Assorti d’une piqure de rappel sur les conneries des politiques énergétiques 

15 mars

Pour une fois que l’ex-Divin-Enfant ne loupe pas complètement quelque chose il convient de se féliciter de cette réjouissante surprise. « Effectivement »*, pour une fois, il ne s’est pas complètement pris les pieds dans le tapis de l’incompétence et de l’impréparation. Enfin, un peu quand même avec le maintien des municipales dont il était prévisible (certain) que le second tour ne pourrait pas avoir lieu.

Cet inévitable et prévisible (certain) report pose des questions.

Un assez grand nombre de maires sont élus à l’issue du premier tour et sauf à reconnaître sous une forme légale à inventer la nullité de cette élection, ils sont fondés ainsi que leurs électeurs à considérer qu’ils sont devenus des maires dûment élus. Cela est d’autant plus légitime qu’il s’agit toujours de maires sortants dont le succès reflète la confiance de leurs administrés.

Le même argument vaut pour les résultats de ce premier tour dans l’immense majorité des communes avec des résultats en ballotage. Faire une hypothèse sur une date possible est hasardeux. C’est un piège dans lequel  il sera facile pour un gouvernement qui veut garder de la face de tomber. Reporter ce second tour sine die devrait conduire à annuler cet épisode (sans préjudice pour les maires élus) et recommencer le cycle complet quand Dieu le voudra…

Nous serons rapidement fixés.

 

*J’ai suffisamment  commenté cet usage du vocable pour m’accorder le délicat plaisir d’un passage par une case devenue obligatoire dans le grand jeu de la modification de la langue ; et pardonnez-moi si modification signifie ici, suivre une mode, un tic, une manie alors que le même vocable implique que cela n’est pas sans conséquence. Aucun jeu sur les mots n’est vraiment mauvais si la musique est bonne comme dit  la chanson.

 

Il sera facile et des commentateurs ne manquent pas de la faire d’analyser la relative lenteur et l’évidente mollesse des réactions du gouvernement. Il est clair que tout au long du mois de février et dans la première quinzaine de mars les mises en garde auraient dû être plus claires et les mesures autoritaires. Il faut ne pas avoir saisi combien la France est devenue un ramassis d’individus, une foule pour croire qu’un appel au civisme des Français a encore un sens. Mais mieux vaut un peu tard que jamais. L’erreur a sans doute été de croire que la crise italienne était liée à une moindre performance (supposée) de leur système de santé alors que le nôtre (que tout le monde admire) aurait moins de difficultés à faire face à l’afflux des patients. La mollesse se traduit aussi dans le fait que nous soyons à l’évidence en pénurie de matériel élémentaire et de matériel spécialisé, les fameux respirateurs. Je prendrais un pari qu’ils viennent de Chine ou…d’Italie et je subodore que relancer une ligne de production en France relève de la fable dystopique.

 

18 mars

Accélération des décisions et peut-être modification des comportements de nos concitoyens clairement ancrés dans le déni, l’insouciance et le rejet de quelque autorité que ce soit.

La France invente, génie national oblige, le confinement « soft » : on est confiné mais si on a rempli un papier au format qu’il faut, on est à peu près libre de faire ce qu’on veut. En gros, la responsabilité d’observer le confinement reste l’affaire de chacun.

Les polémiques enflent et les remarques commencent à pleuvoir, sur le style : je suis solidaire mais que de temps perdu…

Mme Buzin déclare avoir avisé Manu et  Édouard alors qu’elle était encore Ministre de la Santé sur la forte probabilité d’avoir à reporter le municipales qui interviendrait en période de forte augmentation des contaminations. Cherche-elle à détruire définitivement son entrée dans la vie politique ou parle-elle à tort et à travers, émue par un micro qui l’agresse ?

 

 Donc confinés nous sommes.

Une nouvelle : dans 30.000 communes les maires élus dès le premier tour sont élus suivant les dispositions prévues par la circulaire du 3 février.

