Je pense à ces braves gens de Carmat qui se sont donné un mal de chien pour fabriquer avec la plus  grande ingéniosité une pompe pouvant remplacer un cœur humain. Elle fonctionne remarquablement si l’on tient  compte du fait que les implantations ont été réalisées sur des patients quasi mourants…et qui sont morts.

Mais quelle complication, quelle mécanique et qui change les piles ?  Amazon, au secours !

Pourtant la voie à de nouvelles réponses est évidente. Par exemple, quelques cellules souches, bien instruites de leurs devoirs et bien implantées dans la poitrine d’un simien pas trop différent de sapiens, un bonobo par exemple, finiraient sans nul doute, si on s’en donne la peine et les moyens, par fabriquer un très bon produit. Les protecteurs de la vie animale exprimeraient leur mécontentement avant de comprendre qu’il y a dans ces progrès une  juste cause à défendre : tout le monde a droit à  un cœur de remplacement et pourquoi pas, en poussant l’argument à un cœur neuf. J’y pense, je crois que le mien vieillit. Un bonobo pourrait sans doute, avant usure, produire plusieurs cœurs sans que l’on puisse parler de production industrielle. Enfin, faut voir.

Mes aversions, la chose est courante, me fait repousser l’idée d’une culture dans le corps d’un autre animal. Le reptile est exclu  par risque de cœur à venin et puis par manque de place sauf gros serpent. Les oiseaux donneraient des solutions trop volatiles. Autre mammifère peut-être avec en prime la possibilité de le manger après usage, ce que je ne ferai jamais avec le bonobo, mon presque frère. Cela demande réflexion.

Je m’égare, la réponse est beaucoup plus simple : pourquoi ne pas faire cette culture chez moi, dans ma petite bedaine personnelle ? J’y mettrai  le meilleur de moi-même. On peut faire un peu place dans mon fouillis d’organes en écartant ceci ou cela. Sinon, on peut enlever un rein pour cultiver un cœur à son emplacement rendu vacant. L’avantage serait alors de proposer à la vente, sur le Bon Coin par exemple, un rein en très bon état (après contrôle technique) pour un prix qui viendrait au crédit du financement du coût de la culture du nouveau cœur. Si d’aventure, je résistais à la tentation d’utiliser le produit de mon industrie pour changer mon cœur-à-moi usagé de multiples saisons et excès, je serais en mesure d’ajouter le cœur nouveau à mon offre Bon Coin, ou mieux chez eBay pour encourager la concurrence comme Bruxelles le souhaite.

Mais je vais trop vite, je m’égare et je complique tout. Il serait tout de même plus simple encore d’expliquer aux cellules souches de faire toutes seules, comme de grandes filles, leur travail de cœur sans  avoir à leur trouver un hôte qui subisse les désagréments du temps passé à sentir croître en lui une culture d’organe qui ne trouvera usage que plus tard. Elles rempliraient leur contrat dans un laboratoire ad hoc en toute tranquillité et sans être exposées aux aléas de la condition de locataire. Tout dans une éprouvette, de bonne taille naturellement. Après, Picard car Amazon ne s’est pas encore lancé dans le froid. Le marché tarde à se structurer. Que fait Elon Musk ? 

En si bon chemin, si Monsieur Dupont présente de grands signes de faiblesse, ne serait-il pas encore plus simple de fabriquer un Monsieur Dupont neuf dans une éprouvette encore plus grande.

Je ne suis plus dans l’égarement mais dans la divagation, ce qui veut d’ailleurs dire la même chose. Enfin pas tout à fait : égarement, on perd le chemin ; divagation implique qu’on prend un mauvais chemin.

Ce qui est bien ce dont on parle ici. 

« En même temps » il est urgent de fermer Fessenheim par principe de précaution ou pour faire plaisir à Duflot ou parce qu’un lecteur de Ricoeur a conservé la sottise sauce Hollande dans son programme.

En même temps, il est urgent de ne pas baisser la dépense publique car il est urgent de ne pas…

 

29 septembre 2019