Je tourne le bouton du poste. On disait comme ça. Naguère.

L’image m’instruit. Je vois des émeutiers tenter dans une insurrection violente d’assassiner, en groupe, des représentants des « forces de l’ordre ». On dit comme ça. Maintenant. Les Forces-de.

Ils pillent ce qu’ils peuvent voler et ils saccagent et brulent ce qu’ils ne peuvent emporter ou qui leur déplait.

J’entends la speakerine. On disait comme ça. Naguère. La présentatrice est un produit récent : preuve qu’on nettoie la langue de ses anglicismes.

Sa parole m’instruit. Elle dit : les dernières manifestations ont donné lieu à des actes de violence.

 

Ouf, je me sens mieux : elle n’a pas ôté de sa narration le mot violence. C’est un bon jour. En langage correct, elle aurait dû dire que « la manifestation avait provoqué des désordres » car il est bien entendu qu’il ne convient pas d’attacher une importance particulière au fait qu’un groupe de gens essaie de tuer un CRS ou un policier ou qu’il saccage, pille et incendie en toute quiétude les magasins de l’avenue où ils « manifestent ». Incendier un immeuble avec ses occupants ou un restaurant dont le défaut est d’être célèbre, ne sont que peccadilles.

 

Ainsi l’émeute et l’insurrection deviennent licites. Et le droit de manifestation habille l’acte criminel. Le « droit À » autorise tout.

 

Les Forces de l’ordre sont apeurées par la perspective d’avoir à subir les foudres du système judiciaire si dans l’exercice d’une nécessaire répression ils étaient conduits à faire « pour de bon », réellement, usage de la force.

Ce qui entrainerait inévitablement des blessés et des morts puisqu’ils ont en  face d’eux des individus armés pour blesser ou pour tuer. Sauf à considérer qu’un cocktail Molotov est un signe de mécontentement véniel.

Évidemment les CRS, flics et gendarmes  sont identifiables et ils ne se fondent pas dans une foule accueillante.

Évidemment ils représentent, non pas l’ordre que requiert la vie en société (ainsi qu’on les désigne, Forces de…) mais les puissances obscures du capital et du colonialisme et de tous les autres maux que l’idéologie victimaire et écologisante leur imputera.

Leurs visages manquaient sur le « Mur des Cons ». Quel oubli !

L’appareil législatif est celui  d’une société en ordre et convient mal à une société qui crée et revendique le désordre. Sans parler de l’état de guerre de notre gentil Hollande. (1)

 

Mais enfin, il faut reconnaître que les flics et autres CRS ne remplissent pas leur mission et les saccages continuent. Les interrompre conduirait à l’affrontement violent qu’ils redoutent et dont, sans nul doute, on leur attribuera la paternité.

Une solution s’imposerait : limoger le préfet de police. Cela résoudrait tout.

On objectera qu’ont été interpellés des individus qui ont été ou seront placés en garde à vue le temps prescrit. Après le « rappel à la loi » rituel, ils seront élargis « sans autre forme de procès » faute de preuves et de flagrance.

Il n’est pas question qu’ils puissent manquer « l’acte » suivant.

Sinon, comment pourraient-ils poursuivre leur entraînement d’émeutier insurrectionnel ?

D’ailleurs les individus appréhendés étaient-ils des émeutiers ou simplement des imbéciles appréhendables ?

 

Plus que jamais il est temps d’appeler les choses par leur nom et plus que jamais il est temps de laisser les gendarmes attraper les méchants par l’usage de la force légitime.

On en viendrait à souhaiter, chaque samedi, qu’un CRS soit grillé ou qu’un flic soit tué pour qu’enfin la grandes masse des soumis à la belle pensée se réveille pour mesurer l’étendue de la désagrégation sociale qu’elle tolère quand elle ne la favorise pas. (2)

Je serais désolé que ce texte, très délibérément excessif dans l’expression soit perçu comme une défense de la bavure policière. Certainement certains tirs de flashball aurait dû être tirés plus bas en ne visant que les parties… les moins fragiles de l’anatomie du manifestant.

Les forces de l’ordre doivent rester exemplaires et ne doivent pas céder à la vindicte et à l’énervement.

Mais cette recherche de qualité ne doit pas conduire à les désarmer, ni les réduire à l’impuissance.

 

Au moment même où je termine ce texte, le JT m’apprend que le Divin Enfant aurait enfin pris la mesure du problème et qu’il nous promet, ce qu’il fait avec la même constance que ses prédécesseurs, des mesures fortes…

Chère, très chère Leonarda. Chère et luxueuse NDDL…(3)

Combien de reculades encore avant que tout l’électorat ne tombe dans le vide Le Pen. (4)

En plus : un Chef de l’État qui a lu Ricœur, c’est bien et on ne saurait lui en faire grief. Mais si en plus de cette qualification il avait lu la loi de Transition de mes deux et en avait compris la portée, il n’aurait pas à résoudre des troubles sociaux qu’il a provoqués. Si, souvenez-vous, la Taxe Carbone et le « sauvetage de la planète » leit-motivée dans chaque nouveau discours.

Attendons la fermeture des centrales nucléaires.

Comme je reste inquiet (quoique naïf) je me dis que d’autres évènements, d’autres pétards ne tarderont pas à fuser au Pays Merveilleux des 35 heures.

Au-delà du nucléaire évoqué à l’instant, La liste de ces futurs motif-de est longue, l’immigration n’étant pas le moindre de ces motifs, mais je ne peux m’empêcher de penser que celui de l’écologie politique mal ingérée-digérée-excrémentée (5) est un de ceux qui « nous » reviendrons dans le museau avec la vigueur qu’a mis le Président lui-même à allumer le pétard.

Je dis « nous » car à la différence des journalistes qui conçoivent la vie publique comme une sorte de compétition  sportive, compétition entre des personnes de gouvernement ou d’opposition, les gagnants ou les perdants, les acteurs en somme, ne sont pas les Macron,  les Royal ou les Wauquiez (quelle tristesse) du monde de l’énarchie, mais le peuple français tout ensemble, vous, moi et nos enfants. Quand Macron prend un bourre-pif, « nous » souffrons et la France s’abime.

 

  1.       Tout spontanément j’avais écrit état de guère. Ça allait bien aussi.
  2.       J’appelle cette soumission ou cette bénévolence le syndrome du Loup. On en reparlera.
  3.       J’allais en plus évoquer-wordtaper Hulot, mais Word s’est cabré et a tout simplement refusé. C’est ça l’IA.
  4.       La trappe à phynance du Tellement-Cultivé-Insoumis semble momentanément moins béante.
  5.       Le néologisme ! Merdre. Mieux qu’expulsée ou éjectée qui ont des saveurs de sans-papier ou de cartouche d’arme automatique.

18 mars 2019