Le Naïf dans le Monde

05 janvier 2021

Poulets sans tête.

 

Une ambiguïté à lever, ici, poulet ne signifie pas la désignation désuète du flic, gendarme et policier de tout poil. Non, il s'agit bien du poulet de la basse cour, poulet issu de l'œuf de sa mère la poule et par quelque mécanisme que j'imagine mal du coq, celui qui importune les voisins citadins venus d'ailleurs.

Jadis, dans une conversation avec un ami Kikuyu pur jus et en parlant d'un fâcheux de nos connaissances il le compara à un "headless chicken" et m'expliqua que la volaille sans tète remise dans le poulailler pouvait marcher encore quelque temps de façon bien évidement désordonnée.  

J'ai retenu cette expression et une fable m'est venue. 

Dans un poulailler parmi les oies, canards et dindes de toutes plumes une vaste troupe de poulets sans têtes s'agite autour d'un sac de grain. L'oie dit que le fermier les cuirait plus tard et les canards affirment que leur avait été confié la mission de veiller aux grains. La dinde la mal nommée confirme et ajoute advienne que pourra et pourvu que ça dure.

Les poulets sans tête, headless qu'ils sont obéissent cependant à d'obscures protocoles et agissent comme répondant à des injonctions que le peuple des volatiles ne comprend pas comme il ne comprend pas que les sans têtes puissent garder le sac de grain et le distribuer en basse cours comme disent les canards.

Les corbeaux et les renards par les piaillements de la volaille alertés avec célérité font table rase des grains qu'on  distribuera plus tard quand un conclave des volailles affamées aura plus tard éclairé la pensée du fermier impuissant.

Morale. Tout ne vient pas à point à qui ne sait qu'attendre.

Le fermier, Benêt du meilleur cru, dit lui aussi que le grain sera distribué plus tard. Ce qui est mieux que jamais.

C'est une page de carnet qui, ma foi, va rejoindre subito des carnets plus et mieux  remplis. 

05 janvier 2021

 

 

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03 janvier 2021

Incompréhension en face de l'impuissance en principe de gouvernance

 

Dans ce carnet deux sujets bien différents qui sont des exemples illustrant cette impuissance consentie ou peut être même désirée par les personnes, comme on dit, aux affaires. Désirée peut-être car comme le dit la formules usuelle : mettons sous le tapis et on verra plus tard. 

Le démarrage de la campagne de vaccination.

Je pars d'une idée simple. Il y a au moins 24 million de français qui attendent d'être vaccinés et qui ne comprennent pas pourquoi les gens qui ont le vaccin en leur possession ne les vaccinent pas et mettent 5 jours pour vacciner des résidents d'une ehpad sous le contrôle d'une infirmière qui explique, d'un médecin qui vérifie l'état de santé et si la personne est gaga d'une personne qui donnera l'accord présumé.

Or 600.000 résidents occupent les presque 8.000 établissements du cher et vieux pays aux soins de presque un demi-million de soignants et de personnels de service. Encore un presque, presque 80% sont atteints d'une affection cardiovasculaire et 40% sont déments. Le tout pour un coût de 5 milliards qui devrait augmenter sensiblement si l'état double les effectifs de soignants avec une rallonge de 8 milliards.Tout ceci hors les maisons de retraite qui peut-être verront leur tour venir.

J'imagine que l'année qui commence suffira à peine pour atteindre l'objectif ehpad pour enfin commencer la vaccination "ordinaire" quelque soit le saucissonnage envisagée par les ARS ou un monsieur vaccination sorti d'un chapeau et qui déclare benoitement qu'il ne connait rien aux problèmes de logistique. On croit rêver.

Quelqu'un qui pensait que l'intérêt de la vaccination était de faire reculer le plus vite possible la maladie n'était rien qu'un gros naïf.

Quelqu'un, gros réaliste, qui penserait que vacciner lentement en priorité une population confinée d'espérance de vie qui s'exprime en mois ou au mieux en un petits nombre d'années a la moindre utilité, si l'objectif est bien de vacciner suffisamment pour atteindre le meilleur niveau d'immunité possible dans la population. Un général préparant une nouvelle offensive mettrait il en première ligne les blessés et amputés de la bataille précédente ? Ou préparerait-il ses meilleurs soldats pour la bataille ? 

Véran est il à l'origine de ce choix alors que tout le monde médical et scientifique tous les médias et l'opinion publique voyant les résultats chez les voisins réclame que, enfin, on se décide dans ce putain de pays à ouvrir les yeux et à faire vite et sans chichis ce qui doit être fait : vacciner.

S'ouvre alors le champ des questions.

Avons-nous vraiment les glacières grand froid nécessaires et où sont-elles ? Le doute s'installe.

Nécessaires. Les avons-nous commandées en nombre prévu et adéquat selon un vrai plan de manœuvre ? Le doute s'ancre.

Qui, à part le monsieur qui n'y connait rien, est en charge de la mise en place des centres relais régionaux et de leur approvisionnement puis du transport et de la fourniture aux derniers points de grand froid, hôpitaux naturellement ou tout espace aménageable et commodément situé pour que la vente au détail puisse se faire avec des transports réduits.  Vous avez dit ARS, Mama mia, échec garanti. Vente au détail, bien sûr, comme Leclerc ou Carrefour qui savent eux ce que distribution veut dire. 

Sommes-nous témoin de l'incompétence profonde, crasse de Véran et de son refus de comprendre que la vaccination est l'outil primordial de la lutte contre la maladie ? Le doute s'efface, il n'a rien compris.

Et le Benêt en Chef dans allocution de Nouvel An en souhaite que les retards de la campagne vaccinale ne soit pas injustifiés. Allons tant mieux et de l'euphémisme à gogo.

Ce carnet écrit hier s'est enrichi d'une nouvelle démonstration de vacuitude pour causer comme la spécialiste en la matière. Comme la nature a horreur du vide et les médias aussi l'ineffable Mister V petit Benêt de la santé a noté le froncement de sourcil du Président et comprit qu'il fallait remplir ce vide et il  utilise l'arme qu'il manie le mieux, le galimatias.                                                                    Bien sûr il pouvait choisir charabia pour obtenir le même remplissage de son sac à malices vide.

Alors tout y est passé: les futurs centres de vaccination, les centres répartis judicieusement, encore heureux et les incontournables médecins de ville, lesquels doivent se demander comment ils vont faire et lorsqu'ils demandent d'être considérés dans cet exercice comme personnel hospitalier pour être couverts  par les mêmes assurances s'entendent dire d'aller chez plumeau. Tiens, une expression que le Benêt en Chef n'a pas encore utilisée.

Bref, c'est demain que l'horizon s'éclaircira et que la fulgurance vaccinale frappera la maladie et la terrassera. Une chanson disait ça il y longtemps qui commençait par "demain peut être…"  

À la vitesse qu'on nous promet, je me demande si je ne vais pas me laisser distancer comme une naïve tortue de carnet par le véloce Mister V.

Je vais clore ce tout petit carnet qui, je le crains, sera suivi de chapitres rentrants comme celui-ci  dans la grande série des pataugeages. 

Au début de ce petit bout de carnet j'évoquais un second sujet en mentionnant l'impuissance consentie et j'ajoute subie.                  "À demain peut-être".

 

03 janvier 2021   Me suis pas trompé, Na !

 

 

 

   

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29 décembre 2020

La Plus Grande Arnaque Archéologique

Je tergiverse et procrastine et flemmarde à entrer dans un gros morceau de la mosaïque du passé que j'ai promis à ma fille. Pour gagner du temps sans trop le perdre je dois trouver un sujet plus simple et peut-être plus rigolo. C'est le mot mosaïque qui provoque ce que j'appelle le rebond.

Vous visitez la Crète et suivant une tradition touristique établie vous allez à Cnossos, faites ou pas la queue selon les périodes de l'année et l'heure de votre visite et prenez votre ticket d'entrée. Gardez le  bien car c'est la seule chose authentique que vous verrez ce jour. Et certainement pas les fouilles ou ce qu'on en fit.

En 1900 une vingtaine d'années après leur découverte un archéologue britannique  Arthur Evans, achète l'ensemble du site et entame des mises à l'air de grande envergure. La fouille et la restauration de Cnossos, ainsi que la découverte de la civilisation qu'il a lui-même appelée minoenne, du nom du roi légendaire Minos, sont inséparables de la personne d'Evans auquel on doit reconnaître une imagination créative dans un cadre archéologique fabuleux où Minos quitte le mythe et peuple les rêves du gentleman.

On y voit un palais en béton orné de trois colonnes également en ciment et un peu à l'écart une salle du trône avec une petite construction de quelques pierres heureusement en pierre. Dysneyland.

 

                                 Plande cnossos

 

Structure du palais de Cnossos. 1-Place ouest. 2-Silos. 3-Rue royale. 4-Propylées ouest. 5-Couloir des processions. 6-Couloir du prince des lys. 7-Grandes propylées. 8-Escalier des grandes propylées. 9-Sanctuaire aux trois colonnes. 10-Salle du trône. 11-Escalier de la cour centrale. 12-Cour centrale. 13-Petite cour. 14 à 16-Sanctuaire tripartite. 17-Couloir des garde-manger. 18 à 34-Garde-manger et celliers. 35-Couloir. 36 et 37-Archives. 38-Escalier de l'aile est. 39-Lucarne des appartements royaux. 40-Salle de la garde royale. 41-Couloir nord-est. 42-Salle de la hache à double tranchant. 43-Mégaron (grande salle) de la reine. 44-Salle des bains de la reine. 45-Boutique du travailleur de la pierre (traduction du catalan incertaine). 46-Magasin. 47-Salle hypostyle. 48-Propylées nord. 49-Sanctuaire extra muros. 50-Théâtre.En sombre les parties découvertes en gros au ras du sol et ayant donné lieu à excavations et fouilles. 

Je cite un texte de référence qui précise bien des détails de l'arnaque.  Books 12  mars 2010

En réalité…en cherchant plus avant des évidences il m'est apparu que la vérité est que ces célèbres images sont dans une large mesure modernes. Comme n’importe quel visiteur à l’œil exercé peut le constater, ce qui a survécu des peintures originales se réduit généralement à quelques centimètres carrés tout au plus. Le reste est plus ou moins une reconstruction très imaginative, commandée dans la première moitié du XXe siècle par sir Arthur Evans, l’archéologue anglais qui a fouillé le palais de Cnossos (et l’homme qui a forgé le terme « minoen » pour désigner la civilisation crétoise préhistorique, du nom du légendaire roi Minos, qui y aurait tenu sa cour). En règle générale, plus l’image est aujourd’hui célèbre, moins elle est composée d’éléments authentiquement anciens.

