Blablacar   2ème partie

 

On va dire, c’est quoi, cette critique jargonneuse de notre président, cette analyse confuse qui se termine en queue de poisson sur une espèce de jeu de mot, façon calembour.

Que voulais-tu dire exactement, qui te reste en travers et que tu gardes au chaud, incapable que tu es de clarifier tes idées.

 La mode est à reconnaitre que de grands changements interviennent dans le monde de l’information.

Ce sont des enfants de la fée électricité.  La bonne fée au tournant du siècle dernier a bouleversé les communications par le télégraphe, qui de suite, traversa les océans, puis la TSF, qui de suite parla aux hommes « en temps réel *», puis la TV qui de suite envahit les foyers au risque d’isoler les enfants dans le plus violent des Neverland,  puis les PC et la Toile qui à leur tour, de suite, éclairent et emmurent nos vies…

Je dis monde de l’information, faute d’un meilleur vocable.

Ce monde, comme une mousse incontrôlable déborde des petites machines par lesquelles elle est produite et englue de nos jours toute activité de l’homme.

Nous sommes suspendus à nos smartphone, consultons Wiki dix fois par jour, ne pouvons faire un pas sans requérir le confort du GPS et Amazon promet de nous délivrer d’avoir à aller chercher notre panier de patates chez le Mozabite du coin.

« En même temps » la mousse déborde sur le travail ordinaire : l’outil de l’ouvrier se perfectionne en devenant machine puis robot et, selon les prédictions des oracles, se substituera à lui, lui volera son travail et son pain.

Mais Schumpi nous le dit, de ce remplacement naitra un autre monde d’activité. Différent, c’est certain et moins pénible, moins éprouvant, plus agréable en somme… Tout bénef ! Fini, le chevalet du travail. A nous le temps libre et l’esprit clair.

Baverez, Bouzou, Dessertine et les autres cédanlèristes en sont persuadés et nous en persuadent.

Tous, ils nous le disent : nous sommes entrés dans une ère nouvelle ; un grand train passe qui emporte le vieux monde ; nous devons, vite, vite,  prendre place à bord et sans retard suivre ou mieux précéder ces changements, les anticiper et, osons les mots, créer et innover.

Cela n’est pas sans me rappeler la parole présidentielle, dont je disais dans une première partie que je l’avais laborieusement (lourdement) décortiquée. Il peut même prétendre être le coryphée qui, le  premier entonnera le péan annonciateur d’une révolution…toute Copernicienne. Quel habile rapprochement !

 

Il est vrai que ces bouleversements qu’introduit en force et en douceur l’univers de l’information nous semblent recouvrir tout ; c’est l’image de la mousse –un peu gluante- que j’utilisais à l’instant.

Tout dans nos vies, dans nos transports (mêmes amoureux), dans nos loisirs, dans notre travail.

Il nous apparait alors que cet univers nouveau posé sur l’ancien a pris sa place et que le monde d’hier est submergé et a disparu tel un continent ancien, mythique.

 Pourtant je lis, j’entends, je regarde des graphiques et je m’étonne.

La production mondiale de ciment progresse régulièrement de, tenez-vous bien, quasiment 10% par an depuis que…je possède un ordinateur.

Pour le pétrole, avec quelques creux et bosses, le chiffre est de 2 à 3 %, seulement, en marche vers un « Oil Peak » dont l’altitude ne cesse de croître.

Et le papier, grand oublié des stats, puisque le cloud le remplace, surprise, surprise, encore 10 %...

Je passe l’acier, l’aluminium et, héros du 19ème siècle, grand résistant, probable vainqueur au finish, le charbon.

 Tous ces chiffres sont à prendre avec précaution, mais ils conduisent cependant le naïf que je suis à se demander si l’Atlantide de l’ancien monde industriel que nous ne foulons plus, a vraiment disparu et si en réalité nous ne naviguons pas inconsciemment sur ce radeau de mousse qui nous éloigne d’un continent toujours fermement ancré sur la planète et peuplé de gens ayant les pieds sur terre, de nationalités américaine, chinoise, coréenne ou même allemande.

Tous ces gens qui produisent acier, ciment, pétrole, charbon et machines en tout genre utilisent bien les outils modernes que leur offre le monde de l’information, mais ils n’oublient pas que les immeubles ne se construisent pas avec des pixels ou des octets, mais avec du ciment.  Ils savent que les  rails, les trains (même le TGV), les voitures (les Cars de Blabla) sont faits en acier, que les avions sont des boites d’aluminium propulsés par des moteurs qui consomment du kérosène et que les produits qu’Amazon distribue à droite et à gauche sont emballés dans du carton fabriqué dans des…usines.

