Ce texte a été écrit dans les quelques jours qui ont précédé la promesse du gouvernement de sortir de la situation d’attente des dernières années. Je l’édite au moment même où la décision est annoncée.

Sans surprise, le projet est abandonné : « Les conditions ne sont pas remplies » nous dit le si populaire Édouard. Le lecteur se convaincra aisément que je ne partage pas ce point de vue. Je crains même que ce « refus devant l’obstacle » ne soit une très grave faute politique. Ce Jupiter n’est pas Zeus.

 

C’est promis, juré. Plus de tergiversations. Plus de procrastinations. Pas la moindre hésitation. Bannie l’incertitude, le barguignage, le doute et le flottement….

Le Divin Enfant va décider et la parole Présidentielle comme celle de Yahvé à Moïse nous dira le chemin qui mène au salut et la Règle qui guide nos vies.

Enfin après quelques mois de réflexion supplémentaire(s) tout de même. Supplémentaires les mois et supplémentaire la réflexion.

C’est que le dossier est lourd et il se pourrait qu’il n’ait pas été complétement instruit.

Donc, tout de même un dernier (promis !) rapport et puis, croix de bois, croix de fer, le verbe s’exprime et la parole nous est enfin révélée.

D’ailleurs cette affaire-là relève à l’évidence du gouvernement (c’est le moins qu’on puisse dire) et c’est donc le Grand Prêtre, le Premier Ministre qui rendra le Jugement et exprimera le Juste.

Il convient donc, tout de même, qu’il s’enquiert lui aussi des Textes et des Paroles des Sages qui ont au cours du dernier demi-siècle gloser sur la Chose.

Le mot important est « tout de même ». Ce tout de même, signifie qu’il y a « tout de même » place à de la tergiversation, procrastination, hésitation…cf infra.

Le lecteur tentera de ne pas d’établir la relation (prégnante) qui vient à l’esprit entre le « tout de même » et le « en même temps ». C’est l’ambiguïté du « tout de même » dont le sens a glissé vers « enfin, ce n’est pas sûr, attendons un peu » : Malgré ce qui vient d’être diten dépit de ce qui est arrivé ou pourrait arriver. Cntrl

Heureusement le « en même temps » nous fait sortir des marécages de l’indécision.

 

Le lecteur aura compris que ce badinage concerne le projet de construction de l’Aéroport de Notre-Dame des Landes.

Comme la plupart de mes concitoyens, je n’ai aucune « opinion » sur le sujet. S’être construit une opinion signifierait que le sujet ait été étudié et que les ingrédients du potage soient connus. Donc, avant étude et après épuisement du subjonctif, je n’ai pas d’opinion.

Cependant j’ai cru relever un grand nombre de faits et d’évènements qui donnent « tout de même » une structure au dossier.

Les prévisions de croissance du trafic aérien régional, qui justifiait initialement la décision étaient probablement optimistes à l’époque. C’est toujours le cas : les protagonistes d’un développement appuient sur le champignon « Besoin » pur accélérer la mise en œuvre d’une réalisation.

J’ai compris que l’argument, optimiste en 1960 et encore en 1990 était devenu fort pertinent maintenant que l’aéroport actuel atteint, dit-on, la saturation.

Que signifie cette notion de saturation, je l’ignore et ce qui me parait important en la matière est d’abord l’opinion des principaux usagers, qui en l’occurrence sont les passagers mais surtout les Compagnies Aériennes.

Une des premières questions qui se pose est de savoir de quel trafic aérien il s’agit : la destination Paris est desservie par TGV en 2 heures. On parle donc en priorité de Nantes-Agglomérations européennes.

Quoi qu’il en soit, sauf si j’ai mal entendu, que ce soit NDDL ou remodelage de l’aéroport existant il faut faire quelque chose.

J’entends aussi que les coûts de ces deux solutions sont du même ordre de grandeur, considérant les engagements déjà pris dans le projet du nouvel aéroport. Dans tous les cas et sauf à continuer à ne rien faire, les responsables parlent d’un demi-milliard d’Euros. Traduit dans mon vocabulaire, disons un milliard et n’en parlons plus.