L’essentiel de la Fresque aux dauphins a été peinte par l’artiste, architecte et restaurateur hollandais Piet de Jong, employé par Evans dans les années 1920. Le Prince aux lis est une restauration antérieure, réalisée à partir de 1905 par le Suisse Émile Gilliéron. Dans ce dernier cas, il est loin d’être certain que les fragments originaux – un petit morceau de la tête et de la couronne (mais pas du visage), une partie du torse et le fragment d’une cuisse – aient jamais appartenu à une seule et même peinture.

Les rapports de fouille semblent indiquer que ces pièces ont été trouvées dans le même secteur de l’ancien palais, mais dans des endroits assez éloignés les uns des autres. Et malgré tous les efforts de Gilliéron, le « prince » qui en a résulté (il n’y a, bien sûr, aucune preuve de son statut royal, en dehors de la prétendue « couronne ») est très curieux, d’un point de vue anatomique : son torse et sa tête semblent tournés dans des directions différentes. L’histoire des Dames en bleu est encore plus compliquée. Cette peinture a d’abord été recréée par Gilliéron après la découverte de plusieurs fragments au tout début du xxe siècle, mais l’œuvre restaurée fut elle-même gravement endommagée lors d’un tremblement de terre en 1926 et reconstituée par le fils de Gilliéron (qui se prénommait également Émile). Les quelques petites portions de peinture qui paraissent aujourd’hui authentiques sont donc, en fait, des répliques des fragments originaux perdus, eux, dans le séisme. 

Il n’est donc guère étonnant que l’écrivain Evelyn Waugh ait trouvé la collection de peintures du musée d’Héraklion d’une modernité déconcertante, lorsqu’il visita la Crète dans les années 1920. « Il est impossible d’écarter le soupçon, écrit-il … que l’ardeur des peintres à réaliser une reconstruction exacte ait été tempérée par une prédilection quelque peu inopportune pour les couvertures de Vogue. »

On peut dans une large mesure en dire autant de la reconstitution de l’ancien palais de Cnossos. Immédiatement reconnaissable avec ses colonnes rouges trapues, ses escaliers cérémoniels et ses « salles du trône », il s’agit du deuxième site archéologique le plus visité de Grèce, attirant près d’un million de visiteurs par an. Pourtant, aucune de ces colonnes n’est d’époque ; toutes sont des restaurations d’Evans (ou plutôt des « reconstitutions », selon ses propres termes). Comme Cathy Gere le dit sans ménagement dans sa brillante étude sur le rôle de Cnossos dans la culture du XXe siècle, Knossos and the Prophets of Modernism, le palais « a l’honneur douteux d’être l’un des premiers édifices en béton armé jamais construits sur l’île ». Non loin de là, la maison d’Evans, la villa Ariane – du nom de la fille mythique de Minos et épouse de Dionysos – en est un autre.

Jusqu’où la reconstitution du palais préhistorique par Evans est-elle fallacieuse ? Le débat n’est pas clos. Assurément, on ne peut guère justifier les étages supérieurs labyrinthiques visibles aujourd’hui sur le site, ni l’emplacement précis des fresques dont Evans a orné les murs reconstruits. Dans un certain nombre de cas, ce que nous voyons aujourd’hui est vraisemblablement faux. Une copie de la Fresque aux dauphins, par exemple, figure sur l’un des murs du mégaron (ou salle) de la Reine. En fait, à en juger par les endroits où les fragments ont été trouvés, il est beaucoup plus probable qu’il s’agissait de la décoration du sol d’un étage qui se serait écroulé dans ce mégaron quand l’édifice s’est effondré.

Il est également manifeste, comme le laisse entendre le nom même de « mégaron de la Reine », que les idées préconçues d’Evans sur la société minoenne – une monarchie pacifique, accordant une large place aux femmes et mettant une « déesse mère » au centre de son système religieux – ont fortement influencé ses reconstitutions. Un exemple classique est la fameuse paire de statuettes en faïence représentant des déesses aux serpents (une figure clé du panthéon minoen d’Evans) exhumée du site. Peut-être s’agissait-il en effet de « déesses aux serpents » ou de « prêtresses aux serpents », mais, là encore, seule une petite partie de ce qu’on voit aujourd’hui dans les vitrines du musée appartient aux originaux. Tout ce qui se trouve au-dessous de la ceinture de l’une a été restauré, et la plupart des serpents, ainsi que la tête et le visage de la seconde sont l’œuvre d’Halvor Bagge, l’un des artistes de l’équipe d’Evans.

Les lecteurs savent bien que ma paresse et ma curiosité me font très souvent emprunter des travaux existants qui confortent mes assertions. Ce carnet en est la démonstration.

Pour illustrer le génie créatif de l'archéologue gentleman il suffit de regarder comment d'un tas de pierre au ras du sol donnant le plan d'une grande demeure comme on le voit sur le plan ci-dessus, il déduit, imagine et affirme une chronologie détaillée sans la moindre vergogne. Trois étages subdivisés en quatorze périodes distinctes. Voilà quelqu'un qui sait faire parler les pierres ! Et ça marche, en tout cas à Londres où il ne viendrait à l'idée de personne de mettre en doute les affirmations du gentleman. (annexe)

            Chrono Minoènne

La référence est Nikolaos Platon, un archéologue ayant mené des fouilles célèbres en Crète et à Thèbes en Béotie. Il dirigea des musées et des services archéologiques : Héraklion, Acropole d'Athènes et il enseigna dans des universités à l'Université Aristote de Thessalonique et dans la toute nouvelle Université de Réthymnon, où il réalisa la plupart de ses ouvrages sur la civilisation minoenne.

En somme tout le contraire d'un affabulateur.

                  L 2 Cnossos

C'est au musée d'Héraklion que le visiteur réalise l'étendue de la tromperie car on voit sur chaque "reconstitution" les fragments de fresques ou mosaïques ayant donné lieu au travail art nouveau de Piet de Jong, les Gilliérons et Halvor Bagge qu'ils ne disposaient que quelques pour cents de chaque œuvre évanouie et que tout est entièrement de leurs mains

Mais…

le mérite de la Cnossos d'Evans, sa rêverie, est qu'elle existe et qu'elle constitue pour l'exploitant une véritable mine d'or tant la fréquentation est importante, on se presse, on fait la queue. Ce ne sont pas des questions d'authenticité qui le conduirait à discréditer une fable qui fait bouillir la marmite des recherches lesquelles sont inépuisables en Grèce alors que les ressources sont toujours à inventer. Bien que je n'en trouve aucune évidence j'imagine que l'exploitant est l'une des associations savantes d'Athènes ou bien, plus probablement un organisme local à Héraklion comme le Musée. Une dernière possibilité : les ayant-droits du gentleman archéologue fabulateur possèdent encore le site et l'exploitent ou l'ont concédé.

Dames

            Les Dames en bleu, l'une des fresques les plus célèbres de Cnossos

  

Annexe : suite et fin de l'article emprunté. Books 12  mars 2010

Il est mis en annexe car il concerne surtout la vie d'Evans et le rôle de son appartenance sociale   

Dans certaines études récentes sur l’histoire de l’archéologie minoenne, Evans a lui-même fait l’objet de vives critiques. Au mieux, il aurait été abusé par son attachement obsessionnel à une vision particulière de la préhistoire et sa fixation sur l’idée d’une mère déesse primitive (fixation expliquée de façon peu convaincante par J. A. MacGillivary, dans Minotaur, la biographie à charge qu’il a consacrée à l’archéologue en 2000, par le fait qu’Evans ait perdu sa propre mère quand il avait à peine 6 ans). Au pire, il est présenté comme un grand bourgeois richissime et raciste, transposant ses complexes sexuels et ses préjugés d’impérialiste anglais sur l’archéologie de la Crète minoenne. Evans prête facilement le flanc à ce type d’accusations. De l’avis unanime, c’était un archéologue de la « vieille école ». Il put fouiller Cnossos uniquement parce qu’il avait acheté l’ensemble du site, et son existence en Crète fut presque une parodie de vie d’expatrié anglais. Selon le récit laissé par Dilys Powell dans ses souvenirs, The Villa Ariadne (1973), Evans s’est toujours refusé à boire du vin crétois et il faisait venir à grands frais du vin français, du gin et du whisky, ainsi que de la marmelade et de la viande en conserve. Il était capable de parler avec mépris des « races inférieures » et, à l’âge de 74 ans, il fut reconnu coupable à Londres d’un « attentat à la pudeur » sur la personne d’un jeune homme (il avait été brièvement marié – mais nous ne savons pas si ce délit relevait d’un comportement habituel ou d’un incident exceptionnel).

Il y a aussi la question de savoir à quel point il avait conscience du trafic florissant de contrefaçons minoennes au cours des premières décennies du XXe siècle, contrefaçons dont il authentifia un grand nombre, avant d’en acheter lui-même. Hormis peut-être les « figurines cycladiques préhistoriques », aucune catégorie d’objets n’a été plus systématiquement imitée que les antiquités minoennes. Dans une étude qui se lit comme un roman policier, Mysteries of the Snake Goddess, l’archéologue Kenneth Lapatin a tenté de déterminer la provenance de toutes les figurines connues représentant des « déesses aux serpents », en dehors de celles trouvées à Cnossos ou sur d’autres grands sites. Ces statuettes ont souvent constitué les fleurons des plus grands musées (l’une d’elle a été acquise par le Museum of Fine Arts de Boston, une autre par le Fitzwilliam Museum de Cambridge ; une autre, achetée par Evans lui-même, se trouve à l’Ashmolean d’Oxford). 

Une thalassocratie pacifique décidément très British

Lapatin montre que presque toutes ces figurines, ainsi qu’un nombre substantiel d’autres objets « minoens » sont des faux. Surtout, il établit l’implication dans ce trafic des restaurateurs suisses Émile Gilliéron père et fils (« restaurant » la journée, « contrefaisant » la nuit…). Evans ignorait peut-être tout des activités clandestines de ses assistants, en qui il avait toute confiance, mais sa volonté acharnée d’identifier le plus grand nombre possible d’objets susceptibles de conforter sa propre conception de la culture minoenne les a certainement encouragés. Et il était sans aucun doute très facile pour eux de le convaincre de légitimer leurs productions (après tout, les « restaurations » officielles et les « contrefaçons » ne pouvaient que se ressembler, puisqu’elles étaient réalisées par les mêmes personnes).

