Le Naïf dans le Monde

19 août 2019

Question de taille

 

Pour l’homme de notre époque et de notre pays, il est de son immanence (1) qu’il soit libre fut-ce en conflit avec les instincts grégaires qui ont permis et construit Sapiens.

Rien dans son existence -la vie qu’il a le droit de mener- ne doit entraver cette liberté et il s’oppose d’entrée de vie aux contraintes physiques, matérielles, économiques, sociales du groupe, groupe auquel il doit tout.

En groupe important où il côtoiera des individus de multiples sensibilités, il souffre des rigueurs du grand nombre, desquelles naissent le despotisme ou le conformisme consensuel et impuissant qu’on appelle démocratie. (2)

Alors il assouvit son besoin de protection et d’appartenance en se réfugiant dans des groupes plus homogènes, simples idéologiquement et restreints par construction.

Il trouve alors le  confort dans ces  groupes. Il trouve ou retrouve (3) ce qui était jadis le sens de la famille, comme dans l’équipe sportive, la confrérie professionnelle (anciens-élèves-de (4), syndicat) ou même une cause à défendre dans l’instant (Manifs en tout genre).

Il peut dans ces petits groupes jouer un rôle qu’il ne peut pas envisager dans un cadre plus large dont l’ampleur du champ d’action et la compétition des ambitieux des Partis (5) excluent l’amateurisme.

 

Plus lui plait la Secte que l’Église. (6)

Hors de la secte, il retombe dans la foule.

  

1. Ah ! Le plaisir des mots. Ça roule sous la langue.

2. C’est le vocable utilisé pour qualifier les oligarchies molles par opposition aux oligarchies dures qu’on appelle maintenant (pour la rime) des démocratures.

3. Question d’âge.

4. L’ENA, par exemple, sans prononcer déjà le mot secte.

5. Le Parti Politique séduit s’il joue ce jeu et dans une première phase séduit par son apparente liberté. On en a un exemple récent. C’est aussi le succès du Rond-Point des Gilets Jaunes.

6. C’est la recette de l’Islam. Point d’Église, mosaïque de sectes à l’ombre d’un texte à lire comme on veut.

 

19 août 2019

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Le Gagnant est …. le Principe de Précaution

  

On reparle de Notre Dame de Paris.

Le chantier de consolidation de la structure de NDDP va reprendre après un mois d’interruption. Il semble que le problème de la contamination par le plomb du toit ait été sous-estimé dans l’emballement des premières réactions : on se souvient, la course à qui donnera le plus de sous pour... avant que n'apparaissent les à-condition-que…. puis les oublis purs et simples. Mais les cinq ans du Divin Enfant tout de symboles vêtu, qui pourrait les oublier ?

Le plomb sous toutes ses formes, respirable, ingérable et buvable, collant comme du scotch, met en danger les ouvriers du chantier qui sont pourtant revêtus de ces combinaisons protectrices, armure du travailleur nucléaire, bête humaine de notre époque.

Comme dans tous les cas d’intoxications seuls des lavages (lavements ?) permettent de résoudre la  situation ingérable de ce plomb ingérable.* On fait aussi vite que le permet la réglementation du travail.

L’opération aura duré un mois. Il est temps qu’elle se termine car notre Édifice-symbole catho-touristico-national s’émiette par le haut. Des pierres tombent et ce danger accroit le risque couru par les travailleurs qui continueront de dégager l’intérieur de l’édifice ou qui en vérifie toujours la stabilité.          *On ne se lasse pas des facéties de notre langue.

Les commentaires fleurissent à nouveau et le catalogue de  tout ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire s’allonge de nouvelles suggestions. Il  serait fastidieux d’en dresser la liste. Mais on peut cependant citer l’idée émise de reconstruire NDPP comme un spectacle de longue durée, façon Ken Follet, vie du Moyen-âge et Disneytruc, dont les profits touristiques contribueraient pendant des dizaines d’années au financement du chantier-théâtre. L’ange de Reims en sourit d’aise.

Les responsables, les experts et les commentateurs se livrent en permanence à un jeu de l’oie de « qui fait quoi-qui fait quoi » expression qui reflète euphoniquement le volatil qui « coche les cases » d’un parcours fait de pièges successifs dont il sort par la parole du dé et le jeu du hasard.

Les instances concernées sont, là encore, tellement nombreuses « qu’il serait fastidieux d’en dresser la liste » et chacune émet des messages, des avis et mène les actions qui  sont immédiatement de son ressort. C’est leur façon de jouer.

Dans ces participants beaucoup se considèrent comme le patron du job comme dirait Trump. Le Ministre, le Général désigné, le Directeur de ceci et de cela et tel ou tel ancien responsable qui, oublieux(se) du vent de l’histoire pense qu’il-elle pourra rejouer le rôle de sa vie.

La confusion règne et le Divin Enfant devrait entre deux réformes fondamentales descendre de l’Olympe pour faire un peu de ménage et affirmer à nouveau que 5 ans, c’est le deal comme dirait Trump. On ne voudrait pas que la cathédrale suive le chemin du grand et beau mur…

L’optimisme –qui n’est pas chez le Naïf une tendance lourde- fera considérer que ce travail titanesque n’est pas à un mois près et qu’il vaut mieux prendre toutes les Précautions afin que…

Youpee, comme on dit au pays des Trump, le mot a été lâché. Le voile se déchire et une première manche du jeu a révélé son gagnant.

Et le vainqueur est … le Code du Travail. Il est le Verbe de la Précaution, absolument. Comment lui résister alors qu’il est armé des armes les plus puissantes en termes de textes règlementaires en matière d’horaire, de pénibilité, de sécurité… En fait, l’Inspection du Travail régit tout mouvement sur le chantier, sur tout chantier ; convenablement utilisé elle pourrait même, en toute simplicité, arrêter tout mouvement.

L’édifice s’éboule (nous dit-on) mais le plomb passe avant car il est plus simple et plus rassurant d’appliquer une réglementation que de mettre en adéquation une urgence et un risque en formulant et en acceptant ce risque pour satisfaire cette urgence.

Les pierres tombent : il n’est plus question de s’approcher des zones dangereuses…  Et puis, il fait bien chaud en ces mois d’été et de vacances.   On n’en  est pas au stade de l’échelle des cueilleurs de pommes mais la tentation est là.

Comparaison ici, est déraison.  Cependant comment ne pas évoquer les accidents nucléaires lors desquels l’impossible devait être et a été réalisé, au prix de mille sacrifices.

Déraison car NDDP n’est pas Tchernobyl et même si elle risque  de se casser la binette, notre Cathédrale ne provoquera pas une catastrophe nucléaire. Mais alors, faut-il en faire une icône de la Nation ? Et que vaut l’icône de la Nation dont on observe avec Précaution le possible écroulement ?

Le Naïf, comme l’inspecteur Bourrel des premiers âges de la télé, celui dont la première série a coïncidé exactement avec les vies présidentielles du Général et de Pompidou, se gratte le chef et profère le célèbre et certainement oublié : Bon Dieu…mais c’est bien sûr !

La réponse à la lancinante question de savoir qui dirige la reconstruction de Notre Dame, est là devant nous, limpide, cristalline. Elle est même inscrite dans la Constitution.

Le Patron de la Reconstruction est, roulements de tambours : Le Principe de Précaution.

La Fontaine aurait écrit une fable qu’il aurait intitulé : Les Animaux Malades de la Peur. Hélas, il n’avait pas notre Notre Dame à se mettre sous la  plume.

18 août 2019 

Aide-mémoire pour Naïfs : Charte de l’Environnement et Principe de Précaution.

En février 2005, le Parlement réuni en Congrès a inscrit dans la Constitution la Charte de l'environnement, installant par là même le principe de précaution (art. 5) au niveau le plus élevé de la hiérarchie des normes juridiques …

« Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution, et dans leurs domaines d'attribution, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »   Wiki

On aurait pu dire :

En face du danger, en mesurer la proximité, ne pas prendre de risque et s’en éloigner s’il le faut.

 

 

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13 août 2019

PMA et GPA, tout le tralala et le Don du Sang dans tout ça

 

Delsol parle de rouleau compresseur. Houellebecq nous a déjà vaccinés contre la Soumission. Cependant les belles âmes ont besoin de piqures de rappel car le mal progresse. (1)

Il s’agit, dans l’opinion du bon peuple et en particulier du bon peuple de Marcheurs de l’Assemblée Nationale, des progrès du progressisme dit « sociétal ». C’est le Droit à l’Enfant qui requiert dans l’instant leur attention. La chose avance par sigles interposés, PMA, GPA et d’autres sans doute.

L’individu-roi n’a pas à se laisser enfermer dans le carcan social puisqu’il bénéficie des avantages de la vie en société et que celle-ci l’exonère des contraintes qui en seraient le prix.

Il est libre dans la forêt des Droits.

Il y distingue des Droits De qui côtoient des Droits À, les deux variétés contribuant par leur mélange à l’agrément de la forêt. Les belles âmes s’y promènent dans un désordre charmant, semant dans les clairières les fleurs de la discorde et du désordre.

La République a inscrit dans ses textes fondateurs (modifiés 24 fois) des Droits, fondamentaux par définition et imprescriptibles. Mais rien n’empêcherait un Président, pour des raisons de politiques de lui connues, d’ajouter un nouveau Droit jusqu’alors piétiné parce que mal reconnu : le Droit à l’Enfant ! (2)

Au premier stade, il y  a le Désir d’Enfant. Savoir si ce besoin-désir est gravé dans la construction de Sapiens ou seulement inscrit comme le résultat de quelques millénaires d’imprégnation chrétienne est hors de ce propos. On ne pourrait répondre à cette question qu’en faisant de la paléo sociologie.

