Il est des sujets qu’il faut aborder avec le plus grand sérieux et un savant dosage de connaissances historiques et de philosophie politique.

La colonisation et son envers, la décolonisation sont de tels sujets et tout particulièrement, comme nous en vivons cruellement les pires séquelles, le drame de l’Algérie.

Alors, tout de go, comme on sort un lapin d’un chapeau sur la scène d’un music-hall, le Divin Enfant nous refait le coup de la repentance en revisitant le printemps 57 et un épisode de la Bataille d’Alger.

Peut-être dans quelque recoin de cette note, dirais-je ce que pense de ce triste épisode un ancien lieutenant du contingent qui a vécu à Alger bien avant* que M. Macron –le père- ne conçoive son brillant rejeton, notre Président. Peut-être pas.

*18 ans

Le drame est immense : 8 années de conflit, le million de morts et autant de personnes déplacées…

Dans le million de morts et de disparus, nul ne peut dire combien sont ce que l’on appelle de nos jours des victimes « collatérales » c’est-à-dire des personnes qui se sont trouvés emportées dans le flot de l’horreur s’en avoir activement participées aux évènements. Leur tort était simplement de vivre là où se déroulait le drame et d’en avoir été les jouets, comme des fétus sous les pas des soldats et des assassins.

Ceux-là d’abord ne doivent pas être oubliés.

D’autres ont participé.

Volontairement, par conviction : de quelque façon que cela soit ils ont combattu.

En face des nombreux mouvements indépendantistes qui ont animé le conflit, le premier et le plus important de ces combattants fut le  Gouvernement Français qui jusqu’au printemps 60 resta déterminé à maintenir par les armes un statuquo social et politique condamné**. La décision fut prise de confier à l’Armée la mission d’assurer l’ordre public : « François Mitterrand, garde des sceaux, est chargé par le Conseil des ministres de défendre le projet de loi remettant les pouvoirs spéciaux à l'armée à l'Assemblée Nationale. » Wiki

**Il est plus facile de porter ce jugement avec un recul de soixante années, qu’il ne l’était pendant les 8 années du conflit et les turbulences qui ont suivies. Faire remarquer comme le font justement les commentateurs que les gouvernements en question étaient socialistes n’ajoute rien au dossier et ne conduit qu’à enlever une feuille à la couronne de laurier qui ceint le front de l’idole Mitterrand.

 

Alors ce conflit fut désolant et chacun regrette que l’histoire soit tragique comme a dit on ne sait plus qui.

Dans cet immense gâchis, Macron choisit une disparition : celle d’un jeune militant communiste, promis posthumément à un brillant avenir de mathématicien, membre du Parti Communiste Algérien qui fut arrêté en peine bataille d’Alger en juin 57 et qui disparut, probablement victime d’interrogatoires trop appuyés, victime de la torture. Il était directement impliqué dans l’action des terroristes.

Macron suit en cela l’initiative de son prédécesseur : « En 2012, François Hollande se rend devant la stèle élevée à la mémoire de Maurice Audin à Alger et fait lancer des recherches au Ministère de la Défense sur les circonstances de sa mort. »  Wiki

 

On entend tout, on lit tout.

Certains se félicitent du « courage » de reconnaître les exactions de l’Armée Française ; pour eux aucun doute Audin n’est qu’une victime et n’a aucune responsabilité dans l’évènement.

D’autres comme on le fait ici expliquent que l’évènement ne peut être « perçu » hors du contexte et de la passion de l’époque.

L’ineffable Stora nous dit que l’expression de la vérité sera bénéfique et permettra d’apaiser des douleurs qui ne s’apaisent pas.

Villani, toujours cohérent regrette le mathématicien trop tôt enlevé à ses études…

 

L’étonnement porte sur deux points.

L’étonnement premier :

On ne peut détacher l’évènement de son contexte et n’établir aucune relation entre la disparition du jeune homme et la mort des quelques 350 victimes des attentats commis à Alger ayant déterminée l’attitude du Gouvernement et la répression violente qui en résultat. L’urgence de la situation rendait-elle impossible le traitement judiciaire du cas Audin reste une véritable question mais on ne peut résumer l’ensemble du drame à cet épisode isolé et sans nul doute regrettable.

Dans son élan, EZ nous donne la  réponse et affirme que le garçon était un traître ; on  craint qu’il n’ait raison mais avant les douze balles dans la peau il méritait certainement un jugement et un châtiment exemplaire.

 L’autre étonnement :

Pourquoi accomplir cette contrition à ce moment et sous cette forme ? Pour plaire à qui ?

Notre Divin Enfant, quoi qu’il fasse, n’adoucira pas ses rapports avec ce qui reste de la gauche ou avec les Insoumis.

Pourquoi prend-il le risque provoquer une inutile polémique sur un sujet largement oublié, sur lequel sa repentance sera perçue comme une incompréhension complète de ce que fut l’affaire algérienne.

Cherche-t-il à s’aliéner davantage le Centre Droit qu’il n’a pas su conquérir comme il le fallait ?  Soit le seul électorat qui lui resterait s’il ne persistait pas dans ses ambiguïtés.

L’électorat de ceux qui, de près ou de loin, ont vécu le drame. Disons-le : les retraités !

Cherche-t-il à enrichir l’argumentaire de Marine Le Pen ?

Certains nous disent qu’en agissant de la sorte, il « gagne de la face » sur la scène internationale. Grands Dieux, aux yeux de qui ? Erdogan, Trump, Poutine ou Oncle Xi ?

 Enfin, et en conclusion de cette note, cette nouvelle repentance sera prise par les islamistes et les autocrates qui  nous entourent comme une nouvelle marque de faiblesse.

De cela soyons assurés.

 

19 septembre2018