Alors, et peut-être aurais-je du commencer par-là, quelle est la situation juridique du dossier ?

Sur ce point, à la différence des précédents, je comprends qu’il n’y a aucun doute possible.

Construisons un nouvel Aéroport à Notre Dame des Landes.

La décision a été prise, puis reprise puis confirmée, puis reconfirmée. Tous les recours ont été épuisés. Le décret de 2008 semble conclure le parcours. La Communauté de Commune tente une dernière action et son  pourvoi est  finalement rejeté en 2010.

Adjudication, sélection d’un entrepreneur-gestionnaire et confirmation du bazar en décembre 2010.

Je joins pour le lecteur patient un extrait de wiki qui précise le déroulé des dernières phases de Non-prise de décision de 2010 à la période que nous vivons. Rire ou pleurer ? Pleurer de rire !

Mais !

La Zone d’Aménagement Différé s’est pendant ces longues procédures transformée en une Zone à Défendre.

La nécessaire expulsion n’est plus possible : le fantôme de Fraisse paralyse le gouvernement de la République.

Ce pauvre Hollande cherche comme tous ses prédécesseurs à gagner (ou perdre) du temps, à botter en touche comme on dit de nos jours, avec une consultation « populaire ». Fatalitas, la consultation enfonce le clou…et le projet est à nouveau validé.

Tourmente de l’élection présidentielle : comment continuer à gagner-perdre du temps ? Ben voyons, un nouveau rapport. D’ailleurs si je demande à des opposants notoires de préparer ce nouveau rapport, la probabilité est grande que s’ajoute une nouvelle dose d’incertitude et d’absence d’autorité dans ce qui est devenu, à proprement parlé, indémerdable.

Et la patate, chaude et glissante à ce pauvre Édouard qui est si populaire. 

Trois paquets :

Un premier paquet est composé de tous les gens qui n’ont pas d’opinion : vous, moi les autres.  Ces gens se disent « tout de même » qu’il serait bien que notre pays soit dirigé : c’est la raison pour laquelle ils acquittent des impôts. La tendance serait en somme de croire à la qualité du jugement des personnes qui ont construit cette décision et de ne pas mettre en cause de façon systématique ce que le pouvoir, par nous désigné, a choisi de faire. Comme ils n’ont pas d’opinion « structurée » sur l’intérêt du projet ils pensent que l’important est que la République « fonctionne » et que les objections après avoir été entendues, analysées et prises en compte ne deviennent pas des perturbations de l’action publique.

 Un second paquet est composé des gens qui sont favorables au projet : pratiquement toutes les personnes concernées à l’exception d’une large partie des habitants de la communauté de communes de NDDL. Les élus locaux de tout poil, la population du département approuvent le projet. La quasi-totalité de la classe politique pour des raisons qui sont celles du reste de la population et des élus : intérêt du développement régional et respect du fonctionnement des institutions.

Avec ces deux paquets, la majorité est atteinte et largement dépassée. Le dossier pourrait se clore.

Le troisième paquet est composé des opposants. Comme un bouquet, il est varié.

Il comprend ceux que j’appellerais les opposants légitimes : ils sont directement concernés (on dit impactés maintenant, quand on parle la presse-langue) par cette construction : les expropriés, au premier chef, ainsi que les habitants des villages directement concernés. Pour ces gens la vie va changer. Agriculteurs, ils perdent leur terre et il est légitime qu’ils ressentent une agression et une dépossession.

Voisins, leur vie va être bouleversée et de ruraux qu’ils étaient, ils deviendront banlieusards.

L’argent des indemnités ne remplace pas ces choses. J’ai manqué écrire « valeurs ».

Ce groupe des légitimes comprend aussi les écolos pur-jus. Dans une démarche proche de celles des paysans, ils déplorent le bocage détruit, la rainette sacrifiée et l’oiseau tombé du nid. Pour eux, qui vivent dans le  légitime souci de moins abimer la planète, peu de consolation : le mal se fera et la seule offre qu’on puisse leur faire est d’étendre et de renforcer la protection de l’environnement ailleurs, où cela soit significatif et où cela ne nuira pas au développement économique. Il faut compenser le dégât ici, par un « mieux » ailleurs et que le solde paraisse positif à la communauté. Ce travail d’équilibre sera fructueux si les écolos le conduisent eux-mêmes par des marchandages positifs : Vous (c’est-à-dire nous, les Citoyens) prenez ce territoire, garantissez nous que plus jamais, on ne touchera à cet autre. C’est la logique du Conservatoire du Littoral.

