Un long silence et d’excellentes raisons pour expliquer ce silence.

Une raison incontournable : le fidèle ordinateur du Naïf a rendu l’âme, perte douloureuse et qui demanda le temps nécessaire pour « faire le deuil » et acheter la machine de remplacement. Chacun le sait, sans PC l’homme moderne n’est rien qu’un primate revenu à l’état de nature.

Une autre bonne raison : ayant déjà beaucoup reproché à notre président un certain nombre de sottises (NDDL, Prélèvement à la source, service militaire/civil obligatoire/facultatif à 16/18 ans et la présence de Hulot l’espiègle au gouvernement …) le Naïf ne s’est pas ému du micro drame médiatique provoqué par la micro bêtise de l’incident Benalla, révélateur exemplaire du vide de la vie politique du pays. Une tempête dans un verre d’eau ne mérite qu’un froncement de sourcil.

Un troisième raison est que le Naïf – et il s’agit bien d’un témoignage de sa naïveté – attendait la parution du texte final ( ?) de la PPE (Programme Pluriannuel de l’Énergie) pour, une fois encore déverser son fiel sur l’imbécilité prévue/programmée de la chose. Et sur l’imbécilité des protagonistes de la chose.

La chose ne vient pas. Attendons encore.

 

Et puis, divine surprise, Alléluia, chœur des anges, sonnez trompettes, résonnez hautbois, ce matin l’Espiègle démissionne.

Bien sûr, c’était prévisible et sa démission n’est en réalité que la conséquence logique de l’erreur initiale d’avoir sollicité sa participation au gouvernement.

Donc, divine surprise, car après tout il aurait pu continuer à jouer les utilités dans la pièce de boulevard que commence à nous offrir le Président. Le mot « utilité » étant à lire à rebours, comme au  théâtre.

Curieuse manière de quitter un gouvernement en mettant le Président et le Premier Ministre dans une situation politique délicate et, comme un gamin qui n’aime plus  la soupe, en quittant la table en faisant un pied de nez aux parents. Mais, passons, la presse commente.

Le bilan :

Le Naïf ne connait  rien au problème du glyphosate ; comme  la majorité des commentateurs qui ont, eux, une opinion. Néanmoins on comprend bien que si la camelote en question est nocive, il n’est pas souhaitable que son emploi reste un des procédés les plus utilisés de l’agriculture intensive. L’agriculture intensive peut-elle rapidement faire autrement et peut-elle rapidement cesser d’être intensive ? L’opinion des intéressés, les agriculteurs est évidemment à prendre en considération. Ils disent qu’il leur est difficile de se passer du produit, rapidement… Travert semble être de cet avis.

Le Gouvernement dit avoir trouvé un point d’équilibre et le Naïf souhaite que ce soit le bon choix.

NDDL : on pense ici que le recul sur le dossier n’a réellement  traduit que l’incapacité du gouvernement à faire preuve d’autorité en expulsant purement et simplement les occupants illégaux d’un territoire dédié à un projet  de l’État ; rien n’empêchait de commencer le chantier si ce n’est justement cette présence illégale. On se fiche pas mal de l’histoire, car là aussi il n’est pas facile de construire un avis : est-ce un bon projet ou non ?  Mais il est très grave qu’une poignée de RSA-istes puisse faire reculer le gouvernement de la République sur un dossier depuis longtemps approuvé. Le Naïf ne voit pas en quoi cette reculade serait à mettre au crédit de l’Espiègle, ni en quoi elle représente une avancée de la cause écologique.

L’Énergie et le Nucléaire : le sujet a déjà été largement abordé et il est inutile d’y revenir. Un simple mot de résumé. L’action du Ministère en ces domaines ne résulte qu’en confusion, désorganisation de la production, dépenses stériles de matériels d’origine étrangères contribuant à cette désorganisation et donc in fine à une sensible augmentation du déficit du commerce extérieur et de la dette.

Ref : Hulot par ci, Hulot par là  (10 06 2017), Au  royaume des aveugles (11 09 2017), Espiègle et autiste, 1 et 2 (12, 13  07 2017),

         L’électricité en France  (21 03 2018)

Un oubli : les deux ours(es) slovènes…Il n’est pas certain que cet achat fasse l’unanimité chez les éleveurs mais sans doute quelque ours mâle de la région se réjouira de la venue de deux jeunes beautés venues des Balkans. On ne peut pas plaire à tout le monde.

Peut-on parler de bilan et peut-on y voir des éléments positifs ?

Ou ne vaut-il pas mieux passer au fond du problème en oubliant le personnage de M. Hulot, lequel réjouissons-nous encore, repart en vacance ?

Mais surtout ne voyons pas dans les vacances de Hulot, une vacance du pouvoir.

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Le Naïf perçoit l’Écologie (mot valise s’il en fut) comme une chaine de préoccupations sur des sujets très divers ; Il est très difficile de rassembler les réponses à ces préoccupations en un corpus cohérent et traduisible en action économiques et politiques sans que de nombreuses contradictions ne se glissent  dans le  tableau.