L’État ainsi que les Assemblées et le Gouvernement qui provisoirement l’incarnent nous disent d’une  même voix que nous réclamons ce Droit à l’Enfant comme un Droit Fondamental et que le reconnaître  constituera une avancée décisive dans la  marche du progrès. Il est devenu urgent de légiférer sur ce sujet. L’inscription au texte constitutionnel est au bord des lèvres. Les citoyens et citoyennes souffrent de ce désir d’enfant et rêvent d’enfant. (3)

La première réponse est une question : que faire des dizaines de millions d’enfants sans parents ou abandonnés qui errent dans le monde ?

L’adoption, pour les meilleurs raisons du monde, est devenue un processus long, coûteux et complexe qui écarte beaucoup de candidat(e)s en attente. On peut le regretter.

Les progrès de de la science autorisent maintenant de voir ce problème, approvisionner un enfant, se fournir en enfant, sous un autre jour.

Il suffit de cesser de considérer que le corps humain représente une entité autonome, individu bien identifié en société et accessoirement agrémenté d’attributs transcendants (âme, esprit et autre prolongements de diverses fables) pour en faire ce qu’il est en réalité : une machine biologique. Prélever des pièces détachées devient alors une évidence et ce n’est pas le marché de la pièce détachée, neuve ou d’occase qui  dira le contraire. Tant qu’il y a de la demande…

Progrès encore : le marché se structure. L’acheteur (le client souffrant du désir de…) peut choisir les pièces de l’assemblage qu’il a « dans l’idée » de réaliser.

Les ingrédients :

Une pièce Papa : le sperme. L’étagère de l’Oscaro du sperme se présente sous la forme de petits bazars entubés conservés à très basse température. Comme dans tout produit de grande distribution il est important de garantir la provenance et la fraicheur du produit (4)

Une pièce Maman : moins facile à démonter car il faut opérer mais les cliniques s’équipent pour que ce démontage  se fasse aisément. Stockage de même nature que celui du principe Papa.

Un atelier d’assemblage : de nombreuses possibilités s’offrent au client en fonction des options qu’il a choisies initialement, principalement en fonction des pièces dont il dispose lui-même.

Ventre enregistré et labélisé, épousé qui sait ?

Ventre du marché, identifié de préférence, local ou d’importation, assuré social ou non…

Ventre artificiel (comme l’intelligence) qui consiste en une marmite de liquide approprié, alimentés en substances appropriées. Le liquide comme les substances pourront être de synthèse ou provenir elles-aussi du marché  de la  pièce. Ces procédés sont encore au stade expérimental.

Ce marché permet au client la plus grande flexibilité.

Il permet à des personnes en souffrance de satisfaire leur besoin, d’exercer leur Droit sans avoir à subir le moindre des désagréments associés aux procédés traditionnels devenus périmés. (5)

Le client peut être de n’importe quel sexe ou ne pas en avoir. Son âge importe peu mais il est essentiel qu’il ait les moyens de supporter les coûts afférents à la fabrication de l’enfant. Il faut également souhaiter qu’il ait de surcroit les moyens d’élever l’enfant. Heureusement l’État, généreusement mettra « la main à la poche » car tout aura été fait pour que ces travaux rentrent dans le cadre de la protection sociale dont nous avons toutes les raisons d’être fiers.

Si le marché s’organise il sera possible d’envisager des achats groupés donnant lieu à des réductions sensibles.

 

Ensuite, pour l’acheteur comme pour le producteur traditionnel se jouera  la grande loterie du Hasard et de la Nécessité.

Et ce, quelles que soit le soin apporté par le concepteur du projet dans la sélection des ingrédients. (6)

 

Il faut noter que n’est pas abordé, ni même évoqué le problème de la Médecine et de la Chirurgie toujours en quête d’organes susceptibles de… Cette quête connait, elle aussi la pression du marché mais en parler ici éloignerait du propos. Cependant cela en fournira la conclusion : le Don de Sang.

 

Ce long préambule fait suite à une intéressante et instructive conversation avec une amie de longue date à qui je faisais part des questions que je me pose sur le sujet du Don de Sang. 

Je lui disais mon étonnement : Tous les 36 du mois fleurissent les avis de Centres de ceci et de cela chargés d’organiser les collectes de sang qui sont, comme chacun le sait, nécessairement bénévoles et gratuites. Ce principe est sacré car s’il n’était pas respecté nous connaitrions dans ce domaine tous les excès que la création d’un marché génère. Mais la demande excède toujours l’offre. Pénurie, il y a.

J’ajoutais : D’ailleurs cette gratuité n’est-elle pas d’abord pour certains la promesse d’un petit repas gratuit ? Puis je m’excusais de cette supposition, preuve de ma mauvaise foi, ce d’autant plus que cette amie me dit avoir régulièrement contribue à ces collectes et que je ne peux la suspecter d’avoir couru après le sandwich.

Je lui disais : Ce marché, si marché le Don devient, est des plus facile à organiser et à contrôler… Les Qui, Quand, Comment, Combien de ces prélèvements de sang ne sont pas des problèmes pour un État capable de toutes les prouesses administratives de prélèvements en tout genre. (7)

Je luis disais : Remarquable pudeur du Législateur qui ne peut rémunérer l’achat d’un sang dont il ne peut garantir l’approvisionnement qu’au prix de jongleries constamment  renouvelées alors qu’il met en chantier, délibérément et sans état d’’âme, une législation dont on sait qu’elle conduira dans le domaine de la chosification du corps humain à des pratiques lesquelles, c’est la loi du marché, conduiront à de véritables excès.

Je lui disais : le Don du Sang rémunéré ou gratuit est peut-être déjà devenu un article du marché international des matières premières de la médecine et de la chirurgie. On n’en parle pas mais je ne suis pas convaincu que, tel un rein qui se déplace en courant d’air d’Inde vers un acheteur impatient ayant dûment acquitté la somme voulu, transport compris, le sang ne franchisse pas, lui aussi, les frontières venant de pays moins pudiques en ces matières.

J’ajoute : Bon, j’exagère et je crois qu’on peut faire confiance au sérieux de notre système de santé dont, on ne le dira jamais assez, nous pouvons être fiers. Les principes seront respectés, au moins pour le sang et pour le reste, pour le rouleau compresseur des sigles empilés, pour la complète chosification, il faudra encore pour quelque temps que le bricoleur d’enfant s’approvisionne dans le vaste monde.

On dit qu’Amazon se penche sur la question.

 

  1. Excellent article de Chantal Delsol, Le Figaro du 2 août, joint en annexe. Le lecteur peut ne pas partager la conclusion optimiste de Mme Delsol et penser qu’au contraire le courant ne s’arrêtera que dans le chaos. Et Chantal ne semble pas apprécier la puissance du marché : elle ne voit que la force du « Progrès »comme moteur du phénomène. Quand le Naïf cite un article et vous l’impose en annexe, cela signifie d’abord qu’il aurait aimé avoir le talent de l’écrire. C’est de l’envie, quoi ! Quant à la soumission de Mister H., elle vient d’ailleurs mais les symptomatiques se ressemblent : maladies jumelles ?
  2. Suite aux 24 révisions constitutionnelles qui ont lieu sous la Cinquième République, des 92 articles originaux de la constitution promulguée en 1958, il ne reste plus que 30 articles qui demeurent inchangés et le texte constitutionnel compte actuellement 108 articles ; ce qui fait que le texte constitutionnel actuel diffère sensiblement de celui de 1958, l'évolution la plus notable sur le fond portant sur la modalité de l'élection du président de la République et l'instauration du quinquennat. Wiki
  3. Oublions les coupeurs de cheveux qui vont parler hors de propos du Droit de l’Enfant ? Ils n’ont pas complétement tort ; seulement allons à l’urgence. Il faut « faire » l’enfant d’abord. Pour les droits on verra plus tard avec les Droits des autres espèces, veaux, vaches, cochons, couvées…
  4. Les procédures applicables au yaourt devraient guider les spermeurs.
  5. On dit maintenant obsolètes, du lat. obsoletus, part. passé adj. de obsolescere  «tomber en désuétude, sortir de l'usage»  Cnrtl . Le mot était vieilli en français ou réservé à des domaines particuliers. Il n’est redevenu courant qu’à la façon d’un anglicisme…j’allais dire à la faveur d’un…
  6. Merveilleuse convergence des sens sur un mot.
  7. Le lecteur me saura gré de lui avoir réservé pour les notes l’inévitable allusion au Don Paisible. Quant aux prouesses administratives, elles coulent de l’État comme l’eau coule dans le Don.

 
13 août 2019

 

Chantal Delsol  Le Figaro  2 août 2019

 On a l’impression d’un énorme rouleau compresseur. Ceux qui se sont opposés au pacs sous le gouvernement de Lionel Jospin non seulement ont été débordés et marginalisés, mais se sont vus imposer dix ans plus tard le mariage entre deux personnes de même sexe. Face à cette loi, ils se sont mobilisés comme jamais: des manifestations monstres, dont le pouvoir a eu beaucoup de mal à minimiser l’ampleur. Or, la loi Taubira a pourtant été adoptée. La suite logique est la PMA: nous y sommes, et nul doute que rien ne l’empêchera. Nous aurons ensuite la GPA, au nom de l’égalité et de la non-discrimination. Viendront un peu après, qui peut encore en douter?, les catalogues d’enfants à choisir sur mesure, c’est-à-dire l’eugénisme. Mais cette fois programmés non par un État totalitaire mais par la volonté individuelle, donc légitimés de ce fait.

