Il faut distinguer deux formes de vacuité dans la façon dont le monde de la vie politique s’est emparé de la pensée écologique.

Le vide idéologique pur, cristallin, parfait qui repose sur le déni constant des réalités économiques, géopolitiques et surtout démographiques. C’est le vide du croyant qui prie un Dieu (lointain car absent) afin que l’humanité change de trajectoire dans son ensemble et retrouve une communion primordiale avec la Terre, la Nature…

C’est aussi, fréquemment, le vide de l’esprit simple (simplet) et scientifiquement-techniquement-technologiquement inculte qui ne sachant rien, croit lui aussi que son verbe changera le monde de l’économie, de la production industrielle et de la consommation.

Ils ont fondamentalement raison car l’exploitation de planète, comme nous en voyons le terme, devrait raisonnablement conduire à une modération de la consommation des richesses naturelles.

Cette modération interviendra sans grands efforts avec la disparition des ressources.

Cette pensée écologique se fracasse régulièrement en percutant le monde des individus consommateurs et celui des autocrates en mal de construction d’empires, de califats et de bombes atomiques.

Elle trouve une certaine résonnance, une relative écoute dans les démocraties molles des pays favorisés par la géographie, encore riches et héritiers d’une certaine histoire. La France est l’archétype.

Une autre forme du vide de la pensée écologique est incarnée dans un personnel de la politique qui, en absence de philosophie politique construite* endosse des habits à la mode, pris sur l’étagère des idéologues décrits précédemment, s’empare de leurs discours et cuisine sa carrière sur ce fond de sauce en ayant en réalité « trou du cul » d’opinion.

*Dieu, comme était confortable la pensée marxisante et comme étaient généreux les nantis parisiens qui en étaient les apôtres.

Cette forme du vide dans la pensée politico-écologique est par les aberrations qu’elle provoque un contributeur important au déficit commercial et à l’accroissement de la dette.

Des noms :

Dans la première catégorie en priorité les ONG et la foule des Défenseurs de… ou des Antis quelque chose. La liste est longue et leur combat est souvent légitime dans la mesure où il constitue une barrière aux excès inévitables d’un capitalisme et d’un consumérisme devenus incontrôlables.

Puis ils se radicalisent, comme on dit de nos jours et leurs mouvements se sectarisent.

Dans la seconde catégorie : tous ceux et celles dont on connait le nom et en particulier nos deux gloires nationales : La Royale et l’acrobate grimpant François de Rugy.

Hulot est hors catégorie car il participe à part égale aux deux précédentes : il a bien les convictions et l’inculture des idéologues et « en même temps », il aimerait tellement faire carrière et accéder aux honneurs.

Justement Hulot, personnalité préférée des Français, après quelques propos que la décence ne permet pas de qualifier, quitte le gouvernement. La République vacille.

Macron n’hésite que quelques instant : Ferrand a tellement envie du perchoir et de Rugy est un écologiste bon-teint très propre-sur-lui.

Toc, l’affaire est faite.

Les personnes que la présence d’Hulot au gouvernement inquiétait et chagrinait ne vont pas jusqu’à se réjouir mais ils voient dans ce mouvement de personnel une garantie d’immobilité : en matière d’écologie « pure » que souhaiter d’autre ?

Naturellement une fois affirmé le côté résolu de l’action gouvernementale par l’héliportage télévisé des pauvres oursonnes slovènes et enceintes,  il faudra un jour aborder le problème d’EDF et du nucléaire.

Sur le nucléaire notre nouvel ectoplasme s’exprime :

"Il y a plusieurs questions : D'abord il y a un processus d'accompagnement, y compris social, parce qu'il y a des personnes qui travaillent et qu'il faut les reconvertir". Il ajoute : "Il y a un processus aussi d'économie du territoire, qui ne vivait que là-dessus et donc il faut aussi diversifier. Et puis enfin il y a une question d'approvisionnement en électricité.

Notre inquiétude se dissipe : notre nouveau ministre de l’Énergie a perçu toute l’ampleur du problème : C’est « aussi » une question d’approvisionnement en électricité.

Le voile se déchire et la vérité est enfin révélée : les centrales atomiques et EDF d’une façon plus générale produisent de l’électricité.

Il serait grand temps que le Président, entre deux selfies hasardeux, comprenne que l’approvisionnement énergétique du pays n’est pas un problème secondaire à confier aux incompétents.

Sur EDF, il s’exprime aussi en réponse à une question d’un journaliste :

M. Hulot avait dit qu’il fallait réfléchir à l’« architecture » d’EDF. Etes-vous de cet avis ?

J’ai quelques idées sur la question. On en reparlera avec le président de la République, avec le premier ministre, avec les principaux concernés. Je ne suis pas pour le changement par principe, mais je pense que le statu quo n’est pas dans l’intérêt de l’Etat et de l’entreprise. Il faut vraiment tout regarder, pas seulement le sujet de la transition énergétique, mais aussi l’endettement de l’entreprise, et cela peut en effet inspirer des évolutions.

Nous ne sommes là, non plus dans la « Révélation » mais dans la pensée mûrement réfléchie, exprimée de façon constructive.

Jean-Bernard Levy ne dit rien mais qu’en pense-t-il ?

08 octobre 2018