Je débute par un acte de paresse, la reproduction d'un article du Point, copie de paresse que j''excuse par le grand âge qui m'interdit de faire des efforts si d'autres les ont fait pour moi et en toute modestie parce que cet article lève un lièvre dont je n'avais pas vu les longues oreilles dans le maquis de mes réflexions. Lisez cet article, si vous ne l'avez pas déjà fait, et nous ne reparlerons après votre lecture.

Voitures électriques : l'indécente déferlante des aide

Jusqu'à 19 000 euros alloués pour acheter une voiture électrique, voilà ce qui pèse sur les comptes de la nation. Un argent qui serait mieux utilisé ailleurs.

Par Jacques Chevalier      08/06/2020     Le Point

Peut-on impunément faire n'importe quoi pour s'attirer en France les sympathies des écologistes ? C'est bien ce qui se profile avec le soutien hors de proportions à la vente des voitures électriques, généreusement subventionnées. Les aides et primes de toutes sortes, savamment assemblées, permettent même d'atteindre dans le Grand Paris un cumul de 19 000 euros, à condition bien sûr d'être éligible. Et ce n'est pas hors de portée, comme la relève le site spécialisé Auto-Actu.com.

« Pour obtenir 19 000 euros d'aide, calcule Florence Lagarde, il faut pouvoir cumuler un bonus de 7 000 euros (achat d'un véhicule électrique), une prime à la conversion de 5 000 euros (particulier avec un revenu inférieur à 18 000 euros par part), la prime de "Je roule propre" de la Métropole du Grand Paris de 6 000 euros (revenu inférieur à 6 300 euros par part) et la prime ZFE de l'État de 1 000 euros (habiter une commune dans le périmètre ZFE). »

La contrainte, c'est effectivement d'acheter un véhicule électrifié très performant au sens écologiste du terme, c'est-à-dire évalué sous le seul prisme des émissions de CO2. Il s'agit des véhicules électriques émettant moins de 20 g/km ou des hybrides rechargeables, dont les émissions sont comprises entre 21 et 50 g/km. Pour ces derniers, l'autonomie en mode tout électrique doit être supérieure à 50 km, selon le dispositif Macron dont le détail n'a, à ce jour, toujours pas été explicité sur le site officiel du ministère de la Transition écologique.

Le Grand Paris à la rescousse   (en rajoute une couche, Note du naïf)

Néanmoins, dans les communes du Grand Paris, une panoplie d'aides additionnelles à celles du gouvernement vient gonfler l'enveloppe. Et elles concernent un grand nombre de ménages, car elles ne sont pas limitées aux foyers les moins favorisés. En effet, depuis le 1er juillet 2019, les habitants des 131 communes du Grand Paris peuvent bénéficier d'une prime spécifique selon le barème suivant :

  • 6 000 euros, comme nous l'avons déjà évoqué, pour les particuliers dont le revenu fiscal par part est inférieur à 6 300 euros ;
  • 5 000 euros pour les particuliers dont le revenu fiscal par part est compris entre 6 301 et 13 489 euros ;
  • 3 000 euros pour les particuliers dont le revenu fiscal par part est compris entre 13 490 et 35 052 euros ;
  • 1 500 euros TTC pour les particuliers dont le revenu fiscal par part est supérieur à 35 052 euros.

À cette prime de la Métropole précise Autoactu.com s'ajoute une nouvelle prime instaurée par le décret du 31 mai 2020. Cette aide est accordée aux personnes physiques « dont le domicile ou le lieu de travail est situé dans une commune dont une partie du territoire est située au sein d'une zone à faibles émissions ». Les ZFE représentent les 79 communes situés à l'intérieur de l'A86 et dont les habitants, dès l'instant où ils auront déjà bénéficié de primes à l'achat d'un VE, pourront prétendre à cette prime supplémentaire de 1 000 euros. Elle est alimentée par un fonds de 6 millions d'euros spécialement créé dans la continuité du plan Macron et 200 dossiers ont déjà été instruits, pour un montant de près de 800 000 euros.

À ce stade, et en attendant que le site officiel veuille bien préciser toutes les modalités de cette usine à gaz, il n'est pas interdit de penser que des chasseurs de primes achètent un véhicule neuf pour collecter les subventions et le revendent avec un possible bénéfice dans quelques mois. Une clause de détention minimale du véhicule devrait être, par prudence, introduite. En l'état, le dispositif a tout de même une vertu : il permet à un ménage peu favorisé d'acheter un véhicule électrique d'occasion comme une Renault Zoé, abondante sur le marché, sans bourse délier.

Capture 15

 Au 1er juillet 2019, le Grand Paris s'est fermé aux voitures polluantes. Les mêmes communes sont largement subventionnées désormais pour l'achat de véhicules électrifiés. © DR

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Bon, vous l'avez lu. Cette soudaine passion pour la voiture à propulsion électrique qualifiée dans la ligne que vos yeux étonnés viennent de lire de voiture électrifiée…est la conséquence d'un certain nombre de facteurs qui ont affectés la régulière et nécessaire croissance de la motorisation diesel en comparaison à la motorisation essence puis l'élan de ferveur "électrifiée". J'en suis tout électrisé.

