De nouveaux bavardages sur l’absence de politique énergétique

En feuilletant un vieux grimoire, le Naïf a découvert une fable oubliée d’un moraliste oublié. Au fait des faits de la clairière de la fable, le Naïf a compris que plusieurs propos se glissaient dans cette fable.

Une critique acerbe des perruches de l’ENA. Inutile d’insister.

Une référence lourdingue à la stupidité des perruches supplétives qui bricolent la politique énergétique du pays et qui veulent comme le dicte la mode à la sauce batave sauver une planète sur laquelle ce pays ne joue plus le moindre rôle.

En prime une allusion à la politique d’implantation des éoliennes. Et Il semble que le fabuliste fasse une fixation sur la détestable chouette à triste mine.

Un oubli : les perruches ne se sont pas saisies de la question des empêcheurs de voler en rond du nucléaire. Elle est sans doute évoquée dans une autre fable du grimoire.

Cet oubli est une chance ; sinon la fable, déjà confuse serait devenue complètement foutraque.

Car le fabuliste de talent ne parle que d’une chose à la fois et n’essaie pas de tout dire d’un trait. Ses animaux n’ont qu’un défaut par fable, l’envie, la duperie, l’ambition…

Alors que la fabuliste des perruches leur fait porter la responsabilité de tout ce qui cloche dans le monde de la clairière et leur attribue tous les défauts de caractère qu’il observe chez les perruches et la reine des perruches : La Perruche.

Il est vrai que la Perruche est arrogante et ignorante. Elle revendique sa supériorité sans même avoir conscience de ses insuffisances intellectuelles et culturelles. Elle ne parle que la langue des perruches sur des sujets de perruches en évitant tout ce qui concerne le travail et la production : l’énergie en particulier.

Elle caquète sur ce qu’elle croit maîtriser et ignore d’où vient le pognon de dingue qu’elle dépense et ce qui fait tourner les moteurs et les machines.

Seuls les esprits indulgents et résolument optimistes disent que la Perruche apprend de ses erreurs.

Grand bien nous fasse.

 

Les perruches et le vent

 

Dans la clairière d’une forêt lointaine, les perruches sont reines.

De longtemps, elles sont devenues reines en caquetant. En perruche il y a du perroquet qui cause.

Les oiseaux d’alentour aiment leur plumage et leur caquetage qu’ils prennent pour du ramage.

Les perruches paradent et occupent les plus belles branches des arbres de la clairière.

Elles croient que cela leur est dû car elles ont été couvées dans un nid de qualité.

Regardant les hautes branches, les oiseaux chantent et célèbrent les Éclosions du Nid des Adoubés.

Les volatiles du commun sont occupés qui à chercher l’insecte, qui à cueillir la baie, qui à construire son nid et gaver ses oisillons, qui en quête du kilowattheure dont les oiseaux sont friands, tout ce qu’oiseau fait en volant, sur son perchoir ou dans son nid.

Ainsi vit la clairière quand brille le soleil.

Que vienne la bise, les oiseaux vont crier famine et chercher l’espérance au caquetage des cimes.

Les perruches sur leurs arbres perchées leur tiennent le langage de la raison des volatiles.

Quoi, disent les perruches. Vous ne trouvez plus subsistance.

Nous avions confié la tâche de vous trouver insectes et vermisseaux à perruche de beau plumage. Sur ce métier, elle est à l’ouvrage. En même temps elle caquète avec la chouette Hulotte en quête de kilowattheures. À nulles autres pareilles elles sont les phénix du talent et de l’industrie.

Nous les perruches n’entendons pas le ramage des oiseaux de la clairière des oiseaux de tout plumage.

Notre caquetage ne saurait dire et nous ne saurions entendre les cliquetis barbares des tisseurs de nid, des picoreurs de graines, des turbineurs de kilowattheures.

Nous ne savons que voleter. Et caqueter.

