Le Naïf dans le Monde

18 mars 2019

Insurrection et pamphlet

 

Je tourne le bouton du poste. On disait comme ça. Naguère.

L’image m’instruit. Je vois des émeutiers tenter dans une insurrection violente d’assassiner, en groupe, des représentants des « forces de l’ordre ». On dit comme ça. Maintenant. Les Forces-de.

Ils pillent ce qu’ils peuvent voler et ils saccagent et brulent ce qu’ils ne peuvent emporter ou qui leur déplait.

J’entends la speakerine. On disait comme ça. Naguère. La présentatrice est un produit récent : preuve qu’on nettoie la langue de ses anglicismes.

Sa parole m’instruit. Elle dit : les dernières manifestations ont donné lieu à des actes de violence.

 

Ouf, je me sens mieux : elle n’a pas ôté de sa narration le mot violence. C’est un bon jour. En langage correct, elle aurait dû dire que « la manifestation avait provoqué des désordres » car il est bien entendu qu’il ne convient pas d’attacher une importance particulière au fait qu’un groupe de gens essaie de tuer un CRS ou un policier ou qu’il saccage, pille et incendie en toute quiétude les magasins de l’avenue où ils « manifestent ». Incendier un immeuble avec ses occupants ou un restaurant dont le défaut est d’être célèbre, ne sont que peccadilles.

 

Ainsi l’émeute et l’insurrection deviennent licites. Et le droit de manifestation habille l’acte criminel. Le « droit À » autorise tout.

 

Les Forces de l’ordre sont apeurées par la perspective d’avoir à subir les foudres du système judiciaire si dans l’exercice d’une nécessaire répression ils étaient conduits à faire « pour de bon », réellement, usage de la force.

Ce qui entrainerait inévitablement des blessés et des morts puisqu’ils ont en  face d’eux des individus armés pour blesser ou pour tuer. Sauf à considérer qu’un cocktail Molotov est un signe de mécontentement véniel.

Évidemment les CRS, flics et gendarmes  sont identifiables et ils ne se fondent pas dans une foule accueillante.

Évidemment ils représentent, non pas l’ordre que requiert la vie en société (ainsi qu’on les désigne, Forces de…) mais les puissances obscures du capital et du colonialisme et de tous les autres maux que l’idéologie victimaire et écologisante leur imputera.

Leurs visages manquaient sur le « Mur des Cons ». Quel oubli !

L’appareil législatif est celui  d’une société en ordre et convient mal à une société qui crée et revendique le désordre. Sans parler de l’état de guerre de notre gentil Hollande. (1)

 

Mais enfin, il faut reconnaître que les flics et autres CRS ne remplissent pas leur mission et les saccages continuent. Les interrompre conduirait à l’affrontement violent qu’ils redoutent et dont, sans nul doute, on leur attribuera la paternité.

Une solution s’imposerait : limoger le préfet de police. Cela résoudrait tout.

On objectera qu’ont été interpellés des individus qui ont été ou seront placés en garde à vue le temps prescrit. Après le « rappel à la loi » rituel, ils seront élargis « sans autre forme de procès » faute de preuves et de flagrance.

Il n’est pas question qu’ils puissent manquer « l’acte » suivant.

Sinon, comment pourraient-ils poursuivre leur entraînement d’émeutier insurrectionnel ?

D’ailleurs les individus appréhendés étaient-ils des émeutiers ou simplement des imbéciles appréhendables ?

 

Plus que jamais il est temps d’appeler les choses par leur nom et plus que jamais il est temps de laisser les gendarmes attraper les méchants par l’usage de la force légitime.

On en viendrait à souhaiter, chaque samedi, qu’un CRS soit grillé ou qu’un flic soit tué pour qu’enfin la grandes masse des soumis à la belle pensée se réveille pour mesurer l’étendue de la désagrégation sociale qu’elle tolère quand elle ne la favorise pas. (2)

Je serais désolé que ce texte, très délibérément excessif dans l’expression soit perçu comme une défense de la bavure policière. Certainement certains tirs de flashball aurait dû être tirés plus bas en ne visant que les parties… les moins fragiles de l’anatomie du manifestant.

Les forces de l’ordre doivent rester exemplaires et ne doivent pas céder à la vindicte et à l’énervement.

Mais cette recherche de qualité ne doit pas conduire à les désarmer, ni les réduire à l’impuissance.

 

Au moment même où je termine ce texte, le JT m’apprend que le Divin Enfant aurait enfin pris la mesure du problème et qu’il nous promet, ce qu’il fait avec la même constance que ses prédécesseurs, des mesures fortes…

Chère, très chère Leonarda. Chère et luxueuse NDDL…(3)

Combien de reculades encore avant que tout l’électorat ne tombe dans le vide Le Pen. (4)

En plus : un Chef de l’État qui a lu Ricœur, c’est bien et on ne saurait lui en faire grief. Mais si en plus de cette qualification il avait lu la loi de Transition de mes deux et en avait compris la portée, il n’aurait pas à résoudre des troubles sociaux qu’il a provoqués. Si, souvenez-vous, la Taxe Carbone et le « sauvetage de la planète » leit-motivée dans chaque nouveau discours.

Attendons la fermeture des centrales nucléaires.

Comme je reste inquiet (quoique naïf) je me dis que d’autres évènements, d’autres pétards ne tarderont pas à fuser au Pays Merveilleux des 35 heures.

Au-delà du nucléaire évoqué à l’instant, La liste de ces futurs motif-de est longue, l’immigration n’étant pas le moindre de ces motifs, mais je ne peux m’empêcher de penser que celui de l’écologie politique mal ingérée-digérée-excrémentée (5) est un de ceux qui « nous » reviendrons dans le museau avec la vigueur qu’a mis le Président lui-même à allumer le pétard.

Je dis « nous » car à la différence des journalistes qui conçoivent la vie publique comme une sorte de compétition  sportive, compétition entre des personnes de gouvernement ou d’opposition, les gagnants ou les perdants, les acteurs en somme, ne sont pas les Macron,  les Royal ou les Wauquiez (quelle tristesse) du monde de l’énarchie, mais le peuple français tout ensemble, vous, moi et nos enfants. Quand Macron prend un bourre-pif, « nous » souffrons et la France s’abime.

 

  1. 1.       Tout spontanément j’avais écrit état de guère. Ça allait bien.
  2. 2.       J’appelle cette soumission ou cette bénévolence le syndrome du Loup. On en reparlera.
  3. 3.       J’allais en plus évoquer-taper Hulot, mais Word s’est cabré et a tout simplement refusé. C’est ça l’IA.
  4. 4.       La trappe à phynance du Tellement-Cultivé-Insoumis semble momentanément moins béante.
  5. 5.       Le néologisme ! Merdre. Mieux qu’expulsée ou éjectée qui ont des saveurs de sans-papier ou de cartouche d’arme automatique.

18 mars 2019

 

 

 

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12 mars 2019

Avant…

 

Une année fiscale s’était écoulée. Année 1

Au début de l’année suivante, année 2, je racontais ma petite histoire fiscale de l’année 1 juste terminée, mes revenus, ceux de ma femme ; je précisais quels enfants étaient encore à ma charge ; je veillais à ne pas oublier, après les avoir recherchées, quelles singularités fiscales je pouvais utiliser pour diminuer mon impôt…sous des prétextes parfois incongrus, reflétant le fait que l’État utilise l’IR comme un couteau suisse ou pour reprendre une expression passée de mode, comme une boite à outil.

Bref, je faisais comme les textes le prévoyaient, un compte-rendu de l’évolution de ma situation familiale et financière lors de l’exercice 1 écoulé.

L’administration appliquait ses barèmes et me faisait en retour savoir quel était le montant de l’impôt à acquitter.

Il existait dans ce mode d’imposition un décalage car le calcul de l’impôt de l’année 1 n’intervenait qu’en cours de l’année 2.

Au fil de l’année 2, à échéance convenu je réglais moi-même en citoyen respectueux, cette dette contractée auprès de l’État l’année précédente par des versements réguliers débités sur mon compte bancaire (soit les tiers provisionnels, soit selon un calendrier de quasi mensualisation), versements estimés en fonction de l’historique de mes impôts de l’année 0.

L’exercice se terminait par l’apurement du compte annuel effectué avant la déclaration suivante.

Un peu compliqué, mais cela marchait depuis … depuis longtemps et somme toute, pas si mal que ça.

Maintenant…

 Le fisc me demande de régler le montant de l’impôt de l’année en cours, année 1, au moment même où je perçois le revenu. En fait c’est à mon employeur ou à ma caisse de retraite qu’il demande de le faire.

Pour recouvrer cette fraction de l’impôt il utilise donc (comme par le passé, comme avant !) la même base comptable, à savoir le taux de prélèvement de l’exercice précédent ou tel autre taux que j’ai le loisir de choisir sous certaines conditions en référence à l’année 0.

Il ouvre donc un compte classique débit-crédit de mon IR.

Au cours de l’exercice, je signale les changements intervenant dans le foyer comme naissance d’un nouvel enfant ou autre facteur modifiant le calcul.

Le taux de prélèvement sera (plus ou moins rapidement) modifié (ou pas) pour prendre en compte ces changements.

Pendant l’année fiscale je recherche dans quelles niches je peux me glisser pour alléger (optimiser) mon impôt et j’en rends compte à l’administration… avant et pour la clôture de l’exercice.

Enfin, à un moment donné de l’exercice, il faut bien solder le compte en prenant en compte les changements et ces différents aménagements comme les crédits d’impôt ou les dépenses déductibles du revenu.

Donc paiement de l’impôt suivant un procédé qualifié de « à la source » sur la base des données de  l’exercice précédent, actualisation des données effectives du calcul de l’impôt et apurement du compte.

Je peine à discerner la simplification dans cette modification du calcul et de l’acquittement de l’impôt.

Je constate qu’un nouvel agent est intervenu dans le processus, l’employeur (ou à tout le moins le payeur) personne que la perception de mon impôt ne concerne en rien et qui a d’autres chats à fouetter.

Au demeurant depuis belle lurette, dans le cadre de la mensualisation, les virements bancaires remplissaient parfaitement la fonction du payeur.

Et bien sûr, mais ce n’est qu’un détail, il faut régler les difficultés posées par l’inévitable année blanche.

Étant d’un naturel suspicieux et faisant crédit au Ministère des Finances d’avoir une idée derrière la tête, je me disais que cet embrouillamini ne pouvait qu’être un prélude à une disparition programmée des niches fiscales (plus ou moins 500, nous dit-on, leur nombre exact n’est pas connu) avant que d’être complètement rassuré : on n’y touchera pas car, à l’évidence les faire disparaître reviendrait globalement à une augmentation, au plan national, de l’impôt.

Ce qui n’est pas dans les vues du Président. Me voici rasséréné.

Je me demande néanmoins en quoi ce bastringue nouveau constitue une réforme et j’ai peine à y discerner la moindre simplification, ni le moindre progrès que ce soit pour le fisc ou pour l’assujetti.

On me dit que des centaines de spécialistes ont consacré des milliers d’heures à mettre au point ce système comptable. Comme dirait Bastiat : En voilà, du bon PIB ! *

Des réductions de personnel en résulteront. Qu’il me soit permis de rester sceptique sur ce point.

