Toujours à cours d'idée mais friand de mes bavardages avec ma femme je me pris à lui remémorer les sottises dites, accomplies par Macron et d'évoquer les errements de sa pensée à peu près sur tous les sujets qu'il aborde ou les situations qu'il crées par son désir de vouloir tout faire comme un touche à tout maladroit.

De mémoire dans les premiers jours avec ou sans son premier ministre l'abandon sans l'ombre d'une raison valable pour faire puérilement le renoncement à un projet complètement bordé et déjà en chantier, Notre Dame des Landes.  Ref Une tradition républicaine NDDL  17 janvier 2018

Notre Dame des Landes est un authentique crime du Gouvernement contre l'ÉtaRef Crime conte..2 juillet 2020

Plus étonnant le limogeage du Général de Villiers, là encore autorité puérilement revendiqué et geste inutile mais de nature à créer de l'incompréhension et du ressentiment chez les militaires.

J'arrête là mon énumération car en relisant mes carnets pour faire une chronologie des sottises de Macron je réalise qu'il me faudrait en relire beaucoup car ses actions  ses prises de position et leurs contraires, les multiples repentances Storacienne  mis en tas constituent une mine dans laquelle je périrais dans un éboulement  de sottises sans pouvoir étayer un discours.

J'ai donc choisi de me contenter de la liste des crimes contre…

Mon caractère scrupuleux et scrutateur m'a conduit à rechercher un équivalent qui qualifierait et s'appliquerait à un Crime contre la Nation.

Mais plus simple est; de commencer par Crime contre l'État 

On trouve de la matière dans notre cher Droit (vous savez, celui de l'État du même panier) et mon attention a retenu le premier d'entre eux : l'Atteinte aux Intérêts Fondamentaux de la Nation, qui devient la base légal de nos arguments.

Notre Dame des Landes est un authentique crime du Gouvernement contre l'État. Au seul motif qu'il fallait évacuer une grosse centaine d'occupants rebelles de terrains illégalement occupés interrompant ainsi la construction entamée d'un équipement mille fois validée par la loi et un référendum pare-feu, le projet est jeté aux orties et les zadistes triomphent. Le fait que cette situation fut le résultat de faiblesses antérieures de l'homme de Léonarda ne pouvait servir de justification au refus, déjà, d'exercer l'autorité de l'État pour acter la décision de celui-ci. Cependant le dommage était subi par l'autorité de l'État sans que le préjudice soit économiquement évident. La chose est gravissime mais il n'est pas évident qu'elle ait été coûteuse. L'ensemble des citoyens fut lésé dans son pouvoir de décision mais sans que chacun ait eu à en supporter le coût.

 Fessenheim est une toute autre affaire, le  Crime contre la Nation d'une pureté cristalline.

Je passe une longue explication sur la genèse du crime.  (Ref crime contre la nation  2 juillet 2020)

et sur les affligeantes pirouettes de Macron en citant cependant l'ASN

L’ASN considère que la performance de la centrale nucléaire de Fessenheim reste à un niveau satisfaisant en matière de sûreté nucléaire, tant au plan de l’exploitation des réacteurs que de la mise en œuvre des programmes de maintenance des installations ; l’installation se situe favorablement par rapport à la moyenne nationale dans les domaines de la sûreté et de l’environnement, et dans la moyenne dans le domaine de la radioprotection.  Rapport 2019

 Sans le moindre effet puisque:

En novembre 2018, Emmanuel Macron annonce le report de la fermeture à l'été 2020. En 2019, la fermeture de Fessenheim est confirmée pour 2020, malgré les retards de l'EPR de Flamanville. Emmanuelle Wargon, Secrétaire d'État à la Transition écologique, annonce le 26 septembre 2019 la fermeture de la centrale pour juin 2020 : « Les réacteurs vont fermer pour le premier d'entre eux en février 2020, pour le deuxième en juin ».  

