Naïf je suis et naïf je reste. Cette affliction dont je suis victime me conduit à poser des questions dont la réponse me semble évidente et auxquelles la tribu des Benêts répond par de l'hésitation et ce que j'appelle couramment du pataugeage. D'autres disent barbotage, ce qui fait plus puéril, ce qui n'est pas faux.

Ici, le lecteur se dit que son bon sens ne lui permettra pas dans ce marais, entre deux Concertations Citoyennes ou bien Conventions de sujets variés et changeant au gré des humeurs du Gros Benêt, de choisir le sujet que je vais naïvement aborder.

Depuis tantôt un an nous vivons dans un monde d'arbitraire absolu à coup d'interdits de tout poil et de restrictions extraites du catalogue des choses à restreindre ou à empêcher. Depuis des mois le monde de…

Je m'arrête, la liste est connue de tous. On ne parle que de ça et les télés nous font vivre en boucle les désarrois des restaurateurs, des hôteliers et tutti quanti.

C'est l'urgence sanitaire qui autorise et commande cet ensemble de mesures.

Sa femme lui dit que tous ces interdits s'inscrivent dans un cadre parfaitement légal. Le Naïf n'est pas pleinement convaincu mais la parole de Madame est d'Or et devant elle il fait silence.

La maladie ne cessant de croitre et de prospérer, il fallait bien sûr exercer ces contraintes.

À chaque étapes, les incohérences furent mises en évidence traduisant pour une part la difficulté des choix et d'autre part les lourdeurs de la bureaucratie et l'empilement des acteurs dont les rôles varièrent  au long de ce roman.

Grâce au ciel, enfin un sujet sans controverse possible et qui doit faire l'unanimité à l'exception de l'inévitable et, hélas, incompressible foule des crétins qui s'opposent à tous ce qui peut représenter une avancée en avançant forts de leur inculture en ces matières de nombreux motifs irrationnels.

Nous voici arrivés au sujet de ce carnet : la vaccination.

Tous affirmèrent la nécessité de vacciner le plus vite possible le plus grand nombre de personnes possible.

Les allemands, par exemple mirent en place les dispositifs nécessaires des le mois de novembre dernier et vaccinèrent dès qu'ils reçurent les premiers colis des vaccins du grand froid.

Chez nous, il fallut l'émoi du public et celui du Gros Benêt, sans doute moins distrait au Liban ou ce qui est mieux  moins occupé par l'Europe, pour envisager de prendre les mesures en question, à l'Allemande.

Le BenêtV dans son ministère révéla alors l'étendue de son talent et avança à à pas comptés dans le marais. Stratégies assumées, consultants consultés, accélération promises, allocutions…télévisées avec toute la logorrhée employée. Et le renfort hebdomadaire du Benêt Castanou.

Le gros argument est qu'il fallait convaincre les rétifs à la vaccination et pour cela il ne fallait pas brusquer les évènements.

Aimable pudeur au passé simple. Revenons au présent. 

On découvre soudain que le nombre des personnes voulant se faire vacciner immédiatement est très important. Ô ciel, que faire ?  Que Diable, "c'est bien sûr"* faire maintenant avec nos agiles services ce que nous aurions du faire en novembre de l'année dernière.

*Seules les personnes âgées qui piaffent dans leur fauteuil se souviendrons de Souplex et de l'inspecteur Bourrel. De 1974 à 1990, pensez donc de Pompidou à Mitterand !

Ici intervient l'esprit créateur du Naïf en chambre, Eureka ! Yaka rendre la vaccination obligatoire comme tant d'autres le sont ainsi que peut en témoigner notre chargé de cette affaire au gouvernement des Benêts, celui qui explique et affirme pour commencer que les affaires de logistique il n'y connait que pouic et que son métier est ailleurs. Dans les vaccins obligatoires précisément.

Donc vaccin obligatoire, une évidence et une simple adition au catalogue existant. Tous les palabres et  chicayas, silence radio et l'agrément citoyen consolidé.

Autorité obligatoire. 

On découvre alors la vraie naïveté du Naïf qui croit penser à tout mais ne perçoit qu'un aspect des questions qui se posent aux Benêts. Ils lui disent : Vous me la baillez belle, vous savez pourtant et nous vous en faisons chaque jour puis chaque semaine la démonstration, nous les Benêts ne savons vacciner que quelques personnes à la fois. Nous aimerions tellement vacciner plus. Heureusement BenêtV dit le Ministre prend garde à ce que les programmes soient respectés et vous serez avisés par des moyens par nous concoctés

C'est donc très dommageable et nous contraint à ne pas considérer votre proposition bien qu'elle soit fort judicieuse et nous espérons vous avoir rassuré. 

Le Naïf a fait preuve d'incohérence et il s'en veut d'avoir fait perdre son temps au lecteur et sollicite son pardon. 

14 janvier 2021