Un vieux proverbe que je tiens des Kikuyus qui le tenaient de leurs ancêtres qui l'avaient entendu murmurer par le vent dans les brumes de la montagne : Qui sème la sottise récolte la bêtise.

Le traducteur quelle que soit sa connaissance du kikuyu hésite sur le choix des mots dans la langue de Molière ; le lexique est riche : Stupidité, ineptie, non-sens, crétinerie  ou plus populaire jobardise et le couteau suisse de la chose, connerie. J'écarte les adjectifs substantivés, comme dirait une figure célèbre du monde des idées, maboulitude, cinglitude, frappéitude, dinguitutude et j'en oublie.

Le lecteur peut d'ailleurs choisir deux de ces termes, à son gré et conserver à la traduction qui est proposée ici tout son sens.

Donc, si le benêt qui est assis dans le fauteuil d'un président de la République du chaos choisit pour des raisons de pure errance dans sa sottitude-solitude, autant dire sans raisons fait une connerie et pose une question conne à des gens "pris avec soin au hasard" et il récolte un paquet de conneries.

Au demeurant, aucun hasard dans ces désignations qui reposent sur le volontariat. Considérant le thème de la convention, la roue du hasard tourne jusqu'au prochain écolo fervent qui se sent imparti enfin d'une mission salvatrice et qui se félicite de ce nouveau forum. 

Soyons sérieux.

Peut-on imaginer une plus flagrante démonstration d'une perte totale de volonté politique à la tête de l'état que cette façon de procéder alors qu'on sait que cette assemblée composée d'écologistes convaincus  ne peut in fine que refléter les opinions et plus encore les croyances de ces personnes "convaincues" qui constituent le groupe ; si vous posez la question à un groupe vous obtiendrez l'expression du groupe avec formulation bureaucratique venant transformer les propositions des Yakas et des Faukons en réglementations nouvelles et en une litanie d'interdictions. 

À la différence du vide absolu de la chouette sans-tête, volatile aux cent "le temps est venu" on trouve dans les propositions yakafaukons des choses de sens commun (yaka) l'isolation des logements, dossier sur la table depuis une éternité, des idées logiques sur le bétonnage encombrées de mesures irréalistes ; mais aussi  de la sottise franche sur la façon qu'on les français de se nourrir, de se déplacer assorti d'une ultime recommandation sur la création d'un crime d'écocide dans le cadres de… Word refuse d'aller plus loin et Windows m'avise que je passe les bornes de la décence citoyenne.

Il ne manque que quelques injonctions sur la manière d'honorer les dames en limitant ses émissions  de…GES.

Je m'égare car mon propos n'est pas de faire une critique complète de ce tissu de lieux communs écolo-bobo et de mesures coercitives, critique que les personnes concernées (tout le monde) ne manqueront pas de formuler. Les pétitions surgissent et la classe politique réagira  en attendant de voir comment la chose floppera.

Revenons ensemble au point de départ en partant du rappel d'une vérité oubliée ou escamotée.

           Dénis 

        En dépit des excellentes intentions affichées en 2014, les principaux producteurs et consommateurs d’énergie à l’échelle mondiale ne modifient en rien leur comportement. Bien au contraire ces pays ont renforcé leur capacité de production et n’infléchissent pas sensiblement leur croissance dans un objectif de réduction de leur consommation. Les États-Unis dénoncent les accords et la Chine fait comme bon lui semble dans une politique d’expansion dont on ne perçoit pas qu’elle amorce quelque réduction de consommation énergétique que ce soit.

Ces deux pays représentent à eux seuls la moitié de la production-consommation d’énergie mondiale.

Quant au restant du monde, rien ne permet de penser que MM Erdogan, Poutine, MBS et autres Bolsonaro partagent la vision verte des rédacteurs de la Loi de 2015. 

Le gouvernement nie cette réalité géopolitique.

