Le Naïf dans le Monde

23 septembre 2020

Le Patient Objet

 

Attente et énervement

 Sous le parapluie financier de la Sécu Soc qui met tout les patients à l'abri des coûts personnels et assure le profit d'autres qui jouent un manège orchestré et cadencé au rythme des agendas des marionnettistes, les Médecins spécialisés.

Un bref, enfin pas si bref que ça, épisode de ma vie de patient objet. 

Mi-juillet pour le renouvellement d'une prescription reconductible, après l'examen de routine que le généraliste pratique en début de consultation et plus particulièrement après une longue période sans visite, je mentionne des soucis récents.

Des douleurs lombaires déjà bien établies dans mon quotidien qui de gênes gagnent le statut de douleurs persistantes; ce qui m'empêche de marcher. De surcroit des troubles d'équilibre ajoutent un peu de piment à ce désagrément.

J'ajoute avoir des troubles de mémoire qui encore loin d'être des handicaps deviennent gênants avant d'être préoccupants.

Ma médecin-e généraliste, becif subito, me suggère de voir une neurologue Mme S. qui consulte entre autres lieux à Cassis.

Gag de la première consultation.

J'ai perdu trace de la date de cet épisode que je n'ose qualifier de consultation et qui n'a pas donné lieu à prescription mais simplement de l'annonce que la dame me "bookait" une journée d'hospitalisation à l'hôpital de jour de la clinique La Casamance à Aubagne à une date qu'on me fera connaître quand on me le fera savoir. Un de mes échanges les plus constructifs de ce bref entretien médical fut que lui ayant mentionné les difficultés/impossibilités d'y garer son auto, elle me dit : No problemo, zête à 100%, à taxi vous avez droit.

Un quart d'heure fut consacré à quelques jeux de cours de récré qui commencent toujours par "toucher le bout de votre nez avec le bout de votre index" pour continuer par une succession de jeux de grande section de maternelle visant à mesurer le degré de gâtisme du patient.

D'entretien avec le futur "examiné en détail" dans la journée qui lui sera consacrée à l'hosto… nada, et pour savoir quels sont les signes  -on ne va pas jusqu'à symptômes- qui lui ont fait alerter la médecin-e traitante… la mini demi-heure a fondue et merci Madame. Client suivant.

Vient de se déclencher un mécanisme dont les rouages continuent de tourner. 

Gag de la journée d'examen à La Casamance: un bref résumé chrono récapitulatif.

Taxi, 2 fois une heure avec l'attente du taxi pour le retour.

Prise en charge à 8 h précise, soyez à l'heure, nos programmes…

Examen et consultation: Une IRM (autre secteur de la clinique), un scanner lombaire (le même) et un entretien avec une psychiatre (? Touchez vous le bout du nez...) et une prise de sang, le tout en moins de 2 heures effectives habilement réparties

Une barquette salade Sodexho et un yaourt juste assez pour interrompre ma lecture.

Gag du prochain rendez-vous.

Après en réalité une IRM et le scanneret une prise de sang tombe l'injonction : votre prochain rendez-vous avec Mme S. la neurologue sera le 21 octobre, miracle, à Cassis pour avoir enfin une conversation avec la dame, si les Dieux me sont favorables, 4 mois et demi après avoir signalé ces désordres à ma médecin(e) traitante et quelques 5 semaines après les gags précédents.

Merci, vous pouvez nous quitter, 16 h 30.

Attente : 7 h 30 moins 2 h utilisées : 5 h 30 et 2 h et attente retour du taxi.

J'ai donc le temps de me faire à l'idée qu'elle m'annoncera que mon cerveau n'est plus qu'un assemblage d'idées jetées en vrac sur le champ de mes absences mémorielles et de mes légères pertes d'équilibre.

Et inventera-t-elle un nouveau gag 

Peut-être aurais-je dû garder ces petits signes de vieillissement pour moi et devenir gaga calmement sans que cela coûte un radis à Ste S. S.   Je me rassure, la vieillesse est un naufrage mais je ne vais pas couler demain matin, car le Seigneur veille sur moi. 

Remarques en forme de question et de conclusion.

Une journée d'hospitalisation que Mme S. offre à la clinique et une heure de psychiatre (?) pour jouer comme en maternelle pour l'éveil des futurs élèves de CP, au frais de notre mère vénérée aux déficits infinis Sainte Sécu Soc, à qui profite ces dépenses ?

Ben voyons, notre système de santé dans sa qualité, peut-être, mais aussi au grand nombre des poissons qui naviguent dans l'océan des dépenses inutiles et du déficit de Sainte S. S. et qui dans mon cas prennent leur temps et le mien pour cette navigation.

Ce papier est évidemment très injuste mais il est le reflet de l'énervement qui a grossi en moi pendant les attentes dans les salles du même nom à la Casamance.

Je ne continuerai pas ce carnet le 22 octobre sauf si l'énervement me revient à l'issue de la consultation et j'espère conclusion.

 

13 septembre 2020

 

 

Posté par Dufourmantelle à 18:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
20 septembre 2020

Sous le benêt, sommeille un Jupiter

On avait eu il y a quelque temps déjà le gag du compteur Linky. Souvenez-vous, il est toxique et émet des ondes qui nous rendrons chauves, impuissants et puis quoi encore. En plus il nous espionne et on n'est plus chez soi. "Ils" saurons si sous sommes à la maison et quand nous partons en vacances. Et puis, j'aime bien mon vieux compteur, je m'y suis habitué presque attaché !

Mais Énédis n'a pas bronchée, le vacarme s'est assourdi et la pose des compteurs présumés coupables s'est poursuivie. Faisant partie des gens qui ne vivaient pas cette rumeur psychotique j'attendais donc mon joli petit boitier vert et j'ai le plaisir de vous annoncer que le 14 octobre prochain notre vie électrique intime ira par la magie de la fée électricité enrichir les milliards de données personnelles dont EDF, je le pense, n'a pas grand-chose à faire qu'il ne risque pas d'utiliser à mon détriment. Naïf et optimiste.

Énédis, voilà encore un truc qui me hérisse.

Historiquement, souvenez-vous, nous avions affaire à une Société Nationale qui fabriquait dans ces trucs à faire de l'électricité tout le jus dont avait besoin le pays, et même un peu plus.

Historiquement, souvenez-vous, nous avons fabriqué un machin très utile qu'on appelle l'Europe.

Mais l'Europe, c'est compliqué, comme on dit maintenant, et puis il y a ces pays du nord qui noyaute la commission. Quel travail !

Donc historiquement la France a démantibulé l'édifice EDF qui fonctionnait plutôt bien pour satisfaire les hollandais et les anglais en filialisant ses départements réseaux et distribution.

Puis historiquement pour accommoder des pincées d'énergies dites vertes nourries aux mamelles du déficit commercial (dette) on a bricolé un organisme qui explique à Edf-Enedis comment faire son métier en s'accommodant d'une énergie dont elle n'a nul besoin.

Tout ce bazar de soumission à Bruxelles me hérisse.

Ceci n'est qu'une parenthèse hors sujet, mais l'énervement est bien réel et ressenti.

Alors arrive enfin le moment auquel après avoir attendu on ne sait quoi on se décide à distribuer les fréquences de 5G sous l'Autorité de Régulation des Communications Électroniques, qui est administrativement indépendante et  partie de l'État qui la finance, et n'est comptable de facto que devant …le Président. Je n'ajoute pas le Premier Ministre, le collaborateur dévoué.

Elle alloue des plages de fréquence reflétant l'état des développements existants en laissant un étroit créneau pour des opérateurs entrants.

Un constat est que l'État est le légitime gérant des fréquences téléphoniques en liaison avec (ou sous ?) un organe européen de régulation, ce qui "pour le coup" semble nécessaire.

Il, le Président  est donc maître de l'usage de ces fréquences et par lui nous sommes maîtres de cet usage. 

Alors voilà-t-il pas que les détracteurs, les anti-Linky, les antivaccins, et tous les opposants à un progrès qu'ils ne comprennent pas et auquel ils sont opposés parce qu'ils sont opposants, tous les ennemis des ondes sauf celles qui imbibent leur quotidien et j'en passe.

Alors, mais M'ssieu Macron vous nous aviez promis, un débat et peut-être un référendum et vous savez, nous vivons de cette capacité à entraver les actions du gouvernement. Souvenez-vous la largeur d'esprit dont vous aviez preuve avec cette merveilleuse Convention Citoyenne à l'occasion de laquelle nous avions pu glisser quelques mesures de décroissance et certaines ont retenues votre attention alors, vous comprenez pourquoi nous sommes désappointés par ces possibilités de la 5G qui...  

La foudre frappe, le tonnerre retentit, Jupiter se réincarne dans l'enveloppe menue (c'est vrai qu'il est tout petit) du Benêt soudain animé tel l'étendard de l'autorité restaurée par un nouveau souffle olympien.

Oubliées les cents reculades précédentes et même les sottises (conneries criminelles) récentes, de Notre Dame des Landes à Fessenheim la liste est longue et bien connue des lecteurs de ces carnets.

Fini le "en même temps", barre à droite, oublié le "je sauve la planète", les écolos, planche pourrie et socialos loin à la dérive.

Restent les troupes de Sarko, toujours sur le marché, bons à cueillir.

Les autres viendront tout naturellement, comme ce bon Estrosi qui arrive comme un toutou affectueux.

Et que Véran se bouge le popotin, cré nom de Dieu !

Je m'égare.

La parole est dite.

Le cher et vieux pays aura son réseau 5G avec seulement un ou deux ans de retard sur le reste des pays européens. Avec du matériel européen bien évidemment, sans doute. 

Je préfère ne pas imaginer les critiques et les palabres qui vont suivre, que le tumulte de l'épidémie ne parviendra pas à étouffer complètement. Encore que naïvement, ce qui me caractérise, je crains que cette deuxième vague ne soit pas qu'une vaguelette de bord de plage mais un épisode qui va durer un certain temps, comme on dit à l'armée. Notre si belle jeunesse, si bien élevée, si cultivée, si bien bacalaurétisée y veille. 

Une note optimiste puis pessimiste.

La tribu des antinucléaires perd de sa virulence. Peut-être les moins stupides d'entre eux ont-ils compris qu'à force de fermer des unités de production nucléaire nous finirons par manquer d'électricité. Nous y sommes déjà.

Mais le programme de la PPE* est toujours là, solide comme une loi de la République et c'est promis nous fermerons 14 unités sur les 58 en fonction et cochon qui s'en dédit; ceci reposant sur le concept ou plutôt l'idéologie molle que il sera inéluctable de fermer des centrales nucléaires.

Les lecteurs de ces carnets savent ce que j'en pense.

 

*Programmation pluriannuelles de l'énergie

 

20 septembre 2020

 

 

 

 

Posté par Dufourmantelle à 10:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
07 septembre 2020

Ou es-tu Obono beauté cachée*

 À propos d'un article qu'on n'a pas lu

 

obono capt 12

 

Comme tout le monde je n'ai pas lu l'article de Valeurs actuelles qui cause le scandale et comme tout le monde je trouve urgent d'émettre une opinion sur quelque chose que je n'ai pas lu.

Mais je vis lorsqu'éclata cette bombe médiatique, mais brièvement, quelques fois seulement, la couverture du coupable canard. Assez pour susciter l'envie d'en chercher une copie et me dire au moins une chose : l'illustrateur a un certain talent et traitée à la gouache en  20 x 80 avec une marie louise claire pour faire ressortir le côté mystérieux du portrait son œuvre trouverait place chez les collectionneurs avisés.

 

Comme tout le monde qui n'a pas lu l'article ignominieux je l'ai donc cherché monté sur mon cheval d'information Wiki et ensemble nous avons parcouru les steppes de la mémoire des évènements.

Nada, Walou, Zéro, que dalle, en un mot rien. Effacé, omertisé, enfoui

 

Sur le fond : l'article dit le rédacteur vise à mettre en lumière cet aspect "offre" du commerce des esclaves qui n'est jamais évoqué. Pourquoi cette omission d'une évidence ?

 Les esclaves livrés sur la plage, dument payé suivant un contrat entre fournisseur et acheteur ont été collectés dans les tribus puis acheminés jusqu'à ce point de livraison et cette fraction du négoce est entièrement africaine.

En Afrique de l'ouest et pas davantage en Afrique orientale les négriers rochelais, bordelais et autres n'ont conduit d'incursion pour aller chercher leur marchandise. Elle était livrée par des courtiers locaux chargés d'aller les collecter auprès des tribus qui obtenaient leur matière première par des moyens qui "ne nous regardent pas".

Les quais de collecte se situaient sur la bien nommée côte des esclaves, Bénin, Nigéria comme à Pointe Noire au Congo (avant que l'or noir ne remplace le bois d'ébène) et Gorée au Sénégal et d'autre encore.

Les armateurs de toute nationalités portugais des 1450 puis surtout anglais et à un moindre degré français conduisaient leurs affaires et armaient leur bateaux depuis des ports comme La Rochelle ou Bordeaux.

Donc si l'article détesté décrit cette étape du commerce des esclaves et si sa fiction ne contredit pas ce qu'on sait de cette histoire que peut-on lui reprocher ? Si ce n'est de contredire le crédo que tout l'esclavage est le fait du colonisateur.

 

Sur la forme je ne peux que supposer que l'auteur a grossi le trait et imaginé des situations qu'il expose crûment, mais que dire de plus car comme un grand nombre des indignés je n'ai pas lu l'article ce qui n'est pas très grave puisque mon propos et de parler de cette indignation et de la censure qu'elle provoque.

 

Sur le casting : Obono Edzodzomo est le sujet de la fiction parabole illustrant le chemin de l'africain de la tribu, porteur des chaines de l'esclavage, vers le monde des négriers…

Ma première réaction est qu'elle l'a bien cherché ! À tort peut-être mais sans doute "à raison" je lui prête des sentiments indigénistes visant à instruire à charge le procès d'un colonialisme débarrassé de tout vérité historique et devenu symbole d'une cause nouvelle et au fond d'un désir de différence dans ou à côté de la citoyenneté.

En annexe : la Député(e) d'un territoire perdu. Juin 2017

 

Le personnage d'Obono a été utilisé et instrumentalisé dans une fiction dont tous les lecteurs disent qu'elle est offensante pour elle et que cela n'est pas bien, pas gentil. C'est bien possible et si un jour je lis cet article je dirais ce que j'en pense mais dans l'instant je me contente de penser que si Obono y  trouve matière à insulte raciste ou emploi insultant de sa personne, il est légitime qu'elle porte plainte que ce qui relèverait alors du domaine pénal et soit sanctionné.

 

Mais ce qui est proprement incompréhensible et inadmissible est la censure de fait qui s'est exercé sur le malheureux canard et l'avalanche de soutiens à Danièle venant de tous les étages.