Chaque fois, les défenseurs de la loi adoptée jurent sur l’honneur qu’ils n’iront pas plus loin: mais l’expérience nous montre qu’ils vont au contraire toujours plus loin, et qu’à chaque fois la loi suivante est bien prévisible. L’extraordinaire est le caractère irrésistible du processus, au nom de ce qu’on appelle le progrès, soit d’une amélioration dans le sens de la liberté individuelle. Nous avons l’impression que rien ne peut arrêter ce processus, que ledit progrès est comme une roue crantée qui jamais ne retourne en arrière. D’où l’abattement des conservateurs, et plus encore des réactionnaires, qui ressentent vivement l’inutilité d’une opposition à ce mouvement irrésistible. Le caractère irréfrénable de l’avancée émancipatrice effrayait déjà les conservateurs du XIXe siècle, et leur sentiment d’inutilité face à ce qu’ils considéraient comme un péril toujours croissant, les désespérait jusqu’au nihilisme, comme Antoine Compagnon l’a bien montré dans ses ouvrages.

Le café du commerce dit qu’on n’arrête pas le progrès. La phrase est ironique et elle ne veut pas dire grand-chose: le progrès pour aller où? Et comment expliquer cette espèce de fatalité qui fait que les opposants à ces lois progressistes sont toujours perdants, quoi qu’il arrive? Il est possible que l’histoire humaine avance inéluctablement vers toujours plus d’individualisme et donc de liberté individuelle. Le passage très lent et millénaire du holisme à l’individualisme et, chez les pays holistes qui restent, l’attirance indubitable pour l’individualisme occidental, est là pour le démontrer. Qu’on lise par exemple les romans du Turc Orhan Pamuk pour y trouver la description inoubliable de ce mélange d’envie, de mépris, de fascination, que les Turcs musulmans restés holistes ressentent pour la liberté individuelle occidentale.

Pourtant, le processus «fatal» que nous observons aujourd’hui n’est pas spécifique à l’Occident: nanti d’autres contenus, il peut se reconnaître avant et ailleurs. Quand une société dans sa grande majorité se voit habitée par un principe sacré, une religion ou une idéologie jugée absolument vraie qu’il s’agit d’appliquer coûte que coûte et aussitôt, elle est entraînée fanatiquement vers cette application, sans distance ni mesure. Nous avons affaire alors à un processus aveugle et irrésistible parce que porté par des mentalités à tendance religieuse. C’est une sorte d’entraînement qui pousse une société à courir dans un seul sens, ivre de pureté, en se radicalisant de plus en plus. Certains pays musulmans d’aujourd’hui édictent des lois et mesures qui vont toujours vers davantage d’interdictions et moins de libertés - ainsi en allait la Florence de Savonarole. La radicalisation de la terreur révolutionnaire, sous Robespierre ou sous Pol Pot, s’abîmait dans le vertige de l’égalité par le crime qu’elle multipliait jusqu’à l’ivresse et toujours plus. Ainsi l’histoire de toute société connaît-elle des processus qui peuvent paraître inéluctables et ressembler de loin au destin grec, à la divine providence ou à l’Esprit de Hegel, dans leur apparente inéluctabilité, parce qu’ils concrétisent jusqu’à la folie des passions idéologiques. 

La modernité occidentale veut la liberté individuelle et elle la veut entière, sans limitation d’aucune sorte sinon la liberté du voisin - ce que signifie l’adage «Ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre». La liberté individuelle n’est en rien limitée par sa propre responsabilité ni par aucune barrière extérieure (anthropologique, politique, économique, familiale). Elle s’envole jusqu’au territoire de l’autre et ne se pose aucune question. D’où les lois sociétales: tout est possible si mon désir le veut. La modernité occidentale s’est entièrement affranchie de l’éthique fondatrice, chrétienne, qui par exemple se demanderait si la liberté individuelle doit poser la question de sa responsabilité de produire des enfants sans père. Elle n’est pas privée d’éthique, mais elle a ressaisi le paganisme immémorial pour lequel l’éthique répond seulement aux nécessités sociales et certainement pas à la responsabilité d’une «personne», concept spécifiquement chrétien. C’est pourquoi, dans cet esprit, Marlène Schiappa peut dire que «rien éthiquement ne s’oppose à la PMA». L’effacement de la chrétienté, qui a commencé au XVIIIe siècle, en arrive aujourd’hui à son terme: l’éthique chrétienne, qui avait irradié ce continent pendant deux millénaires, n’a plus voix au chapitre.

Il est d’ailleurs probable que la montée des populismes dans l’Occident tout entier exprime la volonté de s’opposer ici ou là à ce progressisme compris comme un destin. On voit dans l’Amérique de Trump des tentatives de limiter les droits à l’IVG - ce qui déclenche des indignations véhémentes chez les progressistes, car aller contre le «progrès» est considéré comme une faute morale.

On a envie de poser la question: comment ce genre d’affaire se termine-t-elle? Probablement par une sorte de dégoût de l’excès, qui finit par saisir même les plus fanatiques. Il est probable qu’un jour, après avoir fait beaucoup de dégâts et cassé beaucoup de choses précieuses, nous serons excédés de ces bacchanales individualistes où se perd la simple mesure du bon sens.

 

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08 août 2019

Belzebuth volant

Que voulez-vous : je suis accro à Greta ! Addiction avouée, à moitié pardonnée, il y a plus grave par exemple le besoin irrépressible de la manifestation du Samedi après-midi. Je parle de Greta comme si je lui adressais le reproche d’être ce qu’elle est. Il n’en est rien. Mon énervement concerne les tas de benêts qui sous étiquette verte diffusent à longueur de média des fadaises sur les très sérieux sujets de l’économie de l’énergie et des économies d’énergie. Je prends la décision, si j’évoque Greta à nouveau de laisser paraître la tendresse que j’éprouverais sans doute si je la rencontrais, car après tout il est difficile de ne pas s’inquiéter pour elle.

 

Greta réfléchit. Il est d’ailleurs rare qu’elle ne réfléchisse pas car le sauvetage de la planète ne se fera que dans une action mûrement réfléchie.

Elle vient d’apprendre qu’un certain Monsieur au nom de cirque a traversé la Manche en une vingtaine de minutes posé comme une idole inclinée sur un petit socle noir qu’il emporte  afin de s’ériger à nouveau en statue, son voyage initiatique terminé... Elle se dit qu’un de ses prédécesseurs qui marchait sur les flots aurait sans doute mis cinq à six heures pour faire ce trajet, en gros équivalent à un petit marathon. (1)

Greta se tient au courant et lit la presse. Tout ce qu’elle sait ne vient pas uniquement des commandements  de la Déesse Écologie.

C’est donc avec une surprise peinée qu’elle découvre dans la presse que la petite boite de l’homme volant est en réalité une machine. Seul un esprit malin a pu ainsi permettre une telle profanation. L’homme volant est le diable en personne.

La Déesse doit l’aider dans ces circonstances et guider sa parole sinon son action.

Pour ajouter à l’infamie la machine brule cette huile de pierre qui, chacun le sait, est la cause de tous nos maux terrestres. Elle marche « au » kérosène. (2)

Et pas qu’un peu : ces mêmes plumitifs lui disent qu’il faut environ 5 kilos de ce produit de l’enfer par minute de vol. Zapata, c’est son nom, emporte le combustible dans sa besace de pèlerin sous la forme d’un sac à dos de 50 kilos. Il peut donc faire la moitié de la traversée avant d’être contraint d’endosser un nouveau sac réservoir en s’arrêtant brièvement sur un bateau. 

Démoniaque.

Grâce soit rendue à la déesse, nombreux sont les croyants qui ont senti le soufre du péché (3) et ont fait entendre le verbe :

De kéro, pour sur l’eau faire le beau, point ne brulera.

Le Zapata ne veut pas compromettre toutes ses chances d’être admis au paradis des Âmes Écolos et promet d’utiliser un kéro vert, entièrement produit avec de l’huile de…colza, entièrement française et entièrement agréable à la Commission Européenne. (4)

Greta est aux États-Unis. Elle a été invitée (avec ses parents ?) par les nombreux organismes qui, puisant une force accrue dans son verbe, défendent la cause ou plutôt remplissent la Mission.

C’est donc sous la bannière étoilée qu’elle poursuit sa réflexion zapatounesque dont elle nous fera part prochainement. Il est regrettable qu’elle n’ait pas rencontré le Président pour évoquer avec lui le problème du kérosène infâme.

Allez en paix, mes frères.

  1. Moïse, plus avisé ou ne sachant pas marcher sur les flots aurait choisi l’ouverture de la mer comme Jéhovah le lui avait déjà prescrit. L’expérience n’a pas de prix et marcher à pied sec requiert moins d’habileté que marcher sur l’eau.
  2. Il faut défendre notre belle langue et nous ne pouvons qu’être surpris, comme Greta l’est sans doute, qu’un mot directement emprunté à l’anglais connaisse un tel usage. Enfin, en suédois ?
  3. Le kéro de Zapata a sans nul doute été correctement raffiné. Total s’y engage.
  4. Pour Zapata, cuvée spéciale sans huile de palme. Total s’y engage.

7 août 2019

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07 août 2019

Valeurs Républicaines et Déesse Éco perdus en mer.

L’image du char de l’État est périmée. Elle a déjà servi : Le char de l’État (2016) et Révélation et ornières (Mai 2019). Passons au Vaisseau de la Nation et regardons la foule qui constitue la cargaison et l’équipage de notre vaisseau. En commençant cette fablounette l’idée fut de partir de la place du village. Puis, changement de cap (déjà) et passage à l’image du bateau. Une esquive sur le troisième groupe qui ne fait pas foule puis attaque ad personam sur le Divin Enfant, attaque déloyale car il n’a pas la moindre chance de se défendre dans le cadre des propos du Naïf.  Évidemment comme à l’habitude, on sort ensuite de l’image par une pirouette et les inévitables questions. À noter que Greta, la petite sainte n’est pas mentionnée : il faut savoir résister aux addictions.

