Le discours bobo écolo est une plante qui fleurit en toute saison

dans tous les jardins de la télévision

C'est l'heure de mon vélo, pardon ma demi-heure de vélo, et je sacrifie à mon rituel vélocipédique: je tourne le bouton du poste et je regarde une émission télé, à 17 heures 45, à laquelle participe communément des gens sensés tenant des propos sensés sur des sujets sensés.

Considérant la fréquence de l'émission, il est normal qu'elle donne lieu à des redites, des lieux communs et un paquet d'évidences formulées doctement. Mais il y a le plus souvent un économiste qui recadre les propos. Enfin c'est bon pour mes vieilles jambes décharnées.

"Au jour d'aujourd'hui",  il faut savoir manifester du respect à des tournures de langage qui font en quelque sorte partie de notre patrimoine culturel, j'en parlerai à Finkielkraut pour lui suggérer de faire quelque chose pour…Dictionnaire…Académie Française…enfin quelque chose de pérenne ; ce soir donc se trouvait pour causer (débattre) sur le thème, "La France d'après" autour du micro virtuel une dame blonde qui voit l'avenir en vert, puis en vert et enfin en vert. Une autre dame sortie du même tonneau, mais plus classe et avec un peu moins de verditude complétait les propos de la précédente avec quelques ajouts sociologiques. Une dame de l'Express tentait après avoir donné sa bénédiction aux propos des dames vertes de ramener avec l'aide de ce pauvre Bouzou  (qu'allait-il faire dans cette galère ?) la balle au centre, mais en vain : "la France d'après" sera demain un vaste jardin où fleurit, je reprends l'expression, la fleur merveilleuse qui verdit l'économie de sa chlorophylle plus verte que verte et qui suscite des innovations tellement vertes elles aussi qu'on ne sait plus comment trouver le chemin du bon sens dans cette forêt de verdure. Les contraintes économiques, budgétaires, industrielles sont des problèmes que la chlorophylle résoudra, telle la quinine de  notre médecin marseillais.

Je ne m'égare pas mais j'exagère.

Ce ton excessif, donc injuste traduit une exaspération croissante d'assister au suicide économique assisté comme on euthanasise Suisse, de l'Europe et de la France en particulier, seule élève réellement vertueuse du ramassis des nations du monde au motif que l'émission de GES perturbe le climat.

Mais ce qui m'indispose un max, c'est la logorrhée de ces platitudes qu'on entend à longueur d'onde. On dit de nos jours, éléments de langage, et bien, ces clichés-là tels des eczémas du langage, donc de la pensée, la pauvre qui fuit ces litanies du vide, sont les armes qui conduisent la foule des zélotes à l'adoration de l'Écologie, la Déesse.  

Je cite:

Il est vrai que la problématique du vivre-ensemble dans le cadre du respect de la Nature et de la réduction des émissions de GES nous conduirait effectivement à imaginer autrement le monde de demain et devrait nous permettre de pouvoir envisager, dans un esprit de solidarité et, osons le mot, d'humanisme de proposer effectivement à nos enfants et aux générations du futur une société plus juste où l'individu libéré de la servitude d'une consommation qu'on lui impose et qui détruit notre environnement, serait en capacité d'adopter l'alternative d'une vie meilleure…

Ne cherchez pas la source de cette citation, je respecte l'anonymat de mes sources.

Évidemment il y a les sommets que seuls atteignent les esprits supérieurs et je pense à l'inoubliable auteur de "l'ultimatum de la nature" et de célèbre mélopée des "le temps est venu" dont on attend qu'un rappeur en quête de texte s'empare.

Cet eczéma est contagieux et pas un personnage public ne peut dire un mot sans rajouter la dose prescrite de bien-pensance verte en témoignage d'obédience.

Les zélotes deviennent ensuite des électeurs soutenus par leur foi. Ils voteront pour le guru qui leur promettra la merveilleuse planète qu'ils méritent.

De récentes consultations révèlent l'ampleur du mal et la montée des forces du vide. 

Évidemment le Benêt qui-n'en-loupe-pas-une, quand il voit une sottise à commettre s'y précipite avec la vigueur enfantine du gamin qui veut le dernier jouet.

Après avoir épuisé les joies de la repentance, il nous fit le coup du "Sauver la planète", histoire de bien convaincre toutes les têtes vides qu'ils avaient carte blanche ou comme on dit que c'est open bar.

Du plus creux d'entre ceux-là, il fit même un ministre…de l'énergie ! 

De cette Déesse qu'il adora est né le monstre qui le mangera.

Ne cherchez pas la source de cette citation, je respecte l'anonymat de mes sources. 

Sous les oripeaux de la science on voit surgir des bulles de ces inepties.

La dernière (journal du matin) et je vous l'a fait brève. Je couvre avec ma dette la France d'éoliennes. Je découvre qu'elles ne font pas d'électricité au sens production nationale et que cette électricité intermittente n'est ni utile, ni nécessaire mais que au contraire elle est une gêne. Ah, si je pouvais la stocker, ma conscience serait déchargée et reverdirait. On voit alors fleurir des projets de parcs géants de batteries avant  que la lumière n'éclaire mon esprit, car j'ai lu que l'eau, Ô découverte sublime est composée d'hydrogène et d'oxygène. Ah, l'hydrogène voilà la réponse. Avec mon électricité inutile je vais fabriquer de l'hydrogène vert bien plus "écologique" que le méchant hydrogène des raffineries. Et j'en ferait tellement que je vais changer la face du monde. Les autos rouleront, les avions voleront, les bateaux navigueront avec l'hydrogène de mes éoliennes, stocké dans mes petites bouteilles et distribué en grande surface, mais aussi dans les commerces de proximité pour redonner vie à nos campagnes abandonnées. Les esprits s'enflamment comme fera plus tard l'hydrogène et la bulle se crée, qui Secte deviendra.

Et je ne m'égare pas. 

Qu'en pense le Marché ?

Le Marché est un monstre froid qui adore les bulles et les sectes dans la mesure où se crée…un marché.

Mme Aubry et M. Hollande veulent du vert; alors se commettent des lois stupides, mais des activités, certes inutiles donc nuisibles naissent et des échanges s'organisent avec "ailleurs", des produits se manufacturent "ailleurs", des consommations se structurent "chez nous" et de notre impécuniosité nait chez nous de" la dette, bien à nous".

Le marché est content car il n'est pas en charge de l'éducation de nos dirigeant, ni responsable de leur stupidité. 

Ce papier commencé quelques jours auparavant était resté sur le bureau et c'est un article du matin sur l'hydrogène qui a fait monter une fois encore mon "ire" et relancer la diatribe.

10 juillet 2020