Même le benêt entre le sauvetage de la planète et celui du Liban a trouvé le temps et jugé bon de "tweeter", aussi rapide que Trump, pour assurer la victime présumée de son soutien

Pris d'un accès de paresse bien excusable à mon âge, je cède la parole pour la fin de l'argumentaire et en forme de conclusion à Élisabeth Lévy  31 août   Sud radio

Revenons sur l’affaire Obono, représentée en esclave dans Valeurs Actuelles.

On devrait toujours se méfier de l’unanimité. Le tort supposément infligé à Danièle Obono est l’occasion d’une véritable curée contre Valeurs Actuelles. Et d’un concours de beautés morales. Comme dans les animaux malades de la peste, toute la classe politique et médiatique se réconcilie en faisant haro sur le baudet. “Racisme abject”, “infâme”, “immonde” : un réel festival d’épithètes. Même Wallerand de Saint-Just du Rassemblement National fait son offusqué. Bien sûr, la plupart des accusateurs n’ont pas pris la peine d’examiner le corps du délit.  

De quoi s’agit-il ?

Nous parlons là du septième épisode d’une série de fictions dont le principe est le même : faire voyager un personnage public dans le temps, façon “Les visiteurs”, avec le comique en moins. Après Zemmour à Waterloo, Danièle Obono au temps de l’esclavage transplante la députée insoumise dans l’Afrique occidentale du XVIIIème siècle. Dans cette fiction, elle est victime d’atrocités perpétrées par des Africains, vendue à un Arabe.  

L’objectif était de rappeler que l’esclavage a été pratiqué par des Noirs et par des Arabes. Une manière également de répondre aux Indigènes au courant décolonial, qui font de l’Occident le seul coupable pour en conclure que le racisme est inscrit dans ses gènes. Pourtant, jusqu’à maintenant, la spécificité de l’Occident sur la question est que c’est ce même continent qui a aboli l’esclavage en premier.

Ce sont les dessins qui ont choqué ?

Ces dessins racontent exactement la même histoire, aussi dure soit-elle, donc ils montrent la jeune femme enchaînée. C’est peut-être maladroit puisqu’elle a été blessée, mais il n’y a strictement rien de raciste ni le texte ni dans les images. On pourrait discuter le propos historique. Mais pourquoi comprendre ? C’est si bon de s’indigner. On prouve sa vertu en exigeant des censures et des exclusions. 

Le plus scandaleux c’est que le président de la République, le Premier Ministre et pas moins de quatre ministres, dont le Garde des Sceaux, aient cru bon de faire chorus. 

En quoi est-ce scandaleux ? 

Il est sûrement très aimable de la part de Macron d’appeler Danièle Obono. Mais appelle-t-il Marine Le Pen quand elle est indignée par un article ? Je pense qu’il essaie de se faire pardonner d’avoir parlé à l’hebdomadaire Valeurs. Il met donc un genou à terre. Politiquement, ce n’est pas très glorieux.

Surtout, cela est problématique du point de vue institutionnel. Le Premier Ministre et le président de la République sont les garants de la neutralité de l’Etat. Ils n’ont pas à condamner un hebdomadaire ni à dire quelles opinions on peut défendre. Ils sont les dirigeants d’un pays, pas les directeurs de conscience et encore moins les instituteurs de ses citoyens.            

Une ride dans le paysage médiatique, un non-évènement dans un monde qui connait chaque jour des drames, des troubles géopolitiques majeurs, une épidémie gravissime et soudain une foule d'indignés se manifeste et pour peu manifesterait dans la rue en soutien à une dame dont le combat contre le racisme se manifeste in fine par un rejet de la citoyenneté, par l'appartenance à autre chose, à une autre catégorie de français qui ne seraient pas soumis aux exigences républicaine, qui seraient Insoumis.

Mais complètement soumise cette foule de la bien pensance s'indigne et tweete des regrets, des excuses et jette l'opprobre sur l'auteur de l'article qu'ils n'ont pas lu et qui offense la dame. Dans la foule l'essentiel de nos personnages politiques ! Le benêt, son avocat de ministre et tous les autres qui courtisanent à qui mieux mieux y vont de leurs consolation à l'Insoumise. Pour Jupiter-le-benêt qui court le monde pour dire le verbe démocratique et républicain il nous montre qu'il sait faire peuple en allant fourrer son nez dans le caca médiatique sans craindre d'entacher la dignité de sa fonction. Pire que Léonarda !                                                                

 

*Vous avez surement trouvé :  Où t'es-tu cachée Ô bonobeau ….Ça, c'est pas gentil

 

07 septembre 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Dufourmantelle à 13:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Annexe à Ou es-tu Obono beauté cachée

 

À propos d'un article qu'on n'a pas lu

Trois ans déjà ! Pour éviter au lecteur curieux de farfouiller dans le désordre des carnets et comme les octets ne coûtent pas grand-chose, j'ajoute un papier de juin 2017 sur Danièle Obono, personne qui avait déjà capté l'attention du Naïf. Il est comme je l'écrivis, cochon qui s'en dédit.


La Député(e) d’un territoire perdu

 Danièle Obono-edzodzomo est une jeune femme de 36 ans. Originaire du Gabon et citoyenne gabonaise, elle a acquis la nationalité française en 2011. Elle est, depuis 2003, thésarde en sciences politiques à la Sorbonne.

Depuis la semaine dernière, elle est aussi député de la 17ème circonscription de Paris, sous l’étiquette de la France Elle est connue pour ses engagements dans les combats alter mondialistes, féministes et antiracistes. Elle fut d'abord membre de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) puis du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) avant de rejoindre la France Insoumise.

Elle a en particulier soutenu des rappeurs attaqués en justice par des défenseurs des valeurs de la République pour avoir commis une chanson dont le titre est « Nique la France ». On ne peut évidemment voir dans ce titre la preuve d’une forte adhésion aux dites valeurs. S’ensuivirent pétitions, contre-pétitions et le tintouin habituel des belles Âmes et de la Fachosphère, raccourci de la Vie Parisienne.

Cette relative célébrité et son accession à la députation font qu’elle fréquente désormais les plateaux de télévision. Récemment elle fut invitée sur RMC, Les Grandes Gueules. Sans doute faut-il être insoumise pour avoir l’idée de participer à une émission de commentaires politiques qui porte ce nom. Mais cela aurait pu être chez Ruquier.

 

Mme Obono, député insoumise

 

J’ai regardé la séquence de cet entretien.

De façon un peu inattendue, le présentateur, individu dont on peut craindre que la postérité ne retienne pas le nom, de but en blanc en quelque sorte, lui demande de dire : Vive la France. La donzelle s’émeut de la requête et répond, pas si maladroitement qu’on a bien voulu le dire, qu’elle n’a pas à fournir de gage et que son « républicanisme » est de bon aloi. L’occasion de cette demande est qu’elle a soutenu, comme il vient d’être dit, les profanateurs-rappeurs.

Un esprit taquin (en connaissez-vous ?) pourrait faire remarquer en écoutant sa réponse que pour une doctorante de 14 ans d’âge son expression manque de charpente et que les « Ben, voilà » y sont abondants. Mais il n’est pas illégitime d’être un peu désarçonnée, même pour une Elue de la Nation par une question incongrûment posée. Elle tergiverse, sans réellement dire au malotru d’aller se faire voir chez les Grecs.

D’autant plus qu’elle ne peut même pas rougir comme aurait fait NKM avec tant d’élégance à sa place.

*Je sollicite le pardon du lecteur : la tentation était trop forte

 

Hurlements dans la foule des défenseurs de la liberté d’expression avec quelques sommets dans l’art du pamphlet.

Hurlements dans les rangs des défenseurs des Valeurs et de (soyons fou) l’Identité Nationale…

Bref, beaucoup de bruit pour pas grand-chose et un festival de fautes de goût dont personne, et surtout pas l’auteur de cette note n’est exonéré.

 

Cependant, la question reste posée.

Mme Obono est une personne libre de ses opinions et on comprend, sans en  être certain, qu’elle défend la liberté d’expression de quelques zinzins rappeurs au motif qu’on a le droit de dire ce qu’on veut dans notre beau pays. Soit.

 

On craint qu’elle ne partage –un peu, beaucoup, passionnément- leur opinion. On dit, elle dit mais elle ne dit pas qu’elle déteste notre pays, son pays. Cela reste son droit.

 

On peut alors légitimement se poser la question de savoir pourquoi elle ne va pas couler des jours heureux dans son Gabon d’origine ou en tout autre endroit où elle n’aura pas à subir le sort épouvantable d’une bibliothécaire victime de l’oppression coloniale du siècle écoulé et de 14 années de doctorance* à la Sorbonne.

 

 rebours il est notre droit de penser que nous avons affaire à une petite sotte qui trimballe dans sa psyché les drames bien réels d’une autre époque au lieu de vivre comme une jeune femme épanouie les temps qui sont les nôtres. On se dit que, quelles qu’aient été les problèmes qu’elle a connu, son destin n’est pas misérable et on aimerait qu’elle finisse enfin sa thèse quitte à occuper ses après-midi à défendre les pov’rappeurs, eux-mêmes sans doute victimes de l’odieuse République.

Bref incohérence initiale, primordiale : si on déteste la France, il ne faut pas aller brouter à la mangeoire.

 

 moins que la démarche, entrisme vicelard, soit de s’introduire au sein du pouvoir honni pour le miner de l’intérieur en perturbant les mécanismes des institutions et en sapant les fondations de l’ennemi.

D’où l’Insoumission mélucharde.

Mais le Tribun est farouchement patriote. Kif-kif Le Pen. Autant : il est difficile de faire plus !

On éprouve tous le regret que Mélanchon n’ait pas eu l’opportunité, que dis-je, le privilège de vivre l’exaltante vie des Lieutenants d’Algérie. Et en plus il a loupé Valmy. Moi aussi et j’en souffre.

 

Donc la Damoiselle a viré sa cuti : elle n’est toujours pas patriote, mais elle est Député, élue de la Nation et mandatée par les électeurs de la Goutte d’Or pour les représenter. Sa légitimité n’est pas à mettre en question. Encore que : 60% d’abstention et 50.7 % des suffrages exprimés. Enfin, « ça marche » comme ça et elle n’est pas la seule dans cette ambiguïté électorale.

 

Nouvelle question : les 20 % d’électeurs inscrits qui ont votés pour elle et ont fait qu’elle devienne député partagent-ils 100% de son ressentiment à l’égard de la France ?

Admettons que ce soit le cas (ce qui n’est pas improbable) : elle est fondée comme député à tenir le même discours que celui qu’elle tient ordinairement et qui est le discours majoritaire.

Sinon, mais comment le saurait-elle ?, son discours doit refléter l’opinion moyenne de l’électorat de sa circonscription. Et je rappelle  que l’autre moitié de cet électorat se serait accommodée d’une candidate En Marche. Or cette concurrente à peine distancée adopte sur beaucoup de problèmes une attitude plus classique et disons-le, franchement patriotique et surtout européenne.

 

Cruel dilemme.

En fait cela ne relève pas du dilemme mais bien davantage du désormais classique –au moins pour le Naïf- trilemme : l’individu (la sosotte intrinsèque, brute de fonderie), puis le Député des gens qui ont voté pour elle et eux seulement et enfin le Député de la circonscription s’exprimant pour tous. Tout ça dans la même petite jeune femme insoumise.

 

Ce trilemme pourrait se désigner comme le trilemme de Macron. Autre histoire.

 

Une dernière question : dans le cas où un très grand nombre d’électeurs manifeste à l’endroit de notre ordre républicain la même aversion que l’insoumise Danièle, ne faut-il pas en conclure qu’ils occupent un territoire dont la population a cessé de se considérer comme française, qui ainsi est devenu « étranger » et qui s’est, en douce, avec les outils de la République donné une représentation. Celle-ci devrait en toute logique traiter avec les Affaires Étrangères et, pourquoi-pas demander son adhésion à l’Europe. Pardon, j’oubliais Mélenchon, oublions l’Europe. Peut-être pensais-je à la Corse ?

La Goutte d’Or et la Corse ne sont-ils pas ce qu’on appelle des territoires perdus de la République ?

 Tout ceci me mets « mal à l’aise ». Cela mérite une autre formulation.

Député implique, jusqu’à ce qu’on en convienne autrement, représentation de la Nation pour un certain groupe de Citoyens qu'ils aient voté pour ou contre elle.

Accepter la Citoyenneté est une adhésion à la République et dans notre cas, impose de se reconnaître français ; plus encore de vouloir être français.

Le refus de la France (Nique la France) suppose et entraine le refus de la Citoyenneté et l’impossibilité de trouver une représentation dans le cadre institutionnel.

La Député(e) Insoumise (et non patriote) peut souhaiter changer l’ordre établi en France, dans le cadre des institutions, en représentant des Citoyens qui partagent ses ambitions mais étant devenu Député(e) elle ne peut plus Niquer la France.

En réalité, à la suite de sa prestation sur un plateau de télévision, le citoyen (non député et sans majuscule) que je suis aimerait beaucoup qu’elle revienne sur des ondes mieux choisies, expliquer ce qu’elle pense vraiment et comment elle peut être à la fois patriote avec Mélenchon et non-patriote quand elle est elle-même.

 

*J’ai choisi le vocable doctorance, alors que tout naturellement le mot thésardification me venait. Puis j’ai pensé que l’assonance évoquerait par trop le lézard. Déjà qu’il y a anguille sous roche !

 

25 juin 2017

 

Posté par Dufourmantelle à 13:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
02 septembre 2020

LREM 007 Permis de tuer

Législateur fous et mères en détresses

Dans les cas d'avortements dont j'avais eu connaissance, la décision était prise dès que la principale intéressée en avait confirmation et la chose exécutée le plus tôt possible avec l'accord ou à l'insu du responsable.

C'était une donnée de la vie de tous. Les accidents étaient fréquents et leurs conséquences graves.

Il fallait reconnaitre l'existence de ce fait de société, l'accepter sans honte ni interdit et supprimer les risques d'avortements dangereux.

Mme Veil fut chargée par Giscard de trouver un cadre légal à ces pratiques de toujours en commençant par la légalisation de l'avortement puis en définissant les limites de cette reconnaissance.

Chacun connait cette bataille et de quelle manière Simone Veil en sortie grandie.

Cette loi n'est en rien un encouragement à l'avortement qui "doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issu",  qui "restera toujours un drame" et que cette loi "ne crée aucun droit à l'avortement".

La loi Veil avait fixé à dix semaines la limite à cette espèce de no-man land de la vie de l'être en devenir au-delà de laquelle le chiffon de vie blotti dans le ventre maternel devenait de facto un individu de la société.

Cette vue peut paraître simpliste mais il est difficile de ne pas entendre cette injonction comme légale et morale. Passés ces dix semaines : ton futur enfant tu  ne tueras pas.

Veil dit aussi que toutes les grossesses ne se déroulent pas sans complications et qu'il est fréquent qu'il faille au médecin intervenir pour sauver la vie d'une mère en ôtant un enfant déjà mort de son ventre ou quelque autre raison légitime et souhaitable médicalement.