 

Une fois encore, je suis confronté à une question qui tourne dans ma tête de façon lancinante et dont je n’ose formuler la réponse : Suis-je un imbécile ou suis-je gouverné par des imbéciles ?

Répondre conduirait à rechercher une explication et à formuler une nouvelle question : pourquoi sommes-nous dirigés…comme nous le sommes ?

 °°°°°°°°°°°°°

Dans un grand nombre de pays l’IR n’est pas une boite à outil d’incitation ou de redistribution. C’est simplement comme la CSG un pourcentage prélevé sur chaque revenu individuel. Plus question de famille, de niche, de crédit de ceci ou de cela, plus de panneaux solaires ou d’isolation thermique, plus de femme des ménage…

Ce taux de prélèvement est souvent le même pour tous les assujettis, ce qui traduit l’égalité des citoyens devant cet impôt.

Il n’existe alors aucune raison pour que le payeur n’effectue pas la collecte de cet impôt-taxe dans la mesure où cela fait disparaitre des secteurs très important et très coûteux de l’administration responsable.

Dans la plupart,  des pays européens le calcul et la perception de l’IR s’effectue par des procédés variés mais finalement assez semblables au mécanisme français.

Mais nous étions les seuls à ne pas « prélever à la source ».

Intolérable pour Sapin, Hollande et même pour notre fringant Président : réformons et modernisons tout comme un mouton pense réformer son troupeau en suivant la foule bêlante de ses congénères moutonniers.

 Mais de réforme fiscale, nada.

 *Que le lecteur et Bastiat pardonnent l’anachronisme. Pour Bastiat, je tiens la chose acquise. Pour le lecteur, qu’il en pense ce qu’il veut.

 20 février /  3 mars 2019

 

 

 

 

 

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Ségolène et Emmanuel, une passion carbone .... C’est quoi l’industrie ? Vous avez dit pétrole ? Comédie bourgeoise

Ségolène et Emmanuel, une passion carbone

Ou

C’est quoi l’industrie ? Vous avez dit pétrole ?

Comédie bourgeoise des beaux quartiers et des belles âmes

 

L’énergie produite et consommée dans de monde provient en majeure partie du carbone stocké sous terre, associé à des degrés variables à de l’hydrogène.

Carbone pur, Charbon, Houille : on le brule tel quel.

C’est l’histoire du 19ème siècle.

En lui ajoutant de l’hydrogène, on en fait aussi un gaz qui éclaire les villes.

Carbone et un bon paquet d’hydrogène, Pétrole : on le distille et on le brule en supplément du charbon. C’est l’histoire du 20ème siècle.

Le moteur au pétrole est plus léger et plus commode que le moteur « au » charbon.

Carbone et le plus possible d’hydrogène (4H pour un C), le Gaz : on le brule en supplément du charbon et du pétrole. C’est et ce sera l’histoire du 21ème siècle.

Ces histoires se chevauchent et s’entremêlent. Aucune n’est achevée et spécialement celle du charbon.

Charbon et pétrole sont faciles à transporter et à stocker et faciles ou très faciles à distribuer. (1)

Le gaz est d’usage commode mais de gros investissements sont requis pour le transporter, le stocker et le distribuer.

Le pétrole produit relativement aisément par raffinage toute un catalogue de substances liquides (et du gaz plus ou moins utilisé) qui satisfont à une vaste gamme de besoins. (2)

Leur distribution est facile et d’une grande sûreté. (3)

Très lourds, visqueux : sur les routes ou comme base pour d’autres usages, lubrifiants, pétrochimie…

Lourds mais liquides : Chaudières industrielles, moteurs diésel de la marine.

Diésel et essence : tout le transport terrestre, une large part du chauffage domestique, industrie…

Kérosène : tout transport aérien, pour très longtemps.

Plus léger encore, naphta : la pétrochimie surtout et on le brule utilement si on peut.

Le gaz : on essaie de le récupérer si on peut ou on le brule inutilement.

Un premier préambule, bien inutile pour beaucoup de lecteurs, peut-être rafraichissant pour d’autres.

Avant d’en arriver au propos du jour, voici un second préambule.

À un moment donné, de sa petite menotte invisible le Marché de l’Or Noir a établi un équilibre (toujours précaire) entre cette offre de produits (le catalogue) et la demande (leur usage), équilibre ô combien instable au plan financier et en conséquence fragile dans le rapport entre capacité de production, de transport, de stockage et de distribution d’une part, et consommation de l’autre.

Madame Machin ou Monsieur Truc « pense » qu’il est bon pour la planète de consommer plus de ceci ou moins de cela. Ils le pensent parce qu’ils le « croient » ou parce qu’ils pensent et croient que leur électorat le pense et le croît. Vaste sujet.

C’est de la politique et l’économie (l’intendance) suivra. Haute ou basse politique, chacun en jugera, mais stupidité chacun en conviendra…plus tard et trop tard. L’intendance qui ne suit pas, c’est l’histoire des campagnes de Russie et des Bérézina(s).

Donc, par exemple, on ne veut plus de diesel (4) et tout le monde doit rouler à l’essence avant bien évidemment de ne rouler qu’à l’électricité du Dieu Soleil, ce qui chacun le sent (le pense, le croît) sauvera la Planète. Les particules fines n’ont qu’à bien se tenir !

On affirme et on renforce cette volonté en bricolant l’impôt et les subventions, en multipliant les déclarations d’intentions. En réaffirmant sa volontéde, sa résolution-à, sa détermination…

Madame Machin et Monsieur Truc occupe leur  espace politique et s’y pantomimise à l’envi.

On observe alors de petites conséquences immédiates car le consommateur final réagit aux incitations bidonnantes : il se débarrasse de son diesel qui soudainement ne vaut plus rien à l’occaz. Il profite de la subvention pour faire l’achat (ni nécessaire, ni urgent) d’une voiture qui satisfasse (2) à la mode Machin-Truc et qui satisfasse Machin et Truc, les casses débordent ; le recyclage explose et les voleurs de voiture ressentent cette distorsion du marché à l’export.

On découvre, mais un peu tard, l’ampleur du phénomène.

Les fabricants de voiture ferment quelques usines, transfèrent (ailleurs) quelques lignes de production en « rationnalisant » au passage, les fonderies sous-traitantes font faillites, certains équipementiers disparaissent, les stocks invendus sont passés en provision ou exportés à perte

Rien de cela n’affecte Machin(e) et Truc qui dans leur business de politicien n’ont rien à  cirer de l’industrie automobile ou autres, des emplois d’icelles et de la vie de leurs concitoyens, car ils sauvent la planète ce qui, reconnaissons-le, a plus de classe.

À ce niveau de l’argument il est légitime des se poser la question de savoir pourquoi Machin(e) et Truc font partie du gouvernement de la République. Vaste sujet et sujet particulièrement délicat si Truc occupe dans le Système une position élevée. Vaste sujet au carré.

Cependant, déjà les premiers frémissements du «Diesel-le-retour » se font entendre Les chiffres du chômage vont parler et l’inanité sera révélée.

Fin des préambules mais suite de l’exemple Vilain Diesel.

Tout ce tohubohu se développe, à l’insouciance des sauveurs de la planète, dans le monde mondial de l’économie, de la production, « en même temps » que dans le monde du travail et dans l’équilibre social des pays concernés. Les pétroliers qui connaissent ces choses utiliseraient le mot « Aval » pour désigner les répercussions en question.

Ces mêmes pétroliers connaissent aussi les répercussions de cette insouciance dans leur propre domaine, leur « Amont ».

Illustration et parabole :

Suite aux considérations précédentes, TOUS les pays européens dans une belle unité s’efforcent de réduire le nombre de voitures diésel et en l’espace d’un an ou deux peut-être et obtiennent la disparition du diesel dans l’UE. Dans l’hypothèse où cela correspondrait à un basculement de 260 MT de gazole vers 260 MT d’essence il faudrait donc que le système de raffinage qui alimente l’Europe change rapidement son mode de fonctionnement pour réduire le gazole de 260 MT en accroissant la production d’essence de la même quantité, la consommation globale étant stable ou en légère croissance.

Ce basculement implique un traitement supplémentaire de 260 MT de gazole, en fait une nouvelle distillation, sur les raffineries offrant cette possibilité… Annexe

Ou bien le choix d’un cocktail de brut différent pour toutes les raffineries…

Ou bien d’étendre le problème du raffinage pour l’Europe à l’échelle mondiale et changer de fournisseurs de produits en s’éloignant des raffineries de la Mer Rouge…

Ou bien, ou bien…

Quand une Belle Âme s’imagine, pense, croît que ces changements (5) se feront sans coût supplémentaire et sans augmentation des émissions de GES, elle se trompe et elle trompe son électorat bobo-ifiiant.

Mais évidemment les pétroliers, comme l’intendance, n’ont qu’à suivre.

Ils le feront mais le consommateur le paiera. Et seront émis les GES.

Et si le système pétrolier ne réagit pas, s’il n’opère pas les changements requis le retour d’information sera rapide. Le prix du gazole baissera, celui de l’essence augmentera et les forces du vilain marché amèneront nos rêveurs à réaliser qu’il est vain et dangereux politiquement de vouloir et de promettre des résultats irréalistes sur des sujets dont ils ne maîtrisent ni le fonctionnement, ni l’importance réelle.

C’est le retour au Diesel qui a été naïvement prévu il y a quelque temps déjà.

 

L’exercice pourrait continuer en partant cette fois de la récente déclaration de la Commission Européenne ou des admonestations du Président Macron visant un avenir « Sans Carbone » à «  l’horizon » 2050.

Ce que recouvrent précisément ces déclarations n’est pas clair. Les multiples organismes destinés à orchestrer cette symphonie évoquent tant de facteurs décisifs qu’un esprit simple n’y retrouve pas ses petits. On  y passe de l’albédo au carbone négatif et les vaches remplacent les boucs émissaires (de GES).

Il suffira ici de retenir l’intention –également déclarée- de « passer » le transport routier au tout-électrique l’année qui vient ou bien en 2030, en tout cas demain.

Il conviendrait de transformer l’essentiel de la coupe carburant du raffinage en autre chose ou alors à ne plus raffiner que les quantités strictement requises par le  GIERC…ce qui en gros reviendrait à ne plus raffiner du tout.

Et les aéroplanes dont nous sommes si fiers voleraient en consommant l’immense désir d’avenir des sauveurs de la planète ou bien le transport aérien s’arrêterait.

Et les portes conteneurs navigueraient à la voile comme au bon vieux temps.

Et nos routes seraient recouvertes de briques intelligentes et solaires guidant des bagnoles autonomes et éoliennes vers des lendemains plus respectueux de la terre.

Mais soyons en sûr, comme ni la Chine, ni les USA, ni l’Inde, ni le Brésil ne suivront le chemin de Machin et de Truc, rien de tout ceci ne se produira et… émis seront les GES.

 

Retour sur le propos et conclusion.

Le souci est bien réel et personne ne met en doute qu’il faille, en matière de consommation d’énergie faire preuve d’économie.

La première et principale raison est dans le mot lui-même : faire des économies, économiser. L’argument est particulièrement pertinent pour les pays (la plupart) qui achètent leur consommation chez l’Émir du coin.