Cette catégorie, que je qualifie d’écolos pur-jus est-elle abondante ? J’en doute.

Néanmoins, je décris ici une attitude légitime et qui mérite la considération.

 Maintenant, il y a les autres. Ici encore aucune homogénéité : dans ce tas, il y a des gentils, des rêveurs, des opportunistes politiques, des opposants « par principe », des intellos qui pensent jusqu’au bout de leur nez, des fanatiques de la décroissance.

Je ne parlerai pas de ceux qui sont à Paris, au chaud dans leurs cabinets et qui s’expriment par commentaires avisés dans la presse des Belles Âmes ; qui font des Nuits debout au bistrot à la mode.

Je pense aux occupants de la ZAD, ceux qu’il faudra bien, un jour ou une belle nuit, faire partir.

Mais beaucoup rêvent que cette expulsion puisse être évitée. Il suffit en effet d’admettre que le concept de propriété foncière est une manifestation archaïque d’un ordre bourgeois périmé…Une sorte de « Viens chez moi, j’habite chez une copine » généralisée et, soyons fou, légalisée. Une expulsion « à rebours ».

Je m’enquiers et consulte le spécialiste ; à ma grande déception, Brustier ne me dit rien : il est toujours planté dans son jardin entre Nuits debout, Plenel, Mélanchon et Gramsci.

Il me reste d’imaginer(1) de quoi est faite cette micro-population qui réside depuis quelques années sur les terrains qui devraient un jour accueillir le nouvel aéroport. J’éprouve des difficultés, mais une question s’impose. Comment vit cette communauté, quelles sont ses ressources ? Certains cultivent des jardins, élèvent des moutons, prêtent la main aux paysans encore présents mais, l’esprit cynique que je suis ne peut s’empêcher de penser que dans ce bel équilibre bucolique, le RSA, le chomedu et la panoplie des aides ad hoc doivent jouer un rôle important. Je me dis alors que la solidarité nationale (l’aide sociale) sert ici à alimenter le désordre civique et institutionnel ; institutionnel, puisqu’il y a reconnaissance et acceptation de ce désordre. (1) Reste de : Emploi rare, je revendique.

Le Républicain s’insurge et demande ce qui entrave l’action de la Force publique.

C’est le Fantôme. Le Fantôme de Fraisse.

L’affaire de Sivens est présente dans tous les esprits. Son déroulement est lié pour une large part à celle de NDDL. Cependant  il existe une différence importante entre elles : à Sivens, toute l’opposition au projet est composée de personnes impliquées au nom de principes et par principe. Toutes les personnes « concernées » par le projet lui sont favorables. C’est d’ailleurs le point faible de ce projet : il est défendu par des gens qui l’ont proposé, qui l’ont étudié et chiffré, qui l‘ont décidé et en ont construit le financement, qui en assurerons la construction puis qui l’exploiteront…Souhaitons qu’ils ne soient pas les entrepreneurs sélectionnés pour les travaux !

Une autre différence est dans la dimension des deux projets : un demi-milliard pour l’aéroport (sur le papier) et 7 millions pour le petit ouvrage collinaire qui reste donc au niveau du pour-cent du coût du projet nantais .

Donc, défense d’espaces humides, manifestations pacifiques et moins pacifiques, groupes de jeunes gens qui agressent les gendarmes, réponse et drame : un jeune étudiant trouve la mort au cœur de la nuit, au contact des gendarmes. Il endosse son suaire de fantôme.

Les faits : À 2h du matin des gendarmes « retranchés » dans un enclos grillagé sont attaqués par des jets de cocktails Molotov et de pavés. Ils répliquent avec des jets de gaz lacrymogènes et de grenades offensives.