Le mot nécessaire est tout à fait discutable et traduit ici un sentiment-ressentiment à l'endroit des affirmations de la dangerosité du diésel, rien de plus. 

Voici la fable ou une des fables qu'un Naïf moraliste pourrait écrire.

Ce que Paris veut, Dieu le veut.

La Sorcière Bourgmestre de la ville lumière tient dans ses mains crochues un Quasimodo à supplicier, la particule fine, laquelle comme son nom l'indique est insaisissable mais s'insinue dans vos poumons et vous tue lentement et surement, quoiqu'un peu moins vite que le tabac. À noter que les deux sont l'outil des plus belles taxes pigouviennes du royaume du fisc, et pour l'une possiblement engendrant des tas de petits gilets jaunes.

La Sorcière consulte à Delphes.

La Déesse Écologie (Apollon est en RTT) prononce l'oracle dans les vapeurs delphiques : Diesel tu maudiras et essence tu toléreras. Guerre au diesel tu feras.

La pythie ajoute : de la Cité les chars tu banniras.

Sainte Greta, autre oracle de la Déesse profère alors que la terre collapsera si toute émission de méchant gaz tu ne proscris pas.

Le temps passe et le vent de l'écologie puérile souffle en courtes rafales destructrices révélant l'incroyable inculture des chambellans du royaume mais leur foi dans les promesses d'un monde nouveau.

Intimation aux constructeurs de chars de les motoriser à l'essence.

Le marché s'adapte et les constructeurs en profitent pour procéder à quelques améliorations de leur production en délocalisant les usines.

Patatra ! De nouveau parle la Déesse : Devant l'électricité tu te prosterneras.

Intimation aux constructeurs de chars de les motoriser à l'électricité.

Conducteur de char, char électrique tu acquerras.

Elle ajoute en parlant par le bec crochu d'une chouette hulotte, animal de sagesse perché sur l'épaule de cette statue vivante, régalissime et tellement attachante, Ste Ségolène :

Dans le grand jardin du monde, forêt merveilleuse des automobiles enchantées, de la voiture enfin dépolluée, pilote tu te banniras et l'auto tu libéreras de la servitude sapienssique pour qu'elle vive enfin la vie des véhicules libres dans un monde qui ne se réchauffe plus.

Je m'égare.

Le lecteur avisé aura noté que je lui ai fait grâce de la fable du scandale des tests de certification des voitures diésel qualifié de dieselgate. Volkswagen qui en était un des acteurs de premier rôle en a aussi été, sur son premier marché, les USA, la première victime. Les constructeurs français ont été moins touchés par les sanctions car moins présents en Amérique du nord et je ne garde pas le souvenir qu'on ait beaucoup parlé de Nissan dans cette affaire.

Grâce vous est faite aussi des primes à la conversion nouvellement concoctées qui soyons en persuadés permettront de relancer la filière automobile.          Quand on aime les filières, on ne compte pas. 

Tout ceci comme une distraction du Naïf pour en arriver à l'argument.

Nous sommes dirigés par une oligarchie qui exclue toute compétence en matière d'énergie, production et emploi d'icelle, et qui suit aveuglément sans raisons justifiables toutes les modes et rêveries d'une fraction dite écologique de la population constituant pour notre grand malheur un pion de l'échiquier politique.

Elle exclue aussi toute compétence en matière de développement industriel. Mais fait comme si.

Cette oligarchie se met donc de surcroit à vouloir structurer le marché de l'automobile par l'imposition autoritaire faite à l'un des producteurs français de concentrer en France sa production sur le véhicule électrique.

Comme il faut créer un marché, qui à l'évidence ne jaillit pas spontanément sous la baguette de la main invisible, notre oligarchie inepte dégaine l'arme fatale de la subvention. Alors une course à qui dépensera le plus pour suivre la mode se met en place et toutes les couches du mille-feuille obèse concourent pour savoir qui sera le plus grand dépensier "pour rien".

On arrive ainsi à la situation très bien décrite dans l'article de M. Chevalier, excellent article au contenu d'iceluy je n'ai souhaité qu'ajouter mon piment habituel.

Et puis demain matin nous bénéficierons des batteries que l'Airbus Européen va nous permettre de produire en remplacement des méchantes batteries chinoises. Nous, les européens les fabriquerons, nombreuses et gorgées de petits KWh, avec vertu et ferveur écologique et elle ne présenterons aucun défaut de coût, de durée de vie et de recyclage. 

Un jour il se pourrait que nous parlions de l'avion vert qui ne produit pas de carbone, qui remplacera tous les avions existants et qui matérialisera une contribution majeure au sauvetage de la planète.

Quel bel avion se sera !

 

11 juin 2020