Deuxième point. Toute consommation d’énergie doit avoir un sens…économique. Vaste sujet.

Changer les régimes chinois et américains ou simplement infléchir leur vision du problème, embarqués qu’ils sont dans une compétition létale, me parait relever du désir enfantin d’un jeune quadra qui n’a pas accès au pot de confiture des affaires du monde et qui  en cherche la clé dans son coffre à jouet, pardon, dans sa boite à outil aurait dit son prédécesseur.

Alors que les acteurs de ces comédies semblent incapables de mesurer les conséquences de leurs postures sur le monde industriel de leur pays ou même simplement d’y penser, comment s’étonner qu’ils ne puissent imaginer que le monde de l’énergie et plus spécialement du pétrole en sera affecté d’une façon ou d’une autre.

 

11 mars 2019

 

1. Encore plus facile d’usage quand ils ont pris l’habit de l’électricité.

2. J’ai vérifié : un produit satisfait À un besoin et j’ai satisfait mon envie d’orthographe.

3. Je suis l’usage : sûreté concerne la vie du produit et les dangers liés à son usage alors que sécurité concerne les actions des méchantes gens qui…

4. C’est l’Effet Hidalgo et l’Effet Particules Fines qui sont les premiers déclencheurs du bazar. Incidemment et pas tout à fait hors sujet : d’où sort le fameux chiffre des 40 mille morts par an en conséquence des teneurs en particules fines ? Et de quel chapeau sort l’exonération d’une essence qui ne produit pas de particule?

5. Hollande aurait dit Inversion. Il aime le mot et il l’emploie encore sans en avoir saisi la signification.

 

 

 

Piqure de rappel.

Charbon : Du latin carbo (braise) dont est aussi issu carbone.

Possiblement du grec ancien χάρϕω (faire sécher).Ou du celtique car (bois)

Houille : équivalent francisé du wallon hoye  ou hougne  Dans la Province de Liège, le mot remonterait au xie siècle, le mot « hoye » aurait existé avant la découverte de la houille, signifiant « fragment, éclat, motte » en wallon liégeois. Avec la découverte du charbon, « hoye » fut utilisé pour désigner la houille en morceaux et le mot se répandit à partir dans la Wallonie dialectale.

Pétrole : emprunt au latin médiéval petroleum, proprement  huile de pierre  de petra et oleum, en latin classique.

 

Gaz :Au tout début du xviie siècle, un chimiste flamand, Jean-Baptiste Van Helmont, utilisa le mot « gas » par rapprochement avec le mot « chaos » venant du grec το χαος-χαους qui désigne l'espace immense et ténébreux qui existait avant l'origine des choses . Il voulait introduire une notion de vide. Peu après, les français écrivirent « gas » avec un z : gaz. Ce n'est qu'à la fin du xviiie siècle que le mot prit son sens moderne.

 

Annexe

Il n’est pas facile de rassembler les chiffres qui permettraient d’évaluer pour l’Europe l’impact du passage du cocktail diesel-essence actuel à une utilisation tout-essence d’un parc automobile qui ne cesse de croître.

Une tentative est la suivante.

France 2018       Essence 8 MT       gazole 32 MT             Carburant  40 MT            vérifié

Europe (8 x Fr suivant PIB)                                           Carburant  320 MT/an      hypothèse

Rapport gazole/essence Europe identique à celui de la France : 4/1                        hypothèse forte

Besoin de conversion gazole vers essence :                                     256  MT

Exprimé en baril raffiné carburant (x10 environ)                            2.560 M bl /an   hypothèse

Coupe carburant  45 % (hors kérosène)                                        1.150 M bl /an             

Exprimé en baril de brut                                                              5.700 M bl /an  ou  15.7 M bl/j

Ce résultat traduit le fait que la décision européenne retentirait sur le raffinage de 16 M bl/j.

80 % (gaz/ess) de 45 % (coupe carburant) de ces 16 M bl/j devront être traités pour passer de Gazole à Essence.

Une très grande partie de ce trajet est déjà réalisé dans les raffineries, spécialement aux USA où le marché essence domine.

Mais pour les raffineries européennes et de Mer Rouge qui sont davantage réglées diésel  l’impact serait considérable.

Tout ceci pour produire un carburant qui émet davantage de GES puisque le moteur à essence est d’un moins bon rendement que le moteur diesel.

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03 mars 2019

À bas la calotte

L’Islam souffre cruellement du manque d’une Église et les mahométans n’arrêtent pas de se crêper le chignon ou de se décapiter les uns les autres quand il ne trouve pas d’infidèle à « soumettre » au fil du sabre.

Certains feront remarquer que la chrétienté, dans le domaine de la variété ne peut guère servir de modèle mais tout de même, le Catholicisme Romain, ça vous a une autre allure, avec un Pape qui met tout le monde d’accord Place St Marc et qui nettoie  les éCuries.

Il y a du désordre : Tarik en panne, Bagdadi expulsé de son jardin privatif, Erdogan qui voudrait nationaliser le grand Club des Frères Musulmans, les Shiites hérétiques de toujours et la foule des mouvances du monde, du Nigeria au Philippines, de Barbès à Djakarta. 

Il convient de mettre de l’ordre et l’Islam ne peut pas indéfiniment comme le fait la France s’enrichir de ses différences.

Ces derniers jours en lisant la presse et en écoutant les opinions éclairées des commentateurs on pouvait avoir l’espoir qu’un nouveau prophète se révélait qui aurait cette capacité d’unifier le mondes des Soumis.

D’une façon maligne, sans avoir l’air d’’y toucher, subrepticement en somme, de façon bonhomme il ne fait qu’agiter un oripeau unificateur et fédérateur au  vu et su de tous. Si nous manquions de vigilance nous pourrions ne pas nous apercevoir du piège et ne voir dans sa démarche qu’un comportement naturel dans un pays libéral qui croit aux forces du Marché. D’ailleurs les forces du marché  marchent « en même temps » que les forces du progrès selon les Gens qui sont en Marche.

Heureusement l’opinion qui en France a souvent valeur de Loi nous alerte. Les belles âmes, gardienne des ValeursDe  veillent et « pointent du doigt » (1) le complot de la Famille.

Comme pour les mafias calabraises, il faut recourir au mot famille pour désigner ces holdings, pire ces empires qui s’étendent comme des pieuvres sur le monde apeuré et impuissant des consommateurs. On ne pense pas aux Benetton que l’on abandonne à leurs autoroutes et à leurs moutons. On parle ici des Mulliez.

Jusqu’alors, avec Mulliez on était encore dans le forfait ordinaire : racket des fournisseurs chez Auchan, copie quasi servile chez Alinéa, destruction des drogueries et quincailleries chez Leroy Merlin et on ne sais quoi encore chez Boulanger et Kiabi.

Une étape a été franchie et l’irréparable a eu lieu. Décathlon propose un chapeau, façon passe-montagne pour que des femmes (on préfère les imaginer jeunes) puissent aller courir en cachant leur chevelure (presque obligatoirement brune) ainsi que leur soumission à des règles religieuses et communautaires, peu ou prou consenties, leur impose. La coiffe en question s’appelle Hijab de Running.

Mulliez a révélé sa malignité et dévoilé sa stratégie de conquête.

L’Islam connaitra un souffle nouveau car les jeunes femmes « des cités » iront faire leur jogging coiffées selon les préceptes coraniques.  (2)

Schiappa choisit pour une fois de se taire.

Heureusement Lydia Guirous, porte-parole des Républicains relève le flambeau de la lutte et dénonce l’atteint aux ValeursDe.

 Décathlon se soumet également à #islamisme qui ne tolère les femmes que la tête couverte d'un hijab pour affirmer leur appartenance à la oumma et leur soumission aux hommes #Décathlon renie donc les valeurs de notre civilisation sur l'autel du marché et du marketing communautaire    LG 27 02 19  (3)

Lydia est néanmoins consciente qu’il y a des limites à la fureur Conventionnelle et que nous vivons dans une République apaisée. Enfin presque.

La porte-parole des Républicains… rappelle donc… que les entreprises étaient bien en droit de commercialiser ce qu'elles voulaient dans le « respect des valeurs qui sont les nôtres ». Doct LR 28 02 19

Nous voici rassurés la parole républicaine aurait pu dérapée, façon Schiappa, mais Lydia n’a pas perdu le cap.

Voici Mulliez acculé dans les cordes et pratiquement mis hors d’état de nuire. KO debout.  

Bouhhh…. Vilain Décathlon !

Décathlon retire de son catalogue le « hijab de running » objet de la discorde. Les ValeursDe triomphent.

On peut imaginer que Décathlon qui a mis cet article en vente au Maroc n’avait pas pensé que l’introduction de ce morceau de polyester sur le marché français –pour 7 E, belle marge mais yad’la fauche- provoquerait une si républicaine indignation.

Ou peut-être, un commercial imaginatif et connaisseur de la psyché des Belles Âmes y voyait-il un coup de pub?

 

On arrête ici l’argument et la fable qu’il serait facile de poursuivre en faisant entendre les voix des jeunes femmes musulmanes qui souhaitent participer à la vie commune tout en respectant… ce qu’elles souhaitent respecter.

En pendant de la parole de Lydia G. :

Decathlon  @Decathlon

Bonjour
Rassurez-vous, nous ne renions aucune de nos valeurs. Nous avons toujours tout fait pour rendre la pratique du sport plus accessible, partout dans le monde. Ce hijab était un besoin de certaines pratiquantes de course à pied, et nous répondons donc à ce besoin sportif.

Ou encore comme le rappellent des Grenobloises qui ne parviennent pas à nager, à courir ou à jouer au badminton.

Mais nous ne sommes ni soumises ni inconscientes, nous sommes fières de notre foi et fières de nos choix. En assumant nos croyances, notre voile, nous réclamons la liberté d’être femmes et musulmanes en France. Nous exerçons notre liberté de conscience. Nous dénonçons les détournements de la laïcité pour mieux nous opprimer. La laïcité de la loi 1905, c’est la liberté. «Quiconque porte atteinte à la liberté de conscience, […] à la liberté des personnes d’exprimer leur foi et de pratiquer leur religion sera puni.» Nous revendiquons la protection et l’extension de la liberté de conscience. Nous refusons les discours identitaires affirmant que les voiles n’ont pas leur place en France. Nous souhaitons défendre la liberté d’être une femme musulmane voilée en France, d’accéder à tous les équipements et services publics sans entrave, d’accompagner les sorties scolaires, de pratiquer les sports que l’on souhaite, d’accéder à tous les emplois, y compris ceux de la fonction publique.  Liberation 01 03 19   (4)

 

Une dernière réflexion en forme de question et de conclusion :

Est-il préférable de maintenir les jeunes femmes musulmanes dans leur état de sujétion domestique dans les quartiers de nos belles cités et ne vaut-il pas mieux leur permettre, comme c’est leur droit le plus strict de pratiquer des activités ordinaires en les laissant s’habiller comme bon leur chante et comme peu m’en chaut ?

En les ennuyant (euphémisme) sur leur vêture, ne les enfonce-t-on pas dans leur communautarisme et n’est-il pas préférable de les prendre comme elles viennent dans l’espoir que notre liberté finira par leur paraître naturelle et désirable ?

