commentaires assortis devraient toutes commencer par ce rappel.

La sottise originelle, un vrai pécher, conçue en un temps qui parait déjà lointain fut pour le Benêt à la cervelle de moineau d'organiser une convention citoyenne sur le climat (CCC) composée de 150 quidams choisis au hasard en contrepoint de l'augmentation du prix du diesel, écotaxe doublement TVAtiser, cause et début de la crise sociale des gilets jaunes. Dés pipés, les demandes sont nombreuses et les choisisseurs tendance verte, donc la convention est vert pâle. Le Benêt qui ne ne voit pas plus loin que le bout de son nez promet qu'il appliquera les recommandations de la dite commission. Il raffole de ce genre de sottises.

Le piège est armé et les mâchoires ouvertes.

En premier lieu il fallait bien, sottise sublime, reprendre et recoller tous ces morceaux d'opinions non-encore sublimés pour en faire un Loi qui mène la vie des lois ineptes entre les mains diligentes de la Pompili version moineau sans tête jusqu'au Conseil des Ministres en février et débats auxquels le Sénat refuse de participer au moins en apparence. Les participants à la Commission et les écolos dont l'inoxydable Duflot crient à l'émasculation de leur projet. As usual la Chouette à la triste figure a ajouté une contribution dont je fait grâce au lecteur. Ils manifestent et sont verbalisés mais enfin après ce beaucoup de bruit pour rien à mi-mars 2021 retour à l'assemblée par l'examen en commission de lois du fameux projet édulcoré. 

As usual la Chouette à la triste figure a ajouté une contribution dont je fait grâce au lecteur

La maladie qui nous afflige occupe le Benêt pour une partie importante de ses efforts d'abord comme porte parole des experts épidémiologistes et médecins de tout poil puis dans un sursaut déconfinatoire en chef de guerre du quoi qu'il en coûte.

Entre un confinement et un couvre feu ressurgit un des morceaux de la promesse que ces carnets a évoqué et a sans doute été recollé dans la pantalonnade de la Pompili. Pataugeage sublime, Le référendum

Parmi les commentaires instructifs j'ai retenus deux commentaires l'un sur les conséquences du plan climat et en particulier sur la réduction des émissions de GES et l'autre concernant l'Écocide.

Par paresse et en reconnaissance de leur qualité je les joins comme suit.

Le premier.

Logement, transports, consommation : les mesures du plan climat touchent tous les pans de la vie quotidienne

 Anne-Laure FrémontOlivia DétroyatEmmanuel EgloffValérie ColletJean-Yves Guérin et Marie Bartnik 10/02/2021

Les 150 citoyens de la Convention climat avaient un objectif clair : trouver comment réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030. Le gouvernement assure que les 69 articles du projet de loi climat qui résulte de cette concertation citoyenne permettraient de « sécuriser » entre la moitié et les deux tiers de ces réductions. Mais le texte est loin de faire l'unanimité. Trop contraignant pour les uns, surtout dans le contexte économique actuel très difficile, il est au contraire jugé très insuffisant par les autres. Le débat autour de la notion d'écocide illustre bien ce clivage (lire ci-contre). Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) évoque quant à lui des mesures « pertinentes mais souvent limitées, souvent différées, souvent soumises à des conditions telles, qu'on doute de les voir mises en œuvre à terme rapproché ». Petit tour d'horizon des mesures les plus emblématiques du texte.

Création d'un « CO2 Score »

L'article 1er du projet de loi ne sera pas le plus immédiat. Il s'agit d'instaurer cinq ans au plus tard après la publication de la loi une sorte de« Nutri Score »pour le climat, destiné à informer le consommateur sur l'empreinte carbone des produits et services qu'il achète. Le texte prévoit de rendre cet affichage obligatoire sur de multiples produits et services, dont la liste reste à préciser au rythme des retours d'expérimentations. Cet article prolonge d'une certaine façon une mesure de la loi sur l'économie circulaire adoptée il y a un an, qui prévoyait déjà de tester un affichage environnemental au sens large, notamment dans l'habillement. Destiné à induire un « changement de mentalité » selon le ministère de la Transition écologique, son impact sera difficilement quantifiable. Il est contesté dans les milieux agricoles, car il favoriserait un système d'élevage intensif et industriel. En cas d'inclusion des produits alimentaires dans cette notation, ce score CO2 ne prendrait pas non plus en compte le volet nutritionnel pourtant crucial. Le texte prévoit aussi d'étendre aux restaurants d'entreprises d'ici à 2025, l'obligation pour les cantines de proposer au moins 20 % de produits bio.

Fin de la location des passoires thermiques en 2028

La lutte contre les « passoires thermiques », ces logements tellement mal isolés qu'on chauffe autant l'extérieur que l'intérieur, est une priorité du plan. Le secteur du bâtiment représente en effet un cinquième des émissions nationales. Les bailleurs seront les premiers visés. L'article 41 vise à interdire la location de ce type de logement – on en compte 4,8 millions, soit 17 % du parc - à partir de 2028. Des étapes intermédiaires ont été fixées. À partir de 2023, les pires « passoires thermiques », soit 90 000 logements, seront interdits à la location. Puis, en 2025, ce sera au tour des logements de catégorie G en termes de diagnostic thermique. Et, en 2028, la catégorie F. La Convention citoyenne proposait également de s'attaquer aux propriétaires, avec amende à la clé. Le gouvernement ne s'est pas engagé – encore – sur cette voie. Il cherche à ne pas ­pénaliser ces ménages souvent modestes. Une mission a été chargée de trouver une solution pour que le reste à charge soit égal à zéro, car le but est bien de favoriser la réalisation de travaux pour faire sortir le logement de cette catégorie. MaPrimRénov', mise en place début 2020, doit y aider. Un budget de 2 milliards d'euros doit permettre de rénover 500 000 logements d'ici à fin 2021.

Réduction des véhicules trop polluants

Les transports restent le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre en France (30 % des émissions). Pourtant l'article 25 présenté en Conseil des ministres a été allégé: il stipule que « l'action des pouvoirs publics tend à ce que, d'ici le 1er janvier 2030, les voitures émettant moins de 95 gCO2/km (…) représentent au minimum 95 % des ventes de voitures particulières neuves». Pour rappel, la Commission européenne a déjà fixé un seuil d'émissions aux constructeurs automobiles: en 2020 et 2021, ils doivent atteindre une moyenne de 95 grammes de C0par km pour les nouveaux véhicules vendus. Ce niveau devra baisser encore de 15 % en 2025 et de 37,5 % en 2030 sous peine d'amendes lourdes. En outre, la loi LOM de 2019 prévoit la fin de la vente des voitures à énergies fossiles d'ici à 2040.