À l’origine le sujet de la protection de la nature, de la conservation et plus généralement de ce que les « éléments de langage » ont appelé la protection de l’environnement. Espace protégés, parcs, biodiversité, dauphins, baleine et ours blancs…et les oiseaux, les insectes…le miel…

Oui mais :

À chacun son safari et son rhinocéros, sa croisière et son cachalot et son coucher de soleil sur les chalets de Courchevel et les sommets sauvages d’une Vanoise préservée puisque Parc(quée).

Alors vraiment protégée, la nature ? Jusqu’au point où le tourisme devient une activité intrusive et destructrice, jusqu’à l’envahissement par la foule…

Donc deuxième sujet : la propreté dans son sens le plus trivial : ne pas salir, ne pas laisser de traces.

Et le  corollaire : nettoyer,  effacer les traces, libérer l’espace pour qu’il reste « naturel ».

L’éducation et le civisme du citoyen, adossées à des contraintes économiques sont les principaux, sinon les seuls leviers afin d’obtenir des résultats : exemplaire est la querelle des mégots !

Est atteint le stade de la pollution quand la saleté gagne le combat et lorsque les déchets de la consommation envahissent le cadre de vie.

Cette pollution présente des caractères différents de gravité : le fameux 7ème continent de plastique qui se forme dans le Pacifique ne provoque pas les mêmes nuisances que le rejet des boues toxiques de certaines exploitations minières, stockées derrière des barrages incertains.

Dès ce moment l’écologie entre en relation directe et en conflit avec le monde de la production industrielle et par conséquent avec le monde de la consommation ; c’est-à-dire  avec le mode  de vie du monde développé et pour être plus précis avec le niveau et « l’utilité » de la consommation.

De notre mode de vie et de son acme : le progrès social.

Lorsqu’une nuisance est observée, la solution au problème posé passera nécessairement par un arbitrage entre le monde de l’économie et celui de l’écologie.

La solution commode est de supprimer l’activité polluante chez soi, en détournant le regard pour ne pas voir qu’elle s’effectuera ailleurs, là où par exemple la main d’œuvre sera moins onéreuse.

La solution difficile est d’obtenir du pollueur qu’il réduise au minimum possible cette pollution : cela coûte et la production et les emplois sont concurrencés puis remplacés par du travail fourni ailleurs.

Au-delà de la consommation ordinaire, individuelle, permanente et « acquise » comme un droit, la chimie, les extractions minières, l’industrie lourde et, dernière vache sacrée, l’industrie de l’information sont des sources quasi incompressibles de pollution.

En particulier TOUTES ces activités qui sont  la base de l’emploi et de la consommation émettent  des gaz à effet de serre.

 

Ainsi s’ouvre le sujet du changement climatique.

 

Un consensus est atteint pour reconnaître que l’activité humaine et les émissions de GES sont un facteur majeur de ce changement, même si certains pensent que d’autres facteurs puissent intervenir.

On parle donc en premier lieu du CO2 émis lors de la combustion du charbon, du gaz et du pétrole.

Comme il  vient d’’être dit la réponse commode est évidente : il suffit de n’en plus produire et de n’en plus consommer.

La première étape est d’économiser les ressources pour qu’elles « durent » plus longtemps : cela a été le discours chiraquien du développement durable. C’était à l’époque le vocable à la mode.

Chiraquien se réfère à la période et sans doute assez peu à la pensée du Président.

L’étape suivante est d’adopter une pensée a-économique et a-politique et de théoriser un monde vertueux qui stabilise ou réduit sa consommation d’énergie et de matière pour retarder le moment de l’épuisement et de la canicule. Et comme il n’est pas interdit de spéculer et de rêver, dans ce monde surgiront des solutions miracles pour produire l’énergie nécessaire et suffisante en domestiquant  des forces de la nature jusq’alors inexploitées ou mal exploitées.

L’écologie devient alors une idéologie de la décroissance.

 

L’Écologie du monde des politiciens et des gurus de cette mouvance sectaire est tout cela à la fois.

L’acte de foi de ces gens est que vouloir le bien, celui de la planète en premier lieu. Ils n’ont pas tort.

Un antéchrist, un grand Satan est nécessaire : la production d’énergie et plus spécialement la production d’électricité nucléaire s’impose dans ce rôle.

Pourquoi ?

Par paresse mais aussi parce que, à la relecture le Naïf ne voit aucune raison d’en changer la moindre ligne, on reprend ici un texte écrit quelques mois auparavant, déjà cité en référence.

 

Le premier sujet concerne … l’hubris française.

La France est la nation qui mène (seule) en tête le combat contre le réchauffement climatique. Cela est bien et mérite des éloges. Elle s’impose donc des mortifications qui montreront au vaste monde ce qu’un pays responsable peut et doit faire pour éviter les désordres que nous promettent les climatologues. La France entraine dans son sillage les dirigeants éclairés de la planète : la COP 21 est un réel succès et la diplomatie française en ressort grandie.