Au fait : Un souvenir.   Ici même, il y a deux ans un papier sur le burkini : C’est la faute au Lycra.

Pour le lecteur de faible mémoire, on en rappelle la conclusion dont on ne change pas un mot.

 Il y a un aspect de ces histoires de baignade qui, semble-t-il, n’a pas été perçu. Les dames musulmanes et les jeunes femmes musulmanes dont on a parlé lors des incidents évoqués plus haut ne sont pas des produits de l’année. Il y a depuis longtemps des femmes musulmanes dans nos sociétés. Le fait nouveau est qu’elles vont à la plage, qu’elles ont envie de se baigner et plus encore qu’elles le peuvent. Avant, elles n’allaient pas à la plage, tout simplement et ne se baignaient pas. Depuis, en quelque sorte, elles « provoquent » par leur capuche de lycra tout en nous montrant qu’elles ont le droit d’aller se baigner en montrant leur corps –même emballé- aux yeux du Bidochon rigolard qui y voit un dérivatif aux excès d’un quasi-nudisme pas toujours du meilleur goût. Mais qui et que provoquent-elles ?

Car on ne peut pas totalement dissocier le bain de la mise en spectacle du baigneur et des dimensions esthétiques de la baigneuse. Autrement formulé, la femme musulmane en mettant son burkini rentre dans le jeu de la relation homme-femme à l’occidentale, comme elle est perçue dans les sociétés  modernes. Elle a déjà jusqu’à un certain point trahi l’interdit coranique et elle a déjà érotisé son corps. On pourrait parier que le temps passant on verra le burkini devenir de plus en plus collant jusqu’à ressembler –c’est déjà le cas- à des tenues de néoprène comme en portent les plongeuses ou les actrices de film fétichistes. On n’en est pas là mais il se peut qu’au-delà de la provocation, la présence des burkinis sur les plages soit d’abord un signe de libération de la femme dans l’univers musulman plutôt que le contraire.

Auquel cas, il serait judicieux de favoriser le port du burkini.

Et en tout cas de laisser les lois de la République hors de tout ça.                 

                                

Notes

  1. On dit comme ça au JT. 
  2. Le coran est-il précis sur ce point et que disent les textes apocryphes et les sourates ?
  3.  Un jour je chercherai ce que signifie   #machinchose : ça n’existait pas de mon temps.
  4.  Il est assez rare dans ces papiers de citer Libé. Que le lecteur veuille bien le noter.

 

2 mars 2019

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01 mars 2019

Nouveau désordre social : Grève de vent

On vient de publier sur La Transition Énergétique ou Écologique un réquisitoire qui vise à montrer l’inanité des politiques gouvernementales mises en œuvre depuis une dizaine d’année dans le domaine de l’énergie et plus spécialement de la production électrique.

Le propos est sérieux et les lecteurs qui y auraient discerné des arômes d’humour auront senti davantage l’énervement et assez peu d’amusement ironique.

Manque dans ce texte la petite note de rigolade et de franche gaieté qui sur un sujet aussi austère vient réveiller l’intérêt d’un lecteur atterré.

Petite surprise glanée en feuilletant mon journal de référence, un petit édito (joint en annexe) nous dit que la France vient d’exporter vers l’Italie et l’Espagne une puissance de 17.5 GW au prix du marché, autour de 50 E/MWh.

On comprend bien qu’il s’agit d’une pointe assez exceptionnelle. Le temps est doux, la France consomme peu alors que les conditions anticycloniques ralentissent (annulent) la production éolienne de nos deux voisins.

Mais tout de même on ne peut s’empêcher de remarquer, avec un sourire narquois, que notre « Puissance Nucléaire » présente quelques avantages.

Bien évidemment il ne serait pas aussi facile de faire preuve de cette disponibilité en énergie si la consommation en France était à un niveau élevé, ainsi lorsque la demande atteint quasiment les 100 GW et qu’il faille mettre en marche les centrales thermiques à gaz.

Italiens et Espagnols auraient été conduits à démarrer, eux aussi, des unités thermiques « prévues à cet effet »…

Mais tout de même quelle meilleure illustration de la réalité : le parc nucléaire que nous possédons à 97 %, qui fonctionne correctement et sans incidents sérieux depuis tantôt 40 ans, en cours de grand carénage, régulièrement certifié et re-certifié par l’Agence de Sûreté Nucléaire (qui est plutôt du genre bretelle et ceinture) doit être abandonné pour légitimer l’installation de multiples unités de faible puissance, de faible facteur de charge et qui peuvent pendant une ou deux semaines faire la grève du vent ? Mais pour qui et pourquoi cette aberration ?

Le pays est-il florissant au point de pouvoir gaspiller son énergie dans toutes les acceptions du mot ?

Au même moment, on n’ose pas dire « en même temps », alors que l’EPR chinois fonctionne depuis un an, que l’EPR finlandais démarre et que Flamanville démarrera bientôt, il n’est rien de plus urgent dans la pitoyable paysage politique, social et économique national que de fermer Fessenheim qui présente l’énorme handicap de continuer à produire l’électricité la moins chère du marché européen et d’être notée par l’ASN comme l’unité la plus sûre du pays.

 

1 mars 2019

La France bat son record d'exportation d'électricité  

 

À circonstances exceptionnelles, performances exceptionnelles. Vendredi en milieu d'après-midi, sous la double impulsion d'une météo très clémente pour la saison et d'un parc de production en ordre de marche pour passer l'hiver, la France a exporté de l'électricité comme jamais: une pointe de 17.415 mégawatts (MW) (environ le quart de la consommation instantanée en France) a été acheminée en priorité vers l'Italie et l'Espagne, selon les données communiquées par Réseau de transport d'électricité (RTE). Dans ces deux pays, les conditions anticycloniques ont considérablement ralenti la production éolienne. Pour compenser ce manque, et plutôt que de lancer leurs centrales thermiques, nos deux voisins ibérique et transalpin ont préféré se tourner vers la France et son électricité nucléaire meilleur marché. Ce n'est pas pour autant qu'EDF a fait des affaires en or: ses livraisons s'effectuent à des prix de marché - toute la plaque européenne étant désormais interconnectée - aux alentours de 50 euros le mégawattheure (MWh), en France.

«Avec la météo printanière de ces derniers jours, nous sommes sur le même rythme de consommation qu'au mois d'avril, souligne Jean-Paul Roubin, le directeur de l'exploitation chez RTE. Grâce aux interconnexions avec nos voisins, le surplus de production est exporté et permet aux Européens de bénéficier d'une électricité décarbonnée au moindre coût.» À titre indicatif, les pointes de consommation ne dépassent pas actuellement 55.000 MW, contre près de 75.000 l'année dernière à la même époque.

 

Le Figaro  Frédéric de Monicault 26/02/2019

 

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25 février 2019

Loi de transition énergétique pour la croissance verte de la Dette et la Mise En Marche du grand mouvement des Gilets Jaunes

En commençant la rédaction de cette note, l’intention était de rester le plus clinique possible mais au fil de l’exercice et en énumérant les stupidités de nos gouvernements, le ton devint inévitablement polémique. Il est demandé au lecteur de  pardonner cette dérive qui n’est que la marque de l’intérêt que l’on porte au sujet.

Cette coloration polémique conduit également à de nombreuses simplifications. Ici encore, que le lecteur informé pardonne ces émondages ou ces oublis.

  

Loi de transition énergétique pour la croissance verte de la Dette

Mise En Marche du grand mouvement des Gilets Jaunes

 

En 2011, Éric Besson étant le Ministre chargé de l’Energie du Gouvernement Fillon, est promulguée la Loi de Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité (NOME) et apparaissent en séquelles le Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) et l’Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique (ARENH).

Peu après l’instauration de la Contribution Climat  Énergie (CCE) par le gouvernement Ayrault en 2014, ce même gouvernement fit voter en août 2015 une loi qui définit la politique de l’Énergie du pays pour les années à venir. Cette loi précède de peu la tenue de la COP 21, grand succès médiatique et diplomatique, qui propose un programme mondial de réduction des émissions de GES, programme très précis sur les objectifs et muet sur les moyens.

Cette loi de Transition Énergétique confirme les dispositions de la NOME et reprend les propositions relatives à la mise en place de la CCE. Elle y ajoute un important volet visant essentiellement à réduire la part du nucléaire dans la production électrique.

Ces dispositions répondent essentiellement au souci de réduire les émissions de GES dont il est maintenant admis qu’elles sont la principale cause du réchauffement climatique.

Cette loi comporte donc la panoplie des mesures de réduction de la consommation domestique qui sont pour la plus grande part des dispositions fiscales visant à favoriser l’isolation des domiciles.

Cette loi définit l’application d’une taxe à la consommation dite taxe carbone sur les produits pétroliers du marché grand-public  -fuel domestique et carburant auto- en complément des taxes existantes.

Le programme de réduction de la part du nucléaire résultera des conclusions du rapport final sur le Programme Pluriannuel de l’Energie. On attend encore la parution de ce programme mais il est certain qu’il repose sur une directive à priori gouvernementale de réduire la part de production nucléaire à 50% de la production globale. Sur ce sujet et en premier lieu, la loi confirme la fermeture de Fessenheim.

Enfin et comme il faut tout de même « fabriquer » de l’électricité après avoir supprimé les outils de production, la loi prévoit un tissu de mesures d’accompagnement au développement des EnR solaires et éoliennes. Ces mesures sont de deux ordres :

-d’une part les habituelles subventions à… financées par… pour que des procédés réputés vertueux (verts) complètent la production qu’on aura arbitrairement réduite

-et d’autre part des mécanismes obligeant le producteur national à acquérir et distribuer une électricité dont il n’a pas besoin et « en même temps » l’obligeant à céder une part de sa production à des entités qui ne produisent pas et ne peuvent pas distribuer selon des mécanismes tarifaires incertains et instables.

En 2017 le Président de la République nouvellement élu n’a pas inclus dans son programme une remise en question  de cette loi. Il l’a même en quelque sorte sacralisée en confiant son application au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, ministère qui devenait ainsi et avant tout le Ministère de l’Énergie.

Ce ministère fut confié à M Nicolas Hulot puis à M de Rugy.

Toute cette construction, Loi de…, Taxe Carbone, Loi NOME, développement des EnR repose sur un édifice de dénis, de mensonges, de soumission et d’abandons assortis de pièges politiciens et de rêveries idéologiques qu’il convient de dénoncer.

La transition énergétique : une invention politique et médiatique 

Depuis le milieu du 19ème siècle, début de la révolution industrielle  la population mondiale et la production d’énergie ont connu des taux de croissance  compris entre 1.3 et 2 %.

La population est ainsi passée de 1 à 7 milliards et la production énergétique annuelle de quasiment zéro à 10 ou 15 milliards de tep au hasard des chiffres.

Une formule brutale serait de dire que la production-consommation d’énergie a permis à la biomasse « espèce humaine » de croître à ce rythme quasi-constant de 1 et quelques pourcents par an pendant le siècle et demi écoulé.

Aucun indicateur ne permet de penser, ni de « croire » que cette tendance s’inverse à l’échelle de la décennie en cours.