Cependant, certaines des accusations régulièrement portées de nos jours contre Evans paraissent spécieuses. Il est facile de prétendre que l’archéologie est une branche de l’impérialisme, mais il est beaucoup plus difficile d’étayer cette accusation par des exemples précis. On dit souvent, par exemple, qu’Evans interprétait la civilisation minoenne et sa puissance à la lumière du modèle britannique : le contrôle des mers (la thalassocratie) par les Minoens était un reflet de la suprématie de la marine de Sa Majesté. Comme un archéologue l’a dit récemment – et grossièrement –, les Minoens d’Evans « voyageaient et commerçaient dans l’ensemble de la Méditerranée grâce à leur “thalassocratie” britannique – pardon, minoenne ».

Peut-être. Mais ce n’est pas un impérialiste anglais qui a, le premier, établi l’importance de la puissance maritime crétoise ; c’est l’historien grec Thucydide. Au ve siècle avant notre ère, il affirmait dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse que « Minos fut le premier personnage connu par la tradition qui ait eu une flotte […]. Il établit sa domination sur les îles des Cyclades, et installa dans la plupart les premières colonies ». Selon toute vraisemblance, ce passage bien connu fut la source d’inspiration directe d’Evans, qui avait reçu une éducation classique.

Ben, voilà et merci de votre visite

29 décembre 2020  et Bonne Année

 

 

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28 décembre 2020

Coup de gueule, c’est à la mode

Coup de gueule, c’est à la mode

Je viens de recevoir un message d'un ami et j'ai pensé que ce texte devait figurer dans les carnets du Naïf. Le lecteur jugera par lui-même. Il est brut de fonderie et je n'en ai retiré qu'une phrase de caractère personnel.

 Ceci est un “coup de gueule”, c’est à la mode….c’est surtout le fruit de frustration, de peur, de honte… 

Frustration et honte d’entendre des amis, de la famille se nourrir et relayer des théories conspirationnistes, antisémites …..

Honte de voir mon pays incapable de produire le moindre traitement ou vaccin……. Double honte de voir mes concitoyens à 60% faire la fine bouche devant des vaccins produits par d’autres...  Triple honte d’avoir comme maitres à penser des clowns comme JM Bigard ou le « professeur » Raoult. 

La peine et l’humiliation d’être confiné, de ne pas voyager, de ne pas voir la famille, d’être soumis à des autorisations de sortie…Alors que pendant ce temps Taiwan (une démocratie) a évité le problème, n’a pas foutu son économie en l’air…. et compte 7 morts du COVID en un an….

Conspiration : Le Covid aurait dû et devrait être soigné par l’hydroxychloroquine, nul besoin de vaccins, ce traitement est ignoré car ne rapportant pas assez à la planète « BigPharma », aux financiers et autres Juifs aux doigts crochus…. 

Bien sûr que « BigPharma » souhaite nous tondre ! C’est le jeu du système capitaliste que de gagner de l’argent ! Pas besoin d’imaginer des conspirations, c’est la règle connue du jeu !  Mais que préfère-t-on ? Des armées de fonctionnaires /chercheurs du CNRS ou de l’institut Pasteur qui « cherchent » et ne trouvent jamais rien mais « fonctionnent » aux 35 heures jusqu’à la retraite à 60 ans ou des Cowboys Turco Allemands Américains (Pfizer / BioNTech) ou un français expatrié aux USA (MODERNA) qui pour l’amour de l’art et de la fortune sont capable d’inventer un vaccin en un an….pendant que ici les Socialistes / gauchistes / Gilets jaunes / FN / écolos et autre Bobos ne rêvent que de rétablir l’impôt sur la fortune…pour être bien sûr que personne ne réussisse et fasse fortune en France….

Bien sûr qu’il faut se méfier de  Big Pharma ! Deux exemples : Aux USA le labo PURDUE (famille Sacklers) a introduit dans les années 90 un antidouleur « Oxycotin » (opioïde de synthèse) soi-disant non addictif, a menti, sponsorisé de fausses études, donné des pourcentages aux médecins prescripteurs…. 450.000 morts  plus tard ils sont enfin en prison… en France, le labo SERVIER a joué au même jeu avec le MEDIATOR, une molécule recyclée en « coupe faim ». Petits joueurs et à l'échelle de notre pays ils n’ont fait « que » 2 a 3000 victimes….Avec le COVID le laboratoire GILEAD a tenté de recycler une vielle molécule crée pour EBOLA en antiviral  anti COVID « REMSIDIVIR » ; Ils ont effectivement réussi un effet d’annonce, réussi a plumer quelques Millions à l’Europe et aux USA (mais pas à la France où il n’a jamais été utilisé)…

Donc il faut -et il y a- des organismes de contrôle, internationaux (OMS) et dans chaque pays, des procédures d’approbation basées sur des études en « double aveugle » (honnies par D Raoult)… Bien sûr les labos tentent d’influer pour vendre leur soupe, bien sûr il y a des modes, des congrès sponsorisés, des gens malhonnêtes voire totalement pourris…. De là imaginer que D Rouault est le seul médecin honnête de la planète, que tous les autres sont des incapables et des pourris (comme il l’affirme) et que son médicament fétiche est victime d’une cabale mondiale, c’est ridicule !

Imaginons que les USA et les pays occidentaux soient victimes d’une conspiration réussie de BigPharma pour ignorer un médicament ancien et efficace et peu cher au profit d’un nouveau produit inefficace et fort lucratif – ou de vaccins … OK, mais doit ‘on aussi imaginer que les Chinois, les Russes, les Indiens, les Africains, les Philippins, les Indonésiens soient aussi dans la combine et laissent mourir des milliers de leur compatriotes en ignorant un traitement disponible et bon marché pour remplir les poches d’un BigPharma occidental ! Alors que le marché est très compétitif – et très nationaliste-  Cela ne tient pas debout !

 

Un autre argument des conspirationnistes et que l’Hydroxychloroquine est rejetée car pas assez chère, et ne remplissant donc pas les poches des BigPharma et autres Juifs….  Là aussi, loupé : Ai compris que le traitement actuel du COVID (à part quelques molécules expérimentales comme « REGERERON » utilisée sur D TRUMP… est basé sur un anti inflammatoire très bon marché « Dexamethadone » (qui aurait déjà sauvé près d’un million de vies) et… d’Aspirine (utilisée pour éviter les caillots dans les poumons.   Je ne pense pas que l'aspirine coûte très cher…

Dernier sujet de honte : Les Chinois, certes une dictature, ont réglé le problème du COVID avec un confinement court et violent de quelques semaines et des quarantaines toutes aussi militaires en cas de nouvelle atteinte… Et depuis leur économie prospère, ils voyagent, vont aux restaurants, aux cinémas, etc…  Nous, occidentaux, nous sommes incapables de respecter la moindre règle... Dès que les gendarmes ont instruction de tourner le dos on voit des tas de gens se frotter dans les bars, les restaurants.  Pire aux USA Trump (et Bolsonaro au Brésil) ont trouvé le moyen de transformer le masque et la distanciation en positionnement politique.  Démocrates confinent et se masquent, Républicains pavanent en groupe non masqués…..Et on se moque maintenant du vaccin qui pourtant pourrait nous sauver de ce cauchemar en écoutant des gurus chevelus … le résultat est un enfer de deuxième vague, troisième vague, couvre-feu, frustrations, économie et moral en berne. La gestion de la crise consiste à confiner ou reconfiner pour ne pas déborder les capacités hospitalières de réanimation, de ne pas avoir à trier le malades sur les parkings des hôpitaux, faute de place.

Pire, une solution simple aurait suffi à maitriser le problème, comme à Taiwan : Tracer la totalité de la population grâce aux GPS et Bluetooth des Smartphones (distribuer des bracelets GPS Bluetooth aux démunis). Liberticide pour nous occidentaux, comme si nous suivre pour nous éviter de mourir était

Dans ma famille j’ai hélas des membres racistes parlant des « nègres » comme des sous-individus incapables d’organisation, de planification, d’ambition collective autres que tribale. Le « nègre » étant un individu primaire, individualiste, courtermiste, mu par des pulsions immédiates et animales et non par la réflexion et l’anticipation. J’ai bien peur que vu de Chine ou de Taiwan nous soyons des « nègres blancs » vénérant nos sorciers déguisés en Druides …

Voilà ce que dit l'ami et je n'en changerais aucun mot

28 décembre 2020  et Bonne Année

 

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25 décembre 2020

Pataugeages sublimes Un nouvel épisode merveilleux Embourbement garanti

Ce n'est pas compliqué, pour notre actuel Sous Benêt porte flingue, le parangon de l'habileté politique, tel Ulysse aux mille ruses, il faut et il suffit de demander à chaque instant, pour chaque mouvement, à chaque tentation d'agir d'une façon quelconque de fournir un passeport de libre circulation pour vivre heureux.

À cet effet, naturellement un projet de loi. Où ai-je la tête ?

Ce texte prévoit d’octroyer au premier ministre, durant l’état d’urgence sanitaire, objet mal identifié, la possibilité de conditionner les déplacements, l’accès aux moyens de transport «ou à certains lieux» et «l’exercice de certaines activités» à la présentation d’un «test de dépistage établissant que la personne n’est pas affectée ou pas contaminée, au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin, ou d’un traitement curatif».

Ce qui rend de fait la vaccination obligatoire car on imagine mal qu'on puisse faire à intervalle régulier les tests PCR du bon élève ; quant au traitement curatif Castex en sait sans doute plus que… les autres, les non-initiés, vous et moi. 

Comme je suis naïvement un bon élève je me suis donc collé à la tâche infiniment ennuyeuse de lire les attendus du Projet de Loi instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires.

