À propos d'un article qu'on n'a pas lu

 

obono capt 12

 

Comme tout le monde je n'ai pas lu l'article de Valeurs actuelles qui cause le scandale et comme tout le monde je trouve urgent d'émettre une opinion sur quelque chose que je n'ai pas lu.

Mais je vis lorsqu'éclata cette bombe médiatique, mais brièvement, quelques fois seulement, la couverture du coupable canard. Assez pour susciter l'envie d'en chercher une copie et me dire au moins une chose : l'illustrateur a un certain talent et traitée à la gouache en  20 x 80 avec une marie louise claire pour faire ressortir le côté mystérieux du portrait son œuvre trouverait place chez les collectionneurs avisés.

 

Comme tout le monde qui n'a pas lu l'article ignominieux je l'ai donc cherché monté sur mon cheval d'information Wiki et ensemble nous avons parcouru les steppes de la mémoire des évènements.

Nada, Walou, Zéro, que dalle, en un mot rien. Effacé, omertisé, enfoui

 

Sur le fond : l'article dit le rédacteur vise à mettre en lumière cet aspect "offre" du commerce des esclaves qui n'est jamais évoqué. Pourquoi cette omission d'une évidence ?

 Les esclaves livrés sur la plage, dument payé suivant un contrat entre fournisseur et acheteur ont été collectés dans les tribus puis acheminés jusqu'à ce point de livraison et cette fraction du négoce est entièrement africaine.

En Afrique de l'ouest et pas davantage en Afrique orientale les négriers rochelais, bordelais et autres n'ont conduit d'incursion pour aller chercher leur marchandise. Elle était livrée par des courtiers locaux chargés d'aller les collecter auprès des tribus qui obtenaient leur matière première par des moyens qui "ne nous regardent pas".

Les quais de collecte se situaient sur la bien nommée côte des esclaves, Bénin, Nigéria comme à Pointe Noire au Congo (avant que l'or noir ne remplace le bois d'ébène) et Gorée au Sénégal et d'autre encore.

Les armateurs de toute nationalités portugais des 1450 puis surtout anglais et à un moindre degré français conduisaient leurs affaires et armaient leur bateaux depuis des ports comme La Rochelle ou Bordeaux.

Donc si l'article détesté décrit cette étape du commerce des esclaves et si sa fiction ne contredit pas ce qu'on sait de cette histoire que peut-on lui reprocher ? Si ce n'est de contredire le crédo que tout l'esclavage est le fait du colonisateur.

 

Sur la forme je ne peux que supposer que l'auteur a grossi le trait et imaginé des situations qu'il expose crûment, mais que dire de plus car comme un grand nombre des indignés je n'ai pas lu l'article ce qui n'est pas très grave puisque mon propos et de parler de cette indignation et de la censure qu'elle provoque.

 

Sur le casting : Obono Edzodzomo est le sujet de la fiction parabole illustrant le chemin de l'africain de la tribu, porteur des chaines de l'esclavage, vers le monde des négriers…

Ma première réaction est qu'elle l'a bien cherché ! À tort peut-être mais sans doute "à raison" je lui prête des sentiments indigénistes visant à instruire à charge le procès d'un colonialisme débarrassé de tout vérité historique et devenu symbole d'une cause nouvelle et au fond d'un désir de différence dans ou à côté de la citoyenneté.

En annexe : la Député(e) d'un territoire perdu. Juin 2017

 

Le personnage d'Obono a été utilisé et instrumentalisé dans une fiction dont tous les lecteurs disent qu'elle est offensante pour elle et que cela n'est pas bien, pas gentil. C'est bien possible et si un jour je lis cet article je dirais ce que j'en pense mais dans l'instant je me contente de penser que si Obono y  trouve matière à insulte raciste ou emploi insultant de sa personne, il est légitime qu'elle porte plainte que ce qui relèverait alors du domaine pénal et soit sanctionné.

 

Mais ce qui est proprement incompréhensible et inadmissible est la censure de fait qui s'est exercé sur le malheureux canard et l'avalanche de soutiens à Danièle venant de tous les étages.

Même le benêt entre le sauvetage de la planète et celui du Liban a trouvé le temps et jugé bon de "tweeter", aussi rapide que Trump, pour assurer la victime présumée de son soutien

Pris d'un accès de paresse bien excusable à mon âge, je cède la parole pour la fin de l'argumentaire et en forme de conclusion à Élisabeth Lévy  31 août   Sud radio

Revenons sur l’affaire Obono, représentée en esclave dans Valeurs Actuelles.