Mon interprétation : Il est difficile de penser qu’une botaniste se soit trouvé « par inadvertance » au contact de gendarmes « retranchés » et attaqués, dans le cadre d’une manifestation pacifique de défense de la « grenouille agile » au milieu de la nuit et de nulle part.

Il ne s’agit pas de tomber dans le « Il l’a bien cherché » mais il est également difficile de pas se dire : Que diable, allait-il faire… ». Il est en conséquence difficile de ne pas penser que le jeune Fraisse faisait bien partie de cette jeunesse qui se croit autorisé à contester l’action publique par des méthodes de guérilla et la mise en danger des personnels des Forces de l’ordre.

Là est bien le fond du problème. Le refus de l’autorité de l’État et la crainte de la bavure policière ont atteint un tel niveau qu’il existe de nos jours une inversion complète des responsabilités et, j’hésite sur le mot, des « valeurs ». Il apparait légitime aux yeux des Belles Âmes de jeter des cocktails Molotov sur les flics et il est absolument criminel que le gendarme se défende. Le représentant de l’ordre public devient un paillasson ou un mannequin sur lequel les forces du progrès, les jeunes-issus-de et les anars de tout poil peuvent assouvir leur haine du système et en fait leur haine de tous les systèmes. Si le punching-ball se défend, il est « à priori » l’auteur de violences immédiatement qualifiées de policières.

Une fois encore le propos n’est pas de prétendre que la police soit irréprochable et que son action ne doive pas être contrôlée et mesurée. Mais on ne peut pas laisser accréditer l’idée que des gendarmes soient conduits à utiliser des dizaines de grenades uniquement « pour rire » ou pour se distraire au creux de la nuit.

Comme à l’accoutumé (et au risque de me répéter), je ne peux m’empêcher de croire que la mobilisation de toutes ces énergies contestataires n’est rendue possible que par les dépenses de la Solidarité Nationale !

Ce sont nos impôts et nos cotisations qui permettent à de nombreux inactifs de s’opposer par la violence à l’action publique. Cf : La médaille de quoi ? sur le blog en date du 11 janvier.

Le Fantôme de Fraisse rode à NDDL et il serait bien que la parole jupitérienne vienne rappeler aux jeunes gens qu’à vouloir donner des coups, il ne faut pas s’étonner d’en prendre.

Ce papier est écrit le jour même de l’annonce de la décision du Gouvernement sur l’avenir du projet d’aéroport.

Par quelle pirouette l’État va-t-il encore reculé ?

 

17 janvier 2018

Documents

Extrait de Wiki : une brève chronologie de 2000 à maintenant.

2000 : Relance du projet

Le projet est réactivé en 2000 sous le gouvernement Lionel Jospin. En effet, le 26 octobre 2000, la décision du Comité interministériel de « réaliser un nouvel aéroport, en remplacement de Nantes-Atlantique, sur le site de Notre-Dame-des-Landes afin de valoriser la dimension internationale et européenne des échanges de l’Ouest Atlantique » a ouvert la phase d’études.

En janvier 2002, pour permettre le pilotage du projet avec l'État, quinze collectivités — les régions Bretagne et Pays de la Loire, les départements d'Ille-et-VilaineLoire-AtlantiqueMaine-et-LoireMayenneMorbihanSarthe et Vendée et six agglomérations et intercommunalités — se réunissent au sein du Syndicat mixte d’études de l’aéroport de Notre-Dame-des-Lande. Ce syndicat mixte d’étude ayant atteint ses objectifs statutaires, il est dissous en janvier 2011 et laisse la place au syndicat mixte aéroportuaire.

Le 13 avril 2007, il est remis au préfet de la région Pays-de-la-Loire un rapport reconnaissant l'utilité publique du projet.

Fin 2007, la construction de l'aéroport du Grand-Ouest est confirmée, en dépit du Grenelle de l'environnement annonçant le gel de toute nouvelle structure aéroportuaire. Ce nouvel aéroport a été jugé par la préfecture de Loire-Atlantique compatible avec les objectifs du développement durable s’agissant d’un transfert pour raisons environnementales et non de la création d’une infrastructure supplémentaire.

