L'image ci-dessous est un assemblage de graphiques tirés de l'agence européenne de l'environnent (2018) et de l'Union Européenne associée une agence hollandaise dans EDGAR  (…Global Atmospheric Research).

Le rappel est que la France représente le pour cent des émissions de CO2 mondiales et  l'Europe 10 pour cent. Le lecteur qui voit le trait bleu de l'Europe avec ses 3.441 millions de tonnes en décroissance verrait si le graphique le permettait pour le monde un trait 10 fois plus long en croissance constante pour 10% des émissions mondiales qui croissent de 60 % sur les 15 dernières années et qui continuent d'augmenter.

Egloff

Cas France: l'idéologie galopante.

Pour le cher et vieux pays on parle du 1%... en décroissance comme nous la montre l'image No 3 sur laquelle on voit que dans cette même période de 15 ans les émissions ont baissées de 30 %, la métallurgie et la chimie étant les plus atteintes par ce déclin.

Car il s'agit bien du déclin national et tout ce qui est fait dans ces domaines qui ne soit pas protection de l'environnement au sens propre ne contribue qu'à réduire s'il en était besoin la compétitivité et amplifier ce déclin.

Il faut donc rappeler encore et encore que dans ces affaires de réchauffement climatique et d'émissions de GES la France est…

Au mieux un témoin, au pire une Victime et en rien un Acteur

 Ainsi l'idéologie du sauvetage de la planète par nous autres avec nos petits bras galope et pénètre tout, partout et comme une drogue est devenue (à l'image d'un virus) une obsession qui colle sur tout et qui égare l'opinion. Le monde politique patauge et barbote* en leurrant les citoyens et en mentant sur les réalités.

Sans mensonge, en témoigne aussi un papier du Figaro dans lequel ont été prélevées les images commentées et mis comme à l'accoutumée en annexe car il est révélateur de ces confusions pour une grande part de l'article au demeurant très bien construit et documenté.

Le paragraphe sur la taxe carbone en Europe est cependant très intéressant mais en lui-même contient l'idée que le carbone n'a pas de frontière et les taxes afférentes pas davantage. Il faut revenir sur ce sujet.

Ce que l'auteur des carnets ne manquera pas de faire.

*cf carnets précédents

 17 janvier 2021

 

Annexe

L’industrie européenne peut-elle produire plus propre?  Emmanuel Egloff    11/01/2021

Les États jugent que la meilleure politique consiste à lutter contre la désindustrialisation, à taxer le carbone aux frontières de l’Europe et à soutenir les industriels qui investissent pour réduire les émissions de carbone.

Dans un rapport publié début octobre, le Haut Conseil pour le climat appelle à réduire le volume des émissions importées, c’est-à-dire correspondant à des biens consommés à l’intérieur d’un pays mais produits en dehors de ses frontières. 98481375/jzehnder - stock.adobe.com

Sur le papier, la France peut être fière de son bilan carbone. Selon les statistiques de l’Agence européenne de l’énergie (AEE), les émissions de CO2 en France sont passées de 377 millions de tonnes en 1990 à 332 millions en 2015. Ce qui représente une baisse de 11,7 % sur une période de quinze ans. Cette évolution semble montrer qu’il est possible d’améliorer le bilan carbone alors que la croissance économique reste globalement positive sur la dernière décennie. Au niveau de l’industrie, la performance est meilleure encore: «Les émissions de CO2 du secteur productif ont baissé de 19 % entre 1990 et 2017, avec un recul de 30 % dans l’industrie et de 12 % dans l’agriculture», souligne un rapport du Commissariat général au développement durable publié en septembre 2019.

 Sauf que cette performance est largement en trompe-l’œil. Car l’empreinte carbone réelle du pays dépend des émissions produites sur place mais également de celles importées, c’est-à-dire correspondant à des biens consommés dans l’Hexagone mais produits en dehors des frontières. Or, ces émissions importées sont importantes. En 2014, elles pesaient pas moins de 55 % de la consommation totale de la France. Surtout, leur part ne cesse de croître. Elles ont presque doublé entre 1995 et 2015! Chaque année, les Français consomment de plus en plus de produits fabriqués en dehors des frontières hexagonales quand ils étaient fabriqués en France auparavant. Que cela soit la conséquence de délocalisations ou simplement de disparition de producteurs locaux qui n’arrivent pas à faire face à la concurrence extérieure.

Les solutions techniques sont bientôt là

Dans un rapport publié début octobre, le Haut Conseil pour le climat appelle à réduire le volume de ces émissions importées. Une production plus propre est impérative mais il est encore plus urgent finalement de stopper la désindustrialisation. Pour autant, l’époque étant au «en même temps», ces mêmes industriels doivent s’attaquer à leurs émissions de CO2. La plupart d’entre eux y sont prêts. L’enjeu est d’envergure pour les industriels européens et français.

«ArcelorMittal est la première entreprise sidérurgique mondiale et, à ce titre, nous pensons qu’il est de notre responsabilité de mener les efforts visant à décarboner le processus de fabrication de l’acier, qui présente aujourd’hui une empreinte carbone importante.» En septembre dernier, par la voix d’Aditya Mittal, le directeur financier du groupe, le sidérurgiste s’est fixé l’ambitieux objectif d’un bilan carbone zéro à horizon 2050. Les grands industriels européens adoptent pour la plupart des stratégies similaires.

 Les entreprises se lancent dans ce mouvement parce que cela est de plus en souvent possible techniquement. Dans la filière traditionnelle (les hauts fourneaux), ArcelorMittal mise sur le captage de carbone, pour ensuite le réutiliser (CCU) ou le stocker (CCS). Dans le domaine du ciment, tous les grands d’Europe travaillent à réduire l’impact carbone en augmentant notamment la teneur en matériaux réutilisés tout en maintenant la qualité du ciment. Il existe également des projets de ciments alternatifs, avec des températures de formation plus basses donc qui émettent moins de carbone.

