Un petit creux dans la rédaction des carnets. Trop occupé dans la recherche des points de vaccination, la course aux lieux sacrés où une piqure sera la porte d'une liberté dans un monde libéré, je négligeais mes écritures alors que ma fille Marine participait dans le même effort à cette quête.

Miracle deux possibilités quasi simultanées mais comme chacun sait abondance de biens comble le pèlerin. Le choix fut celui de la simplicité du trajet et de la commodité garantie du parking et la gagnante fut un centre, ma foi fort commode, tout près d'Aix. Donc, ma tendre épouse et son Naïf de mari furent libérés, délivrés depuis deux jours.

Ce préambule pour rassurer les lecteurs et s'il n'ont pas été première-dosés qu'ils gardent espoir. Les doses arrivent en flot continu et la France va rejoindre le club des pays qui se libèrent en même temps.

Un petit dernier Astrazeneca a rejoint les deux précédents acteurs de ce drame.

Les pouvoirs publics toujours diligents dans leur mission de compliquer les choses au motif que l'animal est de maniement plus commode que ces associés ont décidés de le faire servir en ville et prioritairement aux personnels des hôpitaux. Il était temps que cela se fasse car depuis assez longtemps il apparaissait qu'ils sont des foyers de propagation de la maladie, on dit cluster car cela fait plus pro, mieux au courant, à tous les patients de l'hôpital et particulièrement ceux venus là pour d'autres pathologies. Certains en sont morts du fait de la négligence des soignants qui ne s'étaient pas faits vaccinés et qui étaient contaminants.

Les autorités prirent consciences sans hâte excessive de ce danger et demandèrent aux personnes concernées de se faire vacciner le plus vite possible. Chacun pourrait croire que la chose va de soi.

Et bien, pas du tout ! Ils sont en grand nombre réticents et les injonctions fortes du premier Ministre, le Sous Benêt et gros froncements de sourcils du Grand Benêt n'agissent pas et les réticences loin de diminuer pourrait même comme signe d'indépendance se renforcer. Enfin, ainsi le perçoit le Naïf bien dans son personnage.

Alors se pose la question de  comprendre comment un gouvernement qui a fermé autoritairement les cafés, les restaurants, les musées, les cinémas, les théâtres, les visites de tous lieux de promenade se sent empêcher de dire aux soignants indisciplinés et inconscients et irresponsables qu'ils sont tenus de se vacciner sous peine de sanction. Crainte d'une grève ? Mécontentement de personnels épuisés ?

On entendrait ces arguments si on leur imposait une tâche contraignante et fatigante en sus de leur travail alors qu'il leur est demandé de consacrer quelques minutes et ce pour la plupart d'entre eux sur leur lieu de travail.

Alors qu'attend l'autoritaire Premier Ministre pour ordonner à tout le personnel des services de santé de se faire vacciner ?

Depuis que nous ayons suivi les travaux  des équilibristes du démontage des échafaudages écroulés sur les voutes restantes après l'incendie et les travaux de consolidations nécessaires à maintenir le monument blessé en vie il n'avait guère dans les médias été fait mention de Notre Dame et de la suite du roman.

Surpris nous fumes d'apprendre très récemment que des bucherons s'activent à abattre des chênes convenablement choisis pour refaire la charpente du passé. Grande nouvelle, la décision avait donc été prise de faire table rase des quelques projets de reconstruire la charpente du monument sacré par des procédés modernes proposés en respectant la vue sur Notre Dame de l'extérieur et de reproduire les erreurs de Viollet le Duc jusqu'à l'absurde flèche construite en allumettes.

Quel est l'aréopage d'esthètes qui porta cette décision et qu'en pensa le Ministre de la Culture du moment.

Étonnant tout de même !

Sur le registre très différent de la repentance dont Macron vient de nous faire une démonstration je cite Stora à la page 51 du rapport demandé par le Président.

