Ce Naïf, il est bien sot. Il y a des tas de trucs qu'il ne comprend pas et il a le sentiment qu'il est le seul à ne pas les comprendre. Il accorde sa  confiance aux personnes avisés qui ont revendiqué la responsabilité de porter la charge de l'État, lequel, chacun le sait et le dit, est un putain de poids lourd. De la même manière il étend ce crédit aux commentateurs de la presse écrite et de la télévision. 

Alors le Naïf sombre dans la dépression, non pas intellectuelle, le mot ne saurait s'appliquer à lui, mais simplement il ressent une perte de bon sens, ce qui dans la faiblesse de son âge est un signe alarmant de désordres naissants lourds d'une promesse de vieillesse "compliquée", comme on dit maintenant.

Bref, le gouvernement et son administration comprennent l'importance de l'épidémie qui commence à affecter le pays. Non qu'il n'ait pas suivi le début de la maladie en Chine grâce aux informations transmises par les médecins chinois et celles des autorités du parti, mais comme tout corps constitué de grosse dimension, à l'instar du dinosaure, entre le moment ou la nouvelle mord la queue de la bête et parvient au cerveau le temps de ne rien faire s'étire et n'est employé qu'à élaborer un rempart d'irresponsabilité ou plutôt un complet transfert de responsabilité à des experts issus du cercle fermé des professeurs de médecine et d'épidémiologie où la cooptation est le règle d'admission.

Ces experts se grisent de ce pouvoir sans oublier de qui ils le tiennent et le gouvernement accepte sans filtre ni opinion des recommandations qui prennent forme de décisions arbitraires visant pour les unes à masquer les insuffisances des autorités, d'où la pitoyable et vaudevillesque "valse des masques" et à instaurer une peur collective puis pour les autres à imposer ce qu'ils ont retenu de l'exemple chinois : bouclage complet et arrêt de tout activité.

Cet arrêt instantané et total de toute activité par immobilisation de toute la population qui sera légitimé par des textes d'exception appelle dans l'instant la réaction de bon sens (enfin) qui conduit à reconnaître que certains secteurs d'activité ne peuvent pas être stoppé et surtout pas par des experts du monde médical : l'hôpital !

S'ouvre alors la période de sortie de sidération ; Ah, oui, les commerces alimentaires, ah oui certains services ou certains commerces… associée à l'apparition de nouveaux arbitraires qui prescrivent comment rendre supportable l'insupportable. Les sorties autorisées mais soumises à des dérogations auto délivrées, les éloignements contraints de zones dans lesquelles le risque de transmission de la maladie est nul, longue liste d'absurdités administratives et réglementaire émises à tous les niveaux des parcelles d'autorité éparpillées au hasard des découpages historiques, toujours en ajout et jamais en suppression.

La sortie de cet état, le déconfinement donne lieu à la même débauche d'arbitraires administratifs acceptés par certains car ils constituent, comme ils sont inapplicables la continuité du farniente (fonctionnaires) ou l'excuse de la soumission pour les autres qui craignent on ne sait plus très bien quoi.            La débrouille tient lieu d'activité. Heureusement, période brève.

Un long préambule pour en arriver au propos qui sera court.

Une évidence est que les arrêts d'activité ordonnés par des mesures d'exception ne sont pas de la responsabilité de ceux qui subissent la sanction mais justifiés par des conditions de salut "sanitaire" public.

Il est donc du devoir de l'État de reconnaître cette responsabilité et d'y faire face dans l'esprit d'égalité et de fraternité qui anime nos élites dirigeantes.

Cet arrêt n'est en rien une fermeture administrative car il ne vise pas à réprimer ou redresser une défaillance et les assurances ne sont pas armées pour compenser des dommages résultant d'une situation que l'État qualifie avec emphase de "guerre", effet de manche certes, mais comme on dit les mots ont un poids.

Comment reconnait 'il sa responsabilité ?

Il l'a fait très/trop généreusement avec les salariés au risque d'abus et d'habitudes.

il l'a fait en inventant des mécanismes de renflouement de secteurs économiques en péril, aéronautique, automobile, transport aérien et puis d'autres … Apprécier la qualité de ces action et leurs objectifs n'est pas ici le sujet.

Ainsi des employés de PME n'ont ressenti, si leur mode de vie le permettait, cet arrêt que comme des vacances à la maison forcées et payées. Il ne s'agit pas de prétendre que ce fut le cas de tous les salariés mais cet exemple illustre combien "en même temps" il est inique de ne pas reconnaitre le dommage subi par l'employeur qui perd son chiffre d'affaire et pour qui la rupture du fil des activités de son entreprise peut avoir de nombreuses conséquences inestimables s.s. alors que ses salariés sont pris en charge.

Mais la PME recevra par générosité du pouvoir un chèque qui viendra en son temps d'un montant ridicule qui transforme le geste en une aumône de sortie de messe et qui semble n'avoir aucune relation à la perte réelle du soumis… à l'arbitraire.

Le remède est pour l'État d'ouvrir un bureau des pleurs et de lâcher à la demande des montants toujours arbitraires exprimés en poignées de millions d'Euros à de syndicats ou des corporations venus quémander voire mendier non pas des réparations mais des aides.

Visite d'usine, rencontre d'employés mécontents, des "je vous ai compris" de comice agricole, à mettre sous la dent des télés.

Ce que je ne comprends pas c'est l'extraordinaire passivité des entrepreneurs et patron de commerces, petites boites de ceci et de cela, de PME dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles, pour ne pas dire casser les couilles, en nous affirmant que ce sont les veines dans lesquelles circulent ce qui reste d'activité dans un pays du chaos crée par l'arbitraire d'adolescent(e)s aux comportements d'écoliers dans une cours de récréation.

Ils sont contents du bureau de pleurs.

Je viens de rajouter le (e) féminisant car je pensais aussi à la loi Avia qui démontre comment cet arbitraire chaotique, idéologique et stupide parvient à se transformer en une loi de la République, faisant ainsi de l'État de Droit une sorte de brocante juridique et administrative dans laquelle aucun article ne meure et qui reste grand ouvert aux inepties du moment. C'est un bazar du droit affublé du vocable purificateur d'État de…

Mais comme dit Kipling ceci est une autre histoire.

 

 

03 juin 2020