Bien au contraire l’Agence Internationale de l’Énergie prévoit que la production de pétrole continuera de croître de 1.4 million de baril par jour soit exactement 1.4 %. Pour le gaz ce chiffre de croissance annuelle est de 4 % ! Pour le charbon la croissance reste au niveau du pourcent pour une participation de 40 % au niveau mondiale dans la  production d’électricité.

Constatant l’épuisement des ressources énergétiques, les dirigeants des pays dépourvus de ces ressources ont pris conscience qu’une crise énergétique surviendrait dans un avenir prévisible à l’échelle de l’action géopolitique. Dès les années 1970 la communauté économique alerte l’opinion sur ce sujet.

Depuis lors, le discours n’a cessé de réitérer cette mise en garde sans le moindre effet sur le comportement des économies nationales, toutes engagées qu’elles sont dans la compétition mondiale, industrielle et militaire.

À l’échelle mondiale, la production d’énergie globale résulte pour l’essentiel (80 %) de la production de chaleur par la combustion de charbon (27 %), de pétrole (30 %) et de gaz (22 %). Cette combustion est utilisée directement (moteurs, chauffage, fours industriels..) ou sous forme d’électricité avec la souplesse et la commodité d’usage que l’on connait.

Un complément d’électricité dite primaire est produit sans combustion par la houille blanche (6.5 %), la fission atomique (4 %) et les EnR proprement dites : la force du vent et le rayonnement solaire (2.5 %).

Enfin le bois et les végétaux contribuent sous diverses formes à fournir du bois de chauffage et des carburants d’appoint liquides ou du gaz (8.6 %).    BP statistical review : énergie primaire monde 2013

Le concept de « transition écologique » et la lecture faite par nos gouvernements de ce concept  reposent sur un fantasme, sur des dénis, sur une croyance sectaire et sur une arrogance historique dont la fondation est érodée depuis le début du 19ème siècle.

 

                                                                     Fantasme 

Le réchauffement climatique est maintenant avéré. Les conséquences surprennent chaque jour mais il est posé et reconnu que les émissions de GES sont un facteur important de ce dérèglement.

Il faut donc stabiliser et possiblement réduire la production de GES résultant de la combustion des énergies fossiles à l’échelle mondiale et pour cela stabiliser puis réduire la consommation d’hydrocarbures et de charbon. Au-delà des évidentes mesures d’économies, un moyen complémentaire est un accroissement de la production d’électricité photovoltaïque et éolienne.

C’est en quelque sorte une reprise de ce que la France a opéré comme changement en développant son outil nucléaire à partir des années 60.

Le mot de transition, retenu par le législateur illustre le fantasme. Il implique que pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles il sera possible de remplacer l’énergie qu’ils dispensent par de l’électricité « vertueuse » produite par la force du vent et par le rayonnement solaire. Il conviendrait et il suffirait, pour une vaste part, de substituer au 80 % d’énergie thermique les 2.5 % d’EnR solaire et éolienne par un profond changement du mode de production et de consommation de l’énergie, par une double transition : dans un premier temps, vers plus d’électricité et ensuite vers une électricité vertueuse.

La France, dans un incompréhensible paradoxe, ajoute à ces mesures un programme de réduction du nucléaire, outil quelle a mis en place pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles et qui fournit une électricité des plus faiblement carbonée qui soit.

Les arguments techniques et environnementaux qui démontrent que ces « transition » n’ont aucun sens dans un pays qui possède déjà un réseau électrique abondamment et suffisamment alimenté par un outil de production existant, rentable et pérenne, sont trop connus pour qu’ils soient repris ici.

En France, un facteur aggravant est que les matériels à mobiliser pour effectuer ces changements dans le mode de  production d’électricité sont quasi-totalement importés et sont donc des contributeurs nets de la dette et du déficit commercial.

La Cour des Comptes rappelle inlassablement ces vérités et par là dénonce inlassablement le fantasme. Rapport mars 2018 : Soutien aux EnR

La Commission nationale du débat public a formulé une mise en garde circonstanciée sur les effets de la taxation carbone prévue par la Loi :

L’augmentation massive de la taxe carbone apparaît justifiée dans son principe mais inquiétante dans ses effets si elle ne s’accompagne pas d’une remise en perspective de la fiscalité en général. Comme le montrent les études sur les effets redistributifs d’une hausse des taxes sur les carburants, les classes de revenus inférieurs sont beaucoup plus affectées que les autres par une hausse de la fiscalité environnementale, en particulier sur les carburants dans le semi-rural et le rural. Contribution n°211 Par ailleurs, exonérer les plus gros pollueurs de la taxe carbone crée une inégalité sociale manifeste difficilement comprise.

Cependant….  On comprend bien qu’il ne faille pas matraquer les industriels pour éviter la fuite des entreprises vers des pays moins taxés. Ce qui ne ferait que déplacer la pollution…

Rapport du 30 août 2018

Dénis 

En dépit des excellentes intentions affichées en 2014, les principaux producteurs et consommateurs d’énergie à l’échelle mondiale ne modifient en rien leur comportement. Bien au contraire ces pays ont renforcé leur capacité de production et n’infléchissent pas sensiblement leur croissance dans un objectif de réduction de leur consommation. Les États-Unis dénoncent les accords et la Chine fait comme bon lui semble dans une politique d’expansion dont on ne perçoit pas qu’elle amorce quelque réduction de consommation énergétique que ce soit.

Ces deux pays représentent à eux seuls la moitié de la production-consommation d’énergie mondiale.

Quant au restant du monde, rien ne permet de penser que MM Erdogan, Poutine, MBS et autres Bolsonaro partagent la vision verte des rédacteurs de la Lois de 2015.

Le gouvernement nie cette réalité géopolitique.

                La France contribue pour 0.7 % à la production globale d’énergie dans le monde (en gros la chaleur de la fission atomique des réacteurs nucléaires) et pour 1 % à la consommation de cette énergie produite par les achats de pétrole, de produits raffinés et de gaz pour un montant variant d’une cinquantaine à une centaine de milliards d’Euros au hasard des fluctuations du baril. Des inflexions (transitions ?) dans ces chiffres se traduiraient à l’échelle mondiale en des variations au niveau du pour mille au niveau mondial.

Le gouvernement nie cette autre réalité géopolitique. 

La France, confrontée au problème mondial du réchauffement climatique est un spectateur*, au mieux un témoin et comme toutes les nations une victime.

Une idéologie sectaire : la hantise et la haine du nucléaire. 

Ce syndrome est mondial et la France n’est pas le seul pays affecté. 

L’énergie nucléaire, en 1945, a fait son entrée par la porte de la guerre et de la destruction. Qu’importent les comparaisons entre Dresde et Hiroshima, le versant « magique et apocalyptique » de l’arme ne disparait pas.

Le nucléaire civil, chaleur-vapeur-électricité, aurait sans doute pu ne pas être ignominieusement marqué par la Bombe mais les accidents de Three Miles Island en 1979 et de Tchernobyl en 1986 ont, pour longtemps fait glisser l’atome civil sur ce versant maléfique. La catastrophe de Fukushima en 2011 vint achever cette descente dans l’enfer des opinions publiques.

C’est un état de fait et seuls les régimes autocratiques qui « font » les opinions arrivent à passer outre et à conduire des programmes nouveaux de construction de centrales nucléaires… et thermiques aussi bien !

L’origine de ce malentendu entre l’homme et la radioactivité tient au caractère secret de celle-ci. Elle est l’essence même du soleil, elle rayonne avec lui dans notre ciel. Notre terre irradie elle-aussi en souvenir de son origine, en quelque sorte chaude et « radieuse ». Mais elle est invisible.

L’énergie nucléaire n’est entrée dans nos vies, et cette fois ci par la petite porte des laboratoires, qu’au seuil du 20ème siècle.  Puis comme presque toujours dans l’histoire de l’Homme, le chemin du développement a été celui de la bataille et de la guerre. Enfin la paix reconnait cette énergie et veut, elle-aussi la domestiquer : il suffit de ne pas aller jusqu’à l’explosion et de n’utiliser que la chaleur dégagée par la fission.

La règle du jeu est donc de maîtriser en toutes circonstances le combustible-explosif que nous mettons dans la marmite à bouillir : l’erreur conduit le combustible à redevenir l’explosif.

Reste cette peur de l’atome. Le démagogue s’empare du sujet et l’associe à de légitimes soucis écologiques. Le dogme s’instaure : l’énergie nucléaire ne doit plus être utilisée.

Cette peur et cette diabolisation surplombant les réalités techniques s’engouffrent dans le vide intellectuel de l’oligarchie politique inculte scientifiquement et coupée (en France) du monde de l’industrie et de l’énergie.

Le fait brut est que depuis 50 ans la France produit, avec l’appoint de la houille blanche, la totalité de son électricité au moyen d’un outil qui  fonctionne parfaitement, régulièrement, à un coût comparable voire inférieur à celui des sources carbonées. Cet outil est national et l’entreprise qui gère le système fonctionne, avec ses problèmes, mais de façon « globalement » satisfaisante.

L’Autorité de Sécurité Nucléaire dont l’exigence ne saurait être mise en doute donne son accord pour continuer l’exploitation de cet outil par tranche de 10 ans au prix d’efforts de sécurité accrus.

Et bien non ! Les démagogues mettent toute la puissance des rumeurs en action, entrainent dans leurs errements les « forces du progrès » de la présidence Hollande et vont finir par obtenir qu’on mette à la casse un parc de production, déjà amorti et susceptible de travailler longtemps encore.

L’exemple allemand, pourtant exemplaire ne sert de rien.

Le très cultivé Macron n’a pas de temps pour ces détails et en confie le suivi de la politique énergétique nationale à des animateurs connus pour leur classement dans les rangs des personnalités préférés des …

On regrette un peu qu’Omar Sy ou Yannick Noah n’aient pas eu leur chance. Et ce pauvre Placé !

Leur triomphe est la confirmation de la Loi de Transition Énergétique qui devient la Bible de l’Antinucléarité et le programme du gouvernement actuel.

Un prolongement de cette haine du nucléaire est qu’elle engendre une haine du pétrole et assez paradoxalement une certaine forme de regret d’un charbon entré dans une presque préhistoire, laissant en vestige de romantiques terrils.

Cachons ce pétrole que nous ne saurions voir. En avons-nous ? Il faut en interrompre l’exploitation. En aurions-nous ? L’urgence est de n’en rien  savoir. L’interdiction  de la prospection sur le gaz de schiste est quelque chose d’assez remarquable pour un pays qui consacre annuellement entre 20 et 50 milliards à ses achats de gaz.

L’hubris nationale.

La France, devenue au fil de l’histoire une puissance moyenne croit être et veut rester une nation d’influence.

Cette influence ne s’exerce plus guère sur le plan commercial : l’outil de production industriel est largement érodé et les domaines dans lesquelles une activité perdure relèvent en fait du marché européen. Les raisons de ce déclin sont à facile à analyser mais une telle analyse n’est pas ici le propos.

Reste que la France est le seul pays européen capable d’intervenir militairement à l’extérieur, certes à une échelle modeste et le plus souvent à travers l’appui logistique d’une armée plus puissante.

Reste aussi la force de dissuasion nucléaire et le siège au conseil de sécurité de l’ONU.

