Attente et énervement

 Sous le parapluie financier de la Sécu Soc qui met tout les patients à l'abri des coûts personnels et assure le profit d'autres qui jouent un manège orchestré et cadencé au rythme des agendas des marionnettistes, les Médecins spécialisés.

Un bref, enfin pas si bref que ça, épisode de ma vie de patient objet. 

Mi-juillet pour le renouvellement d'une prescription reconductible, après l'examen de routine que le généraliste pratique en début de consultation et plus particulièrement après une longue période sans visite, je mentionne des soucis récents.

Des douleurs lombaires déjà bien établies dans mon quotidien qui de gênes gagnent le statut de douleurs persistantes; ce qui m'empêche de marcher. De surcroit des troubles d'équilibre ajoutent un peu de piment à ce désagrément.

J'ajoute avoir des troubles de mémoire qui encore loin d'être des handicaps deviennent gênants avant d'être préoccupants.

Ma médecin-e généraliste, becif subito, me suggère de voir une neurologue Mme S. qui consulte entre autres lieux à Cassis.

Gag de la première consultation.

J'ai perdu trace de la date de cet épisode que je n'ose qualifier de consultation et qui n'a pas donné lieu à prescription mais simplement de l'annonce que la dame me "bookait" une journée d'hospitalisation à l'hôpital de jour de la clinique La Casamance à Aubagne à une date qu'on me fera connaître quand on me le fera savoir. Un de mes échanges les plus constructifs de ce bref entretien médical fut que lui ayant mentionné les difficultés/impossibilités d'y garer son auto, elle me dit : No problemo, zête à 100%, à taxi vous avez droit.

Un quart d'heure fut consacré à quelques jeux de cours de récré qui commencent toujours par "toucher le bout de votre nez avec le bout de votre index" pour continuer par une succession de jeux de grande section de maternelle visant à mesurer le degré de gâtisme du patient.

D'entretien avec le futur "examiné en détail" dans la journée qui lui sera consacrée à l'hosto… nada, et pour savoir quels sont les signes  -on ne va pas jusqu'à symptômes- qui lui ont fait alerter la médecin-e traitante… la mini demi-heure a fondue et merci Madame. Client suivant.

Vient de se déclencher un mécanisme dont les rouages continuent de tourner. 

Gag de la journée d'examen à La Casamance: un bref résumé chrono récapitulatif.

Taxi, 2 fois une heure avec l'attente du taxi pour le retour.

Prise en charge à 8 h précise, soyez à l'heure, nos programmes…

Examen et consultation: Une IRM (autre secteur de la clinique), un scanner lombaire (le même) et un entretien avec une psychiatre (? Touchez vous le bout du nez...) et une prise de sang, le tout en moins de 2 heures effectives habilement réparties

Une barquette salade Sodexho et un yaourt juste assez pour interrompre ma lecture.

Gag du prochain rendez-vous.

Après en réalité une IRM et le scanneret une prise de sang tombe l'injonction : votre prochain rendez-vous avec Mme S. la neurologue sera le 21 octobre, miracle, à Cassis pour avoir enfin une conversation avec la dame, si les Dieux me sont favorables, 4 mois et demi après avoir signalé ces désordres à ma médecin(e) traitante et quelques 5 semaines après les gags précédents.

Merci, vous pouvez nous quitter, 16 h 30.

Attente : 7 h 30 moins 2 h utilisées : 5 h 30 et 2 h et attente retour du taxi.

J'ai donc le temps de me faire à l'idée qu'elle m'annoncera que mon cerveau n'est plus qu'un assemblage d'idées jetées en vrac sur le champ de mes absences mémorielles et de mes légères pertes d'équilibre.

Et inventera-t-elle un nouveau gag 

Peut-être aurais-je dû garder ces petits signes de vieillissement pour moi et devenir gaga calmement sans que cela coûte un radis à Ste S. S.   Je me rassure, la vieillesse est un naufrage mais je ne vais pas couler demain matin, car le Seigneur veille sur moi. 

Remarques en forme de question et de conclusion.

Une journée d'hospitalisation que Mme S. offre à la clinique et une heure de psychiatre (?) pour jouer comme en maternelle pour l'éveil des futurs élèves de CP, au frais de notre mère vénérée aux déficits infinis Sainte Sécu Soc, à qui profite ces dépenses ?

Ben voyons, notre système de santé dans sa qualité, peut-être, mais aussi au grand nombre des poissons qui naviguent dans l'océan des dépenses inutiles et du déficit de Sainte S. S. et qui dans mon cas prennent leur temps et le mien pour cette navigation.

Ce papier est évidemment très injuste mais il est le reflet de l'énervement qui a grossi en moi pendant les attentes dans les salles du même nom à la Casamance.

Je ne continuerai pas ce carnet le 22 octobre sauf si l'énervement me revient à l'issue de la consultation et j'espère conclusion.

 

13 septembre 2020