24 mars

Confinés nous sommes. 

Aujourd’hui est un jour de flemme. Pas complétement car hier après quelques jours d’interruption le facteur a déposé six jours de Figaro, notre journal de référence, avec les suppléments du weekend et en prime le dernier Point, notre magazine de référence.

Il y a là matière à un survol de rattrapage pour vérifier que les affaires du monde restent pour l’heure très concentrées sur notre grippe qui n’est pas une grippe mais qui fait comme si, mais en plus sérieux, mais on ne sait pas… 

Un certain regard. 

Ce n’est d’ailleurs pas l’avis de notre marseillais de La Timone, le Professeur Raoult, qui pense et qui dit que, tout comme il faut sérieusement se protéger et adopter les mesures prophylactiques appropriées, il ne faut pas faire de cette épidémie le monstre que les autorités anticipent. Et il évoque le nombre des victimes de la grippe saisonnière dont on ne parle pas, qui est très contagieuse et contre laquelle beaucoup de nos concitoyens et médecins ne jugent pas utile de se vacciner.

En conclusion il poursuit ses traitements. 

Estrosi est atteint, il vit confiné. Il est traité suivant les recommandations de Raoult. Il est content et le dit. Évidemment cela ne signifie rien mais cela déclenche des adhésions dans les oppositions.  Ainsi l’ineffable Muselier (Médecin, lui-même) délivre un panégyrique dans lequel il affirme que  son ami mérite le Nobel.

Comme c’est jour de repos, je me contenterai de joindre un petit texte de notre marseillais qui résume assez bien la position de ce Professeur. Il s’agit d’un commentaire en complément de l’entretien qu’il a accordé au journal Le Parisien.  Dans Le Salon Beige : « Le Professeur Didier Raoult a répondu au Parisien hier ».

Le problème dans ce pays est que les gens qui parlent sont d’une ignorance crasse. J’ai fait une étude scientifique sur la chloroquine et les virus il y a treize ans qui a été publiée. Depuis, quatre autres études d’autres auteurs ont montré que le coronavirus était sensible à la chloroquine. Tout cela n’est pas une nouveauté. Que le cercle des décideurs ne soit même pas informé de l’état de la science, c’est suffocant. L’efficacité potentielle de la chloroquine sur les modèles de culture virale, on la connaissait. On savait que c’était un antiviral efficace. On a décidé dans nos expérimentations d’ajouter un traitement d’azithromicyne (un antibiotique contre la pneumonie bactérienne) pour éviter les surinfections bactériennes. Les résultats se sont révélés spectaculaires sur les patients atteints du Covid-19 lorsqu’on a ajouté l’azithromycine à l’hydroxychloroquine. 

Les gens donnent leur opinion sur tout, mais, moi, je ne parle que de ce que je connais : je ne donne pas mon opinion sur la composition de l’équipe de France enfin ! Chacun son métier. La communication scientifique de ce pays s’apparente aujourd’hui à de la conversation de bistrot. 

A ceux qui disent qu’il faut trente études multicentriques et mille patients inclus, je réponds que si l’on devait appliquer les règles des méthodologistes actuels, il faudrait refaire une étude sur l’intérêt du parachute. Prendre 100 personnes, la moitié avec des parachutes et l’autre sans et compter les morts à la fin pour voir ce qui est plus efficace. Quand vous avez un traitement qui marche contre zéro autre traitement disponible, c’est ce traitement qui devrait devenir la référence. Et c’est ma liberté de prescription en tant que médecin. On n’a pas à obéir aux injonctions de l’Etat pour traiter les malades. Les recommandations de la Haute autorité de santé sont une indication, mais ça ne vous oblige pas. Depuis Hippocrate, le médecin fait pour le mieux, dans l’état de ses connaissances et dans l’état de la science.

Cette dernière remarque est très importante. Il se constitue une cabale pour empêcher Raoult de soigner des patients en utilisant des médicaments existants, largement utilisés et sans effets secondaires aux doses prescrites, sur des périodes de quelques jours.

Le ministre de la Santé annonce qu’il interdit l’emploi du médicament sauf lorsqu’il est trop tard pour qu’il agisse et à la sortie du confinement. « Pour justifier son choix, Olivier Véran a assuré que le Haut Conseil de Santé publique recommande de ne pas utiliser l’antipaludique chloroquine, sauf pour des formes graves et sous surveillance médicale stricte. L’hydroxychloroquine sera donc accessible uniquement en milieu hospitalier et sous surveillance médicale » Obs du 23.

Peu de jours auparavant, la veille peut-être, il était favorable à la poursuite des essais sur l’emploi de ce médicament antipaludéen.

Je ne vois pas de fondement juridique à cette interdiction.

Qui a intérêt à museler Raoult ? Et pourquoi ?

Petite joie à adopter le ton du complot !

Je souhaite que Raoult ait raison et s’il a tort je ne lui ferais pas grief d’avoir essayé.

Un autre regard.

Les experts individuellement dans les JT ou en groupe dans les C dans l’air ont développé un argumentaire invitant l’indiscipliné à rester dans les rangs en énumérant les réserves qu’ils formulent sur son comportement et sur la valeur thérapeutique de son action.

Tout discours structuré débute par une thèse. C’est la partie laudative. Elle est brève.

On reconnait les compétences du professeur et son expérience de praticien. Il a beaucoup publié, beaucoup travaillé et son talent fut reconnu quand l’IHU de La Timone lui fut confié il y a juste deux ans.

 

MAIS, suit l’antithèse.

 

Il ne respecte pas les procédures et la méthodologie des essais cliniques.

Il communique avant d’avoir scientifiquement démontré la validité de ses hypothèses.

Il a tellement communiqué que cela suscite le doute.

Il communique dans un journal dirigé par un membre de son équipe.

L’échantillon des patients retenus est discutable et il a commencé l’essai avant d’avoir obtenu les autorisations nécessaires (Agence du médicament et Comité d’éthique).

Il cite des sources chinoises qui ne sont que des indications et qui ne sont pas des recommandations précises, voire qui laissent planer le doute.

Il obtient des appuis de personnes de la classe politique qui n’ont aucune compétence sur le sujet (Pauvre Muselier) et avec Trump en prime.

Il utilise les médias hors de propos et « sans modération ».

Ses prises de position largement médiatisées et son action sur l’emploi d’un antipaludéen ont déclenché des mouvements dans la population : stockage du médicament, queue du public pour des tests inutiles…

(Comment fait le public pour se procurer puis stocker des médocs délivrés sur prescription ? Y aurait-il une médecine de complaisance ?)

Le public qui est toujours prêt à l’automédication ne respectera aucune dose, ni aucune durée de traitement.

(Les doses mortelles s’expriment en grammes)

Il suscite des espoirs qui seront  peut-être/probablement/certainement déçus et qui entameront la confiance dans le corps médical.

 

Avant de poser la plume et d’aller aider ma confineuse dans quelque tâche ménagère subalterne comme il convient aux personnes de ma condition, je laisse le lecteur terminer le paragraphe et la journée sur la synthèse de son choix.

 

À demain, les petits, dormez bien.

 

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