Il est de ces nouvelles qui vous interpellent. On dit comme ça maintenant…on est interpellé par l’actualité.

Ainsi je lis que dans son bilan prévisionnel 2019, RTE, Réseau de Transport d’Électricité, ex-branche d’EDF maintenant bricolée en SA pour rester dans le cadre d’une directive européenne de 1996, RTE donc, nous prévient qu’un dogme s’écroule et que nous pourrions, à l’occasion, nous retrouvez en situation de « Rupture en Approvisionnement Électrique ».

Il faut définir le concept et le lecteur se réfèrera à l’annexe jointe, de Maruan Basic pour la SFEN, Société Française d’Énergie Nucléaire, association-forum d’échange sur le « vaste » sujet du nucléaire.  Il faut la lire. Ce texte n’est pas écrit par un p’ti vieux rabougri dans son coin. En particulier il met l’accent sur la relation que nous avons avec nos voisins dont les politiques sont aussi floues et parfois encore plus stupides que la nôtre.  Annexe 1

J’ai parfaitement conscience que le texte proposé ici comporte bien des redites et les excès d’un parti-pris revendiqué .En débutant ce papier, je ne pensais qu’à l’ARENH, pour en démêler les subtilités puis j’ai glissé et débordé et ressassé, bref un mot dé-transitionner. Énergétiquement et énergiquement.

J’en suis navré pour des lecteurs qui auraient lu des articles précédents sur ces sujets et qui s’en souviendraient mais je doute qu’ils soient nombreux. Pour les autres lecteurs peut-être moins familiers de mes radotages énergétiques, Bienvenus au club des Énergéticiens Anonymes. 

Le ton est délibérément celui du pamphlet et les jugements y sont sans nuances. Je sais tout cela, je sais que la réalité est infiniment plus complexe mais on n’enfonce pas un clou sans taper dessus.   

  

Le Naïf, converse dans le calme des nuits insomniaques avec une petite voix secrète logée dans un repli de ce qui lui reste de cerveau. Elle lui offre en toute matière un contrepoint, un discours parallèle, une musique décalée. Elle parle en italique et je converse avec elle faute d’autre interlocuteur.

Un bref calcul, comme ça, vite fait su’le gaz, 63 GW de capacité nucléaire à 80 % de rendement, nous donnent environ 440 TWh de production. Si on ajoute 25 GW de houille blanche qui fournissent de 60 à 65 TWh on atteint le chiffre de 500 TWh… lequel est, miraculeusement supérieur aux 480 TWh de la consommation nationale. Le thermique rabote quelques pics si nécessaire

Je note que tu utilises le mot rendement alors que tous parlent de « facteur de charge ». Je note aussi que tu emploies maintenant le mot connerie alors que tu disais jusqu’à aujourd’hui sornettes. 

Si on utilise un mot que tout le monde comprend comme « rendement » on lève un « voile d’ambiguïté » sur le rendement des énergies solaires et éoliennes qui ont respectivement des « facteurs de charge» autour de 10/12 % pour les premières et de 20/22 % pour l’éolien, ce qui les place immédiatement au rang des gadgets énergétiques.

Quant au mot connerie : à partir du moment où ce qui pouvait passer pour une mode que j’appelais sornette, promise à l’oubli comme toute mode, devient une tare institutionnalisée, je l’appelle connerie d’État. Il n’y a d’ailleurs plus guère de différence avec un crime d’État. Le passage de la sornette à la connerie est le passage de l’erreur à l’incompétence et à la persistance dans l’erreur stupide érigée en principe.

Ah, bon, alors, où est le problème avec la garanti de l’approvisionnement? Le nucléaire ou quoi ?

En réalité, aucun vrai problème, hormis ceux que le propriétaire d’EDF a généré ou dont il n’a pas su éviter les nuisances  et qui contrarient le bon fonctionnement de l’outil dont il a la responsabilité.

Au premier chef, l’obéissance, je dirais même la soumission de la France à des directives européennes dont l’application n’avaient pas de sens dans un pays, le nôtre, dans lequel la production, le transport et la distribution électrique constitu(ai)ent un monopole national qui ne peut être concurrencé que par des producteurs « hors les murs », des forbans en somme. Dès 1990 le ver est dans le fruit.   Annexe 2                                                                                                                                                           

De là, l’impérieuse nécessité de saucissonner EDF en quelques unités opérationnelles, certaines prétendument dénationalisées, dont il faut ensuite assurer la coordination dans des boites à malice qui feront mal ce qu’EDF ferait si on lui en laissait le loisir, avec à la clef quelques part de fromage pour énarque ou assimilé à la dérive.