Bref, ce papier est lui aussi un peu à la godille. Heureusement il est bref. Mais il a été écrit, et cochon qui s’en dédit.

 

Valeurs Républicaines et Déesse Éco perdus en mer.

 

Une foule s’est rassemblée sur la place de la mairie. À jet de pierre, en face de l’église une autre foule. Les individus circulent entre ces foules et peuvent indifféremment se mêler à leurs concerts.

On y tient, dans l’une et dans l’autre des propos passionnés exprimant dans les deux cas des convictions profondément ancrées comme autant de professions de foi et de manifestations d’obédience.

Ce sont des rassemblements de croyants. La ferveur les habite. 

 

En face de l’église (ou bien est-ce un temple ?) sont les adorateurs de la Déesse Écologie. Leur tâche est  immense : c’est une Mission. Ils doivent sauver la Terre que les forces du capitalisme et d’un progrès dévoyé conduisent en ce moment même à l’état de planète morte.  Leur diagnostic est juste. Leur cause est indiscutable.        

Leurs préoccupations qu’ils espèrent traduire en  actions sont multiples car toute forme de vie est concernée par la destruction anthropique. Toute activité est néfaste et perturbe les équilibres naturels.

Mais leur foi est immense. La mesure en est donnée : ils recommandent une modification des façons de consommer, de ne pas consommer, de produire, de ne pas produire et même de se reproduire. Ils souhaitent que leurs préconisations soient imposées à tous car il n’y a plus un instant à perdre. On ne peut exclure qu’il faille contraindre le peuple à marcher droit.

Les adorateurs de la Déesse sont dans la Foi absolue et aucune réalité du monde qu’ils vont sauver ne peut entamer leurs convictions. Un contradicteur doit être brulé vif, lapidé, décapité et son corps jeté aux vautours de la pensée scientifique.

En somme, pour sauver le monde il faut en ignorer l’existence et inventer dans un curieux contresens une gnose sans connaissance.

 

Sur la place de la mairie sont réunis les Dévots des Valeurs.

S’y entendent dans la confusion les mots de la devise républicaine, Liberté, Égalité, Fraternité ainsi que bien d’autres vocables Droit (Droit à…), État de Droit (à bien distinguer de l’état du droit), Libéralisme, République, Morale républicaine, Séparation des Pouvoirs, Montesquieu, Tocqueville et même Renan, Nation, Communauté (à respecter ou à intégrer/assimiler), Rôle de l’État (toujours à accroître ou à limiter). Se glissent aussi dans cette cacophonie des expressions moins consensuelles : Patrimoine culturel, Respect de l’histoire et des traditions, Terroirs, Provinces, Frontières et Laïcité (Loi de… à conserver précieusement ou à refondre pour l’adapter aux exigences…). Et Système Représentatif, Référendum-à-tout-va, pour un oui, pour un non, c’est le cas de le dire… Contrôle des Élus, Décentralisation et bien d’autres choses encore.

Les Dévots des Valeurs peinent à définir les fondements d’une religion car ils sont dans un domaine dans lequel les mots ont déjà beaucoup servi et sont donc très usagés ; domaine encombré de multiples oppositions toujours imparfaitement résolues. On y patauge plus dans la majuscule que dans le contenu ou la définition.

Les Dévots des Valeurs sont dans la recherche d’une doctrine unificatrice qui permettrait enfin de définir une véritable mystique de ce qu’ils appellent « Les Valeurs » et ainsi  établir une vraie religion.

La doctrine ne s’élabore pas, ce qui autorise un usage multicarte du vocable, au-delà des clivages qualifiés de partisans. Gare aux exclusions,  elles sont quasi définitives : un mauvais usage du vocabulaire vous relègue dans le camp des infâmes, des salauds disait-on, du nauséabond dit-on maintenant.

Le point commun à ces deux foules qui se mélangent aisément est leur ignorance des sujets qui organisent le reste du monde, c’est-à-dire le Monde. Dans leur discours pas de problèmes financiers, monétaires, économiques, géopolitiques, pas de construction européenne sinon pour la rejeter. Pas davantage de strict bon sens, équilibre budgétaire, dette, relations internationales. Ils peuvent se réunir pour tenir des propos de café du commerce au bistro du village et échanger autour de verres de blanc leur platitudes entrecroisées.

 

Ces deux foules dans lesquelles on peut circuler librement (à l’exclusion des exclus) fournissent le gros des troupes de nos élus. Ils nous représentent et légifèrent en notre nom.

Il serait vain de chercher un troisième groupe. Les gens qui ont réfléchi sur les multiples problèmes auxquels nous sommes confrontés n’ont plus leur place dans le village. Experts, ingénieurs, scientifiques et savants et même économistes ne seront entendus que s’ils s’inscrivent dans une deux grandes forces et particulièrement si en dépit de leurs connaissances, ils sont aussi des adorateurs de la Déesse.

Pour ces personnages la dévotion aux Valeurs ne traduit pas la même implication que celle des vrais Dévots car leur préoccupations sont l’économie, l’industrie, l’énergie. Cependant il se pourrait que l’annonce des mesures prévues comme des « progrès » dans le domaine Bioéthique n’occasionne quelques cas de conscience et des arbitrages de Valeurs. 

 

Alors :

Dire et redire aux foules que le Monde est plus vaste que la France.

Dire et redire que la France ne peut exister dans ce monde qu’avec une certaine Puissance transformable en Énergie après un certain temps de Travail.

Alors parler dans le vide avec les Adorateurs de la Déesse et des Dévots d’on ne sait pas quoi ?

 

Au-dessus de ce condensé de foules où fleurissent bêtise et ignorance trône un très fragile, bien inexpérimenté et bien isolé Poupon de l’Olympe. Il n’est plus le Divin Enfant mais un Ado en quête de lui-même.

Il est le Capitaine du Vaisseau de l’État. Il se veut en Jupiter Navigator.

Il veut naviguer et a -plus ou moins bien- défini un cap.

La mer est forte, il doit réduire et amener certaines voiles. Il fait de grosses erreurs de navigation en pensant par exemple qu’il est possible de naviguer sans Énergie et sans Travail de l’équipage.

Il écoute quelques sirènes.

Il prend un gros coup de mer, les Gilets sont de sortie,  et depuis….

Il godille, pagaie (comme pagaille) et rame. Il tente de remettre son vaisseau sans équipage sur le cap promis lors de la mise à l’eau.

 

Nous sommes tous embarqués dans le même bateau, comme disait l’expression populaire.

Le vaisseau est-il désemparé ? Est-ce un bateau ivre ?

Question subsidiaire : comment et où chercher l’équipage suivant ?

Car de toute façon nous ne pouvons changer de Capitaine. Le vide des foules n’en offre aucun.

 

En Marche, Camarades.

 

24 juillet 2019

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06 août 2019

Le Bas de Laine à l’envers

 

Il était une fois un royaume dont le Roi était très triste. Certes la beauté de son Royaume n’avait pas d’égale, certes la variété des paysages l’émerveillait et la richesse des terres le réjouissait, certes les montagnes, les fleuves et les forêts étaient pour lui plus précieux que sa couronne sertie de pierres précieuses, certes les paysans, les éleveurs et les vignerons lui donnaient  les meilleurs produits du monde de la terre et cependant son cœur était empli de tristesse.

Car les caisses du Royaume étaient désespérément vides. Le Grand Bas de Laine dans lequel il rangeait les écus, francs, dollars provenant du commerce que faisait le royaume avec les nations voisines était tout plat. Il plongeait son bras au fond du bas sans fonds.

 

Il savait bien confusément que ses sujets ne travaillaient pas suffisamment et que lui, le Roi n’avait su maintenir le souffle et le besoin du labeur et de la création dans une population par lui gâtée au point d’en faire une foule irresponsable. Les enfants du royaume n’avaient plus le goût de l’ouvrage et toute tâche leur paraissait inutile, fatigante et indigne de leur mérite. C’est qu’ils avaient été à l’École du Royaume où depuis le règne de quelqu’ancêtre malavisé les Sbires Éducateurs les avaient conduit à renier leur allégeance au Royaume, leur enseignant que seul leur confort et les loisirs comptaient dans la vie.  Grand nombres des sujets étaient d’ailleurs occupés au fonctionnement pléthorique des administrations du Royaume, lesquelles devenues royaume dans le royaume échappait à son pouvoir et en sclérosaient la machine.

 

Désespéré, il se promène dans la forêt. Il a voulu être seul pour ne plus subir les jérémiades de la Cour qui sans relâche le conseille de Droite et de Gauche pour le plus grand bien des féodalités des courtisans et, disent-ils, du Royaume.

Jadis il courait le cerf sous ces grands arbres mais son cœur n’est plus aux amusements de ces ancêtres et ses Sujets réprouvent ces jeux, s’apitoyant sur le sort des gibiers et des chiens.

Assis sous un grand chêne, comme un sage des pays lointains sous l’arbre à palabre se trouve un vieil homme. Le Roi, respectueux de l’âge et le vieil homme respectueux de la Royauté se saluent respectueusement.

Comme des amis, ils parlent. De la forêt, du Royaume, des Sujets du Royaume et des sujets de préoccupation du Royaume. Le Roi explique de son embarras et se navre. Il dit que son Bas de Laine est et reste désespérément plat et vide.