Ce mot "légitime" introduit la notion d'appréciation et de savoir à qui appartient la décision ; ainsi qui décide qu'une malformation évidente d'un fœtus légitime une interruption précoce…

On retrouve cette notion d'appréciation dans un drame récent sur l'interruption de vie d'un patient dont les médecins disaient qu'il ne sortirait jamais de son état végétatif, définissant ainsi la mort cérébrale.

Cette latence de dix semaines correspond au moment à partir duquel l'intervention médicale cesse d'être légère sinon bénigne ; c'est donc la limite que se fixaient les faiseuses d'anges plus ou moins patentées mais compétentes qui venaient à domicile rendre le service aux femmes le désirant, avant que la loi Veil ne modifie les pratiques gynécologiques, soit 1975, un naguère de 25 ans.

Cette durée fut  portée à 12 semaines en 2001 tout en dispensant les mineures d'autorisation obligatoire des parents et en facilitant l'avortement médicamenteux.

La loi définit alors le cadre de l'Interruption Médicale de Grossesse pour péril grave de la santé de la mère ou, pour faire simple la non-viabilité du fœtus- enfant.

 La loi Veil légalise également pour une durée de cinq ans l'« interruption volontaire de grossesse pour motif thérapeutique » (IMG), qui peut alors être pratiquée sous certaines conditions :

  • péril grave de la santé de la mère ou forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic, attesté par deux médecins ;
  • pas de délai, l'intervention peut être pratiquée jusqu'au dernier jour de grossesse ;
  • intervention réalisée par un médecin dans un établissement d'hospitalisation ;
  • le médecin et le personnel de santé disposent d’une clause de conscience, aucun n'est tenu de concourir à une interruption de grossesse…

En addition à la loi de bioéthique et tout aussi subrepticement que lors de son adoption récente par l'assemblée en première lecture, pour la présentation en seconde lecture fut adopté un amendement dans lequel fut réitérée la reconnaissance du péril grave pour la mère résultant d'une détresse psychosociale.

N'ayant pas passé de temps sur la loi de bioéthique récente objet de mes commentaires précédents qui n'avaient couvert que l'aspect bricolage et épicerie des ingrédients de la cuisine de la vie, sans réaliser que cette monstruosité, ce crime reprenait la loi Veil avec déjà cette détresse psycho sociale comme péril de….

Ref:  Crime contre Sapiens du 21 juillet

Naturellement les députés de la macronie progressiste et probablement très gauchisante se gardent bien de définir l'animal ni de donner un cadre à ce qu'entraine cette extension dite et confirmée.

Il leur faut garder la porte ouverte à tous les excès et à ce que des assassinats d'enfants puissent se commettre impunément, commodément avec remboursement du coût du meurtre par la Sécu Soc  et sous le regard reconnaissant de la mère en détresse délivrée du fardeau de la responsabilité parentale.

Car enfin dans ce drame il faut assassin et victime. On connait le couple d'assassins: le législateur fou, sans excuse, et la future mère qui n'a pas en temps voulu "fait le nécessaire" et qui prend conscience de ce qui se produit avec 6 mois de retard.

La victime est l'enfant qui dès le 6ème mois de grossesse est vivant, prêt à mordre dans la vie.

On doit reconnaitre qu'une naissance à cette date de la grossesse est un exercice de survie qu'on ne peut souhaiter à des mères même si elles vivent dans un climat médical et familial favorable.

Il reste qu'au-delà du mois 6 le bébé est "viable", au sens premier du terme : être apte à vivre, posséder et présenter toutes les conditions indispensables à la vie ; comme au sens second : être susceptible de durer, de se développer, qui peut être mené à son terme…  et donc ce sens aura aussi une application plus large en concernant les activités ou projets en général. 

Bébé est là et de suite Enfant il deviendra.

À partir de cette date et pour les trois derniers mois de grossesse l'éliminer come un déchet est un infanticide.

La presse nous renseigne et nous informe : les infanticides de bébés sont fréquents et chacun a le souvenir de cette dame qui stockait dans son frigidaire quelques petits êtres dont elle avait nié l'existence ; bien d'autres faits divers témoignent de ces abandons criminels.

L'histoire et l'ethnographie elles aussi nous enseignent que des ethnies, clans, tribus par souci de contrôle démographique ou sous des injonctions religieuses ont favorisé le jeune guerrier mâle ou l'héritier sans favoriser voire permettre la naissance des filles.

Ainsi, le contrôle des naissances dès 1970 renforcée par la règle de l'enfant unique dix ans plus tard devient la politique chinoise d'un pilotage autoritaire de la démographie. Il est permis d'imaginer qu'à défaut de contraception efficace nombre des naissances non autorisées donnèrent lieu à des avortements ou infanticides.

Plus proche de nous l'enfant non désiré ou que mère en réelle détresse ne pouvait élever passait par le case parvis de l'église pour le chemin de la charité. Le curé se débrouillait avec les moyens à sa disposition : orphelinat, Bonnes Sœurs ou paroissienne compatissante.

Dans le cher et vieux pays la morale chrétienne et la loi fut-elle laïque font que nous réprouvons l'infanticide.

On peut donc s'étonner et regretter cette dérive reposant sur une idéologie de contour imprécis cherche à étendre ce permis de tuer l'enfant au motif de la détresse psychologique et sociale de la mère.

Le champ des détresses dans ces terrains à topographie variable est vaste et il se trouvera toujours dans des groupes d'experts en charge de l'approbation de l'IMG tardive pour détresse maternelle quelque extrémiste du progrès au forceps s.s. qui en lassant ses voisins de table obtiendra que la précarité de la mère prime sur la vie de l'enfant. Certes la chose est improbable mais elle est possible.

C'est beau le progrès. 

Dernières remarques en forme de conclusion, il est bien que cette extension psychosociale soit ajoutée à la criminelle loi de bioéthique car cela verse une dernière pièce au dossier du Crime contre Sapiens en ajoutant la case infanticide. L'homme peut tuer ses enfants mais l'espèce, monsieur Sapiens, ne peut l'accepter.

Il n'est pas bien que des dispositions aussi fondamentales puissent être prises par un groupe de députés de la majorité sans qu'un débat puisse se tenir "pour de bon".

Il n'est pas bien que le personnel politique n'ait pratiquement pas réagi alors que la presse a largement couvert le sujet.

Je ne suis pas détaché et indifférent dans cette page ce carnet car elle traduit les sentiments d'un grand père d'enfants prématurés l'un d'un mois et une semaine et le second né avec 100 jours d'avance au poids de 800g. Ils vont bien et sont, je le crois, très heureux.

  

2 Août 2020

 

Posté par Dufourmantelle à 14:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
10 août 2020

Le Benêt sous le Cèdre et le Président au pinacle

 

  

Le Benêt sous le Cèdre

L'enfer est pavé de bonnes intentions

Mais qu'allait 'il faire dans cette galère

 

Et le Président au pinacle

Merci, bien joué !

Pourvu que ca dure

 

Après avoir sauvé la planète, v'la ti pas qu'on va sauver le Liban, pays qui nous est cher et va le devenir davantage, auquel des liens historiques, culturels et affectifs nous lient…

Nous partageons la peine immense…

Vos gouvernants sont nuls à chier…

Faut qu'ça change

Je reviendrai dans un mois.

Après avoir organisé avec mes petites menottes l'aide internationale

 

Pi, y a l'Île Maurice, faut faire quelque chose ....     Envoyons les Réunionnais apporter leur aide

 

J'en étais là de ces commentaires acides et injustes en pensant ajouter quelques incendies ou inondations qui nous touchent, quelques plus-jamais-ça en langue élyséenne.

Cependant les évènements galopent plus vite que mes doigts sur le clavier, engourdis par la vieillerie.

Macron qui trouve enfin sujet à son pied fait ce qu'il a dit qu'il ferait et organise et préside sous l'égide de l'ONU une conférence internationale pour l'organisation de l'aide au Liban sur fond d'indifférence du gouvernement et de stabilité de l'oligarchie des chefs de clan inaltérée par une amorce de débandade de quelques ministres.

La rue libanaise manifeste et des émeutes éclatent sans  véritable processus révolutionnaire, probablement faute de cadre et de cadres.     Cette prévisible incapacité de la rue à s'organiser est le facteur inquiétant : qui sera l'interlocuteur dans l'hypothèse où le gouvernement et l'oligarchie s'efface ?

La réunion en visioconférence.

Présidée par Macron et le représentant de l'ONU dont le nom n'apparait pas, en présence, si l'on peut dire de Trump lui-même, le Roi de Jordanie, Abdel fattah el-Sisi d'Égypte, des représentants du FMI, de la Banque mondiale, de l'Europe et de nombreux pays membres de l'Union dont l'Angleterre, de le Chine, de la Ligue arabe, du Qatar et de la Croix Rouge et tout de même du Président du Liban, Michel Aoun.

Je n'ai pas mentionné les absents à cette conférence, en premier lieu l'Iran et la Russie et la Turquie et d'autres, lointains comme le Japon ou la Corée du Sud. Israël aurait pu être invité mais ne le fut pas.

Allocations de fonds et les conditions de leur emploi restent soumises  plus ou moins…à une refonte complète du système politique, institution et personnel, sur la base de l'expression populaire.

Vaste programme.

Dans l'attente de cet animal refondé, l'aide sera consacrée aux tâches urgentes d'aide aux 300.000 sans-abris et aux millions d'affamés et mise en sécurité les zones restées dangereuses après l'explosion.

Dans ces domaines il semble que la France fasse figure de précurseur et peut-être de chef d'orchestre.

Ce sentiment inspire-t-il certains Libanais qui rêvent d'un retour au Mandat et qui pétitionne pour exprimer leur souhait ?

Quel que soit l'avenir, pour la France et pour son Président cette phase historique de solidarité internationale est un succès indiscutable.

Il en profitera, nous ne profiterons au plan national et à l'étranger.

Mais 

Il a ouvert les mâchoires d'un piège en prenant ces positions en pointe et ces initiatives et créé les conditions d'une implication accrue dans ce qui est et restera au pays du Cèdre un bourbier social, politique et géopolitique.

Car enfin, à l'évidence le gouvernement mis en cause était avec l'accord des membres minoritaires sous le contrôle du Hezbollah, bras armé culturel et social de l'Iran. La passivité de ce dernier ne durera pas.

Pour assainir ce marais, avec l'appui complet des Nations Unies et en fait la possible dévolution de pouvoir à un organisme international ad hoc, il faudra à la France une grande prudence et de la modération pour ne pas encore se retrouver exposée en chef de file dans ce futur Mandat, même affublé d'un autre nom.

À moins que d'ici ce moment, les affaires courantes du royaume de France, qui courent lentement, aient trouvé solution. Réforme des Retraites qui finit par mériter son nom au singulier, Chômage, nôtre préférence nationale, Insécurité rebaptisée Incivilités, L'Islam chez nous, Relance de… Refonte, restructuration de…

Là, je m'essouffle.

Mâchoire de piège et boite de Pandore ?   Les deux, mon Colonel. 

Les lecteurs auront bien compris que la première et la seconde partie de ce  papier ont été écrites dans des états d'esprit différents.

Le Naïf que je suis ne voyait d'abord que les désagréments de notre action et épiçait le propos d'une grosse pincée de dérision alors qu'ensuite il a compris, sans que les désagréments possibles aient disparus, que cette initiative de Macron redevenu Président et faisant son métier sur l'établi de son métier est un très grand acte politique.

Un caillou de moins dans sa présidentielle chaussure.

 

10 août 2020

 

 

Posté par Dufourmantelle à 16:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
31 juillet 2020

Crime contre Sapiens

J'ai une amie âgée de 40 ans, adoptée quasiment après sa naissance dans un pays lointain par un couple de professeurs d'une cité importante de province. Elle vécut son enfance en compagnie de trois autres enfants adoptés dans d'autres pays et tous les quatre sortis de conditions difficiles d'abandon et de détresse.

Cette amie me dit que sa vie de famille fut à tous égards, non pas exempte de tous les petites difficultés que connaissent toutes les familles mais en la comparant à celles des personnes qu'elle fréquenta elle me dit que l'affection qui régna dans leur clan lui fait mesurer chaque jour la chance et l'amour qui ont veillés sur leur fratrie. C'est en pensant à elle que je reviens sur ce sujet dramatiquement sali par une idéologie destructrice.

 

Crime contre Sapiens 

L'organisme soumis à des doses régulières d'un poison développe, dit-on, une tolérance qui le protégerait de doses plus importantes visant, par exemple à le tuer. Cela s'appelle la mithridatisation du nom d'un roi grec qui a craint toute sa vie un empoisonnement criminel et possiblement familial.

Cette accoutumance ne fonctionne pas pour moi qui suis par construction un Naïf certifié immune.

Sans doute cela explique que je ne m'habitue pas aux doses d'idéologie qui empoisonnent et polluent notre "environnement" médiatique, politique et in fine intellectuel pour autant que l'emploi de ce dernier attribut soit justifié.

La liste de ces idéologies polluantes est longue et croit chaque jour sur le terreau des manifs en tout genre et des banderoles qui les illustrent. C'est que la colère grogne dans les populations, repues assistées et désœuvrées qui s'opposent à tout ce qui leur rappelle l'existence de l'État qui les nourrit et donc implicitement aux citoyens du royaume, je veux dire les contribuables endosseurs de la dette.

Dans ces carnets, le sujet de l'écologie et l'usage fait du terme par des têtes d'œufs fut largement couvert et on ne peut rien ajouter sauf à remarquer que, enfin, le gouvernement après la sottise du benêt avec sa convention citoyenne en arrive à proposer des mesures d'économies ordinaires. 

Dans ces carnets à l'automne 2019 le sujet PMA-GPA donna lieu à plusieurs commentaires. Je les avais oubliés et j'y suis donc revenu. Tout y est et je n'y ajouterai rien. Le pire est prévu mais il restait l'espoir que revienne le sens commun.

PMA et GPA tout le tralala et le don du sang dans tout ça  13 08 2019 ; La médecine est un cheval de Troie (1) du 01 09 2019  et (2) du 25 09 2019 ; À cœur vaillant rien d'impossible du 29 09 2019.

Mais le pire va se produire, le Crime va se commettre dans l'indifférence d'une classe politique soumise à la parole d'une secte sous les yeux d'un Président que je n'ose plus qualifier et qui brasse du vent, comme une girouette inutile.

Toutes les armes du crime sont prêtes et affutées. Et tous les aspects de ce qui caractérise la sociabilité d'Homo Sapiens sont chirurgicalement extraits et jetés au panier. Adieu famille, nom, filiation et vive la chimère et l'embryon à usage multiple chez Picard à trois pour le prix de deux ou mieux chez Leroy Merlin qui fournit en plus le matériel de bricolage génétique. Chacun garantit que la chaine du froid n'a pas été interrompue. C'est une chance !

