C’est vrai, nous étions un peu lassés –le mot est faible- d’être soumis à longueur de JT aux stupidités de personnages incertains des propos desquels on nous rebat les oreilles et qui dans l’esprit de bien des chroniqueurs illustrent légitimement le « ras le bol » des Français.

Certains sont authentiquement emblématiques et méritent leur statues/statuts. Nicolle, Drouet ou Chalençon par exemple. Les femmes bien évidemment nous gênent moins et notre fond de machisme revendiqué nous pousse à l’indulgence envers Mesdames Vavasseur et Ludosky. La Mouraud (Jacline) relève des deux catégories car elle a moins de charme et nous laissons la parité opérer un nécessaire rééquilibrage.

Stupidités ? Pas tant que ça.

Rien d’anormal à ce qu’une personne moins favorisée par son insertion sociale, ses talents personnels et sa capacité à fournir des efforts souhaite vivre dans un îlot de bien-être où elle paierait moins d’impôts, travaillerait moins, bénéficierait de « encore plus » de services et se trouverait dégagée de toute effort de participation à la vie collective au plan civique (propreté, environnement), au plan politique (vote argumenté) ou au plan de la production nationale. Avec en prime le droit de se promener dans le pays en cassant ce qu’il lui plait de casser, quand il le veut et où il le veut : une forme d’avantage acquis.

Une sorte de vie de nouveau-né ou de vieillard déjà retiré du monde, au-delà des réalités du présent, sauf pour la casse bien entendu.

Un état d’irresponsabilité garanti par un État qu’il est cependant urgent de détruire en même temps qu’on brule les voitures.

Bien sûr, tout est dans la caisse de résonnance et dans l’amplification du bruit, inévitablement lié au vide et à l’autisme nombrilistique de la vie publique nationale.

 

Un vent frais vient de souffler.

 

Un jeune homme, à priori plutôt sympa –tout le monde le dit- et qui joue bien au foute –vous vous rendez compte, 100 buts, que dis-je, 150 buts pour Nantes- trouve la mort dans un accident d’avion de tourisme lors de son transfert en Angleterre. Tombent à l’eau les millions d’Euros liés au transfert, mais rassurons nous, on en reparlera.

Soulagement initial : il n’aura pas à subir les désagréments d’un Brexit qui peut-être ne l’aurait pas vraiment concerné.

Soulagement second : il ne marquera pas de but contre des équipes françaises dans le cadre des multiples « Ligues » européennes ou mondiales qui constituent le fonds de commerce du Monde du Foute.

La Nation en deuil, les Hommages (en témoignage de respect, de reconnaissance et de gratitude envers le défunt) rendus par tous les personnages de l’État, du monde du Sport et plus notablement du Foute, du monde des Médias, les Mausolées, les Parterres de fleurs, les Stades en Larmes et en Démonstrations Collectives façon Corée du Nord…

Ne manque que la Madeleine et les bikers.

Les Majuscules et même les Mots nous font défaut. Word ne connait pas la ferveur populaire.

 

Un frémissement, des rebonds : On trouve l’avion, on trouve le corps ? Le pilote anonyme reste anonyme, mais qui est-il vraiment ? Et nous gardons un instant l’espoir que cette affaire qui a débuté comme les premières images, comme le « trailer » d’une série policière à la française connaitra de nouveaux épisodes et de nouveaux piments. Des flics,  ni Kader Cherif, ni Caïn, mais plutôt Cassandre la presque-rousse. Un peu de drogue dans l’avion ou un sabotage de l’appareil en vue de déstabiliser tel personnage semi-mafieux du monde du Foute… Et pas la moindre intrigue amoureuse : Emiliano à l’Opus Dei ? Pourquoi pas ? Les désordres religieux, ça marche en ce moment.

De l’imagination, que Diable !

 

Pas de quoi faire oublier Johnny mais tout de même un petit vent frais.

 

Les obsèques ont lieu dans le pays du garçon, à Santa Fe en Argentine : nous n’avons pas pu le garder et c’est bien dommage. Il aurait pu devenir une des premiers occupants d’un très nécessaire Panthéon des Vedettes du Sport-morts-au-combat, des Évadés fiscaux notoires, des Chanteurs-euses disparus-es  (ce sont les mêmes) et de bien d’autres personnalités qui en disparaissant laisse notre vide encore plus vide.

Un dossier pour Bern.

 

De nos jours, on dit : RIP

 

Le Naïf vous salue bien.                                                                                                          17 février 2019