Le vieil homme réfléchit longuement comme tout grand sage sait le faire en adoptant une attitude de méditation, presque de rêverie nuancée de concentration.

Alors il parle.

Majesté, dans mes longs périples, au cours de mes nombreuses aventures, lors des rencontres fructueuses qui ont enrichi mes voyages il m’a été révélé qu’il existait un objet miraculeux qui faisait disparaître, magie de magicien, phynance à nulle autre pareille, les maux qui  affectent votre Majesté et  le Royaume.

Je suis un très vieil homme et je n’ai guère l’usage de ce précieux talisman qui, je le pense, pourrait aider Votre Majesté à rétablir le bonheur et l’harmonie dans le Royaume. Le bien-être des Sujets de sa Majesté, désir de tout bon Roi en serait encore renforcé. Votre gloire serait éclatante.

Permettez, moi Votre Majesté de vous faire présent de cet objet qui ne ressemble à rien d’autre qu’à un Bas de Laine sans doute assez semblable à celui dont vous déplorez qu’il soit vide et plat (1)

Placez ce Bas dont vous apprécierez la valeur à côté de la platitude du Bas des Finances que vous gardez dans la salle des Décisions du Royaume ; mais de grâce Votre Majesté n’oubliez pas de le retourner car il ne rend hommage et monnaie que lorsqu’il est à l’envers.

Vous pourrez alors, à chaque instant et autant qu’il vous plaira y plonger le bras et en retirer sans compter, sans entrave tout l’argent que vous souhaiterez pour continuer à entretenir le bien-être du Royaume.

Dans le pays où un autre vieil homme d’un autre pays m’a fait cadeau de ce Bas Magique, comme je le fais en cet instant à Votre Majesté, on appelle ce Bas d’un nom étrange dont je ne trouve pas l’équivalant  dans la langue du Bon Sens : on dit le Bas de la Dette.

Les anciens de cet autre pays prétendent que sa magie peut opérer indéfiniment. Ils disent que les Princes trouvent dans cette pêche au trésor dans le Bas la satisfaction de toutes leurs ambitions et de leurs désirs, pour le plus grand bien du Royaume et des Sujets du Roi.

Ainsi avisé et nanti de l’objet humble mais précieux le Roi s’en revient au château, court à la Salle des Décisions du Royaume et dépose après l’avoir dûment retourné, le Bas nouveau à côté ou plutôt, après réflexion, sur l’ancien Bas-des-ressources-gagnées-par-le-travail-des-Sujets devenu inutile pour le remplacer par le nouveau Bas de la Dette. (2)

Depuis ce que l’on peut qualifier de geste magique, le Royaume connait l’harmonie. Les sujets dont l’existence s’épanouit dans des familles soudées, dont les enfants réussissent dans des études fructueuses manifestent quotidiennement leur reconnaissance à leur bon Roi.

Le Bas de Laine-à-l’envers a réellement sauvé le Royaume, le Roi, la Cour du  Roi et même les Sujets dans leur plus grand nombre sans qu’il ait été question de les remettre au travail comme des esprits imprégnés de principes quasi nauséabonds le préconisaient.

Le Grand Conseil Royal conseille au Roi de bruler l’ancien Bas de Laine, désormais inutile et qui ne peut que raviver des souvenirs désagréables.

6 août 2019

  1. Une princesse royale, vivant à la cour, qui se flattait de sa connaissance des langues saxonnes ainsi que de beaux et bons mots parlait à propos du bas de laine de son emptytude. L’Académie Royale s’interroge.
  2. Pendant cette réflexion sur l’emtytude l’Académie a trouvé le temps d’officialiser le vocable dette : il signifie dorénavant : Phynance extraite du Bas de Laine-à-l’envers. On peut donc légitimement parler de Bas de la  Dette.

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04 août 2019

Le Médecin et le Magistrat et l’Électricien (un complément) 4 juillet 2019

 

Les dernières nouvelles sur le sujet : un excellent article de mon journal de référence.

 

Le figaro du 3 juillet 2019    Esther Attias 
Le tribunal de grande instance n’a pas retenu un lien de cause à effet entre certaines pathologies et l’installation du compteur vert anis dans les foyers.

 

Nouvelle victoire pour les compteurs Linky. Vendredi 2 août à 14h, les 457 personnes opposées à la pose des boîtiers vert anis, qui remplacent les anciens compteurs électriques, à leur domicile ont été déboutées ce vendredi par le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre. Dix décisions ont été rendues, toutes rejetant les demandes des plaignants.

La décision du TGI était particulièrement attendue. Les cas proviennent des quatre coins de la France, renvoyés à Nanterre depuis les tribunaux de Grasse, Lorient, Caen, Nevers, Ivry, et Tours.

Pour l’avocat d’Enedis Michel Guénaire, associé du cabinet Gide Loyrette Nouel, «les requérants n’ont pas démontré le lien de cause à effet entre leurs pathologies et les compteurs Linky.» Une interprétation validée par le TGI de Nanterre.

L’avocate Corinne Lepage, défendant les opposants aux compteurs, associée du cabinet Huglo Lepage et ancienne ministre de l’Environnement sous Jacques Chirac, se dit «très déçue» de la décision du TGI. «Mais je suis confortée dans l’idée que les études scientifiques sur le sujet sont insuffisantes: il incombe aux pouvoirs publics de les multiplier», indique-t-elle au Figaro.

L’hypersensibilité aux ondes électroniques était jusqu’ici la seule pathologie invoquée contre les compteurs Linky. Or le TGI de Nanterre a également statué sur le cas de 124 personnes victimes d’hyperthyroïdie, 63 diabétiques et 17 épileptiques, en plus de 23 personnes électrohypersensibles.

 

Des enjeux médicaux au cœur de la polémique

Les compteurs Linky catalysent les inquiétudes depuis le début de leur installation sur le territoire français en décembre 2015. L’impact des ondes électromagnétiques émises par le compteur sur la santé est au cœur des plaintes venant des opposants au boîtier vert anis. Ils pointent du doigt l’utilisation par Enedis des «courants porteurs en ligne» qui génèrent des radiofréquences situées entre 35 et 95 kHz et transforment le circuit électrique des clients en antenne.

En 2017, Arnaud Leroy, président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), avait reconnu que le compteur Linky, s’il n’était pas dangereux, pouvait «être un sujet pour les gens électrosensibles». De nombreux Français ont depuis saisi les tribunaux sur ce motif.

Ainsi, ce mardi 31 juillet à Tours, et en début d’année à Toulouse et Bordeaux, les tribunaux ont reconnu les effets délétères des ondes émises par les compteurs Linky sur les personnes électrosensibles, accordant dans les deux premiers cas le droit de refuser le compteur, et imposant dans le troisième la pose d’un «filtre protecteur» autour du boîtier.

Des décisions que l’ancienne ministre et avocate des plaignants estime «contradictoires» avec celle rendue par le TGI de Nanterre, prouvant selon elle la nécessité de nouvelles études.

 

Données personnelles suffisamment protégées

La protection des données est un autre motif central de la contestation anti-Linky. Les courants porteurs en ligne permettent en effet à Enedis de communiquer et de recueillir des données. Les contestataires s’inquiètent de l’usage que l’opérateur pourrait faire des informations ainsi collectées.

L’argument ne semble pas avoir convaincu les magistrats. «La Commission nationale de l’information et des libertés, en charge de veiller à la protection des données personnelles, a déterminé en juin 2018 qu’Enedis ne volait pas de données à l’insu des consommateurs d’électricité», indique au Figaro Michel Guénaire, avocat de l’opérateur public.

Sur les 22 tribunaux saisis d’actions conjointes, la grande majorité des plaignants, plusieurs centaines à ce jour, a été déboutée à Rennes, Toulouse, Blagnac, Bordeaux, Bayonne, Caen ou encore Montbéliard. Seule une poignée d’électrosensibles a été entendue. Toutefois, la fronde demeure.

D’ici à la fin 2021, Enedis prévoit d’équiper les 35 millions de foyers français. Plus de 20 millions d’unités ont déjà été posées.

 

Naïvetés et questions: Apparemment  le risque d’incendie n’est plus évoqué ni invoqué. Allons tant mieux, cela serait déjà un danger écarté !

Un gros sentiment de sympathie pour Corinne-la-Déçue en souhaitant que son chiffre d’affaire ne souffre pas de cette décision. Une cagnotte de soutien sera-t-elle nécessaire ?

 Incidemment une question. Qui paye toute cette agitation ? Les électrosensibles ?

 

 

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03 août 2019

Le Médecin et le Magistrat Un conte de compteur

Pour des propos très sérieux, trouver la porte d’entrée n’est pas difficile, l’urgence et l’indignation toujours jumelées imposent d’encaper résolument vers le sujet, d’aller droit au fond et de « mettre à plat », comme un bon procureur toutes les pièces du dossier pour en tirer la conclusion, objet de l’exercice.

Si la matière est plus légère et pour faire sourire, rechercher une porte latérale, partir d’une incidence, noter un détail baroque permet (1) d’éveiller la curiosité et (peut-être) de susciter de l’intérêt.

Aujourd’hui, ici,  il faudra partir du risible, de l’anecdote pour remonter au plus grave, au phénomène de société, à ses causes et à ses conséquences. Suivre ce chemin est déjà reconnaitre qu’en réalité l’anecdote n’est pas anecdotique : elle est un symptôme de la maladie.

 22 Tribunaux de Grande Instance ont été saisis de demande de retrait des compteurs Linky au motif du risque d’incendie qu’il représente et au motif de leur nocivité pour les personnes « électosensibles ». Un cabinet d’avocats-fines-mouches s’est emparé de tous ces dossiers.