Le désir d'enfant qui s'est d'abord transformé en un droit à l'enfant est devenu un droit d'acquérir un enfant par tous les moyens que la main invisible propose sur le marché…. de détail.

Un petit pas en avant on passera à la création en série. Hitler frétille d'aise, son vieux rêve prend forme faute de prendre figure humaine.

Il y a peu dans ce carnet, (Crime contre la Nation et... du 2 juillet 2020) je définissais le Crime contre la Nation et le Crime contre l'État en m'appuyant sur deux affaires exemplaires à l'occasion desquelles Macron a commis ces deux crimes.

Je me souviens aussi des définitions proposées en leur temps pour le Génocide et le Crime contre l'Humanité qui depuis donnent la base juridique pour qualifier les comportements criminels, Hélas fréquent de chefs de guerre de toute dimension, de tyrans stables dans leurs exactions et de chef d'État à visée impériale qui élimine des fractions importante de leur population à des fins politiques, religieuses ou banalement de rejet ethnique.

Ici nous avons une autre dimension qui est la mise en cause et en grand péril de tout ce qui constitue depuis que Sapiens peuple notre terre les fondements de nos sociétés.a

Les constructions érigées sur ces fondations ont toujours été imparfaites, fragiles et comme on le dit souvent pleines du bruit et de la fureur des habitants, des exclus et des étrangers.

L'histoire, notre histoire est faite des évènements qui illustrent toujours dramatiquement l'éternelle difficulté que rencontre l'Homme à vivre en société.

Ici nous quittons la dimension de crimes que les hommes commettent entre eux, dans l'intimité de l'espèce même si souvent leur ampleur et leur férocité conduisent à douter de l'humanité des auteurs

 Ici nous sommes dans la mise en cause de l'Homme mis hors le cadre social autrement que comme un objet de désir immédiat et par une évolution que personne ne pourra stopper, de consommation d'un produit disponible sur commande au goût de la clientèle du désir d'achat. L'idée est que le sperme du mâle peut à loisir être produit, stocké et distribué à la demande ; et l'ovocyte de la femelle peut se donner, s'échanger et naturellement se stocker comme tout produit congelé. L'ovocyte  s'ajoute au catalogue du sperme mais avec une facilité d'échange accrue, entre femelle s'entend ! La main invisible se charge du reste, promotion, palettes de couleurs, de taille… Les incertitudes résultant de l'anonymat du donneur mâle disparaissent en requérant moyennant compensation à du sperme de qualité avec cotation et certification.

Avec le travail du mécanicien du génome travaillant au ciseau, on parviendra au produit parfait qui certainement, considérant les ingrédients de base pourra se reproduire avec un humain de tradition ou avec un autre presque-lui-même ou un autre modèle spécial. Après achat, si toutefois le propriétaire estime qu'il peut trouver mieux en montant en gamme il se défait de son premier achat.

Un marché de l'occasion sera à organiser.

On peut penser à une blague, mais on sait que tout cela s'est produit au pays de la liberté avec le commerce de l'adoption. America first !

Je qualifie ce désir de Fabriquer de l'Homme de Crime contre l'Espèce, de Crime contre Sapiens

 

Cette page de carnet fut écrite avant la dernière présentation de cette proposition scélérate ait été soumise à la Chambre hier 30 juillet et donc avant que les députés, enfin présents et le gouvernement enfin présent ne rejettent certaines modifications (bricolages) de la commission Touraine tout en conservant, en dépit du désaccord du gouvernement des mesures relatives à la levée de l'anonymat des donneurs de sperme.

Pour moi qui suis fondamentalement hostile au don de sperme les  mesures y afférant sont "of course" vide de sens.

Donc ce papier concerne davantage les intentions du sieur Touraine que le texte adopté. Cependant il est probable que le gouvernement demande une seconde délibération…

Mais amendée ou pas, votée ou pas la loi dans son ensemble relève bien du Crime contre Sapiens.

Finalement, comme je le fais souvent je rajoute une chronique, aujourd'hui de Bellamy, que j'ai trouvée claire et suffisamment précise pour que le lecteur saisisse l'ampleur du mal.

31 juillet 2020

 

François-Xavier Bellamy: «Bioéthique, une fuite en avant irresponsable»

TRIBUNE - Alors que la crise sanitaire a révélé les faiblesses de notre système de santé et que la priorité devrait être à la relance, l’examen en plein été du projet de loi bioéthique ne peut qu’être un choix idéologique, estime le philosophe et député européen*. Pourtant, ce texte mériterait un débat plus approfondi, tant il ouvre des possibilités vertigineuses, préparant l’arrivée de certaines formes d’eugénisme et même de gestation pour autrui

François-Xavier Bellamy.  Le Figaro  26 juillet

Pourquoi une telle accélération? Au lendemain d’une pandémie mondiale, à la veille d’une crise économique inouïe, l’Assemblée nationale se réunit cet été en session extraordinaire. Un texte examiné en priorité: l’ouverture de la «PMA pour toutes»… Il y a des urgences qui trahissent des obsessions idéologiques plutôt qu’elles ne répondent aux besoins vitaux de la société. Ce n’est, il est vrai, pas nouveau: depuis l’annonce de cette mesure en septembre 2017, le gouvernement aura mis beaucoup d’énergie pour dissimuler, à défaut de pouvoir les résoudre, les nombreux problèmes causés par cette réforme.

Agnès Buzyn consacrait ses efforts à la question de savoir «si un homme à l’état civil pourrait devenir mère», ou comment l’Assurance-maladie pourrait rembourser une prestation en l’absence de toute maladie. Pendant ce temps, l’hôpital public traversait une crise majeure, le même gouvernement déremboursait des médicaments pour soigner la maladie d’Alzheimer, et personne ne s’occupait du fait que nos derniers stocks stratégiques de masques étaient en train de pourrir, grignotés par des rongeurs. Quelques semaines plus tard, les infirmières allaient être contraintes de se bricoler des blouses de protection avec des sacs-poubelles ; c’est qu’au moment où la pandémie explosait en Chine, notre ministre de la Santé était trop occupée en commission spéciale à l’Assemblée nationale à démêler les nœuds inextricables que sa propre réforme causait. Des difficultés susceptibles de fragiliser toute l’architecture de notre droit de la santé et de la famille… Rappelons en effet que cette mesure, au bénéfice de quelques centaines de personnes par an, représente selon le dernier avis pourtant favorable du CCNE* «le risque d’une déstabilisation de tout le système bioéthique français».

*Comité consultatif national d'éthique note du Naïf 

Il y a seulement trois ans, le même CCNE décrivait comme un «point de butée» le fait de «ne pas s’engager dans un processus qui organiserait l’absence de père, ou considérer (…) que l’on ignore encore aujourd’hui comment les sujets concernés vont se construire dans ces nouvelles situations». Mais que voulez-vous, au nom du désir de l’adulte, un point de butée, ça s’ignore, ça s’aplanit, ça s’efface. Et c’est de façon parfaitement cohérente que les députés de la majorité ont, au cœur de l’été, dans l’apathie et l’indifférence générale, supprimé ces mots de la loi: «Nul n’a le droit à l’enfant.» Vous souvenez-vous de ceux qui juraient leurs grands dieux, il y a quelques années, il y a quelques semaines encore, que jamais il n’y aurait de «droit à l’enfant»? Désormais la technique sera sommée de vous le fournir si vous ne voulez pas d’un père - et demain, pourquoi faire semblant de le nier, la mère deviendra à son tour superflue, aucune raison qu’elle échappe à l’égalité en marche, n’est-ce pas.

Car c’est au nom de l’égalité qu’on a martelé ce sophisme: si la PMA est ouverte aux couples hétérosexuels, elle doit l’être aussi aux couples homosexuels. Il faut le redire encore: la procréation n’était assistée par la médecine que parce qu’une infertilité biologique empêchait un couple hétérosexuel d’avoir un enfant. Désormais, on demande à la médecine d’intervenir hors de toute pathologie, non pour rétablir l’équilibre ordinaire des corps, mais pour s’en affranchir. Point de départ d’une logique qui ne peut que nous conduire à repousser bien d’autres «points de butée», au nom de l’alliance toute-puissante du désir et de la technique contre les limites naturelles de nos corps, et les frustrations qu’elles nous causent. Alors que le premier ministre nous veut «tous écologistes!», l’histoire retiendra que son gouvernement aura commencé par cette terrible contradiction…

«Tous écologistes», vraiment? Au lendemain d’une pandémie révélant le danger des maladies transmissibles entre espèces, la loi autorise la création d’embryons transgéniques ou chimériques, mêlant des cellules-souches humaines et animales. Elle assouplit les règles de recherche sur l’embryon humain, qui devient un matériau de laboratoire comme un autre. Elle ouvre la voie à la levée de l’anonymat du don de gamète, déstabilisant dans son principe tout le modèle français en matière de don d’organes. Le gouvernement, trop occupé par le remaniement, ayant déserté la commission spéciale, les députés de la majorité se sont affranchis des dernières précautions qu’ils s’étaient eux-mêmes imposés en première lecture, avec une légèreté sidérante. Ils ont rétabli le remboursement de la PMA par l’Assurance-maladie: le CCNE avait pourtant conditionné son avis favorable à l’interdiction de ce remboursement… Ils ont supprimé les mesures proposées par le Sénat pour contrer les fraudes en cas de GPA à l’étranger ; ils ont même adopté une technique apparentée, dite de la ROPA, qui permet à une femme de porter l’ovocyte d’une autre.

Plus terrible encore, sans doute: ils ont élargi la possibilité du tri sur les embryons via un DPI étendu aux maladies chromosomiques. Derrière l’abstraction de ces termes techniques, il y a un projet simple, demandé par le député Philippe Vigier il y a quelques semaines à la tribune de l’Assemblée: «Il faut traquer, je dis bien traquer, les embryons porteurs d’anomalie.» Agnès Buzyn elle-même s’y était opposée, dénonçant une «dérive eugénique claire» ; et plusieurs députés LREM, concernés comme parents ou comme soignants par le handicap, avaient exprimé leur désarroi devant cette revendication. Quelle société sommes-nous en train de construire? C’est tout notre rapport à nos corps, à la technique médicale, et à la condition humaine elle-même, qui est sur le point de changer. Pour tous… Tous éligibles au droit à l’enfant, produit sur commande, sélectionné et financé. Ou tous liés par une condition humaine imparfaite, tous porteurs d’anomalies et de défauts plus ou moins visibles, mais capables pourtant de reconnaître la valeur infinie de toute vie, et d’en prendre soin telle qu’elle est - tous écologistes, vraiment!

Alors que les Français sont légitimement préoccupés par les nouvelles du front sanitaire et économique, leurs représentants s’apprêtent à voter en leur nom l’entrée dans un autre monde - celui qui remplacera à terme, de l’aveu même du rapporteur de cette loi, l’engendrement naturel de l’enfant par la procréation technique et sa sélection organisée. Bien sûr, il est confortable de se laisser endormir par la fable du progrès souriant face à l’obscurantisme ronchon ; mais il n’est personne d’un peu sérieux qui ait suivi ces débats et qui ne mesure, quelle que soit la position, l’ampleur de ce qui est en jeu. Le CCNE reconnaît des «changements anthropologiques majeurs.» Le simple respect de la démocratie supposerait de laisser le débat reprendre normalement en septembre, pour permettre au moins aux Français de savoir ce que leurs élus veulent faire des voix qu’ils leur ont confiées.

 

 

Posté par Dufourmantelle à 15:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
29 juillet 2020

PMA et GPA, tout le tralala et le Don du Sang dans tout ça

 

Delsol parle de rouleau compresseur. Houellebecq nous a déjà vaccinés contre la Soumission. Cependant les belles âmes ont besoin de piqures de rappel car le mal progresse. (1)

Il s’agit, dans l’opinion du bon peuple et en particulier du bon peuple de Marcheurs de l’Assemblée Nationale, des progrès du progressisme dit « sociétal ». C’est le Droit à l’Enfant qui requiert dans l’instant leur attention. La chose avance par sigles interposés, PMA, GPA et d’autres sans doute.

L’individu-roi n’a pas à se laisser enfermer dans le carcan social puisqu’il bénéficie des avantages de la vie en société et que celle-ci l’exonère des contraintes qui en seraient le prix.

Il est libre dans la forêt des Droits.

Il y distingue des Droits De qui côtoient des Droits À, les deux variétés contribuant par leur mélange à l’agrément de la forêt. Les belles âmes s’y promènent dans un désordre charmant, semant dans les clairières les fleurs de la discorde et du désordre.

La République a inscrit dans ses textes fondateurs (modifiés 24 fois) des Droits, fondamentaux par définition et imprescriptibles. Mais rien n’empêcherait un Président, pour des raisons de politiques de lui connues, d’ajouter un nouveau Droit jusqu’alors piétiné parce que mal reconnu : le Droit à l’Enfant ! (2)

Au premier stade, il y  a le Désir d’Enfant. Savoir si ce besoin-désir est gravé dans la construction de Sapiens ou seulement inscrit comme le résultat de quelques millénaires d’imprégnation chrétienne est hors de ce propos. On ne pourrait répondre à cette question qu’en faisant de la paléo sociologie.

L’État ainsi que les Assemblées et le Gouvernement qui provisoirement l’incarnent nous disent d’une  même voix que nous réclamons ce Droit à l’Enfant comme un Droit Fondamental et que le reconnaître  constituera une avancée décisive dans la  marche du progrès. Il est devenu urgent de légiférer sur ce sujet. L’inscription au texte constitutionnel est au bord des lèvres. Les citoyens et citoyennes souffrent de ce désir d’enfant et rêvent d’enfant. (3)

La première réponse est une question : que faire des dizaines de millions d’enfants sans parents ou abandonnés qui errent dans le monde ?

L’adoption, pour les meilleurs raisons du monde, est devenue un processus long, coûteux et complexe qui écarte beaucoup de candidat(e)s en attente. On peut le regretter.

Les progrès de de la science autorisent maintenant de voir ce problème, approvisionner un enfant, se fournir en enfant, sous un autre jour.

Il suffit de cesser de considérer que le corps humain représente une entité autonome, individu bien identifié en société et accessoirement agrémenté d’attributs transcendants (âme, esprit et autre prolongements de diverses fables) pour en faire ce qu’il est en réalité : une machine biologique. Prélever des pièces détachées devient alors une évidence et ce n’est pas le marché de la pièce détachée, neuve ou d’occase qui  dira le contraire. Tant qu’il y a de la demande…

Progrès encore : le marché se structure. L’acheteur (le client souffrant du désir de…) peut choisir les pièces de l’assemblage qu’il a « dans l’idée » de réaliser.

Les ingrédients :

Une pièce Papa : le sperme. L’étagère de l’Oscaro du sperme se présente sous la forme de petits bazars entubés conservés à très basse température. Comme dans tout produit de grande distribution il est important de garantir la provenance et la fraicheur du produit (4)

Une pièce Maman : moins facile à démonter car il faut opérer mais les cliniques s’équipent pour que ce démontage  se fasse aisément. Stockage de même nature que celui du principe Papa.