                La France contribue pour 0.7 % à la production globale d’énergie dans le monde (en gros la chaleur de la fission atomique des réacteurs nucléaires) et pour 1 % à la consommation mondiale de cette énergie produite par les achats de pétrole, de produits raffinés et de gaz pour un montant variant d’une cinquantaine à une centaine de milliards d’Euros au hasard des fluctuations du baril. Des inflexions (transitions ?) dans ces chiffres se traduiraient à l’échelle mondiale en des variations au niveau du pour mille au niveau mondial. 

Le gouvernement nie cette autre réalité géopolitique

La France, confrontée au problème mondial du réchauffement climatique est un spectateur, au mieux un témoin et comme toutes les nations une victime. 

Et la conclusion

 Le concept de « transition écologique » et la lecture faite par nos gouvernements de ce concept  reposent sur un fantasme, sur des dénis, sur une croyance sectaire et sur une arrogance historique dont la fondation est érodée depuis le début du 19ème siècle.

 Ces textes, bleu et rouge, sont extraits  d'un papier du 20 février 2019 dont je recommande la lecture ou la relecture : Loi de transition énergétique 

Les mêmes prémisses concernent également l'Europe avec des chiffres proportionnels à la population et l'influence marginale de  trois nuances : le nucléaire et la houille blanche de la France, le lignite de Mme Merkel et un quelque pour cents de charbon polonais.

 Mon premier point: 

Il est vide de sens de poser une question sur un problème qui nous concerne mais sur lequel nous n'avons aucune action possible ni en terme de production, ni en terme de consommation.

Vouloir faire des économies de consommation relève du sens commun et des simulacres de consultation populaires ne risquent pas de modifier le comportement de la population sur des sujets qui paraissent simples à des esprits simples, mais qui sont étroitement imbriqués dans le tissu industriel, agricole et commercial au niveau national et du commerce extérieur. L'application d'une proposition simpliste a des répercussions à l'amont et à l'aval sur l'ensemble de ce tissu dont la prise en compte dépasse largement le cadre de cette consultation ; et avec le plus grand respect pour le CESE sa compétence dans les deux sens du terme.

Cette remarque devrait figurer dans les prémisses précédentes. Je la colore.

Quant au CESE si sa compétence n'est pas à mettre en cause il n'est pas évident qu'il soit réellement neutre politiquement, en oubliant par charité le remarquable travail d'un ancien président sur le projet de réforme des retraites.

La vraie question:

J'ai élu un Président de la République pour qu'il définisse les grandes orientations de la politique du pays au premier chef sur les sujets dits régaliens et non pas pour qu'il s'occupe avec d'autres ados à des jeux de rôle dans la cour de récré.

J'ai élu des représentants Députés et Sénateurs aux deux Chambres qui sont notre parlement.

Ils sont légitimes à me représenter. (1)

Le Président choisit un Premier Ministre qui met en place un Gouvernement, lesquels sont légitimes à agir en mon nom.

Les canaux pour exprimer mes désaccords sont multiples et vont jusqu'à la mise en question de la validité d'un texte de loi devant le Conseil Constitutionnel. La presse joue un rôle important dans l'expression des critiques.  

J'en conclus que lorsque le Président s'interroge sur la validité d'une réflexion qu'il conduit sur quelque sujet que ce soit il est légitime qu'il consulte les experts ou des groupes de citoyens tirés à la courte-paille et qu'il consulte accessoirement les Ministres du Gouvernement et le Premier d'entre eux. Il peut de la sorte, si sa maturité intellectuelle et sa connaissance du vaste monde rendent la démarche possible, concevoir une ligne politique dont il confiera la mise en œuvre à son Premier Ministre qui utilisera les moyens dont il dispose pour définir les actions nécessaires dans un premier temps et les mettre en œuvre ensuite. Dans tous les cas, aller devant l'Assemblée Nationale et exposer les termes de la politique de l'État, en débattre s'il le juge utile puis agir par décret, ordonnance et projet de loi. L'application de l'article 49.3 ne devrait pas constituer un mode habituel et traduit une forme d'instabilité politique.

J'en conclus que la lettre de mission comme j'en ai eu connaissance fait table rase de la majeure partie du travail … des représentants que j'ai élu, qu'accessoirement je paye. D'ailleurs comme ceux du CESE que je n'ai pas élu.