Quatre cas retiennent l’attention car les Tribunaux ont parlé.

À Poitier la loi a été dite et les plaignants déboutés. L'installation "résulte d'une norme législative nationale" et "l'usager n'est pas propriétaire du compteur». Le juge estime aussi, qu’il n’est pas démontré que le compteur présente un risque d'incendie ni qu'il enregistre autre chose que des données de consommation. Enfin le juge note aussi dans son ordonnance que ce n'est pas à lui de dire si le compteur Linky présente une nocivité.

À Toulouse, Bordeaux et tout récemment Tours, il en va différemment.

Toulouse, le juge invoque le concept d’une électricité « propre », exempte de courant porteur en ligne. Le retrait est demandé pour les personnes électosensibles.

Pour Tours, 13 personnes obtiennent le retrait du compteur car elles fournissent des certificats médicaux attestant que de multiples symptômes d’inconfort peuvent être attribués aux effets des compteurs.

Bordeaux juge encore différemment et impose au distributeur d’électricité de munir le compteur d’un filtre du fait que 13 personnes justifient bien "d'un trouble manifestement illicite par manquement d'un principe de précaution", car la pose d'un Linky s'est faite chez eux "sans la pose d'un dispositif filtre les protégeant des champs électromagnétiques". Ces troubles sont attestés par les médecins de ces usagers devenus des patients.

Il résulte de ces jugements que ces affaires sont en réalité jugées par des médecins qui ont diagnostiqué ce qu’il convient d’appeler une maladie, imputables aux effets électromagnétiques du compteur électrique.

Le juge se soumet (il se démet rarement) car on n’est jamais trop « précautionneux ». (2)

Le médecin range son stéthoscope-miracle et attend sereinement le nouveau patient insomniaque.

Tout ceci est risible

Le compteur électrique est une obligation : quelqu’un (en gros l’État…) sous le régime d’une concession de Service Public vend un produit, de l’électricité, et il est normal qu’il mesure la quantité vendue pour percevoir son dû. (3)

Ce compteur particulier est la propriété du fournisseur (en gros l’État) et le client (en gros le citoyen-usager) n’a pas à préférer un mode de mesure de la fourniture dans la mesure où celle-ci est juste et précise. On ne choisit pas sa balance chez l’épicier.

Linky n’est rien d’autre qu’un compteur dans lequel les parties mécaniques ont été remplacées par des systèmes de mesure électroniques qui autorisent pour le fournisseur et le client un dialogue avec celui-ci.

Un courant continu est associé au courant électrique objet de la fourniture : il « cause » au fournisseur.

Dans ce fonctionnement le câble électrique se comporte comme une antenne et émet des ondes radio.

Un système de téléphonie usuel permet à l’usager qui le souhaite et l’installe de participer à cette conversation.

Bref, la machine en question, la petite boite verte n’est qu’une des multiples petites machines semblables qui remplissent les foyers et qui participent au confort que recherche la population en général : Multiples smartphones (pianotés des heures durant) et tablettes, box(s) ave Wifi et amplificateurs, téléviseurs reliés à…  par…, systèmes de sécurité reliés à… et  portiers de la barrière d’entrée de l’immeuble ou de l’appartement….et tous les petits ou gros moteurs électriques des volets, des ustensiles de cuisine et maintenant des autos. La petite boite verte est en général située à un emplacement qui ne soit pas au cœur de la vie du foyer utilisateur (et en particulier pas sous le lit de « l’enfant dont "l'état de fatigue chronique" et "les difficultés de sommeil", (4) (sont) attestés par un certificat médical), le plus souvent à l’extérieur de l’habitation, ou dans un endroit isolé dans celle-ci.

Quant aux ondes radio du câble de fourniture de livraison du courant, rien n’en démontre la nocivité.

Au temps pour la dangerosité supposé du compteur, tant au plan du risque d’incendie qu’à celui de la santé des usagers.

Tout ceci est ridicule.

Dans cette discipline délicate de l’électro sensibilité, la médecine moderne doit encore progresser. Il est consternant qu’aucun vaccin n’ait été mis au point, sans doute du fait de la difficulté d’isoler les bactéries responsables. Dans un autre registre, en consultant le volumineux catalogue de Boiron, on n’y découvre aucune pilule salvatrice et dépourvue du moindre principe actif qui concerne l’affection : pour une fois l’homéopathie est impuissante. (5) Il est donc facile de mesurer le trouble qui saisit le praticien devant l’exposé de la jeune patiente qui décrit les symptômes du mal qui l’assaille dont l’apparition est exactement contemporaine à la pose du compteur. Elle ne dort plus, elle a des maux de tête et des vertiges. Le praticien fait preuve de pragmatisme et faute de diagnostic évident, dûment informé de l’irruption des ondes maléfiques, convaincu par l’explication « sur plateau » que lui offre la patiente n’hésite pas à attribuer au compteur les désordres qui affectent la jeune fille ; ou la vielle dame.

La Faculté a parlé. Le Juge peut-il ignorer la parole de la science ? L’affaire est entendue. Le principe de précaution s’applique et l’électricien doit remballer les Linky ou à tout le moins leur adjoindre un filtre.

Enedis, cette bonne vieille filiale d’EDF (elle-même : 90 % de capital public) ne devrait pas en faire toute une histoire et aurait dû installer les fameux filtres à priori. (6) 

Ce qui  est décrit ici est un phénomène de société. Ces bizarreries du fonctionnement de la médecine et de la justice sont les conséquences d’une rumeur répandue dans la population : Linky émet des ondes nocives de façon grave et immédiatement dommageable pour la santé d’une catégorie de la population dite « électro sensible ».

La propagation et la pérennité de ce type de rumeur est fréquente et peuvent avoir des répercussions sérieuses si elle s’enkyste et s’installe durablement au gré de sectes qui en font leur credo. Celle concernant la nocivité des vaccins est particulièrement lourde de conséquences ; on voit réapparaitre des maladies qu’on croyait éradiquées en France et qui ressurgissent, venues de l’extérieur pour attaquer cette fraction de la population qui a refusé le vaccin par principe. Ajoutée à ceux-ci grand nombre de négligents ou de personnes à la marge du système…

Un autre exemple récent : comme une flambée de paille pendant une journée ou deux toute l’eau potable distribuée en France est devenue radioactive. La rumeur fut vite stoppée mais une telle rumeur n’est jamais tout à fait éteinte.

Cette rumeur ne relève pas de la désinformation laquelle vise un objectif. Ne pas accepter Linky ne profite à personne et nul n’a intérêt à ce qu’Enedis perde du temps et de l’argent.

Cette rumeur s’appuie plus profondément sur ces peurs archaïques qui surgissent et ressurgissent dans la confrontation de chacun avec ce qu’il ne comprend pas et qu’il perçoit toujours comme de la magie ou du surnaturel. On pourrait croire que la «Fée Électricité » n’est plus depuis longtemps dans ce domaine. On voit qu’il n’en est rien.  Alors les Ondes et la Radioactivité ajoutent un vaste champ de mystère à tout ce Non-Perçu.

La rumeur démarre de plusieurs façons.

Soit elle se construit, comme dans le cas présent,  à partir d’une peur créée dans l’esprit du public par des précédents réels : cas de la peur du nucléaire. Déjà mentionnée, il suffit d’une variation faible d’un indice dans l’évaluation de la radioactivité en rivière pour propager l’idée que toute l’eau potable est radioactive. Ou encore le moindre incident technique dans une centrale enflamme l’opinion au point de remettre fondamentalement en cause la seule source d’énergie nationale…

Soit elle démarre sur un fait divers inventé, erroné, déformé puis amplifié prenant rapidement la forme du complot : c’est le cas d’école de la Rumeur d’Orléans où des images décalquée d’un roman puis fantasmées amènent des adolescentes lycéennes à formuler une pure histoire. Ensuite ce récit trouve support sur un très ancien fonds d’antisémitisme et la rumeur devient dénonciation de complot, in fine  endossée par nombre d’habitants d’Orléans. (7)

Tout ce qui précède repose sur la conviction que le compteur Linky est « propre », au moins jusqu’au moment où des études sérieuses démonteront la nocivité des émissions d’ondes radio du courant porteur en ligne.

Ce papier allait trouver sa conclusion alors même que le TGI de Nanterre en référé se prononçait en la matière. Belle coïncidence !

Jointe ici la seule information trouvée sur la récente décision de ce tribunal qui rejette la notion de « péril imminent » sur les risques sanitaires, sans juger sur le fond.

Nathalie DelpeyratFrance Bleu ParisFrance Bleu.  Vendredi 2 août 2019

Déception pour les 453 Franciliens qui demandaient le retrait de leur compteur Linky, ou l'arrêt de l'installation de ce compteur dit "intelligent" chez eux. Le tribunal des référés du TGI de Nanterre (Hauts-de-Seine) a considéré ce vendredi qu'il n'y avait pas d'urgence à contraindre Enedis.

Le tribunal de Nanterre a rejeté ce vendredi la demande en référé de 453 particuliers qui demandaient le retrait ou l'interdiction de la pose de compteurs Linky à leur domicile, ont annoncé ce vendredi Corinne Lepage et Christophe Lèguevaques, avocats des plaignants. 

Ce compteur d'Enedis permet de relever la consommation électrique à distance et en temps réel mais fait l'objet de nombreuses polémiques depuis son déploiement en 2015. "Le tribunal de Nanterre rejette le péril imminent" qui était mis en avant par les avocats sur les questions de santé, a expliqué Corinne Lepage à Franceinfo, et renvoie les avocats à saisir les juges du fond sur les autres questions, qui concernaient la liberté de choix du consommateur, les clauses abusives, le risque d'incendies ou encore la protection des données personnelles. Sur ces derniers aspects, le juge des référés a estimé qu'il n'était pas compétent.   

