Dans les conversations que mon épouse et moi avons sur la colonisation de tout le territoire par les loups cette phrase revient toujours en conclusion encore qu'on aurait pu choisir comme victime à l'appétit des animaux-fauves un vieillard déambulant innocemment devant sa maison.

Quand le souci de protéger les animaux devient primordial le sens commun s'éloigne et les missionnaires de cette noble tâche semblent ne plus considérer les risques encourus par les riverains. Le berger roumain mort lacéré par un ours est une victime collatérale, comme on dit, de ces attitudes. Et puis un roumain compte t'il vraiment ? Dis maman c'est où la Roumanie ?

Je m'étonne qu'il ne soit pas fait mention d'un braconnage des riverains qui éloigneraient les fauves des bordures de leur territoire et dans l'article en annexe à ces remarques préliminaires "une réunion de crise a eu lieu à la chambre d’agriculture de l’Ariège" et on envisage…mais comme il n'y a pas eu encore d'accidents graves Pour le moment, il n’y a pas eu en France d’attaques sur les hommes comme en Allemagne ou en Pologne, mais il faut rester sur nos gardes.».

IIe missa est.

Comment l’ours et le loup ont appris à ne plus avoir peur de l’homme

De retour sur le territoire national, certains animaux sauvages ne craignent plus leur «prédateur naturel».                                                                            Eric De La Chesnais       Figaro   12/08/2021

Les animaux sauvages ne sont pas de gentilles peluches. D’autant plus quand l’être humain, leur prédateur naturel, ne leur fait plus peur, s’interdisant de riposter à leurs attaques. Les éleveurs de brebis des Alpes et des Pyrénées en font l’apprentissage à leurs dépens. Plus les années passent, plus l’ours et le loup se rapprochent des bergeries et des habitations, se montrant parfois menaçants envers l’homme. Ils ont fait leur réapparition en France il y a près de trois décennies.

Dans la nuit du 3 au 4 août, sur les hauteurs de Saint-Lary à l’estive de l’Estremaille, en Ariège, un ours a ainsi poursuivi un berger après avoir attaqué ses brebis. Le pire n’a pas eu lieu car la cabane d’estive se trouvait à proximité de l’attaque. «Le troupeau était à moins de 50 mètres de la cabane. En voyant le berger, l’ours a laissé les animaux qu’il poursuivait et l’a chargé, raconte Franck Watts, éleveur ariégeois référent ours à la Fédération nationale ovine (FNO). Ni les chiens, ni les tirs d’effarouchement ne l’ont arrêté».

«Nous avons frôlé la catastrophe, confie pour sa part Gérard Dubuc, le maire de Saint-Lary à la Gazette ariégeoiseL’ours se trouvait à 17 pas du berger». L’édile a «porté plainte contre l’État à la gendarmerie de Saint-Girons pour mise en danger de la vie d’autrui».

«Nous sommes devenus des proies»

Ce n’est pas une première en Ariège, où se trouvent 90% des ours en France: une cinquantaine selon l’OFB (Office national de la biodiversité), 70 selon les associations pastorales. En juillet 2020, plus à l’ouest, dans l’estive du Couserans, quatre plantigrades ont attaqué un troupeau. Des agents de l’OFB ont tenté de faire reculer les ours mais en vain. Attaqués, ils ont été contraints de se réfugier dans la cabane d’estive.

 «La défense passive fondée sur le triptyque: parcs électrifiés, patous et gardiennage renforcé, a montré ses limites, affirme Franck Watts. L’ours brun, eu égard à son statut de protection totale depuis sa réintroduction de Slovénie en France en 1996, n’a plus peur des humains. Nous sommes devenus des proies, comme nos brebis. L’ours brun est le plantigrade qui cause le plus de blessés à travers le monde. Il y a trois semaines, un berger roumain a été retrouvé mort, lacéré par ses griffes. Dans ce pays, l’ours est protégé comme dans toute l’Union européenne. Nous ne voulons pas connaître le même sort en France.»

«Les traits comportementaux ont changé»

Une réunion de crise a eu lieu à la chambre d’agriculture de l’Ariège, lundi. Les éleveurs préconisent la possibilité de tirs à balles réelles pour réapprendre à l’ours à avoir peur de l’homme. Ils se fondent sur l’expérience d’autres paysans confrontés aux prédations du loup. Tout comme l’ours, «on a déséduqué le loup qui a appris à ne plus avoir peur de l’homme, note Laurent Garde, écologue et directeur adjoint du Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée, une structure qui regroupe les éleveurs, chercheurs, collectivités territoriales et gestionnaires d’espaces naturels. Les traits comportementaux des jeunes générations ont changé».

Pour le moment, il n’y a pas eu en France d’attaques sur les hommes comme en Allemagne ou en Pologne, mais il faut rester sur nos gardes.

Lorsque les premiers spécimens sont arrivés en France en novembre 1992 par le parc du Mercantour, les canidés étaient furtifs, avaient peur de l’homme et attaquaient à 95% la nuit. Les éleveurs ne les voyaient jamais. «Désormais, 50% au moins des attaques ont lieu de jour. Elles se déroulent en plaine, autour des habitations et des fermes ; et depuis peu dans les bergeries, comme dans le Var, rappelle Laurent Garde. Pour le moment, il n’y a pas eu en France d’attaques sur les hommes comme en Allemagne ou en Pologne, mais il faut rester sur nos gardes.»