2008 : Déclaration d'Utilité Publique

Le décret d'utilité publique (DUP) est publié le 10 février 2008, sous réserve que cet aéroport soit de haute qualité environnementale (HQE). Il fait suite à un débat public en 2002-2003 et une enquête publique fin 2006 qui a donné lieu à l’avis favorable de la Commission d’enquête du 13 avril 2007 reconnaissant l’utilité publique du projet dans son rapport remis au préfet de la région Pays de la Loire. En réaction à ce décret, une manifestation contre le projet se tient à Nantes début mars 2008, réunissant quelque 1 800 personnes selon la police, plus de 3 000 selon les organisateurs.

Le Conseil de la communauté de communes d'Erdre et Gesvres, sur laquelle doit être implanté le projet, décide le 9 juillet 2008 d’engager un recours en annulation de la déclaration d'utilité publique du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes devant le Conseil d'État.

Les 31 juillet 2009 et 27 janvier 2010, l’utilité publique de l’aéroport est confirmée par les arrêts du Conseil d’État rejetant les recours déposés contre la DUP aéroportuaire.

En octobre 2011, dans un communiqué, l'État annonce que la superficie de l'aéroport serait réduite à 730 ha (soit moins de la moitié de l'emprise dévolue en 2008 ; cf. DUP).

2008 : Appel d'offres

Après une phase de mise en œuvre, la réalisation du nouvel aéroport fait l’objet d’une procédure de mise en concurrence communautaire dans le cadre d'une Délégation de service public (DSP). Le nouvel appel d'offres (le premier ayant été annulé) du maître d'ouvrage – l'État (Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire ainsi que la Direction générale de l'Aviation civile) –, préparé par le préfet Bernard Hagelsteen, reçoit quatre candidatures (au 27 octobre 2008). Ce sont les groupes : Bouygues ; SNC-Lavalin ; NGE/SAS  et Vinci.

Les quatre candidats sont habilités et reçoivent le cahier des charges de la concession publié par l'État. Trois d’entre eux déposent leur offre, dont la date limite de dépôt était fixée au 30 octobre 2009 : AEMERA Groupe Bouygues Construction (Quille), Taranis (SNC Lavalin) et Vinci (Vinci SA). Les offres sont analysées, jusqu'à l'été 2010, par une commission technique consultative de l’État. Le choix du concessionnaire est effectué par le ministre chargé des Transports et l’attribution de la concession pour une durée de 55 ans. Il se porte sur la société Aéroports du Grand Ouest, filiale de Vinci Airports et dont les actionnaires principaux sont Vinci Airports, la CCI Nantes Saint-Nazaire et l'Entreprise de Travaux publics de l'Ouest (ETPO-CIFE). Cette attribution fait l’objet d’un décret en Conseil d’État le 29 décembre 2010. Le 1er janvier 2011, le contrat de délégation de service public entre en vigueur.

Cet appel d'offres comprend, outre le financement, la construction et la gestion de ce projet, l'exploitation des aéroports de Saint-Nazaire- Montoir et Nantes Atlantique, jusqu’au transfert de son activité commerciale à Notre-Dame-des-Landes.

novembre 2010 : Enquête publique

En novembre 2010, la commission chargée des enquêtes publiques concernant l'aménagement foncier lié au projet d'aéroport ouvre une permanence de recueil d'avis à Notre-Dame-des-Landes. La tenue de cette permanence est toutefois perturbée par des manifestations et de vigoureuses interventions des forces de l'ordre.

décembre 2010 : Concession à Vinci

Vinci remporte l'appel d'offres pour la conception, le financement, la construction et l'exploitation du futur aéroport pour une période de 55 ans.

novembre 2012 : La « commission du dialogue »

En novembre 2012, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault suspendant les opérations d'expulsion des occupants de la Zad et met en place une "commission du dialogue". Celle-ci conclut en avril 2013 à l'utilité du projet, tout en recommandant une amélioration des mesures de compensation environnementales.

30 octobre 2015 : feu vert aux travaux

Suite au rejet en juillet des recours environnementaux déposés par les opposants et la confirmation par le Premier ministre Manuel Valls de la poursuite du projet, la préfecture de Loire-Atlantique annonce la reprise des travaux pour 2016. Le 25 janvier 2016 la justice valide l'expulsion des derniers agriculteurs et riverains historiques vivant sur la ZAD.