Infiniment confus également cependant j'ai retenu un de ces articles préliminaires qui, je pense, dit l'essentiel :

En sus des facultés associées à l’état de crise sanitaire, qui sont mobilisables sous l’état d’urgence sanitaire, le Premier ministre pourra recourir à des prérogatives de police administrative extérieures au domaine strictement sanitaire, comme le prévoit la loi actuelle : réglementation de la circulation des personnes, interdiction de la sortie du domicile, réglementation de l’ouverture des établissements recevant du public, limitation des rassemblements dans les lieux publics ainsi que toute autre mesure limitant la liberté d’entreprendre. La pérennisation de ce cadre législatif est l’occasion de confirmer l’exclusion de toute possibilité de réglementation des locaux à usage d’habitation et, d’autre part, de prévoir la possibilité de conditionner l’accès à certains lieux et l’exercice de certaines activités à la réalisation d’un dépistage ou à la prise d’un traitement préventif ou curatif, comme c’est le cas aujourd’hui par exemple pour les tests obligatoires avant un déplacement par transport aérien ou maritime.

Castounet réalise que ce truc d'urgence sanitaire est encore un peu léger il ajoute donc cet "en sus" pérenne.

C'est une chance, on échappe à la perquisition quoique pour compenser la bénévolence du sous benêt on tombe victime du virus du monde de la justice qui manie la perquise comme un goupillon l'enfant de chœur. 

Chacun s'émeut  et les médias s'indignent. Alors le sous-benêt, rétropédale comme on dit et trouve un escalier de secours pour échapper à l'incendie qu'il vient d'allumer. Ce n'est plus l'arroseur arrosé mais plutôt le pyromane carbonisé.  Il ajoute donc que nous n'avions pas vraiment compris son propos et que réalité

cette disposition n’avait «pas vocation à être utilisée» dans la crise du Covid. «En l’état actuel des connaissances […] cela ne serait pas justifié», explique-t-il.

Bref il ne sait plus comment s'en sortir mais il aurait tort de s'inquiéter car dans le long trajet d'un projet de loi les obstacles sont nombreux et il faut espérer qu'à chaque étape si le projet quittait l'Assemblée une nouvelle  barrière se refermerait et d'abord au Sénat.

Je pense naïvement qu'il perdrait moins la face en le retirant lui-même avant examen à la chambre et en oubliant la sornette du "c'est un texte pour plus tard en prévision de futures maladies" ce qui au demeurant ne changerait rien au aux critiques exprimées. 

Au dernière nouvelle j'apprends que c'est exactement ce qui vient d'être fait et que projet de loi est retiré. L'opinion publique a suffi à convaincre le sous-benêt ou bien un froncement de sourcil du benêt suprême.

 

25 décembre 2020  et Joyeux Noël

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18 décembre 2020

Pataugeage sublime Le référendum

Ici pas de rebond  sur un article mais plutôt coïncidence.  Alors que je commençai ma page de carnet sur le thème du référendum de Gros Benêt ou plutôt que j'y barbotai mon expert favori m'en fournit la substantifique moelle que j'utilisai sans vergogne.

Dans la série des pataugeages, j'avais fait de mon mieux pour être à jour en reconnaissant cependant que le flux législatif me laissait parfois de côté et que je ramais derrière un vaisseau emporté par une tempête de sottises. Mais un déficit d'imagination me faisait oublier le Pataugeage Sublime du Référendum Constitutionnel. Bon Dieu, mais c'est bien sûr, où avais je la tête.  Dans un article du chapitre Constitution et gouvernance du trésor des 150 propositions de la merveilleuse, vocableTrumpiste, Convention Citoyenne sur le Climat tellement Beau et tellement Pur. On voit qu'on est dans du gros et que les congressistes ne se prennent pas pour du crottin de cheval.

  •  Ajout d'un alinéa dans le préambule de la Constitution : "La conciliation des droits, libertés et principes qui en résultent ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité."
  • Ajout d'un alinéa dans l'article premier de la Constitution : "La République garantit la préservation de la biodiversité, de l'environnement et lutte contre le dérèglement climatique."

L'expert qui m'offre souvent en ces matières la sagesse de ces analyses est positif sur l'impossibilité d'introduire dans le préambule l'alinéa de "la conciliation" qui reviendrait à admettre pour la première fois, par la modification qu’il était requis d’apporter au préambule de la Constitution, que le constituant donne la primauté à un principe sur tous les autres, ruinant la règle fondamentale, gage d’équilibre des intérêts et d’harmonie démocratique, qui veut que droits, libertés et principes de rang constitutionnel doivent être conciliés lorsqu’ils entrent en concurrence, qu’il n’existe pas de hiérarchie entre eux et qu’aucun ne doit être sacrifié à un autre?

Dit naïvement 'la préservation patin couffin climatique' est mise en avant sans conciliation possible avec les autres droits que reconnait la constitution et qui guident le conseil constitutionnel,; elle prévaut sur tous les droits constitutionnels. Aussi le chef de l’État a-t-il refusé à juste titre de «mettre la protection de l’environnement au-dessus de nos libertés publiques».

Et qui dit qu'il est mal conseillé ?

Sur l'autre ajout à l'article premier de la constitution d'une garantie du patin couffin elle est en premier lieu inutile car elle n'ajoute rien à la Charte de l'environnement et introduit par un terme de courtier en assurance l'ambiguïté de savoir quelle est l'étendue de cette garantie, qui a causé le dommage et comment il le réparera ? Pense le Naïf.

L'expert, monsieur sérieux et compétent entre tous, analyse aussi les motivations de Benêt Maximo pour sortir des mâchoires du piège qu'il a armé de sa blanche inconscience/insouciance/arrogance (QCM) sans penser à mal/très peu/pas du tout (QCM).

Son analyse rejoint et complète celles de tous les commentateurs sur l'usage du référendum.

Cependant il ne mentionne pas explicitement que le référendum traduit souvent un jugement sur la personne qui pose la question. Point essentiel, dit le Naïf se souvenant que De gaulle fit cette manœuvre  en cherchant peut-être à sortir de son siège usé avec le résultat qu'on sait.

Il faut penser autrement : Tous oublient la raison Sublime qui est que le référendum c'est vachement class et qu'à la récré tous les gamins du préau viendront le féliciter pour son habilité à jouer à qui sera le plus sot/le plus bête/le plus con (QCM). Puis chaque galopin retourne jouer aux billes des lois pour jouer encore.

Il faut bien que jeunesse s'amuse et dans la panoplie des lois joujous il manquait donc le top du top, le référendum. Le comble du vide dirait-on, oubliant que le vide ne se comble pas mais que le sac à sottise laisse toujours une un grand espace vide que remplit de sottises le Benêt Sublimo 

Et il n'est pas à une ânerie près.

Aujourd'hui il a choppé la maladie et il n'ira pas au Liban mettre de l'ordre au pays du cèdre mais je ne doute pas qu'il puisse réunir dans une visio conférence les Maronites, les Grecs cathos et orthos, les Arméniens orthos et cathos, les Chaldéens cathos, les Sunnites, les Chiites, les Alaouites et les Chrétiens qui sont soit Latins soit Protestants. Bon, tous ne pourront pas participer les uns par mauvaise volonté, ''Bof, encore celui-là", ou du fait de la faiblesse de leurs effectifs et de leur représentativité. Je me réjouis à l'avance du succès qu'aura cette généreuse et fabuleuse intervention que mon imagination a mise en place pour conclure ce carnet qui ne saurait conclure en même temps le en marche des pataugeages… 

Les lecteurs ne trouveront pas l'annexe d'usage car le Naïf pense que ceux qui seraient intéressés n'auront aucune difficulté à le trouver dans le journal de référence.

Un indice: son titre.  Un référendum pour ajouter le climat à l'article premier de constitution ?  Inutile ou dangereux.  Je conseille de lire tous les papiers de cet expert en intelligence et en connaissance. 

17 décembre 2020

 

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13 décembre 2020

Pataugeage dans le Marais des lois Annexe 2

                                                                                                                                                                                                                                                                                          Un vieux proverbe que je tiens des Kikuyus qui le tenaient de leurs ancêtres qui l'avaient entendu murmurer par le vent dans les brumes de la montagne : Qui sème la sottise récolte la bêtise.

Le traducteur quelle que soit sa connaissance du kikuyu hésite sur le choix des mots dans la langue de Molière ; le lexique est riche : Stupidité, ineptie, non-sens, crétinerie  ou plus populaire jobardise et le couteau suisse de la chose, connerie. J'écarte les adjectifs substantivés, comme dirait une figure célèbre du monde des idées, maboulitude, cinglitude, frappéitude, dinguitutude et j'en oublie.

Le lecteur peut d'ailleurs choisir deux de ces termes, à son gré et conserver à la traduction qui est proposée ici tout son sens. 

Donc, si le benêt qui est assis dans le fauteuil d'un président de la République du chaos choisit pour des raisons de pure errance dans sa sottitude-solitude, autant dire sans raisons fait une connerie et pose une question conne à des gens "pris avec soin au hasard" et il récolte un paquet de conneries.

Au demeurant, aucun hasard dans ces désignations qui reposent sur le volontariat. Considérant le thème de la convention, la roue du hasard tourne jusqu'au prochain écolo fervent qui se sent imparti enfin d'une mission salvatrice et qui se félicite de ce nouveau forum. 

Soyons sérieux.

Peut-on imaginer une plus flagrante démonstration d'une perte totale de volonté politique à la tête de l'état que cette façon de procéder alors qu'on sait que cette assemblée composée d'écologistes convaincus  ne peut in fine que refléter les opinions et plus encore les croyances de ces personnes "convaincues" qui constituent le groupe ; si vous posez la question à un groupe vous obtiendrez l'expression du groupe avec formulation bureaucratique venant transformer les propositions des Yakas et des Faukons en réglementations nouvelles et en une litanie d'interdictions. 

À la différence du vide absolu de la chouette sans-tête, volatile aux cent "le temps est venu" on trouve dans les propositions yakafaukons des choses de sens commun (yaka) l'isolation des logements, dossier sur la table depuis une éternité, des idées logiques sur le bétonnage encombrées de mesures irréalistes ; mais aussi  de la sottise franche sur la façon qu'on les français de se nourrir, de se déplacer assorti d'une ultime recommandation sur la création d'un crime d'écocide dans le cadres de… Word refuse d'aller plus loin et Windows m'avise que je passe les bornes de la décence citoyenne.

Il ne manque que quelques injonctions sur la manière d'honorer les dames en limitant ses émissions  de…GES.

Je m'égare car mon propos n'est pas de faire une critique complète de ce tissu de lieux communs écolo-bobo et de mesures coercitives, critique que les personnes concernées (tout le monde) ne manqueront pas de formuler. Les pétitions surgissent et la classe politique réagira  en attendant de voir comment la chose floppera.

