On avait eu il y a quelque temps déjà le gag du compteur Linky. Souvenez-vous, il est toxique et émet des ondes qui nous rendrons chauves, impuissants et puis quoi encore. En plus il nous espionne et on n'est plus chez soi. "Ils" saurons si sous sommes à la maison et quand nous partons en vacances. Et puis, j'aime bien mon vieux compteur, je m'y suis habitué presque attaché !

Mais Énédis n'a pas bronchée, le vacarme s'est assourdi et la pose des compteurs présumés coupables s'est poursuivie. Faisant partie des gens qui ne vivaient pas cette rumeur psychotique j'attendais donc mon joli petit boitier vert et j'ai le plaisir de vous annoncer que le 14 octobre prochain notre vie électrique intime ira par la magie de la fée électricité enrichir les milliards de données personnelles dont EDF, je le pense, n'a pas grand-chose à faire qu'il ne risque pas d'utiliser à mon détriment. Naïf et optimiste.

Énédis, voilà encore un truc qui me hérisse.

Historiquement, souvenez-vous, nous avions affaire à une Société Nationale qui fabriquait dans ces trucs à faire de l'électricité tout le jus dont avait besoin le pays, et même un peu plus.

Historiquement, souvenez-vous, nous avons fabriqué un machin très utile qu'on appelle l'Europe.

Mais l'Europe, c'est compliqué, comme on dit maintenant, et puis il y a ces pays du nord qui noyaute la commission. Quel travail !

Donc historiquement la France a démantibulé l'édifice EDF qui fonctionnait plutôt bien pour satisfaire les hollandais et les anglais en filialisant ses départements réseaux et distribution.

Puis historiquement pour accommoder des pincées d'énergies dites vertes nourries aux mamelles du déficit commercial (dette) on a bricolé un organisme qui explique à Edf-Enedis comment faire son métier en s'accommodant d'une énergie dont elle n'a nul besoin.

Tout ce bazar de soumission à Bruxelles me hérisse.

Ceci n'est qu'une parenthèse hors sujet, mais l'énervement est bien réel et ressenti.

Alors arrive enfin le moment auquel après avoir attendu on ne sait quoi on se décide à distribuer les fréquences de 5G sous l'Autorité de Régulation des Communications Électroniques, qui est administrativement indépendante et  partie de l'État qui la finance, et n'est comptable de facto que devant …le Président. Je n'ajoute pas le Premier Ministre, le collaborateur dévoué.

Elle alloue des plages de fréquence reflétant l'état des développements existants en laissant un étroit créneau pour des opérateurs entrants.

Un constat est que l'État est le légitime gérant des fréquences téléphoniques en liaison avec (ou sous ?) un organe européen de régulation, ce qui "pour le coup" semble nécessaire.

Il, le Président  est donc maître de l'usage de ces fréquences et par lui nous sommes maîtres de cet usage. 

Alors voilà-t-il pas que les détracteurs, les anti-Linky, les antivaccins, et tous les opposants à un progrès qu'ils ne comprennent pas et auquel ils sont opposés parce qu'ils sont opposants, tous les ennemis des ondes sauf celles qui imbibent leur quotidien et j'en passe.

Alors, mais M'ssieu Macron vous nous aviez promis, un débat et peut-être un référendum et vous savez, nous vivons de cette capacité à entraver les actions du gouvernement. Souvenez-vous la largeur d'esprit dont vous aviez preuve avec cette merveilleuse Convention Citoyenne à l'occasion de laquelle nous avions pu glisser quelques mesures de décroissance et certaines ont retenues votre attention alors, vous comprenez pourquoi nous sommes désappointés par ces possibilités de la 5G qui...  

La foudre frappe, le tonnerre retentit, Jupiter se réincarne dans l'enveloppe menue (c'est vrai qu'il est tout petit) du Benêt soudain animé tel l'étendard de l'autorité restaurée par un nouveau souffle olympien.

Oubliées les cents reculades précédentes et même les sottises (conneries criminelles) récentes, de Notre Dame des Landes à Fessenheim la liste est longue et bien connue des lecteurs de ces carnets.

Fini le "en même temps", barre à droite, oublié le "je sauve la planète", les écolos, planche pourrie et socialos loin à la dérive.

Restent les troupes de Sarko, toujours sur le marché, bons à cueillir.

Les autres viendront tout naturellement, comme ce bon Estrosi qui arrive comme un toutou affectueux.

Et que Véran se bouge le popotin, cré nom de Dieu !

Je m'égare.

La parole est dite.

Le cher et vieux pays aura son réseau 5G avec seulement un ou deux ans de retard sur le reste des pays européens. Avec du matériel européen bien évidemment, sans doute. 

Je préfère ne pas imaginer les critiques et les palabres qui vont suivre, que le tumulte de l'épidémie ne parviendra pas à étouffer complètement. Encore que naïvement, ce qui me caractérise, je crains que cette deuxième vague ne soit pas qu'une vaguelette de bord de plage mais un épisode qui va durer un certain temps, comme on dit à l'armée. Notre si belle jeunesse, si bien élevée, si cultivée, si bien bacalaurétisée y veille. 

Une note optimiste puis pessimiste.

La tribu des antinucléaires perd de sa virulence. Peut-être les moins stupides d'entre eux ont-ils compris qu'à force de fermer des unités de production nucléaire nous finirons par manquer d'électricité. Nous y sommes déjà.

Mais le programme de la PPE* est toujours là, solide comme une loi de la République et c'est promis nous fermerons 14 unités sur les 58 en fonction et cochon qui s'en dédit; ceci reposant sur le concept ou plutôt l'idéologie molle que il sera inéluctable de fermer des centrales nucléaires.

Les lecteurs de ces carnets savent ce que j'en pense.

 

*Programmation pluriannuelles de l'énergie

 

20 septembre 2020