Je cite dans le texte du rapport de cette Convention.

Ces citoyens s’informent, débattent et prépareront des projets de loi sur l’ensemble des questions relatives aux moyens de lutter contre le changement climatique….

et

Le Président de la République s’est engagé à ce que ces propositions législatives et réglementaires soient soumises “sans filtre” soit à référendum, soit au vote du parlement, soit à application réglementaire directe.

Mais je ne trouve pas trace d'un document de Matignon mentionnant les engagements de Macron le Benêt. Je chercherai mieux.

J'en conclus que Philippe à la demande de Macron a instruit le Président du CESE (Conseil Économique Social et Environnemental…) de bien vouloir…  et qu'il attendait des recommandations pour en faire bon usage.

J'admets que le Philippe, les Ministres et les parlementaires comprennent la démarche présidentielle et y souscrivent. Philippe, sans doute aussi parce qu'il n'y attache pas d'importance: il laisse Macron jouer à la récré. 

Les mâchoires du  piège à sottises écologiques se sont refermées sur les pattes du Benêt et je n'imagine pas comment il pourra se libérer sans accroître, si faire se peut, son discrédit auprès d'une assez large fraction de son électorat de centre droit pour laquelle il est passé depuis quelque temps déjà au rang des "par défaut" ; et en même temps satisfaire les écolos conventionnés, censés représenter la population et désormais installés et qui ne manqueront pas de s'organiser pour former une nouvelle force du "progrès" et de la décroissance.

Je n'oublie pas que toute maladresse nourrit les rangs du Rassemblement National de la prudente Marine.

Il va probablement tenter la pirouette du référendum QCM qui conduira à l'inévitable et hélas prévisible fiasco-chaos.

Nous en reparlerons.

Peut-être, la chaine légale d'exercice du pouvoir aura-t-elle réagi pour que l'idée de ce type de consultation ne devienne pas un procédé autorisant Macron à refuser constamment l'exercice du pouvoir quand il devient difficile de le faire. Nous ne sommes plus dans les années Mitterand lorsqu'il y avait encore des forces vives à dilapider et des illusions à dispenser.

Et depuis Notre Dame des Landes et Fessenheim le nombre des cailloux dans sa chaussure et de Léornarda ne cesse de croitre.

Je crains que nous soyons à l'os et que toute perturbation nouvelle soit cause de désordres et de violences.

Comme je ne voudrais pas décevoir les rares lecteurs de ces carnets :

Je souhaite qu'un jour, un instant avant la fin de son mandat, Macron prenne connaissance de la loi Nome et de la PPE qui suit son petit bonhomme de chemin et qu'il se souvienne qu'il est à 94 % propriétaire d'EDF au nom des citoyens, laquelle si ma mémoire est bonne n'appartient pas à la Commission Européenne.

S'il cherche des outils de décroissance, il sera servi et le plein est fait depuis longtemps.

Aux coûts de la Convention Citoyenne, sûrement "un pognon de dingue", il ajoutera ceux de la gabegie et du désastre des éoliennes.

Je profite de ces dernières remarques pour adresser à la Convention Citoyenne de vives félicitations pour n'avoir abordé les problèmes de l'énergie que sous l'angle du "consommer moins" et d'avoir soigneusement évité ce qui concerne le nucléaire, les énergies dites renouvelables et les impositions néolibérales de Bruxelles auxquelles nous sommes soumis comme dirait Houellebecq.   Elle aurait pu donner libre cours à ses désirs de décroissance heureuse.  Sans doute le CESE a conseillé de ne pas pousser le bouchon trop loin.  

 

 1.       Epargnons les discussions sur l'emploi de "à" dans l'expression "légitime à me représenter". Si un lecteur préfère "légitime pour"… qu'il fasse le changement lui-même. 

24 juin 2020

Je joins en annexe les propositions de la convention. Il se pourrait que des lecteurs ne les aient pas étudiées.  Comme je les comprend !