Zones à faibles émissions dans les grandes villes

La France avait été épinglée en octobre 2019 par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour des taux de concentration de dioxyde d'azote dans l'air supérieurs, depuis 2010, aux seuils ­autorisés. Douze agglomérations avaient été montrées du doigt. La Commission européenne avait ensuite mis en demeure le gouvernement français pour qu'il prenne « toutes les mesures nécessaires ». La loi climat n'est que la réponse à ces injonctions répétées: l'article 27 rend obligatoire la mise en place de « zones à faibles émissions mobilités » pour les 45 agglomérations de plus de 150 000 habitants d'ici au 31 décembre 2024. Les voitures les plus polluantes pourront y être interdites dès 2023 en cas de mauvaise qualité de l'air.

Interdiction des vols aériens sur des trajets assurés par train direct en moins de 2 h 30

Il s'agit d'une version allégée de la proposition des 150 qui souhaitaient étendre cette mesure aux trajets de moins de 4h. Elle concernerait donc une liaison Bordeaux-Orly, mais pas Marseille-Orly. Outre Bordeaux-Orly, deux autres vols exploités par Air France vont disparaître: Nantes-Orly et Lyon-Orly. Dans les faits, ces trois lignes ont été suspendues depuis le premier confinement en mars 2020 et n'ont jamais été rouvertes. Pour la compagnie tricolore, cette interdiction n'aura pas beaucoup d'incidences négatives. « Quand un TGV met trois heures pour assurer une liaison que nous exploitons, la SNCF prend 70 % du marché, explique-t-on chez Air France. Lorsqu'il s'agit d'une liaison de moins de deux heures, le ferroviaire absorbe 90 % du marché.» L'article 36 prévoit des aménagements pour les trajets avec correspondance. Il y aura donc toujours des Bordeaux-Roissy, Lyon-Roissy et Nantes-Roissy, car c'est à partir de l'aéroport Charles de Gaulle qu'Air France opère la plupart de ses vols internationaux. De même, le Marseille-Lyon sera conservé, car l'aéroport Saint-Exupéry est un hub d'Air France pour les vols domestiques. L'idée est aussi de faciliter les transitions train-avion dans les aéroports. Par exemple, le client qui réserve un Bordeaux-Fort de France sur le site d'Air France se verra proposer une liaison par le train Bordeaux-Paris avec un acheminement vers Orly pour prendre l'avion. Par ailleurs, les émissions de gaz à effet de serre sur tous les vols intérieurs devront progressivement être compensées à 100 % d'ici à 2024.

Division par deux de l'artificialisation des sols

La bétonisation des sols avale l'équivalent d'un département comme la Drôme tous les dix ans, avec plusieurs effets comme la dégradation des écosystèmes. L'idée est donc de diviser par deux le rythme d'artificialisation d'ici à 2030 par rapport à la précédente décennie. L'article 52 prévoit l'interdiction de créer de nouveaux centres commerciaux entraînant une ­artificialisation des sols, avec toutefois des dérogations possibles pour des surfaces inférieures à 10 000 mètres carrés sous conditions. Peu de nouveaux centres commerciaux se construisent désormais, mais les professionnels tiennent à pouvoir rénover et donc agrandir les centres existants. C'est souvent l'extension d'un centre qui permet d'en financer la rénovation. « À court terme, l'impact de la mesure sera faible, car la plupart des projets sont à l'arrêt en raison de la crise sanitaire. Mais cette interdiction est édictée ad vitam aeternam, et 10.000 m2, on les atteint vite », se désole Gontran Thuring, délégué général de la fédération du secteur. À l'inverse, les entrepôts d'e-commerce tels que ceux d'Amazon, ne seront finalement pas concernés par la mesure. De quoi agacer à peu près tout le monde 

Puis celui sur l'écocide, entretien entre Charles Sapin et Olivier Babeau le 10 février 2021

Olivier Babeau: «Avec le délit d’écocide, nous mettons un boulet au pied de notre économie»

 La reconnaissance, par le législateur, de la notion d’«écocide» ne marque-t-elle pas la victoire sémantique d’une vision punitive de l’écologie?

Olivier BABEAU.- C’est un important pas en ce sens, sur le plan pratique comme sur le plan symbolique. Les sanctions liées aux atteintes à l’environnement existaient déjà, elles sont ici alourdies et rendues plus incertaines. Si le texte de loi limite la portée de l’écocide en le conditionnant à l’intentionnalité, le concept de «dégât grave» ouvre à bien des interprétations dont il est difficile de prévoir les limites. La création de ce délit démontre de plus une volonté symbolique manifeste. Le terme même d’«écocide» apparente les atteintes à l’environnement aux crimes de sang. Tels les infanticides ou les parricides. Cela a un poids et une importance au moins comparables à la bataille en faveur d’une inscription dans la Constitution que «l’État garantit la préservation de l’environnement».

À vous entendre, ce délit d’écocide n’aura aucune conséquence sur la préservation de l’environnement?

Mon impression est qu’il n’apportera pas grand-chose, dans la mesure où des sanctions contre les pollueurs existaient déjà. Il n’est pas certain que ce renforcement des sanctions ait un réel effet dissuasif. En revanche, il est lourd de conséquences négatives potentielles. Tout dépend de l’interprétation qu’en feront les juges. C’est là où se nichent tous les risques. Avec ce délit d’écocide, on voudrait donner l’illusion de la simplicité et de l’évidence à quelque chose qui ne l’est pas. Quelles seront les caractéristiques précises de l’atteinte à l’environnement que nous voulons sanctionner? Lorsque nous avons massivement déboisé la France pour étendre les terres agricoles et cultiver davantage, était-ce un écocide? Nous pourrions même nous amuser en nous demandant si les éoliennes ne relèvent finalement pas de l’écocide, vu leur faible apport en électricité par rapport aux atteintes variées qu’elles portent à l’environnement. De la même façon, pourquoi la fermeture de centrales nucléaires contraignant à la réouverture d’usines à charbon, ne serait pas un écocide? Il faut préserver l’environnement. Mais il faut aussi produire, construire car les populations ont des attentes fortes… N’oublions pas que les « gilets jaunes » n’ont pas manifesté sur les ronds points contre le CO2

À l’heure où l’État se fixe pour objectif de réindustrialiser» le pays, n’y a-t-il pas une forme de contradiction?

