J’avais juré que l’on ne m’y reprendrait plus. Je ne voulais plus commenter l’actualité.

Seulement voilà, deux trucs récents, je cherche le mot, Ah, j’y suis, deux trucs disais-je, m’interpellent. J’adore cet emploi de l’interpellation, ça fait adresse de Mirabeau à la Convention ou bien inutile action des forces de l’ordre dans un quartier sensible.

 Le premier est provoqué par la lecture d’un article récent dans mon journal. Il s’agit d’une tribune du 7 mai, avant-hier, signée par des personnalités éminentes du monde de … Paris. Eventail ouvert qui va d’un ancien patron de banque à une comédienne sympathique que les pubs nous permettent de ne pas oublier, en passant par le monument incontournable de la culture Stéphane Bern.

La tribune est intéressante et révélatrice. Je la joins en annexe pour les lecteurs d’un autre journal.

Tout ce beau Monde gémit sur la maladie purulente des éoliennes dans le paysage du cher et vieux pays. Leur tribune est excellente et fait un point judicieux sur le mal, son origine et son ampleur. Origine ? Enfin, pas tout à fait. 

Je remarque que beaucoup des signataires sont concernés par les paysages et d’autres par l’effet sur le tourisme. Ils ont bien raison. Cependant l’article se structure sur la réalité du propos : produire de l’électricité. Alors…

J’en conclus qu’ils découvrent le phénomène lors de l’adoption par décret de la dernière PPE le 21 avril dernier, il y a donc trois semaines.

J’en conclus également que ce beau monde découvre « en même temps » l’existence de la loi Nome adoptée en novembre 2010, texte qui ouvre toutes les portes de la sottise aux gouvernements du pays en matière de gestion de l’énergie et qui d’année en année, de Duflot en Hulot vise à démantibuler notre système de production électrique en finançant par notre dette l’industrie chinoise de gigantesques épouvantails qui ne font pas d’électricité et qui, Ô surprise, se voient dans le paysage ?

Cette loi traduit une curieuse alliance entre une pensée écologique vide de substance hormis son antinucléarisme insensé et un pouvoir politique arrogant et inculte, et content de l’être, soumis dans l’impuissance à une commission hollando-anglo-luxembourgeoise qui rêve d’un néolibéralisme pure jus et entièrement occupée à entraver les plus petites tentatives d’harmonisation fiscale européenne.    Et le sauvetage de la planète. Ouf !

J’en conclus que tout ce beau monde de…. Paris découvre que l’électricité ne pousse pas sur les branches des arbres et que des guignols assemblés dans un hémicycle de guignols peuvent décider le 21 avril qu’il est urgent pour sauver la planète de fermer 34 unités nucléaires et de les remplacer par 120 milliards de dette, chiffre de la tribune, dans la plus complète indifférence.

Que Macron dont les vues semblent de plus en plus étroites, en dépit de son immense culture, ne sache rien de ces choses ne me surprend pas, ne me surprend plus.

Mais Woerth ne dit rien.

 

L’autre sujet est tout aussi étrange et traduit un autre mal dont on commence, exemples après exemples, à mesurer l’ampleur. Je vous l’a fait brève.

Renault décide de rouvrir l’usine de Sandouville en Normandie dès la dernière semaine d’avril. 1000 salariés reprennent le travail et 900 autres sont attendus, ainsi que 700 intérimaires. En gros la moitié des effectifs.

Je comprends que la CFDT et CFE-CGC et même FO approuvent les mesures de protection sanitaires mises en place.

Le travail reprend.

Mais que pensez-vous qu’il advint ?

Le Tribunal du Havre suite à une procédure en référé entamée avant même la reprise par la CGT ordonne la fermeture immédiate de l’usine car des vices de forme dans les obligations d’information-consultation précédant la reprise ont été relevés …. "Notamment une convocation (par mail) apparemment non reçue par la CGT, et donc absente aux réunions locales du CSE, ainsi qu’à celle de la commission santé et sécurité. Ou encore le non-respect d’un délai de 8 jours entre l’ordre du jour d’un CSE convoqué à Sandouville (rectifié après envoi) et sa tenue effective le 23 avril dernier."  Fig

Des erreurs suffisantes pour suspendre l’activité du site rouvert partiellement le 28 avril.

FO déclare : « c’est hallucinant qu’on en arrive là ». FO !