D’autres gestes à caractères symboliques et politiques sont nécessaires aujourd’hui, touchant en particulier les personnalités politiques du nationalisme algérien, 91 assassinées. Je pense en particulier à des hommes politiques algériens, considérés comme des héros de la lutte nationaliste en Algérie, comme Ali Boumenjel, avocat, ami de René Capitant, compagnon du général De Gaulle, défenestré par l’officier français, Paul Aussaresses, en mars 1957. Ce meurtre a été avoué par Paul Aussaresses dans ses Mémoires. Cette reconnaissance d’assassinat marquerait un pas supplémentaire dans le fait de regarder en face ce passé colonial. Il est, à mon sens, préférable à des discours de "repentance ".

Puis à la page 96

 A la suite de la déclaration concernant Maurice Audin, la reconnaissance par la France de l’assassinat d'Ali Boumendjel, avocat, ami de René Capitant, dirigeant politique du nationalisme algérien, assassiné pendant  " la Bataille d’Alger " de 1957.

Dans le rapport Stora aucune mention n'est faite sur l'histoire et les engrenages d'exactions de 1956 à février 57 culminant par cette terrible répression et les suites de cet épisode de la lutte contre le FLN.

 La bataille d'Alger est un véritable tournant dans la Guerre d'Algérie puisque l'arrestation de la délégation de représentants du FLN susceptibles encore dans cette période de négocier des avancés politiques éliminait à jamais cette possibilité. 

Dans le registre des repentances Audin fut la vedette;  il fallait réparer cet oubli et le Président présente donc les excuses de la nation, j'imagine, à je ne sais plus qui représentant je ne sais plus quoi.

Étonnant tout de même !  

Tout ce commentaire vise à montrer qu'il est maladroit d'aller patauger dans cette complexité et que le rapport Stora traduit un léger biais enrobé dans une documentation et des références fleuves.

Assez sur ce sujet qui se trouve dans ce carnet que du fait des annonces faites sur la repentance de macron comme les arbres coupés me conduise au deuxième paragraphe de carnet.

Chacun connait ma paresse et au recours à des textes de référence. Ici, j'ai choisi un carnet du Naïf, Eh oui, qui est sans doute depuis septembre 2018 sorti de la mémoire des lecteurs. Le relisant pour cette insertion je n'y changerai pas grand-chose

C'est l'annexe du sujet. 

Audin, eau de boudin

 Il est des sujets qu’il faut aborder avec le plus grand sérieux et un savant dosage de connaissances historiques et de philosophie politique.

La colonisation et son envers, la décolonisation sont de tels sujets et tout particulièrement, comme nous en vivons cruellement les pires séquelles, le drame de l’Algérie.

Alors, tout de go, comme on sort un lapin d’un chapeau sur la scène d’un music-hall, le Divin Enfant nous refait le coup de la repentance en revisitant le printemps 57 et un épisode de la Bataille d’Alger.

 Peut-être dans quelque recoin de cette note, dirais-je ce que pense de ce triste épisode un ancien lieutenant du contingent qui a vécu à Alger bien avant* que M. Macron –le père- ne conçoive son brillant rejeton, notre Président. Peut-être pas.*18 ans

 Le drame est immense : 8 années de conflit, le million de morts et autant de personnes déplacées…

Dans le million de morts et de disparus, nul ne peut dire combien sont ce que l’on appelle de nos jours des victimes « collatérales » c’est-à-dire des personnes qui se sont trouvés emportées dans le flot de l’horreur s’en avoir activement participées aux évènements. Leur tort était simplement de vivre là où se déroulait le drame et d’en avoir été les jouets, comme des fétus sous les pas des soldats et des assassins.

Ceux-là d’abord ne doivent pas être oubliés.

D’autres ont participé.

Volontairement, par conviction : de quelque façon que cela soit ils ont combattu.

