Passez la monnaie !

Quand Big Brother porte le masque du Grand Méchant Marché.

Une pub à la télé : au marché, un bonhomme achète des cerises une par une. Cela nous apprend deux choses. La première est que les cerises sont hors de prix. Nous le savions déjà. Mais cela nous dit aussi la joie qu’éprouve le personnage à utiliser la nouvelle application Appletruc ou Windowchose ou même Orangemuche (Richard à la pointe du progrès) qui lui permet de payer « sans contact » son emplette. Finis les piécettes, les sous, les thunes (ça, c’est mon père, élevé sur les Barrières) et autres billets démodés. Plus de biffetons, que de la connexion.

Amazon, payez en un clic…Nespresso, le tapis rouge, quand voulez-vous être livré…et Mulliez, jamais en retard au point que c’est IKEA qui fait ringard maintenant.

 

Sapin de son côté, à la suite de ses prédécesseurs, avec un enthousiasme tempéré de Hollandisme a enfourché ce cheval de l’éradication de la monnaie en espèces, du liquide (qui s’écoule), du fiduciaire et divisionnaire, bref de l’oseille de papa (encore lui). Dans l’esprit du brave voltairien (pas les idées, la promo) tout doit passer par la banque. Pas de salaire sans compte bancaire, pas de versement en liquide de plus de 1000 euros. Je vous parie qu’avant la fin du quinquamachin, ce sera 500. Le citoyen devient suspect dès qu’il ouvre son porte-monnaie : n’est-il pas en possession d’argent de la drogue, ou du banditisme (on est obligé de faire une nuance, la drogue c’est quasi pas-pénal, Hamon l’a dit) ou bien encore du terrorisme ? Le terrorisme, argument suprême qui l’emporte sur les autres : état d’urgence oblige.

 

Bon, c’est vrai, j’avoue, le cash, c’est l’argent du p’ti boulot, de travail au black ; mais c’est aussi la pièce que vous refilez dans la rue à la roumaine avec son gosse délibérément dépenaillé en vous interrogeant sur elle et sur vous-même, c’est le billet de 50 que vous glissez dans la main de la petite nièce dont vous avez oublié l’anniversaire. C’est du « pouvoir de faire » (définition de la puissance) qui tient dans votre poche à l’insu du banquier et de Big Brother.

 

Plus de monnaie liquide : le vélo qui rouille dans votre cave, vous le vendez à votre jardinier qui s’en servira à la campagne et vous lui faite un prix : 100 Euros. Il vous fait un chèque, obligado, sa poche est vide. Vous encaissez l’effet de banque. Bip dans le bureau virtuel du banquier, affidé obligé et nécessaire.  Bipbip chez Sapin. L’algorithme Alpha+ de Sapin entend Bipbip et applique bécif la TTEP (Taxe sur les Transactions Entre Particuliers) que vous acquitterez re-bécif par une réduction de votre salaire qui aura été, re-re-bécif, crédité sous l’œil de Sapin qui, ne l’oubliez pas, s’est glissé dans ce mécanisme par le jeu subtil du…  prélèvement à la source de l’IR. Â l’évidence de façon différée mais surement pas oubliée. Le mot important (et importé) dans ce paragraphe, c’est le mot bécif. Ceux qui n’ont pas connu la griserie du maintien de l’ordre ne connaissent peut-être pas le vocable. En revanche, ceux qui sont au contact de la Jeunesse-issue-de en sont familiers. Traduisons : Bécif = Au-To-Ma-Ti-Que et plus encore O-Bli-Ga-Toire. Ça se fait tout seul, Alpha+ se charge de tout et vous n’y pourrez rien.

 

Vous me direz Sapin n’est plus là. C’est vrai, justement aujourd’hui 13 mai 2017.

Mais soyez en certain, il sera remplacé et quoi qu’on nous en promette il y a toute les chances pour que l’univers de la taxation se dilate à la façon de l’Univers tout-court.

Vous avez dit État Totalitaire ?

Auriez-vous tout compris ?

Mais l’État, c’est vous !

 

13 mai 2017 : Demain Culbuto fait visiter le palais au nouveau président en essayant, dernière Léonarderie, de nous faire croire qu’il est l’initiateur de ce renouvellement, prélude au Renouveau.

Ganzer, le conseiller de Culbuto et l’ami du Rédac du Canard, sera-il témoin de cette émouvante cérémonie ? Une pensée pour Fifi et pour la tapissière de Sablé.