On devrait toujours se méfier de l’unanimité. Le tort supposément infligé à Danièle Obono est l’occasion d’une véritable curée contre Valeurs Actuelles. Et d’un concours de beautés morales. Comme dans les animaux malades de la peste, toute la classe politique et médiatique se réconcilie en faisant haro sur le baudet. “Racisme abject”, “infâme”, “immonde” : un réel festival d’épithètes. Même Wallerand de Saint-Just du Rassemblement National fait son offusqué. Bien sûr, la plupart des accusateurs n’ont pas pris la peine d’examiner le corps du délit.  

De quoi s’agit-il ?

Nous parlons là du septième épisode d’une série de fictions dont le principe est le même : faire voyager un personnage public dans le temps, façon “Les visiteurs”, avec le comique en moins. Après Zemmour à Waterloo, Danièle Obono au temps de l’esclavage transplante la députée insoumise dans l’Afrique occidentale du XVIIIème siècle. Dans cette fiction, elle est victime d’atrocités perpétrées par des Africains, vendue à un Arabe.  

L’objectif était de rappeler que l’esclavage a été pratiqué par des Noirs et par des Arabes. Une manière également de répondre aux Indigènes au courant décolonial, qui font de l’Occident le seul coupable pour en conclure que le racisme est inscrit dans ses gènes. Pourtant, jusqu’à maintenant, la spécificité de l’Occident sur la question est que c’est ce même continent qui a aboli l’esclavage en premier.

Ce sont les dessins qui ont choqué ?

Ces dessins racontent exactement la même histoire, aussi dure soit-elle, donc ils montrent la jeune femme enchaînée. C’est peut-être maladroit puisqu’elle a été blessée, mais il n’y a strictement rien de raciste ni le texte ni dans les images. On pourrait discuter le propos historique. Mais pourquoi comprendre ? C’est si bon de s’indigner. On prouve sa vertu en exigeant des censures et des exclusions. 

Le plus scandaleux c’est que le président de la République, le Premier Ministre et pas moins de quatre ministres, dont le Garde des Sceaux, aient cru bon de faire chorus. 

En quoi est-ce scandaleux ? 

Il est sûrement très aimable de la part de Macron d’appeler Danièle Obono. Mais appelle-t-il Marine Le Pen quand elle est indignée par un article ? Je pense qu’il essaie de se faire pardonner d’avoir parlé à l’hebdomadaire Valeurs. Il met donc un genou à terre. Politiquement, ce n’est pas très glorieux.

Surtout, cela est problématique du point de vue institutionnel. Le Premier Ministre et le président de la République sont les garants de la neutralité de l’Etat. Ils n’ont pas à condamner un hebdomadaire ni à dire quelles opinions on peut défendre. Ils sont les dirigeants d’un pays, pas les directeurs de conscience et encore moins les instituteurs de ses citoyens.            

Une ride dans le paysage médiatique, un non-évènement dans un monde qui connait chaque jour des drames, des troubles géopolitiques majeurs, une épidémie gravissime et soudain une foule d'indignés se manifeste et pour peu manifesterait dans la rue en soutien à une dame dont le combat contre le racisme se manifeste in fine par un rejet de la citoyenneté, par l'appartenance à autre chose, à une autre catégorie de français qui ne seraient pas soumis aux exigences républicaine, qui seraient Insoumis.

Mais complètement soumise cette foule de la bien pensance s'indigne et tweete des regrets, des excuses et jette l'opprobre sur l'auteur de l'article qu'ils n'ont pas lu et qui offense la dame. Dans la foule l'essentiel de nos personnages politiques ! Le benêt, son avocat de ministre et tous les autres qui courtisanent à qui mieux mieux y vont de leurs consolation à l'Insoumise. Pour Jupiter-le-benêt qui court le monde pour dire le verbe démocratique et républicain il nous montre qu'il sait faire peuple en allant fourrer son nez dans le caca médiatique sans craindre d'entacher la dignité de sa fonction. Pire que Léonarda !                                                                

 

*Vous avez surement trouvé :  Où t'es-tu cachée Ô bonobeau ….Ça, c'est pas gentil

 

07 septembre 2020