Ce qui fut fait

Si comme on le prévoyait  son espérance de vie est de 20 ans, (en réalité bien davantage) on parle de 1.4 milliard de manque à gagner sur ces 20 ans

Pour l'État propriétaire à 94 % de cette centrale, pour moi, petit actionnaire ridiculisé et pour la Nation amputée de quelques milliards de patrimoine et pour EDF victime d'une incompréhensible coalition Commission  Européenne et État Français œuvrant à  son démantèlement.

À cela s'ajoute la mise en déshérence d'une région dont l'activité repose sur les emplois et les services liés à ce système industriel. Cela fait des années que les élus gémissent, s'arrachent les cheveux et mettent en garde sur les problèmes économiques résultant de cet arrêt d'activité. Peut-être souffrons-nous d'un excès d'activité et sans doute est-il utile de rajouter quelques centaines voire milliers de chômeurs à un réservoir insuffisamment rempli. Grand silence de notre Ministre de l'Économie.

Que compte la désorganisation économique et sociale d'une portion du territoire au regard de la satisfaction de la promesse de Aubry à Duflot au primaires socialiste du PS en 2011 ?

Tout ceci sans l'ombre d'une justification

 

Un très gros crime qui fit l'objet d'un carnet du 31 juillet 2020 et repris ici, privilège d'auteur.  

                                                         

Crime contre Sapiens

 L'organisme soumis à des doses régulières d'un poison développe, dit-on, une tolérance qui le protégerait de doses plus importantes visant, par exemple à le tuer. Cela s'appelle la mithridatisation du nom d'un roi grec qui a craint toute sa vie un empoisonnement criminel et possiblement familial.

Cette accoutumance ne fonctionne pas pour moi qui suis par construction un Naïf certifié immune.

Sans doute cela explique que je ne m'habitue pas aux doses d'idéologie qui empoisonnent et polluent notre "environnement" médiatique, politique et in fine intellectuel pour autant que l'emploi de ce dernier attribut soit justifié.

La liste de ces idéologies polluantes est longue et croit chaque jour sur le terreau des manifs en tout genre et des banderoles qui les illustrent. C'est que la colère grogne dans les populations, repues assistées et désœuvrées qui s'opposent à tout ce qui leur rappelle l'existence de l'État qui les nourrit et donc implicitement aux citoyens du royaume, je veux dire les contribuables endosseurs de la dette.

Dans ces carnets, le sujet de l'écologie et l'usage fait du terme par des têtes d'œufs fut largement couvert et on ne peut rien ajouter sauf à remarquer que, enfin, le gouvernement après la sottise du benêt avec sa convention citoyenne en arrive à proposer des mesures d'économies ordinaires.

Dans ces carnets à l'automne 2019 le sujet PMA-GPA donna lieu à plusieurs commentaires. Je les avais oubliés et j'y suis donc revenu. Tout y est et je n'y ajouterai rien. Le pire est prévu mais il restait l'espoir que revienne le sens commun.

PMA et GPA tout le tralala et le don du sang dans tout ça  13 08 2019 ; La médecine est un cheval de Troie (1) du 01 09 2019  et (2) du 25 09 2019 ; À cœur vaillant rien d'impossible du 29 09 2019.

Mais le pire va se produire, le Crime va se commettre dans l'indifférence d'une classe politique soumise à la parole d'une secte sous les yeux d'un Président que je n'ose plus qualifier et qui brasse du vent, comme une girouette inutile.

Toutes les armes du crime sont prêtes et affutées. Et tous les aspects de ce qui caractérise la sociabilité d'Homo Sapiens sont chirurgicalement extraits et jetés au panier. Adieu famille, nom, filiation et vive la chimère et l'embryon à usage multiple chez Picard à trois pour le prix de deux ou mieux chez Leroy Merlin qui fournit en plus le matériel de bricolage génétique. Chacun garantit que la chaine du froid n'a pas été interrompue. C'est une chance !

Le désir d'enfant qui s'est d'abord transformé en un droit à l'enfant est devenu un droit d'acquérir un enfant par tous les moyens que la main invisible propose sur le marché…. de détail.