26 juin 2016 : consultation locale

En mars 2015, un référendum local est évoqué par la ministre de l'écologie Ségolène Royal, possibilité envisagée par François Hollande lors de la Conférence environnementale fin novembre. Jacques Auxiette, le président du conseil Régional, partage l'avis de l'association pro-aéroport « Des ailes pour l'ouest » pour lesquels la consultation démocratique a déjà eu lieu.

À l'issue du remaniement ministériel de février 2016 et du retour d'EELV et de Jean-Marc Ayrault au gouvernement, François Hollande annonce la tenue d’un référendum local sur le projet. Le périmètre et le calendrier de la consultation sont dévoilés par Manuel Valls le 15 mars. Au moment de cette annonce, il n’est possible de réaliser ni un référendum national (dont le champ est limité par l’article 11 de la Constitution), ni un référendum local (car l’aéroport n’entre pas dans les compétences d’une collectivité territoriale - Article 72-1). Une nouvelle procédure est donc créée : la « consultation locale sur les projets susceptibles d’avoir une incidence sur l’environnement ».

Le décret publié au Journal officiel le 24 avril suivant prévoit que la consultation doit se tenir le 26 juin de la même année et que les habitants du département de Loire-Atlantique sont appelés à voter. Ils devront répondre à la question : « Êtes-vous favorable au projet de transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? ».

Selon les résultats officiels communiqués par la préfecture de Loire-Atlantique le 26 juin 2016, le « oui » en faveur du projet l'emporte avec 55,17 % contre 44,83 % pour le « non ». Le taux de participation est 51,08 %. Mais ses résultats cachent de grandes disparités, les communes directement concernées votant contre le projet à de très fortes majorités. L'exécutif a promis dans la foulée de lancer les travaux à l’automne.

À la suite de la victoire du « oui », la position de certains mouvements opposés au projet a commencé à s'infléchir dès le lendemain du scrutin. Ainsi, Michel Beaupré, responsable fédéral de l'Union démocratique bretonne, déclare : « Notre parti accepte sans réserve la décision populaire ». Ajoutant même que l'UDB dénonçait par avance « toutes les manifestations anti-démocratiques déjà prévues par les opposants ».

14 novembre 2016 : validation des arrêtés

La cour administrative d'appel de Nantes valide les arrêtés autorisant les travaux. La légalité du projet est confortée.

1er juin 2017 : Médiation

Le 1er juin 2017, le gouvernement nomme l'ancien pilote de ligne Gérard Feldzer, l'ancien ingénieur de l'ONF Michel Badré et la préfète Anne Boquet médiateurs responsables de trouver une solution dans le dossier. Cette médiation doit rendre ses conclusions au plus tard le 1er décembre 2017. Le 2 juin 2017Bruno Retailleau, président du syndicat mixte aéroportuaire soutenant le projet, demande à Gérard Feldzer de « se retirer » estimant qu'il « est un opposant notoire à Notre-Dame-des-Landes. A partir de là, ce n'est pas un médiateur, c'est un militant ». Le président de l'association des Ailes pour l'Ouest déclare que « cette médiation est une mascarade », récusant en outre la présence de Michel Badré nommé au Conseil économique, social et environnemental par une association opposée au projet.

Le rapport des médiateurs est remis le 13 décembre 2017 au premier ministre Édouard Philippe. Il retient deux options « raisonnablement envisageables », un transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou son maintien, avec un réaménagement, à Nantes-Atlantique. Les médiateurs préconisent par ailleurs le « retour à l’état de droit » et l’évacuation de la ZAD « quelle que soit l’option retenue » et « dès la décision gouvernementale », attendue au plus tard à la fin de janvier, la déclaration d'utilité publique du projet d'aéroport arrivant à son terme le 9 février 2018.

Dans une longue interview accordée au quotidien Ouest-France, le 21 décembre 2017, Gérard Feldzer estime que le projet Notre-Dame-des-Landes "n'est pas celui d'un aéroport du XXIe siècle". 

