Ces deux-là, à cinq siècles de distance ont fait le tour du monde sans consommer d’énergie.

Une différence, l’Ancien utilisait le vent, qui est bien une énergie de la terre.

Le Moderne n’utilise que les rayons du soleil : son énergie est extra-terrestre.

Comparer les exploits n’a pas de sens et pour l’un comme pour l’autre, vent ou soleil, c’est la conviction, osons dire la foi qui les a animés. 1

Alors que Magellan s’embarque pour l’inconnu et se consacre –au sens mystique du terme- à son aventure, Picard court un risque. Magellan quittait le monde des certitudes pour celui des folies ou des rêves cependant que Picard, dans un monde de certitude, accepte un risque pour valider son travail ingénieux.  Rien dans ce propos qui vise à diminuer l’exploit de Picard : si son engin grand comme un Boeing et pesant à peine plus qu’une Mégane s’était brisé entre Hawaï et la cité des anges nul doute qu’il eut été mal, comme on dit de nos jours.

Il faut souhaiter que les progrès accomplis dans la réalisation de son bel oiseau servent à faire avancer les technologies nécessaires à cette réalisation, ce qui serait le vrai bénéfice que l’Ingénieur, ses Financiers et nous-autres puissions retirer de l’entreprise.

De façon un peu paradoxale, cette expérience démontre, s’il en était besoin, que jamais un avion ne pourra voler avec de l’énergie solaire, autrement qu’en limitant sa charge utile au poids du pilote et de sa bouteille de Badoit, dans des conditions de Météo les plus clémentes qui soient.

C’est en quelque sorte une des meilleures façons de montrer les limites de l’énergie solaire et combien il est vain de vouloir remplacer les combustibles par de l’énergie de faible puissance. 2

Sympa, le père Picard et sympas les sponsors du père Picard, mais pour intéressant que soit ce tour du monde, il ne constitue pas un grand pas pour l’humanité.

Magellan, c’est autre chose.

 

  1. 1.       Une goutte d’acide : Les Égyptiens, dans l’antique sagesse qu’on leur prête faute de vraiment la connaître, adorait le Soleil et il faut bien reconnaître que cela a plus de sens que d’immortaliser un guru crucifié, réinventé posthumément au gré des apocryphes d’opportunité.                                                                                                                                     Magellan sacrifiait-il à Eole ? Il suffit d’avoir vécu un peu sur un bateau à voile pour en être convaincu.

Une autre goutte d’acide : Un A340 consomme environ 10 T de kérosène par minute pendant les premières minutes de son envol, soit une puissance de l’ordre de 3.5 GW : cela signifie que pendant les quelques minutes du décollage d’un avion gros porteur, la puissance requise est du niveau de 5% de la puissance du parc nucléaire français…ou encore la puissance délivrée par un parc de 35 km2 de panneaux solaires, convenablement ensoleillé. Un lecteur attentif aura