Les chiffres utilisés ici son inventés et ne servent qu’à illustrer le propos sans chercher à établir une vérité économique, ce qui d’ailleurs ne servirait à rien puisque on démontre que les situations évoquées ne peuvent se réaliser.

Disons qu’il y a en France 40 millions de véhicules en comptant les voiture de particuliers et les véhicules de livraison, de service et de transport.

Disons que le réservoir moyen de ces véhicules est de 80 litres.

A n’importe quel moment ces réservoirs sont à moitié pleins, ou si l’on préfère, à moitié vides. Pour les remplir il faudra ajouter 40 litres de carburant.

Imaginons une panique instantanée qui provoque pour tous les usagers le besoin de remplir en urgence le réservoir de leur véhicule de crainte d’un manque à venir.

Il faudra que le système de distribution procure rapidement 40.000.000 de fois 40 litres soit 1.600.000 m3 de carburant  pour rassurer temporairement les usagers. Exprimé en volume avant raffinage, c’est-à-dire en pétrole importé,  il s’agit d’environ une quinzaine de millions de barils. Cette quantité correspond à 15% de la consommation journalière mondiale de pétrole.

On comprend bien que l’automobiliste français a peu de chance de voir son désir satisfait : il ne remplira pas son réservoir lorsque la panique s’emparera de lui et de ses compatriotes du fait de l’incompréhensible arrêt des raffineries et de la fermeture stupide des dépôts de carburant. Le scénario ne sera que celui des files d’attente à l’entrée des stations-service…

Les stocks permettraient peut-être d’envisager de remplir ces réservoirs mais les tuyaux du système de distribution n’autoriseraient pas ce genre de débit, même si les agents des services publics intelligemment menés par des syndicats responsables et non pas décérébrés  remplissaient leur mission au lieu de faire grève pour remplir encore et encore le panier de leur acquis sociaux.

Heureusement aucun de ces évènements ou scénarii ne se produit en une journée, aucune grève n’est totale, tous les syndicats ne sont pas coupés du monde et les « choses »  sont lissées par le temps mais il n’est pas inutile d’avoir ces ordres de grandeur en tête pour imaginer ce qui va se produire quand les « choses » iront mal pour de bon,  à force de tirer sur la corde du progrès social financé par la dette.

Les gens d’un certain âge qui conservent confusément des souvenirs de ce que furent les années de la décennie 1940 n’auront aucune difficulté à comprendre ce qu’on cherche à dire ici.

 

31 mai 2016