Mais tu oublies que cela a permis à EDF son développement international. Avec des engagements importants. Bon le coup de la Finlande, c’est un héritage mais en Angleterre ? 

Ne mélangeons pas tout, nous en étions aux causes du mal-être d’EDF. Je reprends…

De plus EDF qui produit quasiment toute l’électricité du royaume avec l’outil nucléaire doit en refiler une assez large fraction à des entités sans réelle existence industrielle dans le secteur électrique qui la transporteront et la distribueront avec les moyens de, devinez qui… EDF.

Que vient faire Total dans le marché de la vente d’électricité au détail ? Et cette question est posée par une personne qu’on ne peut suspecter d’antipathie foncière envers le pétrolier.  Le souci de libéraliser, dé-réguler, inventer de la concurrence conduit même à inventer un marché de l’électricité sur le fonctionnement duquel je défie qui que ce soit de comprendre quoi que ce soit.

Bruxelles se réjouit, la main invisible a rempli son rôle.  Plus stupide que ça, tu meurs !

Tu es bien pessimiste : moi, je lis que prochainement la refonte de l’Arenh va faire l’objet de discussions serrées entre la Commission Européenne et l’État Français. Au fait, c’est qui, c’est quoi, l’Arenh ?

Pour la culture de tous, je cite, c’est plus simple :

La mise en place du dispositif ARENH résulte d’un engagement de l’Etat français auprès de la Commission Européenne qui a été instauré par la loi NOME (loi portant Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité) du 7 décembre 2010. Les modalités de fonctionnement de ce dispositif sont désormais intégrées dans le code de l’énergie.

« ARENH » signifie « Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique ».
Il permet à tous les fournisseurs alternatifs de s’approvisionner en électricité auprès d’EDF dans des conditions fixées par les pouvoirs publics. Le prix est actuellement de 42 €/MWh et le volume global maximal affecté au dispositif est égal à 100 TWh/an.
Pour que ses clients bénéficient de ce dispositif, EDF le réplique dans ses offres. Lorsque les prix de marché sont hauts, le dispositif ARENH est souvent la meilleure solution. EDF peut, sur votre demande, vous proposer une offre intégrant le dispositif ARENH (dans ce cas une partie du prix de l’électricité de votre offre sera calculée dans les conditions de l'ARENH) ou une offre basée uniquement sur des prix de marché.  (Site EDF)

Dans ce texte succulent, fournisseurs signifie n’importe quelle entité se déclarant vendeur d’électricité, qu’il en produise ou non.

Si je comprends bien : je mets un groupe électrogène dans mon jardin, je livre du courant à mes voisins et si mon groupe ne fournit pas, je peux demander à EDF de me refiler du kWh à 0.042 E. Ah, j’oublie le transport…

On doit donc cette ânerie à une loi de décembre 2010, qui pourrait s’intituler comment faire perdre de l’argent à la société nationale que par définition on possède et comment compliquer les choses au-delà du raisonnable pour satisfaire aux exigences de Bruxelles. 

Bruxelles qui ne manifeste pas le moindre intérêt pour la très nécessaire harmonisation fiscale entravée par le Luxembourg, les Pays Bas et l’Irlande.  Bruxelles qui est plus à l’aise avec un désordre fiscal organisé qu’avec les monopoles naturels des nations qui « historiquement » avaient des politiques énergétiques et qui ont négligées ensuite de protéger leur modèle en face du monde néo-libéral des instances européennes.

M. Breton et Mme Verstager vont-ils tomber d’accord pour revenir sur ces âneries ? 

Aucune chance. Margrethe est toute puissante et je ne pense pas que notre nouveau commissaire aille se frotter à un dossier qui pour les français est rentré dans l’ordre naturel des choses. Pourquoi le ferait-il si le propriétaire d’EDF est satisfait du fonctionnement et de la rentabilité de son/notre producteur d’électricité et s’il s’accommode d’un marché de l’électricité.