Quoi, il existerait un monde avec des usines ? Que ces gens-là sont attardés.

 Il est vrai qu’ils emploient avec ou sans chômage des ouvriers peu payés et souvent maltraités. Ils n’ont pas eu à réinventer l’esclavage qui n’avait jamais disparu.

Il est vrai qu’ils ne connaissent pas les délices d’un système social qu’ils nous envient.

Il est vrai qu’ils n’envoient pas chaque année une tranche d’âge complète s’échouer dans un Enseignement que nous continuons d’appeler Supérieur.

Il est vrai qu’ils travaillent pour produire ce que nous consommons.

 Dans le Verbe du Président je n’entends pas qu’il ait conscience que ce continent du monde du pétrole, du charbon et de l’acier continue de façonner le monde, d’y produire des armes et des hordes d’envahisseurs futurs.

La révolution  copernicienne qu’il nous dessine fera-t-elle de nous des lutins agiles voletant au-dessus des flammes, des feux follets  ou des zombies ?

 J’ai tort de m’inquiéter : il a choisi comme Ministre de L’Énergie Nicolas Hulot, éminent spécialiste du sujet.

Nous sommes sur la voie du redressement : nous cochons la case « Blabla ».

 

05 octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Blablacar   2ème partie

 

On va dire, c’est quoi, cette critique jargonneuse de notre président, cette analyse confuse qui se termine en queue de poisson sur une espèce de jeu de mot, façon calembour.

Que voulais-tu dire exactement, qui te reste en travers et que tu gardes au chaud, incapable que tu es de clarifier tes idées.

 

La mode est à reconnaitre que de grands changements interviennent dans le monde de l’information.

Ce sont des enfants de la fée électricité.  La bonne fée au tournant du siècle dernier a bouleversé les communications par le télégraphe, qui de suite, traversa les océans, puis la TSF, qui de suite parla aux hommes « en temps réel *», puis la TV qui de suite envahit les foyers au risque d’isoler les enfants dans le plus violent des Neverland,  puis les PC et la Toile qui à leur tour, de suite, éclairent et emmurent nos vies…

Je dis monde de l’information, faute d’un meilleur vocable.

Ce monde, comme une mousse incontrôlable déborde des petites machines par lesquelles elle est produite et englue de nos jours toute activité de l’homme.

Nous sommes suspendus à nos smartphone, consultons Wiki dix fois par jour, ne pouvons faire un pas sans requérir le confort du GPS et Amazon promet de nous délivrer d’avoir à aller chercher notre panier de patates chez le Mozabite du coin.

« En même temps » la mousse déborde sur le travail ordinaire : l’outil de l’ouvrier se perfectionne en devenant machine puis robot et, selon les prédictions des oracles, se substituera à lui, lui volera son travail et son pain.

Mais Schumpi nous le dit, de ce remplacement naitra un autre monde d’activité. Différent, c’est certain et moins pénible, moins éprouvant, plus agréable en somme… Tout bénef ! Fini, le chevalet du travail. A nous le temps libre et l’esprit clair.

Baverez, Bouzou, Dessertine et les autres cédanlèristes en sont persuadés et nous en persuadent.

Tous, ils nous le disent : nous sommes entrés dans une ère nouvelle ; un grand train passe qui emporte le vieux monde ; nous devons, vite, vite,  prendre place à bord et sans retard suivre ou mieux précéder ces changements, les anticiper et, osons les mots, créer et innover.

Cela n’est pas sans me rappeler la parole présidentielle, dont je disais dans une première partie que je l’avais laborieusement (lourdement) décortiquée. Il peut même prétendre être le coryphée qui, le  premier entonnera le péan annonciateur d’une révolution…toute Copernicienne. Quel habile rapprochement !

 

Il est vrai que ces bouleversements qu’introduit en force et en douceur l’univers de l’information nous semblent recouvrir tout ; c’est l’image de la mousse –un peu gluante- que j’utilisais à l’instant.

Tout dans nos vies, dans nos transports (mêmes amoureux), dans nos loisirs, dans notre travail.

Il nous apparait alors que cet univers nouveau posé sur l’ancien a pris sa place et que le monde d’hier est submergé et a disparu tel un continent ancien, mythique.