Évidemment un esprit chagrin ou naïf se demandera si un pays désindustrialisé comme la France, « pesant » 1 % de la population mondiale, occupant 0.3 % de la surface émergée et participant pour quelques % au PIB mondial, a la moindre chance d’influencer directement et effectivement ce phénomène désiré d’autolimitation thérapeutique et climatique, autrement qu’en jouant le rôle de martyr volontaire.

On ne voit pas que les Américains infléchissent leur politique énergétique, la consommation de charbon des Chinois continue de croître régulièrement et nos amis allemands brulent leur lignite sans sourciller…

Ceci ne signifie pas que le problème du réchauffement ne se pose pas : cela signifie seulement que le Petit Poucet ne triomphe des Géants que dans l’univers des Contes et Légendes ; dans le monde des hommes, il se fait bouffer, point-barre.

 

L’autre sujet concerne ce … (qu’on peut appeler)…. la « haine du nucléaire ». En tout cas son rejet.

Ce syndrome est mondial et la France n’est pas le pays le plus affecté. Le mal est profond.

L’énergie nucléaire, en 1945, a fait son entrée dans nos vies par la mauvaise porte : la porte de la guerre et de la destruction. Qu’importent les comparaisons entre Dresde et Hiroshima, le versant « magique et apocalyptique » de l’arme ne disparaitra jamais.

Le nucléaire civil, chaleur-vapeur-électricité, aurait sans doute pu ne pas être ignominieusement marqué par la Bombe mais les accidents de Three Miles Island en 1979 et de Tchernobyl en 1986 ont, pour longtemps fait entrer l’atome civil dans le royaume des Forces du Mal. La catastrophe de Fukushima en 2011 vint achever cette descente dans l’enfer des opinions publiques.

C’est un état de fait et seuls les régimes autocratiques qui « font » les opinions arrivent à passer outre et à conduire des programmes nouveaux de construction de centrales nucléaires…et thermiques aussi bien !

L’origine de ce malentendu entre l’homme et la radioactivité tient au caractère secret de celle-ci. La foudre frappe et incendie, le vent abat les forêts, la tempête ravage les côtes, les volcans explosent  alors que la radioactivité est simplement là, endormie, recouvrant tout mais paisible et sans le moindre excès. Elle est l’essence même du soleil, elle rayonne avec lui dans notre ciel. Notre terre irradie elle-aussi en souvenir de son origine, en quelque sorte chaude et « radieuse ».

Elle n’est entrée dans nos vies, et cette fois ci par la petite porte des laboratoires, qu’au seuil du 20ème siècle. Les historiens de sciences nous disent par quels chemins, depuis les images des Rayons X nous en sommes arrivés aux savants fous des années noires murissant l’idée que la concentration de cette force omniprésente et diffuse autoriserait les Prométhées de notre temps à domestiquer cette immense énergie.

Comme presque toujours dans l’histoire de l’Homme, le chemin est celui de la bataille.

L’arc du chasseur tue la biche mais mille arcs éradiquent la chevalerie du bon Roi Philippe. Une bombe lancée depuis le biplan de la grande guerre détruit le nid de mitrailleuse mais dix-mille bombes font disparaitre Dresde. Pour Hiroshima, une seule bombe suffira.

La paix reconnait cette énergie et veut, elle-aussi la domestiquer : il suffit de ne pas aller jusqu’à l’explosion.

Simple, non ? Pas d’explosion : reste la chaleur.

La règle du jeu est donc de maîtriser en toutes circonstances le combustible-explosif que nous mettons dans la marmite à bouillir : l’erreur conduit le combustible à redevenir l’explosif.

Cependant l’homme ne hait pas l’arc, il adore l’avion et les américains, nous dit-on, ne peuvent pas s’endormir sans un colt sur leur table de nuit ; alors que l’atome est resté invisible, secret et magique. On ne le voit pas et on ne le comprend pas. Cette peur de l’énergie nucléaire empêche l’acceptation de l’existence même d’un phénomène naturel qui, littéralement nous imprègne.

Cette peur et cette diabolisation surplombant les réalités techniques s’engouffre dans le vide intellectuel d’une oligarchie politique inculte scientifiquement et coupée du monde de l’industrie et de l’énergie.

Le fait brut est que depuis 50 ans la France produit, avec exploitation de la houille blanche, l’essentiel de son électricité au moyen d’un outil qui a fonctionné parfaitement, régulièrement et à un coût comparable… (inférieur)…. à celui des sources carbonées. L’Autorité de contrôle dont l’exigence ne saurait être mise en doute donne son accord pour continuer l’exploitation de cet outil par tranche de 10 ans au prix d’efforts de sécurité accrus.

