Ces cailloux n’ont pas tous la même taille et ils ne me gênent pas tous de la même façon. Mais il m’empêche de me mettre « En Marche » et c’est bien dommage : j’aimerais tant être en agrément avec ce que nos responsables politiques se proposent de faire pour le Bien Commun.

Quelques foucades du Divin Enfant.

Avant le sacre, il y avait eu l’épisode de la repentance malvenue à Alger. Quels que soient les jugements qu’on puisse porter sur l’histoire de la colonisation en Algérie et ailleurs, je ne comprenais pas ce qui conduisait un candidat à la présidentielle à tenir ces propos dans l’Alger de l’enterré vivant, Alger dont le paysage nous échappe.

Puis plus récemment, nous avions eu droit à une piqure de rappel, à Ouagadougou, pour nous confirmer les « crimes de la colonisation ».

Je trouve curieux ce besoin de juger l’histoire, de moraliser le passé et de conduire ces exercices dans des audiences improbables. Si le Président souhaite faire travail d’historien (j’allais écrire d’hi-Stora-ien) qu’il le fasse dans le calme de son cabinet et qu’il ne s’en serve pas comme d’un maladroit préambule à un contact diplomatique.  Ref : Macron aborde bien légèrement…. Du 27 février 2017

Et puis je réfléchis : propos de notre temps qu’un vieillard ne peut entendre.

Petit caillou, gros caillou ? Caillou gênant, bien inutile et sans doute contre-productif : les interlocuteurs n’entendent dans ces propos qu’une marque de faiblesse.

 

Gros caillou et caillou qui ne quittera pas la chaussure, caillou irréparable.

Sur un dossier simplissime le refus d’assumer la responsabilité d’une action publique est incompréhensible, donc inexcusable. Je parle de NDDL.   Ref : Une tradition républicaine  et   Fantôme et inversion   des 17 et 23 janvier 2017.

Le mal est fait. L’ordre républicain est bafoué. La tribu des Assistés Zadistes triomphe et se prépare, renforcée à de nouvelles actions ; elle fait la fête sur des territoires conquis.

Reculer pour mieux sauter et perdre la face. NDDL est la Super-Léonarda de Macron ! 

 

Caillou qui partira de lui-même, promesse de campagne hâtive et irréfléchie, nous verrons bien.

Je parle de cette ânerie d’un retour « au » service militaire. La bêtise de la chose est tellement criante que l’objet-non-identifié, tel le caméléon, change de couleur au fil des évocations : militaire puis civil, obligatoire puis facultatif, un mois ou plus si affinité…

Ce n’est pourtant pas si compliqué.

Si le propos est, au-delà de la famille, de former des Citoyens, c’est clairement et indiscutablement le job de l’ÉducNat. Libre à celle-ci de mettre dans son action le degré de rigueur et de civisme que le politique lui dictera. L’Armée n’a rien à voir dans cette démarche.

Si le propos est de former des soldats, c’est clairement et indiscutablement le job de l’Armée. Encore est-il nécessaire qu’elle recrute des Citoyens et qu’elle dispose de moyens en personnel pour remplir cette mission : en un mois ou peut-être deux ?

Oublions Azincourt et Crécy mais souvenons-nous de 1870, de 1914, de 1940, des enlisements viets et algériens et en cet instant du marais malien. Qui peut penser un instant qu’un camp de vacances d’un mois pourrait avoir la moindre influence sur le comportement d’un jeune français dans des combats dont on ne prévoit pas la nature et l’étendue ?

La réponse serait que l’ÉducNat inclue dans son regard sur l’élève le concept qu’il deviendra, s’il le faut et quand il le faudra, un soldat. Quand j’avance dette idée, je réalise que je ne suis plus dans la réalité mais dans un rêve. Le rêve d’une Éducation Nationale qui remplirait sa mission qui est précisément celle qu’on assigne à cette hypothétique tarte à la crème.

J’ose une formule : comment faire du vent et patauger dedans ! Caillou tout de même.

 

On parle volontiers au sujet des recrutements ministériels, puisant dans le vocabulaire du monde du cinéma, d’erreurs de casting. Je mets sans hésiter deux de ces erreurs dans ma collection de cailloux.

Après tout ce que j’ai déjà dit sur Hulot, personne ne sera surpris qu’il figure dans cette collection.

Ref : Espiègle et autiste   juillet 2017   Au royaume des aveugles   septembre 2017

Ma détestation du personnage grandit chaque jour et je continue à me demander par quel mécanisme ce pitre peut être « populaire » et sur quoi repose sa popularité. La réponse serait qu’il a été un bon Maître de Cérémonie lors de la très réussie COP 21 de Paris. Soit, j’en doute mais, pour reprendre l’expression, « Au royaume des aveugles… »

Un petit mot sur sa dernière prestation et la lecture que j’en fais : il y a vingt ans notre Espiègle a eu une aventure avec une demoiselle Mitterand. Cette dernière n’en garde pas un bon souvenir ; aussitôt passée la prescription et pour nuire à son partenaire d’un instant, elle dépose plainte pour viol. Nicolas n’est pas encore devenu l’idole qu’il deviendra. La justice ne juge pas l’acte prescrit et la presse ne s’empare pas de l’affaire. Mais aujourd’hui l’espiègle indispose et la presse (aidée par Marie M. ?) relance la balle qui, enfin, atteint sa cible. L’espiègle est un violeur prescrit. L’honneur de la bête est en cause. Il supporte difficilement cette atteinte. Puisse l’imposteur retourner à sa famille qu’il souhaite si fort protéger, à ses six autos-bateaux-motos-ciseaux et que Philippe nomme un véritable Ministre de l’Énergie qui ne soit pas analpha-bête.