"Quand on ne cherche pas, on ne trouve pas", a déploré Corinne Lepage, qui reconnaît que c'est "très décevant quant au résultat" concernant les questions de santé. Cependant, l'avocate estime que la décision est "très intéressante quant à ce que nous disons depuis des mois, c'est-à-dire que nous manquons d'études approfondies sur l'impact réel de Linky". Selon Corinne Lepage, la décision "dit très clairement qu'on manque d'études suffisantes sur [les] pathologies [des plaignants] et les liens avec les ondes électromagnétiques". "On a besoin d'études", a-t-elle plaidé. 

Les plaignants mettaient notamment en avant l'impact des ondes électromagnétiques sur la santé.    Corinne Lepage n'exclut pas d'entamer une nouvelle action judiciaire pour le compte de ces 453 plaignants, cette fois-ci sur le fond de l'affaire. Pour Christophe Lèguevaques, "on aura certainement un appel" du référé sur les questions de santé. Il n'exclut pas non plus une action au fond sur tout le dossier.

 

Il est remarquable que les avocats, et cela sera certainement le cas des médecins invoquent l’absence de preuves pour justifier leurs prises de position et appellent à de études complémentaires, lesquelles souhaitent-ils, viendrons étayer leurs plaintes.

Qui fera et financera ces études restent à déterminer mais il serait bien évidemment souhaitable qu’Enedis démontre une fois pour toute que les émissions du courant en ligne sont bénignes et sans effet réelle sur la physiologie de personnes exposées. 

Le dossier reste donc ouvert et les conclusions viendront plus tard.

Cependant une première indication : l’inculture associée au refus désormais institutionnalisé de toute forme d’autorité conduisent à mettre en cause toute action publique. (1) La Société est devenue liquide : la rumeur enrichie des moyens modernes prospère comme l’algue verte sur les résidus et n’importe quelle grenouille y trouve matière à nourrir le désordre. (8)

Une dernière remarque : Il ne s’agissait pas ici de nier un possible phénomène d’électro sensibilité mais seulement de replacer le Linky dans sa véritable dimension de petite boiboite verte, au fond du jardin à côté ou dans la cabane de Francis Cabrel.

2 juillet 2019

  1. Un problème de style ou un problème d’orthographe ? Préciser un sujet (grammatical)  en ajoutant de nouveaux termes obligerait au pluriel ; ou l’accumulation prend-elle la valeur d’un mot collectif et l’on reste au singulier.
  2. Un zest d’hostilité au système mercantile des puissances de l’argent ?
  3. Des systèmes de distribution d’énergie, de fourniture gratuite ou d’un coût insignifiant ont existé dans des pays différents : la gabegie triomphait et la ressource se tarissait d’une façon ou d’une autre.
  4. LCI info du 30 juillet 2019
  5. Et puis quand même, ce problème du non-remboursement de la quotepart… c’est bien ennuyeux.
  6. Ce qui est bien vrai. Tout en sachant qu’une fois les rumeurs lancées, rien ne les arrêtent.
  7. Obligé de relire «la rumeur d’Orléans », toujours légèrement ennuyé par le style de Morin.
  8. Que la grenouille Lepage, si brillante prédécesseuse (!) de l’abominable Chouette Versatile, pardonne : on a bien conscience qu’il lui faut trouver des trucs pour exister et accessoirement gagner sa croute. 

 

 

 

 

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29 juillet 2019

Sainte Greta, priez pour nous

 

Un Ange est descendu parmi nous. Cet ange s’appelle Greta.

Les sceptiques auraient pu douter mais preuves et convictions s’accumulent ; on ne peut que rejoindre la cohorte (encore une foule) des croyants qui écoutent le Verbe, la Parole que nous adresse l’envoyée de la Déesse Écologie.

Greta n’a pas de famille, elle n’a pas été conçue, elle est pure révélation. Greta est dans ce domaine plus au point que la plupart de ses prédécesseurs qui furent encombrés d’antécédents qu’on ne savait comment traiter. Avec Greta, pas de Joseph, ni de Marie et pas davantage d’Amina jeune et malheureuse veuve d’un Abdullah de longtemps oublié.

Elle voit le jour le 20 aout 2018 et comme sortie des flots (certaines déesses s’en étaient fait une spécialité) elle sort de la grève…(1)

Sa fulgurance envahit l’espace et le monde se prosterne. Les princes s’agenouillent, les marchands reculent, et quittent le temple.

L’Ange devient Messie.

L’univers médiatique et la médiocratie politique communient.

Cette ferveur, état de sidération épiphanique nous ravit et nous comble : mieux que Hulot, la Chouette capricieuse (2), mieux que Royal éphémère novatrice en itude (3), mieux que Rugy pincé par ses crustacés, Greta nous dit comment sauver la planète.

Macron rayonne car la mission sera remplie mais il boude ; il aurait tellement voulu être le Sauveur. (4)

G 4 Greta1 (2)

Depuis le jour de la révélation je vivais dans la béatitude : presqu’un an de paix de l’âme et de confiance dans l’avenir de la planète c’est-à-dire de l’avenir de l’humanité sur la planète.

Et puis, patatra, au hasard d’un clic de trop sur le Web que depuis je maudis, j’ai découvert l’atroce réalité. En fait, un article sur Wikipedia et le nom et les professions de ses parents.

Greta n’est pas la vierge à nous envoyée par l’Écologie : elle a donc des parents, elle va « pour de vrai » à l’école au moins jusqu’à la grève et quelqu’un paye les tickets de train lorsqu’elle part prêcher dans le vaste monde (européen). Dans le même article on me confirme qu’elle se nourrit, vegannement of course.

Ses parents et elle forment, dit-on, une micro-secte familiale dans laquelle parenté et convictions conduisent à l’harmonie.

Je me remets de cette terrible déconvenue car j’ai l’espoir que quel qu’autre créature providentielle prendra le relais de notre Ange déchu(e) (5) qui reste néanmoins une digne postulante à la Sainteté Écologique. Les différentes formes d’autisme qui l’affectent ou la valorisent ont pour cette canonisation valeur de tickets d’entrée. En attendant un prix Nobel (mais de quoi ?) serait le minimum.

 

Les médias sortent de leur engourdissement et s’étonnent que le phénomène qu’ils ont contribué à « créer » prenne l’ampleur qu’il connait. Je mets ici le verbe créer en exergue car il est repris par Michel Richard dans un article paru dans Le Point (28 juillet) intitulé : Qui a « Créé » Greta Thunberg.

Il y décrit l’énervement de voir cette bulle médiatique prendre les proportions qu’elle a prise et « en même temps » défend les propos qu’elle tient. L’article est joint en annexe pour les lecteurs non-retraités qui n’auraient pas le loisir d’éplucher Le Point, point par point. (6)

Quant à la classe politique, elle se livre à son exercice favori, ce qu’elle fait le/de mieux : elle se divise et se déchire bruyamment entre pro et anti avec une alacrité que même les Gilets jaunes n’avaient pas suscitée.

Dans tous les espaces creux, dans le vide tout bruit résonne et s’amplifie.

Seulement voilà, Greta et ses parents mènent leur combat ou plutôt délivrent leur message dans les pays qui sont impuissants face au réchauffement climatique et n’y contribuent que très peu ; pays dans lesquels il est possible de tenir les propos qu’ils tiennent car les convictions y sont déjà présentes et la liberté de s’exprimer y est assurée. Greta a-t-elle demandé un entretien à MBS ou à Poutine ? A-t-elle cherché à s’exprimer auprès de l’hôte de la Maison Blanche ? Et quid du géant chinois ?

Il ne s’agit pas de lui en faire grief, mais prêcher auprès de convertis et de dirigeants européens qui n’en peuvent mais, est plus facile que de convertir les seuls vrais pollueurs de la planète. Plus facile et plus gratifiant.

Sur ce point M. Richard est muet, comme tous les commentateurs qui confondent Europe et Monde.

Je note aussi la terrible discrétion de Papa et Maman Thunberg. J’ai cependant peine à croire qu’une gamine autiste et certes très délurée puisse se balader seule à travers le continent sans que des parents « normaux » s’en émeuvent. Sont-ils normaux ?

Un dernier sujet d’étonnement : il est remarquable que Greta nous vienne d’un pays qui contribue pour à peine 0.5 % de la consommation mondiale d’énergie, fraction dans laquelle seulement 30 % ont une origine carbonée ; par ailleurs l’électricité de ce beau pays est produite par 10 réacteurs nucléaires (36 %) et de nombreux barrages (36 %). Il se pourrait qu’il n’y ait pas dans le monde développé de pays plus « propre » et par là moins responsable du réchauffement.

Dans les propos de Greta, de nucléaire, point. Allons, tant mieux.

29 juillet 2019

  1.         Comment résister ?
  2.         On a parlé de compétition entre Johny et l’ex Ministre pour savoir qui a la plus grosse. Moto. Il s’agit évidemment d’une rumeur infondée et anachronique.
  3.         Hormis la béatitude.
  4.         Hésitation : ne matière de planète, est-on sauveur ou sauveteur ?
  5.         Je sais bien que les anges n’ont pas de sexe, mais avec l’écriture machin et les pensées modernes, on ne saurait être trop prudent.
  6.         Je concède : un peu de paresse et de facilité, mais respect des sources.

Article de Michel Richard : Qui a « créé » Greta Thunberg.  Le Point 27 juillet.