Un atelier d’assemblage : de nombreuses possibilités s’offrent au client en fonction des options qu’il a choisies initialement, principalement en fonction des pièces dont il dispose lui-même.

Ventre enregistré et labélisé, épousé qui sait ?

Ventre du marché, identifié de préférence, local ou d’importation, assuré social ou non…

Ventre artificiel (comme l’intelligence) qui consiste en une marmite de liquide approprié, alimentés en substances appropriées. Le liquide comme les substances pourront être de synthèse ou provenir elles-aussi du marché  de la  pièce. Ces procédés sont encore au stade expérimental.

Ce marché permet au client la plus grande flexibilité.

Il permet à des personnes en souffrance de satisfaire leur besoin, d’exercer leur Droit sans avoir à subir le moindre des désagréments associés aux procédés traditionnels devenus périmés. (5)

Le client peut être de n’importe quel sexe ou ne pas en avoir. Son âge importe peu mais il est essentiel qu’il ait les moyens de supporter les coûts afférents à la fabrication de l’enfant. Il faut également souhaiter qu’il ait de surcroit les moyens d’élever l’enfant. Heureusement l’État, généreusement mettra « la main à la poche » car tout aura été fait pour que ces travaux rentrent dans le cadre de la protection sociale dont nous avons toutes les raisons d’être fiers.

Si le marché s’organise il sera possible d’envisager des achats groupés donnant lieu à des réductions sensibles.

 

Ensuite, pour l’acheteur comme pour le producteur traditionnel se jouera  la grande loterie du Hasard et de la Nécessité.

Et ce, quelles que soit le soin apporté par le concepteur du projet dans la sélection des ingrédients. (6)

 

Il faut noter que n’est pas abordé, ni même évoqué le problème de la Médecine et de la Chirurgie toujours en quête d’organes susceptibles de… Cette quête connait, elle aussi la pression du marché mais en parler ici éloignerait du propos. Cependant cela en fournira la conclusion : le Don de Sang.

 

Ce long préambule fait suite à une intéressante et instructive conversation avec une amie de longue date à qui je faisais part des questions que je me pose sur le sujet du Don de Sang. 

Je lui disais mon étonnement : Tous les 36 du mois fleurissent les avis de Centres de ceci et de cela chargés d’organiser les collectes de sang qui sont, comme chacun le sait, nécessairement bénévoles et gratuites. Ce principe est sacré car s’il n’était pas respecté nous connaitrions dans ce domaine tous les excès que la création d’un marché génère. Mais la demande excède toujours l’offre. Pénurie, il y a.

J’ajoutais : D’ailleurs cette gratuité n’est-elle pas d’abord pour certains la promesse d’un petit repas gratuit ? Puis je m’excusais de cette supposition, preuve de ma mauvaise foi, ce d’autant plus que cette amie me dit avoir régulièrement contribue à ces collectes et que je ne peux la suspecter d’avoir couru après le sandwich.

Je lui disais : Ce marché, si marché le Don devient, est des plus facile à organiser et à contrôler… Les Qui, Quand, Comment, Combien de ces prélèvements de sang ne sont pas des problèmes pour un État capable de toutes les prouesses administratives de prélèvements en tout genre. (7)

Je luis disais : Remarquable pudeur du Législateur qui ne peut rémunérer l’achat d’un sang dont il ne peut garantir l’approvisionnement qu’au prix de jongleries constamment  renouvelées alors qu’il met en chantier, délibérément et sans état d’’âme, une législation dont on sait qu’elle conduira dans le domaine de la chosification du corps humain à des pratiques lesquelles, c’est la loi du marché, conduiront à de véritables excès.

Je lui disais : le Don du Sang rémunéré ou gratuit est peut-être déjà devenu un article du marché international des matières premières de la médecine et de la chirurgie. On n’en parle pas mais je ne suis pas convaincu que, tel un rein qui se déplace en courant d’air d’Inde vers un acheteur impatient ayant dûment acquitté la somme voulu, transport compris, le sang ne franchisse pas, lui aussi, les frontières venant de pays moins pudiques en ces matières.

J’ajoute : Bon, j’exagère et je crois qu’on peut faire confiance au sérieux de notre système de santé dont, on ne le dira jamais assez, nous pouvons être fiers. Les principes seront respectés, au moins pour le sang et pour le reste, pour le rouleau compresseur des sigles empilés, pour la complète chosification, il faudra encore pour quelque temps que le bricoleur d’enfant s’approvisionne dans le vaste monde.

On dit qu’Amazon se penche sur la question.

 

  1. Excellent article de Chantal Delsol, Le Figaro du 2 août, joint en annexe. Le lecteur peut ne pas partager la conclusion optimiste de Mme Delsol et penser qu’au contraire le courant ne s’arrêtera que dans le chaos. Et Chantal ne semble pas apprécier la puissance du marché : elle ne voit que la force du « Progrès »comme moteur du phénomène. Quand le Naïf cite un article et vous l’impose en annexe, cela signifie d’abord qu’il aurait aimé avoir le talent de l’écrire. C’est de l’envie, quoi ! Quant à la soumission de Mister H., elle vient d’ailleurs mais les symptomatiques se ressemblent : maladies jumelles ?
  2. Suite aux 24 révisions constitutionnelles qui ont lieu sous la Cinquième République, des 92 articles originaux de la constitution promulguée en 1958, il ne reste plus que 30 articles qui demeurent inchangés et le texte constitutionnel compte actuellement 108 articles ; ce qui fait que le texte constitutionnel actuel diffère sensiblement de celui de 1958, l'évolution la plus notable sur le fond portant sur la modalité de l'élection du président de la République et l'instauration du quinquennat. Wiki
  3. Oublions les coupeurs de cheveux qui vont parler hors de propos du Droit de l’Enfant ? Ils n’ont pas complétement tort ; seulement allons à l’urgence. Il faut « faire » l’enfant d’abord. Pour les droits on verra plus tard avec les Droits des autres espèces, veaux, vaches, cochons, couvées…
  4. Les procédures applicables au yaourt devraient guider les spermeurs.
  5. On dit maintenant obsolètes, du lat. obsoletus, part. passé adj. de obsolescere  «tomber en désuétude, sortir de l'usage»  Cnrtl . Le mot était vieilli en français ou réservé à des domaines particuliers. Il n’est redevenu courant qu’à la façon d’un anglicisme…j’allais dire à la faveur d’un…
  6. Merveilleuse convergence des sens sur un mot.
  7. Le lecteur me saura gré de lui avoir réservé pour les notes l’inévitable allusion au Don Paisible. Quant aux prouesses administratives, elles coulent de l’État comme l’eau coule dans le Don.

 
13 août 2019

 

Chantal Delsol  Le Figaro  2 août 2019

 On a l’impression d’un énorme rouleau compresseur. Ceux qui se sont opposés au pacs sous le gouvernement de Lionel Jospin non seulement ont été débordés et marginalisés, mais se sont vus imposer dix ans plus tard le mariage entre deux personnes de même sexe. Face à cette loi, ils se sont mobilisés comme jamais: des manifestations monstres, dont le pouvoir a eu beaucoup de mal à minimiser l’ampleur. Or, la loi Taubira a pourtant été adoptée. La suite logique est la PMA: nous y sommes, et nul doute que rien ne l’empêchera. Nous aurons ensuite la GPA, au nom de l’égalité et de la non-discrimination. Viendront un peu après, qui peut encore en douter?, les catalogues d’enfants à choisir sur mesure, c’est-à-dire l’eugénisme. Mais cette fois programmés non par un État totalitaire mais par la volonté individuelle, donc légitimés de ce fait.

Chaque fois, les défenseurs de la loi adoptée jurent sur l’honneur qu’ils n’iront pas plus loin: mais l’expérience nous montre qu’ils vont au contraire toujours plus loin, et qu’à chaque fois la loi suivante est bien prévisible. L’extraordinaire est le caractère irrésistible du processus, au nom de ce qu’on appelle le progrès, soit d’une amélioration dans le sens de la liberté individuelle. Nous avons l’impression que rien ne peut arrêter ce processus, que ledit progrès est comme une roue crantée qui jamais ne retourne en arrière. D’où l’abattement des conservateurs, et plus encore des réactionnaires, qui ressentent vivement l’inutilité d’une opposition à ce mouvement irrésistible. Le caractère irréfrénable de l’avancée émancipatrice effrayait déjà les conservateurs du XIXe siècle, et leur sentiment d’inutilité face à ce qu’ils considéraient comme un péril toujours croissant, les désespérait jusqu’au nihilisme, comme Antoine Compagnon l’a bien montré dans ses ouvrages.

Le café du commerce dit qu’on n’arrête pas le progrès. La phrase est ironique et elle ne veut pas dire grand-chose: le progrès pour aller où? Et comment expliquer cette espèce de fatalité qui fait que les opposants à ces lois progressistes sont toujours perdants, quoi qu’il arrive? Il est possible que l’histoire humaine avance inéluctablement vers toujours plus d’individualisme et donc de liberté individuelle. Le passage très lent et millénaire du holisme à l’individualisme et, chez les pays holistes qui restent, l’attirance indubitable pour l’individualisme occidental, est là pour le démontrer. Qu’on lise par exemple les romans du Turc Orhan Pamuk pour y trouver la description inoubliable de ce mélange d’envie, de mépris, de fascination, que les Turcs musulmans restés holistes ressentent pour la liberté individuelle occidentale.

Pourtant, le processus «fatal» que nous observons aujourd’hui n’est pas spécifique à l’Occident: nanti d’autres contenus, il peut se reconnaître avant et ailleurs. Quand une société dans sa grande majorité se voit habitée par un principe sacré, une religion ou une idéologie jugée absolument vraie qu’il s’agit d’appliquer coûte que coûte et aussitôt, elle est entraînée fanatiquement vers cette application, sans distance ni mesure. Nous avons affaire alors à un processus aveugle et irrésistible parce que porté par des mentalités à tendance religieuse. C’est une sorte d’entraînement qui pousse une société à courir dans un seul sens, ivre de pureté, en se radicalisant de plus en plus. Certains pays musulmans d’aujourd’hui édictent des lois et mesures qui vont toujours vers davantage d’interdictions et moins de libertés - ainsi en allait la Florence de Savonarole. La radicalisation de la terreur révolutionnaire, sous Robespierre ou sous Pol Pot, s’abîmait dans le vertige de l’égalité par le crime qu’elle multipliait jusqu’à l’ivresse et toujours plus. Ainsi l’histoire de toute société connaît-elle des processus qui peuvent paraître inéluctables et ressembler de loin au destin grec, à la divine providence ou à l’Esprit de Hegel, dans leur apparente inéluctabilité, parce qu’ils concrétisent jusqu’à la folie des passions idéologiques. 

La modernité occidentale veut la liberté individuelle et elle la veut entière, sans limitation d’aucune sorte sinon la liberté du voisin - ce que signifie l’adage «Ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre». La liberté individuelle n’est en rien limitée par sa propre responsabilité ni par aucune barrière extérieure (anthropologique, politique, économique, familiale). Elle s’envole jusqu’au territoire de l’autre et ne se pose aucune question. D’où les lois sociétales: tout est possible si mon désir le veut. La modernité occidentale s’est entièrement affranchie de l’éthique fondatrice, chrétienne, qui par exemple se demanderait si la liberté individuelle doit poser la question de sa responsabilité de produire des enfants sans père. Elle n’est pas privée d’éthique, mais elle a ressaisi le paganisme immémorial pour lequel l’éthique répond seulement aux nécessités sociales et certainement pas à la responsabilité d’une «personne», concept spécifiquement chrétien. C’est pourquoi, dans cet esprit, Marlène Schiappa peut dire que «rien éthiquement ne s’oppose à la PMA». L’effacement de la chrétienté, qui a commencé au XVIIIe siècle, en arrive aujourd’hui à son terme: l’éthique chrétienne, qui avait irradié ce continent pendant deux millénaires, n’a plus voix au chapitre.

Il est d’ailleurs probable que la montée des populismes dans l’Occident tout entier exprime la volonté de s’opposer ici ou là à ce progressisme compris comme un destin. On voit dans l’Amérique de Trump des tentatives de limiter les droits à l’IVG - ce qui déclenche des indignations véhémentes chez les progressistes, car aller contre le «progrès» est considéré comme une faute morale.

On a envie de poser la question: comment ce genre d’affaire se termine-t-elle? Probablement par une sorte de dégoût de l’excès, qui finit par saisir même les plus fanatiques. Il est probable qu’un jour, après avoir fait beaucoup de dégâts et cassé beaucoup de choses précieuses, nous serons excédés de ces bacchanales individualistes où se perd la simple mesure du bon sens.

 

Posté par Dufourmantelle à 14:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
28 juillet 2020

La Médecine est un cheval de Troie (1)

L’idée était de faire un petit papier simple pour expliquer comment le progrès médical conduisait aux excès de ce qu’on appelle maintenant le bien nommé Transhumanisme et aux hasardeuses avancées « sociétales » du binôme PMA-GPA. En mettant son nez fouineur dans des sujets qu’il ne connait pas, le Naïf a été conduit à dépasser le cadre du petit papier en ajoutant des annexes, illustrations ou compléments, que le lecteur oubliera, si son temps ou sa patience sont comptés. Les remarques sur le Don du Sang n’ont pas été ressorties de leur tiroir et l’aspect Fin de Vie n’est mentionné que pour mémoire.

Ici, le mot homme signifie individu de l’espèce et la femme est un homme comme les autres.

Comme à l’habitude, pas de conclusion, seulement des questions. Avant que le lecteur ne pose ses propres questions, ce qui est le but de ce papier.

Les Grecs nous ont laissé un vaste héritage dans lequel on peut puiser à plus soif pour illustrer les propos de notre temps.

D’abord un mythe à entrées multiples, riche en prolongements et variantes. La Chimère.

La bête est tête de lion, corps de chèvre (?) et queue de serpent : elle n’est pas gentille et les membres du jockey-club, Bellerophon et Pégase l’envoie pour de bon dans l’univers du rêve, du fantasme et de l’impossible utopie.

C’est à la chevrette qu’elle doit son nom : khimaira. Que vient-elle faire dans cette composition baroque ?

L’animal du mythe conduit à envisager le corps de l’animal, puis de l’homme, comme étant assemblé et à l’image de la chimère composé d’éléments pris dans la vaste panoplie du monde animal. La plage est vaste du Centaure à Spiderman, avec une mention spéciale pour Frankenstein, reconstitué des morceaux humains prélevés par le savant fou. Sans animal.

À quoi, pensait Shelley ? Quel manque d’imagination !

Les dieux de l’Olympe, sans que le mode opératoire ne soit jamais précisé, procèdent directement.  Zeus visite la génitrice-génisse au gré de son insatiable appétit ou se couvre de plumes pour honorer Léda en toute discrétion.

