Je traverse la rue, je vous en trouve…    Le propos a fait du bruit.

Notre président s’adresse à un jeune homme horticulteur qui se plaint de ne pas recevoir de proposition de Pôle Emploi.

Evidemment Macron se réfère au fait que de nombreux secteurs se plaignent, au contraire, de ne pas trouver de main-d’œuvre. Comme la scène se déroule à Paris, il engage le garçon à rechercher un emploi dans l’hôtellerie ou la restauration du voisinage….

Maladresse de communication pour ceux qui ne  veulent pas entendre ce que dit le Président.

Quelle levée de boucliers : humiliation, déconnexion des réalités, mépris des français, toute la logorrhée des oppositions stériles et pleurnichardes y passe.

Comment ne pas prendre en compte la détresse du pauvre jeune homme qui ne trouve pas d’emploi dans l’horticulture… surtout et tout naturellement en admettant qu’il a épuisé les ressources de son ingénuité pour trouver l’emploi qu’il revendique.

Comme ce Macron est maladroit de réagir aussi brutalement à cette humble besoin : trouver un travail, oui mais, dans l’horticulture. Alors que Macron devrait savoir gré au jeune homme de ne pas avoir précisé de quelles plantes il souhaitait prendre soin : roses pour leur parfum ou chrysanthème ou fragiles et tendres violettes. Cela aurait rendu plus intéressante encore la tâche de Pôle Emploi.

Ce qui fait réagir notre président est le sous-entendu de la demande. Notre chômeur ne cherche pas un travail ; il cherche un emploi d’horticulteur ; tenez-le-vous pour dit.

Il ne  fait qu’exercer un droit acquis ; il a fait des études (ou pas) d’horticulture.

Quelqu’un, quelque chose lui ont (ou pas) décerné un papelard certifiant (ou pas) sa compétence.

Il a donc acquis le droit de ne pas travailler tant que le corps social, vous, moi et Macron ne lui auront pas  trouvé l’emploi qui lui convient ; de préférence près de chez lui, peut-être de chez ses parents, si par extraordinaire notre petite plante vivait encore chez eux ; et sans doute avec un salaire à la mesure de son mérite.

Reconnaissons que le travail dans la  restauration n’est pas exaltant mais bien des gens sont satisfaits de simplement gagner leur vie de la sorte…en travaillant.

Nous connaissions dans les droits de l’Homme et du Citoyen un certains nombre de droits inaliénables. Refaire l’histoire de l’acquisition de ces droits reviendrait à réécrire depuis Cyrus l’histoire des rapports entre les individus et les nations, puis pour chaque nation entre les individus (ou groupes d’individus) et les états. Ce serait écrire l’histoire du progrès social. Vaste programme !

Le droit à l’horticulture est la dernière, pardon, la plus récente sinon la plus importante avancée de cette marche du progrès dont on esquive ici la description.

Ce petit grincement aurait pu constituer le premier paragraphe d’une réflexion sur la véritable signification des indemnités de chômage dans un moment où il est patent que de nombreuses offres d’emploi ne sont pas satisfaites ; moment dans lequel ne sont pas comptabilisées* les foules d’emplois industriels tenus par des ressortissants européens qui n’ont pas honte d’être soudeurs ou maçons ou charpentiers. Chacun se souvient du plombier polonais qui devait retirer le pain de la bouche du travailleur français. Il est heureux que le soudeur polonais fasse travailler les Chantiers de St Nazaire où sont construits* les grands paquebots qui sont les bijoux des rares productions industrielles du cher et vieux pays. Car les enfants de la petite, moyenne et grande bourgeoisie française sont exonérés d’avoir à produire et deviennent étudiants longuement, chercheurs d’emploi longuement, quémandeurs d’aides en tout genre assidument.

 

*En orthographiant le mot « comptabilisées » le Naïf se pose la question de savoir si au lieu de supprimer la règle des accords participe passé au verbe avoir, il ne serait pas plus logique de l’étendre au verbe être.

 

20 septembre 2018