Quoi ! Vous nous dites que Hulotte de sottises vous a gavées. Elle caquète mais ne sait voler, ni kilowattheure vous procurer.

Que voulez-vous ? Oiseaux ordinaires ! Nous sommes fort marris, mais la perruche ne fait que ce qu’elle peut. Caqueter en volant au gré des vents du moment et des modes.

Quoi ! Vous n’entendez pas le caquetage des oiseaux écologiques. Vous danserez quand même.

Les oiseaux disent :

Trop d’oiseaux venus d’ailleurs, pas assez de graines à picorer, pas assez de battements d’aile pour trouver l’insecte, trop de bons vers frétillants à déposer dans la mangeoire des perruches, trop d’oiseaux occupés à bâtir les nids de perruches, trop de hulotage et bientôt plus assez de kilowattheures pour nos nids. Et quoi encore.

Les perruches caquètent. Le vent de forêt y pourvoira et ne vous déplaise, le temps passera et ce qui doit arriver arrivera.

Et sans relâche la Hulotte caquètera sa mission de sauver la clairière avec le vent de la forêt ou quel qu’autre magie.

1 novembre 2019

 

En conclusion, le Naïf recommande la lecture de l’excellent article de Bertille Bayart dans le Figaro du 30 octobre, ainsi que celui de Z le proscrit dans le Figmag du 1er novembre.

L’ordre alphabétique autant que la courtoisie font choisir des extraits de l’article de BB dans lequel ont été retenus les propos qui font ressortir les carences de l’Élysée.

Révérence rendue, Z  le maudit suivra pour condenser dans son style les termes du constat.

 

Bertille Bayart   (extraits)     Le Figaro 30 octobre 2019

 Lemaire, Borne disent à J. B. Lévy   ……   Le patron de l’électricien public devra sous un mois présenter un plan d’action vigoureux pour remettre d’équerre un secteur à la dérive, et élaborer une organisation qui soit, enfin, à la mesure des meilleurs standards de gestionde projets complexes

 Donc.....  L’État, actionnaire d’EDF et de l’ex-Areva et décideur de la politique énergétique, ne peut cependant se contenter de tancer ses ouailles. Il doit balayer devant sa porte. ….

Depuis dix ans, l’État commande ou reçoit des rapports sur le secteur nucléaire sans oser en tirer de franches conclusions. ..... 4 au total

Tous ont surligné le problème de la perte de compétences qui, de la maîtrise d’ouvrage aux qualifications des soudeurs, sape aujourd’hui encore la crédibilité du nucléaire français. Mais tous ont aussi réclamé, par allusion subtile ou carrément selon les auteurs, une cohérence de la politique énergétique impulsée depuis le plus haut sommet de l’État.

Depuis 2007, l’énergie est une compétence partagée entre le ministère de la Transition énergétique et celui de l’Économie. La politique énergétique, la politique industrielle, l’État actionnaire ne parlent plus d’une seule voix. Et l’Élysée, évidemment décideur ultime, se garde de donner une direction claire et assumée.

La France est-elle encore un pays d’avenir du nucléaire? Les locataires de Bercy passent, et ceux du boulevard Saint-Germain encore plus vite, sans que depuis Fukushima on ait une réponse sans équivoque à cette question majeure….

 Lundi encore, Bruno Le Maire et Élisabeth Borne ont donné le spectacle d’un canon à deux voix discordant….et  de sources concordantes, aucun arbitrage présidentiel n’a été rendu sur le sujet depuis que l’on sait que la centrale normande ne sera pas en service en 2022.

La débandade de l’industrie nucléaire française est inqualifiable. Mais aucune solution ne pourra être apportée si au sommet, c’est-à-dire au sommet de l’État, on ne répond pas à des questions qu’aujourd’hui on n’ose pas, ou n’ose plus, poser, de peur d’assumer les réponses. ….. 