Tout ce petit monde cependant réprouve l’inceste sauf naturellement quand sa pratique contribue à l’amélioration du produit (1). Les Dynasties Egyptiennes, dit-on, faisait au pied de la pyramide le travail de sélection que l’on réserve de nos jours aux chevaux, aux chiens et aux petits blancs des Amériques. Mais le tabou est ici hors sujet car notre époque semble s’y conformer avec rigueur. Sauf cas particuliers.

Grâce aux religions révélées et à leur mode d’emploi, pendant longtemps, ces rêveries, ces chimères seront glissées sous le tapis des non-dits et s’habilleront des oripeaux des miracles sans que des gestes d’artisans viennent altérer la pureté et l’espérance des sectateurs. 

Autre personnage important du registre antique, Asclepios  ou pour nous plus couramment Esculape. Ce fils d’Apollon se consacre à la guérison par « incubation » des pèlerins venus l’implorer à Épidaure. Ce divin médecin est plus proche de nos psys que des tâcherons modernes des transplantations d’organes. Zeus et Hadès sont très mécontent car Esculape ressuscite les morts ce que les maîtres de l’Olympe et des Enfers se réserve : Zeus le foudroie et l’envoie dans les cieux jouer à la galaxie.

La galaxie est un jeu de société pratiqué par les étoiles : il faut rester immobile le plus longtemps possible. Si une étoile bouge, elle a perdu. Les enfants des hommes et certains hommes politiques jouent également à ce jeu très ancien.

Asclepios trouvera un successeur en la personne d’Hippocrate puis dans la longue lignée des Médecins lesquels peu ou prou prêteront (2) serment, en général à l’issue de leurs études, dans le cadre des institutions religieuses ou politiques et religieuses succédant à la période romaine.  Les Dieux ou les Prophètes des religions révélées  prendront la charge de l’âme et leurs représentants sur terre exigeront du médecin, chacune à leur façon le respect de la vie et la reconnaissance de son caractère sacré. C’est le moins qu’on puisse attendre de celui qui doit guérir. (3)

Le serment du vieil Hippocrate a évolué car il est  un reflet des mœurs, des interdits ou des libertés nouvelles de la société comme elle les subit ou les exprime ; avec quelques questions récurrentes que le Serment tout au long de ses évolutions oublie sagement car elles concernent au-delà de la « guérison » d’une maladie la relation profonde de l’individu comme acteur du système social ou, bien avant le social  la signification dans l’espèce de la procréation.

Au premier chef et au titre du « respect de la vie » sont toujours posés le problème du point de départ de ce qui deviendra une nouvelle vie, l’être en promesse, et en conséquence celui de la contraception.   Quand commence la vie ?

Dés et dans l’acte de chair. Ou bien au moment auquel les géniteurs après la naissance décident que cette vie-là « vaut la peine » ou ne convient pas et qu’il faut « exposer » l’enfant ? Ou bien à quelque moment arbitraire de la croissance du fœtus ? Saint Pierre est en constante dispute avec César sur ce point.

Les batailles de l’avortement font rage et se poursuivent, constamment ranimées par les religions et leurs excroissances.

La bataille de la contraception semble gagnée, en témoigne la libération sexuelle et l’affichage qu’elle se permet. Du pessaire indélicat et évolutif, via le calendrier nippon (pour la fécondation) puis autrichien (contre…) jusqu’aux multiples pilules avant-après, la galipette est devenue au cours du temps une affaire bulletproof confirmant ainsi la défaite de Saint Pierre sur ce sujet, dans les pays du G7. Ailleurs, dans le vaste monde, rien n’est moins sûr.

Dire l’influence de ce progrès sur le bien-être de l’homme érotique et sur la démographie des pays développés, émergés, ou en voie de… est un autre propos.

À la fin du parcours dans des termes finalement assez comparables, à quel moment la vie de l’individu perd-elle sa valeur tant pour l’homme lui-même que pour la société qui, à des degrés divers, en partage la charge.

En Annexe 1 et 2 et pour rafraichir la mémoire d’un lecteur curieux, le texte du Serment du conseil de l’Ordre des Médecins de 2012 et par comparaison le Serment du Médecin, dit « de Genève » recommandé par l’ONG Association Médicale Mondiale en 2017. On note le respect à l’histoire qu’implique du vocable Serment. On note aussi que le serment évite avec soin les sujets qui fâchent.

Le Médecin guérit le malade.

En fait, dans grand nombre de cas, il ne peut que rendre les symptômes supportables et laisser la nature effectuer seule la guérison.

Mais les progrès de la Science de la Médecine font que, lorsque les choses sont sérieuses et connues, le Médecin agit véritablement. Avant  la maladie il vaccine et dans la vie du patient il tente de prévenir les comportements dommageables (4). Le mal étant déclaré, il prescrit les principes qui amélioreront le fonctionnement de la machine humaine. Si le mal vient résulte d’une attaque extérieure (microbes, bacille, virus) le mal peut être éradiqué. Si le mal résulte d’un défaut de la machine humaine il convient d’intervenir sur les organes eux-mêmes (ablation, mais déjà le praticien change de registre.) ou sur les « humeurs «  qui régissent leur fonction/nement (ainsi, hormone pour la thyroïde, médicament régulateur de pression sanguine...).

Grande est la  panoplie du guerrier de la santé et nombreuses les armes dont il dispose. Le fameux progrès scientifique-médical permet de répondre ou de prévoir une réponse à la plupart des surprises que la nature réserve à l’homme ; souvent avec difficulté, (SIDA, Ebola), parfois assez méthodiquement (Grippes) et enfin dans quelques cas, pas du tout (maladies rares et génétiques, affectant des individus particuliers, comme les enfants de la lune…). La fécondation apparait ici comme une maladie particulière dont la médecine avec succès prévient l’occurrence à la manière d’une vaccination entretenue.

Dans ces progrès de la médecine, le Chirurgien –d’abord écarté par Hippocrate- marche à côté du médecin.  Ils jouent une partition à deux instruments : guérir sans intrusion ou extraire le mal en visitant le corps du patient. : remède ou scalpel. Longtemps le Médecin exclura le chirurgien, l’Église ayant horreur du sang et il faut attendre la Révolution pour que le Chirurgien devienne lui aussi un praticien de la Médecine. Cet interdit, véritable tabou est peu mentionné mais il a été un des freins les plus puissants au progrès médical, en dépit des guerres qui fournirent de tout temps de la matière première à « traiter ».

Cette exclusion est bien étrange, car de tout temps, pour pallier la souffrance et rétablir l’ordre du corps de l’homme, il fallait à la fois guérir ET réparer. Enlever le membre gangréné, inciser l’abcès et plus simplement extraire la dent relevaient souvent du simple bon sens qu’on trouvait davantage chez le barbier ou chez le paysan familier du bétail que chez le clerc sortant de son monastère coiffé d’une tête mal faite. La chirurgie du barbier devenait « réparatrice ».

 En annexe 3, Wiki, ami fidèle, résume cette histoire des rapports chirurgien médecin.

Cette capacité à « entrer » dans le corps de l’homme pour ôter des organes défectueux puis à les remplacer par des organes de rechange se développe au fil du progrès (toujours le progrès !) des techniques et des connaissances.

Ces pièces de rechange ou ces options à la demande sont appelées prothèses. (5)

D’abord les aides et les implants : appareils qui viennent améliorer le fonctionnement de certains organes par simple ajout extérieur comme les lunettes de vue. Cela va de la jambe de bois du Capitaine Crochet pour aboutir à des exosquelettes rendus « intelligents » et manœuvrés (encore) par celui qui en bénéficie. Ces additifs passent tout naturellement du domaine médical au marché grand public, par exemple les aides auditives.

 

Grand public également, les articulations (métal ou plastique) de la hanche et du genou, sont devenues des prothèses ordinaires même si leur mise en place relève d’une chirurgie à surprise. Ordinaires aussi l’implant mammaire qui permet à madame ordinaire de rajeunir dans sa tête ; là aussi, la surprise n’est pas loin.

Chacun peut compléter la liste de ces adjonctions car chacun en bénéficie et connait les siennes ;  l’âge venu, pour chacun leur nombre augmente.

 

Pour grand nombre de pièces défectueuses, l’artefact est d’une telle complexité (6) qu’il est tentant de recourir au  marché de l’occasion. Comme pour l’auto, la casse est importante mais le marché est plus délicat à organiser ; l’État garant de la santé publique exerce son contrôle en spécifiant qu’il ne peut s’agir de transactions commerciales. Le marché de l’occasion n’est pas financier.  Et cependant, comment pourrait-il ne pas le devenir ?

Pour satisfaire la demande le législateur a prévu que sauf refus formel du vivant de la personne toute partie du corps du mort était disponible sur ce marché. Les textes qui régissent ces « dons d’organes » encadrent très rigoureusement les modalités de ces transferts de pièces d’homme.

En annexe 4, un point sur le sujet du Don d’Organes, fourni par l’ADOT, association non subventionnée qui joue un rôle important dans le « fonctionnement » du don d’organe tout en exprimant le point de vue du patient auprès du Ministère et des praticiens. Ce texte est riche, donc il est long mais on y découvre tout ce qu’on ne savait pas. Il faut le lire.

Le progrès continue, il court en tête et les Médecins devenus Savants poursuivent l’exploration des domaines les plus intimes du corps humain et des mécanismes les plus secrets de son organe le plus ténu ; le plus petit, la cellule.

Plus petit encore, le noyau, le génome, l’ADN, les acides trucs et machins et même de la fée électricité. À ce point, rendu à l’électron il est temps d’arrêter le découpage scientifique du corps humain.

Ce Médecin-Savant de plus en plus distant de son patient « entrent » dans la cellule comme le barbier entraient pour extirper l’abcès, avec les mêmes mots : il « coupe » l’ADN et il colle d’autres petits morceaux de matière prélevés sur la bête ou au marché de l’occasion. Il apprend à réparer ou reconstruire de l’ADN.

Dans une autre ligne, ce savant devient guru électrique et c’est dans le cerveau qu’il cherche à « entrer » un peu de l’extérieur (électrodes apposées) et puis plus carrément en stimulant dans la matière grise (électrodes implantées) tel ou tel territoire d’un cerveau géographié, sans oublier les électrochocs et l’héritière, la sismothérapie, si bien-nommée. (7)

Fasciné, le Médecin reprend sa posture et entreprend de réparer « toutes » les erreurs ou défaillance de la nature. La panoplie est déployée ; il utilise toutes les armes et il peut vaincre tous les ennemis toutes les maladies, toutes les malfaçons et tous les désordres. Vaste programme.

Dans ce programme et dans l’actualité la lancinante question du Droit à l’Enfant, enfant légitime du Désir d’ Enfant, trouve dans ce catalogue des farces et attrapes de la médecine moderne les procédés permettant de le satisfaire « pour tous et toutes », rendant quelque peu ridicule l’adoption devenue maquis et marathon  administratif.

Par paresse, sans vergogne et en souriant, on reprend ici quelques paragraphes d’un texte précédent : PMA e GPA et tout le tralala…  Il est redondant certes et d’un style acide mais c’est comme ça ! 

Les progrès de de la science autorisent maintenant de voir ce problème, approvisionner un enfant, se fournir en enfant, sous un autre jour.

Il suffit de cesser de considérer que le corps humain représente une entité autonome, individu bien identifié en société et accessoirement agrémenté d’attributs transcendants (âme, esprit et autre prolongements de diverses fables) pour en faire ce qu’il est en réalité : une machine biologique. Prélever des pièces détachées devient alors une évidence et ce n’est pas le marché de la pièce détachée, neuve ou d’occase qui  dira le contraire. Tant qu’il y a de la demande…

Progrès encore : le marché se structure. L’acheteur (le client souffrant du désir de…) peut choisir les pièces de l’assemblage qu’il a « dans l’idée » de réaliser.

Les ingrédients :

Une pièce Papa : le sperme. L’étagère de l’Oscaro du sperme se présente sous la forme de petits bazars entubés conservés à très basse température. Comme dans tout produit de grande distribution il est important de garantir la provenance et la fraicheur du produit. (1)

Une pièce Maman : moins facile à démonter car il faut opérer mais les cliniques s’équipent pour que ce démontage  se fasse aisément. Stockage de même nature que celui du principe Papa.

Un atelier d’assemblage : de nombreuses possibilités s’offrent au client en fonction des options qu’il a choisies initialement et en fonction des pièces dont il dispose lui-même.

Ventre enregistré et labélisé, épousé qui sait ?

Ventre du marché, identifié de préférence, local ou d’importation, assuré social ou non…

Ventre artificiel (comme l’intelligence) qui consiste en une marmite de liquide approprié, alimentée en substances appropriées. Le liquide comme les substances pourront être de synthèse ou provenir elles-aussi du marché  de la  pièce détachée. Ces procédés sont encore au stade expérimental.

Sperme anonyme, un peu, beaucoup, passionnément…

Sperme choisi, référencé, assorti de fiche descriptive indiquant les traits « saillants » du spermeur, QI, taille…

Ce marché offre à l’acheteur une grande flexibilité.

Il permet à des personnes en souffrance de satisfaire leur besoin, d’exercer leur Droit sans avoir à subir le moindre des désagréments associés aux procédés traditionnels devenus périmés.

Le client peut être de n’importe quel sexe ou ne pas en avoir. Son âge importe peu mais il est essentiel qu’il ait les moyens de supporter les coûts afférents à la fabrication de l’enfant. Il faut également souhaiter qu’il ait de surcroit les moyens d’élever l’enfant. Heureusement l’État, généreusement mettra « la main à la poche » car tout aura été fait pour que ces travaux rentrent dans le cadre de la protection sociale dont nous avons toutes les raisons d’être fiers.

Si le marché s’organise il sera possible d’envisager des achats groupés donnant lieu à des réductions sensibles.

Ensuite, pour l’acheteur comme pour le producteur traditionnel se jouera  la grande loterie du Hasard et de la Nécessité.

Et ce, quel que soit le soin apporté par le concepteur du projet dans la sélection des ingrédients. (2)

  1. Les procédures garantissant la qualité du yaourt devraient pouvoir s’appliquer.
  2. Merveilleuse convergence des sens sur le mot concepteur.

Pour compléter l’inventaire, comment ne pas mentionner la séduisante tentation du clonage ; et évoquer la volupté de se reproduire sans rien faire, en confiant un petit morceau de soi-même, même pas une livre, à un robot incubateur.

Dépassé Éros et la Volupté en l'accointance des femmes (8) et oubliées les complications de la genèse animale.

Comment ne pas entendre les chants des algorithmes et la douce musique des usines à « clouds », qui nous prédisent l’avenir radieux et la puissance quasi-divine de nos cerveaux augmentés.

Mais surtout comment ne pas réaliser que notre Médecin-Savant ne voit plus en l’homme que la machine ou la chimère. Il s’est éloigné du Patient. Il suscite un projet de l’humanité dans lequel l’autonomie de l’homme augmente à la cadence des progrès de la science, de la technologie et au bout du compte de ce que devient la Médecine, sans que la Société, animal de millions de corps d’homme et de têtes d’homme ne perçoive la portée de ces changements.