Un petit pas en avant on passera à la création en série. Hitler frétille d'aise, son vieux rêve prend forme faute de prendre figure humaine.

Il y a peu dans ce carnet, (Crime contre la Nation et... du 2 juillet 2020) je définissais le Crime contre la Nation et le Crime contre l'État en m'appuyant sur deux affaires exemplaires à l'occasion desquelles Macron a commis ces deux crimes.

Je me souviens aussi des définitions proposées en leur temps pour le Géocide et le Crime contre l'Humanité qui depuis donnent la base juridique pour qualifier les comportements criminels, Hélas fréquent de chefs de guerre de toute dimension, de tyrans stables dans leurs exactions et de chef d'État à visée impériale qui élimine des fractions importante de leur population à des fins politiques, religieuses ou banalement de rejet ethnique.

Ici nous avons une autre dimension qui est la mise en cause et en grand péril de tout ce qui constitue depuis que Sapiens peuple notre terre les fondements de nos sociétés.

Les constructions érigées sur ces fondations ont toujours été imparfaites, fragiles et comme on le dit souvent pleines du bruit et de la fureur des habitants, des exclus et des étrangers.

L'histoire, notre histoire est faite des évènements qui illustrent toujours dramatiquement l'éternelle difficulté que rencontre l'Homme à vivre en société.

Ici nous quittons la dimension de crimes que les hommes commettent entre eux, dans l'intimité de l'espèce même si souvent leur ampleur et leur férocité conduisent à douter de l'humanité des auteurs

 Ici nous sommes dans la mise en cause de l'Homme mis hors le cadre social autrement que comme un objet de désir immédiat et par une évolution que personne ne pourra stopper, de consommation d'un produit disponible sur commande au goût de la clientèle du désir d'achat. L'idée est que le sperme du mâle peut à loisir être produit, stocké et distribué à la demande ; et l'ovocyte de la femelle peut se donner, s'échanger et naturellement se stocker comme tout produit congelé. L'ovocyte  s'ajoute au catalogue du sperme mais avec une facilité d'échange accrue, entre femelle s'entend ! La main invisible se charge du reste, promotion, palettes de couleurs, de taille… Les incertitudes résultant de l'anonymat du donneur mâle disparaissent en requérant moyennant compensation à du sperme de qualité avec cotation et certification.

Avec le travail du mécanicien du génome travaillant au ciseau, on parviendra au produit parfait qui certainement, considérant les ingrédients de base pourra se reproduire avec un humain de tradition ou avec un autre presque-lui-même ou un autre modèle spécial. Après achat, si toutefois le propriétaire estime qu'il peut trouver mieux en montant en gamme il se défait de son premier achat.

Un marché de l'occasion sera à organiser.

On peut penser à une blague, mais on sait que tout cela s'est produit au pays de la liberté avec le commerce de l'adoption. America first !

 Je qualifie ce désir de fabriquer de l'Homme de Crime contre l'Espèce, de Crime contre Sapiens

 Cette page de carnet fut écrite avant la dernière présentation de cette proposition scélérate fut soumise à la Chambre hier 30 juillet et donc avant que les députés, enfin présents et le gouvernement enfin présent ne rejettent certaines modifications (bricolages) de la commission Touraine tout en conservant, en dépit du désaccord du gouvernement des mesures relatives à la levée de l'anonymat des donneurs de sperme.

Pour moi qui suis fondamentalement hostile au don de sperme les  mesures y afférant sont "of course" vide de sens.

Donc ce papier concerne davantage les intentions du sieur Touraine que le texte adopté. Cependant il est probable que le gouvernement demande une seconde délibération…

Mais amendée ou pas, votée ou pas la loi dans son ensemble relève bien du Crime contre Sapiens.

 Comme la place ne m'est pas comptée j'ajoute comme je le fis en juillet 2020 le papier de Bellamy. 

