À Marseille le mot empégué est encore d’usage courant. On est empégué dans une histoire embarrassante,  dans une situation dont on ne sait plus comment sortir.

Donc, je suis empégué dans la réflexion que je mène pour éclaircir mes idées ou plutôt pour me construire une opinion sur le Grand Bazar qu’est devenue la réforme des retraites.

Empégué dans le fatras des commentaires visant principalement à instruire le procès des impréparations et des maladresses multiples du  gouvernement dans le déclanchement de ce qui devient un marais politique et social. Quel travail, Mamma mia !

Donc je cherche un sujet plus rafraichissant et qui, comme on dit, me prenne moins la tête.

Donc, j’explore mon jardin familier, celui dont les chemins sont parsemés des petits cailloux qui se glissent dans ma chaussure et me gênent assez pour que je souhaite non pas les ôter –je n’en ai pas les moyens- mais les ajouter aux perles du collier que porte le macrono-perplexe. La macrono-perplexité est immédiatement suivie du macrono-scepticisme avant que ne se développe le macrono-rejet qui précède la peur du vide et le refus de l’abime. 

Un petit caillou de rien du tout mais tellement révélateur.

Le Divin Enfant invite des patrons étrangers afin de mettre en évidence les talents des Français et l’attractivité du territoire. Un p’ti coup de Versailles avec en prime un p’ti coup de champagne, pardon, une petite coupe, ça fait de mal à personne. Chirac faisait ça très bien et il est bon d’assurer une certaine continuité républicaine. Ce que Chirac n’aurait pas fait, Ô, quel plaisir de faire parler une figure déjà du passé, ce qu’il n’aurait pas fait c’est d’appeler sa p’tite guinguette « Choose France ».

Cela donnerait à penser que les gens qu’invite le Président sont incultes au point de ne pas comprendre ce que signifie l’expression « Choisir la France ». Cela serait regrettable et légèrement injurieux pour eux.  Non, le Président veut faire djeune et il choisit la langue des rappeurs à la mode pour suivre la mode.

La stupidité se glisse partout, elle a une contagiosité infinie et n’épargne personne, même pas des personnes dont les trompettes nous clament la prodigieuse intelligence.

Pour ajouter à ma navritude, personne ne semble avoir noté ce petit caillou qui, je le crains, n’a trouvé comme endroit à gêner que la chaussure du Naïf.   Scrogneugneu, que font l’Académie Française et Giscard ?   

Un très gros caillou qui fait mal depuis, pour faire simple, 2007. Ce caillou a une histoire.

Le candidat puis le président Hollande promet(tent) la fermeture de la centrale de Fessenheim. Normal, elle fonctionne, fait de l’électricité et ne casse les couilles de personne. Mais les écolos allemands, tous et tout au charbon, Ja, mein Herr ! seraient tellement content. Et la Duflot aussi avec qui il fait bon électo-flirter. L’Homme de Léonarda est élu, rameau latéral du Sapiens Royalis.

La chose traine, EDF se plaint puis cède et négocie une compensation.

Arrive le Divin Enfant et avec lui le superman de l’Énergie en France, l’Écolo à la triste mine. Avec lui pas de demi-mesure, ou plutôt si une mesure à demi : fermer la moitié du parc nucléaire. Enfin, quelque chose comme ça.

Le bazar mis en place, en gestation depuis l’autre super-spécialiste Ayrault existe toujours avec à son crédit (!) quelques Gilets Jaunes qui sont, on le découvre, une espèce tenace.

Alors de « promesses électorales » en « respect de l’engagement pris » le Gouvernement se retrouve entravé par sa propre incompétence dans l’obligation de prendre en considération les bavasseries préélectorales de Hollande et Duflot et les initiatives législatives de la Batho, brève Ministre de patin-couffin et de l’Énergie.

Que dit l’ASN dans son rapport 2019 sur l’année 2018 :

L’ASN considère que les performances en matière de sûreté nucléaire du site de Fessenheim, dans la continuité des années précédentes, se distinguent de manière favorable par rapport à la moyenne du parc. En matière de protection de l’environnement, le site reste à un bon niveau. Enfin, dans le domaine de la radioprotection, le site rejoint l’appréciation générale portée sur EDF.  ASN rapport 2019 sur année 2018.

Mais patatra ! Tout se détraque pendant cette funeste année 2019, l’an dernier pour ainsi dire. La sémillante Brune Poirson, dans le cadre d’un entretien sur le populisme vert, nous confirme que la fermeture de Fessenheim « fait partie d’un calendrier général établi sur la base de critères techniques et non politiques ». Il faut dire qu’elle a été à bonne école, la Secrétaire d’État de Hulot, François de Rugy et Élisabeth Borne tous fins spécialistes des problèmes de l’énergie, tant au niveau national que mondial.