C’est toute la question de l’articulation de cette vision de l’écologie en silos, avec d’autres impératifs. Notamment, les deux piliers que sont l’économie et le social. Il faut préserver l’environnement. Mais il faut aussi produire, construire car les populations ont des attentes fortes… N’oublions pas que les «gilets jaunes» n’ont pas manifesté sur les ronds points contre le CO2. Mais pour leur pouvoir d’achat. C’est quelque chose qui n’a pas été pensé ou même pris en compte par la Convention citoyenne qui relève, malheureusement, davantage du groupe de pression qu’autre chose. À travers ce texte de loi, c’est une vision décroissante de l’économie qui est portée. Alors que nous aurions besoin de comprendre que la vraie écologie, celle qui permet de décarboner efficacement par exemple, a besoin de la prospérité, car elle ne peut passer que par l’innovation et l’investissement. Il faut se méfier des indicateurs créés par des officines ad hoc qui cherchent à influencer nos représentations. La France représente 0,9 % des émissions à effet de serre dans le monde. Elles ont baissé de 12 % depuis 1990 dans notre pays. Il faut sortir de cette idée que la France est peu vertueuse alors que nous avons la chance, grâce au nucléaire, d’avoir une énergie décarbonée. Personne, chez les écologistes ou au sein de la Convention citoyenne, ne soulève ce point.

Comment, selon vous, les entreprises vont-elles réagir à ce texte? Certaines devront-elles provisionner ce risque de condamnation pour «écocide»?

Les entreprises arbitrent évidemment en fonction des risques. Elles sont dans un monde qui ne manque pas d’incertitude ou de concurrence. Certains secteurs, l’automobile notamment, doivent faire face à un changement de l’intégralité de leur modèle. En ajoutant ce risque, elles chercheront à se couvrir quitte à créer des phénomènes d’attente ou de désinvestissement. Cela revient à mettre un boulet au pied de notre activité économique. Nous risquons de tuer certaines de nos entreprises et les emplois qui vont avec. Tout en important des produits de l’étranger qui, eux, ne sont pas produits dans les mêmes conditions et avec les mêmes contraintes. Nous en sortirons peut-être les plus vertueux, mais terriblement affaiblis.

 Babeau a tout dit et mieux que le naïf ne l'aurait fait et chose rarissime il rappelle que la France n'est pas un acteur du réchauffement climatique.

 15 février 2021

 

 

 

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Que fait Margrethe

Quand Engie cède à Véolia sa part de Suez Le Maire chevalier des refus inexplicables n'a pas voulu s'y opposer fermement même si en fonction des statuts de ces belles dames il en était empêché.

Depuis ce moment Véolia fort(e) de cette acquisition met toute son énergie à racheter tout le paquet et Suez refuse avec la même énergie.

On cause puis on on ne cause plus. Suez fait intervenir les syndicats qui ne sont évidemment pas favorables car qui dit mise commun dit recherche des avantages et il est clair que les promesses de maintien du personnel sont des engagements qui n'engagent que ceux en faveur de qui ils furent faits.

Puis vient menée par Véolia la guerre des OPA amicale puis hostile. Là aussi je n'ai pas creusé pour garder à ce carnet la forme d'une brève.

On y mêle justice administrative et Autorité des Marchés Financiers, AMF, et cour d'appel et in fine Veolia serait autorisé(e) à mener son OPA. Le feuilleton a commencé début septembre 2020.

Le Maire sort de sa torpeur, intervient mais un peu tard et après une proposition de médiation décide à son tour de saisir l'AMF ce qui lance un nouveau tour de piste. 

Après ce rappel se pose une vraie question : Quelle explication donner au silence de la très active et pointilleuse justicière de la commission européenne Margrethe Vestager ? On l'a vue très active sur d'autres sujets français et elle met beaucoup d'énergie à esquinter EDF après avoir fait échouer le rapprochement Alstom-Siemens dans le ferroviaire.

Pourtant il s'agit bien d'un cas où on assiste à la création d'un monopole de l'eau en France.

Peut être Le Maire le tardif serait-il bien inspiré de rechercher l'avis de la casseuse de monopole ?

Avis de Naïf

 Note: dans le climat actuel je n'ai pas osé donner un genre à Véolia, on ne sait jamais.

 14 février 2021      

Une semaine plus tard la saga continue et Margrethe consultée par Suez dès le 16 octobre de l'année dernière (mea culpa) annonce que la Commission Européenne rejette la demande celle-ci, de vouloir  faire sanctionner par Bruxelles le rachat de 29,9% de son capital par Veolia pour violation du règlement des concentrations en ajoutant cependant une disposition prévoyant que l'acquéreur n'exerce pas les droits de vote attachés aux participations concernées, sauf dérogation particulières octroyée par Bruxelles.

Le Maire de son côté veut saisir l'AMF dès le 8 février. Le fit-il ?

Le Naïf trouve incompréhensible que Margrethe accepte la création de ce qui deviendra le monopole de Véolia après dépeçage de Suez en expulsant les résidus inintéressants par filiales ad hoc.

L'intérêt du Naïf faiblit et la saga s'enlise. Cette suite est aussi une fin.

21 février 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 février 2021

Pataugeages sublimes Autisme et sottises de la loi climat

Pataugeages sublimes   Nouvel Épisode  Autisme et sottises de la loi climat

L'habituelle piqure de rappel : la France est un témoin du réchauffement climatique, certainement une victime mais en aucun cas un acteur. Toutes les émissions et les commentaires assortis devraient toutes commencer par ce rappel.

La sottise originelle, un vrai pécher, conçue en un temps qui parait déjà lointain fut pour le Benêt à la cervelle de moineau d'organiser une convention citoyenne sur le climat (CCC) composée de 150 quidams choisis au hasard en contrepoint de l'augmentation du prix du diesel, écotaxe doublement TVAtiser, cause et début de la crise sociale des gilets jaunes. Dés pipés, les demandes sont nombreuses et les choisisseurs tendance verte, donc la convention est vert pâle. Le Benêt qui ne ne voit pas plus loin que le bout de son nez promet qu'il appliquera les recommandations de la dite commission. Il raffole de ce genre de sottises.

Le piège est armé et les mâchoires ouvertes.

