On vient de publier sur La Transition Énergétique ou Écologique un réquisitoire qui vise à montrer l’inanité des politiques gouvernementales mises en œuvre depuis une dizaine d’année dans le domaine de l’énergie et plus spécialement de la production électrique.

Le propos est sérieux et les lecteurs qui y auraient discerné des arômes d’humour auront senti davantage l’énervement et assez peu d’amusement ironique.

Manque dans ce texte la petite note de rigolade et de franche gaieté qui sur un sujet aussi austère vient réveiller l’intérêt d’un lecteur atterré.

Petite surprise glanée en feuilletant mon journal de référence, un petit édito (joint en annexe) nous dit que la France vient d’exporter vers l’Italie et l’Espagne une puissance de 17.5 GW au prix du marché, autour de 50 E/MWh.

On comprend bien qu’il s’agit d’une pointe assez exceptionnelle. Le temps est doux, la France consomme peu alors que les conditions anticycloniques ralentissent (annulent) la production éolienne de nos deux voisins.

Mais tout de même on ne peut s’empêcher de remarquer, avec un sourire narquois, que notre « Puissance Nucléaire » présente quelques avantages.

Bien évidemment il ne serait pas aussi facile de faire preuve de cette disponibilité en énergie si la consommation en France était à un niveau élevé, ainsi lorsque la demande atteint quasiment les 100 GW et qu’il faille mettre en marche les centrales thermiques à gaz.

Italiens et Espagnols auraient été conduits à démarrer, eux aussi, des unités thermiques « prévues à cet effet »…

Mais tout de même quelle meilleure illustration de la réalité : le parc nucléaire que nous possédons à 97 %, qui fonctionne correctement et sans incidents sérieux depuis tantôt 40 ans, en cours de grand carénage, régulièrement certifié et re-certifié par l’Agence de Sûreté Nucléaire (qui est plutôt du genre bretelle et ceinture) doit être abandonné pour légitimer l’installation de multiples unités de faible puissance, de faible facteur de charge et qui peuvent pendant une ou deux semaines faire la grève du vent ? Mais pour qui et pourquoi cette aberration ?

Le pays est-il florissant au point de pouvoir gaspiller son énergie dans toutes les acceptions du mot ?

Au même moment, on n’ose pas dire « en même temps », alors que l’EPR chinois fonctionne depuis un an, que l’EPR finlandais démarre et que Flamanville démarrera bientôt, il n’est rien de plus urgent dans la pitoyable paysage politique, social et économique national que de fermer Fessenheim qui présente l’énorme handicap de continuer à produire l’électricité la moins chère du marché européen et d’être notée par l’ASN comme l’unité la plus sûre du pays.

 

1 mars 2019

La France bat son record d'exportation d'électricité  

 

À circonstances exceptionnelles, performances exceptionnelles. Vendredi en milieu d'après-midi, sous la double impulsion d'une météo très clémente pour la saison et d'un parc de production en ordre de marche pour passer l'hiver, la France a exporté de l'électricité comme jamais: une pointe de 17.415 mégawatts (MW) (environ le quart de la consommation instantanée en France) a été acheminée en priorité vers l'Italie et l'Espagne, selon les données communiquées par Réseau de transport d'électricité (RTE). Dans ces deux pays, les conditions anticycloniques ont considérablement ralenti la production éolienne. Pour compenser ce manque, et plutôt que de lancer leurs centrales thermiques, nos deux voisins ibérique et transalpin ont préféré se tourner vers la France et son électricité nucléaire meilleur marché. Ce n'est pas pour autant qu'EDF a fait des affaires en or: ses livraisons s'effectuent à des prix de marché - toute la plaque européenne étant désormais interconnectée - aux alentours de 50 euros le mégawattheure (MWh), en France.

«Avec la météo printanière de ces derniers jours, nous sommes sur le même rythme de consommation qu'au mois d'avril, souligne Jean-Paul Roubin, le directeur de l'exploitation chez RTE. Grâce aux interconnexions avec nos voisins, le surplus de production est exporté et permet aux Européens de bénéficier d'une électricité décarbonnée au moindre coût.» À titre indicatif, les pointes de consommation ne dépassent pas actuellement 55.000 MW, contre près de 75.000 l'année dernière à la même époque.

 

Le Figaro  Frédéric de Monicault 26/02/2019