Mais rien qui puisse impressionner Washington : tout au plus irriter Trump.

Mais rien qui puisse empêcher le tsunami est-asiatique : les bulles du  champagne ne suffisent pas.

la Corée du Sud, pays sans territoire, sans ressource, meurtrie par l’histoire nous démontre que la voie du progrès social ne passe pas par le progrès social in abstracto et que le progrès social ne passe pas par le réduction constante et religieuse du temps de travail des citoyens, dans l’hypothèse où il resterait des citoyens et non une foule d’individus unis dans un même rejet, dans une même recherche de soumission à la redistribution et d’indépendance, attitudes antinomiques.

Reste la parole, le Verbe, les Lumières, Rousseau, Tocqueville et Jaurès tout en un. La Nation-phare montre le chemin et forçant l’admiration du chœur des nations se pose en l’exemple de la rigueur écologique et le Hulot devient un personnage christique sacrifiant sa carrière pour le salut de la planète. Que sont le déficit commercial et le coût de la « transition » en comparaison d’un si noble objectif ?

Soumission et abandons

La Loi du 8 avril 1946 instituait en France :

-un monopole de concession sur la distribution, permettant toutefois aux entreprises locales (régies, SICAE et sociétés d'économie mixte) de continuer leurs activités ;

-un monopole de production pour les installations de production d'une puissance supérieure à 8 MVA (l'article 8 de la loi prévoyant des exceptions pour la SNCF, les régies et les Charbonnages de France).

Ce monopole de production a été progressivement abrogé à partir de 2000, au fur et à mesure de la transposition en France des directives européennes sur la constitution du marché intérieur de l'électricité.

Cette situation de monopole faisait de la production électrique une activité régalienne, analogue à la Défense Nationale. Cette situation était inacceptable pour la Commission Européenne et ne permettait pas à l’entreprise nationale d’exploiter son expertise et ses ressources sur le marché mondial de l’Énergie électrique. En 2004 l’Établissement Public EDF devient donc une SA en introduisant 15 % de son capital à la bourse de Paris. L’État possède 84 % des actions et la Banque Publique d’Investissement (Caisse des Dépôts) 13 %... La situation de monopole demeure et EDF peut agir à l’étranger.

Qu’elle le fasse bien ou mal est hors sujet.

Mais la très libérale Commission Européenne insiste pour une libéralisation d’un marché national monopolistique de fait : un producteur-distributeur quasi unique et organiquement lié à ses concurrents :

- sur le Rhône et le Rhin 

- Engie -10 GW installés toutes sources confondues- chez qui l’État n’a jamais détenu moins de 25 %. 

Mais il ne faut pas déplaire à Bruxelles qui tolère les errements budgétaires du pays.

Donc l’État abandonne sa souveraineté dans le domaine de son approvisionnement en énergie.

 

Le gouvernement revêt alors son habit d’arlequin et adopte des postures.

Il tente d’introduire dans le monopole de fait une dose de concurrence, en déni des réalités géopolitiques, qui satisfasse le fantasme et l’hubris national tout en se soumettent aux diktats de la commission.

L’État organise donc lui-même une concurrence dont le Marché n’aurait pas permis l’apparition.

Merveilleuse et absurde épiphanie et complet paradoxe : pour faire naître artificiellement des forces d’équilibre dans un marché, l’État organise un système dirigiste évidemment fondé sur un subtil mélange de subventions et de taxation, pour satisfaire les aspirations libérales des fonctionnaires bruxellois.

En somme rigidifier et compliquer les règles du marché pour le libérer.

L’imagination se déchaine et la frénésie administrative se développe assorti de la pléthorique création de fonctions nouvelles dans le secteur public.

 

Il existe une EPIC particulière, crée en 1990 qui porte le nom d’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie. L'ADEME suscite, anime, coordonne, facilite ou réalise des opérations de protection de l'environnement et la maîtrise de l'énergie, avec un budget de 690 millions d'euros en diminution (605 millions prévus en 2019) pour un effectif salarié de 963 équivalents temps-plein. Wiki

Cet organisme, qui date d’une époque quand l’Écologie majuscule n’était encore que le Développement Durable est à la fois une agence (incitation par les études, les formations, la règlementation) et une entreprise (EPIC) qui intervient comme partenaire d’industriels, ainsi avec Alstom (Speedinnov) pour le développement de « véhicule du futur » ou encore avec Enedis sur la pose des compteurs Linky dans le cadre du projet Smartgrid pour ne parler que du domaine de l’énergie.

L’essentiel de l’action de l’ADEME ne porte pas sur la production électrique sauf lorsqu’elle le fait en subventionnant de l’EnR où bon lui semble.

 ADEME calculeo, Aides de l’Ademe

Là encore la Cour des Comptes s’étonne (ou fait semblant de s’étonner) et recommande à l’Ademe entre autre de

-2  poursuivre l’effort de sélection des projets, rationaliser la gestion des aides et intensifier les contrôles a priori et a posteriori des opérations aidées par l’agence….

-4  rendre la gestion des ressources humaines plus rigoureuse en veillant à la maîtrise des coûts salariaux et au respect de la durée légale de travail.

CdC rapport décembre 2016 page 9

 Une autre structure voit le jour en 2000, la Commission de Régulation de l’Énergie. On lui laisse la parole.

Les MISSIONS DE DÉVELOPPEMENT CONTINU  de la CRE

Participer à la construction du marché intérieur européen de l’énergie.

Concourir au bon fonctionnement des marchés d’électricité et du gaz naturel au bénéfice du consommateur final.

Réguler les réseaux des gaz et d’électricité, qui sont des monopoles : fixer leurs tarifs et veiller à ce qu’ils ne favorisent aucun utilisateur.

Veiller à la bonne information des consommateurs.  

Mettre en œuvre des dispositifs de soutien aux énergies renouvelables en instruisant des appels d’offres. Qui sommes-nous ? CRE

 La schizophrénie règne et la confusion devient le mode de pensée dominant : Quoi ! une commission (évidemment dirigée par des experts) organise le marché monopolistique (de fait et historiquement) d’un producteur-distributeur d’électricité possédé et géré par l’État dans l’objectif de libéraliser le marché comme Bruxelles le demande.

En somme, on pourrait penser que le patron d’EDF est une puissance indépendante que l’État doive « surveiller et punir » en oubliant qu’il le nomme, le rémunère et doive décider avec lui de la politique énergie-électrique du pays.

 

Autre illustration et là encore on laisse la parole aux acteurs : Extrait du texte de présentation de la  CRE

La loi portant Nouvelle organisation du marché de l’électricité promulguée le 7 décembre 2010, est entrée en vigueur le 1er juillet de l’année suivante. Dernière des grandes lois intervenues pour adapter l’organisation du secteur de l’énergie français à son ouverture à la concurrence, la loi NOME a entendu corriger les imperfections constatées, s’agissant de l’organisation du marché de l’électricité français.

Une de ces dispositions phare est la création d’un Accès régulé à l’énergie nucléaire historique (ARENH) à destination des fournisseurs alternatifs. Ce mécanisme permet aux fournisseurs alternatifs de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Il rend la concurrence possible sur un marché de l’électricité dont le secteur de la production se caractérise par une concentration très importante.

Genèse de la Nome : La loi portant nouvelle organisation des marchés de l’électricité s’inscrit dans la continuité des travaux de la commission Champsaur. La Commission européenne avait engagé en 2008 des poursuites contre la France. Elle lui reprochait de ne pas avoir « transposé » dans son droit national toutes les dispositions des directives européennes ouvrant le marché de l’énergie à la concurrence. Une commission composée de manière équilibrée et présidée par le haut fonctionnaire Paul Champsaur a donc été constituée.

Les travaux de cette Commission ont abouti à deux lois :

-une loi du 7 juin 2010 ; cette loi a créé un principe de réversibilité : ce principe permet aux consommateurs résidentiels qui ont quitté les tarifs réglementés de l'électricité pour une offre de marché d’y revenir à tout moment

-la loi dite “NOME” du 7 décembre 2010 portant nouvelle réglementation du marché de l’électricité français a sensiblement modifié l’organisation du marché de l’électricité français.

Ainsi

 Depuis le 1er juillet 2011, et pour une durée de 15 ans, l’ARENH permet aux fournisseurs alternatifs d’accéder, à un prix régulé, à l’électricité produite par les centrales nucléaires historiques d’EDF en service à la date de promulgation de la loi NOME. Les volumes d’ARENH souscrits par les fournisseurs alternatifs ne peuvent excéder 100 TWh sur une année, soit environ 25 % de la production du parc nucléaire historique.

L’article L.337-14 du code de l’énergie dispose qu’afin d’assurer une juste rémunération à EDF, le prix doit être représentatif des conditions économiques de production de l’électricité de ses centrales nucléaires historiques sur la durée du dispositif. Initialement fixé à 40 €/MWh au 1er juillet 2011, en cohérence avec le tarif réglementé transitoire d'ajustement du marché (TaRTAM)* en vigueur au 31 décembre 2010, ce prix s’élève depuis le 1er janvier 2012 à 42 €/MWh.             *ça ne s’invente pas

Le sommet de l’édifice : la PPE

La programmation pluriannuelle de l’énergie : on ne citera que l’intitulé du premier paragraphe du rapport : Programmation pluriannuelle de l’énergie : une dynamique d’action cohérente pour la transition énergétique.

Tout est dit dans l’annonce. Le propos n’est pas de savoir comment alimenter le pays en énergie mais bien de conduire LA Transition Énergétique, transition qui passe à l’évidence par le développement des éoliennes achetées sur le marché des éoliennes, de panneaux solaires chinois et la fermeture de nos propres moyens de production électrique.

Pour la consommation des produits pétroliers, il est difficile de concevoir autre chose que des économies.

Il serait fastidieux d’énumérer les comités de…, groupes de…, agences de…., conseil -évidemment supérieur- de… qui ont contribué à l’élaboration de ce monument longtemps espéré et enfin révélé.

Dans ce capharnaüm, dans cette forêt d’acronymes, dans ce nuage de sigles on peine à trouver trace des trois lettres EDF. Il se peut néanmoins que notre producteur national ait participé à ces ébats-débats.

Ce document ne peut être plus clair, l’intention énoncée initialement est confirmée :

 Le Gouvernement définit une programmation crédible et réaliste de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité pour atteindre l’objectif de 50 % en 2035.

La centrale nucléaire de Fessenheim devrait être arrêtée à l’horizon du printemps 2020, en application du plafonnement de la puissance électronucléaire installée, et pour permettre la mise en service de l’EPR de Flamanville. 

 Il y a là une nuance d’humour caché : c’est la fermeture de Fessenheim qui en quelque sorte, laisse la place à Flamanville, sans doute car sinon, nous aurions trop de production ! Et pour enfoncer le clou

14 réacteurs nucléaires seront arrêtés d’ici 2035, dont ceux de la centrale de Fessenheim.