J’ai craché mon venin et ça fait du bien.

Comparée à Hulot, la bavarde Marlène Schiappa est un caillou minuscule. Je m’interroge simplement sur la nécessité qu’elle éprouve à bavarder comme une sosotte, perchée sur elle-même, sur des sujets de faits divers, oubliant sa fonction ministérielle. Je me pose encore plus de questions sur la raison de sa présence au gouvernement : manquerions-nous de femmes d’esprit et de culture pour remplir ce poste ?

Comme je suis en mode question, une dernière : quelle est la mission de ce ministère ?

 

Je résiste à la tentation de revenir sur le dossier ISF.  Ref : Le crapaud, la cigale et la fourmi   juin 2016

Mais enfin, aussi clairement exonérer certains possédants en maintenant cette pression fiscale sur d’autres moins fortunés me semble, en restant modéré dans le propos, une injustice et une maladresse. « En même temps » bricoler la taxe d’habitation avec la certitude que les taxes foncières seront augmentées en retour relève de l’improvisation maladroite.

C’est un vieux caillou et beaucoup auraient préféré qu’il soit définitivement ôté.

 

Un énorme caillou qui ne fait pas encore mal, mais dont on peut prévoir qu’il deviendra dans un avenir proche un sérieux sujet d’inconfort : le fameux prélèvement à la source.

J’en parlerai peu ici, mais je pense qu’il s’agit d’une inexplicable bêtise à laquelle je n’arrive pas à trouver la moindre justification. Les promoteurs de cette « réforme » n’en ont d’ailleurs proposé aucune !

On a le sentiment qu’il s’agit d’un changement à opérer pour la satisfaction de pouvoir utiliser le vocable : « à la source », comme si, de cette source allait couler le progrès fiscal.

Dans de nombreux pays l’impôt sur le revenu est perçu sur le revenu de l’individu, sans considération de la famille du contribuable. L’impôt n’est alors qu’un prélèvement sur salaire exprimé en un pourcentage de celui-ci ; il s’apparente alors en terme de recouvrement aux contributions sociales qui « illustrent » par leur abondance la feuille de paie du salarié. Sa destination seule est différente : il rentre dans le budget de l’État alors que les contributions sociales pénètrent dans un autre labyrinthe. L’assiette et le recouvrement sont donc quasi-automatiques et le prélèvement s’effectue sans peine et sans frais par les entreprises.

Chez nous,  l’IR est un impôt familial ; l’assujetti est le foyer fiscal, reposant sur le mariage et sur le PACS : entrent dans son calcul une bonne dizaine de facteurs, qui sont tous totalement étrangers à la relation entreprise-employé : nombre d’enfants à charge par exemple ou encore la foule des exonérations, avantages et niches en tout genre. Bercy considère L’IR comme un outil pour piloter des actions gouvernementales aussi variées (et souvent bien injustifiées) que la transition énergétique ou tel autre patin-couffin sorti de l’imagination créatrice d’un Chef « de bureau »  des bords de Seine.

Le taux d’imposition résulte donc d’une cuisine dans laquelle le contribuable fournit des ingrédients et Bercy une recette ou plutôt un choix de recettes : dois-je réaliser tels travaux de rénovation ou est-il avantageux de placer tel épargne sur tel support… ?

Chef de bureau et Chef d’une cuisine fiscale.

N’exagérons pas : pour la plupart des contribuables, les choses ne sont pas si compliquées ; la preuve, j’y arrive ! Quant à ceux pour lesquels la déclaration est complexe, soyons sans inquiétude : ils ont l’habileté d’utiliser au mieux les recettes du Chef afin « d’optimiser » leur impôt.

Le montant de l’impôt sort de cette cuisine et le contribuable l’acquitte auprès du percepteur.

Ce montant est par construction éminemment variable : un enfant n’est plus à charge, tel placement exonéré a été effectué, tel travail donnant lieu à abattement a été réalisé…

Prélever à la source consiste à transférer à l’employeur la responsabilité de la perception de l’impôt par application d’un taux communiqué par le Chef.

Prélever à la source implique donc d’établir le montant de l’impôt avant qu’il ne soit dû, donc sur des bases antérieures qui sont possiblement et probablement erronées.

Il faudra donc, si j’ai bien compris : que le contribuable passe en cuisine pour un exercice fiscal donné (ou en temps réel ?) et que Bercy en déduise un taux d’imposition pour cet exercice fiscal. Les données seront donc nécessairement celles de l’exercice précédent sauf à prévoir l’avenir. Tout changement intervenant dans l’exercice devra donc être pris en compte rétroactivement et donné lieu çà une rectification communiquée ultérieurement à l’employeur-percepteur…qui doit rendre compte et…Bercy vérifiera que…

Je perds pied, le contribuable perd pied et je crains que Bercy ne se perde aussi.

Bercy déraisonne.

Je conclue fermement : le prélèvement à la source n’a de sens que si l’impôt est individuel et devient alors d’une extrême et séduisante simplicité.

Si nous souhaitons garder un impôt sur le revenu des foyers, il est clairement inutile d’y ajouter une boucle « employeur-percepteur » qui allonge et complique grandement le circuit administratif sans économie sur le fonctionnement du Ministère des Finances.

Pour quelles raisons cette Sapinade est-elle maintenue dans la nouvelle Loi de Finance ?

Dans un dossier de ce genre, je me dis parfois qu’il doit, comme on dit, me manquer une case.

D’autres cailloux ? Je crains que la liste ne s’allonge.

 

14 février 2018