En premier lieu il fallait bien, sottise sublime, reprendre et recoller tous ces morceaux d'opinions non-encore sublimés pour en faire un Loi qui mène la vie des lois ineptes entre les mains diligentes de la Pompili version moineau sans tête jusqu'au Conseil des Ministres en février et débats auxquels le Sénat refuse de participer au moins en apparence. Les participants à la Commission et les écolos dont l'inoxydable Duflot crient à l'émasculation de leur projet. As usual la Chouette à la triste figure a ajouté une contribution dont je fait grâce au lecteur. Ils manifestent et sont verbalisés mais enfin après ce beaucoup de bruit pour rien à mi-mars 2021 retour à l'assemblée par l'examen en commission de lois du fameux projet édulcoré.       As usual la Chouette à la triste figure a ajouté une contribution dont je fait grâce au lecteur 

La maladie qui nous afflige occupe le Benêt pour une partie importante de ses efforts d'abord comme porte parole des experts épidémiologistes et médecins de tout poil puis dans un sursaut déconfinatoire en chef de guerre du quoi qu'il en coûte.    Entre un confinement et un couvre feu ressurgit un des morceaux de la promesse que ces carnets a évoqué et a sans doute été recollé dans la pantalonnade de la Pompili. Pataugeage sublime, Le référendum

Parmi les commentaires instructifs j'ai retenus deux commentaires l'un sur les conséquences du plan climat et en particulier sur la réduction des émissions de GES et l'autre concernant l'Écocide.

Par paresse et en reconnaissance de leur qualité je les joins comme suit. 

Le premier.

Logement, transports, consommation : les mesures du plan climat touchent tous les pans de la vie quotidienne

 Anne-Laure FrémontOlivia DétroyatEmmanuel EgloffValérie ColletJean-Yves Guérin et Marie Bartnik 10/02/2021

Les 150 citoyens de la Convention climat avaient un objectif clair : trouver comment réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030. Le gouvernement assure que les 69 articles du projet de loi climat qui résulte de cette concertation citoyenne permettraient de « sécuriser » entre la moitié et les deux tiers de ces réductions. Mais le texte est loin de faire l'unanimité. Trop contraignant pour les uns, surtout dans le contexte économique actuel très difficile, il est au contraire jugé très insuffisant par les autres. Le débat autour de la notion d'écocide illustre bien ce clivage (lire ci-contre). Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) évoque quant à lui des mesures « pertinentes mais souvent limitées, souvent différées, souvent soumises à des conditions telles, qu'on doute de les voir mises en œuvre à terme rapproché ». Petit tour d'horizon des mesures les plus emblématiques du texte.

Création d'un « CO2 Score »

L'article 1er du projet de loi ne sera pas le plus immédiat. Il s'agit d'instaurer cinq ans au plus tard après la publication de la loi une sorte de« Nutri Score »pour le climat, destiné à informer le consommateur sur l'empreinte carbone des produits et services qu'il achète. Le texte prévoit de rendre cet affichage obligatoire sur de multiples produits et services, dont la liste reste à préciser au rythme des retours d'expérimentations. Cet article prolonge d'une certaine façon une mesure de la loi sur l'économie circulaire adoptée il y a un an, qui prévoyait déjà de tester un affichage environnemental au sens large, notamment dans l'habillement. Destiné à induire un « changement de mentalité » selon le ministère de la Transition écologique, son impact sera difficilement quantifiable. Il est contesté dans les milieux agricoles, car il favoriserait un système d'élevage intensif et industriel. En cas d'inclusion des produits alimentaires dans cette notation, ce score CO2 ne prendrait pas non plus en compte le volet nutritionnel pourtant crucial. Le texte prévoit aussi d'étendre aux restaurants d'entreprises d'ici à 2025, l'obligation pour les cantines de proposer au moins 20 % de produits bio.

Fin de la location des passoires thermiques en 2028

La lutte contre les « passoires thermiques », ces logements tellement mal isolés qu'on chauffe autant l'extérieur que l'intérieur, est une priorité du plan. Le secteur du bâtiment représente en effet un cinquième des émissions nationales. Les bailleurs seront les premiers visés. L'article 41 vise à interdire la location de ce type de logement – on en compte 4,8 millions, soit 17 % du parc - à partir de 2028. Des étapes intermédiaires ont été fixées. À partir de 2023, les pires « passoires thermiques », soit 90 000 logements, seront interdits à la location. Puis, en 2025, ce sera au tour des logements de catégorie G en termes de diagnostic thermique. Et, en 2028, la catégorie F. La Convention citoyenne proposait également de s'attaquer aux propriétaires, avec amende à la clé. Le gouvernement ne s'est pas engagé – encore – sur cette voie. Il cherche à ne pas ­pénaliser ces ménages souvent modestes. Une mission a été chargée de trouver une solution pour que le reste à charge soit égal à zéro, car le but est bien de favoriser la réalisation de travaux pour faire sortir le logement de cette catégorie. MaPrimRénov', mise en place début 2020, doit y aider. Un budget de 2 milliards d'euros doit permettre de rénover 500 000 logements d'ici à fin 2021.

Réduction des véhicules trop polluants

Les transports restent le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre en France (30 % des émissions). Pourtant l'article 25 présenté en Conseil des ministres a été allégé: il stipule que « l'action des pouvoirs publics tend à ce que, d'ici le 1er janvier 2030, les voitures émettant moins de 95 gCO2/km (…) représentent au minimum 95 % des ventes de voitures particulières neuves». Pour rappel, la Commission européenne a déjà fixé un seuil d'émissions aux constructeurs automobiles: en 2020 et 2021, ils doivent atteindre une moyenne de 95 grammes de C0par km pour les nouveaux véhicules vendus. Ce niveau devra baisser encore de 15 % en 2025 et de 37,5 % en 2030 sous peine d'amendes lourdes. En outre, la loi LOM de 2019 prévoit la fin de la vente des voitures à énergies fossiles d'ici à 2040.

Zones à faibles émissions dans les grandes villes

La France avait été épinglée en octobre 2019 par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour des taux de concentration de dioxyde d'azote dans l'air supérieurs, depuis 2010, aux seuils ­autorisés. Douze agglomérations avaient été montrées du doigt. La Commission européenne avait ensuite mis en demeure le gouvernement français pour qu'il prenne « toutes les mesures nécessaires ». La loi climat n'est que la réponse à ces injonctions répétées: l'article 27 rend obligatoire la mise en place de « zones à faibles émissions mobilités » pour les 45 agglomérations de plus de 150 000 habitants d'ici au 31 décembre 2024. Les voitures les plus polluantes pourront y être interdites dès 2023 en cas de mauvaise qualité de l'air.