François-Xavier Bellamy: «Bioéthique, une fuite en avant irresponsable»

Alors que la crise sanitaire a révélé les faiblesses de notre système de santé et que la priorité devrait être à la relance, l’examen en plein été du projet de loi bioéthique ne peut qu’être un choix idéologique, estime le philosophe et député européen*. Pourtant, ce texte mériterait un débat plus approfondi, tant il ouvre des possibilités vertigineuses, préparant l’arrivée de certaines formes d’eugénisme et même de gestation pour autrui.                  François-Xavier Bellamy.  Le Figaro  26 juillet

 Pourquoi une telle accélération? Au lendemain d’une pandémie mondiale, à la veille d’une crise économique inouïe, l’Assemblée nationale se réunit cet été en session extraordinaire. Un texte examiné en priorité: l’ouverture de la «PMA pour toutes»… Il y a des urgences qui trahissent des obsessions idéologiques plutôt qu’elles ne répondent aux besoins vitaux de la société. Ce n’est, il est vrai, pas nouveau: depuis l’annonce de cette mesure en septembre 2017, le gouvernement aura mis beaucoup d’énergie pour dissimuler, à défaut de pouvoir les résoudre, les nombreux problèmes causés par cette réforme.

 Agnès Buzyn consacrait ses efforts à la question de savoir «si un homme à l’état civil pourrait devenir mère», ou comment l’Assurance-maladie pourrait rembourser une prestation en l’absence de toute maladie. Pendant ce temps, l’hôpital public traversait une crise majeure, le même gouvernement déremboursait des médicaments pour soigner la maladie d’Alzheimer, et personne ne s’occupait du fait que nos derniers stocks stratégiques de masques étaient en train de pourrir, grignotés par des rongeurs. Quelques semaines plus tard, les infirmières allaient être contraintes de se bricoler des blouses de protection avec des sacs-poubelles ; c’est qu’au moment où la pandémie explosait en Chine, notre ministre de la Santé était trop occupée en commission spéciale à l’Assemblée nationale à démêler les nœuds inextricables que sa propre réforme causait. Des difficultés susceptibles de fragiliser toute l’architecture de notre droit de la santé et de la famille… Rappelons en effet que cette mesure, au bénéfice de quelques centaines de personnes par an, représente selon le dernier avis pourtant favorable du CCNE* «le risque d’une déstabilisation de tout le système bioéthique français».

*Comité consultatif national d'éthique note du Naïf

 Il y a seulement trois ans, le même CCNE décrivait comme un «point de butée» le fait de «ne pas s’engager dans un processus qui organiserait l’absence de père, ou considérer (…) que l’on ignore encore aujourd’hui comment les sujets concernés vont se construire dans ces nouvelles situations». Mais que voulez-vous, au nom du désir de l’adulte, un point de butée, ça s’ignore, ça s’aplanit, ça s’efface. Et c’est de façon parfaitement cohérente que les députés de la majorité ont, au cœur de l’été, dans l’apathie et l’indifférence générale, supprimé ces mots de la loi: «Nul n’a le droit à l’enfant.» Vous souvenez-vous de ceux qui juraient leurs grands dieux, il y a quelques années, il y a quelques semaines encore, que jamais il n’y aurait de «droit à l’enfant»? Désormais la technique sera sommée de vous le fournir si vous ne voulez pas d’un père - et demain, pourquoi faire semblant de le nier, la mère deviendra à son tour superflue, aucune raison qu’elle échappe à l’égalité en marche, n’est-ce pas.