On a (presque) tout lu et (presque) tout écouté de ce qui a été écrit et dit sur la jeune Suédoise militante de la planète et des raisons qui pouvaient exister de la considérer avec des pincettes. Sujet médiatique, cette icône a inspiré ses contempteurs dénonçant en elle une suspecte prophétesse (en culotte courte) de malheur et d'apocalypse. Pour qui se prend-elle, elle qui ne connaît rien au climat, ferait mieux d'aller à l'école et se permet de donner des leçons à la Terre entière ? Comme si c'était de son âge ! À l'évidence, elle ne pouvait être que manipulée. Elle serait le triste symbole d'une époque médiatique régie par la seule émotion. Elle serait la triste figure (« cyborg », en rajoute Michel Onfray) portée aux nues par une société simpliste qui s'incline piteusement devant le discours du bien, fût-il benêt, et l'annonce d'un collapse planétaire, fût-elle précipitée.

Pourquoi l'inviter, la recevoir même à l'Élysée, lui ouvrir les portes de l'Assemblée nationale, jusqu'à, pour certains, lui promettre un prix Nobel ? Il y aurait dans cet excès d'honneurs tous les signes déprimants d'une époque devenue infantile, qui croit que la vérité sort de la bouche des enfants et qui s'en remet à eux comme un aveu de ce qu'elle ne sait plus ou n'ose plus faire : prendre ses responsabilités. Des adultes châtrés s'esbaudiraient donc devant son discours à la Petit Prince. Malheur à la planète dont la princesse est une enfant.

Porte-parole

Il y a sans doute une part de vrai dans ce procès qui lui est fait. On peut trouver agaçant qu'une ado de 16 ans délivre ses leçons, ukases et admonestations au monde adulte. Sa fraîcheur et sa blondeur ne justifient pas tout, n'est-ce pas ? On ferait mieux d'écouter les avis d'experts et de scientifiques plutôt que les homélies de la gamine. En effet.

Sauf que ladite gamine est plus maline que les indignés du combat qu'elle mène. Elle ne dit pas autre chose qu'eux, veillant à ne jamais s'ériger en experte de questions complexes, qu'elle reconnaît ne pas maîtriser. Qu'on ne l'écoute pas, elle, lui importe peu à condition que l'on écoute experts et scientifiques du climat, qu'on lise les rapports du Giec et que l'on agisse en proportion des menaces qu'ils annoncent depuis belle lurette.

Est-ce le cas ces 20 dernières années ? Les adultes, les responsables, les politiques, les électeurs eux-mêmes ont-ils pris les choses au sérieux depuis cette cruelle phrase prononcée en septembre 2002 par Jacques Chirac au Sommet de la Terre : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » ? Preuve que, dès alors, on savait ce vers quoi on allait, mais qu'on n'en a rien fait, ou si peu.

Pourquoi s'acharner sur Greta Thunberg ? C'est la créature qu'a enfantée un monde insouciant, inconscient ou suicidaire. Elle est ce que ce monde mérite. Elle n'existerait pas sans ceux qui s'en prennent à elle et qui, dans leur réquisitoire, à bien y regarder, font son procès pour mieux éviter le leur.

 

Posté par Dufourmantelle à 15:31 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

21 juillet 2019

Cachez ce symptôme que je ne saurais voir

 

L’État en passe d’avoir réglé les quelques problèmes économiques et sociaux qui restaient sur étagère, dette, déficit budgétaire, destruction du reliquat de tissu industriel, retraite… peut désormais, libéré de ces contraintes attaquer sereinement et avec détermination les problèmes de société qu’il n’a jusqu’alors abordé qu’avec prudence nonobstant leur grand intérêt et l’urgence qu’attache à leur résolution une partie de la population.

Le plus urgent à l’évidence concerne les facilités à mettre en place pour que des personnes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas avoir d’enfant par des moyens considérés jusqu’à nos jours comme naturels, puissent satisfaire leur désir d’enfant et de là, leur droit à…

Mais devant la multiplication, effectivement alarmante, des assassinats de femme par leur conjoint ou leur camarade de jeu, une nouvelle urgence apparait. Il faut endiguer ce phénomène social soudainement perçu. Le gouvernement s’empare du dossier et va organiser un grand raout déjà cérémonieusement qualifié de Grenelle des Violences Conjugales. La Schiappa organise cette large concertation.

Contre les violences, on imagine ; qui serait pour ?

Le problème est bien réel. Une femme meurt tous les trois jours « sous les coups » d’un homme avec qui elle a partagé sa vie ou qu’elle a éconduit.

Deux causes évidentes qu’il est incorrect de mentionner :

Les jeunes femmes fréquentent n’importe qui et ne prévoient aucune des conséquences de leurs relations hasardeuses, jusqu’au moment où elles sont coincées dans une situation de soumission puis de danger. Avec enfant(s) en prime.

Des hommes, ils sont nombreux, sont «immédiatement » violents, ne prévoient pas de conséquence à leurs exactions et n’endossent aucune responsabilité dans leurs relations avec des épouses/partenaires. Ils vivent ces relations comme une domination.

Les enfants sont « naturellement » des accidents qu’on aimerait pouvoir oublier. Le chien offre dans ce domaine un avantage : il est loisible de l’abandonner sur une aire d’autoroute sans que l’opinion s’en émeuve.

Ces deux facteurs relèvent d’un défaut aigu de civisme résultant de la précarisation (fragilité) puis de la dislocation de ce qu’on appelait jadis et même naguère, la famille. Les enfants ne sont plus « élevés » dans le cadre familial et deviennent des individus associés à un groupe humain devenu une foule. Leurs instincts peuvent s’exprimer librement.

Ce retour à l’état de nature devrait plaire aux écologistes.

« Individus associés » au groupe par nécessité car leur capacité à produire du Bien Commun est réduite et parfois annihilé par les défaillances et l’action parfois destructrice d’un système éducatif désorienté, laissé à ses propres errances, idéologiques et corporatistes, toutes en refus de l’ordre social existant. Ce système fonctionne comme une vaste machine destinée à produire de l’inutilité et de l’inadaptation sociale et technique : une machine à précariser.

Au demeurant les parents et les enseignants d’aujourd’hui ne sont que des enfants récemment sortis d’une absence déjà établie de famille et d’école.

L’appareil de l’État est abondamment équipé en dispositifs législatifs et règlementaires sur ce sujet. Les difficultés ou l’incapacité de futures victimes à porter plainte, la crainte des conséquences immédiates d’un dépôt de plainte et peut-être une certaine négligence policière font que ces dispositifs fonctionnent mal et le plus souvent ne peuvent être actionnés que…post-mortem.

Pour « faire avancer ce dossier » dont la Schiappa s’est saisie il faudra donc que l’État, vous, moi et nos impôts (carburant de l’État) pénètrent dans la vie des couples et vérifie, à l’amont des drames à venir, que les comportements des partenaires soient conformes aux pratiques convenues par une morale dite républicaine.

Vaste programme et il est à craindre que l’État en dépit de ou du fait de sa bedaine ne puisse relever ce défi au niveau de ce qui n’est qu’un symptôme de la désagrégation sociale dont nous sommes les témoins et les acteurs.

Inutile d’ajouter en remarque : quelques pourcents de notre bon peuple de France (et d’ailleurs) professent qu’il est écrit dans le texte sacré que battre sa femme est une pratique recommandée pour garantir la paix du ménage. L’occire provoque la réprimande, l’équivalent de notre « Rappel à la Loi ».

Programme aussi vaste que celui qui consisterait à réformer l’école et à faire comprendre aux jeunes gens que les relations entre adultes reposent sur ce qu’on appelle le respect et le consentement mutuel en vue de créer/procréer une famille. Sapiens procède de la sorte et ne se départit pas de son autorité pour vérifier le bon état de la cellule familiale qu’il a construite.

Lorsque le Docteur que vous consultez n’arrive pas au diagnostic, dans une première phase, il atténue les effets indésirables des symptômes du mal non encore identifié. Le mal déclaré entraîne alors le diagnostic puis le traitement.

Nous ne sommes pas dans ce cas : les causes et la maladie sont bien connues. Nous en observons des symptômes et nous vivons  les désordres de notre société  en supportant leur coût.

Le phénomène n’est pas nouveau et la société a toujours connu ces déséquilibres et ces excès. Force est de constater qu’il ne diminue pas, qu’au contraire il s’amplifie et pourrait-on dire qu’il se vulgarise.

Ou bien sommes-nous seulement mieux informés ?

Et plus généralement :

La France est devenue une gigantesque Notre Dame des Landes où s’agitent une foule de zadistes accrochés aux basques d’un État qu’ils bafouent, dont ils attendent tout, en souhaitant « en même temps » sa disparition.

Une situation de constante pré-émeute devient la norme et toute manifestation, joyeuse ou revendicatrice permet à la foule d’exprimer ses instincts les plus asociaux au motif de promouvoir telle ou telle revendication ou tout autre sujet susceptible d’agglomérer du populo. Alors, par exemple, en agitant des drapeaux d’un pays voisin ou en lançant des pavés sur des flics ; ou les deux.

Les idéologies de la Bienpensance et du Sauvetage-de-la-Planète n’arrangent rien et créent de nouveaux terrains de revendication et d’affrontement. Plus rien ne peut se régler dans le cadre des institutions : il faut passer par la manif/foule/émeute en toute bonne conscience ; puisqu’on a raison et qu’on détient la vérité.

Bon, le Naïf arrête car, hors sujet, il radote. On dirait du Rioufol.

Il souhaite bonne chance aux femmes battues puis assassinées : la Schiappa s’est « emparée » du dossier. Ça marche.

 

20 juillet 2019

 

 

 

Posté par Dufourmantelle à 18:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]