Interdiction des vols aériens sur des trajets assurés par train direct en moins de 2 h 30

Il s'agit d'une version allégée de la proposition des 150 qui souhaitaient étendre cette mesure aux trajets de moins de 4h. Elle concernerait donc une liaison Bordeaux-Orly, mais pas Marseille-Orly. Outre Bordeaux-Orly, deux autres vols exploités par Air France vont disparaître: Nantes-Orly et Lyon-Orly. Dans les faits, ces trois lignes ont été suspendues depuis le premier confinement en mars 2020 et n'ont jamais été rouvertes. Pour la compagnie tricolore, cette interdiction n'aura pas beaucoup d'incidences négatives. « Quand un TGV met trois heures pour assurer une liaison que nous exploitons, la SNCF prend 70 % du marché, explique-t-on chez Air France. Lorsqu'il s'agit d'une liaison de moins de deux heures, le ferroviaire absorbe 90 % du marché.» L'article 36 prévoit des aménagements pour les trajets avec correspondance. Il y aura donc toujours des Bordeaux-Roissy, Lyon-Roissy et Nantes-Roissy, car c'est à partir de l'aéroport Charles de Gaulle qu'Air France opère la plupart de ses vols internationaux. De même, le Marseille-Lyon sera conservé, car l'aéroport Saint-Exupéry est un hub d'Air France pour les vols domestiques. L'idée est aussi de faciliter les transitions train-avion dans les aéroports. Par exemple, le client qui réserve un Bordeaux-Fort de France sur le site d'Air France se verra proposer une liaison par le train Bordeaux-Paris avec un acheminement vers Orly pour prendre l'avion. Par ailleurs, les émissions de gaz à effet de serre sur tous les vols intérieurs devront progressivement être compensées à 100 % d'ici à 2024.

Division par deux de l'artificialisation des sols

La bétonisation des sols avale l'équivalent d'un département comme la Drôme tous les dix ans, avec plusieurs effets comme la dégradation des écosystèmes. L'idée est donc de diviser par deux le rythme d'artificialisation d'ici à 2030 par rapport à la précédente décennie. L'article 52 prévoit l'interdiction de créer de nouveaux centres commerciaux entraînant une ­artificialisation des sols, avec toutefois des dérogations possibles pour des surfaces inférieures à 10 000 mètres carrés sous conditions. Peu de nouveaux centres commerciaux se construisent désormais, mais les professionnels tiennent à pouvoir rénover et donc agrandir les centres existants. C'est souvent l'extension d'un centre qui permet d'en financer la rénovation. « À court terme, l'impact de la mesure sera faible, car la plupart des projets sont à l'arrêt en raison de la crise sanitaire. Mais cette interdiction est édictée ad vitam aeternam, et 10.000 m2, on les atteint vite », se désole Gontran Thuring, délégué général de la fédération du secteur. À l'inverse, les entrepôts d'e-commerce tels que ceux d'Amazon, ne seront finalement pas concernés par la mesure. De quoi agacer à peu près tout le monde

Puis celui sur l'écocide, entretien entre Charles Sapin et Olivier Babeau le 10 février 2021 

Olivier Babeau: «Avec le délit d’écocide, nous mettons un boulet au pied de notre économie»

 La reconnaissance, par le législateur, de la notion d’«écocide» ne marque-t-elle pas la victoire sémantique d’une vision punitive de l’écologie?

Olivier BABEAU.- C’est un important pas en ce sens, sur le plan pratique comme sur le plan symbolique. Les sanctions liées aux atteintes à l’environnement existaient déjà, elles sont ici alourdies et rendues plus incertaines. Si le texte de loi limite la portée de l’écocide en le conditionnant à l’intentionnalité, le concept de «dégât grave» ouvre à bien des interprétations dont il est difficile de prévoir les limites. La création de ce délit démontre de plus une volonté symbolique manifeste. Le terme même d’«écocide» apparente les atteintes à l’environnement aux crimes de sang. Tels les infanticides ou les parricides. Cela a un poids et une importance au moins comparables à la bataille en faveur d’une inscription dans la Constitution que «l’État garantit la préservation de l’environnement».

À vous entendre, ce délit d’écocide n’aura aucune conséquence sur la préservation de l’environnement?

Mon impression est qu’il n’apportera pas grand-chose, dans la mesure où des sanctions contre les pollueurs existaient déjà. Il n’est pas certain que ce renforcement des sanctions ait un réel effet dissuasif. En revanche, il est lourd de conséquences négatives potentielles. Tout dépend de l’interprétation qu’en feront les juges. C’est là où se nichent tous les risques. Avec ce délit d’écocide, on voudrait donner l’illusion de la simplicité et de l’évidence à quelque chose qui ne l’est pas. Quelles seront les caractéristiques précises de l’atteinte à l’environnement que nous voulons sanctionner? Lorsque nous avons massivement déboisé la France pour étendre les terres agricoles et cultiver davantage, était-ce un écocide? Nous pourrions même nous amuser en nous demandant si les éoliennes ne relèvent finalement pas de l’écocide, vu leur faible apport en électricité par rapport aux atteintes variées qu’elles portent à l’environnement. De la même façon, pourquoi la fermeture de centrales nucléaires contraignant à la réouverture d’usines à charbon, ne serait pas un écocide? Il faut préserver l’environnement. Mais il faut aussi produire, construire car les populations ont des attentes fortes… N’oublions pas que les « gilets jaunes » n’ont pas manifesté sur les ronds points contre le CO2

À l’heure où l’État se fixe pour objectif de réindustrialiser» le pays, n’y a-t-il pas une forme de contradiction?

C’est toute la question de l’articulation de cette vision de l’écologie en silos, avec d’autres impératifs. Notamment, les deux piliers que sont l’économie et le social. Il faut préserver l’environnement. Mais il faut aussi produire, construire car les populations ont des attentes fortes… N’oublions pas que les «gilets jaunes» n’ont pas manifesté sur les ronds points contre le CO2. Mais pour leur pouvoir d’achat. C’est quelque chose qui n’a pas été pensé ou même pris en compte par la Convention citoyenne qui relève, malheureusement, davantage du groupe de pression qu’autre chose. À travers ce texte de loi, c’est une vision décroissante de l’économie qui est portée. Alors que nous aurions besoin de comprendre que la vraie écologie, celle qui permet de décarboner efficacement par exemple, a besoin de la prospérité, car elle ne peut passer que par l’innovation et l’investissement. Il faut se méfier des indicateurs créés par des officines ad hoc qui cherchent à influencer nos représentations. La France représente 0,9 % des émissions à effet de serre dans le monde. Elles ont baissé de 12 % depuis 1990 dans notre pays. Il faut sortir de cette idée que la France est peu vertueuse alors que nous avons la chance, grâce au nucléaire, d’avoir une énergie décarbonée. Personne, chez les écologistes ou au sein de la Convention citoyenne, ne soulève ce point.