Suivant l’usage, des voix s’élèvent pour que cette élection soit invalidée au motif que la participation fut faible… comme si des forces malignes empêchèrent les électeurs de se rendre dans les bureaux de vote

Trop simple, pas assez cher, mon fils…

 

Il semble que nous n’ayons pas fini avec cette histoire de virus à base de chauvesouris ; mais après tout, avec d’évidentes tergiversations, retards et irrésolution nous sommes arrivés, cahin-caha à reconnaître que le confinent total devait s’appliquer.

Le gouvernement s’est appuyé sur l’opinion du corps médical et des experts épidémiologistes

 

Pour une fois.

 

L’occasion ici de passer au sujet de prédilection : l’énergie.

On y revient car c’est le sujet sur lequel le même gouvernement, les mêmes ministres et le même sottinet de Président dans le droit-fil, ou plutôt l’ornière de leurs prédécesseurs se sont bien gardés de tenir compte du moindre avis autorisé, de la moindre compétence et en particulier des avis d’EDF, au premier chef concernée.

Tout au contraire, ils ont écouté les voix confuses mais empreintes d’une religiosité factice et absurde de personnes incompétentes et impliquées seulement dans la construction de leur vie politique par l’entrisme d’une idéo-écologie en déni de toute réalité.

Et rien n’indique que cela doive cesser. Les mêmes décisions stupides sont maintenues, les mêmes engagements ineptes sont réaffirmés et les mêmes dépenses inutiles sont engagées.

Rien n’est plus exemplaire que la récente fermeture de Fessenheim au mépris de toutes les opinions compétentes.

En prenant les extraits des papiers de ces carnets on pourrait construire un historique de ce pitoyable pataugeage intellectuel, économique et politique. On dit blog, Mon Dieu, d’où vient ce mot qui évoque le crachat ? Eh bien, c’est une contraction de Web Log où le mot log signifie quelque chose comme journal ou carnet : c’est une aphérèse. Je ne peux que conseiller d’explorer la linguistique de ce mot en allant d’amuïssement en apocope et en métaphonie. Excellente occupation de confinement après que vous ayez passé l’aspirateur et vidé le lave-vaisselle.

Mais ce n’est pas ici le propos et je n’ai pas l’intention de réécrire ce que je serine depuis des années.

De plus j’y suis conduit par la lecture d’un article de Jancovici dans Le Point ces tout derniers jours qui m’épargne l’exercice. Je le joins en annexe à ce journal.

 

19 mars

Les propos de Mme Buzin offrent une plateforme sur laquelle viennent se poser les oiseaux-critiqueurs en tout genre. Ils conviennent cependant que ce dossier qu’ils ouvrent devra être traité « plus tard ».

Par ailleurs, est mise en évidence la difficulté d’obtenir un confinement stricte et d’assurer « en  même temps » le fonctionnement des activités indispensables, alors qu’on permet à chacun, donc à tous, de rester confiné(s) le plus souvent au motif que les moyens de protection requis ne sont pas disponibles et fournis par l’autorité responsable. De plus le fonctionnement de chaque service dépend de la continuation d’activité de bien d’autres capacités jugées auxiliaires dans un premier stade et qui se révèlent importantes dans des circonstances particulières : c’est ce que démontre la fermeture des toilettes sur les autoroutes et le désarroi des chauffeurs routiers…

Un grand nombre d’algériens et de marocains résidant en France veulent rentrer au pays car pensent-ils le pays sera moins touché et peut-être, croient-ils, les soins y seront mieux assurés. L’histoire ne dit pas combien sont français ou binationaux. Mais le trafic maritime est interrompu et ils attendent sur les quais d’embarquement, les voitures restant à 1.5 m les unes des autres, distanciation sociale oblige.

 

On apprend aussi que le fameux hôpital de campagne de l’Armée dont on parle depuis près d’une semaine ne sera pas installé avant la fin du mois et qu’aujourd’hui son emplacement n’est pas encore défini. Heureusement qu’il est retardé. Un esprit chagrin se demanderait si cet hôpital existe ou plutôt sous quelle forme existe-t-il ?

Heureusement aussi que la comédie ne se déroule pas sur un terrain d’opération moins bien pavé que les parkings de l’hôpital de Mulhouse.

 Les parisiens se précipitent sur les villages et îles des littoraux atlantique et méditerranéen par une facile confusion entre confinement et vacances. Mauvais accueil des locaux !