Et bien non ! Nos … (responsables)… mettent toute la puissance des rumeurs en action, entrainent dans leurs errements les « forces du progrès » de la présidence Hollande … (et Macronienne)….et vont finir par obtenir qu’on mette à la casse un parc de production, déjà amorti et susceptible de travailler longtemps encore. L’exemple allemand, pourtant exemplaire ne sert de rien.

Le très cultivé Macron n’a pas de temps pour ces détails et en confie le suivi à son pitre de service.

(Le)… triomphe est la Loi de Transition Énergétique qui devient la Bible de l’Antinucléarité.

Il faut s’arrêter sur le mot Transition : le propos n’est pas pour l’État de produire l’électricité nécessaire et suffisante à la satisfaction des besoins du pays en tenant compte des politiques des pays riverains, d’une façon pérenne et au meilleur coût mais de produire de l’électricité différemment à la suite d’une « transition » qui ferait que de l’électricité « mauvaise » se soit transformée en électricité « vertueuse », ou mieux encore en électricité « verte ». 

Ce qui ne signifie pas que l’objectif de réduction des émissions de GES n’ait pas de légitimité ; mais cet objectif est déjà satisfait au-delà de toute promesse d’amélioration. Alors il ne reste que le rejet du nucléaire parce qu’il est le nucléaire !

C’est ainsi que l’électricité « verte » cesse d’être un moyen de production pour devenir une « Cause ».

Chacun sait que les Causes produisent des Effets.

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Hulot, le Pitre espiègle est devenu à force de médiatisation habile le porte-parole exemplaire de cette gigantesque confusion d’idées et de ce déni des réalités économiques et techniques.

On nous dit en permanence qu’il est populaire : mais grand dieu, auprès de qui ? Est-il populaire comme Omar Sy ou Yannick Noah ou Mimi  Mathy ou mieux encore comme Johny, l’idole absolue ?

Le Naïf vit-il dans un monde particulier qui ne serait peuplé que de gens qui partagent – à un degré moindre, il est vrai – sa profonde détestation du personnage.

Hulot est-il populaire dans le vide ?

 

Le Naïf se répète et repose les mêmes lancinantes questions :

Comment Macron n’a-t-il pas compris que le pseudo avantage politique de sa « prise de guerre » acquise débit 2017 se transformerait inéluctablement en un révélateur de sa propre incapacité à maîtriser un sujet aussi fondamental que celui de la fourniture d’énergie à une nation qui doit se réindustrialiser.

Macron a-t-il une opinion construite sur ce que signifie produire  et utiliser l’Energie ?

Il s’emberlificote dans des centaines de millions d’Euros d’APL ou de contrôle radar sur les routes alors que la fourniture d’énergie se mesure en centaines de milliards.

Si la patience du lecteur n’est pas épuisée la meilleure conclusion de ce texte se trouvera dans la lecture attentive du verbatim de l’Espiègle, comme il l’a proposé à la troublante Salamé lorsqu’il a annoncé sa démission. Il faut lire cette déclaration.

Tout y est : Une merveille d’’autosatisfaction dans la reconnaissance de son absurdité associée à une malhonnêteté intellectuelle exemplaire.

L’hubris et la haine du nucléaire y sont déclarées et de la sorte, la confusion et lacontradictionauthentifiées et certifiées.

En cerise sur le gâteau, l’incontournable couplet sur l’Afrique…

 

Salut, le Naïf s’épuise.

  1er septembre 2018

 

Hulot, le 28 août à France Inter : Je ne veux plus me mentir »

 

Nicolas Demorand : Incendies un peu partout dans le monde, Grèce, Suède, États-Unis. Inondations suivies de canicule au Japon. Records de températures en France. J'arrête la liste des événements majeurs de l'été. C'est la bande-annonce de ce qui nous attend disent les scientifiques. Sur le sujet, tout a été dit, tous les grands mots ont été employés mais le film catastrophe est là sous nos yeux. On est en train d'y assister. Est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi, rationnellement, ce n'est pas la mobilisation générale contre ces phénomènes et pour le climat?
Nicolas Hulot : Non, je ne comprends pas que nous assistions globalement les uns et les autres à la gestation d'une tragédie bien annoncée dans une forme d'indifférence. La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s'épuisent, la biodiversité fond comme la neige au soleil et ça n'est pas toujours appréhendé comme un enjeu prioritaire et, surtout, pour être très sincère, ce que je dis vaut pour la communauté internationale, on s'évertue à entretenir voir à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres. Je ne comprends pas comment après la conférence de Paris, après un diagnostic imparable qui ne cesse de se préciser et de s'aggraver de jour en jour, ce sujet est toujours relégué dans les dernières priorités.