Comment, selon vous, les entreprises vont-elles réagir à ce texte? Certaines devront-elles provisionner ce risque de condamnation pour «écocide»?

Les entreprises arbitrent évidemment en fonction des risques. Elles sont dans un monde qui ne manque pas d’incertitude ou de concurrence. Certains secteurs, l’automobile notamment, doivent faire face à un changement de l’intégralité de leur modèle. En ajoutant ce risque, elles chercheront à se couvrir quitte à créer des phénomènes d’attente ou de désinvestissement. Cela revient à mettre un boulet au pied de notre activité économique. Nous risquons de tuer certaines de nos entreprises et les emplois qui vont avec. Tout en important des produits de l’étranger qui, eux, ne sont pas produits dans les mêmes conditions et avec les mêmes contraintes. Nous en sortirons peut-être les plus vertueux, mais terriblement affaiblis.

 Babeau a tout dit et mieux que le naïf ne l'aurait fait et chose rarissime il rappelle que la France n'est pas un acteur du réchauffement climatique.

15 février 2021

 

 

 

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14 février 2021

Que fait Margrethe

Quand Engie cède à Véolia sa part de Suez Le Maire chevalier des refus inexplicables n'a pas voulu s'y opposer fermement même si en fonction des statuts de ces belles dames il en était empêché.

Depuis ce moment Véolia fort(e) de cette acquisition met toute son énergie à racheter tout le paquet et Suez refuse avec la même énergie.

On cause puis on on ne cause plus. Suez fait intervenir les syndicats qui ne sont évidemment pas favorables car qui dit mise commun dit recherche des avantages et il est clair que les promesses de maintien du personnel sont des engagements qui n'engagent que ceux en faveur de qui ils furent faits.

Puis vient menée par Véolia la guerre des OPA amicale puis hostile. Là aussi je n'ai pas creusé pour garder à ce carnet la forme d'une brève.

On y mêle justice administrative et Autorité des marchés financiers, AMF, et cour d'appel et in fine Veolia serait autorisé(e) à mener son OPA. Le feuilleton a commencé début septembre 2020.

Le Maire sort de sa torpeur, intervient mais un peu tard et après une proposition de médiation décide à son tour de saisir l'AMF ce qui lance un nouveau tour de piste. 

Après ce rappel se pose une vraie question : Quelle explication donner au silence de la très active et pointilleuse justicière de la commission européenne Margrethe Vestager ? On l'a vue très active sur d'autres sujets français et elle met beaucoup d'énergie à esquinter EDF après avoir fait échouer le rapprochement Alstom-Siemens dans le ferroviaire.

Pourtant il s'agit bien d'un cas où on assiste à la création d'un monopole de l'eau en France.

Peut être Le Maire le tardif serait-il bien inspiré de rechercher l'avis de la casseuse de monopole ? 

Avis de Naïf

 Note: dans le climat actuel je n'ai pas osé donner un genre à Véolia, on ne sait jamais.

14 février 2021      

 

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07 février 2021

De quoi j'me mêle

Le choix de l'intitulé de ce carnet est compliqué, vous avez remarqué on ne dit plus difficile tout comme on ne dit croissant ou augmentant car tout est exponentiel, mais je m'égare.

Donc choix difficile car abondant ce qui ne peut nuire comme dit le proverbe mais est chemin de l'hésitation.

Ainsi, La sottise démagogique, De quoi j'me mêle, Ubu Ministre, Encore un Ministre incohérent…

Vous avez tous compris je vais parler de Bruno Le Maire.

Bon, je choisirai plus tard. 

Me vient l'image d'un Donald le Clown coudes écartés tenant en ses mains un grand et beau parapheur, signe du pouvoir, orné d'un très grand et beau paraphe façon gribouillis d'art moderne et en comparaison un pauvre petit Le Maire qui a simplement communiqué son oukase aux intéressés, peut-être même au téléphone ou par un Tweet comme fait l'autre. Ya pas de panache la dedans, ça fait amateur la queue entre les jambes non pas comme un exhibitionniste mais comme le toutou qui a fait pipi là où il ne fallait pas. Il ne veut pas, scrogneugneu, du rachat de Carrouf par des épiciers riches et québécois.  Avec ses sottises il fait naître des images de pataugeage pitoyable, familières dans les moqueries sur notre Ministre de la Santé et d'autres encore.

Donc, ils avaient Donald le Clown et nous avons Le Maire la Queue entre les Jambes.

Qu'en pense le public.      Les participants retenus par le Jury gagneront une mention particulière dans un carnet du Naïf. Répondez vite sur Le Naïf dans le Monde avant le coucher du soleil et le gagnant sera contacté par Delphine Ernotte qui est toujours à l'écoute des cher(e)s téléspectateurs-trices.  

Mais je m'égare. Je choisis  

De quoi j'me mêle

 Un groupe de distribution québécois, Couche-Tard, à mi-janvier souhaite se rapprocher du groupe Carrefour. Dans la presse il est dit que cela pourrait prendre la forme d'une fusion.

Le français au chiffre d'affaires de 81 milliards est capitalisé à Paris pour 12.6 milliards.

Le canadien au chiffre d'affaires de 41 milliards  à Toronto pour 22.5 milliards de capitalisation et 19.6 de bénéfice.

Carrefour et Couche- Tard expriment leur intérêt et continuent des négociations sans doute entamées auparavant.

Le propos ici n'est pas d'analyser les raisons pour lesquelles ces deux groupes souhaitent se rapprocher : c'est leur affaire.

Mais v'la tipas que le Ministre des Finances du gouvernement sans consultation des intéressés oppose un veto à cette opération en invoquant des soucis de protection alimentaire.

L'argumentation du Ministre est tellement ridicule qu'il est inutile de s'y attarder même si cela rentre dans le champ des entreprises pouvant faire l'objet d'un d'un contrôle. Ce qu'il ne fit pas.  

Et bien sûr tous les témoins crient au scandale, à l'abus d'autorité sans fondements juridiques ou économiques, de terrorisme intellectuel et non du droit.

Par exemple «C’est la manifestation d’un dirigisme absurde. On n’a l’impression d’être dans en Union soviétique ou dans une République bananière. Le Canada n’est pas la Chine.»

