Toujours je me réfère à des pourcentages d’énergie produites et d’énergies consommées pour en déduire que ni la France, ni même l’Europe ne sont des acteurs du réchauffement climatique et que tout ce qui nous est seriné à longueur de discours dégoulinants n’a aucun sens au regard du comportement des Américains, des Chinois, des Indiens et autre Indonésiens.

Grace à Marc Cherki qui a pêché pour nous chez Global Carbon Project un tableau des émissions de CO 2 dans le monde en 2018. Figaro du 4 dec 2019.  Comme à l’habitude je joins en annexe l’article en question.

Puisque l’objet est précisément de réduire les émissions de ce vilain gaz, il est donc plus instructif de regarder les effets, d’aller aux résultats, plutôt que de gloser sur les causes. Les écolos fervents y trouveront peut-être une nourriture plus consommable pour leurs délicats intellects.

Lisons ce tableau, que le lecteur doit examiner attentivement.

USA, Chine, Russie, Indonésie, Corée, Inde (et Pologne pour une quantité insignifiante) sont des pays dont la production de CO 2 progresse de 3 à 5 % par an, disons 4 par commodité.

Ces mêmes pays contribuent à la production mondiale de CO 2 pour une très large moitié, environ 24 milliards de tonnes sur une estimation de 40 milliards au total. On oublie les incendies de forêt.

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Par comparaison l’Europe émet 3,4 milliards de tonnes en réduction prévue de 2.1 %.

Un calcul simple (simpliste, j’en conviens) nous dit que les 4 % d’augmentation des pays qui produisent plus de 24 milliards de tonnes, soit près de 1 milliard de tonnes démontrent que ….       

les efforts européens, 2.1 % de 3.4 milliards, soit 70 millions n’ont aucune portée réelle et n’influencent que pour une faible fraction de 7 % la tendance générale. 

Cette tendance peut-elle évoluer.

Oui, en empirant si comme la Chine l’a fait, l’Inde se réveille.

Oui en empirant si la Chine et les USA accentuent leur confrontation.

Et qui peut entrevoir une diminution ? Les rêveurs utopistes et les politiciens surfant sur une vague écolo-démago. Les songes creux de voitures électriques, de panneaux magiques, de remettre le gaz dans la bouteille, de croissance verte-vertueuse n’y changeront rien.

Pour la France, porte étendard de la Cause, les chiffres sont encore plus cruels : émissions de 340 millions de tonnes en diminution de 2.5 % prévue en 2018,  placent la France au niveau du pour cent mondial.

Ce que je dis depuis quelque temps déjà. 

Alors les chimères, les rêveries de taxe carbone et autres affichages se révèlent dénués de sens.

Si l’État qui ne sait plus compter souhaite lever des taxes il est inutile et trompeur qu’il habille ces besoins budgétaires d’oripeaux écologiques qui habillent ou déshabillent inégalement les citoyens.

Ce que je répète : s’il nous faut consommer moins et mieux, c’est simplement pour faire des économies dans le sens le plus ordinaire du mot.

J’ajoute qu’une taxe pigouvienne doit concerner l’ensemble de la population de manière uniforme sauf si on souhaite alimenter le désordre social ou si on est trop sot pour mesurer les conséquences de ses actions.

 

6 décembre 2019

 

Pourquoi cette annexe ?

Pour montrer jusqu’à quel point, à partir d’informations précises, des spécialistes parviennent à édulcorer le propos et même laisser ce glisser des doutes : plus de charbon ou moins de charbon, par exemple.

Et manient l’euphémisme : Les énergies renouvelables augmentent en quantité, mais pas aussi rapidement que la demande énergétique mondiale. Il ne faut pas faire de peine aux gentils écolos.

Et manient l’ironie : Une dame, Mme Le Quéré influencerait la politique du gouvernement ? À condition qu’elle trouve où on a bien pu la cacher.

Et ne remettent pas en perspective la place de l’Europe et de la France dans le grand concert de l’émission de GES. Gentille Mme Le Quéré !

 

Les émissions de CO2 en faible hausse   Marc Cherki   Figaro du 4 décembre 2019

Les émissions mondiales de CO2 sont 60 % plus élevées qu’en 1990. PHILIPPE LOPEZ/AFP

Alors que la COP25 a démarré cette semaine à Madrid, c’est encore une mauvaise nouvelle pour le climat. En 2019, les émissions de dioxyde de carbone augmentent encore, mais à un rythme qui a beaucoup ralenti. La hausse de 0,6% projetée pour cette année, à cause notamment de la Chine (+2,6%), premier émetteur mondial de CO2, et de l’Inde (+1,8%), quatrième contributeur après les États-Unis (-1,7%) et l’Europe (-1,7%). Le CO2 est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement du climat.

