Les petits cailloux dans la chaussure du Marcheur ont servis de points d’entrée dans une série de critiques, diverses en importance et toutes très irritantes. Les petits cailloux conduisaient progressivement à mettre en doute la capacité du Président à présider.

Je relis les papiers  que j’ai écrits sur le thème des sottises de Macron. Cela va de NDDL aux incompréhensibles bavasseries sur fond de repentance en passant par l’absurde prélèvement à la source de l’IR pour culminer sur le sujet de la politique énergétique du pays ou pour formuler plus clairement les choses sur les conneries de la loi dite de transition énergétique.

C’est, chacun le sait mon cheval de bataille.

J’ai aussi utilisé l’image de l’ornière mais je suis conduit après l’embourbement du projet de réforme des retraites à étendre l’image et parler de marécage.

 

Car enfin, le Président atteint ici des sommets en présentant devant le parlement une copie bâclée d’une réforme à laquelle il déclare attacher une importance particulière et qui sera le point d’orgue de son mandat. Sur ce point, il est dans le vrai, mais ce que l’orgue nous aura fait entendre pourrait être un requiem et non pas un alléluia.

Depuis début janvier et plus encore après la parution du projet de loi, toutes les parties directement concernées, la presse et les lecteurs, les partis politiques et le syndicats pataugent dans le marécage où s‘enlise aussi l’ambition présidentielle.

Chacun sait depuis qu’il a lu le projet de loi que celui-ci ne passera pas l’épreuve de l’examen au parlement, de façon clair au sénat et par le jeu des oppositions à la chambre. Chacun sait qu’il faudra recourir au fameux 49.3 mais « On » préfère continuer de patauger dans le bourbier sans qu’il soit possible de déterminer qui conduit encore ce projet ou s’il est simplement abandonné tel un objet parlementaire dérivant. En catimini, des voix disent que le 49.3 concernera un projet de loi remanié et naturellement bien supérieur à la première mouture.

Je suis sur le gril et attend beaucoup de ce cette nouvelle lueur. Vive le 49.3 s’il doit enfin nous révéler un texte cohérent.

Je blague, l’idée de l’universalité persistera comme persisteront les oppositions corporatistes, lesquelles ne sont pas toutes illégitimes, comme en témoigne la fronde des avocats dont le pouvoir de nuisance n’avait pas été perçu.

Je blague, car l’incohérence fondamentale du projet ne peut disparaître : Par principe le point, propriété de l’assuré, est solide autant que la monnaie, sa valeur ne peut pas décroitre. Mais au fil du texte la propriété de l’assuré est mise en question et in fine déniée en même temps que la détermination de sa valeur finale devient incertaine. Car dans le flot des articles, le point devient un outil de « répartition », de « réparations des inégalités » et de lutte contre toutes les formes « d’injustices ». En fait l’exercice consiste à pérenniser le système existant en ayant amélioré un des éléments du calcul : le rapport salaire-temps de cotisation.

Et bien évidemment, il ne faut pas employer le mot capitalisation qui révèlerait l’incohérence.

 

Je ne reviens pas sur l’ornière du nucléaire dans laquelle le char de l’État s’obstine à progresser dans la boue des sottises, âneries et stupidités engendrée depuis tantôt une dizaine d’année. La connerie culmine avec la fermeture de Fessenheim. La France paie très lourdement le massacre de la Loi de Transition Crétino-écologico-énergétique et le tellement intelligent Président-touche-à-tout n’a jamais prêté la moindre attention à ce dossier de 10, 20, 30 milliards…de dette.

15 février 2020

 

Ce papier est un papier qui, comme il convient, se déplace lentement, pas à pas en économisant l’énergie de l’auteur.

En cours de cette rédaction échelonnée des changements interviennent : le gouvernement fait passer son projet de loi avec le 49.3 comme je l’avais prévu.  LR dépose une motion de censure  infiniment légitime et très explicite mais qui ne sera pas suivi d’effet. Donc la messe est dite et nous voici affublés d’une loi mal foutue et incohérente de bout en bout. En plein milieu du marécage.

J’attends le projet de loi « remanié ».

 

Grâce au Ciel et à son Empire, aux chauves-souris et aux tamanoirs, quelques îlots de réalités conduiront peut-être à prendre pied dans le marécage et aborder un vrai problème de santé publique en adoptant des attitudes qui ne soient pas comme à l’accoutumée marquées au sceau de la stupidité habituelle. Nous verrons bien, mais le réservoir de sottises est immense !

Et cela sera peut-être l’occasion de résoudre la difficile équation qui se pose depuis longtemps déjà de faire coexister une médecine gratuite et un corps médical toujours très libéral pour soigner une population vieillissante, exigeante (j’ai droit à), négligente (je ne me vaccine pas) et dans laquelle le nombre d’actifs ne cesse de décroître.

 

Je ne m’attarde plus sur les petits cailloux et les petits pataugeages comme les élections municipales ont offerts quelques exemples…

D’autant plus que j’ai maintenant que nous quittons les symptômes pour entrer dans la pathologie des paluds un problème de vocabulaire : Souvenons-nous, en 2010 je parlais chevauchant mon cheval favori, de « sornettes » mais depuis quelque temps, les choses ne changeant guère et de nouveaux sujets apparaissant régulièrement je suis passé à sottise, ânerie, incohérence, stupidité, bêtise puis j’’ai eu recours à ce qui est le mot valise : connerie. Mon vocabulaire s’épuise, il me reste ineptie, absurdité, idiotie, imbécilité, crétinerie, aberration…

Je vais tenir encore un peu avec ce stock.

2 mars 2020