D'autres disent : Le maintien des emplois en France est sans doute plus sûr avec un mariage avec Couche-tard que sans.

Et les actionnaires français qui approuvaient ce rapprochement n'apprécient pas les déstabilisations boursières que provoque le veto hors de propos du Ministre. Le patron de Carrefour Alexandre Bompard, pourtant discret sur le sujet ces derniers jours se moque "Je ne relaie jamais nos promotions, mais là...", a-t-il écrit sur Tweeter, en partageant pour l'occasion une opération spéciale de l'enseigne, pleine d'ironie. "Pour les lève-tôt nos hypers ouvrent dès 7h30, pour les couche-tard http://carrefour.fr reste ouvert 24h/24. Et pour tous, -34% sur notre sirop d'érable.

Après ce bref hors d'œuvre le vif du sujet ou plutôt un nouveau sujet.

De quoi j'me mêle pas

 Ce bonhomme, Ministre de son état qui trouvait à redire au rapprochement  Carrouf- Couche-Tard avec une maladresse insigne, en admettant que certaines de ses motivations aient eu du sens, est celui qui opine du chef quand l'ogresse de la Commission à Bruxelles passe son temps à désosser EDF dans l'indifférence du Benêt en Chef qui dit qu'il souhaite conserver notre potentiel nucléaire tout en confiant le dossier de l'énergie à une écervelée notoire et fanatiquement hostile au nucléaire avec une vision de zéro nucléaire dans son cerveau de moineau, pardon, cervelle genre oblige.

Ogresse de la commission est la première image qui me soit venue mais la encore d'autres viennent, plus appropriées.

Dire Méduse serait une analogie frappante mais la méduse pétrifie ceux qui ont le malheur de croiser son regard, ce qui naturellement s'applique parfaitement au Benêt en Chef qui est pétrifié en face des décisions importantes alors qu'il navigue aisément dans le flot des affaires courantes ou viralement galopantes. Dire Gorgone complique encore l'image et donc mieux vaut oublier celle-ci.

Alors l'évidence : le poulpe ou plutôt la pieuvre, animal dont on dit qu'il a un gros cerveau aux mécanismes pour nous, pauvres pécheurs, insaisissables et qui peut se saisir de tout ce qui passe à portée de ses longs tentacules pour les arranger à la sauce Commission. La jeune pieuvre élevée en eau teutonne manifeste une autorité à tentacule rigide a contrario de la souplesse de tata Merkel et son jeune cerveau est indifférent aux dangers des eaux troubles. En privé et un peu familièrement on l'appelle Tata Ursula von der Leyen. Elle très puissante et fait exactement ce qu'elle veut avec rigidité en particulier dans un tentacule, celui de la concurrence. La commissaire Margareth Vestager comme Tata UL est très autoritaire et n'admet pas qu'on discute ses décisions.

Fusion branches ferroviaires d'Alsthom et de Siemens, niet, même pas en rêve !

Vous croyez que vous pouvez faire ce que vous voulez avec EDF au  motif fallacieux que vous êtes maitre chez vous. Niet, ce qui est bon pour vous c'est ce que moi je dis de faire. Vous allez me saucissonner votre producteur d'électricité, même que j'ai tout prévu et mon plan n'est pas discutable. D'ailleurs si vous êtes assez stupide pour fermer une centrale qui marche, je ne vois pas pourquoi je me gênerais.

Bon, je suis bonne fille, Alsthom veux racheter Bombardier, ça me va, mais faut tout de même faire un petit geste en bazardant une usine où il fabrique des TER. Me demandez pas pourquoi, j'suis pas sûre de le savoir.

Et Breton observe en somnolant. Et notre grand Benêt s'occupe à vérifier que les vaccins dorment bien au froid dans les hangars égarés.

Margareth est sympa de s'occuper de broutilles comme ces histoires franchouillardes alors qu'elle pénalise des Apple et Google avec Android dans sa musette à des niveaux milliardesques. 

La pandémie frappe le monde entier. Ursula lance un nouveau tentacule. Elle s'occupait déjà bien des sujets dans les domaines d'approbation des médicaments et vaccins mais elle s'est emparée de l'achat groupé des vaccins pour les pays de l'Union et force est de reconnaître qu'on ne pouvait guère faire autrement.  

Bien des pays dès l'abord ont sur ce marché des vaccins acheter des quantités importantes de camelote de toutes les marques possibles existantes ou à venir finançant ainsi le fournisseur et souvent contribuant à ses efforts de recherche alors que la Commission s'est cantonnée à une attitude d'acheteur pointilleux et lent se limitant jusqu'à ce que la machine des 27 ait fonctionné à des acomptes sur livraison, substantiels certes mais qui sont et restent secondaires pour les fabricants associés aux groupes qui les ont financés.

De fait Ursula est très autoritaire et déterminée mais elle ne peut s'affranchir des règles de la vie en groupe. Si de surcroit elle fait comme dit la chanson des bêtises le rappel à l'ordre justifié est immédiat.

Elle avait sans doute oublié les termes de l'accord Brexit ou peut-être l'existence de l'Irlande du Nord. Barnier doit lui aussi s'interroger sur les compétences d'Ursula. 

Un tentacule pour rire.  Il ne vient pas directement d'Ursula mais de la CJUE et concerne l'Armée Française.

Les conclusions de M. Trucmuche, avocat général près la Cour de Justice de l'Union Européenne, sont claires : "Les militaires relèvent du champ d'application de la directive 2003/88", qui fixe le temps de travail maximal, le temps de repos incompressible etc. 

Pour l'avocat général, au regard du droit de l'UE, les soldats, marins et aviateurs sont des travailleurs comme les autres, ou presque. Car dans les situations particulières que sont les Opérations extérieures (Opex - Barkhane), Opérations intérieures (Opint - Sentinelle), et les phases de préparation opérationnelle, il est exclu d'appliquer le droit du travail : dans ces cas, écrit-il, "les militaires doivent être préparés à la fatigue, à la discipline collective, à la violence de l'ennemi et à des conditions de travail rustiques.

Inutile de préciser que Trucmuche est danois donc familier des problèmes d'une armée constamment en opération. Donc il a tout de même reconnu que l'Armée Française est toujours et complètement en opération.