Revenons ensemble au point de départ en partant du rappel d'une vérité oubliée ou escamotée.

Dénis 

        En dépit des excellentes intentions affichées en 2014, les principaux producteurs et consommateurs d’énergie à l’échelle mondiale ne modifient en rien leur comportement. Bien au contraire ces pays ont renforcé leur capacité de production et n’infléchissent pas sensiblement leur croissance dans un objectif de réduction de leur consommation. Les États-Unis dénoncent les accords et la Chine fait comme bon lui semble dans une politique d’expansion dont on ne perçoit pas qu’elle amorce quelque réduction de consommation énergétique que ce soit.

Ces deux pays représentent à eux seuls la moitié de la production-consommation d’énergie mondiale.

Quant au restant du monde, rien ne permet de penser que MM Erdogan, Poutine, MBS et autres Bolsonaro partagent la vision verte des rédacteurs de la Loi de 2015.

Le gouvernement nie cette réalité géopolitique.

 La France contribue pour 0.7 % à la production globale d’énergie dans le monde (en gros la chaleur de la fission atomique des réacteurs nucléaires) et pour 1 % à la consommation mondiale de cette énergie produite par les achats de pétrole, de produits raffinés et de gaz pour un montant variant d’une cinquantaine à une centaine de milliards d’Euros au hasard des fluctuations du baril. Des inflexions (transitions ?) dans ces chiffres se traduiraient à l’échelle mondiale en des variations au niveau du pour mille au niveau mondial.

 Le gouvernement nie cette autre réalité géopolitique.

La France, confrontée au problème mondial du réchauffement climatique est un spectateur, au mieux un témoin et comme toutes les nations une victime

Et la conclusion

Le concept de « transition écologique » et la lecture faite par nos gouvernements de ce concept  reposent sur un fantasme, sur des dénis, sur une croyance sectaire et sur une arrogance historique dont la fondation est érodée depuis le début du 19ème siècle.

Ces textes, bleu et rouge, sont extraits  d'un papier du 20 février 2019 dont je recommande la lecture ou la relecture : Loi de transition énergétique

Les mêmes prémisses concernent également l'Europe avec des chiffres proportionnels à la population et l'influence marginale de  trois nuances : le nucléaire et la houille blanche de la France, le lignite de Mme Merkel et un quelque pour cents de charbon polonais.

Mon premier point:

Il est vide de sens de poser une question sur un problème qui nous concerne mais sur lequel nous n'avons aucune action possible ni en terme de production, ni en terme de consommation.

Vouloir faire des économies de consommation relève du sens commun et des simulacres de consultation populaires ne risquent pas de modifier le comportement de la population sur des sujets qui paraissent simples à des esprits simples, mais qui sont étroitement imbriqués dans le tissu industriel, agricole et commercial au niveau national et du commerce extérieur. L'application d'une proposition simpliste a des répercussions à l'amont et à l'aval sur l'ensemble de ce tissu dont la prise en compte dépasse largement le cadre de cette consultation ; et avec le plus grand respect pour le CESE sa compétence dans les deux sens du terme.

Cette remarque devrait figurer dans les prémisses précédentes. Je la colore.

Quant au CESE* si sa compétence n'est pas à mettre en cause il n'est pas évident qu'il soit réellement neutre politiquement, en oubliant par charité le remarquable travail d'un ancien président sur le projet de réforme des retraites.

*Conseil économique, social et environnemental

La vraie question:

 J'ai élu un Président de la République pour qu'il définisse les grandes orientations de la politique du pays au premier chef sur les sujets dits régaliens et non pas pour qu'il s'occupe avec d'autres ados à des jeux de rôle dans la cour de récré.

J'ai élu des représentants Députés et Sénateurs aux deux Chambres qui sont notre parlement.

Ils sont légitimes à me représenter. 

Le Président choisit un Premier Ministre qui met en place un Gouvernement, lesquels sont légitimes à agir en mon nom.

Les canaux pour exprimer mes désaccords sont multiples et vont jusqu'à la mise en question de la validité d'un texte de loi devant le Conseil Constitutionnel. La presse joue un rôle important dans l'expression des critiques. 

J'en conclus que lorsque le Président s'interroge sur la validité d'une réflexion qu'il conduit sur quelque sujet que ce soit il est légitime qu'il consulte les experts ou des groupes de citoyens tirés à la courte-paille et qu'il consulte accessoirement les Ministres du Gouvernement et le Premier d'entre eux. Il peut de la sorte, si sa maturité intellectuelle et sa connaissance du vaste monde rendent la démarche possible, concevoir une ligne politique dont il confiera la mise en œuvre à son Premier Ministre qui utilisera les moyens dont il dispose pour définir les actions nécessaires dans un premier temps et les mettre en œuvre ensuite. Dans tous les cas, aller devant l'Assemblée Nationale et exposer les termes de la politique de l'État, en débattre s'il le juge utile puis agir par décret, ordonnance et projet de loi. L'application de l'article 49.3 ne devrait pas constituer un mode habituel et traduit une forme d'instabilité politique.

J'en conclue que la lettre de mission comme j'en ai eu connaissance fait table rase de la majeure partie du travail … des représentants que j'ai élu, qu'accessoirement je paye. D'ailleurs comme ceux du CESE que je n'ai pas élus.

Je cite dans le texte du rapport de cette Convention.

Ces citoyens s’informent, débattent et prépareront des projets de loi sur l’ensemble des questions relatives aux moyens de lutter contre le changement climatique….

et le Président de la République s’est engagé à ce que ces propositions législatives et réglementaires soient soumises “sans filtre” soit à référendum, soit au vote du parlement, soit à application réglementaire directe.

Mais je ne trouve pas trace d'un document de Matignon mentionnant les engagements de Macron le Benêt. Je chercherai mieux.

J'en conclus que Philippe à la demande de Macron a instruit le Président du CESE (Conseil Économique Social et Environnemental…) de bien vouloir…  et qu'il attendait des recommandations pour en faire bon usage.

J'admets que le Philippe, les Ministres et les parlementaires comprennent la démarche présidentielle et y souscrivent. Philippe, sans doute aussi parce qu'il n'y attache pas d'importance: il laisse Macron jouer à la récré.

Les mâchoires du  piège à sottises écologiques se sont refermées sur les pattes du Benêt et je n'imagine pas comment il pourra se libérer sans accroître, si faire se peut, son discrédit auprès d'une assez large fraction de son électorat de centre droit pour laquelle il est passé depuis quelque temps déjà au rang des "par défaut" ; et "en même temps" satisfaire les écolos conventionnés, censés représenter la population et désormais installés et qui ne manqueront pas de s'organiser pour former une nouvelle force du "progrès" et de la décroissance.

Je n'oublie pas que toute maladresse nourrit les rangs du Rassemblement National de la prudente Marine.

Il va probablement tenter la pirouette du référendum QCM qui conduira à l'inévitable et hélas prévisible fiasco-chaos.

Nous en reparlerons.

Peut-être, la chaine légale d'exercice du pouvoir aura-t-elle réagi pour que l'idée de ce type de consultation ne devienne pas un procédé autorisant Macron à refuser constamment l'exercice du pouvoir quand il devient difficile de le faire. Nous ne sommes plus dans les années Mitterand lorsqu'il y avait encore des forces vives à dilapider et des illusions à dispenser.

Et depuis Notre Dame des Landes et Fessenheim le nombre des cailloux dans sa chaussure et de Léornarda ne cesse de croitre.

Je crains que nous soyons à l'os et que toute perturbation nouvelle soit cause de désordres et de violences.

Comme je ne voudrais pas décevoir les rares lecteurs de ces carnets :

Je souhaite qu'un jour, un instant avant la fin de son mandat, Macron prenne connaissance de la loi Nome et de la PPE qui suit son petit bonhomme de chemin et qu'il se souvienne qu'il est à 94 % propriétaire d'EDF au nom des citoyens, laquelle si ma mémoire est bonne n'appartient pas à la Commission Européenne.

S'il cherche des outils de décroissance, il sera servi et le plein est fait depuis longtemps.

Aux coûts de la Convention Citoyenne, sûrement "un pognon de dingue", il ajoutera ceux de la gabegie et du désastre des éoliennes.

  1. Epargnons les discussions sur l'emploi de "à" dans l'expression "légitime à me représenter". Si un lecteur préfère "légitime pour"… qu'il fasse le changement lui-même. 

24 juin 2020

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Pataugeage dans le Marais des lois

 

Ils ont l'embarras du choix. De quoi s'agit-il ? Des lois de la République, celles qui vont s'empiler dans le foutoir qu'est devenu l'État du Droit, objet législatif pas très identifié et très éloigné de l'idéal lui aussi sans définition, l'État de Droit. Communément on utilise ce vocable pour marquer la différence avec les dictatures et autres régimes autoritaires où la justice si la notion existe encore n'est qu'un instrument répressif de l'état.

Au cher et vieux pays les lois sont conçues et mises en forme par le gouvernement ou par un parlementaire puis présentées aux Chambres pour examen pour formuler les amendements jugés nécessaires suivant des mécanismes précis, longs et plutôt complexes, en tout cas comme on les perçoit ici dans ce carnet.  cf Éoliennes et autoritarisme 28 novembre 2020

L'adoption soumise à l'agrément des deux chambres avec une nouvelle panoplie de lecture, relecture, commission est enfin promulguée par le Président de la République qui peut relancer la machine à faire de la loi et consulter le Conseil Constitutionnel.

On publie au JO ensuite on attend les nécessaires décrets d'application qui viennent ou pas ou jamais.

Les lecteurs de ces carnets savent ces choses. Le préambule précédent sert d'abord à éclairer la lanterne de l'auteur naïf insuffisamment informé.

Mais il a aussi de surcroit visité les aires où naissent les décrets, les arrêtés et les règlements, volatiles de moindre envergure.  Leurs envols sont également complexes mais font intervenir moins de personnages ou instances.

C'est à ce point de la réflexion que se pose la question des raisons qui conduisent le personnel politique à proposer des lois alors qu'ils disposent d'instruments plus souples pour atteindre l'objectif visé.  

Est-ce un travers permanent propre à notre République ou une particularité de notre époque ou l'expression de l'amateurisme et de l'incompétence foncière des personnes qui jouent avec les lois comme des enfants dans une cours de récréation. Le lecteur en décidera.

