L’État en passe d’avoir réglé les quelques problèmes économiques et sociaux qui restaient sur étagère, dette, déficit budgétaire, destruction du reliquat de tissu industriel, retraite… peut désormais, libéré de ces contraintes attaquer sereinement et avec détermination les problèmes de société qu’il n’a jusqu’alors abordé qu’avec prudence nonobstant leur grand intérêt et l’urgence qu’attache à leur résolution une partie de la population.

Le plus urgent à l’évidence concerne les facilités à mettre en place pour que des personnes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas avoir d’enfant par des moyens considérés jusqu’à nos jours comme naturels, puissent satisfaire leur désir d’enfant et de là, leur droit à…

Mais devant la multiplication, effectivement alarmante, des assassinats de femme par leur conjoint ou leur camarade de jeu, une nouvelle urgence apparait. Il faut endiguer ce phénomène social soudainement perçu. Le gouvernement s’empare du dossier et va organiser un grand raout déjà cérémonieusement qualifié de Grenelle des Violences Conjugales. La Schiappa organise cette large concertation.

Contre les violences, on imagine ; qui serait pour ?

Le problème est bien réel. Une femme meurt tous les trois jours « sous les coups » d’un homme avec qui elle a partagé sa vie ou qu’elle a éconduit.

Deux causes évidentes qu’il est incorrect de mentionner :

Les jeunes femmes fréquentent n’importe qui et ne prévoient aucune des conséquences de leurs relations hasardeuses, jusqu’au moment où elles sont coincées dans une situation de soumission puis de danger. Avec enfant(s) en prime.

Des hommes, ils sont nombreux, sont «immédiatement » violents, ne prévoient pas de conséquence à leurs exactions et n’endossent aucune responsabilité dans leurs relations avec des épouses/partenaires. Ils vivent ces relations comme une domination.

Les enfants sont « naturellement » des accidents qu’on aimerait pouvoir oublier. Le chien offre dans ce domaine un avantage : il est loisible de l’abandonner sur une aire d’autoroute sans que l’opinion s’en émeuve.

Ces deux facteurs relèvent d’un défaut aigu de civisme résultant de la précarisation (fragilité) puis de la dislocation de ce qu’on appelait jadis et même naguère, la famille. Les enfants ne sont plus « élevés » dans le cadre familial et deviennent des individus associés à un groupe humain devenu une foule. Leurs instincts peuvent s’exprimer librement.

Ce retour à l’état de nature devrait plaire aux écologistes.

« Individus associés » au groupe par nécessité car leur capacité à produire du Bien Commun est réduite et parfois annihilé par les défaillances et l’action parfois destructrice d’un système éducatif désorienté, laissé à ses propres errances, idéologiques et corporatistes, toutes en refus de l’ordre social existant. Ce système fonctionne comme une vaste machine destinée à produire de l’inutilité et de l’inadaptation sociale et technique : une machine à précariser.

Au demeurant les parents et les enseignants d’aujourd’hui ne sont que des enfants récemment sortis d’une absence déjà établie de famille et d’école.

L’appareil de l’État est abondamment équipé en dispositifs législatifs et règlementaires sur ce sujet. Les difficultés ou l’incapacité de futures victimes à porter plainte, la crainte des conséquences immédiates d’un dépôt de plainte et peut-être une certaine négligence policière font que ces dispositifs fonctionnent mal et le plus souvent ne peuvent être actionnés que…post-mortem.

Pour « faire avancer ce dossier » dont la Schiappa s’est saisie il faudra donc que l’État, vous, moi et nos impôts (carburant de l’État) pénètrent dans la vie des couples et vérifie, à l’amont des drames à venir, que les comportements des partenaires soient conformes aux pratiques convenues par une morale dite républicaine.

Vaste programme et il est à craindre que l’État en dépit de ou du fait de sa bedaine ne puisse relever ce défi au niveau de ce qui n’est qu’un symptôme de la désagrégation sociale dont nous sommes les témoins et les acteurs.

Inutile d’ajouter en remarque : quelques pourcents de notre bon peuple de France (et d’ailleurs) professent qu’il est écrit dans le texte sacré que battre sa femme est une pratique recommandée pour garantir la paix du ménage. L’occire provoque la réprimande, l’équivalent de notre « Rappel à la Loi ».

Programme aussi vaste que celui qui consisterait à réformer l’école et à faire comprendre aux jeunes gens que les relations entre adultes reposent sur ce qu’on appelle le respect et le consentement mutuel en vue de créer/procréer une famille. Sapiens procède de la sorte et ne se départit pas de son autorité pour vérifier le bon état de la cellule familiale qu’il a construite.

Lorsque le Docteur que vous consultez n’arrive pas au diagnostic, dans une première phase, il atténue les effets indésirables des symptômes du mal non encore identifié. Le mal déclaré entraîne alors le diagnostic puis le traitement.

Nous ne sommes pas dans ce cas : les causes et la maladie sont bien connues. Nous en observons des symptômes et nous vivons  les désordres de notre société  en supportant leur coût.

Le phénomène n’est pas nouveau et la société a toujours connu ces déséquilibres et ces excès. Force est de constater qu’il ne diminue pas, qu’au contraire il s’amplifie et pourrait-on dire qu’il se vulgarise.

Ou bien sommes-nous seulement mieux informés ?

Et plus généralement :

La France est devenue une gigantesque Notre Dame des Landes où s’agitent une foule de zadistes accrochés aux basques d’un État qu’ils bafouent, dont ils attendent tout, en souhaitant « en même temps » sa disparition.

Une situation de constante pré-émeute devient la norme et toute manifestation, joyeuse ou revendicatrice permet à la foule d’exprimer ses instincts les plus asociaux au motif de promouvoir telle ou telle revendication ou tout autre sujet susceptible d’agglomérer du populo. Alors, par exemple, en agitant des drapeaux d’un pays voisin ou en lançant des pavés sur des flics ; ou les deux.

Les idéologies de la Bienpensance et du Sauvetage-de-la-Planète n’arrangent rien et créent de nouveaux terrains de revendication et d’affrontement. Plus rien ne peut se régler dans le cadre des institutions : il faut passer par la manif/foule/émeute en toute bonne conscience ; puisqu’on a raison et qu’on détient la vérité.

Bon, le Naïf arrête car, hors sujet, il radote. On dirait du Rioufol.

Il souhaite bonne chance aux femmes battues puis assassinées : la Schiappa s’est « emparée » du dossier. Ça marche.

 

20 juillet 2019