L’homme, primate omnivore, plantigrade bipède, animal social trouve sa place dans la taxinomie comme une espèce, bien définie et somme toute plutôt homogène. Espèce signifie que la reproduction entre tout mâle et toute femelle sera possible. Il y a peu de différences profondes entre les individus des groupes que son caractère social le conduit à constituer.

Néanmoins, en observant certaines particularités physiques ou culturelles ou précisément sociales, il est tentant de noter que les individus puis les groupes ethniques qu’ils forment, présentent des différences que la pensée la plus égalitariste ne peut nier : morphologie, couleur de peau, pilosité, langage, croyance et plus encore… Mais la génétique, leur ADN ne traduit pas (encore) de façon sensible ces différences.

Ces groupes ethniques se frottent les uns aux autres : l’humanité y gagne en homogénéité et, au moins au plan culturel en richesse par l’acquisition des diversités ainsi offertes.

Cependant les groupes ethniques continuent d’exister et les différences de se faire sentir.

Comment désigne-t-on ces groupes ethniques ? Les zoologistes parleraient volontiers de « sous-espèces ». D’autres utiliser le terme de « variétés », qui évoque cependant davantage les fruits et légumes. Ou encore de « formes » comme en sculpture ou en esthétique féminine.

Cependant, communément et pendant longtemps, avant que le vocable ne soit frappé d’interdit, on a simplement dit les « Races ». Ce mot traduisait alors la perception qu’avaient les européens et les américains colonisateurs de la suprématie de la Race Blanche sur la Race Noire et peut-être à moindre degré sur une Race dite Jaune et en tout cas sur les Peaux Rouges.

A l’évidence, le mot Race, mot-valise s’il en fut, est bien trop imprécis pour désigner et classer des fractions aussi larges de l’humanité et réellement si diverses.

Pour reconnaitre à la fois les différences et l’homogénéité, l’emploi du concept de Groupes ethniques parait plus approprié : on donne le niveau de finesse que l’on souhaite dans la définition des particularités de la fraction que l’on qualifie. Le concept de Peuple aurait pu être retenu ou un pas plus loin celui de Nation, mais ces concepts incorporent d’autres contenus, politiques ou géographiques qui font que les images, Peuple, Nation et Groupe Ethnique ne se superposent pas.

Interviennent la Morale et L’Histoire, et dans l’histoire, l’Histoire Coloniale et pour faire bonne mesure la plantation de coton, les cannes à sucre, le ghetto de Varsovie et les  Jeunes-des-banlieues-issus-de. La misère du monde, qui n’est pas neuve, alors, nous surplombe et même nous écrase.

Or l’Homme Blanc, qui ne peut donc pas être qualifié par sa race (tabou) mais qui le sera par sa nation a envahi le monde. Il a déplacé les populations autochtones, reléguant leurs querelles tribales au rang de jeux d’enfant, il a massacré ceux qu’il ne pouvait  mettre au labeur forcé, il a volé les terres et détruit les fragiles civilisations. Cette prédation a été exercée sur ces groupes ethniques qu’on appelait races, de moindre développement, de moindre puissance et qui avaient comme tout au long de l’histoire des hommes à subir la loi du plus fort qui devient la Loi tout court.

Les colonisateurs qui se sont, il est vrai, bien mal conduits, n’avaient pas perçu que les différences entre les groupes ethniques, en réalité n’existent pas. On ne leur avait pas inculqué, à l’époque, que les hommes sont tous absolument égaux (divinement, pourrait-on dire), semblables, rendus identiques par ce tour de magie que les beaux esprits du siècle suivant effectuerons par un passage en loucedé de l’égalité des droits à l’égalité tout court. Ce tour de magie est l’origine de bien des problèmes actuels, à travers un système de pensée qui trouve son acmé dans la merveilleuse théorie du Genre.

Lorsqu’ils exploitaient la faiblesse des populations colonisées pour les asservir avec leurs canonnières et leurs mousquetons, ils n’avaient pas conscience de commettre un sacrilège linguistique puisqu’aussi bien les races existaient alors, bien qu’elles n’existent plus aujourd’hui.

Sauf en français tel qu’on le parle et dans le sens commun dont on voit qu’il n’est pas la chose du monde la mieux partagée.

Pour conclure :

Que Mme Morano soit maladroite ou parle sans réfléchir, ou parle après avoir réfléchi dans des instances qu’elle serait bien inspirée de ne pas fréquenter, d’un pays peuplé de gens de race blanche ne peut constituer une faute immensément grave, la mettant au ban de l’humanité, l’excluant de son Parti, mettant en péril l’Unité Nationale, que pour des gens qui ne parle plus un français courant et dont la langue et surement la pensée ont été emmaillotées dans des confusions sémantiques.

On le redit : Ces confusions sémantiques trouvent leur origine et leur carburant dans le monde des bio-généticiens et des ethnologues qui avec de bonnes raisons ont fait valoir que dans leur besoin de précision, le concept de race est beaucoup trop global, imprécis, flou et manque de finesse alors que la notion de groupe ethnique permet de mieux reconnaître des ensembles sociétaux de toute taille présentant des traits communs qui les distinguent des groupes voisins.

Quant à Mme Morano, puisqu’elle n’a pas pu ou voulu tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant d’aller –quelle idée !- chez Ruquier, elle a bien raison de persévérer dans son usage de tout le monde et d’agiter les idées de tout le monde. Le reproche qu’on pourrait formuler sur son propos concerne la chronologie : elle a dit la France est un pays de race blanche et aurait dû dire la France était un pays de race blanche, avant de n’être plus un pays du tout, toujours en français du peuple.

Et pour conclure la conclusion, « Beaucoup de bruit pour rien » comme dit le poète.

Quant à Sarkozy, il flotte, balloté au gré de la bien-pensance…

 

Octobre