Cerise sur le gâteau: un pays ne suit pas les injonctions de Trucmuche, alors l'avocat procède à  un recours en manquement  qui permet à la Cour de justice de contrôler le respect par les États membres des obligations qui leur incombent en vertu du droit de l'Union. La saisine de la Cour de justice est précédée d'une procédure préalable engagée par la Commission qui consiste à donner à l'État membre concerné l'occasion de répondre aux griefs qui lui sont adressés. Si cette procédure n'amène pas l'État membre à mettre fin au manquement, un recours pour violation du droit de l'Union peut être introduit auprès de la Cour de justice.
Ce recours peut être engagé soit par la Commission - c'est, en pratique, le cas le plus fréquent - soit par un État membre. Si la Cour de justice constate le manquement, l'État est tenu d'y mettre fin sans délai. Si, après une nouvelle saisine par la Commission, la Cour de justice constate que l'État membre concerné ne s'est pas conformé à son arrêt, elle peut lui infliger le paiement d'une somme forfaitaire et/ou d'une astreinte. Toutefois, en cas de non communication des mesures de transposition d'une directive à la Commission, sur proposition de cette dernière, une sanction pécuniaire peut être infligée par la Cour à l'État membre concerné dès le stade du premier arrêt en manquement.

J'avais dit pour rire et j'ajoute en pleurer… pas de rire.

C'est toujours la même chose, vous tirez sur une ficelle et vous récoltez l'écheveau.

Mais nous avons entrouvert une petite fenêtre sur ce qu'est en réalité l'Union Européenne.

Comme à l'accoutumée, je ne suis pas satisfait de ce carnet. Il boite par déséquilibre entre un début jeux de mots et une pieuvre envahissante, un milieu au pas de course et une digression longuette.

Pour les histoires d'EDF à démantibuler, un autre carnet s'impose qui sera plus équilibré, Inch Allah.

Je joins un excellent article de l'excellent Baverez qui aurait échappé à la vigilance des lecteurs de mon journal de référence.

6 février 2021

  

                     Nicolas Baverez: «Leçons et espoirs d’une année terrible» 20/12/2020  Le Figaro

L’année 2020, placée sous le signe d’une pandémie et d’une récession historiques, restera comme un temps de catastrophe. Elle a jeté une lumière crue sur l’extrême vulnérabilité des démocraties. L’Occident s’est révélé incapable de maîtriser la pandémie, comme il a perdu le contrôle de l’ordre mondial avec les guerres enlisées et perdues et celui du capitalisme avec le krach de 2008. Mais les moments de plus grand danger sont aussi ceux où l’espoir peut renaître. L’année 2021 doit être moins celle d’une relance que d’une reconstruction. L’heure n’est pas au retour vers le passé pour réactiver le capitalisme de rente et de bulles, sanctuariser la polarisation des sociétés et la désintégration des classes moyennes, encourager les passions collectives. La priorité doit aller à l’invention d’une nouvelle donne. Or celle-ci peut se nourrir des signaux positifs qui sont apparus au milieu des calamités.

La mondialisation a fait preuve d’une étonnante résistance. Elle s’est restructurée autour de blocs régionaux mais ne s’est pas effondrée, contrairement à la désintégration des échanges et des paiements dans les années 1930. Les chaînes de valeurs complexes se sont remises en marche. Le commerce maritime est reparti. En dépit de l’exacerbation des tensions internationales sous l’effet de la nouvelle guerre froide qui oppose les États-Unis et la Chine, la mobilisation de la communauté scientifique a permis des progrès majeurs dans la prise en charge des malades et surtout la découverte d’un vaccin efficace contre le Covid-19 en moins d’un an - exploit sans précédent dans l’histoire de la médecine.

Face à un choc d’une nature et d’une ampleur inédites, la politique économique a réagi avec une force et une rapidité exceptionnelles, mobilisant dans les pays développés quelque 20.000 milliards de dollars en quelques semaines pour réassurer la chute de l’activité, de l’emploi et des revenus. Simultanément, les deux révolutions déterminantes pour le capitalisme du XXIe siècle, à savoir la révolution numérique et la transition écologique, ont vivement progressé. L’accélération de la numérisation des activités a souligné la nécessité d’une régulation des plateformes et de leur réintégration dans l’État de droit. Parallèlement à la chute de 7 % des émissions de gaz à effet de serre, les mesures de confinement ont fait émerger des modes d’organisation du travail et de consommation plus respectueux de l’environnement - du télétravail aux circuits courts -, montrant qu’il est possible de concilier performance économique et transition écologique.

La sortie de crise s’effectuera par une mondialisation régulée et non par la démondialisation

Au moment où la liberté se trouvait réduite et contestée au nom de l’impératif de la sécurité, la démocratie est loin d’avoir disparu. Parmi les pays qui ont le mieux réagi à la crise sanitaire et économique, figurent nombre de nations libres. Ils soulignent que le respect des libertés individuelles et de l’État de droit est parfaitement compatible avec la sécurité des citoyens, un État performant, une industrie forte, une innovation dynamique. Malgré la pression extrême exercée par Donald Trump, la démocratie américaine a tenu bon. Le vote des 538 grands électeurs, le 14 décembre, a acté la victoire de Joe Biden en dépit du refus obstiné de son adversaire de concéder sa défaite. L’universalité et l’autorité du suffrage universel ont résisté à la tentative de coup de force du président sortant. Les juges ont fait primer le respect du droit sur les attaches partisanes. Les chefs militaires ont maintenu les forces armées à l’écart du jeu politique. Au total, l’édifice constitutionnel et le système électoral complexes imaginés au XVIIIe siècle par les Pères fondateurs de la démocratie américaine se sont révélés efficaces pour protéger les libertés et contenir les passions collectives au XXIe siècle.

 

Longtemps passive face à la multiplication des chocs, l’Europe s’est enfin réveillée. Face à la pandémie, l’Union a adopté un plan de relance de 750 milliards qui donne naissance à une Europe économique. Elle affirme sa souveraineté technologique en se faisant le pionnier de la régulation numérique. Elle a réagi à la multiplication des agressions de la démocrature turque en décidant une première batterie de sanctions contre les responsables des forages illégaux en Méditerranée.

Les leçons pour la reconstruction du capitalisme et de la démocratie sont claires. La sortie de crise s’effectuera par une mondialisation régulée et non par la démondialisation. Les risques planétaires ne peuvent être gérés que par le renouveau de la coopération internationale. Les contre-pouvoirs, la décentralisation des décisions mais surtout la vertu des citoyens et le courage des responsables publics demeurent les garants ultimes de la liberté. Périclès rappelait à juste titre que «ce ne sont pas les pierres mais les hommes qui constituent le meilleur rempart des Cités».

 

 

 

 

 

 

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