La société dans son ensemble mesure les avantages du progrès médical et comme pour toute forme de progrès, elle en veut toujours plus mais « en même temps », elle vient buter sur des conséquences de ce progrès.

Par exemple, avec tout le micmac PMA-GPA, qu’advient-il à la filiation et à la notion de famille. Jusqu’où ira cette forme de contractualisation des rapports qui constituent la structure même des groupes d’hommes.

Que pensent, s’il en reste, les médecins de nos campagnes où il en reste ?

Que pensent les chrétiens, les juifs, les musulmans et autres adorateurs du ciel de ces merveilleuses avancées lesquelles, sans grande précaution, percutent et détruisent les fondations de leur vision du monde et de leur place dans ce monde ? Il est commode de penser et de dire qu’il s’agit de phénomènes du passé et que l’homme « de maintenant », à la mode en somme, a largement dépassé ce genre de billevesées.

Sauf si cette humanité attardée constitue une vaste majorité de l’espèce humaine, toujours en recherche de Sacré. (9)

Sauf bien évidemment que les billevesées des traditions et des cultures ne s’évaporent pas au matin des jours nouveaux d’une humanité déshumanisée. (10)

Sauf que les machines aussi intelligentes soient-elles ne remplaceront pas l’homme dans sa vie de singe de la dernière génération.

Sauf que la Médecine qui doit guérir ne peut pas être le Cheval de Troie qui fait entrer des forces étranges dans la Cité des Hommes.

1 septembre 2019     

°°°°°°°°°°°°°°°°°

Une remarque qui relève de l’esprit de l’escalier : que ne l’ai-je insérée dans le texte !

On a effleuré ici un paradoxe lié à ces évolutions. La société est en train d’entériner les manipulations médicales et génétiques en vue de permettre à tous les ayant-droits d’acquérir un enfant mais continue dans beaucoup de pays d’ériger des barrières quant à la possibilité d’interrompre une gestation au gré de l’individu libre qui en entamé le mécanisme, la femme. A-t-on les mêmes pudeurs pour la rencontre de papa et maman en éprouvette et à quel moment considère-t-on que l’embryon naturel ou fabriqué est devenu une personne humaine ?

Et dans ces bricolages de génie (génétique), à quel moment le géniteur-manipulateur-créateur est-il en « droit » d’interrompre son expérience ? Car enfin Manipulateur dans tous les sens du terme, comme Dieu il a créé la vie.

10 avril 2020

 

 Notes

 1Le motif incestueux, marqué par l'interdit ou le tabou, entre membres d'une même fratrie gémellaire, est présent dans la plupart des récits mythologiques fondateurs, non seulement d'origine gréco-latine, mais plus généralement au sein du corpus indo-européen, sud-est asiatique et océanien. Wiki … Alors, pourquoi tout ce tintouin pour ce pauvre Œdipe –qui n’en pouvait mais- et pour cette très littéraire fratrie des Atrides.

 2. Le serment se prête dans le sens où il est fourni, sur requête et comme un sacrement. Ah,  la langue française !

 3. Guérir, longtemps garir, probablement se défendre contre le mal, comme la Wehrmacht défend le pays.  C’est Frank, cette histoire-là. Ah, la langue française !

 4. Effort soutenu et résultats insuffisants pour l’alcool, le tabac et maintenant les nombreuses drogues dont certaines sont dites douces : les forces du marché, la main invisible.

 5. Prothèse : Emprunté. au grec prosthesis, «addition d'une lettre ou syllabe initiale» souvent confondu avec prothesis «préposition» …. la forme prothèse est  de nos jours la plus employée sous l'influence des nombreux mots commençant par pro dans lequel ce préfixe a le sens de «pour». Ah, le Grec.

 6. Le cœur, le poumon artificiel sont des exploits techniques mais leur mise en œuvre délicate les réduit au rang de super-gadget, même si le bénéficiaires ne les « rejette » pas. On note une des pollutions de l’emploi du vocable « artificiel » qu’on n’hésite pas à accoler au mot intelligence. Deux faux sens valent mieux qu’un. Ah, l’usage qu’on fait du français !

 7. Sism… préfixe dérivé de séisme du grec seismos : tremblement de terre.      L’emploi du vocable « entrer » est une référence à Gramsci qui l’employait pour le travail de chirurgie qu’il souhaitait  opérer dans la vie politique.

 8. L’accointance des femmes, c’est « du » Montaigne. Le cher homme reste très à la mode et kif-kif Finkielkraut, il est difficile de ne pas faire ressortir à bon escient la culture du gloseur.

 9. Sauf, bien évidemment s’il s’agit de sauver la planète et que les billevesées sont proférés par une si touchante-autiste-suèdoise-grèvistescolaire-navigatrice-ambassadrice  et l’avenir nous dira quoi en plus.

 10. “ I have lost the immortal part of myself, and what remains is bestial”. C’est du Shakespeare…Encore plus class si on le laisse en anglais. Montaigne dépassé. Pardon Finkielkraut.

 1er septembre 2019

 

 

 

 

Posté par Dufourmantelle à 10:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
27 juillet 2020

La Médecine est un cheval de Troie (2) Annexes

 

 En complément de la première partie     Annexe 1 et 2

Serment du Conseil de l'Ordre des médecins (2012)

« Au moment d'être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité.

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité.

J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Admis dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l'intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.

Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité.

Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque. »

 

 

Adoptée par la 2e Assemblée Générale de l’Association Médicale Mondiale Genève en Septembre 1948….amendée et modifiée 6 fois pour aboutir au texte approuvé par la 68e Assemblée générale à Chicago, en Octobre 2017

Déclaration de Genève   Le Serment du médecin  

EN QUALITÉ DE MEMBRE DE LA PROFESSION MÉDICALE

JE PRENDS L’ENGAGEMENT SOLENNEL de consacrer ma vie au service de l’humanité ;

JE CONSIDÉRERAI la santé et le bien-être de mon patient comme ma priorité ;

JE RESPECTERAI l’autonomie et la dignité de mon patient ;

JE VEILLERAI au respect absolu de la vie humaine ;

JE NE PERMETTRAI PAS que des considérations d’âge, de maladie ou d’infirmité, de croyance, d’origine ethnique, de genre, de nationalité, d’affiliation politique, de race, d’orientation  sexuelle, de statut social ou tout autre facteur s’interposent entre mon devoir et mon patient ;

JE RESPECTERAI les secrets qui me seront confiés, même après la mort de mon patient ;

J’EXERCERAI ma profession avec conscience et dignité, dans le respect des bonnes pratiques médicales ;

JE PERPÉTUERAI l’honneur et les nobles traditions de la profession médicale ;

JE TÉMOIGNERAI à mes professeurs, à mes collègues et à mes étudiants le respect et la reconnaissance qui leur sont dus ;

JE PARTAGERAI mes connaissances médicales au bénéfice du patient et pour les progrès des soins de santé ;

JE VEILLERAI à ma propre santé, à mon bien-être et au maintien de ma formation afin de prodiguer des soins irréprochables ;

JE N’UTILISERAI PAS mes connaissances médicales pour enfreindre les droits humains et les libertés civiques, même sous la contrainte ;

JE FAIS CES PROMESSES sur mon honneur, solennellement, librement.

 

Annexe 3     Histoire de la chirurgie  Wiki

Étymologiquement, la chirurgie est pratiquée par les chirurgiens et peut être définie par la pratique du soin par l'usage des mains : vient du grec χειρουργια (kheirourgia) χειρ (kheir) [mains] et εργον (ergon) [travail]. Cette pratique existe depuis la Préhistoire avec la pratique de la trépanation, et a considérablement évolué au fil du temps.

En Occident, après la grande tradition médico-chirurgicale de l'Antiquité, et au début du Moyen-Âge, les chirurgiens ont été relégués dans une caste inférieure parmi les soignants. Ils ont été exclus des études médicales universitaires pendant plusieurs siècles. Ce n'est qu’au 19ème siècle qu’arrivent les grands progrès  en fonction du besoin sanitaire, du type de blessure et du contexte politique, religieux et technologique. En Occident, au Moyen Âge, les médecins, comme tous les membres des universités, sont des clercs et non des laïcs. Certains occupent même de hautes fonctions ecclésiastiques. De plus, ils ne peuvent exercer la chirurgie car « Ecclesia abhorret a sanguine » (« L'Église a horreur du sang »). Et enfin, un médecin n'a pas le droit d'exercer une profession manuelle pour en tirer profit. Pour cette raison, les actes chirurgicaux leur sont aussi interdits.

Ceux-ci sont donc assurés par les barbiers, qui en plus des coupes de cheveux, des bains et des étuves, traitent les plaies, incisent les abcès, pratiquent les saignées… après diagnostic d'un médecin. La pose de ventouses est du ressort de la matrone et celle du clystère de l'apothicaire.

Vers 1268, Jean Pitard, un barbier renommé, obtient du prévôt de ParisÉtienne Boileau, l'autorisation de former une corporation indépendante, sous la direction de six jurés, afin de faire passer des examens à tout barbier désireux de pratiquer la « cyrurgie ».

En 1671, une chaire universitaire de chirurgie est créée au Jardin des plantes de Paris, malgré l'opposition de la Faculté de Médecine. Pour vaincre cette opposition, une ordonnance royale est nécessaire en 1673. La chaire de chirurgie est confiée à François Cureau de la Chambre avec le chirurgien Pierre Dionis comme démonstrateur. Par la suite, le poste de premier chirurgien du roi (MareschalLapeyronieLamartinière) fait obtenir cette chaire de chirurgie.

À partir de ce moment, les chirurgiens obtiennent même qu'on leur livre les cadavres nécessaires à leurs études sans devoir en réclamer à la Faculté de Médecine. Malgré cela, leur nombre est insuffisant et certains sont volés dans les cimetières ou achetés directement aux bourreaux, ce qui provoque de nouvelles batailles avec la Faculté de Médecine, qui n'hésite pas à faire intervenir des huissiers pour récupérer les corps.

Lorsque Marie-Thérèse d'Autriche, l'épouse de Louis XIV, a un abcès à l'aisselle, D'Aquin, médecin du roi, s'oppose à ce que Dionis, le chirurgien, pratique une incision, ce qui aurait empêché l'abcès de s'ouvrir dans la poitrine. La reine en meurt.

Puis Louis XIV est atteint d'une fistule anale en 1686, et les tentatives médicales ne donnent aucun résultat. Il fait alors appel à son chirurgien, Charles-Louis Félix de Tassy, qui le guérit, ce qui redonne un crédit aux chirurgiens par rapport aux médecins.

À la Révolution, la différence entre chirurgien et médecin est abolie. Il n'y a plus qu'un enseignement unique comprenant la médecine, la chirurgie et les accouchements. 

Wiki avec un minimum de corrections.

 

Annexe 4        La législation en matière de don d'organes

Texte de la fédération des Associations pour le Don d’Organes et de Tissus humains

 Les principes aujourd’hui applicables en France en matière de dons d’organes sont principalement issus de la loi bioéthique du 6 août 2004, et des suivantes jusqu'à celle de 2016.

PRÉAMBULE

Il est possible de donner un organe ou des tissus après sa mort, voire de son vivant.

L’organe humain peut se définir ainsi : c’est une partie du corps destinée à remplir une fonction propre ou nécessaire à la vie.

La loi, depuis les origines, distingue : les organes en eux-mêmes : cœur, poumons, reins, foie, pancréas, intestins ; et les tissus : peau, os, cornées, valves cardiaques, moelle osseuse, etc.

Le corps humain est par principe inviolable, incessible et indisponible. Les lois successives, notamment celles de bioéthique, ont pour finalité essentielle de déterminer un statut juridique du corps humain et de ses éléments dans le cadre duquel sont redéfinies les limites à leur utilisation.

Depuis la loi du 22 décembre 1976, chacun est présumé donneur, sauf en cas de refus exprimé de son vivant : Ce principe a été réaffirmé par la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016,

Cette loi éclaircit le rôle des proches et précise comment refuser de donner ses organes. Elle prévoit notamment l’accès en ligne au registre national des refus géré par l’Agence de la biomédecine.

CE QUE DIT LA LOI

I – Don d'organes et/ou de tissus post mortem :

a) Origines et premières lois de référence :

Deux textes ont posé les bases :

  • Loi du 15 Novembre 1887 sur la liberté des funérailles.
    Le texte indiquait qu’une personne capable puisse régler par voie testamentaire (donc volontairement) le sort de sa dépouille mortelle. Cela concernait à la fois le don du corps à la science et a fortiori le don d’organes, mais dans une perspective de recherche et d’enseignement médical.
  • Loi du 7 Juillet 1949 (Loi Lafay).
    Elle a autorisé les prélèvements anatomiques après décès, en vue de la greffe de la cornée, chaque fois que le défunt avait, par disposition volontaire, légué ses yeux « à un établissement public ou à une œuvre privée, pratiquant ou facilitant la pratique de cette opération ». Elle a permis d’instituer la Banque Française des Yeux. La loi a été abrogée en 1994 par les textes relatifs à la Bioéthique.

b) Principes généraux et fondateurs (Loi Caillavet) :

Le don d’organes en France repose sur trois règles établies par la loi du 22 décembre 1976 :

  • Le consentement présumé : toute personne peut devenir donneur d’organes à moins qu’elle n’ait exprimé son refus de son vivant (selon l’adage ‘Qui ne dit mot, consent’),
  • La gratuité : toute rémunération ou avantage équivalent en contrepartie du don d’organes est interdit et sanctionné. Néanmoins, les frais afférents au prélèvement ou à la collecte sont intégralement pris en charge par l’établissement de santé chargé d’effectuer le prélèvement ou la collecte,
  • L’anonymat : le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur et réciproquement. La famille du donneur peut cependant être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes, si elle le demande à l’équipe médicale qui l’a suivie.
    Toutefois, deux dérogations sont prévues :
  • Le don d’organes post-mortem est possible à tout âge, mais tout dépend de l’état des organes au moment du décès et des circonstances de celui-ci. La Loi Caillavet a été abrogée en 1994 du fait de l’émergence des Lois de Bioéthique. Cependant, les principes établis en 1976 ont été inclus dans le Code de la Santé Publique et ont inspiré le Conseil de l’Europe. Ainsi, il a élaboré une Convention de Bioéthique en 1996. L’article 5 énonce : « Aucune intervention en matière de santé ne peut être effectuée sur une personne sans son consentement libre et éclairé. La personne concernée peut, à tout moment, librement retirer son consentement ».
      • En cas de nécessité thérapeutique : « seuls les médecins du donneur et du receveur peuvent avoir accès aux informations permettant l’identification de ceux-ci »,
      • En cas de prélèvement d’organes sur une personne vivante, en vue d’un don.

 c) Des évolutions dans le statut juridique du corps humain :

A ce qui précède, le texte de la Loi bioéthique du 29 juillet 1994 a apporté des compléments si ce n’est des nuances. Elle repose ainsi sur deux axes bien déterminés :

  • l’un relatif « au respect du corps humain »,
  • l’autre « au don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain… ».