Car c’est au nom de l’égalité qu’on a martelé ce sophisme: si la PMA est ouverte aux couples hétérosexuels, elle doit l’être aussi aux couples homosexuels. Il faut le redire encore: la procréation n’était assistée par la médecine que parce qu’une infertilité biologique empêchait un couple hétérosexuel d’avoir un enfant. Désormais, on demande à la médecine d’intervenir hors de toute pathologie, non pour rétablir l’équilibre ordinaire des corps, mais pour s’en affranchir. Point de départ d’une logique qui ne peut que nous conduire à repousser bien d’autres «points de butée», au nom de l’alliance toute-puissante du désir et de la technique contre les limites naturelles de nos corps, et les frustrations qu’elles nous causent. Alors que le premier ministre nous veut «tous écologistes!», l’histoire retiendra que son gouvernement aura commencé par cette terrible contradiction…

 «Tous écologistes», vraiment? Au lendemain d’une pandémie révélant le danger des maladies transmissibles entre espèces, la loi autorise la création d’embryons transgéniques ou chimériques, mêlant des cellules-souches humaines et animales. Elle assouplit les règles de recherche sur l’embryon humain, qui devient un matériau de laboratoire comme un autre. Elle ouvre la voie à la levée de l’anonymat du don de gamète, déstabilisant dans son principe tout le modèle français en matière de don d’organes. Le gouvernement, trop occupé par le remaniement, ayant déserté la commission spéciale, les députés de la majorité se sont affranchis des dernières précautions qu’ils s’étaient eux-mêmes imposés en première lecture, avec une légèreté sidérante. Ils ont rétabli le remboursement de la PMA par l’Assurance-maladie: le CCNE avait pourtant conditionné son avis favorable à l’interdiction de ce remboursement… Ils ont supprimé les mesures proposées par le Sénat pour contrer les fraudes en cas de GPA à l’étranger ; ils ont même adopté une technique apparentée, dite de la ROPA, qui permet à une femme de porter l’ovocyte d’une autre.

Plus terrible encore, sans doute: ils ont élargi la possibilité du tri sur les embryons via un DPI étendu aux maladies chromosomiques. Derrière l’abstraction de ces termes techniques, il y a un projet simple, demandé par le député Philippe Vigier il y a quelques semaines à la tribune de l’Assemblée: «Il faut traquer, je dis bien traquer, les embryons porteurs d’anomalie.» Agnès Buzyn elle-même s’y était opposée, dénonçant une «dérive eugénique claire» ; et plusieurs députés LREM, concernés comme parents ou comme soignants par le handicap, avaient exprimé leur désarroi devant cette revendication. Quelle société sommes-nous en train de construire? C’est tout notre rapport à nos corps, à la technique médicale, et à la condition humaine elle-même, qui est sur le point de changer. Pour tous… Tous éligibles au droit à l’enfant, produit sur commande, sélectionné et financé. Ou tous liés par une condition humaine imparfaite, tous porteurs d’anomalies et de défauts plus ou moins visibles, mais capables pourtant de reconnaître la valeur infinie de toute vie, et d’en prendre soin telle qu’elle est - tous écologistes, vraiment!

 Alors que les Français sont légitimement préoccupés par les nouvelles du front sanitaire et économique, leurs représentants s’apprêtent à voter en leur nom l’entrée dans un autre monde - celui qui remplacera à terme, de l’aveu même du rapporteur de cette loi, l’engendrement naturel de l’enfant par la procréation technique et sa sélection organisée. Bien sûr, il est confortable de se laisser endormir par la fable du progrès souriant face à l’obscurantisme ronchon ; mais il n’est personne d’un peu sérieux qui ait suivi ces débats et qui ne mesure, quelle que soit la position, l’ampleur de ce qui est en jeu. Le CCNE reconnaît des «changements anthropologiques majeurs.» Le simple respect de la démocratie supposerait de laisser le débat reprendre normalement en septembre, pour permettre au moins aux Français de savoir ce que leurs élus veulent faire des voix qu’ils leur ont confiées.

 

 

Finis les crimes de Macron par lui commis ou imputables à sa négligence pour revenir à sujet d'émotion mais aussi de questions sur une image vue largement

 Que deviendra le bébé sauvé des eaux par une personne de bonne volonté ?

L'image a été présentée à plusieurs reprises sur les chaines de télévision et le drame offert à la vue retentit en nous comme si un impossible miracle. Voyez… 

Juan Francisco Vella Ramirez, un plongeur de la Garde civile espagnole, sauve un bébé des eaux au large de Ceuta.                               