Léa Salamé : Il y a l'apathie de la communauté internationale, Nicolas Hulot, et puis il y a le gouvernement auquel vous appartenez. Dimanche dernier, Edouard Philippe a donné dans une grande interview au Journal du dimanche les grandes lignes budgétaires à venir. Pas un mot sur l'écologie dans toute son interview. Est-ce que vous avez le sentiment après une année, disons ambivalente quant à l'urgence écologique, que la détermination est plus grande pour cet an II de la Macronie ou est-ce qu'on en restera encore aux belles paroles?
Nicolas Hulot : Il n'y a pas que les belles paroles, il y a eu de l'action dans l'année. Contrairement à ce qu'on dit, la France en fait plus que beaucoup de pays. Ne me faites pas dire qu'elle n'en fait assez… Elle n'en fait pas assez, l'Europe n'en fait pas assez, le monde n'en fait pas assez.

Léa Salamé : Est-ce que vous avez sursauté en voyant que sur trois pages d'interview, il n'y a pas un mot sur l'écologie d'Édouard Philippe?
Nicolas Hulot : Je n'ai pas sursauté parce que c'est coutumier. La pression du court terme sur les dirigeants sur le Premier ministre est si forte qu'elle préempte les enjeux de moyen et de long terme, c'est la vérité. Parce que sur le bureau d'un Premier ministre il y a des exigences sociales, des exigences humanitaires qui légitimement relèguent toujours sur le côté les enjeux de long terme qui prennent notre société de court. Parce que c'est une telle remise en cause,  que l'on reste toujours avec cette illusion que l'enjeu écologique  est un enjeu culturel, sociétal, civilisationnel et on ne s'est pas du tout mis en ordre de marche pour l'aborder comme cela. Moi je demeure dans ce gouvernement à la manœuvre d'une transition sociale et culturelle mais je suis tout seul à la manœuvre. Oui je suis tout seul à la manœuvre.

Léa Salamé : Vous êtes tout seul dans ce gouvernement?
Nicolas Hulot : Il faut se dire les choses franchement, le Premier ministre, le Président ont été pendant ces 14 mois à mon égard d'une affection, d'une loyauté, d'une fidélité absolues. Mais au quotidien, qui j'ai pour me défendre? Est-ce que j'ai une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité? Est-ce que j'ai une formation politique? Est-ce que j'ai une union nationale sur un enjeu qui concerne l'avenir de l'humanité et de nos propres enfants? Est-ce que les grandes formations politiques et d'opposition sont capables de se hisser au-dessus de la mêlée pour se rejoindre sur l'essentiel? Est-ce que la responsabilité c'est simplement la responsabilité du gouvernement? Est-ce que c'est simplement la mienne parce que moi, mes choix, toutes les contradictions de notre société, mais simplement parce que nous poursuivons des objectifs qui sont totalement contradictoires et incompatibles… la vérité elle est celle-là. Nous faisons des petits pas et la France en fait beaucoup plus que d'autres pays mais est-ce que les petits pas suffisent à endiguer, inverser et même à s'adapter parce que nous avons basculé dans la tragédie climatique. La réponse, elle est "non". La question fondamentale qu'il faut se poser : est-ce que nous avons commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre? La réponse est "non". Est-ce que ce nous avons commencé à réduire l'utilisation des pesticides? La réponse est "non". Est-ce que nous avons commencé à enrayer l'érosion de la biodiversité? La réponse est "non". Est-ce que nous avons commencé à se mettre en situation d'arrêter l'artificialisation des sols la réponse est "non".

Nicolas Demorand : Est-ce que vous restez au gouvernement? On entend ce matin…
 Léa Salamé : … la tristesse presque!
Nicolas Hulot : Je vais prendre pour la première fois la décision la plus difficile de ma vie. Je ne veux plus me mentir, je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur sur ces enjeux là et donc je prends la décision de quitter le gouvernement aujourd'hui.

Léa Salamé : Vous êtes sérieux là?
Nicolas Hulot : Oui je suis sérieux.

Léa Salamé : Je tiens à préciser que vous ne nous l'aviez absolument pas dit avant de rentrer dans ce studio. Bien au contraire.
C'est la décision la plus douloureuse - que personne n'en tire profit, parce que la responsabilité, elle est collégiale, elle est collective. Elle est sociétale. J'espère que cette décision qui est lourde, qui me bouleverse, qui est murie depuis de longs mois, ne profitera pas à des joutes ou à des récupérations politiciennes, mais à ce que notre société se retrouve sur l'essentiel. J'ai une immense amitié pour ce gouvernement auquel je m'excuse de faire une mauvaise manière, mais sur un enjeu aussi important je me surprends tous les jours à me résigner, tous les jours à m'accommoder des petits pas alors que la situation universelle - au moment où la planète devient une étuve - mérite qu'on se retrouve et qu'on change d'échelle, qu'on change de scope, qu'on change de paradigme et c'est donc une décision qui était un véritable dilemme entre, soit m'accommoder des petits pas en sachant que, si je m'en vais, je crains que ce soit pire, soit rester mais donner ce sentiment que par ma seule présence nous nous mettons en France ou en Europe d'être à la hauteur sur le pire défi que l'humanité n'a jamais rencontré. Et je décide de prendre cette décision qui est une décision d'honnêteté et de responsabilité. Et, j'insiste bien, je ne souhaite que personne - personne - ne récupère et ne fustige le gouvernement parce que, à l'observation, c'est l'ensemble de la société (et je  peux m'y mettre également) qui porte la responsabilité. Peut-être que je n'ai pas su convaincre, peut-être n'ai-je pas les codes, mais je sais que si je repars pour un an, oh! Nous aurons quelques avancées, mais ça ne changera pas l'issue.