Le choix des énergies propres

L’énergie est un facteur fondamental pour les réductions des émissions de gaz à effet de serre. La fabrication de l’acier, de l’aluminium, du ciment ou du verre est énergivore. Le défi des industriels consiste à réduire cette quantité d’énergie, notamment en travaillant l’amélioration du recyclage. Mais le type même d’énergie peut jouer. La France, avec le nucléaire, énergie décarbonée, a un atout de choix pour produire propre. D’autres énergies sont prometteuses, c’est le cas du renouvelable ou de l’hydrogène vert. Cette stratégie concerne tous les industriels, même les petites entreprises. Changer la chaudière au fioul lourd d’une usine pour une pompe à chaleur a un impact immédiat sur le bilan carbone du site.

Au-delà de l’adoption des technologies pour produire plus propre, les industriels sont toujours plus nombreux à estimer que la décarbonation peut devenir un avantage compétitif. C’est le cas de Liberty Steel, groupe sidérurgique britannique qui vient de prendre le contrôle, en France, de l’aciérie de Saint-Saulve et de l’usine de fabrication de rails d’Hayange. Sanjeev Gupta, son président, est persuadé qu’atteindre la neutralité carbone, qu’il vise dès 2030, représentera un réel avantage vis-à-vis de ses concurrents au niveau mondial.

Une transformation coûteuse

Au-delà de sa nécessité, qui ne se discute plus, une telle transformation implique des investissements considérables. En juillet dernier, ArcelorMittal estimait le coût de déploiement des technologies en cours de développement dans le groupe entre 15 et 45 milliards d’euros. Difficile de supporter de tels sommes pour une entreprise opérant dans un environnement compétitif… Le géant de l’acier attend un soutien des pouvoirs publics. Message reçu. Dans le cadre du plan de relance annoncée par le gouvernement français début septembre, une enveloppe de 1,2 milliard d’euros sera consacrée à cet objectif. Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée en charge de l’Industrie, en a détaillé les contours et indiqué ses ambitions lors d’un déplacement récent sur le plus gros site français d’ArcelorMittal, à Dunkerque. «Notre objectif est de réduire de près de 9 milliards de tonnes les émissions, soit 11 % de l’industrie française», a indiqué la ministre.

Plusieurs types de subvention seront à disposition des entreprises. D’abord, pour des projets de grande envergure, au minium 3 millions d’euros, mais pouvant aller beaucoup plus loin. Le soutien accordé à un grand groupe pourra représenter jusqu’à 30 % de l’investissement total. Pour une entreprise de taille intermédiaire (ETI), ce sera 40 %. Et même 50 % dans le cas d’une PME. Les projets sélectionnés seront «ceux qui présenteront la plus grande baisse d’émissions par euro public dépensé», indique-t-on à Bercy.

Des aides concerneront aussi les entreprises prêtes à faire évoluer leur mix énergétique vers plus de «chaleur verte» (biogaz, biomasse…). «Notre objectif est de compléter l’aide à l’investissement par un soutien à l’exploitation afin que les industriels ne perdent pas en compétitivité», précise encore Bercy. Le dispositif pourrait avoir une durée de quinze ans, donnant une visibilité suffisante pour permettre aux acteurs de se lancer dans une stratégie d’efficience environnementale encore très coûteuse.

Taxer le carbone aux frontières

La bataille pour décarboner l’industrie se joue aussi aux frontières de l’Europe. L’idée n’est pas neuve. Sur le papier, elle est séduisante: il s’agit d’instaurer des «mesures d’ajustement carbone aux frontières», selon une note du Conseil économique pour le développement durable, afin d’éviter une délocalisation des industries fortement émettrices de gaz à effet de serre ou un déficit de compétitivité pour celles qui investissent en Europe pour réduire leur empreinte.

Cette idée de taxe carbone aux frontières a été évoquée pour la première fois par Jacques Chirac lorsqu’il était président de la République. Elle a été reprise par ses successeurs, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron. À chaque fois, l’accueil a été plutôt froid à Bruxelles. Jusqu’à la Commission actuelle. Ursula von der Leyen a fixé comme priorité la mise en place d’un Green Deal. Avec, parmi les mesures principales, ce mécanisme d’ajustement aux frontières.

La Commission entend présenter une directive sur le sujet au second semestre 2021. En septembre, le Belge Charles Michel, président du Conseil européen, a confirmé l’importance de cette mesure, dont le contour exact est loin d’être défini: droits de douane sur quelques secteurs ou général, taxe carbone sur les produits consommés, quotas d’émissions…

En France, la plupart des industriels y sont favorables. Ils estiment qu’elle serait très efficace. Mais ce n’est pas forcément le cas chez nos voisins. Les principaux opposants se trouvent de l’autre côté du Rhin. L’industrie automobile représente un bon exemple de cette force. La production allemande atteint 5 millions d’unités, alors que le marché national n’en achète que 3,5 millions. Le secteur est donc très fortement exportateur;

Les constructeurs allemands estiment ne pas avoir grand-chose à gagner avec une taxe carbone européenne. La chancelière Angela Merkel y est officiellement favorable. Mais saura-t-elle résister à la pression des entreprises qui doivent également faire face aux conséquences de la pandémie? Il s’agira aussi de faire en sorte que la mesure qui sera proposée par la Commission ne soit pas simplement cosmétique.

Réponse en début d’année prochaine…