 

Pourtant je lis, j’entends, je regarde des graphiques et je m’étonne.

La production mondiale de ciment progresse régulièrement de, tenez-vous bien, quasiment 10% par an depuis que…je possède un ordinateur.

Pour le pétrole, avec quelques creux et bosses, le chiffre est de 2 à 3 %, seulement, en marche vers un « Oil Peak » dont l’altitude ne cesse de croître.

Et le papier, grand oublié des stats, puisque le cloud le remplace, surprise, surprise, encore 10 %...

Je passe l’acier, l’aluminium et, héros du 19ème siècle, grand résistant, probable vainqueur au finish, le charbon.

 

Tous ces chiffres sont à prendre avec précaution, mais ils conduisent cependant le naïf que je suis à se demander si l’Atlantide de l’ancien monde industriel que nous ne foulons plus, a vraiment disparu et si en réalité nous ne naviguons pas inconsciemment sur ce radeau de mousse qui nous éloigne d’un continent toujours fermement ancré sur la planète et peuplé de gens ayant les pieds sur terre, de nationalités américaine, chinoise, coréenne ou même allemande.

Tous ces gens qui produisent acier, ciment, pétrole, charbon et machines en tout genre utilisent bien les outils modernes que leur offre le monde de l’information, mais ils n’oublient pas que les immeubles ne se construisent pas avec des pixels ou des octets, mais avec du ciment.  Ils savent que les  rails, les trains (même le TGV), les voitures (les Cars de Blabla) sont faits en acier, que les avions sont des boites d’aluminium propulsés par des moteurs qui consomment du kérosène et que les produits qu’Amazon distribue à droite et à gauche sont emballés dans du carton fabriqué dans des…usines.

Quoi, il existerait un monde avec des usines ? Que ces gens-là sont attardés.

 

Il est vrai qu’ils emploient avec ou sans chômage des ouvriers peu payés et souvent maltraités. Ils n’ont pas eu à réinventer l’esclavage qui n’avait jamais disparu.

Il est vrai qu’ils ne connaissent pas les délices d’un système social qu’ils nous envient.

Il est vrai qu’ils n’envoient pas chaque année une tranche d’âge complète s’échouer dans un Enseignement que nous continuons d’appeler Supérieur.

Il est vrai qu’ils travaillent pour produire ce que nous consommons.

 

Dans le Verbe du Président je n’entends pas qu’il ait conscience que ce continent du monde du pétrole, du charbon et de l’acier continue de façonner le monde, d’y produire des armes et des hordes d’envahisseurs futurs.

La révolution  copernicienne qu’il nous dessine fera-t-elle de nous des lutins agiles voletant au-dessus des flammes, des feux follets  ou des zombies ?

 

J’ai tort de m’inquiéter : il a choisi comme Ministre de L’Énergie Nicolas Hulot, éminent spécialiste du sujet.

Nous sommes sur la voie du redressement : nous cochons la case « Blabla ».

 

05 octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On va dire, c’est quoi, cette critique jargonneuse de notre président, cette analyse confuse qui se termine en queue de poisson sur une espèce de jeu de mot, façon calembour.

Que voulais-tu dire exactement, qui te reste en travers et que tu gardes au chaud, incapable que tu es de clarifier tes idées.

 

La mode est à reconnaitre que de grands changements interviennent dans le monde de l’information.

Ce sont des enfants de la fée électricité.  La bonne fée au tournant du siècle dernier a bouleversé les communications par le télégraphe, qui de suite, traversa les océans, puis la TSF, qui de suite parla aux hommes « en temps réel *», puis la TV qui de suite envahit les foyers au risque d’isoler les enfants dans le plus violent des Neverland,  puis les PC et la Toile qui à leur tour, de suite, éclairent et emmurent nos vies…

Je dis monde de l’information, faute d’un meilleur vocable.

Ce monde, comme une mousse incontrôlable déborde des petites machines par lesquelles elle est produite et englue de nos jours toute activité de l’homme.

Nous sommes suspendus à nos smartphone, consultons Wiki dix fois par jour, ne pouvons faire un pas sans requérir le confort du GPS et Amazon promet de nous délivrer d’avoir à aller chercher notre panier de patates chez le Mozabite du coin.

« En même temps » la mousse déborde sur le travail ordinaire : l’outil de l’ouvrier se perfectionne en devenant machine puis robot et, selon les prédictions des oracles, se substituera à lui, lui volera son travail et son pain.