Léa Salamé : Vous avez pris quand cette décision?
Nicolas Hulot : Hier soir.

Léa Salamé : Pourquoi?  Pourquoi? Qu'est-ce qu'il s'est passé hier soir? Au moment de la réunion avec les chasseurs?
Nicolas Hulot : Disons qu'elle a mûri cet été, que j'espérais qu'à la rentrée, fort des longues discussions que j'ai eues avec le Premier ministre et avec le Président, il y aurait un affichage clair sur le fait que c'est l'ensemble du gouvernement, l'industrie, l'économie, le budget, le transport, l'agriculture et bien d'autres qui allaient être avec moi à mes côtés pour porter, proposer, incarner, inventer cette société économique. Je sais que, seul, je n'y arriverai pas, j'ai un peu d'influence, je n'ai pas de pouvoir, je n'ai pas les moyens.

Léa Salamé : Nicolas Hulot qu'est-ce qu'il s'est passé hier soir à l'Elysée en présence d'Emmanuel Macron et des représentants des chasseurs?
Nicolas Hulot : Oh ça va paraître anecdotique mais pour moi c'était symptomatique et c'est probablement un élément qui a achevé de me convaincre que ça ne fonctionne pas. On avait une réunion sur la chasse, sur la réforme qui peut être une réforme importante pour les chasseurs mais surtout pour la biodiversité. Mais j'ai découvert la présence d'un lobbyiste qui n'était pas invité à cette réunion et c'est symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir. Et il faut à un moment ou à un autre poser ce sujet sur la table car c'est un problème de démocratie : qui a le pouvoir? Qui gouverne? C'est un petit détail.

Léa Salamé : Est-ce que vous parlez de Thierry Coste?
Nicolas Hulot : Oui je parle de Thierry Coste à qui j'ai dit qu'il n'avait rien à faire là, qu'il n'était pas invité mais oublions ça parce que ne pensons pas que ma décision vient simplement d'une divergence sur la réforme de la chasse. C'est une accumulation de déceptions mais c'est surtout parce que je n'y crois plus, pas en l'état. Pas dans ce mode de fonctionnement. Pas tant que l'opposition ne sera pas capable de se hisser au-dessus des querelles habituelles pour se retrouver sur un sujet qui est un enjeu supérieur, qui détermine tout. On sait qu'à la sortie de l'été où la Californie brûle, où la Grèce brûle, où l'Inde subit des inondations, mais après nous-même une année terrible à Saint-Martin mais y compris en métropole, quand je vais en Guadeloupe et que je vois une petite conséquence du changement climatique - "petite"… pardon pour les Guadeloupéens et les Martiniquais, mais l'invasion des sargasses qui leur pourrit la vie au quotidien -, petit à petit on s'accommode de la gravité, et on se fait complice de la tragédie qui est en cours de gestation. Je n'ai pas forcément de solution, je n'y suis pas parvenu, j'ai obtenu un certain nombre d'avancées mais si vous n'avez plus la foi et pour avoir la foi ce n'est pas l'énergie qui me manque, c'est un travail collégial, c'est un travail collectif, et puis, petit à petit, je n'ai pas réussi par exemple à créer une complicité de vision avec le ministre de l'Agriculture alors que nous avons une opportunité absolument exceptionnelle de transformer le modèle agricole. On se fixe des objectifs mais on n'en a pas les moyens parce que, avec les contraintes budgétaires, on sait très bien à l'avance que les objectifs qu'on se fixe, on ne pourra pas les réaliser. Voilà ma vérité.

Léa Salamé : Je précise pour les auditeurs qui nous écoutent que Thierry Coste œuvre pour la Fédération nationale des chasseurs. Il est lobbyiste effectivement. Nicolas Hulot, est-ce que vous avez prévenu Edouard Philippe et Emmanuel Macron de votre décision?
Nicolas Hulot : La réponse est non.

Léa Salamé l'interrompt : Donc là ils vont l'apprendre en direct…

Nicolas Hulot : Oui je sais que ça n'est pas forcément très protocolaire. Je sais que si je les avais prévenus avant, peut-être qu'ils m'en auraient une fois encore dissuadé. Mais c'est une décision entre moi et moi et je ne veux pas me mentir. Je ne veux pas donner ce sentiment que, si je repars, c'est parce que j'y crois. Mais je me pose la question : suis-je à la hauteur? Qui serait à la hauteur tout seul? Où sont mes troupes? Qui ai-je derrière moi? J'ai l'ensemble…

Léa Salamé le coupe : Vous aviez le soutien du président de la République…
Nicolas Hulot : oui, je le redis ici : j'ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Et ce n'est pas, croyez-moi, pour atténuer l'effet de la décision ce matin. Mais, sur les sujets que je porte, on n'a pas la même grille de lecture. On n'a pas compris que c'est le modèle dominant qui est la cause. Est-ce qu'on le remet en cause?