Au demeurant, les carottes ont été cuites bien avant le règne de Margrethe. Le commissaire de l’époque « NOME et séquelles » était un pur déchet de la vie politique espagnol qu’il fallait bien recaser au chaud en terre d’accueil : un réfugié avant la lettre. Mais on a fait comme il nous le demandait en suivant la doxa néo-truc.

Ce désordre institutionnalisé n’a pas de sens, mais enfin EDF produit sa camelote et elle finit bien chez moi ou chez ma voisine. Alors si je la paye un peu moins chère sous l’étiquette Total, Direct énergie, Poweo ou machinchose ? 

D’abord un problème conceptuel.

L’électricité n’est pas une marchandise ; on ne peut pas la stocker, la mettre sur étagère et en passer commande à Amazon. L’électricité est de l’énergie en mouvement qui n’existe qu’entre un producteur qui transforme de la matière ou de l’énergie cinétique en paquets d’électrons voyageant dans un réseau de fil pour aboutir chez un utilisateur qui retransformera la foule des électrons en une nouvelle forme d’énergie, principalement chaleur et mouvement.

Il me vient une autre image. L’électricité est comme sang qui circule dans le corps et qui transporte l’oxygène vers les organes consommateurs. Tu peux donner-vendre  de ton sang par prélèvement à un voisin qui en manque. Mais aller plus loin et pour que ton sang circule dans ses artères il faut que vos corps soient devenus siamois dans de nombreux fonctionnements physiologiques dont ceux de l’estomac et du cerveau. Si ce n’est pas le cas, tu restes au système de l’échange de sang « à la poche » en argumentant sur le prix du produit. J’ajoute que ton organisme et ton système sanguin n’ont nul besoin de parasites ou d’organes en excroissance. 

Bon, calme-toi. Et mon prix chez Total ?

 Le problème est que le coût de cession ne recouvre pas l’ensemble des coûts de fonctionnement d’EDF. Il ne faut pas oublier le petit « h » de Arenh, qui signifie historique ; c’est-à-dire avant Grand Carénage et autre mises à des normes flottantes des soudures « historiques ». C’est ce qui permet à la prétendue concurrence de vendre moins cher qu’EDF en lui carottant sa camelote et en utilisant un réseau qui appartient au consommateur. Il faudrait appliquer un prix de transport qui reflète le coût historique du réseau, autrement dit amortir les impôts que j’ai payés dans ma société nationale pour en faire ce qu’elle est. Formulé différemment il faut bien à un moment donné que soient payées les dettes d’EDF autrement que par l’actionnaire c’est-à-dire l’État, c’est-à-dire le contribuable.

EDF aurait-elle des difficultés ?

EDF n’a pas « des » difficultés. EDF « est » en faillite ; le Divin Enfant dirait en « état de mort cérébrale ».

Mais on s’en tape, c’est la dette du propriétaire, de l’État. Il est vrai qu’en ces matières (de dette) l’État, c’est moi ! Revenons à nos moutons, tu disais…En premier lieu…Il y a donc un deuxième lieu ? 

C’est la fabuleuse, la merveilleuse, la faramineuse Transition Énergétique. Comme on vient de le voir la France est auto-suffisante en électricité à quelques lampées de gaz prés et n’a aucun besoin de concevoir la moindre transition vers…des dépenses supplémentaires, inutiles et nuisibles. Mais à force de ne pas définir de politique énergétique, les dirigeants incultes du cher et vieux pays tombent dans la trappe (à phynance) de la pensée écologique dans ce qu’elle a de plus incohérent et stupide : les Énergies Renouvelables deviennent des objets de culte, le saint chrême de la Reine Écolosentimentale.

Alors on patauge dans les bons sentiments…et dans la confusion. Seules les dépenses sont, elles, bien réelles.

Tu as déjà raconté tout ça, tu radotes, mon vieux ? Tu as fini de vider le sac de ta mauvaise humeur ?

Non, je n’oublie pas l’ASN.

J’admets que le Grand Carénage, séquelle de Fukushima est de la juste taille et que son échéancier est réaliste. Je l’admets car je n’ai aucun critère d’appréciation sur le juste niveau de protection supplémentaire et que dans mon esprit cet effort a comme objectif de pérenniser la vie des centrales.   Si on effectue le grand carénage alors qu’on prévoit la fermeture de certaines centrales, on est alors à la stupidité au carré.