Moi, je dis que tous ces gens pataugent et produisent des lois inutiles et parfois nuisibles comme un exemple en cours l'illustre. Toutes sont bâclées et demande réécriture et in fine remise en question de la manière de résoudre le problème abordé.

La loi sécurité provoque les désordres dont nous observons le déroulement et que les barbotages Castex-Darmanin alimente quotidiennement essentiellement sur l'article 24 qui offre particulièrement le flan à la critique car dans la rédaction comme dans son esprit il est clairement liberticide et de mon de vue rigoureusement inapplicable. De surcroit toutes les pratiques d'examen d'un texte législatif sont ignorées, bafouées de dix manières par tous les étages du gouvernement et des instances incompétentes dans les deux sens du terme. Le Sénat se fâche et le benêt en chef se réveille.     Tout porte à croire qu'il n'avait pas perçu les conséquences d'un texte inapproprié pour dire le moins.     C'est le privilège du Président de barboter en dernier en affirmant qu'il ne faut pas barboter car c'est salissant.     Et tout porte à croire que ce petit monde pliera les gaules dans le ridicule et la confusion et oubliera les quelques victimes, même pas une demi-douzaine, petits joueurs, des désordres qu'ils ont provoqués.

Je ne pense pas que l'ensemble des électeurs partage cette désinvolture.  

Au moment où je termine ce carnet il en va autrement : la loi est maintenue avec son article contesté et contestable, amendé et amendable et les désordres ne cessent pas.

 

Inutile de revenir sur les inepties inscrites dans toutes les lois et leurs développements réglementaires relatives à l'énergie et au nucléaire.

Une grande partie de ces carnets les a couvertes et en a analyser les conséquences, des gilets jaunes aux aberrantes éoliennes et multiples facéties de la transition machin sans oublier, quoique totalement hors la loi mais relevant d'un fait du prince, le crime contre la Nation de la fermeture de Fessenheim. Pourtant il ne faut pas oublier la fameuse Programmation pluriannuelle de l'énergie (2019-2028) dont le projet devenu vague sur l'avenir du parc nucléaire est entièrement orienté vers le traitements des combustibles en fin d'exploitation et les émissions de GES dans les différentes phases de la vie des réacteurs. Quant au décret du 21 avril dernier il ne mentionne plus le nucléaire car la mode est à l'hydrogène et à la distribution électrique… des voitures du même métal. Mais dans le PPE en cours l'histoire des 50 % de nucléaire en je ne sais plus quand avec fermeture  d'un nombre correspondant de réacteur, je ne sais plus combien. Ce que je sais est que comme on disait : plus con que ça tu meurs.

Il serait tentant de revenir sur la réforme des retraites mais en comparant assez attentivement, triste et consternant travail, les deux textes je n'y trouve pas des différences sans doute du fait que mon attention n'a pas été assez attentive. Je reste donc sur mon texte et annexes de février dernier. 

cf  Dis Papa, c'est quoi la retraite et  Annexes  12 et 15 février 2020

Les mêmes causes produisant les mêmes effets nul doute que de représenter à nouveau le texte son rejet sera demandé par les mêmes foules qu'en décembre dernier.

Pour les lecteurs passionnés par le sujet il est recommandé de lire le rapport Delevoye de juillet 2019 et d'oublier le texte de loi.

Sautant du coq à l'âne et l'expression prend toute sa signification mais les âneries s'élucubrant de plus en plus vite je suis bien contraint d'introduire du temps réel comme on dit pour différencier le présent du passé et du futur ce qui me conduit à suggérer que les grammaires modernes remplacent le temps présent par le temps réel.

Mais je m'égare.

Notre Âne en chef, donc est maintenant pris à partie par la convention citoyenne "aux 150 propositions" asinantes qu'il s'était engagé, croix de bois, croix de fer si je mens je vais en enfer, à satisfaire avec très peu de rejets. Il venait d'ouvrir les mâchoires du piège tout en laissant la convention poursuivre son existence écolodécroissante.

Aujourd'hui les conventionnels viennent aux résultats et l'Âne en chef les envoie chez plumeau et leur dit tout de go que leurs propositions ne sont que des machins irréalisables. C'est le go qui leur reste dans le gosier car ils sont de surcroit de fins étymologistes.

Tout ce scénario à l'exception de cet épisode récent le Naïf l'avait écrit dans un carnet qu'il invite les lecteurs à relire et sur lequel sauf faute d'orthographe dissimulée il ne changerait rien.

cf  Qui sème la Sottise récolte la Bêtise du 24 juin 2020

Comme cela ne me coûte que quelques clics je remets cet excellent carnet en annexe (2), prévoyant la paresse des lecteurs.

 Reprenons les perles législatives récentes actées ou en cours d'examen si le mot a encore un sens. La plus belles des enfilées sur le collier nous en devons la présentation à un groupe d'élus socialistes dont les noms importent peu entrainant tous les socialistes de l'assemblée. On trouve Olivier Faure qui considère sans doute que cela contribuera au rassemblement qu'il souhaite. Le projet d'une loi est déposé en octobre 2019, il s'agit de légiférer sur ce qu'on qualifiera de crime ou de délit selon l'humeur de l'instant d'Écocide. Surprise, Éco, la maison comprenons environnement et cide dérivé du latin parricidia et de tous les autres cides que l'homme commet comme il se mouche.

Le crime d'écocide est défini par une action concertée, des dommages étendus, irréversibles et irréparables à un écosystème et la commission de ces faits "en connaissance des conséquences qui allaient en résulter et ne pouvaient être ignorées"

Nous sommes fixés mais il faut aller assez avant dans le projet pour découvrir cette définition.

Ensuit le projet est l'inventaire des pénalités infligées aux contrevenants en commençant par la peine globale L’écocide est réprimé de vingt années de réclusion criminelle et de cinq millions d’euros d’amende ou, dans le cas d’une entreprise, de 20 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’exercice précédent.

Bigre, bougre, c'est du lourd.

Imaginons la fable d'une secte de personnages cagoulés nourrissant, concertés, le noir dessein de trucider, d'immoler Gaia allongée nue sur un autel  dédié aux sacrifices, acte qui serait par nature l'ultime écocide.     Le dommage serait irréparable et les cagoulés peuvent aisément en mesurer les conséquences.    Ils encourent par leur geste la disparition capitale.

Quittons la fable pour évoquer les dirigeants de l'usine dont le fonctionnement émet du gaz carbonique qui ne peut se récupérer (cimenteries, aciéries…) et qui commettent ce forfait de façon concertée ; le dommage est irréversible et le cimentier ne peut en ignorer les effets car comme vous et moi il se nourrit des prévisions du Giec qui depuis plus de trente nous informe de l'augmentation des GES dans notre atmosphère. Il est donc passible de…   Comme le seront les exploitants des carrières approvisionnant le cimentier et le fournisseur du fuel alimentant le four rotatif où se fabrique…. Comme le seront des entreprises qui construisent un joli barrage en béton pour gratter nos derniers électrons et qui seront en dépit de l'écocide qu'elles commettent seront bien plus verts que ceux des panneaux solaires, bidules qui à défaut de produire de l'électricité fabriquent de la dette et du déficit commercial. Comme le seront tous les acteurs du monde réel par opposition à un monde imaginé et simplifié par des élus socialistes et verdissants.

Depuis les consommateurs via les distributeurs, les fabricants, les transporteurs jusqu'aux derniers mineurs et foreurs qui pillent les ressources de la terre, tout ça parce que c'est ce que nous attendons de ce tissus d'écocidaires. 

J'invite le lecteur à lire l'article d'Edouard Tétreau

Un autre projet de loi qui barbote depuis juin dernier à l'Assemblée qui l'adoptera le 18 décembre quelques jours après avoir reçu l'examen du Sénat du 11 décembre.    Diable on barbote au pas de course.

Le Naïf n'a jamais réfléchi au sujet de l'adoption mais ma première et seule réaction est que chaque adoption pose un choix qu'on ne saurait faire entrer dans un tableau des cas possibles.    L'adoption satisfait le désir d'enfant de personnes formant famille qui en sont privés par incapacité physiologique ou qui souhaitent agrandir leur famille en reconnaissance du nombre immense d'enfants abandonnés dans le monde.    On ne peut pas jouer pour faire moderne avec le "formant famille" en abaissant les âges ou les délais ce que les commentateurs remarquentLe Naïf en avait assez d'aller lui aussi dans le marécage. 

J'arrête car je m'égarerais et pataugerais

13 décembre 2020

 

Annexe 1


Édouard Tétreau: «Le coup de grâce pour l’économie du pays? La création d’un délit d’“écocide”»

Il ne manquait plus que ça: le gouvernement veut appliquer la préconisation de la Convention citoyenne pour le climat visant à instituer un délit d’«écocide» dans le code pénal

«Nous avons tout à notre portée: ne manquent plus que la volonté politique et le sens des priorités» Edouard Tétreau    29/11/2020

 

Saint-Louis, Colbert et Tocqueville, revenez, ils sont devenus fous! La France, qui a pu dans le passé glorifier l’équité et la justice, l’esprit d’entreprise et l’industrie, l’équilibre et la liberté, est en train de tourner le dos à ses valeurs cardinales, pour embrasser le pire. Voilà huit jours, le ministre de la Justice et la ministre de l’Environnement ont annoncé la nouvelle priorité législative du gouvernement pour le début de l’année prochaine: la création d’un délit d’«écocide». Balayés, les décapitations et attentats islamistes sur tout le territoire, des écoles aux églises. Ignorée, l’explosion de la détresse sociale que mesurent quotidiennement les associations caritatives. Oublié, l’effondrement de l’économie française en 2020, l’un des plus spectaculaires au monde (- 9,5% de PIB, quand l’Allemagne et la Suède font - 5,8% et - 3,8% avec beaucoup moins de morts liées au Covid).

Non, ce qui compte aujourd’hui, c’est de traquer, punir et emprisonner toutes celles et ceux qui auront, même de façon non intentionnelle, «mis en danger l’environnement» que la pollution ait eu lieu ou non. Ce qui fait tout de même beaucoup de monde.

Faut-il ajouter un délit automatique pour les 40 millions d’automobilistes en France? Combien de mois derrière les barreaux pour un dirigeant de PME manufacturière, un chef de chantier dans l’exercice de leurs activités présumées polluantes? La sanction doit-elle être inférieure ou supérieure à celle d’un éleveur de vaches charolaises, ces méchantes productrices de méthane générant des gaz à effets de serre de façon massive et non intentionnelle?