Renault fera appel, bien évidemment et sans doute les choses rentreront dans l’ordre. Quand ? Ah, vous savez, le temps de la justice… Un mois de perdu, adieu voiture, travail, salaire, qu’importe, le juge a bien fait son travail. La rumeur dit qu’il n’a pas pris le temps, la peine de visiter Sandouville, ni visiblement de s’entretenir avec le directeur de l’usine ou avec d’autres syndicats.

Cet incident met en évidence deux choses.

La première est qu’un Juge d’un Tribunal d’Instance sur des vices de formes allégués et probablement inventés a l’idée puis le pouvoir de décider une fermeture d’usine sur ce genre de motifs.

J’imagine l’attendu : Au motif que le mail de convocation de la CGT n’a pas été reçue par le dit-Syndicat…

Et le jugement : nous ordonnons l’arrêt immédiat de toute activité dans l’usine de Sandouville…

Mais sur quelle planète vivons-nous et quel est ce vent de folie qui souffle sur le monde de la justice ?

La seconde est que, quoiqu’il advienne, quelques soient les circonstances, l’urgence pour Martinez et ses séides est d’empêcher les ouvriers de travailler. C’est devenu leur mission.

 

Sur le même sujet. Je prends ici le pari qu’Amazon va fermer ses opérations et ses installations en France …   Qui parie contre moi ?

 

9 mai 2020

 

 

Annexe

«La folie des éoliennes s’accélère encore: la situation de la France exige de l’arrêter!»

Par Tribune collective    Publié le 6 mai 2020 à 19:04, mis à jour le 7 mai 2020 à 12:01

 

La programmation pluriannuelle de l’énergie vient d’être adoptée à la sauvette par un décret du gouvernement le 21 avril. Elle prévoit une multiplication par 2,25 de la puissance installée de l’éolien terrestre d’ici 2028. La prolifération des éoliennes est ainsi inscrite au rang des priorités de notre pays. N’y avait-il pas de décisions plus urgentes, en ce temps de pandémie?

Le coronavirus a tout bouleversé. Il faut que la France renfloue une grande partie de son économie, la rende plus compétitive, remette à niveau son dispositif sanitaire, tout en limitant l’envolée de sa dette. Notre pays devra poursuivre aussi sa lutte pour le climat, en ce qu’elle a de rationnel: isolation des bâtiments dans le respect de l’environnement, promotion des véhicules électriques, relocalisation des productions. Tout cela mobilisera d’énormes sommes, publiques et privées. La France ne peut se permettre, en plus, une politique éolienne meurtrière pour nos paysages et nos pêcheurs, inutile pour la défense du climat et bientôt insupportable pour les finances des particuliers comme pour celles de l’État.

Les éoliennes, installées dans des zones de pêche riches en ressources, détruisent les fonds marins

On voit déjà, dans nos campagnes, beaucoup d’éoliennes. On en verrait presque partout si le programme adopté le 21 avril dernier était appliqué. Et elles nous domineraient encore plus. Les engins qu’on implante aujourd’hui mesurent couramment 185 mètres de haut. Le préfet des Ardennes a autorisé 65 engins de 200 mètres. Le projet du Haut-Armançon, dans l’Yonne, atteint 240 mètres. On se rapproche à toute allure de la tour Eiffel, d’une hauteur de trois cents mètres. Sauf que celle-ci est unique, alors que la vision d’une pléiade de tours Eiffel serait oppressante.

Quant aux éoliennes installées dans des zones de pêche riches en ressources, elles détruisent les fonds marins et chassent les artisans pêcheurs.

Nos paysages terrestres ou maritimes, avec les monuments qu’ils incluent, forment le cadre de vie des Français, et la base de notre tourisme. Un des rares atouts qui nous restent. Préservons-le.

Peut-être certains s’imaginent-ils que le sacrifice de ces paysages aux éoliennes est nécessaire pour lutter contre le réchauffement. Au contraire, grâce à l’électricité d’origine nucléaire et hydraulique, la production française d’électricité ne dégage presque plus de carbone. Les dernières centrales au fioul ont fermé. La fin des dernières centrales au charbon est programmée à brève échéance. Reste le gaz, qui n’est nécessaire que pour compenser l’extrême intermittence des productions éolienne et photovoltaïque. Dès lors, une nouvelle implantation massive d’éoliennes ne serait d’aucune aide dans la lutte contre le réchauffement.