Voilà, Fessenheim, la pauvrette, bonne à mettre à la poubelle et ça tombe bien car la Sémillante est justement la spécialiste du recyclage, du ramassage des cotons tiges et des vilaines pailles en plastique.

N’est-il pas naturel de fermer une unité d’une valeur d’usage de 1.8 GW, (soit un peu plus qu’un EPR qui enfin entrerait en service si l’ASN le voulait bien), puisque c’était une promesse de campagne de François Hollande ? C’est beau les valeurs de la République et le respect de la parole des Anciens.

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin puisque depuis les hululements de la chouette nous sommes convenus, nous les Français, qu’il est vital de fermer une petite poignée de centrales en état de marche pour encore longtemps et dont la production est irremplaçable. EDF embarrassée mais bonne fille, ne voulant pas faire de jalouse les a choisi par ordre alphabétique mais comme cela faisait sourire a rajouté Tricastin ; normal, on vient juste de dépenser un pognon de dingue sur son carénage et il n’y a pas de centrale en uvwxyz.

Une autre dame spécialiste des problèmes d’Énergie, Emmanuelle Wargon, énarque de la promo d’Édouard Philippe (ça crée des liens) et ancienne Danone-girl nous assure de sa voix ferme de dame à qui on ne la fait pas : « 72 % d’électricité dans le nucléaire, c’est trop ». Comment résister au poids d’un tel argument et comment ne pas être saisi d’effroi à l’idée que nous puissions conserver notre parc nucléaire pendant encore 10, 20 ans et plus si besoin ?

La dernière, vit’fait su’le gaz : RTE envisage des parcs de batteries pour stocker 48 MWh de camelote afin de ne pas perdre les pincées d’énergie dite renouvelable quand par chance cette énergie est produite.

Je glisse en annexe un article qui, je crois illustre bien l’état d’incohérence dans lequel la France de l’énergie (EDF) est plongée.

Bon, j’arrête de me répéter mais tout comme la connerie de nos responsables me semble infinie, infinie est la rage que cela fait surgir en moi.

Le prochain caillou portera sur l’exercice du droit de grève, la définition du service public, l’aspect obligatoire de son maintien dans bien des domaines et la critique de l’action syndicale quand elle évolue de la manifestation à l’émeute puis au comportement insurrectionnel, criminel et terroriste.

Annoncer la chose me crée une obligation et c’est bon pour ce qui me reste de jugeote.    

24 janvier 2020 

J’allais mettre sous presse comme disent les journalistes et vla’ti pas comme dit le Naïf que le Divin Enfant nous refait, impromptu, au hasard d’un entretien le coup de la repentance. Il entend nous instruire dans l’histoire de la guerre d’Algérie et suggère un parallèle avec l’Holocauste. 

Que son âge et son parcours l’aient tenu éloigné des réalités de ces périodes de notre histoire et de l’histoire universelle, qu’il en mesure maintenant l’importance et qu’il cherche à comprendre est à inscrire à son crédit.

Malheureusement, jacassant à tort et à travers, il nous livre un gloubi-boulga historique avec du Chirac, du Vel d’Hiv, de l’Algérie, des exactions et, audace revendiquée, de la Shoah en fond de sauce.

Ses explications embarrassées aggravent la situation à chaque pas qu’il fait pour justifier ses propos et sa sottise.

Consternant, navrant, inquiétant et destructeur au plan politique : À qui s’adresse-t-il ? Cherche-t-il à faire monter les voix de la Marine qui se garde bien, elle, d’effleurer ce genre sujet et celui-là en particulier. Son père avait suffi.

Ce caillou de la repentance était déjà dans la chaussure et cette nouvelle et stupide intervention constitue une confirmation. C’est chez Macron une obsession. Il faut qu’il patauge dans le passé non pas pour en tirer des enseignements mais pour nous démontrer qu’il n’a qu’une vision simpliste de l’histoire et qu’il souhaite la faire partager à tous. Nul doute que les Israéliens, les Juifs de toute sensibilité, les Français qui ont vécu les évènements d’Algérie et qui était jeunes mais présents en 44 et 45 seront sensibles au bon goût de ces amalgames.

Ce jeune homme est-il vraiment aussi cultivé et intelligent que nous clame la renommée ?