 Ce carnet commença dans l'émotion sans que soit conçu le moindre projet ou argument. Les journalistes n'ont pas suivis, comme l'idée m'en est venue, cette investigation ou plutôt une réflexion.

La mère est absente de l'histoire car elle se noya sans doute après avoir confié la vie de l'enfant au destin d'une bouée et à la générosité du gendarme. Force est d'imaginer ce qui pu se produire après le sauvetage.

 C'est mon scénario 1 et malheureusement le plus probable : les médecins auxquels fut confié le bébé n'ont pu le garder en vie et le chapitre se ferme.

Scénario 2  très improbable mais beaucoup plus plaisant.  Le bébé est sauvé et bien vivant. Des membres de l'ONG qui prend en charge les rescapés récupèrent l'enfant Ils connaissent une filière d'adoption qui fonctionne vite ; les demandeurs d'enfants accèdent aisément et vite à Ceuta et sont conseillés sur la meilleure façon de légaliser l'apparition du bébé et regagne promptement l'Espagne muni des biberons nécessaires. Ainsi soit-il.

Un rêve !

Scénario 3  Bébé vivant et hospitalisé. Il reste le temps nécessaire à l'hôpital en soins intensifs avant un possible transfert dans un département spécialisé où il restera assez longtemps pour qu'il puise entrer dans le circuit des enfants abandonnés et …

Je préfère m'arrêter là, ce qui convient quand j'écris sous le coup de l'émotion un carnet sans sujet.

 Et puis à la réflexion je me dis que j'avais évacué un peu vide la mère noyée et sur cette enclave minuscule d'autres migrants, jeunes  pour la plupart comme l'express nous le dit et nous le montre. .

                

 La scène a des allures d'apocalypse : pendant une semaine des milliers de migrants se sont rués sur l'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc, dans l'espoir de traverser les frontières de l'Union européenne. . Devant cette marée humaine, les dérisoires grillages censés marquer l’emplacement d’une frontière et freiner ceux qui voudraient la violer ne tiennent pas vraiment. Une civilisation incapable de prendre au sérieux ses propres frontières et d’assurer leur défense en appelle sans même s’en rendre compte à ce qu’on les transgresse, comme s’il s’agissait de tracés arbitraires illégitimes et révoltants qu’un monde nouveau devrait enfin effacer.

Le Maroc utilise la menace migratoire pour faire chanter l’Europe, en faisant comprendre à ses pays qu’ils doivent se soumettre à ses volontés. Il s’inspire de la Turquie qui a utilisé la même méthode début 2020, et qui menace encore l’Europe de l’utiliser.

Bon, c'est décidé je change de sujet pour ne pas tomber dans une analyse des problèmes de l'immigration.

29 mai 2021

 

 

Le réacteur de Tchernobyl grommelle de temps en temps et c'est tout naturellement source d'inquiédude puisque le monstre n'a jamais été débarrassé de son contenu fondu et resté radioactif.

L'idée de cette fraction du carnet m'est venue à la lecture d'un article dans mon journal préféré, qui sera la viande de ce plat. Mais d'abord en hors d'œuvre un rappel sur la sureté de nos centrales EPR. Je me cite

 Pourquoi ne doit-on rien craindre des centrales d'EDF

Une centrale nucléaire à eau pressurisée est d’abord une gamelle d’acier dans laquelle des matériaux radioactifs dégagent de la chaleur. Cette chaleur est transférée par un échangeur à une source de vapeur d’eau. Cette vapeur d’eau actionne des turbines qui génèrent de l’électricité.

La dernière partie de cette installation n’est rien d’autre qu’une unité de production électrique semblable à celles dans lesquelles la chaleur résulte d’une combustion quelconque.

Il en va différemment du récipient principal (la gamelle) et de l’échangeur de chaleur qui contiennent ou sont au contact du combustible radioactif. Aucune fuite n’est admissible et l’intégrité mécanique, ainsi que la stabilité de comportement doivent être en tout temps garantis.