Excédentaire en électricité, la France n’a pas besoin de sources nouvelles d’énergie. Elle dispose de centrales nucléaires anciennes qui pourraient être prolongées

Et même, elle lui nuirait. Dans notre pays, une éolienne ne fonctionne en moyenne qu’à 24 % de sa puissance: quand le vent est faible, elle reste immobile, et quand il est trop fort, on doit l’arrêter. Or les consommateurs ont besoin d’une alimentation en énergie régulière. Le gaz, polluant, prend donc le relais. Si une nouvelle extension est donnée à l’éolien, il faudra davantage de gaz. Du fait de son union forcée avec ce méthane fossile, l’éolien n’est pas une vraie énergie renouvelable. En outre, il s’agira de plus en plus d’un gaz russe, ce qui donnera à la Russie un moyen de pression sur notre pays.

Excédentaire en électricité, la France n’a pas besoin de sources nouvelles d’énergie. Elle dispose de centrales nucléaires anciennes qui pourraient être prolongées, comme le montre l’exemple américain, de vingt ans voire de quarante. Les installations étant à peu près amorties, le courant produit est bon marché. Provenant au contraire d’installations à construire, le courant éolien terrestre sera, dans les meilleurs cas, deux fois plus cher. Et on veut substituer ce second courant au premier! Les conséquences ne se font pas attendre. Déjà, au cours des douze derniers mois, le prix du courant facturé aux particuliers a été relevé de 10 %. L’application de la programmation pluriannuelle de l’énergie qu’on vient de promulguer ne pourrait qu’aggraver cette tendance, et donc ponctionner le pouvoir d’achat des ménages, alors qu’à l’issue de l’épidémie, il faudra à l’inverse relancer la consommation.

Passons à la caisse. La programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit pour la décennie 2018-2028, après suppression d’une série de réacteurs encore utiles, la mise en place d’une puissance de 57 gigawatts, éolienne et photovoltaïque pour l’essentiel ; d’où un coût de l’ordre de 81 milliards d’euros, correspondant surtout à des achats de matériel à l’étranger, notamment… en Chine. Un comble!

Le total avoisinerait 120 milliards d’euros, à prélever sur l’épargne française publique ou privée

Ce programme implique aussi un renforcement du réseau, d’un coût de l’ordre de 20 milliards d’euros (plus le coût psychologique des lignes à haute tension), et, compte tenu de l’intermittence de l’éolien comme du photovoltaïque, la création d’une force de secours d’un coût de l’ordre de 19 milliards d’euros.

Le total avoisinerait 120 milliards d’euros, à prélever sur l’épargne française publique ou privée, et qui manqueraient cruellement pour financer notre redémarrage.

N’est-il pas temps de revenir à de plus justes priorités? Cessons d’aider de nouvelles éoliennes en France, et consacrons ce qui nous reste de ressources au sauvetage de notre pays.


* La tribune est signée par Stéphane Bern; Jean-Claude Casanova de l’Institut ; Michel Pébereau ; Françoise Chandernagor de l’Académie Goncourt ; Patrice Cahart, Inspecteur général des finances honoraire et ancien directeur de la législation fiscale au ministère des Finances ; Pierre Audigier, ingénieur général des Mines honoraire ; Jean-Louis Butré, président de la Fédération de l’Environnement Durable ; Jacqueline Dauxois, écrivain, spécialiste de bioéthique ; Anny Duperey, actrice et romancière ; Bruno Durieux, économiste, maire de Grignan ; Denis de Kergorlay, président honoraire d’Europa Nostra ; Jean de Kervasdoué, de l’Académie des Technologies ; Julien Lacaze, président de Sites et Monuments ; Bruno Ladsous, collectif Occitanie Environnement ; Evelyne Lever, historienne ; Olivier de Lorgeril, président de la Demeure Historique ; Pierre Morel, ancien ambassadeur ; Dominique Poitout, de l’Académie de Médecine ; Katherine Poujol, présidente de l’association Gardez les Caps ; Michel Rousseau, président de l’association de Protection du Paysage entre Beauce et Perche ; Gérard de Senneville, inspecteur général de l’Équipement honoraire ; Marjolaine Villey-Migraine, association Vigilance Patrimoine Paysage et Naturel.