Ce petit texte de circonstance est la suite d’une conversation téléphonique que j’ai eue récemment avec un ami : je déplorais la nomination de l’ectoplasme Hulot au poste de ministre de la transition de mes deux, qui n’est rien d’autre que le ministère de l’énergie. Il me répondait que l’abandon du territoire aux forces montantes du monde musulman est bien davantage un souci.

Il a raison ou plutôt il n’a pas tort mais l’envie m’est venue de lui rappeler que toute politique suppose qu’on ait les moyens de l’appliquer. 

 

Au bord du terrier deux lapins conversent :

 Je ne comprends pas le choix du nouveau Grand Lapin qui a choisi pour ministre des Prairies Vertes le vilain Hibou grincheux qui ne connait rien aux problèmes de l’Herbe Abondante et qui poursuit une carrière d’illusionniste à peine sympathique, dit le lapin qui compte.

 Tu t’égares, lui répond le lapin qui conte, la seule chose importante est la défense de l’identité lapine : nous sommes les héritiers et détenteurs d’une culture que les rats des villes et des champs mettent en péril. Ils ont envahi nos prés et nos terriers en y apportant, la chose est patente, leur peste verte. Tous les Grands Lapins du passé ont détourné le regard, ne sachant que faire. Ils ne savaient pas ou ne voulaient pas savoir que le calme d’aujourd’hui n’est que l’annonce du chaos de demain.

Certes, lui répond le lapin qui compte : que faut-il faire ?

Le lapin qui conte ne répond pas.

Aucun des deux lapins et pas davantage le Grand Lapin ne savent ce qu’il convient de faire : les rats sont trop nombreux et dans leurs rangs beaucoup portent la peste, mais au fil de l’histoire et du temps qui emporte tout, ils ont été lapinisés. Un peu… sur le papier. Ils sont blottis dans le terrier, nourris eux aussi de l’herbe du progrès social des Lapins de la Chère et Vieille Prairie.

 Le très sage (il est plus âgé) et très avisé lapin qui compte reprend :

Tu as tort d’opposer les deux attitudes. Il est important de savoir comment éradiquer la peste verte, il est important que la lapinisation des rats des villes soit réelles, il est important que de nouveaux rats ne zodiakent pas massivement vers notre chère et vieille prairie mais il n’empêche que toute action de dératisation quelle qu’en soit la forme demandera, au-delà du concept, des Moyens. Seul des lapins costauds, riches et résolus pourront contenir le rat conquérant. La lutte contre la peste verte suppose la Force et pas seulement la force des idées. Ce Dark Vador ne sera vaincu ou repoussé que par la puissance et la richesse des Lapins de la Prairie. Restent-ils pauvres et égarés dans leur redistribution d’une herbe qui ne pousse plus, ils disparaissent du champ laissant les rats maîtres du tas d’immondices sur lequel ils croissent. On ne peut séparer le combat idéologique du combat économique.

L’Idée, la Défense des Valeurs, notre Culture, nos Croyances, notre Histoire sont la colonne vertébrale, le squelette de notre corps social. Il ne faut pas oublier que ce qui le fait vivre, bouger, agir ce sont les muscles, le sang qui circule (eh, oui, le vilain fric), et les organes qui font ce que la Tête lui dit de faire. Quand il a une Tête.

Alors quand la Tête dit et fait une connerie, comme de confier ce Ministère des Prairies Vertes au Hibou-Guignol il faut comprendre que le résultat sera inéluctablement du muscle en moins, et pourquoi pas, tout étant lié, de la Volonté en moins.

Et du rat en plus.

 Que dira le lapin qui conte ?

20 mai 2017

Conte à suivre.