La naissance du Fantôme (Wiki encore)

La coordination des opposants au barrage de Sivens lance un appel à un grand rassemblement sur site le 25 octobre. Après la visite lundi de Cécile Duflot et Noël Mamère venus apporter le 21 octobre leur soutien aux manifestants, diverses personnalités sont sur le site le 25 octobre parmi lesquelles José Bové (député européen d'EELV et syndicaliste de la Confédération paysanne), Pascal Durand (député européen d'EELV) et Jean-Luc Mélenchon (député européen du Parti de gauche).

En prévision du rassemblement, la préfecture fait évacuer le chantier ainsi que tout le matériel. Les gendarmes mobiles présents pour protéger le chantier sont retirés. Ne restent sur place qu'une cabane de chantier et un générateur électrique équipé de projecteurs, gardés par trois vigiles. Dans la nuit du 24 au 25, « un groupe d'une trentaine de personnes » incendient cette cabane et ce générateur, ce qui provoque probablement le retour des forces de l'ordre. La gendarmerie revient donc sur le site alors que les CRS se retirent eux à 18 heures. Selon la journaliste Louise Fessard, dans l'après-midi plusieurs centaines de policiers antiémeutes sont présents sur le chantier, malgré la promesse du préfet : un policier syndiqué s'étonne de cette présence alors « qu'il n'y avait ni risque ni d'atteinte aux biens ou aux personnes », un haut fonctionnaire relevant que cette zone était loin d'être vitale. Selon le commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, 2 000 personnes manifestaient pacifiquement quand « 100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus [qui] ont jeté des engins incendiaires » sur les forces de l'ordre. Cette zone déserte est alors transformée en zone de guérilla, le tout alors que la nuit est tombée.

L'affrontement est violent. Aux jets de cocktails molotov et de pierres, les gendarmes retranchés dans un enclos grillagé répliquent avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Selon Médiapart, plus de 700 grenades de tous types dont 42 grenades offensives « OF F1 » auraient été tirées, alors que le directeur général de la gendarmerie nationale Denis Favier n’évoque que 23 grenades « OF F1 ». Selon le rapport officiel établi le 13 novembre 2014 par deux inspecteurs généraux respectivement de l'IGGN et de l'IGPN, « dans la seule nuit du 25 au 26 octobre 2014 (de 00h20 à 03h27), en trois heures d'engagement de haute intensité, on dénombre le tir de 237 grenades lacrymogènes (dont 33 à main), 38 grenades GLI F4 (dont 8 à main) et 23 grenades offensives F1 (dont 1 qui a tué Rémi Fraisse), ainsi que de 41 balles de défense avec lanceur de 40 x 46 mm ».

Vers deux heures du matin, une grenade offensive atteint un militant, Rémi Fraisse, qui est tué sur le coup par l'explosion. L'autopsie indique que Rémi Fraisse est mort de plaies importantes au dos, causées par une explosion de  TNT. Le 28 octobre Claude Derens, le procureur d'Albi, après avoir dans un premier temps refusé de confirmer l'hypothèse d'une grenade lancée par les forces de l'ordre, évoquée dans la presse, reconnaît que l'enquête est orientée vers une grenade offensive projetée par les forces de l'ordre. L’avocat de la famille de Rémi Fraisse confirme le 28 octobre avoir déposé deux plaintes : l'une pour « homicide volontaire » et l'autre pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Le procureur d'Albi se dessaisit du dossier au profit du parquet de Toulouse, compétent pour les affaires touchant au domaine militaire, qui ouvre le 29 octobre une information judiciaire contre X au motif : « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, faits commis par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions ».

Le Défenseur des droits Jacques Toubon annonce de son côté avoir décidé de se saisir d'office « de la mort de ce jeune homme », en tant qu'autorité indépendante.

Le 14 janvier 2015, le gendarme J., qui avait lancé la grenade mortelle, est placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête judiciaire visant les « faits commis par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions ».

L’action contre le gendarme se conclue en ce moment par un non-lieu. (note du Naïf)

Un dernier commentaire sur ce document : il est bien clair que l’action de Duflot, Mamère, Bové et Mélenchon est toute à leur honneur et qu’ils n’ont, eux, aucune responsabilité.