Grâce à l’UNEF (Grâce lui soit rendue) la vie politique française s’est enrichie de personnages représentatifs de stature nationale comme MM Cambadelis, Dray et même Manuel Valls. Grâce à SOS racisme c’est le très flexible Harlem Désir qu’on retiendra dans ce propos pour illustrer de quelle matière est construite la classe politique française. Il serait inconséquent d’oublier l’illustre promotion Voltaire de l’ENA qui fournit un fort contingent des compétences qui structurent notre vie économique, sociale et internationale et en particulier celle de notre Culbuto de Président.

Grâce à Zapata Offshore et autre Halliburton la vie politique américaine a connu l’ère des Bush, des Cheney, des Rumsfeld, le trio maudit, personnages de culture variée ayant tous fait des parcours mixtes, slalomant entre vie politique et industrie pétrolière ou pharmaceutique, sans qu’on discerne bien quelle phase de ces parcours sert de marche pied ou de tremplin à la suivante : des personnages du siècle, les pieds dans la boue de forage et dans les intrigues de Washington. Il y a là un signe distinctif du monde politique américain dans lequel l’argent des entreprises et le pouvoir font bon ménage et se confortent réciproquement. Les Bush en sont l’achèvement mais les choses sont en place dès l’origine de la jeune république.

En France une classe politique hors-sol, comme on dit de nos jours, nourrie à l’idéologie molle des déconstructionnistes et des bourdieuseries, confusément marxiste, pas forcément méchante mais figée dans un conservatisme gauchisant qui la rend incapable depuis 1981 de simplement lire le budget de l’État qu’elle est en train de proposer et dont elle compensera les insuffisances par le puits sans fond de la dette.

Aux Etats Unis une classe politique tellement mouillée, arrosée par le pognon des gros systèmes industriels, armement, énergie, automobile qu’elle laisse se développer un impérialisme économique (au demeurant vacillant)  sans réelle vision géopolitique. Oscillation entre un containment mal digéré à la Kennan, une géographie (géométrie ?) des sphères à la Brzezinski, ou une simple et plutôt vulgaire agression militaire à la Bush-numéro2,  le tout assez peu enveloppé d’idéologie et de sophistication mais conduisant comme on l’observe au désordre, au fiasco puis au chaos.

Le citoyen aimerait ne pas avoir à choisir entre ces deux images également détestables et il souhaite que la vie politique lui présente des personnes, d’une culture suffisamment structurée pour qu’ils ne succombent pas aux charmes des idéologies simplifiantes ou même simplistes ; des personnes ayant vécu la vie du siècle et du mode du travail avec bon sens et un rien d’humilité, sans que cette humilité soit une entrave à leur capacité d’imaginer et de projeter ce que leur pays, le nôtre, doit entreprendre pour tenter de survivre dans le grand chaudron de la mondialisation. Des personnes qui voient le monde tel qu’il est –que cela plaise ou non- et qui, dans cette vision arrivent à placer la France en limitant nos imperfections et en valorisant nos ressources.

Peut-être ces remarques expliquent elles le soudain engouement que suscite M. Macron ?

 

Mai 2016