Léa Salamé : vous voulez dire le libéralisme, pour parler clair?
Nicolas Hulot : Oui. Mais je l'avais dit dès le départ. Je me suis moi-même largement prononcé sur des traités comme le Ceta. Et on va en avoir une flopée d'autres.

Léa Salamé : Pourtant Emmanuel Macron a été clair pendant sa campagne que son programme serait d'inspiration libérale.
Nicolas Hulot : Oui mais on peut évoluer, les uns les autres, on peut se nourrir. C'était pour cette diversité. On peut encore une fois s'apporter. Moi je ne critique personne. J'espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde, sur le fait que l'Europe ne gagnera que si l'Afrique gagne. Est-ce que nous nous sommes mis en situation de passer un contrat d'avenir avec l'Afrique? La réponse est non. Où est passée la taxe sur les transactions financières qui était le minimum pour tenter de donner les moyens à l'Afrique de s'adapter, d'évoluer? Est-ce que nous ne nous voilons pas la face sur le fait qu'une partie des migrants qui viennent frapper aux portes de l'Europe, c'est pour des raisons climatiques? Je ne veux pas faire la liste ici. Je ne suis pas là pour faire un procès. Je dis simplement que la société, vous-mêmes les journalistes, remettons les priorités dans le bon ordre. Ce sujet conditionne tous les autres, je le dis en boucle. Le nucléaire, cette folie inutile, économiquement, techniquement, dans lequel on s'entête. C'est autant de sujets sur lesquels je n'ai pas réussi à convaincre, j'en prends ma part de responsabilité. Et je pense que, ce que les gens attendent d'un ministre, c'est que s'il n'est pas à la hauteur, s'il n'arrive pas à ses fins, il doit en tirer les leçons. Je l'ai toujours dis et je les tire ce matin.

Nicolas Demorand : Et donc ça n'avancera que de l'extérieur à vous entendre? EN France aujourd'hui, politiquement c'est impossible d'agir à l'intérieur de cette équipe-là?
Nicolas Hulot : Pour ce qui concerne la responsabilité française, ce n'est pas suffisant. Nous n'y arriverons que si un gouvernement dans son ensemble a la même impulsion, la même ambition, la même feuille de route, la même vision. Moi je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert, ce n'est pas l'idée que je m'étais faite. Je suis rentré dans un esprit de coopération pas de confrontation. Je ne dis pas encore une fois que rien n'a été fait, la France a été en pointe sur le glyphosate, on a fait énormément de choses…

Léa Salamé : Justement, est-ce que ce n'est pas le moment de dire puisque vous partez, rappelez-nous quels sont les acquis? Quels sont les petits pas que vous avez faits en un an avec ce gouvernement?
Nicolas Hulot : On a changé de tropisme sur les pesticides, on est rentré dans une dynamique qui va nous permettre de se séparer un par un d'un certain nombre de molécules. On a programmé la sortie des hydrocarbures, ce sont des choses essentielles et importantes. J'espérais qu'on allait mettre le climat et la biodiversité dans l'article 1 de la Constitution. Mais, même là, nos sénateurs et l'opposition sur un truc qui n'est pas quand même une révolution culturelle, simplement par posture politicienne, étaient prêts à s'y opposer. Tant que nous serons dans ces affrontements perpétuels alors que l'humanité a emprunté un chemin tragique, un homme une femme, tel qu'il soit – je l'ai toujours dit, au moins on peut m'accorder des convictions – quelles que soient ses convictions s'il est isolé dans un gouvernement, s'il est isolé dans la société – parce que regardez tout l'été, les résistances anti-éoliennes, alors ok on ne veut pas d'éolienne, on ne veut pas de centrales nucléaires, on ne veut pas de centrales thermiques : comment on fait si on additionne tous les refus? Et puis ceux qui critiquent à tort ou à raison, qu'est-ce qu'ils proposent? Qui vient enrichir le débat public, qui vient apporter ses pièces pour construire la société et le modèle de demain? Voilà.

Nicolas Demorand : Ça a été une souffrance ces 12 derniers mois au gouvernement pour vous, Nicolas Hulot?
Nicolas Hulot : Puisque je suis dans un moment de vérité, oui. Oui, sauf à basculer ce que peut être j'allais devenir, cynique, c’est-à-dire que pour finir à avoir une forme d'indifférence sur les échecs.

Léa Salamé : Vous aviez senti cette tentation du cynisme?

