La nature a imaginé et décidé que les mammifères se reproduiraient par voie sexuée. Elle aurait pu imaginer qu’ils ne se reproduisent pas et personne ne tapoterait sur un clavier pour émettre le tissu d’évidences qui va suivre. Elle aurait pu choisir la parthénogénèse ou la scissiparité mais elle a repoussé ces méthodes qui convenaient mal à des machines biologiques complexes. (1)

Mais la Nature, Dieu le Père, Allah et son prophète ont d’un commun accord fixé cette règle du jeu du développement de la vie sur terre qui veut que, je répète, les mammifères se reproduisent par copulation d’un couple d’individus de l’espèce, l’un de sexe mâle, l’autre de sexe femelle.

Dans ce mécano de la reproduction, les mêmes instances supérieures ont introduit -savent-ils pourquoi ?- des différences entre les mâles et les femelles. Ces différences constituent ce qu’on appelle le dimorphisme sexuel.

Prosaïquement cela signifie que Monsieur et Madame ne sont pas semblables.

L’humanité, ces quelques derniers millions d’années, avait reconnu cette différence et faute de pouvoir y faire quelque chose, s’en accommodait comme elle le pouvait.

Il n’est pas utile d’établir une liste de ces différences. Nous les connaissons et comme nos ancêtres nous les acceptons. Retenons cependant la plus significative de ces différences : la femelle « porte » l’enfant, le « met bas » et le nourrit pendant les premières années de sa croissance. Lourde tâche qui demande de la femme des qualités, lesquelles heureusement sont inscrites dans ses gènes.

Cette spécificité et  cette fondamentale différence ont fait que, dans de nombreux schémas de société sinon dans tous, la femme a connu une position subordonnée à la position sociale de l’homme et disons-le, fréquemment un état de complète sujétion. (2)

1  Je n’arrive pas à imaginer la scène : assis dans mon bureau ou allongé sur le canapé du salon, avec ou sans télévision, je me scinderai(s) progressivement en deux nouveaux Moi(s) : l’un d’entre eux serait-il toujours Moi ou le résultat serait-il deux nouveaux Moi-plus-vraiment-Moi(s) ?

2  Je ne vais pas faire au lecteur le coup de l’Islam : la Soumission dans la Soumission, « comme qui dirait » la Soumission au carré.

Une très longue maturation sociale, culturelle et maintenant politique a conduit à considérer que les individus (dans nos Sociétés) devaient jouir de Droits Fondamentaux qu’on appelle encore, sans doute pour peu de temps, les Droits de l’Homme. Chacun connait ce long cheminement : c’est notre Histoire.

Chacun, dans notre pays, se réjouit que la reconnaissance de ces droits permette aux femmes d’échapper à des conditions de servitude indigne et dégradante. (3)

Et nul ne souhaite que le mari puisse battre sa femme !  (4)

Que la femme vote, conduise les automobiles, hérite de ses parents, devienne pilote de chasse ou ministre de la transition écologique (5) est, même pour un macho comme moi, un grand progrès de nos société.

3  J’entendais dans un documentaire récemment diffusé que le Paris de la Belle Époque comptait environ 150.000 femmes en maison close, indépendamment des grisettes, pierreuses et autres péripatéticiennes.

4  Enfin, nous souhaitons tous qu’il résiste à cette tentation.

5  Sur ce point, instruit par l’expérience, j’aurais quelques réserves.

Alors pour quelle raison souhaite-t-on voir le balancier de ce progrès continuer sa course jusqu’à l’absurde en soutenant l’idée nouvelle et folle que la femme est, en tout point, l’égal de l’homme ?

Suis-je moi-même en position de soutenir que je suis l’égal de la femme dont je partage la vie ?

Que non ! Elle a ses qualités et très peu de défauts. J’ai très peu de qualités et beaucoup de défauts.

Nous sommes tout à fait différents. D’abord et cela n’est en rien rédhibitoire, elle n’a pas de barbe !

Peut-on trouver une meilleure illustration de cette différence ?

 Je reviens au point de départ : chez les Sapiens les femelles et les mâles présentent des caractéristiques physiologiques et comportementales différentes.