Ici, naïvement en désaccord avec BB, les choix qu’elle propose et les réponses qu’elle suggère sont omis. Il n’empêche que des questions se posent et qu’il faut apporter les bonnes réponses. BB le confirme : 

….La sécurité énergétique des générations futures exige des réponses, maintenant. Et ces réponses seront plus efficaces pour remobiliser une filière industrielle en capilotade que de faire peser sur son avenir une épée de Damoclès suspendue par manque de courage politique.

 

L’EPR, symbole d’un sabordage français délibéré     Éric Zemmour    1 novembre 2019

 Comment une filière d’excellence mondiale qui faisait la fierté légitime des Français est-elle devenue un motif de honte et de crainte?     Philippe Chérel  dans OUEST FRANCE

 C’est l’histoire d’un modèle devenu un anti-modèle. Un exemple devenu un contre-exemple. Les déboires répétés d’EDF avec ses centrales nucléaires EPR donnent une image déplorable de la France. De quoi susciter l’ire du ministre de l’Économie, l’inquiétude des populations, la joie mauvaise des écologistes et l’ironie des concurrents. Il est urgent de s’interroger: comment une filière d’excellence mondiale qui faisait la fierté légitime des Français est-elle devenue un motif de honte et de crainte?

Le nucléaire est une histoire très française, avec d’abord le choix du général de Gaulle au nom de l’indépendance nationale. D’abord militaire, la technologie devient civile, dans un schéma qui ressemble beaucoup aux grands groupes américains, financés par l’armée américaine.

L’indépendance nationale est remplacée par l’Europe ; le monopole est supplanté par la concurrence

Lors de la crise du pétrole, Pompidou décide de jouer à fond la carte du nucléaire. On repère les constantes de cette odyssée: l’État, le militaire, l’indépendance nationale. Sans oublier les technocrates, les ingénieurs et la CGT embarqués dans un même bateau: un monopole adossé à une industrie ultracompétitive et à l’alliance gaullo-communiste des années 1960.

À partir des années 1980-1990, tout est détricoté: l’indépendance nationale est remplacée par l’Europe ; le monopole est supplanté par la concurrence. Le nucléaire permettait à EDF de vendre l’électricité la moins chère d’Europe: un avantage comparatif (un des rares) pour notre industrie. L’Europe oblige EDF à baisser le prix de l’électricité sortie de ses centrales qu’elle est obligée de vendre à ses concurrents. Les prix montent!

Moins de rigueur dans le contrôle des sous-traitants

Les campagnes écologistes anti-nucléaires forcenées finissent par influencer une nouvelle génération de politiques: on annonce la réduction de la part du nucléaire ; on subventionne à tout-va l’éolien qui dénature nos paysages et dont l’énergie ne peut être stockée. Les libéraux font chorus, qui dénoncent les avantages indus des «privilégiés» du comité d’entreprise CGT. En centralisant toute la filière derrière son panache blanc, la patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, mène tout le monde dans le mur en klaxonnant.

EDF n’était qu’un assembleur de pièces édifiées ailleurs ; mais il le faisait avec rigueur et professionnalisme. À force de ne plus construire de nouvelles centrales, la transmission du savoir-faire s’évapore. EDF devient moins rigoureux dans le contrôle de ses sous-traitants. Au nom de l’Europe, on a contraint EDF à façonner l’EPR avec des Allemands qui nous ont abandonnés du jour au lendemain, nous laissant sur les bras un design pas maîtrisé et une technologie ultrasophistiquée. Privés de nucléaire, les Allemands se ruent sur le charbon, énergie la plus polluante du monde, tandis que le nucléaire est la moins carbonée. Mais les écologistes, qui sont pourtant les contempteurs les plus acharnés du CO2, sont aussi les adversaires les plus résolus du nucléaire. Et voilà pourquoi votre fille est muette! Et EDF, à l’article de la mort.

2 novembre 2019