Synthèse PPE janvier 2019 Page 23 et 24

°°°°°°°°°°°°°°

Pour faire simple, ainsi réagit l’État : pour plaire à Bruxelles, où peut-être je ne siège pas « pour de vrai », je demande à mon producteur-distributeur (qui satisfait mes besoins) de concéder une part de sa production à des entités qui produisent peu ou pas et qui n’ont pas de réseaux, dans le but de créer UNE concurrence pour satisfaire les libéraux de la Commission Européenne où peut-être je ne siège pas « pour de vrai ». En prime, pour aggraver et légitimer la chose j’en profite pour réduire ma capacité de production en abandonnant des outils que je possède qui fonctionneront encore longtemps pour ensuite financer par la dette des moyens de production insuffisants, dispendieux et parfaitement inutiles.

 

Conclusions

L’entreprise nationale EDF avec les outils nucléaire et hydraulique satisfait la consommation électrique nationale et par sa filiale Enedis  gère le réseau national. Annexe 1 

Tous les développements en EnR, à quelque échelle que ce soit et par qui que ce soit, sont de la dette et du déficit commercial puisqu’aucune filière nationale de fabrication des équipements n’est en place, éoliennes ou panneaux solaires.

De surcroit la production électrique de ces EnR, coûteuse et subventionnée, reste et ne peut que rester marginale, et se révèle difficilement compétitive. La gestion du réseau nationale est gênée par l’irrégularité de ces productions (jour-nuit ; vent-pas de vent).

L’accès au réseau Enedis (100 % EDF) et à la libre commercialisation, par des producteurs d’électricité indépendants industriels ou particuliers, non subventionnés, doit être permis en garantissant un coût d’acheminement justifié et stable, dans la mesure où les volumes transférés ne perturbent pas le fonctionnement du réseau. Ceux qui sont rentables se féliciteront de bénéficier d’un réseau performant qui est en vérité le cœur de l’électricité européenne. 

Pratiquement la Loi de Transition Énergétique doit être abolie et le gouvernement se doit d’expliquer les raisons de cette abolition.

D’abord en  qualifiant les EnR dans les programmes pour ce qu’elles sont : des outils dont le producteur national ou n’importe quel autre producteur se servent quand et comme ils le veulent, sur le marché, en vue de remplir leur mission ou leur objet social : alimenter la France en énergie électrique en libre concurrence.

Ensuite en requalifiant l’énergie nucléaire pour ce qu’elle est : l’outil principal (national) de production électrique, en cessant pour d’obscures raisons de très basse politique d’en faire un bouc émissaire des malheurs de la planète.

Concrètement

Taxe Carbone

 Le désordre social provoqué par la mise en place d’une nouvelle taxe carbone sur les carburants, en sus des lourdes taxes existantes, a mis en évidence la difficulté d’appliquer des taxes à la consommation sans avoir suffisamment apprécié quelles catégories de population seront affectées par la mesure.

En réalité –à l’exception du tabac- aucun produit n’est réellement « uniformément » consommé par toute la population avec le même niveau de contrainte.

Au demeurant, par nature une taxe à la consommation touchera toujours davantage les petits revenus si la consommation du produit n’est pas facultative.

Manque au budget la recette prévue. La réponse est bien connue : il faut réduire la dépense….

Agiter à nouveau sous quelque forme que ce soit le chiffon rouge du maintien de cette taxe est sans nul doute la façon la plus expéditive de relancer les désordres que l’on connait.

EDF et c’est le seul vrai sujet

Jean-Bernard Lévy vient d’être reconduit dans sa position de PDG d’EDF. Il est donc le bras de l’État en charge d’approvisionner le pays en énergie électrique.

Il a devant lui beaucoup de problème et personne ne peut avoir une meilleure perception de ces/ses problèmes que lui.

Pour reprendre une formule que tout commentateur politique utilise abondamment de nos jour sous une forme moins édulcorée : arrêtons d’empêcher ce pauvre homme de faire son travail.

Le propos de cette note n’est pas de faire l’inventaire des difficultés d’EDF mais on ne résiste pas au plaisir de mettre l’accent sur ce que l’auteur considère comme le plus important : le rôle de la CGT dans la  vie sociale et technique de l’entreprise.

On pense ici que ce point est plus important et plus difficile à résoudre que les difficultés rencontrées dans n’importe quel plan de carénage, d’enfouissement des déchets ou d’incompréhensibles démantèlements.

Les économies d’énergie

Elles sont une nécessité budgétaire et il n’est nul besoin de les envelopper dans des oripeaux de théâtre.

Le gouvernement sera bien inspiré de se souvenir que :

-l’énergie fait fonctionner ce qui  reste de l’industrie nationale dont la compétitivité est déjà compromise par une quantité de travail insuffisante à un coût excessif en regard des réalités de la mondialisation.

-les taxes à la consommation ne doivent être utilisées que lorsque leur incidence se fait sentir d’un poids égal sur toute la population et lorsqu’il y a consensus sur la nocivité de la consommation.

Désordre sociaux, troubles et émeutes

Il serait dangereux de ne pas anticiper les troubles sociaux qui  accompagneront les fermetures de 14 ou 15 unités nucléaires, troubles à côté desquels le charivari Gilets Jaunes apparaitra comme un blague de potache ; troubles qui trouveront leurs racines dans la continuation d’une politique stupide de désagrégation de l’outil existant.

 

*Certains lecteurs et la plupart des lectrices regretterons sans doute que la France, le cher et vieux pays n’ait pas été qualifié(e) de spectatrice.

 

20 février 2019

 

 

 

 

 

 

 

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19 février 2019

Une Joly* fable

Ceci est la première ébauche d’une fable naïve. Ébauche, elle est, ébauche, elle restera. Elle est donc imparfaite et définitive. À prendre ou à laisser, dit le Naïf.

*En hommage à Eva Joly.

 

Un brave homme vit au milieu des champs de blé. Il nourrit sa famille et ses nombreuses filles en exploitant la minoterie qui fournit en farine les villages du canton.

Il vit, ainsi que ses nombreuses filles dans un pays éloigné du nôtre et cependant très développé. La population vénère Saint Ricardo et suit ses préceptes. Cependant une Grande Prêtresse fait résonner un Verbe Nouveau qui promet le monde et lutte contre les excès de la consommation.

Le pays est riche : on y trouve du carburant et l’électricité y coule à flot.

L’histoire ne nous dit pas si les moteurs de la minoterie sont des diésels ou des moteurs électriques.

Sa fille ainée lui dit.

Père, l’énergie que nous utilisons dans notre minoterie n’est pas propre. La Grande Prêtresse de la Sauvegarde de la Terre nous enseigne qu’il faut bannir l’électricité qui pourrait être nucléaire et le diésel qui vient droit du domaine de Satan.

Il nous faut, en haut de la minoterie construire du bois de nos forêts une tour. Nous y placerons des ailes blanches couvertes du lin de nos campagnes et notre ami de toujours le doux Zéphyr fera mouvoir d’ingénieux mécanismes en bois qui animeront une meule taillée dans la pierre de nos carrières.

Le père entend sa fille.

Ainsi fut fait.

Sa fille puinée lui dit.

Père, les véhicules automobiles que nous utilisons pour approvisionner le blé puis pour transporter et livrer la farine sont, nous dit la Grande Prêtresse, des Démons de destruction de notre mère la Terre. Ils émettent des vapeurs qui nous empoisonnent tout comme elles empoisonnent l’air que nous respirons et les nuages qui dansent dans le ciel.

Il nous faut demander à notre voisin éleveur des ânes qui feront le travail sans modifier les délicats équilibres de la planète. Élever tous ces ânes sera bon pour l’emploi des gens  du village.

Le père entend sa fille puinée.

Ainsi fut fait.

Sa troisième fille lui dit.

Père, certains villages d’alentour se procurent leur farine auprès d’autres minotiers et nos ânes ont moins de boulangeries à fournir. Nos revenues diminuent et certaines choses que nous ne produisons pas à la ferme nous manquent.

Je m’en étonne mais la Grande Prêtresse me rassure. Elle me confirme que nous sauvons la Planète.

Il nous faut convertir une partie de nos terres en jardin potager afin que nous puissions nourrir la famille sans avoir recours aux puissances malfaisante de l’argent.

Le père entend sa troisième fille.

Ainsi fut fait.

Sa dernière fille lui dit.

Père, comme je suis heureuse de vivre à la ferme comme mes arrière-arrière grands parents, avant que les Mauvais Esprits du Progrès nous aient éloignés du bonheur ineffable de vivre en harmonie avec la Nature.

Cependant j’ai rencontré au bal du canton où m’avait mené mon âne préféré, un très beau jeune homme qui vit, Ô comme je le regrette, à la Grand Ville. Il est Énarque, ce qui  est la marque d’un esprit bien fait. Il n’y avait pas de Polytechnicien au bal : on fait avec ce qu’on trouve.

Nous nous plaisons et dans le souci d’en savoir davantage sur la vie en dehors des préceptes de la Grande Prêtresse j’ai décidé, avec ta permission de le rejoindre.

Mes ainées qui ont su te guider auront à cœur de reprendre et continuer l’ouvrage que je faisais avec dévouement dans notre ferme redevenue antique et authentique

Ainsi elle fit.

 

Marri fut le père.

 

Cette histoire n’a pas de morale. Ou plutôt elle n’a pas de moraliste.

 

Cependant : Tout comme il est tentant de puiser dans une certaine image du passé l’image d’un monde meilleur, il est difficile de résister aux charmes du monde dans lequel nous vivons.

Ou encore : Le progrès n’est pas un escalier qu’on peut redescendre. C’est un toboggan sur lequel on ne peut se retenir et qui nous mène là où nous iront.

Et enfin : Il faut se méfier de la parole des filles.

 

Cette fable est écrite sur Word et n’est pas gravée sur des plaquettes de cire ou d’argile.

 

19 février 2019

 

 

 

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17 février 2019

Un vent frais vient de souffler.

C’est vrai, nous étions un peu lassés –le mot est faible- d’être soumis à longueur de JT aux stupidités de personnages incertains des propos desquels on nous rebat les oreilles et qui dans l’esprit de bien des chroniqueurs illustrent légitimement le « ras le bol » des Français.

Certains sont authentiquement emblématiques et méritent leur statues/statuts. Nicolle, Drouet ou Chalençon par exemple. Les femmes bien évidemment nous gênent moins et notre fond de machisme revendiqué nous pousse à l’indulgence envers Mesdames Vavasseur et Ludosky. La Mouraud (Jacline) relève des deux catégories car elle a moins de charme et nous laissons la parité opérer un nécessaire rééquilibrage.

Stupidités ? Pas tant que ça.

Rien d’anormal à ce qu’une personne moins favorisée par son insertion sociale, ses talents personnels et sa capacité à fournir des efforts souhaite vivre dans un îlot de bien-être où elle paierait moins d’impôts, travaillerait moins, bénéficierait de « encore plus » de services et se trouverait dégagée de toute effort de participation à la vie collective au plan civique (propreté, environnement), au plan politique (vote argumenté) ou au plan de la production nationale. Avec en prime le droit de se promener dans le pays en cassant ce qu’il lui plait de casser, quand il le veut et où il le veut : une forme d’avantage acquis.

Une sorte de vie de nouveau-né ou de vieillard déjà retiré du monde, au-delà des réalités du présent, sauf pour la casse bien entendu.

Un état d’irresponsabilité garanti par un État qu’il est cependant urgent de détruire en même temps qu’on brule les voitures.