Ces organes sont dans une enceinte en béton destinée à les isoler totalement des agressions extérieures.

  

                       

 Avec la cuve, il faut faire preuve d’un certain manichéisme : elle est étanche et le restera ou… elle ne l’est pas. Si elle ne l’est pas il faut la refaire. Si elle est étanche, il faut qu’elle le reste.

Ce n’est pas de la sorcellerie mais de la métallurgie. Métallurgie dans le temps car il s’agit de vérifier que les qualités mécaniques de l’acier sont pérennes et qu’aucun risque de fissuration ou de fragilité n’est envisageable. Il faut garantir que l’enceinte échappe à l’usure et au vieillissement et se donner les moyens de vérifier que cette robustesse est assurée en tout temps.

La cuve est un bidon d’acier d’un diamètre de 4 à 5 m, haut de 10 à 12 m aux parois épaisses de 20 à 25 cm et pesant entre 400 et 500 t. Il règne dans une telle enceinte une pression de 160 bars et une température de 350 °C. De plus cette enceinte est visitable ; elle a ses portes, ses fenêtres et tous les tuyaux, petits et gros qui permettent la circulation des fluides caloriporteurs.

La chose est délicate à fabriquer et demande que le chaudronnier ait une grande maitrise de toutes les facettes du métier de métallurgiste : qualité et homogénéité de l’acier, qualité de la fonderie, qualité de soudage ou absence de soudure, expertise de contrôle et plus encore ! Travail d’orfèvrerie à la dimension de plusieurs centaines de tonnes.

Dans l’enceinte en béton sont placés également les échangeurs de chaleur qui fourniront la vapeur aux turbines. Ces organes sont soumis à des opérations de maintenance qui imposent des manutentions de très grosses pièces dans le cadre réduit et peu accessible de l’enceinte de confinement.   Un sas permet de rentrer et de sortir les pièces de grandes dimensions, en premier lieu les générateurs de vapeur.

À la différence de la cuve dont le remplacement est difficilement envisageable, ces éléments peuvent et doivent être entretenus  ou remplacés dans le cadre des programmes de maintenance.

Reformulons la question initiale sous une forme imagée :

Si la cuve est bonne et tant qu’elle est bonne, pourquoi faudrait-il arrêter une centrale nucléaire et craindre un accident ?

J'ajouterais que l'Agence de sureté nucléaire est d'une extrème vigilance et elle a confirmé récemmentla prolongation de dix ans de la durée de vie des réacteurs nucléaires les plus anciens du parc de centrales d'EDF en France.

 Pour les gromellements de Tchernobyl la politique reste la mise "en boite" ou plus clairemnt sous le tapis la raison étant que il est impossible de faire quoi que ce soit sur sur le cœur fondu du réacteur.

Anne Laure Frémont* explique que ces phénmèmes se reproduisent régulièrement et en somme qu'il faut vivre avec.  J'espère que  les Ukrainiens partagent cette vision et font avec !  Fig 14 mai 2021

Tchernobyl: sous le sarcophage, la radioactivité repart     

Quelle menace hante les entrailles de Tchernobyl? Alors que l’on vient de commémorer le 35e anniversaire de la pire catastrophe nucléaire de l’histoire, une activité anormale dans les débris de la centrale suscite l’inquiétude de scientifiques ukrainiens. Comme le rapporte la revue américaine Science, les réactions de fission semblent s’accélérer sous les décombres du réacteur numéro 4, celui qui a explosé le 26 avril 1986 au cours d’un test de sûreté. «C’est comme les braises d’un barbecue», décrit même Neil Hyatt, un chimiste britannique interrogé par la revue scientifique. Celle-ci indique que le sujet a été abordé récemment par un membre de l’Institut chargé de la sécurité nucléaire de Kiev (l’ISPNPP) lors de discussions sur le démantèlement du réacteur. Les capteurs répartis un peu partout sur le site relèvent en effet un nombre croissant de neutrons, en particulier dans la salle 305/2, située sous le réacteur, et où sont enfouies des tonnes de matériaux contenant du combustible fondu.