Cela ne signifie nullement que la femelle ne puisse pas exercer les droits naturels (6) qui lui sont reconnus et plus précisément se comporter comme le mâle quand elle le souhaite et quand elle le peut.

Inversement, le mot est approprié, j’ai acquis le droit de faire la fille comme il me plairait si cela me plaisait. Je plaisante.

6  Pas si naturels, puisqu’il a fallu attendre notre époque pour qu’ils soient reconnus. De plus s’ils étaient réellement reconnus, ce papier n’aurait pas à être écrit.

Nos droits sont les mêmes. Cela entraine-t-il que nos talents soient rigoureusement identiques ?

Et plus encore, que gagnerait l’espèce à ce que les femmes ne soient que des mâles pourvus des organes génitaux de femelle, point de butée du balancier que je viens d’évoquer ?

 

J’abordais sereinement ce sujet à la mode, avant-hier 13 février, pour me clarifier les idées. Sujet tellement à la mode que les éditeurs parisiens ont publié à peu d’intervalle une réédition de « De l’éducation des femmes » de Choderlos de Laclos (1783) et un tout nouveau Peggy Sastre : « Comment l’amour empoisonne les femmes ». Zemmour le Pétillant qui écrit plus vite que son ombre lit les deux ouvrages et me renvoie dans les cordes en publiant, hier 15 février, un commentaire dans lequel il complète et termine mon propos. Je l’inclus ici, par paresse d’abord et puis aussi car il précise les références aux deux ouvrages que je viens de citer. Un autre approche…

 

L’éternel féminin, impossible à dépasser.

Eric Zemmour   Le figaro  15 février 2018

L'homme de l'année sera une femme. Ou plutôt: la femme. La femme adulée, la femme sacralisée, la femme déifiée. Tout assassinat d'une femme est désormais un «féminicide» (si les mots ont un sens, cela signifie qu'il équivaut à l'extermination des Juifs par les Allemands, des Arméniens par les Turcs ou des Tutsis par les Hutus). Une main virile sur un genou féminin est un «viol». Toute plaisanterie grivoise relève d'une «culture du viol». Tout homme est un porc à dénoncer et abattre. Toute femme à qui on refuse une augmentation ou une promotion subit une «discrimination genrée». Tout professeur de grammaire qui continue d'enseigner la règle «le masculin l'emporte sur le féminin» est un potentiel criminel, porc, violeur, nazi…

La révolution féminine est en marche. Et comme toute révolution, elle mangera ses enfants. Ce n'est pas Choderlos de Laclos qui nous démentira. En 1783, un an après avoir publié son chef-d'œuvre libertin, Les Liaisons dangereuses, il répond à la question de l'académie de Châlons sur le moyen de perfectionner l'éducation des femmes. Sa réponse est radicale: «Venez apprendre comment nées compagnes de l'homme, vous êtes devenues son esclave (…). Apprenez qu'on ne sort de l'esclavage que par une grande révolution (…). Parcourez l'univers connu, vous trouverez l'homme fort et tyran, la femme faible et esclave (…). Soit force, soit persuasion, la première qui céda, forgea les chaînes de tout un sexe.»

Laclos fait son Rousseau («l'homme est né libre, et partout il est dans les fers») comme Simone de Beauvoir, dans Le Deuxième Sexe, fera son Marx, réinventant une lutte des classes à l'intérieur du foyer domestique. La cause des femmes paraît condamnée au recyclage d'idéologies de seconde main.

En opposant la «femme naturelle, libre, belle et forte», à la «femme pervertie par la société», Laclos se trompe, et son erreur préfigure celle de Beauvoir avec son célèbre: «On ne naît pas femme, on le devient.»