Et je n’ai pas ici l’intention d’aborder le sujet de Flamanville. En vérité, il y aurait un livre à écrire sur une histoire de l’industrie de l’électricité nucléaire. On y consacrerait un chapitre intéressant à la Sherpani de l’Idole M. et un autre au rôle de l’ASN dans la production d’une électricité au-dessus-de-tout-soupçon.

Et je n’oublie pas que l’EPR est une dette majeure dans la dette d’EDF, à laquelle après la merveilleuse gestion de Framatome on a rajouté la dette finlandaise, autre produit de l’Habile Sherpani.

Tu nous annonces encore un de tes radotages ?

Petit voix intérieure, ne me tentes pas ! Et il se peut que ce livre existe déjà. Dommage que je ne sache pas où le trouver. 

En attendant il faut bien conclure. En insistant sur le bazar AREHN j’avais un peu oublié la cause de mon émoi. Tous les idiots de la secte otiste, celle dont les noms se terminent en « ot », Duflot, Hulot, Jadot, secte dont la grande figure demeure la Royale sont, au-delà du rapport à Bruxelles,  parvenus à convaincre l’opinion de l’oligénarchie, d’associer la production d’électricité en France au développement des sornettes d’ENR. L’opinion populaire résiste comme elle peut et n’apprécie pas du tout les éoliennes à l’exception des petits édiles qui louent le terrain de leur cousine dans des conditions avantageuses. Les panneaux solaires, tout le monde s’en tape, au détail près qu’ils viennent de Chine et sont de la Silice pure-dette. 

Mais au total toutes ces forces réunies sont bien arrivées au résultat inscrit sur le panneau : EDF-RTE nous annonce qu’il existe pour la première fois un risque réel sur la sécurité d’approvisionnement.  (annexe1)

C’est sans nul doute le moment idéal pour fermer une centrale nucléaire certifiée ASN au motif qu’elle peut encore produire longtemps l’électricité la moins onéreuse du royaume.

On peut l’affirmer la Connerie gagne et comme Carthage EDF disparaitra et avec elle la sécurité de l’approvisionnement.

Et Macron et Lemaire et Philippe...et leurs prédécesseurs ?  Je sais, tu vas me répondre qu’ils sont tous de purs produits de l’oligénarchie pour qui les ingénieurs, les X, les pistons, les gadzarts ne sont que de la piétaille incultes.

Et que dans le royaume des vrais sots, ils occupent les toutes premières places. Bêtes, incultes  et irresponsables car l’approvisionnement énergétique du pays n’est pas un problème à éluder, repousser, oublier ou traiter par des Huloteries de foire.

J’ai cru que tu allais oublier le Grand Œuvre de la Chouette à la triste mine : on fermera la poignée de puits de pétrole qui produisent encore en France 1 % de nos besoins. Cela ne nous coûtera probablement que le dédommagement des proprios. Scrogneugneu. Plus stupide que ça, tu meurs !

Et j’ai le dernier mot.

25 novembre 2019

 

Annexe 1

RTE alerte sur la sécurité d’approvisionnement en France  Par Maruan Basic SFEN

Le mercredi 20 novembre, RTE (Réseau de Transport d’Electricité) a publié son bilan prévisionnel 2019 de l’équilibre offre-demande d’électricité en France. Un exercice de prospective attendu qui, pour la première fois, évoque un risque réel sur la sécurité d’approvisionnement. 

Un bilan prévisionnel qui « n’invente rien » et qui repose sur des hypothèses crédibles, selon les propos de François Brottes, le président de RTE. Un vocable prudent, car pendant longtemps la notion de rupture en approvisionnement électrique était « un concept théorique et inconnu du grand public ». Aujourd’hui les projections de RTE l’affirment, la réduction des marges de manœuvre pour affronter le passage de l’hiver 2022-2023 se pose sérieusement. Dans cette perspective, l’ouest de la France apparait comme particulièrement en tension.

La notion de sécurité d’approvisionnement

La sécurité d’approvisionnement est une notion définie par les pouvoirs publics et se résume à la règle des « trois heures » comme le rappelle RTE. Ceci signifie que « la durée moyenne pendant laquelle l’équilibre entre l’offre et la demande ne peut pas être assuré par les marchés de l’électricité, dans toutes les configurations modélisées par RTE, est inférieure ou égale à trois heures par an ».