Parler d’«écocide» trahit une personnification de la nature, ce registre est plus religieux que scientifique»

La précision et l’étendue des peines prévues ne font pas sourire: de trois à dix ans d’emprisonnement, de 375.000 euros à 4,5 millions d’euros, selon l’intentionnalité de votre délit, et le caractère irréversible des dommages causés à l’environnement. La justice ordinaire, civile ou pénale, pourtant si scandaleusement démunie en termes d’effectifs et de moyens, est priée de faire place à la justice du futur: la justice verte. Éric Dupond-Moretti prévoit déjà des tribunaux d’exception : un tribunal spécialisé dans l’environnement dans chaque cour d’appel, au civil et au pénal. Et un «FBI eco-friendly»: des officiers de police judiciaire attachés aux inspecteurs de l’environnement.

Quel entrepreneur, quels actionnaires seraient assez fous pour maintenir ou développer demain une activité manufacturière en France, avec une telle insécurité juridique pour eux-mêmes?

Avis aux chefs d’entreprise, pour lesquels l’arsenal juridique actuel prévoit déjà 60 incriminations pénales spécifiques: vous avez aimé l’inspection du travail? Vous adorerez la police verte de l’environnement. Une future police suréquipée, d’autant plus investie de ses nouveaux pouvoirs qu’elle aura l’opinion médiatique avec elle. Contrairement à la vraie police qui, sauf dérives ou instructions inadaptées, nous protège des vrais dangers immédiats de l’époque, avec des moyens insuffisants et dans l’opprobre médiatique.

Un «écocide» peut en cacher un autre. Cette loi aura un impact microscopique pour notre planète: la France contribue pour à peine 0,9% des émissions mondiales de CO2, soit quinze fois moins que les États-Unis et trente fois moins que la Chine, ces pays n’ayant aucunement l’intention de tuer leur économie. Car c’est bien de cet «écocide»-là dont il est question.

Dévastée par ses déficits publics (11% du PIB en 2020), handicapée par son chômage structurel et sa dette excessive (120% du PIB), l’économie française se relèvera du choc et de la pitoyable gestion sanitaire du coronavirus, mais difficilement et dans la durée. La création d’un tel délit, en revanche, l’achèverait.

La préservation de l’environnement mérite mieux qu’un comité de salut public bio

Quel entrepreneur, quels actionnaires seraient assez fous pour maintenir ou développer demain une activité manufacturière en France, avec une telle insécurité juridique pour eux-mêmes? Au-delà de la lettre de cette loi restant à écrire, c’est bien l’esprit punitif de cette écologie à la mode 1793 qui fait courir un risque trop élevé à ces investisseurs et industriels. Et, partant de là, aux 4,6 millions d’emplois industriels en France - dont 463.000 sont déjà menacés de disparition d’ici à 2022 (étude de l’UIMM).

Nous avons tout à notre portée: ne manquent plus que la volonté politique et le sens des priorités. Si nous avons été capables de dépenser 34 milliards d’euros pour financer le chômage partiel, et 19 milliards pour le fonds de solidarité des PME et indépendants, nous devons être capables d’investir au moins 50 milliards dans la création de cette filière d’avenir durable. Des taxes vertes intelligentes - par exemple
sur les avions traversant ou utilisant notre espace aérien, comme sur les poids lourds rentrant en France - pourront contribuer au financement, sans tout attendre des plans ambitieux mais lointains de Bruxelles.

Au lieu de faire perdre son temps à un ministre de la Justice déjà
débordé par les urgences du moment (justice délabrée, lutte contre l’islamisme), la ministre de l’Écologie devrait se rapprocher du ministre de l’Économie, pour préparer ensemble les solutions industrielles, concrètes, qui nous permettront de relever le défi écologique.

La préservation de l’environnement mérite mieux qu’un comité de salut public bio.

 

 

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30 novembre 2020

Concours de bêtises

Il est fréquent que je rebondisse sur un article qui m'a semblé traduire certaines de mes idées sur un sujet que je n'aurais pas autrement considéré puis abordé. Ici, il apparait en annexe, comme d'habitude…Ce carnet fut entamé le 24 de ce mois et lorsque j'y reviens 10 jours plus tard le flot normatif devenu crue m'emporte et je ne peux plus nager assez vite pour suivre ce courant. Et je n'aborderai donc pas vraiment ce sujet, et d'abord quel sujet ?

Dans l'actualité, la liste est longue et il convient de faire des choix.

Un des plus rigolos : une "jauge" de trente fidèles par lieu de culte, j'allais écrire établissement. Ainsi on peut entasser 30 fidèles-objets du culte dans une chapelle de campagne à condition de…mais le même nombre dans la cathédrale d'Amiens.

Un des plus tristes mais rigolo quand même : l'organisation en vrac, c'est le cas de le dire d'une compét entre petits commerçants de produits alimentaires et grandes surfaces qui vendent tout.

Un des plus consternant : les protocoles à la pelle, en veux-tu en voilà, 4 m2, non 8 m2, masque à la maternelle, non quand même, faut pas pousser, mais en primaire obligado, c'est dans ces classes que s'élabore la citoyenneté; enfin un peu jeune pour les caricatures de qui vous savez.

En fait, j'arrête car la liste s'allonge et à la façon d'une plante qui n'en finit pas de fournir de nouvelles fleurs –de bêtise- souvent d'ailleurs en continuation d'une sottise existante. Ainsi sur la "jauge" des lieux de culte on s'enferre, persiste et signe, pendant je ne sais plus quel temps perdu, et de messes dans la rue et il faut que je ne sais quelle instance du monde catholique recourt au Conseil d'État pour qu'enfin le sous-benêt Castex réalise (ou pas) sa sottise et obtempère. Cette histoire est tellement navrante et tellement révélatrice. Dire que Castex énarque comme il se doit nous est présenté comme un modèle de bon sens.   

Une assez bonne et un peu rigolote : Une préconisation du célèbre Delfraissy suivant en cela Castex,encore lui, sur les sorties d'école, est qu'il serait judicieux qu'au repas de Noël papi et mamie mangent leur buche à la cuisine et sans doute le reste du repas. Manier l'irrespect et la sottise à ce niveau relève du grand art.

Sujet cher à mon cœur la décision de fermeture des stations de sports d''hiver et sujet délicat car s'y trouvent mêlés ski-espace-plein air et vie ordinaire (restaurants) et vie nocturne. Les restaurants, il est possible de trouver en journée des solutions par beau temps mais la vie nocturne doit se plier aux restrictions réglementaires ; puis il faut en informer la clientèle et les saisonniers. Pas assez simple car il est encore plus simple (simplet) de fermer tout. Pourquoi se cailler le lait à réfléchir sur ce qu'on édicte. Scrogneugneu. Mais je suis sûr que le sous-benêt alerté par les professionnels prendra les bonnes décisions. Peut-être.  

Et tant d'autres encore !

En fait, j'arrête puisque mon propos n'était en réalité* que de présenter l'article de Julia de Funès.

Bonne lecture et pardonnez ma paresse.

 *de nos jours on dit "effectivement", en dessous de 4 par phrase on ressent un manque.

 30 novembre 2020

 

Julia de Funès: La lutte contre le Covid a déchaîné la pulsion légalomaniaque française      24/11/2020

Cette année nous aura particulièrement montré à quel point l’administration de notre pays, elle aussi, tue. Tue l’intelligence humaine, tue l’ambition de notre pays, tue notre pouvoir d’agir, tout en permettant aux deux fléaux meurtriers les plus actuels de prospérer. L’islamisme radical est à combattre dans un cadre constitutionnel empêchant d’y mettre efficacement fin. Un virus est à endiguer mais des procédures trop longues le laissent se propager durant des mois. La bureaucratie mêlée à la légalomanie paralyse notre pays assujetti à ses normes et à ses lois davantage qu’elles ne le renforcent et qu’elles n’autonomisent la société civile.

L’obsession législative s’inquiète que nos moindres gestes ne soient prévus quelque part, dans un alinéa, une jurisprudence, un décret, une commission, une mise à l’étude, un projet de loi, une élaboration, une proposition, une décision, un appendice! Ce syndrome maniaco-procédurier, cette pulsion légalomaniaque sont amplifiés par la victimisation galopante exigeant la pénalisation de tout ce qui la menace afin de calmer le sentiment de persécution dont elle se dit la proie. Lorsque des individus n’ont plus d’autre solution pour se sentir être que de se condenser dans des groupes identitaires, et trouvent un semblant de vie à travers un légalisme punitif qu’ils ne cessent de réclamer, un mot juste devient une insulte, une critique un amalgame, une offense un préjudice.

La bureaucratie s’occupe davantage des normes que des lois. Elle vise à purger l’homme de l’humain, à remplacer le vivant parfois incontrôlable par de la sécurisation programmée dans toutes les sphères possibles: protocole médical, sanitaire, sécuritaire, procédures administratives, etc. Ces protocoles n’ont rien de légal ou d’illégal, tout en étant obligatoires.

Le but est un contrôle des comportements et un fonctionnement sans hasard des esprits. Si gagner en temps et en organisation est le prétexte invoqué de la bureaucratisation, l’effet s’avère souvent inverse à ces ambitions: perte de temps considérable, organisation désastreuse, automatismes débilitants qui transforment les esprits en ectoplasmes et les poussent à se satisfaire d’une situation dans laquelle ils n’ont pas à prendre de risque. À croire que les routes seront peu à peu plus fréquentables sans voiture, la plage sans la mer, la mer sans les vagues, les causes sans conséquences.

Notre trop-plein administratif a peur du vide normatif, cette zone grise et floue qui risquerait de laisser passer encore un peu d’inorganisation, de hasard, et finalement de vie dans nos comportements. Ce grand cirque précautionniste déambule sous les acclamations de cervelles fébriles mais satisfaites de leur bonne conscience, légitimant les ingérences de ces normes au nom de la sécurité et de la précaution. Aussi, l’hyperlégislation et l’inflation bureaucratique sont des pathologies sournoises car elles s’appliquent au nom du bien. Le mal qui leur est lié perd l’attribut par lequel on le reconnaît généralement, celui de la transgression. L’esprit borné reste englué dans ses manières de faire, dans ses mécanismes, dans ses automatismes ritualisés au point de juger qu’ils sont les seuls possibles et légitimes.