La réalité est qu'on devient femme parce qu'on est née femme. Autrement dit: «L'évolution biologique est l'assise de nos structures et de nos fonctionnements sociaux, qui sont eux-mêmes la source de nos représentations culturelles.» Le style de Peggy Sastre est bien moins élégant que celui de Laclos, mais le fond est bien plus pertinent. Notre auteur est docteur en philosophie des sciences. Cette spécialiste de Darwin avale goulûment des études statistiques de psychologie évolutionniste, comme d'autres se goinfrent de Nutella. Les résultats sont édifiants et aux antipodes des discours féministes. Ces études, multiples et fort sérieuses, nous dessinent une femme sentimentale en diable, «dépendante de l'amour» comme d'une drogue dure. Une étude américaine de la fin des années 1980 montre que les femmes de toutes les cultures attachent en moyenne plus d'importance que les hommes à un bon parti financier car c'est une garantie d'un meilleur potentiel d'investissement parental dans leurs futurs enfants. Et Peggy Sastre d'ajouter, moqueuse: «Le plus drôle, c'est d'observer que ce choix de partenaire gagne en conformisme à mesure que s'accroît le pouvoir féminin et non l'inverse (surtout chez les militantes de la cause des femmes). »

Les coupables? Nos hormones: dopamine, ocytocine et sérotonine. Et les règles darwiniennes de l'évolution: les femmes doivent procréer et s'occuper de leurs enfants ; elles ont donc besoin d'un protecteur, qu'elles sélectionnent au mieux. «Tous les couples deviennent traditionnels dès qu'ils ont des enfants (…). Les hommes vont travailler plus pour gagner plus et les femmes vont voir dans la famille une de leurs priorités existentielles aux dépens de leur travail rémunéré.» Les hommes ont l'impression de perdre leur temps quand ils s'occupent du bébé ; les femmes ont l'impression de perdre leur temps quand elles ne s'en occupent pas. La fameuse «charge mentale», dernière dénonciation à la mode, n'est donc en rien le fruit pourri de la domination patriarcale, mais celui de la volonté obstinée des femmes.

L'égalité indifférenciée est une utopie irréalisable parce que «si nos environnements ont beaucoup changé depuis trois cents ans, nos gènes sont quasiment identiques depuis trente mille».

Aussi, pas étonnant que 71,5 % des hommes acceptent de coucher avec une femme qui le leur demande de but en blanc, contre seulement 1,5 % des femmes quand cette même proposition sort de la bouche d'un homme. Tout ça pour ça!

Alors, pourquoi une telle opposition entre la réalité féminine et le discours féministe? Là aussi, notre auteur, après avoir endossé son armure d'études, ose transgresser un autre tabou: «Si environ 5,5 % de la population féminine générale n'est pas “exclusivement hétérosexuelle”, le pourcentage s'élève à près de 45 % chez les militantes féministes.»

Bien sûr, cette loi d'airain biologique ne signifie pas que chaque sexe soit enfermé dans son destin de toute éternité. On peut - et c'est le rôle de la civilisation depuis des millénaires - s'éloigner de la contrainte biologique. S'éloigner, se détacher, se libérer, mais pas s'opposer, pas s'arracher, pas la renier, pas la détruire. Car le contrecoup sera terrible. On le voit déjà, comme l'a très bien compris Peggy Sastre, avec cette contre-révolution sexuelle, produit d'un néopuritanisme féministe: «Le sexe féminin redevient un sanctuaire identitaire à protéger à tout prix puisqu'on nous raconte que la moindre intrusion - commençant pour certaines dès la parole, dès le regard - est susceptible de le ruiner. Et si nos sociétés désinvestissent symboliquement la perte de la virginité, c'est désormais le viol et l'agression sexuelle qui en deviennent les équivalents. Le rideau n'est pas près de tomber sur la tragédie de la dépendance féminine.»

Splendeurs et misères de la nature féminine. Même une spécialiste de Darwin ne peut s'empêcher de se révolter in fine contre la dictature des hormones et de l'évolution, sans comprendre - ou vouloir comprendre - que tout son livre démontre que sa révolte est vaine.

 

Un dernier grain de sel en forme de conclusion.

On nait femme, on est femme et femme on reste.

On nait homme, on est homme et homme on reste.

Les hommes et les femmes sont des Hommes.

Les Hommes construisent leurs Sociétés comme ils le peuvent.

La pression ou les idées « vagues » des excitées féministes ne changeront pas les structures fondamentales de l’humanité. (7)

7  Vague ici veut dire vide.

 

16 février 2018