Il s’agit donc d’une rupture d’approvisionnement, un évènement très différent de la simple coupure de courant. Cette dernière étant une interruption momentanée chez un consommateur particulier du fait d’un épisode exceptionnel (panne technique, incident climatique…).

Si RTE prend la peine de définir ces notions en préambule, c’est notamment parce que cette situation de risque sur la sécurité d’approvisionnement est relativement nouvelle en France. Traditionnellement en situation « surcapacitaire » grâce à son parc électronucléaire, l’Hexagone exporte environ 10 % de sa production chaque année.

Demain certains facteurs peuvent converger et entrainer une situation inédite. D’une part, des moyens d’effacement et de la maitrise de la consommation individuelle limités et d’autre part une vague de grand froid (de plus en plus fréquente du fait du réchauffement climatique). En particulier, plusieurs conditions anticycloniques peuvent se traduire par une vague de froid sur l’ensemble de l’Europe conduisant à une hausse de la demande conjointement à une production renouvelable en forte baisse. Par exemple, en 2022 et 2023 la France ne serait pas capable de faire face à une vague de froid similaire à l’hiver 2012 selon les simulations. RTE peut alors en dernier recours « procéder à des coupures de consommateurs, momentanées, localisées et tournantes afin de préserver la sécurité d’alimentation du plus grand nombre ». Cette projection touche tout particulièrement l’hiver 2022-2023 et la zone Grand Ouest.

La question de la sécurité d’approvisionnement n’a que rarement été posée dans ces termes dans les débats publics sur l’énergie.

Prudence dans la fermeture des moyens pilotables

Parmi la convergence des difficultés énoncées par RTE l’un des principaux critères reste la fermeture des moyens de production pilotables en France et chez nos voisins.

En effet, RTE rappelle que c’est près de 5 GW de capacité pilotable qui vont être fermées d’ici 2022 : 1,8 GW avec l’arrêt des deux réacteurs nucléaires de Fessenheim et 3 GW de centrales au charbon. Ces baisses s’ajoutent aux 12 GW de capacités pilotables fermées en France au cours des sept dernières années (charbon et fioul). Concernant la fermeture de Fessenheim, RTE précise que la décorrélation de la fermeture de Fessenheim et de la mise en service de l’EPR de Flamanville devrait renforcer cette situation tendue en 2022 : « Il est donc certain que la capacité de production sera plus faible au cours des prochaines années. »

Mais plus encore que la situation française, c’est la stratégie de nos voisins qui inquiète le gestionnaire de transport d’électricité : « l’ensemble des pays européens se sont engagés de manière concomitante dans la fermeture de capacités de production pilotables ». En effet, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et l’Espagne ont annoncé la fermeture anticipée de moyens de production pilotables, nucléaire ou charbon, dans les années qui viennent, sans stratégie claire sur ce qui les remplacerait.

Annexe 2 

Pour illustrer le fait que la France a eu dix ans pour convaincre l’UE que le modèle libéral proposée n’avait pas de sens en France. On a alors joué la carte internationale en faisant semblant de faire d’EDF une entreprise pouvant opérer sur le marché extérieur. Mais on n’a pas su la protéger dans nos propres murs. 

À la fin des années 1990, l'Union européenne lance la libéralisation du marché de l'énergie européen (électricité et gaz) dans le but de faire baisser les prix et de créer un marché unique de l'énergie. En France, le calendrier prévoit l'ouverture du marché de l'électricité pour les clients consommant plus de 100 GWh en février 1999, ceux consommant plus de 16 GWh en juin 2000, ceux consommant plus de 7 GWh en février 2003, puis pour toutes les entreprises et collectivités locales en juillet 2004, et enfin pour tous les consommateurs, dont les particuliers, en juillet 2007. En parallèle, le marché du gaz est ouvert pour les clients consommant plus de 237 GWh en août 2000, ceux consommant plus de 83 GWh en août 2003, puis pour toutes les entreprises et collectivités locales en juillet 2004, et enfin pour tous les consommateurs, dont les particuliers, en juillet 2007.  Wiki