Au total, les émissions liées à la combustion d’énergies fossiles, atteignent 36,8 milliards de tonnes de CO2. En tenant compte du changement d’affectation des terres, qui estime les feux de forêts et les nouvelles surfaces pour les cultures agricoles, le bilan annuel serait autour de 43,2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone selon les données du Global Carbon Project.

 Ici l’image qui figure plus haut dans mon texte.

 

Ces résultats sont publiés le 4 décembre dans la revue Earth System Science Data. La tendance annuelle «est principalement due à la croissance continue des émissions liées à la combustion de gaz, en hausse de 2,6%, et de pétrole, en progression de 0,9%», explique Pierre Friedlingstein, premier signataire de l’étude, chercheur CNRS et professeur à l’université d’Exeter en Angleterre. Les rejets de CO2 issus des centrales au charbon «diminuent de 0,9%, mais pas assez pour compenser les hausses liées au gaz et au pétrole», ajoute le chercheur. En tant que premier auteur du Global Carbon Project, Pierre Friedlingstein succède à celle qui l’avait créé, la climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré, par ailleurs présidente du Haut Conseil pour le climat instauré en novembre 2018 par Emmanuel Macron pour commenter et influencer la politique du gouvernement français.

Récemment, plusieurs rapports, réalisés ou approuvés par l’Unep (l’Agence des Nations unies pour l’environnement) ont souligné que d’importantes capacités de production d’électricité à partir de centrales au charbon ont encore été installées en Chine entre juin 2018 et juin 2019. Hélas, ces équipements sont faits pour durer plus de quarante ans. «La production d’électricité à partir de charbon en Chine et en Inde, malgré le ralentissement économique, explique la hausse des émissions de ces deux pays et contribue à la hausse des émissions globales», constate Philippe Ciais, cosignataire de l’article et directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) du CNRS et du CEA Paris-Saclay. Il précise: «Il y a toujours une forte demande de ciment et d’acier en Chine, des secteurs très énergivores en électricité, produite principalement par des centrales à charbon.»

 Il est à noter, par ailleurs, que la diminution des émissions en Europe et aux États-Unis suit un rythme de baisse identique (-1,7 %) en 2019. Une diminution qui s’explique en grande partie par le remplacement de centrales au charbon par des installations brûlant du gaz naturel. «Pour la même quantité d’énergie produite, le charbon émet environ deux fois plus de CO2 que le gaz naturel», rappelle le chercheur du LSCE. De nombreux pays européens, à l’exception notable de la Pologne, ont déjà décidé d’arrêter d’utiliser du charbon. Ce bilan est presque ironique pour les États-Unis, où malgré les velléités de Donald Trump de soutenir l’industrie du charbon, «le développement d’énergies renouvelables se poursuit, notamment en Californie», précise Philippe Ciais. Au niveau de la planète: «Les énergies renouvelables augmentent en quantité, mais pas aussi rapidement que la demande énergétique mondiale.»

La production de CO2 en Chine par habitant (7 tonnes) est devenue bien supérieure à celle d’un Européen (6,7 t), mais elle reste loin derrière celle d’un Américain (16,6 t). Les courbes entre le Vieux Continent et l’empire du Milieu se sont «croisées en 2014», ajoute le chercheur français, et la tendance se confirme année après année.

Le Global Carbon Project souligne que les émissions mondiales de CO2 sont, en 2019, en hausse de 4% par rapport au niveau de 2015, lors de l’accord de Paris. Or la tendance devrait être à «une baisse d’environ 25% en 2030, par rapport à celles de 2015, pour limiter la hausse de la température au-dessous de 2 °C», rappelle Philippe Ciais. Et cette année, les émissions mondiales de CO2 sont «60 % plus élevées qu’en 1990, année de publication du premier rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, NDLR)», déplore Pierre Friedlingstein. Bref, selon les scientifiques on va dans le mur, d’autant que la hausse de la température moyenne est déjà comprise en 1 °C et 1,2 °C à la fin de 2019 par rapport à l’ère préindustrielle.