 25 janvier 202

RTE teste des batteries pour stocker de l’électricité renouvelable

Cyrille Pluyette  23 janvier 2020

L’objectif du projet est d’éviter des pertes de production et la construction de nouvelles lignes de haute tension.

La montée en puissance programmée des éoliennes et des panneaux solaires, confirmée par le dernier projet de feuille de route énergétique de la France, constitue un défi de taille pour RTE, le gestionnaire du réseau de transport électrique. Ces sources d’énergie intermittentes doivent en effet remplacer des installations dont la production est beaucoup plus simple à piloter. La France prévoit parallèlement l’arrêt de ses quatre dernières centrales à charbon (pour l’essentiel, d’ici à 2022) et la fermeture de 14 réacteurs nucléaires (d’ici à 2035). «Nous devons être capables d’assurer la même mission de service public avec un mix énergétique qui changeIl nous faut donc de la flexibilité» et ce besoin va «augmenter significativement» à partir de 2030, résume François Brottes, le président de RTE, dont le rôle consiste à équilibrer l’offre et la demande d’électricité.

Une solution envisagée consiste à stocker dans des batteries les surplus ponctuels et localisés de production des énergies renouvelables ne pouvant pas être transportés par le réseau et de les déstocker ailleurs simultanément, en utilisant d’autres batteries. Objectif: éviter des pertes de courant, ainsi que la construction de lignes à haute tension supplémentaires. RTE a annoncé, mercredi, le lancement des travaux d’un projet de ce type, baptisé Ringo. Cette expérimentation, qui représente un investissement de 80 millions d’euros, va être menée sur trois sites jusqu’en 2025. Vingeanne (Côte-d’Or) sera équipé par Nidec France ; Bellac (Haute-Vienne), par Saft avec Schneider Electric ; Ventavon (Hautes-Alpes), par un consortium mené par le groupe Bolloré. Chaque site disposera d’une capacité de 10 à 12 mégawatts. (1 !!) RTE cherche à acquérir une expertise sur les batteries de grande taille, qui pourraient «être déployées demain à grande échelle». Il faudrait toutefois que leur prix «baisse vraiment beaucoup pour que cette solution devienne une alternative au développement du réseau», explique Olivier Grabette, directeur général adjoint du groupe.

Présent à la même conférence de presse ce mercredi, Jean-François Carenco, le président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), a martelé que la flexibilité devait être le «maître mot», au vu du coût de nouveaux équipements et de la «réticence de nos concitoyens» face à l’impact environnemental. Parmi les réponses citées: les interruptions de courant en cas d’urgence sur des sites industriels rémunérés pour cela, la réduction de la consommation ou le stockage. Il ne semble, en revanche, pas enclin à approuver les 33 milliards d’euros sur quinze ans que RTE estime nécessaires pour moderniser son réseau. «Dit comme ça, c’est non!», a insisté le patron de la CRE. La délibération devrait intervenir en mars…

 

Deux remarques naïves :

La première concerne les compétences et la carrière préfectorale de Jean-François Carenco qui a demandé à occuper le poste de Président de la CRE. À qui ? Va donc savoir !

En février 2017, il est nommé président de la Commission de régulation de l'énergie. Il déclare à cette occasion qu'il a « sollicité cette nomination, non parce qu'il avait peur d’être viré au lendemain de la présidentielle, mais parce qu'il serait atteint un an plus tard par la limite d’âge de 65 ans pour les carrières préfectorales ».En juin 2017 il devient président de Coallia, association gestionnaire de résidences sociales et autres structures à vocation sociale et médico-sociale. Par décret du 19 mars 2018 il est admis à faire valoir ses droits à la retraite de préfet à compter du 8 avril 2018. .Le 18 janvier 2019, il renonce à rejoindre les rangs du promoteur immobilier Altarea-Cogedim en raison d'un possible conflit d'intérêt lié à son ancienne fonction de Préfet de la région Ile de France. Jean-François Carenco va donc rester à la tête de la CRE pour laquelle son mandat court jusqu'en 2023.   Wiki

C’est ti pas beau ce parcours, tout marqué au sceau de la compétence dans le domaine « qui lui convenait » pour une pantoufle probablement dorée en attendant de rejoindre quelque promoteur de ses amis.

Cela donne tout son sel au dernier § de Cyrille P.

La seconde concerne justement Cyrille P. Ce bonhomme qui écrit dans un journal sérieux ne sait toujours pas, article après article après article faire la différence entre la puissance et l’énergie. Supra (1)

Montéty devrait relire Pluyette, cette dernière remarque à l’intention des lecteurs du Figaro.