Elle ajoute trois nouveaux principes aux références précédentes :

  • L’interdiction de la publicité.
    Le Code de la Santé Publique exclut strictement « toute publicité en faveur d’un don d’éléments ou de produits du corps humain au profit d’une personne déterminée ou au bénéfice d’un établissement ou d’un organisme déterminé ».
    A contrario, il ne fait pas obstacle aux actions de sensibilisation du public et de promotion du don, qui sont l’objet même de FRANCE ADOT et des ADOT départementales.
    Cette information est réalisée sous la responsabilité du Ministère de la Santé, en collaboration avec le Ministère de l’Education Nationale,
  • La sécurité sanitaire.
    La réglementation prévoit deux séries examens avant tout prélèvement, que celui-ci soit envisagé sur une personne décédée [ou sur une personne vivante] :
  • Sélection clinique des donneurs : 
    Il y a la recherche systématique des antécédents médicaux et chirurgicaux, personnels et familiaux, de chaque donneur. Le médecin s’informe de son état clinique, notamment en consultant le dossier médical. [Si le donneur est vivant, un entretien médical avec celui-ci est imposé],
  • Analyses de biologie médicale :
    La sélection clinique des donneurs est complétée par une étape d’analyses destinées à faire le diagnostic de certaines maladies infectieuses transmissibles. Dès lors, la décision de transplanter un organe relève de la responsabilité du médecin qui doit évaluer, dans chaque cas, si le bénéfice escompté l’emporte sur le risque prévisible encouru par le receveur potentiel. On évoque alors la notion « d’urgence vitale »,
  • La biovigilance.
    Elle porte à la fois sur :
  • des produits : organes, tissus, cellules et leurs dérivés issus du corps humain, ainsi que les dispositifs médicaux les incorporant,
  • les activités suivantes : prélèvement, préparation et greffe d’organes, prélèvement, collecte, préparation et greffe de tissus et cellules.

C’est une démarche essentielle pour faire progresser la sécurité des patients, face à tout incident (accident ou erreur lié aux activités portant sur les éléments, produits ou dérivés mentionnés ci-dessus) ou effet indésirable (réaction nocive survenant chez les personnes, liée ou susceptible d’être liée à un élément, produit ou dérivé ou aux activités mentionnés ci-dessus).

Avant d’envisager le geste chirurgical, il reste une étape importante.
Au moment du décès d’une personne, l’équipe médicale vérifie en premier lieu que cette personne n’est pas inscrite sur un fichier spécifique, appelé Registre National des Refus (RNR). Il est géré par l’Agence de la Biomédecine.

Cette inscription est modifiable et révocable à tout moment.

Le cas des mineurs et/ou des majeurs protégés est particulier :

  • S’il s’agit d’une opposition au don d’organes : à partir de 13 ans, tout individu a accès au registre national des refus, sans en référer à l’autorité parentale,
  • S’il s’agit d’un prélèvement d’organes : il doit y avoir le consentement écrit au prélèvement sur une personne mineure (par chacun des titulaires de l’autorité parentale) ou majeure sous tutelle (bénéficiant d’une protection légale).

La loi du 6 août 2004 a maintenu les mêmes conditions.

 d) Des évolutions dans l’expression de l’opposition :

Mais, depuis la loi du 26 janvier 2016 (entrée en vigueur le 01/01/2017), l’expression du refus au prélèvement se trouve renforcée.

Au-delà du RNR, chacun peut également remettre à un proche un écrit daté et signé. Le proche transmettra ce document à l’équipe médicale.

Si la personne est dans l’impossibilité d’écrire elle-même son refus au prélèvement, elle peut se faire assister par deux témoins qui pourront attester que le document rédigé par une tierce personne correspond bien à l’expression de la volonté du défunt.

La loi permet aussi de confier oralement son refus à ses proches. Ceux-ci transmettront le refus exprimé à l’oral par la personne avant son décès.
Dans ce cas, l’équipe médicale demandera aux proches de préciser les circonstances de l’expression du refus et de signer la retranscription qui en sera faite par écrit.

Le RNR est désormais accessible en ligne et non plus seulement par courrier postal.
Pour procéder, il suffit juste de scanner ou de photographier avec son smartphone une pièce d’identité recto/verso.
De plus, il est également possible de préciser simplement sur le Registre des refus les noms et types d’organes et/ou de tissus que l’on ne veut pas donner. Le moment venu, il sera tenu compte strictement de ce veto. Là-encore, la manifestation du refus demeure révocable à tout instant.

e) L’information et l’accompagnement des proches par l’équipe médicale :

Juste après l’annonce d’un décès (en l’occurrence, constat de l’état de mort encéphalique) par le médecin réanimateur, l’équipe médicale interrogera obligatoirement un des proches :

  • parents directs depuis 1976
  • compagne / compagnon / conjoints pacsés depuis 2004

Conformément à la loi et aux bonnes pratiques en vigueur, l’objectif est de vérifier que le défunt n’était pas opposé au don avant d’envisager tout prélèvement.

S’il n’est pas référencé sur le RNR, il s’agit de connaître la volonté du défunt à travers le témoignage de ses proches. L’échange entre l’équipe médicale et les proches aura lieu même si le défunt porte sur lui une carte de donneur. Celle-ci n’a aucune valeur légale, telle que celle distribuée par FRANCE ADOT. 
Elle dispose seulement d’une valeur indicative de la position du défunt à un moment donné.
A l’instar du RNR, la carte de donneur ou d’ambassadeur du don d’organes demeure néanmoins un témoignage important de sa volonté pour qu’elle soit respectée.
En l’occurrence, il appartient à tous ceux qui se sont prononcés favorablement pour le don d’organes, qu’ils soient ou non en possession d’une carte, de faire connaître cet avis à leurs proches, afin qu’ils soient en mesure de témoigner de l’absence d’opposition au don d’organes exprimée du vivant.
Après les prélèvements, les équipes médicales, par obligation de la loi, doivent restaurer l’intégralité du corps dans le respect de celui-ci pour le rendre accessible ensuite à la famille.

II Dons d’organes et/ou de tissus de son vivant

La loi du 6 août 2004 (articles L 1241-1 et suivants du Code de la santé publique), encadre restrictivement ce type de don. Il ne peut être destiné qu’à un patient proche :

  • soit appartenant au cercle familial
  • soit ayant un lien affectif « étroit et stable » depuis au moins deux ans avec le donneur.

Le donneur doit :

      • être majeur et de plein droit (les mineurs et les majeurs protégés en sont exclus)
      • remplir les conditions médicales très strictes permettant de vérifier, notamment qu’il peut subir une intervention chirurgicale, en étant informé des risques inhérents,
      • exprimer son consentement libre, éclairé et exprès devant le Président du Tribunal de Grande Instance ou le magistrat désigné par lui. Ce consentement est révocable à tout moment jusqu’à l’opération.

Pour les dons de reins, si les examens révèlent une incompatibilité entre donneur et receveur, le don est cependant possible dans le cadre d’un « don croisé » avec un autre couple donneur et receveur dans la même situation et sous certaines conditions.
Celles-ci sont définies par la Loi du 7 Juillet 2011 relative à la loi bioéthique

CE QU’IMPLIQUE LA PRATIQUE

I le prélèvement d’organes post-mortem

a) Le constat de la mort encéphalique :

Aujourd’hui, en France, la très grande majorité des prélèvements en vue de la transplantation sont effectuées sur des personnes décédées. La volonté du législateur, au fil des décennies, est de favoriser le développement de la transplantation d'organes grâce à un accroissement de la disponibilité des greffons.

Il convient alors de déterminer les critères de la mort et d’en donner une définition légale.

Face à cette question, l’Organisation Mondiale de la Santé considère la mort comme « la disparition irréversible de l’activité cérébrale mise en évidence par la perte des réflexes du tronc cérébral ».

Le Code de la santé publique (en son article R1232-2) vient préciser les éléments donnés par les médecins, qui ont alors valeur réglementaire. Il existe ainsi deux techniques :

  • soit deux encéphalogrammes plats, espacés d’une durée de quatre heures et durant chacun 30 minutes afin d’établir l’absence de stimulation électrique au niveau du cerveau,
  • soit l’angiographie, visant à établir l’absence de circulation sanguine au niveau du cerveau.

Dans les deux cas, on parle de « mort cérébrale » ou de « mort encéphalique ».
Les critères ainsi posés permettent d’établir un constat de la mort rendant possible un prélèvement d’organes (sauf inscription sur le RNR ou opposition formelle relayée par les proches).

 b) Le rôle des équipes médicales concernées :

Le code de la santé publique prévoit que « les prélèvements d'organes en vue de don à des fins thérapeutiques ne peuvent être pratiqués que dans des établissements de santé autorisés par l'autorité administrative, après avis de l'Agence de la biomédecine ».

Ainsi, les équipes médicales et chirurgicales ont des compétences bien définies et des rôles très compartimentés.
Les médecins qui établissent le constat de la mort, d'une part, et ceux qui effectuent le prélèvement (ou la greffe), d'autre part, doivent faire partie de services distincts.

Cette règle est destinée à garantir l'indépendance du diagnostic de mort et la protection du « donneur » potentiel.

Il se peut aussi que des chirurgiens locaux se voient confier, par des équipes de transplantation, le soin de prélever pour elles les organes dont elles ont besoin ; c’est notamment le cas pour les reins.

Le code de la santé publique impose par ailleurs aux médecins ayant procédé à un prélèvement sur une personne décédée « de s'assurer de la meilleure restauration possible de son corps ».

Cette obligation revêt un caractère éminemment éthique, voire religieux.

Les praticiens, qui pour la plupart respectent déjà cet impératif, doivent prendre la mesure de l'importance attachée par ceux qui sont déjà confrontés à la perte d'un être cher à l'observation scrupuleuse de cette prescription. C’est non seulement une marque de respect à l'égard des morts, mais aussi à l'égard des familles.
En regard de l’article L1233-3 du Code de la Santé publique et selon les hôpitaux, il peut être « créé un lieu de mémoire destiné à l’expression de la reconnaissance aux donneurs d’éléments de leur corps en vue de greffe ».

A noter aussi: en raison de leur caractère spécifique, la coordination des prélèvements d’organes et les greffes font l’objet d’un financement forfaitisé.

c) Les patients en attente de greffe :

La pratique des greffes d’organes nécessite l’inscription des patients sur une liste nationale établie par type de transplantation, dénommée ‘Cristal’. 
Ce système existe depuis 1995 (faisant suite à la loi du 18 Janvier 1994, complétée par l’arrêté du 24 Novembre 1994, précisant les règles d’inscription sur la liste des patients en attente d’une transplantation).

Il est réservé aux établissements hospitaliers autorisés, placés sous l’autorité de l’Agence de la Biomédecine, en lien direct avec le Ministère de la Santé.

Afin de tenter d’homogénéiser les durées d’attente de greffe, et de respecter des principes d’équité, des règles de répartition des greffons ont été élaborées selon un système de score, tenant compte notamment de critères tels qu’une menace vitale à court terme, l’âge, l’ancienneté d’inscription sur la liste d’attente, l’appariement en âge donneur/receveur, la compatibilité HLA, la difficulté d’accès à la greffe…

Ces règles permettent notamment aux receveurs pédiatriques (jusqu’à 17 ans), ainsi qu’aux patients hyper immunisés de bénéficier d’une priorité d’accès à la greffe.
Depuis 2017, le système s’est encore amélioré avec la mise en place d’une nouvelle plateforme pour les chirurgiens de la transplantation. Intitulée ‘Cristal Image’, elle permet d’évaluer la viabilité d’un greffon en transmettant des clichés.

Avec les objectifs suivants :

  • Donner aux équipes de greffe les moyens de faire un choix performant et efficace,
  • Limiter les déplacements des équipes de greffe,
  • Diminuer les causes de refus de greffons de la part des équipes :
  • Réduire davantage la durée du processus d’attribution des greffons et ainsi permettre de gagner du temps à toutes les étapes.
  • In fine augmenter le nombre d’organes greffés.

La France est d’ailleurs le premier pays à mettre en place cet échange d’images sécurisées et anonymes entre les hôpitaux.

II le prélèvement d’organes in-vivo

Le prélèvement d'un organe en vue d’un don à autrui expose à l’évidence le donneur à des risques non négligeables pour sa santé.

Un comité d'experts – composé de trois médecins, d’une personne qualifiée en sciences humaines et sociales et d’un psychologue – informe le donneur sur les risques et conséquences prévisibles du prélèvement, d'ordre physique et psychologique ainsi que sur les répercussions éventuelles de ce prélèvement sur la vie personnelle, familiale et professionnelle du donneur.

Il faut en conséquence que le receveur soit parfaitement identifié dès le prélèvement, et que son état de santé actuel justifie bien le prélèvement envisagé.

Le don d'organes « entre vifs » est à présent moins qu'auparavant dépendant de la compatibilité tissulaire : il est devenu surtout un « don affectif ». Il n’est donc plus question d’anonymat.

En outre, la règle énoncée par la loi du 29 juillet 1994 (maintenue par celle du 6 août 2004) est très claire : le prélèvement d'organes sur une personne vivante mineure ou sur une personne vivante majeure bénéficiant d'une protection légale est strictement interdit.

Cet article rejoint le principe posé par la Convention européenne sur les droits de l'homme et de la biomédecine qui interdit, elle aussi, le prélèvement d'organes sur une personne n'ayant pas la capacité d'exprimer un consentement libre et éclairé.

Le consentement doit être exprimé par écrit, soit devant le président du Tribunal de Grande Instance (ou un magistrat désigné par lui). Il est « révocable sans forme à tout moment ».

En matière de prélèvements d'organes sur des personnes vivantes, l'autorisation ne peut être accordée qu'aux seuls établissements de santé ayant, sur le même site que celui sur lequel seront effectués les prélèvements, une activité de transplantation des organes.

Cette restriction a été voulue par les pouvoirs publics pour assurer la sécurité des donneurs, ceux-ci pouvant alors bénéficier des équipements et locaux des sites de transplantation.

Elle vise en outre à limiter les transports de greffons prélevés sur une personne vivante, afin d'accroître les chances de réussite de la greffe et de préserver au mieux la qualité de l'organe prélevé.

Les conditions requises des établissements de santé pour être autorisés à prélever des organes (personnel, équipement, service de réanimation, locaux, organisation, coordination, dispositifs d'explantation des organes et de restauration des corps, etc.) sont prévues par le code de la santé publique et sont soumises à autorisation.

Celle-ci est limitée dans le temps afin de permettre une évaluation périodique des activités de prélèvement.

 

 

 

Posté par Dufourmantelle à 10:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]