Bien sûr, tout est dans la caisse de résonnance et dans l’amplification du bruit, inévitablement lié au vide et à l’autisme nombrilistique de la vie publique nationale.

 

Un vent frais vient de souffler.

 

Un jeune homme, à priori plutôt sympa –tout le monde le dit- et qui joue bien au foute –vous vous rendez compte, 100 buts, que dis-je, 150 buts pour Nantes- trouve la mort dans un accident d’avion de tourisme lors de son transfert en Angleterre. Tombent à l’eau les millions d’Euros liés au transfert, mais rassurons nous, on en reparlera.

Soulagement initial : il n’aura pas à subir les désagréments d’un Brexit qui peut-être ne l’aurait pas vraiment concerné.

Soulagement second : il ne marquera pas de but contre des équipes françaises dans le cadre des multiples « Ligues » européennes ou mondiales qui constituent le fonds de commerce du Monde du Foute.

La Nation en deuil, les Hommages (en témoignage de respect, de reconnaissance et de gratitude envers le défunt) rendus par tous les personnages de l’État, du monde du Sport et plus notablement du Foute, du monde des Médias, les Mausolées, les Parterres de fleurs, les Stades en Larmes et en Démonstrations Collectives façon Corée du Nord…

Ne manque que la Madeleine et les bikers.

Les Majuscules et même les Mots nous font défaut. Word ne connait pas la ferveur populaire.

 

Un frémissement, des rebonds : On trouve l’avion, on trouve le corps ? Le pilote anonyme reste anonyme, mais qui est-il vraiment ? Et nous gardons un instant l’espoir que cette affaire qui a débuté comme les premières images, comme le « trailer » d’une série policière à la française connaitra de nouveaux épisodes et de nouveaux piments. Des flics,  ni Kader Cherif, ni Caïn, mais plutôt Cassandre la presque-rousse. Un peu de drogue dans l’avion ou un sabotage de l’appareil en vue de déstabiliser tel personnage semi-mafieux du monde du Foute… Et pas la moindre intrigue amoureuse : Emiliano à l’Opus Dei ? Pourquoi pas ? Les désordres religieux, ça marche en ce moment.

De l’imagination, que Diable !

 

Pas de quoi faire oublier Johnny mais tout de même un petit vent frais.

 

Les obsèques ont lieu dans le pays du garçon, à Santa Fe en Argentine : nous n’avons pas pu le garder et c’est bien dommage. Il aurait pu devenir une des premiers occupants d’un très nécessaire Panthéon des Vedettes du Sport-morts-au-combat, des Évadés fiscaux notoires, des Chanteurs-euses disparus-es  (ce sont les mêmes) et de bien d’autres personnalités qui en disparaissant laisse notre vide encore plus vide.

Un dossier pour Bern.

 

De nos jours, on dit : RIP

 

Le Naïf vous salue bien.                                                                                                          17 février 2019

 

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16 février 2019

Parent 1, Parent 2, encore un effort

 

J’étais bien embarrassé. Un couple de mes amis est venu me visiter. Il s’agissait de remplir je ne sais quel document pour l’inscription de leur enfant à l’école de leur bourg.

Ils offrent un cas particulier.

Mon ami, le pauvre mari, avait des spermatozoïdes défaillants et comble de malheur son épouse ne présentait à leurs appétits que des ovocytes paresseuses.

Ces braves gens étaient cependant, en dépit de ces circonstances défavorables et peut-être encouragés par l’adversité, tenaillés par un très légitime « désir d’enfant ».

Je ne parle pas de cette chose car je fais partie des déficitaires affectifs qui ont toujours pensé que les enfants « advenaient » et que leur avènement à la position d’Enfant Roi n’était rien d’autre que du présent se transformant en avenir. Peu de place pour le désir ou le besoin d’enfant…

Mes amis, effarés et effrayés par les démarches et les aléas de l’adoption, ont choisi une fabrication artisanale en regrettant au passage qu’il n’y ait pas d’AOC ou de label rouge, sans oser penser à l’étiquette Bio.

Ils ont donc fait leur marché et ont fait emplette de spermatrucs actifs et d’ovocytes accueillants auprès de producteurs des deux sexes dument agréés, sans discuter les tarifs, tout concernés qu’ils étaient par la qualité des produits.

Munis de ces ingrédients ils se sont mis en quête d’une auxiliaire de vie –au vrai sens du terme- désireuse de servir de support à leur entreprise et ont passé marché avec une dame qui fait métier de cette activité.

Requérir les services d’une porteuse locale, bretonne par exemple n’est malheureusement pas autorisé dans notre cher et vieux pays.

Aux USA, le portage pour autrui est un vrai business, la chose est commode et les avocats peuvent documenter le deal. Mais l’enfant tant désiré est et reste américain et ne peut légalement pas devenir l’enfant « désiré » du couple.

On écarte a priori les Indes : on ne sait pas de quelle caste serait le rejeton.

Je ne sais si mes amis ont choisi le chemin de la production française, chemin Montebourgeois mais illégal ou s’ils ont trafiqué l’immigration clandestine d’un jeune américain, Trumpiste à rebours.

Surgit donc dans leur vie le papelard d’inscription scolaire.

Dans un souci de transparence je leur conseille donc de tout mettre en lumière et sur la table.

Parent 1 : Le père

Parent 2 : La mère

En se référant aux fonctions ultérieures.

Mais aussi

Parent 1bis ou Parent 3 au choix : le fournisseur de spermatrucs.

Parent 2bis ou Parent 4 : la productrice d’ovocyte

En référence à des fournitures indispensables.

Et enfin

Parent 5 : la dame qui a porté, dernier étage de cette fusée du miracle des temps modernes de la conception à la carte.

 

Ils soumettent cette idée à Madame ÉducNat.

Gageons que cette proposition qui prévoit presque tous les cas et dont la clarté s’impose sera retenue. Dorénavant le cas de mes amis ne sera plus oublié.

Il ne me reste qu’un doute ou plutôt un regret : que se passera-t-il lorsqu’une cocotte-minute –forcément intelligente et artificielle- aura remplacé la dame du portage ? Faudra-t-il désigner le robot-porteur et lui conférer un rôle parental ?

Je reste en contact avec les députés de la majorité : un amendement en ce sens est à l’étude.

 

Naïvement votre                                                                                                                                   16 février 2019

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23 novembre 2018

Mensonges et délires politiques

 

L’exercice consiste à le dire de la façon la plus courte et si cela est possible de la façon la plus indiscutable qui  soit.

Cet exercice suppose que le lecteur croit en la véracité des affirmations qui conduisent le  raisonnement. Il a au demeurant le loisir de vérifier les assertions s’il ne fait pas crédit à l’auteur.

Dire quoi ? Ce sera la conclusion de ce papier.

 

La production d’énergie primaire dans le monde est au niveau de 300 millions de barils équivalents pétrole par jour.

-Le baril équivalent pétrole par jour est l’unité de mesure la plus communément utilisée. Cela est légitime car le prix du baril de pétrole affecte immédiatement le coût de toutes les autres productions d’énergie. Il s’agit donc d’un marqueur physique mais aussi financier.

-Primaire veut produite directement sans transformation ; ainsi la plus grande quantité de l’électricité produite n’est pas de l’énergie primaire mais issue de combustibles fossiles.

Pour les dix dernières années cette production a connu une croissance entre 1 et 2 % par an. Et cette tendance n’a pas la moindre raison de s’inverser.

La part des énergies dites renouvelables, solaire, éolienne et autres est de l’ordre de 2 %.

En comptant l’hydraulique ce chiffre passe à 5 %.

 

Conso énergie monde 2010 2020 2035

  

Au moins un tiers de cette production est consommée par la Chine et les USA.

Rien n’indique que ces pays aient inscrit dans leur programme des réductions de production ou de consommation. Bien au contraire toute l’économie américaine est tendue pour une augmentation de production conduisant à l’autonomie énergétique. Dans le cas de la Chine la tendance serait de réduire relativement la dépendance au charbon et au pétrole dans le but d’assainir l’air des mégapoles en favorisant le solaire et le nucléaire. Ce transfert reste marginal et la croissance chinoise reste soutenue.

 

La France produit 400.000 tonnes équivalents pétrole, tep, par jour de chaleur nucléaire et d’énergie renouvelable, hydraulique pour la plus grande part. Attention : 1 tep vaut dans ces calculs simplifiés 7 barils.

Soit environ 1 % des 300 millions de barils équivalents pétrole mondiaux.

 

La France achète 300.000 tep/jour de gaz et de pétrole en comptant dans le chiffre encore une pincée de charbon.  De 30 à 70milliards d’Euros au bon gré de Trump ou de MBS.

Soit 0.7 % des 300 millions de barils produits dans le monde…

 

Bilan Energie Fr 2015

 

Donc, achat ou production, la France contribue pour 1.7 % dans la production-consommation d’énergie dans le monde.

Agir de quelque façon que ce soit sur la production ou la consommation énergétique de la France revient à agir au niveau du  « pour mille » au niveau mondial et plus probablement au niveau du « pour 10.000 ».

Considérant l’attitude des USA et de la Chine, des pays producteurs de pétrole et la croissance inexorable de la population mondiale, parler de transition énergétique constitue à proprement parler un mensonge ou un délire. Tout simplement la France n’est pas un acteur dans ce dossier.

Certes une part croissante mais toujours marginale d’électricité primaire entre dans la composition du magasin énergétique, mais ne provoque en rien une Transition et constitue à peine, en regardant les chiffres, une faible inflexion, le pour-cent qui traine derrière la virgule.

 

Alors se pose la vraie question : comment un mensonge de cette importance s’est-il glissé et imposé dans la vie politique et comment peut-il servir de cœur de programme aux représentants de la nation et aux gouvernements ?

Fallait-il que la vie politique française soit vide pour que cette fantaisie prenne corps et conduise aux absurdités que nous offre une Loi de Transition dont on mesure à chaque développement l’inanité ; Loi dont la mise en application fut confiée à des experts reconnus, heureusement disparus.

 

Mais les Français n’ont que peu de leviers dans ces affaires.

 

Économiser l’énergie, ne pas la gaspiller est le premier de ces leviers. C’est une évidence écologique et budgétaire. On le dit : le fait-on ?

 

Ne pas accroître la dette par des achats subventionnés de gadgets écolo-éolo-solaires entièrement importés ; car la France désindustrialisée n’est pas en mesure de participer à ce marché : panneaux solaire, éoliennes sont fabriqués ailleurs et il n’est même pas certain que dans le cas des installations offshores, nous soyons en mesure de les installer sans quelques amis hollandais. Ces équipements encombrent le paysage et perturbent la bonne marche du réseau électrique sans constituer pour autant une ressource.

 

Savoir si le territoire national et le domaine maritime ne possèdent pas les ressources de pétrole ou de gaz que la France achète sur un marché auquel elle participe passivement.

Cf les 70 milliards d’Euros de l’année 2016 et les chiffres inconnus des années à venir.

 

Laisser EDF faire son travail : assainir la gestion de son personnel et sa situation financière, gérer son réseau et reconstruire la filière nucléaire mise à mal par les incompétences et soumise à des impératifs de sécurité légitimes mais croissants.                                                                                                                    

chiffres-production-energie-monde-2012_zoom (1)

 

                              

 

 

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