En face des nombreux mouvements indépendantistes qui ont animé le conflit, le premier et le plus important de ces combattants fut le  Gouvernement Français qui jusqu’au printemps 60 resta déterminé à maintenir par les armes un statuquo social et politique condamné**. La décision fut prise de confier à l’Armée la mission d’assurer l’ordre public : « François Mitterrand, garde des sceaux, est chargé par le Conseil des ministres de défendre le projet de loi remettant les pouvoirs spéciaux à l'armée à l'Assemblée Nationale. » Wiki

**Il est plus facile de porter ce jugement avec un recul de soixante années, qu’il ne l’était pendant les 8 années du conflit et les turbulences qui ont suivies. Faire remarquer comme le font justement les commentateurs que les gouvernements en question étaient socialistes n’ajoute rien au dossier et ne conduit qu’à enlever une feuille à la couronne de laurier qui ceint le front de l’idole Mitterrand.

Alors ce conflit fut désolant et chacun regrette que l’histoire soit tragique comme a dit on ne sait plus qui.

Dans cet immense gâchis, Macron choisit une disparition : celle d’un jeune militant communiste, promis posthumément à un brillant avenir de mathématicien, membre du Parti Communiste Algérien qui fut arrêté en peine bataille d’Alger en juin 57 et qui disparut, probablement victime d’interrogatoires trop appuyés, victime de la torture. Il était directement impliqué dans l’action des terroristes.

Macron suit en cela l’initiative de son prédécesseur : « En 2012, François Hollande se rend devant la stèle élevée à la mémoire de Maurice Audin à Alger et fait lancer des recherches au Ministère de la Défense sur les circonstances de sa mort. »  Wiki

On entend tout, on lit tout.

Certains se félicitent du « courage » de reconnaître les exactions de l’Armée Française ; pour eux aucun doute Audin n’est qu’une victime et n’a aucune responsabilité dans l’évènement.

D’autres comme on le fait ici expliquent que l’évènement ne peut être « perçu » hors du contexte et de la passion de l’époque.

L’ineffable Stora nous dit que l’expression de la vérité sera bénéfique et permettra d’apaiser des douleurs qui ne s’apaisent pas.

Villani, toujours cohérent regrette le mathématicien trop tôt enlevé à ses études…

L’étonnement porte sur deux points.

L’étonnement premier :

On ne peut détacher l’évènement de son contexte et n’établir aucune relation entre la disparition du jeune homme et la mort des quelques 350 victimes des attentats commis à Alger ayant déterminée l’attitude du Gouvernement et la répression violente qui en résultat. L’urgence de la situation rendait-elle impossible le traitement judiciaire du cas Audin reste une véritable question mais on ne peut résumer l’ensemble du drame à cet épisode isolé et sans nul doute regrettable.

Dans son élan, EZ nous donne la  réponse et affirme que le garçon était un traître ; on  craint qu’il n’ait raison mais avant les douze balles dans la peau il méritait certainement un jugement et un châtiment exemplaire.

L’autre étonnement :

Pourquoi accomplir cette contrition à ce moment et sous cette forme ? Pour plaire à qui ?

Notre Divin Enfant, quoi qu’il fasse, n’adoucira pas ses rapports avec ce qui reste de la gauche ou avec les Insoumis.

Pourquoi prend-il le risque provoquer une inutile polémique sur un sujet largement oublié, sur lequel sa repentance sera perçue comme une incompréhension complète de ce que fut l’affaire algérienne.

Cherche-t-il à s’aliéner davantage le Centre Droit qu’il n’a pas su conquérir comme il le fallait ?  Soit le seul électorat qui lui resterait s’il ne persistait pas dans ses ambiguïtés.

L’électorat de ceux qui, de près ou de loin, ont vécu le drame. Disons-le : les retraités !

Cherche-t-il à enrichir l’argumentaire de Marine Le Pen ?

Certains nous disent qu’en agissant de la sorte, il « gagne de la face » sur la scène internationale. Grands Dieux, aux yeux de qui ? Erdogan, Trump, Poutine ou Oncle Xi ?

 Enfin, et en conclusion de cette note, cette nouvelle repentance sera prise par les islamistes et les autocrates qui  nous entourent comme une nouvelle marque de faiblesse.

De cela soyons assurés.

19 septembre2018