Le spectre d’une nouvelle réaction nucléaire incontrôlée hante Tchernobyl depuis l’accident. Mais le phénomène décrit par ces chercheurs revient en réalité régulièrement. «Il en est fait mention tous les 5 ou 10 ans», explique Igor Le Bars, directeur de l’expertise de sûreté à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). «Il y a dans ces zones de la matière radioactive, du combustible du réacteur fondu, qui émet des neutrons par décroissance. Ces neutrons peuvent soit s’échapper de la matière et partir dans l’installation, soit être absorbés par les matériaux de structure (béton, acier…) mélangés avec le combustible, soit entrer en collision avec un atome d’uranium ou de plutonium et ainsi générer une nouvelle fission. Or chaque fission émet en moyenne deux neutrons, donc ce milieu a la capacité de multiplier les neutrons de façon potentiellement exponentielle. Quand les réactions s’emballent, c’est ce qu’on appelle un accident de criticité.»  Le phénomène était sans doute amplifié depuis des années par les infiltrations d’eau dans la carcasse de la centrale. Car l’eau ralentit les neutrons et augmente ainsi leur capacité à interagir avec les noyaux des atomes. Elle facilite donc les fissions. «C’est pour cela que pendant un certain temps, les Ukrainiens ont injecté du nitrate de gadolinium, un poison qui absorbe les neutrons pour diminuer leur nombre et contrôler les réactions», indique le spécialiste de l’IRSN. 

 Et maintenant demande t-on naïvement avec étonnement ?                                                                                                                       

 

Les responsables de la centrale ont cru que l’arche d’acier installée fin 2016 au-dessus du réacteur accidenté résoudrait le problème. Cette structure à 2,1 milliards d’euros, censée protéger le site pour les cent ans à venir, empêche en effet la pluie de s’infiltrer. Pourtant, les capteurs enregistrent à nouveau une hausse du nombre de neutrons, qui a même «doublé en presque quatre ans» dans la fameuse salle 305/2, selon Science. Par quel mécanisme? Difficile à dire, s’accordent les chercheurs. «On peut par exemple envisager que le séchage du combustible permette aux neutrons de diffuser plus facilement et à plus haute énergie, et donc d’atteindre les compteurs qui avant ne les percevaient pas», avance Igor Le Bars.

Quoi qu’il en soit, si la menace ne peut être ignorée, «il ne faut pas se préparer à un accident nucléaire imminent, tient à rassurer le chercheur. Il ne s’agit pas de phénomènes explosifs, car des contre-réactions vont les atténuer naturellement: par exemple, s’il y a beaucoup de fissions, l’eau chauffe et devient moins dense, ses atomes s’éloignent les uns des autres. Les neutrons ont donc moins d’interactions avec eux et leur réactivité va diminuer. Il faut une multiplication très rapide des neutrons pour que ces contre-réactions n’arrivent pas à reprendre le dessus. À Tchernobyl, cet emballement est très peu probable car l’augmentation des neutrons est progressive».

Il n’en reste pas moins que ces accidents de criticité existent: une vingtaine a été recensée depuis les années 1950. Le dernier recensé s’est produit en septembre 1999 dans une usine de traitement de l’uranium à Tokaï-mura, au Japon, quand «des réactions nucléaires en chaîne se sont déclenchées de façon incontrôlée en dégageant d’intenses rayonnements et un peu de gaz radioactifs», selon l’IRSN. L’accident, maîtrisé en moins de 24 heures, a provoqué la mort d’un employé. Ce risque, inhérent à chaque étape du cycle du combustible nucléaire, doit donc être pris au sérieux, à Tchernobyl comme à Fukushima ou ailleurs, rappelle Igor Le Bars: «Si ce problème subsiste, s’approcher sera très compliqué, pour des humains comme pour des robots. C’est un risque majeur qu’il faudra bien prendre en compte lors des opérations de démantèlement.»

 Anne Laure Frémont  14 mai 2021