L’exercice consiste à le dire de la façon la plus courte et si cela est possible de la façon la plus indiscutable qui  soit.

Cet exercice suppose que le lecteur croit en la véracité des affirmations qui conduisent le  raisonnement. Il a au demeurant le loisir de vérifier les assertions s’il ne fait pas crédit à l’auteur.

Dire quoi ? Ce sera la conclusion de ce papier.

 

La production d’énergie primaire dans le monde est au niveau de 300 millions de barils équivalents pétrole par jour.

-Le baril équivalent pétrole par jour est l’unité de mesure la plus communément utilisée. Cela est légitime car le prix du baril de pétrole affecte immédiatement le coût de toutes les autres productions d’énergie. Il s’agit donc d’un marqueur physique mais aussi financier.

-Primaire veut produite directement sans transformation ; ainsi la plus grande quantité de l’électricité produite n’est pas de l’énergie primaire mais issue de combustibles fossiles.

Pour les dix dernières années cette production a connu une croissance entre 1 et 2 % par an. Et cette tendance n’a pas la moindre raison de s’inverser.

La part des énergies dites renouvelables, solaire, éolienne et autres est de l’ordre de 2 %.

En comptant l’hydraulique ce chiffre passe à 5 %.

 

Conso énergie monde 2010 2020 2035

  

Au moins un tiers de cette production est consommée par la Chine et les USA.

Rien n’indique que ces pays aient inscrit dans leur programme des réductions de production ou de consommation. Bien au contraire toute l’économie américaine est tendue pour une augmentation de production conduisant à l’autonomie énergétique. Dans le cas de la Chine la tendance serait de réduire relativement la dépendance au charbon et au pétrole dans le but d’assainir l’air des mégapoles en favorisant le solaire et le nucléaire. Ce transfert reste marginal et la croissance chinoise reste soutenue.

 

La France produit 400.000 tonnes équivalents pétrole, tep, par jour de chaleur nucléaire et d’énergie renouvelable, hydraulique pour la plus grande part. Attention : 1 tep vaut dans ces calculs simplifiés 7 barils.

Soit environ 1 % des 300 millions de barils équivalents pétrole mondiaux.

 

La France achète 300.000 tep/jour de gaz et de pétrole en comptant dans le chiffre encore une pincée de charbon.  De 30 à 70milliards d’Euros au bon gré de Trump ou de MBS.

Soit 0.7 % des 300 millions de barils produits dans le monde…

 

Bilan Energie Fr 2015

 

Donc, achat ou production, la France contribue pour 1.7 % dans la production-consommation d’énergie dans le monde.

Agir de quelque façon que ce soit sur la production ou la consommation énergétique de la France revient à agir au niveau du  « pour mille » au niveau mondial et plus probablement au niveau du « pour 10.000 ».

Considérant l’attitude des USA et de la Chine, des pays producteurs de pétrole et la croissance inexorable de la population mondiale, parler de transition énergétique constitue à proprement parler un mensonge ou un délire. Tout simplement la France n’est pas un acteur dans ce dossier.

Certes une part croissante mais toujours marginale d’électricité primaire entre dans la composition du magasin énergétique, mais ne provoque en rien une Transition et constitue à peine, en regardant les chiffres, une faible inflexion, le pour-cent qui traine derrière la virgule.

 

Alors se pose la vraie question : comment un mensonge de cette importance s’est-il glissé et imposé dans la vie politique et comment peut-il servir de cœur de programme aux représentants de la nation et aux gouvernements ?

Fallait-il que la vie politique française soit vide pour que cette fantaisie prenne corps et conduise aux absurdités que nous offre une Loi de Transition dont on mesure à chaque développement l’inanité ; Loi dont la mise en application fut confiée à des experts reconnus, heureusement disparus.

 

Mais les Français n’ont que peu de leviers dans ces affaires.

 

Économiser l’énergie, ne pas la gaspiller est le premier de ces leviers. C’est une évidence écologique et budgétaire. On le dit : le fait-on ?

 

Ne pas accroître la dette par des achats subventionnés de gadgets écolo-éolo-solaires entièrement importés ; car la France désindustrialisée n’est pas en mesure de participer à ce marché : panneaux solaire, éoliennes sont fabriqués ailleurs et il n’est même pas certain que dans le cas des installations offshores, nous soyons en mesure de les installer sans quelques amis hollandais. Ces équipements encombrent le paysage et perturbent la bonne marche du réseau électrique sans constituer pour autant une ressource.

 

Savoir si le territoire national et le domaine maritime ne possèdent pas les ressources de pétrole ou de gaz que la France achète sur un marché auquel elle participe passivement.

Cf les 70 milliards d’Euros de l’année 2016 et les chiffres inconnus des années à venir.

 

Laisser EDF faire son travail : assainir la gestion de son personnel et sa situation financière, gérer son réseau et reconstruire la filière nucléaire mise à mal par les incompétences et soumise à des impératifs de sécurité légitimes mais croissants.                                                                                                                    

chiffres-production-energie-monde-2012_zoom (1)