Nicolas Hulot : Je me suis surpris parfois par lassitude à baisser les bras et à un moment ou un autre à baisser mon seuil d'exigence. Et là je me suis dit c'est le moment d'arrêter.Léa Salamé : Est-ce que vous aviez les épaules pour être ministre?

Nicolas Hulot : Peut-être pas. La question vaut d'être posée. Peut-être pas.

Léa Salamé : Est-ce que vous regrettez d'avoir accepté la proposition d'Emmanuel Macron?
Nicolas Hulot : Pas du tout, pas une seconde. Et je souhaite, et je le dis très sincèrement, à ce gouvernement, et indépendamment de ce sujet, et dont j'espère qu'il en tirera les leçons, le plus grand succès parce qu'il le mérite. Il y a des hommes et des femmes exceptionnels dans ce gouvernement. Cette diversité est essentielle. Cette diversité est tellement importante dans notre société. S'enrichir de nos différences plutôt que de les confronter en permanence. Mais ça n'a pas forcément totalement opéré.

Nicolas Demorand : Comment décririez-vous l'armature idéologique du gouvernement? Celle contre laquelle vous avez échoué, vous l'avez dit. C'est quoi? Du libéralisme? Du productivisme? Du nucléarisme? C'est quoi?
Nicolas Hulot : C'est difficile. D'abord je ne voudrais pas, dans un moment où je mets le gouvernement en difficulté alors que ce n'est pas du tout mon souhait, c'est plutôt le contraire. Il y a une diversité, des parcours de vie différents, des personnalités passionnantes. Mais les grandes tendances demeurent.

Nicolas Demorand : C'est à dire?
Nicolas Hulot : La remise en cause d'un modèle agricole dominant n'est pas là. On recherche une croissance à tout crin. Sans regarder ce qui appartient à la solution et ce qui appartient au problème. Quand on se réjouit de voir sortir de Saint-Nazaire un porte container qui va porter 50.000 containers, superbe performance technologique. Est-ce bon pour la planète? La réponse est non. C'est toutes ces incohérences, ces contradictions. Et puis, dans cette équation impossible, des critères maastrichtiens sur un plan budgétaire, est-ce qu'on essaie un peu d'être disruptif? D'investir dans la transition écologique? Les investissements qui permettent de réduire notre dépendance énergétique, qui ne sont pas des dépenses mais des investissements, est-ce qu'on s'est autorisé à essayer un petit peu de sortir de l'orthodoxie économique et financière? Est-ce que la finance de spéculation qui spécule sur des biens communs, on l'a véritablement remise en cause? On va me dire mais en un an on ne peut pas tout faire! Certainement. Mais il y a une telle urgence.

Nicolas Demorand : C'est un vice de forme que vous décrivez.
Nicolas Hulot : On me dit mais "prend ton temps, soit patient". Mais ça fait trente ans qu'on est patient, qu'on laisse les phénomènes se dérouler. Ils sont en train de nous échapper. Donc je veux bien. On me dit : "fixe toi deux, trois priorités". Mais tout est prioritaire. Les sujets de santé, d'environnement qui viennent nous exploser à la figure, dont on va se rendre compte qu'ils ont des conséquences probablement…

Léa Salamé, l'interrompant : Mais l'économie, Nicolas Hulot, est aussi prioritaire. Le fait de faire baisser le chômage. Quand on accepte d'être Premier ministre, on sait bien qu'il y a des arbitrages à faire et que d'un côté, il y a une urgence économique, de l'autre une urgence écologique et que parfois, elle est contradictoire.
Nicolas Hulot : Oui, je ne dis pas le contraire. On peut essayer de choisir dans l'économie ce qui participe à la solution. Il y a aussi des grandes opportunités dans la transition écologique énergétique. Vous avez même la possibilité de passer à un modèle agricole qui soit intensif en emplois et non pas intensif en pesticides. Un plan de souveraineté alimentaire en protéines végétales a-t-il été sérieusement envisagé? Une agriculture sans pesticide c'est tout bon pour les agriculteurs, même sur le plan économique. Les externalités négatives du modèle agricole aujourd'hui, si on une vision macro, croyez-moi, l'argent il vaut mieux le mettre en amont qu'en aval. C'est cette vision d'ensemble… Je ne dis pas que j'ai toutes les solutions. Moi, j'espérais à un moment où un autre que dans ce gouvernement, chacun y apporte sa contribution. Et de donner le sentiment que je peux être sur tous les fronts, sur toutes les oppositions, à la croisée de tous les lobbys car les lobbys sont là… (hésitation). Est-ce que quelqu'un fera mieux que moi? Peut-être. Je n'en sais rien. L'avenir le dira. J'espère qu'on m'accordera que ce moment douloureux, de tristesse, mais pris d'une manière excessivement sereine, pris au sortir de 15 jours de repos, je l'ai pris sous le coup d'aucune colère, c'est un  acte de sincérité avec moi-même.