Mais Schumpi nous le dit, de ce remplacement naitra un autre monde d’activité. Différent, c’est certain et moins pénible, moins éprouvant, plus agréable en somme… Tout bénef ! Fini, le chevalet du travail. A nous le temps libre et l’esprit clair.

Baverez, Bouzou, Dessertine et les autres cédanlèristes en sont persuadés et nous en persuadent.

Tous, ils nous le disent : nous sommes entrés dans une ère nouvelle ; un grand train passe qui emporte le vieux monde ; nous devons, vite, vite,  prendre place à bord et sans retard suivre ou mieux précéder ces changements, les anticiper et, osons les mots, créer et innover.

Cela n’est pas sans me rappeler la parole présidentielle, dont je disais dans une première partie que je l’avais laborieusement (lourdement) décortiquée. Il peut même prétendre être le coryphée qui, le  premier entonnera le péan annonciateur d’une révolution…toute Copernicienne. Quel habile rapprochement !

 

Il est vrai que ces bouleversements qu’introduit en force et en douceur l’univers de l’information nous semblent recouvrir tout ; c’est l’image de la mousse –un peu gluante- que j’utilisais à l’instant.

Tout dans nos vies, dans nos transports (mêmes amoureux), dans nos loisirs, dans notre travail.

Il nous apparait alors que cet univers nouveau posé sur l’ancien a pris sa place et que le monde d’hier est submergé et a disparu tel un continent ancien, mythique.

 

Pourtant je lis, j’entends, je regarde des graphiques et je m’étonne.

La production mondiale de ciment progresse régulièrement de, tenez-vous bien, quasiment 10% par an depuis que…je possède un ordinateur.

Pour le pétrole, avec quelques creux et bosses, le chiffre est de 2 à 3 %, seulement, en marche vers un « Oil Peak » dont l’altitude ne cesse de croître.

Et le papier, grand oublié des stats, puisque le cloud le remplace, surprise, surprise, encore 10 %...

Je passe l’acier, l’aluminium et, héros du 19ème siècle, grand résistant, probable vainqueur au finish, le charbon.

 

Tous ces chiffres sont à prendre avec précaution, mais ils conduisent cependant le naïf que je suis à se demander si l’Atlantide de l’ancien monde industriel que nous ne foulons plus, a vraiment disparu et si en réalité nous ne naviguons pas inconsciemment sur ce radeau de mousse qui nous éloigne d’un continent toujours fermement ancré sur la planète et peuplé de gens ayant les pieds sur terre, de nationalités américaine, chinoise, coréenne ou même allemande.

Tous ces gens qui produisent acier, ciment, pétrole, charbon et machines en tout genre utilisent bien les outils modernes que leur offre le monde de l’information, mais ils n’oublient pas que les immeubles ne se construisent pas avec des pixels ou des octets, mais avec du ciment.  Ils savent que les  rails, les trains (même le TGV), les voitures (les Cars de Blabla) sont faits en acier, que les avions sont des boites d’aluminium propulsés par des moteurs qui consomment du kérosène et que les produits qu’Amazon distribue à droite et à gauche sont emballés dans du carton fabriqué dans des…usines.

Quoi, il existerait un monde avec des usines ? Que ces gens-là sont attardés.

 

Il est vrai qu’ils emploient avec ou sans chômage des ouvriers peu payés et souvent maltraités. Ils n’ont pas eu à réinventer l’esclavage qui n’avait jamais disparu.

Il est vrai qu’ils ne connaissent pas les délices d’un système social qu’ils nous envient.

Il est vrai qu’ils n’envoient pas chaque année une tranche d’âge complète s’échouer dans un Enseignement que nous continuons d’appeler Supérieur.

Il est vrai qu’ils travaillent pour produire ce que nous consommons.

 

Dans le Verbe du Président je n’entends pas qu’il ait conscience que ce continent du monde du pétrole, du charbon et de l’acier continue de façonner le monde, d’y produire des armes et des hordes d’envahisseurs futurs.

La révolution  copernicienne qu’il nous dessine fera-t-elle de nous des lutins agiles voletant au-dessus des flammes, des feux follets  ou des zombies ?

 

J’ai tort de m’inquiéter : il a choisi comme Ministre de L’Énergie Nicolas Hulot, éminent spécialiste du sujet.

Nous sommes sur la voie du redressement : nous cochons la case « Blabla ».

 

05      octobre 2017

 

* Quelle drôle d’expression : est-il rien de plus irréel que le temps ?