Leurs effets secondaires sont pourtant redoutables. Une restriction de liberté démocratique au nom d’un légalisme égalitariste victimaire. Une carence d’intelligence, dont seul le discernement permet de jouer avec les aléas, les contingences, et de comprendre qu’il y a parfois moins de risque à en prendre un qu’à ne pas en prendre du tout. Une perte d’autonomie et de pouvoir d’action, grâce auxquels nous sommes des personnes, des adultes, des êtres responsables, des sujets, et notre pays une nation plus active que réactive, plus entrepreneuse que peureuse. Sortir de ce formol bureaucratique ne signifie pas remettre en cause systématiquement et bêtement les règlements. C’est penser ce que l’on est censé (faire) appliquer et n’agir que si l’action fait sens.

On s’inquiète de l’intelligence artificielle qui rivaliserait avec l’intelligence humaine. Plus inquiétante encore est l’intelligence humaine qui s’artificialise très vite dès lors qu’elle applique pour appliquer, en faisant des procédures le sommet des priorités au détriment du sens et de l’urgence des situations.

 

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29 novembre 2020

Éoliennes et Autoritarisme

 

Encore un article qui me fait non pas rebondir ce qui voudrait dire que j'ajoute une graine de naïveté, mais véritablement bondir. Comme je le fais souvent l'article en question est annexé. Et comme je le fais souvent j'en profite pour enfourcher mon cheval favori : la France et le changement climatique. On parle ici des recours contre des projets d'éoliennes en mer comme nous l'explique si bien Mme Négroni.

Les opposants à ces projets sont maintenant d'en l'impossibilité d'exercer le moindre recours.

En cherchant les coupables on découvre qu'avec la plus grande candeur Mme  Pompili nous dit : Ce qu’on souhaite tous, c’est ne pas passer notre vie avec des procédures qui sont beaucoup trop longues» et Mme Panier-Runacher précise, pour qu'on comprenne bien : Les nouvelles règles permettront de «diminuer la phase de recours qui bloque les projets sur plusieurs années».

De fait les nouvelles règles suppriment toute possibilité de recours et les associations le constatant espèrent que ces nouvelles règles pourront être remises en cause par le biais d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), déposée à l’occasion d’une prochaine affaire, devant les juges.

C'est beau l'écologie et l'idéologie au sein du gouvernement.

Il est sans doute nécessaire de raccourcir des délais excessifs sans relation avec l'importance d'un projet de parc éoliens. Il est certain que ces bazars à terre ou sur l'eau sont des nuisances et que les rejets d'opinion que suscite leur implantation sont légitimes et légitimes sont les expressions de mécontentement. Mais les mécontents  ne sont en rien comptables de la complexité des mécanismes qui leur permettent de le faire, ni des délais qui en résultent qui ne font qu'illustrer le fonctionnement de l'administration et de la justice de notre pays. Ce que n'acceptent pas Dames P et P-R qui donc s'en affranchissent autoritairement obligeant de ce fait les mécontents à recourir à la Question Prioritaire de Constitutionnalité.

Cependant les opposants ne considérant que les nuisances écologiques passent à côté d'une autre raison de mener ce combat. L'absurdité de ce projet et de tous les projets d'éoliennes –et de panneaux voltaïques- tient au fait qu'ils sont des contributeurs au déficit commercial, qu'ils ne produisent que de faibles quantités d'une électricité trop coûteuse dont EDF n'a nul besoin et qui importune le réseau. 

Je précise:

Je crois avoir déjà dit dans de nombreux carnets les multiples stupidités empilées et additionnées sur ce sujet.

Les facteurs de charge des éoliennes sont au maximum de 23/24 % à terre et pourrait atteindre ce que je ne crois qu'à moitié 38 %,  30/32 me paraissant plus probable. Les turbines sont espagnoles et Siemens Gamesa est le maitre d'œuvre.

Le chiffre de 100/120 Euros/MWh est un objectif que se fixe les constructeurs mais ils sont tous très éloignés de cet objectif et donc des 50 E/MWh d'EDF. 33 E/MWh coût d'exploitation

La gestion du réseau est compliquée par les inévitables et imprévisibles intermittences climatiques, absence ou excès de vent.

La stupidité suivante est que sous réserve qu'EDF puisse normalement faire son travail de producteur national d'électricité la production aléatoire des éoliennes n'est en rien nécessaire et la faire passer de 2.5 %  à …quoi, 5 % pour satisfaire les politiques antinucléaires qui imprègnent à tous les niveaux les responsables politiques et leurs séides "technico-technocrates" est vide de sens et débouche sur…

La stupidité ultime : la PPE (Programmation Pluriannuelle l'Énergie) issue d'une loi loufoque conduisant à des programmes loufoques puis à des champs d'éoliennes loufoques, inutiles, hors de prix et tout à fait nuisibles.

Et l'inévitable rappel. Dans le domaine du changement climatique, la France est un témoin,  une victime mais en rien un acteur.

En revenant après cette digression au sujet des recours impossibles. Ce qu'il faut retenir de cette attitude du gouvernement et des ministres est qu'il parait licite de s'affranchir autoritairement des lois et des règlements sur des sujets de leur choix qui de plus sont inutiles et nuisibles. Car là est bien le fond du problème : sur quoi repose la conviction de Dames Pompili et Panier-Runacher qu'il est vital de précipiter autoritairement et arbitrairement la mise en œuvre de projets stupides issus de lois stupides ?

Je n'y vois que de la bêtise et de l'abus d'un pouvoir confié par un benêt incompétent à des ministres incompétentes qui confondent autorité et autoritarisme. 

Mais cette dérive autoritariste se manifeste aujourd'hui dans bien d'autres domaines et semble remplacer la forme usuelle de l'autorité qui est devenu le privilège de notre benêt en chef.

Il est bien dommage qu'elle ne soit pas exprimée à NDDL et sur Fessenheim où ont transpirés légèreté et déjà! incompétence.

 28 novembre 2020

 

Éolien en mer: la loi qui bride les recours

Pour enrayer l’explosion des litiges, elle fait du Conseil d’État l’unique guichet en cas de contestation, suscitant un tollé. Angélique Négroni     le 25/11/2020

 

Seule une éolienne flottante est en service depuis 2018, au large du Croisic, en Loire-Atlantique. À ce jour, aucun des sept parcs offshore décidés par la France n’est en activité. © Joncheray / Andia.fr/©

 

«C’est une mesure scandaleuse qui restreint les droits des citoyens!», s’emporte Emmanuel Vrignaud, à la tête d’une association qui lutte contre l’un des projets d’éoliennes en mer. Cette colère, que partagent d’autres structures associatives mais aussi plusieurs avocats, est causée par les futurs moyens de contester devant la justice les parcs d’éoliennes développés au large de nos côtes. Figurant dans la loi d’accélération et de simplification de l’action publique (Asap), votée le mois dernier, une nouvelle disposition prévoit en effet de retirer un nouvel échelon de juridiction. Un de plus.

Alors que, déjà, le tribunal administratif, premier niveau habituel de recours, avait été sorti de cette procédure en 2016, le deuxième étage va l’être aussi. La cour administrative d’appel de Nantes, qui était jusqu’alors seule compétente pour traiter de ce lourd contentieux va, à son tour, passer à la trappe. Ne restera plus que le Conseil d’État, seule porte d’entrée pour introduire un recours. La plus haute juridiction sera donc seule à juger de tous ces litiges pour lesquels il n’y aura plus possibilité de saisir une autre cour en cas de désaccord avec le jugement rendu.

La procédure d’appel disparaît

Cette procédure rabotée au maximum signe la fin de toute possibilité d’appel, au grand dam des antiéolien. Mais aussi de ceux qui, sans être aveuglément vent debout contre ces solutions en mer, peuvent critiquer de futurs parcs en raison de leur emplacement, de leur ampleur… Habitant de Réville, dans la Manche, Éloi Asseline, qui suit avec attention les futurs projets au large des côtes normandes, fait partie de ceux-là. «Je suis favorable aux énergies renouvelables mais cela ne doit pas se faire au détriment de la faune marine, des paysages, de notre patrimoine ou encore de la pêche», énumère-t-il, en dénonçant le double jeu de l’État. En organisant des débats plus larges avec la population autour de ces aménagements - comme ce fut le cas cet été pour un quatrième parc concernant sa région -, il donne en effet l’impression de vouloir mieux écouter ses administrés. «En réalité, il organise l’impuissance des citoyens à contester ses choix», accuse Éloi Asseline.

De son côté, le gouvernement assume la mise en œuvre de ces nouvelles règles. «Ce qu’on souhaite tous, c’est ne pas passer notre vie avec des procédures qui sont beaucoup trop longues», a ainsi déclaré mi-novembre la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. S’exprimant sur le sujet à l’Assemblée nationale en septembre dernier, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, a, quant à elle, déclaré: «La France se flatte d’avoir le deuxième domaine maritime du monde. Nous sommes extrêmement en retard sur l’éolien marin.» Les nouvelles règles permettront, selon elle, de «diminuer la phase de recours qui bloque les projets sur plusieurs années». D’ailleurs, à ce jour, aucun des sept parcs offshore décidés par la France n’est en activité. Seule une éolienne flottante est en service depuis 2018 au large du Croisic, en Loire-Atlantique. Mais, d’ici quelques années, changement de décor annoncé: le gouvernement veut, en effet, accélérer le déploiement en mer et la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) donne priorité au développement des énergies marines renouvelables. «Un projet devra être retenu chaque année jusqu’en 2028», s’inquiète Emmanuel Vrignaud. C’est afin que cette ambitieuse feuille de route s’applique sans entrave que l’État a, selon lui, préparé le terrain en limitant les voies de recours.

 «Je suis profondément choqué en tant que citoyen et en tant qu’avocat par cette mesure», indique pour sa part Denis de La Burgade, avocat au Conseil d’État. Agissant au côté d’associations luttant contre les éoliennes et défendant aussi de simples citoyens démunis face à des projets gigantesques, ce dernier estime que l’État aurait pu procéder autrement pour limiter la durée des batailles juridiques. «Il aurait pu imposer des délais légaux pour ces procédures», dit-il. Les antiéolien espèrent que ces nouvelles règles pourront être remises en cause par le biais d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), déposée à l’occasion d’une prochaine affaire, devant les juges.

 

 

 

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